Et c'est parti pour le final ! Vous noterez le chapitre particulièrement recherché... oui, oui, j'y ai mis tout mon cœur !

On se retrouve en bas pour des remerciements, gros bisous à tous et bonne lecture !


Chapitre 35 : La fin

Les élèves promus défilaient sur la scène les uns après les autres, tandis qu'on appelait leur nom. Souriants, vêtus de leurs plus beaux habits, ils recevaient leur diplôme avec émotion. Vint le tour de Tenten, et Naruto hurla de toutes ses forces. Ses cris se mêlèrent à ceux de ses amis et elle leur lança un sourire radieux, avant d'accepter son diplôme à son tour. Peu de temps après, Temari monta sur scène. Lorsqu'elle en descendit, il la vit rejoindre Shikamaru à leurs côtés, et repéra leurs mains enlacées. Ils avaient beau tenter de le cacher, tout le monde se doutait bien de ce qui se passait entre eux. Lorsque Neji passa, Tenten qui les avait aussi rejoint s'époumona tant que Lee se boucha les oreilles. Tsunade fit un long discours qui finit par ennuyer tout le monde, et finalement ils purent se diriger vers le buffet.

- Tenten, viens faire une photo ! l'appela sa mère.

Leur amie les quitta, entrainant Temari avec elle. Naruto les regarda sourire à l'objectif du père. Lui se dirigea vers la nourriture, impatient de s'empiffrer comme il se devait. Lee, Sakura, Shikamaru et Azur le suivirent.

Ils étaient tous venus féliciter leurs amis pour leurs diplômes, même Azur qui ne l'avait pas obtenu. Eux passaient tous en dernière année, même Naruto qui, grâce aux efforts de Sakura qui avait passé un temps inestimable à l'aider, avait arraché sa moyenne à un dixième prêt. Il n'avait pas eu le moral à réviser, mais elle s'était fait une mission de le visiter tous les jours pour le remuer. Il lui devait tellement qu'il ne savait pas comment la remercier. Elle avait été bien plus qu'un soutien depuis la mort de Kiba et la disparition de Sasuke.

Le mot laissé par lui disait qu'ils se reverraient certainement. Mais Naruto ne décolérait pas qu'il soit parti sans prévenir. Et surtout, il ne comprenait pas. Sakura était aussi atterrée que lui, mais le montrait moins. Alors qu'il s'enfournait des sushis dans la bouche, elle posa sa tête contre son épaule.

- C'est enfin fini, sourit-elle.

- Quoi ? demda-t-il la bouche pleine.

- Cette année.

Il hocha la tête. Naïf qu'il était encore quelques semaines auparavant, il se serait insurgé de la voir critiquer une année qui permis vu leur rencontre. Mais elle avait aussi vu se dérouler trop de drames pour qu'on ne se réjouisse pas de son terme.

Il posa la question qui occupait son esprit depuis un moment :

- Tu as pris ta décision, alors ?

Elle se redressa, planta ses jolis yeux verts dans les siens. Quelques mèches noires se balançaient devant son visage. S'il avait mis du temps à s'habituer au noir de ses cheveux, il trouvait désormais que ça lui allait plutôt bien, même s'il regrettait la folie du rose qu'elle arborait auparavant. « Ce n'était pas moi », lui avait-elle affirmé.

- Je reste.

Il écarquilla les yeux, et sentit le soulagement le gagner.

- Hein ?

- Je reste une année encore. Je finis ma scolarité ici.

Elle lui lança un sourire qui le contamina bientôt. Il la prit dans ses bras et la souleva, attirant les regards de ceux qui les entouraient.

- Sakura reste au Japon ! beugla-t-il comme si c'était la nouvelle du siècle.

Elle éclata de rire tandis que ses amis se jetaient sur eux, portés par la joie du moment. Même Shikamaru afficha son ravissement. Tenten et Temari les rejoignirent, ivres du bonheur de la journée, enlacèrent Sakura tour à tour.

- Tu pouvais pas nous quitter, hein ! rit Tenten.

Plus tard, les parents de Tenten voulurent prendre une photo du groupe réuni, entourant les deux diplômées. Tenten appela Neji, Temari ses deux frères, et ils posèrent tous ensemble, ce qui aurait paru insensé peu de temps auparavant.

Sakura se tenait, tout sourire, aux côtés de Naruto. Son regard dévia vers Hinata et Ino qui, plus loin, discutaient en les observant. Son sourire s'éteignit un peu, et lorsque la photographie fut prise, elle se mit en marche dans leur direction.

Si elle devait rester une année de plus à Inuchi, autant que tout se passe pour le mieux, dans les meilleures conditions. Lorsqu'elle arriva auprès d'elle, elle tendit la main à Ino qui lui lança un regard étonné.

- Je viens enterrer la hache de guerre, déclara-t-elle pompeusement.

Ino ne put retenir un sourire amusé.

- Je reste à Inuchi l'année prochaine…

- J'avais cru entendre, oui, coupa Ino.

- … et je ne veux pas qu'il y ait encore des histoires entre nous.

Ino observa sa main, sans la prendre. Sakura commençait à se sentir idiote. Puis, soudainement, des doigts blancs se refermèrent sur les siens. Elle tourna les yeux vers Hinata, qui lui souriait doucement.

- Moi non plus.

Sakura lui rendit son sourire, ravie. Leurs mains se lâchèrent.

- De toutes façons, je pars l'année prochaine, fit Ino en haussant les épaules.

- Vraiment ? s'étonna Sakura.

- Un photographe l'emmène avec elle aux Etats-Unis, expliqua Hinata.

- Vraiment ? répéta Sakura, qui allait de surprise en surprise.

- Oui, vraiment, ricana Ino. Vu que j'ai passé ma troisième, j'ai le droit de partir. Recommencer une nouvelle vie…

Elle avait dit ça d'un air évasif, comme si elle n'était déjà plus avec elles. Alors Sakura lui souhaita bonne chance de tout cœur, les salua, puis se retira.

Ino l'observa s'éloigner, rejoindre le groupe d'amis de Kiba. Oui, il lui en faudrait, de la chance, pour percer là-bas. Mais elle y parviendrait. Elle ferait tout pour arriver à ce qu'elle avait dit à Kiba qu'elle ferait. Elle allait changer, devenir quelqu'un de bien, réussir sa vie. Sa mort ne devait pas la retenir là, au contraire. Il fallait qu'elle l'utilise pour grandir. Au lieu de devenir sa faiblesse, le drame devait être sa force. Ainsi, elle pourrait prouver à Kiba que changer était possible. C'était le meilleur hommage qu'elle pouvait lui faire.

- Ça va faire bizarre, quand tu seras partie, déclara la voix calme d'Hinata.

Ino lui lança un regard ému. Comment pouvait-elle avoir fait tant de mal à celle qui s'attristait désormais de la savoir bientôt aux Etats-Unis ? Où Hinata trouvait-elle la force de lui pardonner, de la soutenir et de l'aimer encore ? Ino se souvenait vaguement des paroles monstrueuses qu'elle lui avait hurlées au téléphone. Elle avait affirmé qu'elle était « pire qu'eux », qu'elle était la pire de tous. Mais c'était entièrement faux. De tous ceux qui se trouvaient là, autour d'elles, de toutes les personnes qu'Ino avait jamais rencontrées, Hinata était la plus généreuse, la plus pure, et aussi la plus belle. Ino la voyait enfin, la beauté qui irradiait de son amie, cet aura qui l'entourait, cette bonté envoutante qu'elle dégageait. Comment avait-elle pu être aussi aveugle ?

- Le répète pas, mais tu vas me manquer, plaisanta Ino.

C'était vrai. Elle se demandait parfois si elle tiendrait le coup, là-bas, sans elle pour la soutenir. Mais Ino avait décidé d'être plus forte que jamais. Alors elle tiendrait le coup.

Hinata rit doucement, répondit qu'Ino allait lui manquer aussi. Puis Gaara arriva derrière elle, lui proposa qu'ils se voient quelques jours plus tard pour faire elle ne savait quoi. Ca ne l'intéressait pas, après tout. L'unique chose qui comptait était qu'elle savait qu'Hinata ne serait pas seule après son départ.

- Ça marche, alors à lundi ! lança Hinata, ravie.

Elle suivit Gaara du regard, enthousiaste à l'idée de la journée qu'ils avaient prévue. Elle avait craint que l'été ne les éloigne, mais le petit frère de Temari semblait déterminé à garder contact avec elle.

Elle avait remarqué les marques de coups sur sa peau, mais n'avait rien osé demander. Peut-être en trouverait-elle le courage plus tard. Elle avait l'impression qu'il c'était passé quelque chose d'affreux, lorsqu'elle les observait, lui et sa famille. Comme si un événement terrible lui avait été caché. Un événement aussi secret que sa tentative de suicide, ce fameux soir...

Combien de secrets dissimulaient-ils tous ? Hormis elle et Ino, personne n'était au courant qu'elle était l'une des dernières personnes à avoir parlé à Kiba. Les autres ignoraient tout du saut dans le vide qu'avait empêché Neji. La disparition de Sasuke, très remarquée par les élèves du lycée, avait vaguement été expliquée comme un abandon des études. Et la mort de Kiba semblait comme sortie de nulle part. Derrière les regards des jeunes qui fêtaient désormais la fin de l'année se cachaient tant de choses. La mort de Kiba n'était peut-être pas l'unique drame qui s'était produit cette année-là.

Ses yeux dérivèrent finalement sur Naruto. Que n'aurait-elle pas donné pour avoir pu être à ses côtés durant ces épreuves ! Mais sa timidité maladive empiétait toujours sur ses sentiments, et elle commençait à se faire à l'idée qu'elle n'entrerait probablement jamais dans sa vie. Peut-être même trouverait-elle finalement la force de l'oublier, l'année prochaine.

Lee rejoignit Naruto, puis Shikamaru, puis les autres. Elle les observa rire ensemble, comme si c'était le seul moyen de surmonter la douleur de la perte d'un de leurs amis. Elle avait presqu'été l'un des leurs, puis elle s'était éloignée d'eux. Désormais, ils étaient le groupe d'amis qu'elle n'aurait jamais. Et à ça aussi, elle s'y était faite. Elle se sentait plus légère que jamais, comme si tout ce qui l'avait angoissée cette année s'était envolé. Elle avait trouvé une véritable amie en Ino, s'était réconcilié avec Sakura, et avait le soutien de Gaara et Neji. Et Kiba, par sa mort, lui avait fait réaliser à quel point la vie était précieuse.

Alors peu importait l'année qui l'attendait. Hinata était certaine d'une chose : elle allait tout faire, tout, pour être enfin heureuse.


La soirée de fin d'année débutait doucement, la plupart des jeunes préférant boire avec de danser, ou simplement discuter avec des amis qu'ils ne reverraient peut-être plus jamais. Lee trépignait d'impatience, mécontent de ne pas pouvoir se lancer sur la piste avec ses amis.

- Alleeeeez, on va danser ! supplia-t-il pour la énième fois.

Tenten et Temari l'ignorèrent superbement, continuant à discuter. Lee rejeta sa tête en arrière pour signifier qu'il était outré, et se dirigea vers les garçons, un peu plus loin.

- Narutooooo, on va danser, on va danser ?

Le blond s'interrompit dans sa discussion avec Shikamaru, sembla hésiter, mais monsieur Nara intervint :

- On discute là, Lee.

- Rabat-joie ! s'indigna Lee.

Les deux garçons ne buvaient pas, à l'instar de Temari et Tenten. A vrai dire, il se demandait si quiconque parmi eux avait retouché à l'alcool depuis la mort de Kiba.

Il chassa ces tristes pensées et décida plutôt de se concentrer sur sa nouvelle victime. Il repéra Azur, papotant avec Sakura à l'écart, s'avança vers elles… puis se figea. Il avait repéré, dans les yeux de la première, une lueur qui le dissuada de l'aborder. Azur n'avait plus vraiment le cœur à rire, et il la comprenait…

Non. Pas de ça ce soir, il se devait de faire la fête ! Ils avaient assez pleuré.

Lee retourna alors vers Naruto et Shikamaru. Cette fois-là, le premier accepta de le suivre. Ils rejoignirent un groupe de camarades qui faisaient les idiots au centre de la salle. Mais l'envie n'était pas vraiment là, et bientôt, tout l'entrain de Naruto et Lee s'évanouit. Ils finirent par sortir prendre l'air et s'assirent sur un banc.

- J'arrive pas à m'y faire, déclara Naruto après un long silence.

- Moi non plus, admit Lee.

- Il aurait dû être là.

Voilà. Depuis le début de la soirée, Lee avait essayé de lutter, mais la douleur était encore là. Et le souvenir de Kiba aussi. Quelques semaines, un peu plus d'un mois. Ce n'était pas suffisant pour oublier. Mais ça faisait trop longtemps pour qu'ils continuent à pleurer. Alors que pouvaient-ils bien faire, quand ni le rire ni les larmes ne semblaient appropriés ?

Tenten vint s'asseoir à côté d'eux, une bière à la main. Lee le remarqua immédiatement et lança, outré :

- Comment oses-tu ! Pose ça tout de suite !

Elle leva les yeux au ciel, agacée.

- Arrête un peu. Je connais mes limites, moi.

Elle dut regretter immédiatement ses paroles puisqu'elle s'excusa, avant d'entourer ses jambes de ses bras, les ramenant contre elle.

Lee savait bien qu'une bière ne pouvait pas les tuer. Mais il avait l'impression que boire un verre d'alcool revenait à reproduire un des gestes qui avaient causé la mort de Kiba. Il avait la peur qui lui nouait l'estomac à l'idée qu'on puisse perdre la vie aussi rapidement. Shikamaru leur avait bien assuré que ce n'était pas uniquement l'ivresse qui l'avait tué, lui ne pouvait retenir que ça. Il avait besoin d'une explication, d'une raison claire. Et comme bien d'autres, c'était à l'alcool qu'il avait attribué la mort de Kiba. Le liquide lui semblait désormais être du poison.

- Contente d'avoir fini le lycée ? demanda Naruto pour changer de sujet.

Tenten haussa les épaules, esquissa un sourire évasif.

- Ca va. J'imaginais ça autrement. Je pensais que ce serait une immense étape dans ma vie. En fait, ça me parait… pas si incroyable que ça.

- Tu grandis, déclara doucement Naruto, sans avoir l'air de réaliser ce qu'il disait.

- Ouais. Ça fait un peu peur.

- Tu vas pas nous oublier, hein ? demanda Lee.

Evidemment, c'était une question égoïste. Il arait dû se réjouir pour elle, mais l'idée qu'elle et Temari partent du lycée l'effrayait plus qu'autre chose. Comme Sasuke, comme Kiba, elles allaient les abandonner. Ils n'en pouvaient plus de voir ceux qu'il aimait partir. Et il devinait que Naruto ressentait la même chose.

Le regard de Tenten changea, une tendresse inattendue y apparut. Elle se redressa, s'approcha de Lee et le prit dans ses bras.

- Bien sûr que non, idiot. Ma fac est un peu loin, mais on passera nos week-ends ensemble ! On pourrait même partir ensemble quelques jours, l'année prochaine !

Lee sentit toute son amertume s'envoler.

- Oh oui ! s'exclama-t-il. On pourrait aller à la mer !

Tenten le laissa proposer toutes sortes de destinations, rassurée de voir que son ami était à nouveau lui-même. Ils discutèrent un moment de leur projet de voyage avec Naruto, puis décidèrent de retourner à l'intérieur. Les garçons allèrent danser avec la foule de jeunes qui s'était considérablement agrandie, et elle préféra rejoindre Temari, Azur, Sakura et d'autres filles. Mais les sujets de discussion ne la passionnant pas vraiment, et l'air triste d'Azur la contaminant peu à peu, elle se mit à penser à Kiba.

Est-ce qu'il les voyait, en ce moment ? Est-ce qu'il était là, quelque part, à les observer alors qu'ils tentaient de surmonter son décès ? Ou la mort signait-elle réellement la fin de tout ?

S'il la voyait, elle espérait qu'il entende ses pensées aussi. Et si c'était le cas, qu'il sache alors qu'elle lui en voulait. Elle faisait partie de ceux qui pensaient qu'il avait causé sa mort. Il avait baissé les bras, tout simplement. Il avait baissé les bras pour le lycée, pour sa relation avec Azur, puis pour sa vie. Rien ne l'avait jamais vraiment importé, en fait. Il n'avait pas un seul instant songé à ceux qu'il laissait derrière lui. Cet imbécile avait fait encore plus de mal en mourant qu'auparavant.

Pourtant, il lui manquait. Son rire, son arrogance si agaçante pourtant, ses blagues salaces, sa lourdeur parfois, et puis, son sourire, lorsqu'il posait les yeux sur Azur…

Tenten ressentit à nouveau le besoin de prendre l'air. A l'extérieur, elle repéra Kankuro, fumant à l'écart. Elle devinait sans peine à quoi il devait penser. Elle décida de le rejoindre, après tout, c'était peut-être la dernière fois qu'elle le voyait.

- Une bonne chose que l'année finisse, hein ! lança-t-elle dans une tentative de légèreté.

Il posa sur elle un regard grave. Pour la légèreté, elle repasserait.

- Ouais, répondit-il simplement.

La fin de leurs ennuis avec l'Akatsuki aurait dû les soulager, mais la mort de Kiba avait à nouveau semé la peine, et Tenten se demandait si elle verrait un jour Kankuro rire à nouveau.

Après qu'elle l'eût rejoint au Tenshin, elle l'avait invité à dormir dans sa chambre. « Sans aucun sous-entendu, hein ! » avait-elle précisé. Il avait d'abord refusé, mais la perspective de retourner chez lui malgré la fureur de Temari le rebutant plus que celle de partager la chambre de Tenten, il s'était vu obligé de finalement accepter. Une fois au lycée, elle avait regretté, trouvant la situation un peu étrange. Puis ils s'étaient détendus, et étaient venus à parler de la dispute chez les No Sabaku, puis de l'Akatsuki. Et peu à peu, ils s'étaient mis à discuter de sujets et d'autres, Tenten lui parlant de sa passion de la musique et de la couture, lui de ses gouts en matière de groupes et du rêve de gamin qu'il avait d'être sportif de haut niveau. Chose qui avait fait beaucoup rire Tenten, voyant mal le grand délinquant juvénile qu'elle avait face à lui en respectable sportif faisant attention à sa santé. Ils avaient un peu abordé le sujet de l'homosexualité de Gaara, mais elle avait vite changé de sujet. Et la soirée s'était poursuivie jusque tard dans la nuit, jusqu'à ce qu'alors qu'elle jouait de la guitare en chantant des idioties, on vint frapper à sa porte en hurlant qu'il était deux heures du matin passées. Et c'était là qu'elle l'avait vu rire, peut-être pour la première fois sans une once d'amertume ou d'ironie. Un rire franc, à gorge déployé, un brin moqueur. Et, ainsi jovial et sans retenue, il était plus beau que jamais. Ils auraient pu coucher ensemble. Ou s'embrasser, au moins. Mais ils n'avaient rien fait. L'aventure qu'ils avaient vécu avait noué un lien entre eux, mais ils n'étaient pas prêt à aller au-delà. Pas encore. Alors Kankuro avait dormi sur un matelas sur le sol, et la soirée s'était terminée ainsi.

Le lendemain, Temari avait appelé Kankuro pour qu'il rentre. Puis elle l'avait appelée elle, juste avant que Naruto ne débarque dans sa chambre, en larmes. Depuis, les rares rires qu'elle entendait semblaient ternes et faux.

- Tu vas faire quoi, l'année prochaine ? Vu que tu veux pas doubler…

- Je sais pas. Je trouverai bien un boulot.

Il baissait les bras, lui aussi. Comme Kiba.

- T'as intérêt à en trouver un, oui !

Cette fois-là, elle ne laisserait pas quelqu'un à qui elle tenait se perdre. Kankuro haussa les épaules, et elle s'énerva :

- Je suis sérieuse ! Tu devrais déjà envoyer des CVs ! Si t'arrêtes tes études, vous recevrez plus tes allocations, alors faudra que tu trouves un moyen de rembourser !

- De quoi tu te mêles ?

- Des affaires de Temari, sourit-elle. Comme toujours !

Etonnamment, il sourit à son tour.

- Ouais, comme toujours, répéta-t-il, évasif.

Ils restèrent silencieux un moment, pensifs. Cette aventure vécue ensemble avait lié quelque chose de fort entre eux qui dépassait une simple amitié, voir même l'amour. Ils avaient partagé tant de secrets, avaient subi des épreuves invisibles aux yeux de ceux qui les entouraient. Ils s'étaient soutenu tour à tour, et connaissaient désormais chacun le plus sombre de l'autre. Sous les sourires de Tenten et la froideur apparente de Kankuro se tapissait quelque chose qu'ils avaient été les seuls à vivre et à connaître entièrement. Cette part d'obscurité les lierait à jamais, d'une certaine façon.

- Tu vas où toi l'année prochaine ? demanda brusquement Kankuro.

- Je commence l'université. J'hésite encore entre plusieurs voies, du coup je vais en économie pour l'instant.

- Je te vois pas du tout là-dedans.

Elle éclata de rire : il devait être le dixième à le lui dire. Elle-même se demandait bien ce qu'elle allait faire là-bas, mais à vrai dire, aucune branche ne l'intéressait réellement. Ce qu'elle souhaitait faire, c'était voyager. Elle avait cru que travailler dans une grande entreprise lui permettrait de partir un peu partout dans le monde.

- Mes dettes t'ont traumatisé au point que tu veuilles absolument travailler dans le domaine de l'argent ?

Tiens, Kankuro faisait de l'ironie. Et c'était presque drôle en plus ! Tenten sourit, ravie des changements qui s'opéraient chez le frère de Temari.

- Ton école est loin ?

Elle acquiesça. Kankuro resta muet.

- En dehors de Tokyo, ajouta-t-elle. Mais si tu crois que ça t'empêchera de devoir me supporter, rêve ! Je compte bien venir voir Temari aussi souvent que possible, tu vas devoir me subir pendant encore longtemps !

Kankuro l'observa un moment, avant d'esquisser un sourire. Elle ne changerait pas, la meilleure amie de sa sœur. Toujours aussi enthousiaste malgré les drames qu'elle avait vécus. D'une certaine manière, il admirait sa façon d'être. Et au final, il se réjouissait d'avoir à la supporter quelques temps encore. Oh, elle était plutôt agaçante et pouvait se montrer carrément insupportable, mais il y avait quelque chose de profondément bon en elle qui lui manquait à lui. Quelque chose qui semblait déteindre sur lui lorsqu'elle était à ses côtés. Comme si, subitement, tout devenait plus facile à supporter.

Elle finit par le saluer et s'éloigna. Sans le vouloir réellement, ses yeux dérivèrent sur les hanches menues qui remuaient doucement. Ça faisait une éternité qu'il ne s'était pas laissé aller à regarder réellement une fille. Toutes ces histoires avaient comme arrêté le cours de sa vie, comme si durant ces derniers mois, il n'avait plus été lui-même. Il n'avait vécu que pour protéger sa famille et réparer ses erreurs, au point d'en rater son année. Mais quand il y repensait, il savait qu'il s'en sortait trop bien. C'était même beaucoup trop facile : si la police avait arrêté les plus hauts membres du groupe de criminel dont il avait été l'associé, le retrouver lui serait un jeu d'enfant. Il n'était pas naïf : d'ici quelques temps, on risquerait d'entrer chez lui et de l'emmener de force dans le commissariat le plus proche. Il passerait quelques mois en prison, certainement. Sa sœur en serait dévastée, mais c'était un autre prix à payer pour ses crimes. Et, à vrai dire, ça lui importait presque peu : sa famille était sauvée, Tenten hors de danger, c'était tout ce qui comptait.

Il repéra Gaara qui se dirigeait hors de la salle et décida de le rejoindre.

- Tu t'en vas ? l'interpella-t-il.

Gaara se retourna vers lui et acquiesça.

- Tu veux que je te raccompagne ? J'ai envie de rentrer.

- Je rentre pas…

Hinata arriva à cet instant. Elle resta quelques pas à l'écart, certainement intimidée par Kankuro.

- Ah… ok, bonne soirée alors.

Il s'apprêtait à frapper l'épaule de son frère d'un air fier lorsqu'il se rappela qu'il était impossible qu'il y ait quelque chose entre Gaara et la jeune fille. Il était gay. Il resta alors silencieux et les regarda s'éloigner.

Accepter son homosexualité lui demanderait du temps. Autant de temps qu'il lui avait fallu pour grandir et cesser d'être lâche. Il voulait prendre exemple sur Temari désormais. L'amour qu'il éprouvait pour son petit frère devait surpasser les préjugés dont son père lui avait bourré le crâne.

Kankuro tira une dernière bouffée sur sa cigarette, puis la jeta au sol. Il salua quelques personnes qu'il croisa puis s'en alla à son tour. C'était la soirée d'adieu, la soirée de fin d'année, il ne reverrait plus jamais certains d'entre eux. Mais les adieux, les vrais, il les avait fait plus tôt.

Tout en marchant, il leva la tête vers les étoiles qui brillaient faiblement, éclipsées par les lumières de Tokyo.

« Et est-ce que tu es là-haut, toi ? Est-ce que tu vois ce que tu as laissé derrière toi ? »

Il se rappela les moments partagés ensemble, avant qu'ils ne s'éloignent l'un de l'autre. Il songea encore une fois à l'influence néfaste qu'il avait eue sur la vie de Kiba Inuzuka. Cette pensée l'obsédait depuis qu'il avait appris sa mort. Bon sang, vu ce qu'il avait vécu, c'était lui, Kankuro, qui aurait dû perdre la vie. Il avait cru sa famille en danger pour ses crimes, et finalement, c'était un ancien ami qui mourait. Un peu par sa faute, aussi ?

Quel beau salaud, quel bel égoïste irresponsable il avait été.

Lorsque Kankuro arriva chez lui, trois officiers de police l'attendaient devant la porte. Il esquissa un sourire triste. Il s'était attendu à avoir un peu plus de temps.

Dans la voiture de police, Kankuro laissa ses yeux admirer la ville et ses lumières. Un instant, à un rond-point, il crut apercevoir Gaara et Hinata, marchant et discutant. La seconde d'après, la voiture bifurquait à droite et ils disparaissaient derrière la foule de gens.

« La vérité, c'est que ce soir-là, j'aurais dû mourir Kiba. Est-ce qu'en fait, ils auraient dû être encore là, lorsque j'ai ouvert la porte ? Est-ce qu'en me dérobant à la mort, je l'ai forcée à chercher quelqu'un d'autre à saisir ? Est-ce qu'en échange de la mienne, on a pris ta vie ? »

Les lumières dansaient, encore et encore. Tokyo brillait et aveuglait Kankuro. Les officiers discutaient, à l'avant, mais il n'entendait rien.

« Je suis sur le point de payer tout ce que j'ai fait, Kiba. Et après ça, je deviendrai celui que j'aurai toujours dû être. Pour Gaara, pour Temari, pour Tenten. Et pour toi. »


Gaara et Hinata s'étaient assis dans un parc, après avoir longuement marché dans la ville. Silencieuse, son amie fixait un point devant elle. Il n'était pas difficile de deviner ce à quoi elle pensait. Tout le monde ne pensait plus qu'à ça, en fait. Qu'ils aient été proches ou non de lui, la mort de Kiba avait bouleversé chacun. C'était comme si, soudainement, la réalité de la vie s'était abattue sur eux : oui, on peut mourir. Et aussi bêtement.

Gaara et sa famille auraient pu périr de la pire des façons, ils avaient été en réel danger. Hinata s'était confiée à lui à propos de ses pensées suicidaires. Mais ils étaient encore là, sur ce banc. Kiba, lui, était mort. Lui qui semblait avoir plus de soif de vie de quiconque. A croire que tout le monde avait ses secrets.

- Je me demande comment ils font… murmura Hinata.

- Qui ?

- Naruto… les autres… pour supporter ça.

- Ils font comme tout le monde : ils font semblant.

La réponse ne sembla pas lui convenir car elle secoua doucement la tête.

- C'est pas comme ça que ça marche. Faire semblant ça n'aide pas.

Il ne répondit rien. Elle poursuivit, serrant les poings :

- J'ai fait semblant, Ino faisait semblant, tu faisais semblant. On a tous joué un rôle. Je suis certaine que Kiba faisait pareil.

Elle avait certainement raison. Après tout, Gaara avait eu la preuve cette année que la réalité qu'il percevait était celle qu'on voulait bien lui laisser voir. Tout ce qu'il pouvait faire désormais, c'était être honnête avec les autres, et surtout avec lui-même.

- Il y a encore pleins de choses que je ne sais pas à propos de toi, poursuivit Hinata.

- Je…

- Et tu n'as pas besoin de me les dire, sourit-elle. Tu le feras si tu te sens prêt un jour. Je veux juste que tu ne te laisses pas dépasser par elles…

Gaara voyait où elle voulait en venir. Elle avait simplement peur que ses secrets le mènent au même niveau qu'elle ou Kiba. Les secrets menaient au drame.

Il était parvenu à avouer son homosexualité, mais n'avait toujours pu se confier sur ce qu'il avait vécu durant les années précédentes à personne. Hinata continuerait-elle à l'apprécier après avoir appris qu'il s'était drogué ? Avait-il au moins le droit de dévoiler les crimes de son frère ?

Gaara débordait de secrets. Il avait parfois l'impression que toute sa vie en était un. Et Hinata, en face de lui, semblait prête à les garder.

Avait-il le droit de se libérer ?

Son portable sonna. Il décrocha.

- T'es où ? beugla la voix de Temari. D'où tu disparais sans prévenir !?

- J'ai dit à Kank…

- Il s'est barré lui aussi ! Vous êtes vraiment des frères, hein !

- Je suis avec Hinata…

- Ah ! l'interrompit la voix de Temari. Alors tout va bien ! Bonne soirée !

Et elle raccrocha, laissant Gaara stupéfait. Il fallait croire que même à sa sœur, Hinata inspirait confiance. Il esquissa un sourire amusé, puis leva la tête vers son amie. Elle l'observait patiemment, ses yeux gris brillant faiblement. Il se dégageait d'elle une pureté qui aveuglait parfois Gaara. Au-delà de sa fragilité et de son mal-être apparent, il y avait en Hinata tant de qualités enfouies qui ne demandaient qu'à être dévoilées. Elle était à la fois différente de lui et semblable. Temari était entièrement dévouée à sa famille, Naruto avait été le premier ami qu'il avait eu depuis longtemps... tout deux auraient mérité qu'il se confie à eux. Il avait osé parler de son homosexualité, mais il ne trouvait pas le courage de se livrer complètement à eux. Hinata, elle, ne le jugerait pas, il en était certain. Il inspira doucement. Il était temps.

- Il y a quelques années, commença-t-il, je suis allé en camp de vacances…


Temari raccrocha, rassurée. Son frère était avec Hinata, il n'y avait rien à craindre. Elle était l'amie rêvée pour lui, et Temari se réjouissait de les voir se rapprocher.

Le monde semblait reprendre de ses couleurs. Doucement, mais sûrement. Elle était persuadée que Kankuro était hors de danger, ainsi que sa famille. Azur et les autres commençaient à revivre. Les vacances débutaient. Temari avait son diplôme. Shikamaru et elle allaient certainement sortir ensemble.

C'était toujours aussi étrange pour elle de se le dire, mais c'était désormais une évidence. Depuis ce soir-là, où elle l'avait consolé pendant des heures et l'avait vu comme jamais il ne s'était dévoilé, leur relation avait pris un nouveau tournant. Elle était devenue son soutien, et lui était le sien. Plus de défis stupides, ils avaient pris fin depuis longtemps à vrai dire. Elle était encore incapable de mettre des mots sur sentiments et il ne fallait pas en attendre plus de lui, mais elle avait besoin de le voir, de lui parler, pour se sentir bien. Il était évidemment hors de question de le montrer aux autres, ils avaient tout de même une fierté. Alors ils se voyaient, de temps à autres, uniquement les deux.

Si l'amertume de Shikamaru n'avait pas tout à fait disparu, la rancœur semblait l'avoir enfin laissé en paix. Le fantôme de Kiba s'était envolé, et sa haine avec. La douleur était toujours présente, les remords aussi, mais Temari savait qu'il fallait du temps pour se relever d'un drame aussi grand.

- Clope ? fit une voix à sa droite.

Elle sursauta, se tourna vers Shikamaru qui lui tendait une de ces cigarettes.

- Tu m'as fait peur, putain !

- Cœur de femme, peurs de femme.

- C'est quoi ça, un nouveau dicton pour machos pourris ?

Elle accepta la cigarette, puis la flamme qu'il lui tendit. La soirée touchait à sa fin, les jeunes sortaient tous de la salle. Certains rentraient, d'autres partaient pour d'autres fêtes où finir complétement ivres. Quoi de mieux qu'une bonne cuite pour fêter la fin de l'année, le diplôme ?

Elle se sentait si loin de tout ça, désormais. Elle avait l'impression de se voir, avec eux, dressée sur des hauts talons, déterminée à ne pas se souvenir de sa soirée le lendemain. Ça ne l'intéressait plus. Pas ce soir, en tout cas. Oh, elle ne les jugeait pas. Ils étaient jeunes, c'était durant cette période qu'ils pouvaient réellement profiter de faire la fête. D'ici quelques années, il serait trop tard. Mais elle comprenait désormais ceux que ce genre de nuits n'intéressait pas. Comme Gaara.

Et puis, c'était une soirée de ce genre qui avait vu mourir Kiba.

- Tu fais quoi ? demanda Shikamaru. Tu rentres ?

- Tenten voulait qu'on aille tous dans sa chambre…

- Pas pour moi.

Elle s'en serait doutée. C'était trop tôt. Quel meilleur moyen pour bien réaliser l'absence de leur ami défunt que se retrouver tous dans une petite pièce ?

- J'pense pas y aller non plus.

A vrai dire, elle n'avait envie que d'une chose ce soir-là : rester avec lui. Les vacances allaient arriver et ce que Shikamaru avait toujours affirmé allait certainement se passer : ils allaient se perdre de vue, c'était évident. La mort de Kiba, le départ de Sasuke, les diplômes de certains… peu à peu, leur joli groupe d'amis volait en éclats. Elle n'avait pas le cœur à être naïve : bien sûr, certains garderaient peut-être contact. Elle pourrait même rester amie avec Azur et Tenten si elle mettait tout en œuvre pour. Mais la vie les éloignerait les uns des autres avant qu'ils ne s'en soient rendus compte.

Ainsi, Shikamaru et elle finiraient par se perdre de vue, aussi. Elle aurait voulu croire en leur histoire, mais elle lui semblait plus fragile encore que leur groupe d'amis. Alors elle voulait en profiter tant que c'était possible.

Shikamaru fixait un point devant lui, silencieux. Il finit par tourner son visage vers elle et le sourire qu'il lui lança remua quelque chose dans son ventre.

- Je te ramène ? fit-il d'une voix séductrice absolument pas naturelle.

Elle éclata de rire.

- C'est quoi cette technique de drague pourrie ? On dirait…

Elle s'interrompit, leurs sourires fondirent instantanément. Puis Shikamaru secoua doucement la tête.

- On dirait Kiba, ouais. C'est exactement le genre de merdes qu'il aurait sortie.

A la plus grande surprise de Temari, il sourit à nouveau.

- Quoique non, il aurait plutôt proposé de ramener la fille chez lui.

Elle sourit à son tour, puis se pencha vers lui. Il la dévisagea une seconde durant laquelle elle se réjouit de le voir se souvenir de son meilleur ami de façon positive. Puis, de sa main, elle retira se cigarette de la bouche de Shikamaru avant de déposer ses lèvres dessus. Une seconde plus tard, elle reculait, lui laissant à peine le temps de réagir. Elle leva ses yeux vers lui et prit sa voix de pimbêche la plus ridicule :

- Et si tu me ramenais chez toi, beau brun ?

- Là, c'est toi qui a une technique de drague pourrie, ricana-t-il.

Elle recula, faisant mine d'être vexée.

- Tant pis pour toi ! Tu dormiras seul ce soir !

La perspective de dormir avec elle dût plaire à Shikamaru puisqu'il se mit face à elle et lui demanda :

- On y va ?

Elle acquiesça, tout sourire et jeta sa cigarette sur le sol. Tandis qu'ils marchaient, elle l'observa. Il faisait presque la même taille qu'elle, attachait ses cheveux trop longs en une espèce de couette étrange. Il n'était pas du tout musclé et flottait dans son tee-shirt trop grand pour lui. Les mains dans les poches de son jeans, il marchait dans la position de celui qui se fout de tout. Il n'était ni le plus beau, ni le plus grand, ni le plus musclé, rien de tout cela. Mais elle n'avait jamais eu autant envie de quelqu'un. Peut-être même était-ce la première fois de sa vie qu'elle voulait tant serrer quelqu'un dans ses bras. Peut-être était-ce la première fois qu'elle aimait, en fait. C'était à la fois effrayant et exaltant.

Et sous cette allure désinvolte se battaient des émotions qu'il n'avait pas l'habitude de gérer, elle le savait. Mais elle était prête à le soutenir. Comme lui l'avait fait pour elle, elle était prête à l'épauler jusqu'à ce que la mort de Kiba cesse de tous les hanter. Et ce, tant qu'elle le pourrait.

Quelques pas devant elle, Shikamaru avait le cœur qui battait trop vite à son goût. Quelle idée aussi, de l'inviter chez lui ! Si sa mère découvrait ça, il allait se faire massacrer. Ça ne lui ressemblait pas…

Mais qu'est-ce qui lui ressemblait, en fait ? Il n'en avait plus la moindre idée. Il ne voulait plus être le Shikamaru inactif qui avait laissé son ami mourir. Il tenait à Temari, et l'idée de la perdre comme il l'avait perdu lui le terrifiait au plus haut point. Mais la perspective de dormir avec elle semblait soudainement tout aussi effrayante.

Après tout, il avait beau faire le malin, il ne s'y connaissait pas vraiment dans ce domaine. Et si elle lui sautait dessus ? Et s'il était incapable de faire quoique ce soit, lui ?

« Arrête de penser à ça, idiot. Il se passera ce qu'il se passera. »

Kiba n'aurait jamais eu peur. Il se serait réjoui lui. Et s'il avait été là, il lui aurait fait des signes obscènes dans le dos de Temari. « Saute-la ! », il aurait chochoté, ravi pour lui. Mais Kiba n'était pas là, et aussi étrange que cela pouvait paraître, ses encouragements pervers lui manquaient affreusement.

Lorsqu'il s'était effondré dans les bras de Temari, les barrières infranchissables qu'il avait érigées autour de lui s'étaient écroulées instantanément. S'il en avait eu honte après, jamais il ne s'était senti aussi libre que lorsqu'il avait pleuré devant elle. Elle lui avait dit tant de choses qu'il n'avait pu tout se rappeler. Elle avait pleuré avec lui, aussi. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait, surtout. Elle ne l'avait pas répété depuis, avait peut-être même oublié et lui préférait ne pas se souvenir de s'il lui avait répondu ou non.

Tout ça lui faisait peur, en fait. Et il se sentait complétement stupide de ressentir ça. Il faisait de son mieux pour n'en rien montrer, mais Temari semblait si à l'aise qu'il se sentait encore plus pathétique face à elle. Mais peut-être ressentait-elle la même chose que lui ? En réalité, ils n'avaient pas complétement stoppé leur jeu : aucun n'osait montrer à l'autre à quel point il avait besoin de lui, et à quel point ça lui faisait peur.

Derrière lui, elle était hors de son champ de vision. Il aurait voulu se retourner, il avait besoin de la voir. Mais il n'en fit rien, continua sa route. Il aurait tout le loisir de la contempler chez lui. Chez lui… Il recommença à paniquer.

- Azur ! s'exclama la voix de Temari.

Il se retourna pour voir la blonde courant vers son amie. Il les rejoignit, toute peur et joie soudainement envolées.

Il ne pouvait pas rentrer tout de suite. Il avait quelque chose à faire.

- Tu rentres ? demanda Temari.

- Oui… toi aussi ?

- Euh…

- Je la ramène, mentit Shikamaru.

Azur leva des yeux gênés vers lui. Ils ne s'étaient pas reparlé depuis l'enterrement, et il ne s'était pas montré tendre avec elle.

- D'accord. Soyez prudents. Je t'appelle demain Temari.

Elle allait s'éloigner lorsque Shikamaru l'interpella. Elle se retourna, le dévisagea, méfiante.

- Ma voiture est vers l'arrêt de bus, déclara-t-il à Temari. Attends-moi là-bas, j'arrive.

Elle hocha la tête, embrassa son amie sur la joue puis sourit à Shikamaru. Sa main frôla la sienne, puis elle s'éloigna. Un frisson parcourut le corps de Shikamaru.

- Tu rentres comment ? demanda-t-il à Azur.

- En métro.

- Je t'accompagne à l'arrêt alors.

Elle haussa les sourcils, puis murmura un « si tu veux » qui sonnait plutôt comme un refus.

Ils marchèrent quelques secondes en silence, puis Shikamaru se décida enfin :

- Comment tu vas ?

-Aussi bien que toi, j'imagine.

Sa voix était froide, elle lui en voulait certainement. Tout comme il lui en avait voulu.

- C'est vrai… on était peut-être les deux personnes les plus proches de lui, déclara-t-il, pensif.

- Non. T'étais son meilleur ami. Moi j'étais une ex.

- T'étais bien plus que ça, répliqua-t-il.

Elle ne répondit pas. Jamais une personne ne lui avait semblé aussi triste et seule. Il imagina perdre Temari et ressentit plus que jamais le besoin de s'excuser.

- J'aurais jamais dû te dire tout ça, à l'enterrement…

- C'est du passé, fit-elle en haussant les épaules.

- Kiba aussi, fait partie du passé. Pourtant tu y penses encore.

Elle s'immobilisa, leva un regard furieux vers lui.

- Et toi, t'y penses plus peut-être ? s'écria-t-elle, la voix tremblante.

- Si. J'y pense constamment. Je me demande ce qu'il aurait dit, s'il était encore là. Je me demande ce que j'aurais pu faire pour éviter sa mort. Je me demande tout le temps à qui est la faute. Est-ce que c'est vraiment la nôtre ? Est-ce que c'est lui, le fautif dans l'histoire ? Pourquoi est-ce qu'il est mort ? Qu'est-ce qui l'a tué, l'alcool, l'amour, nous ou sa propre connerie ?

Les larmes commençaient à briller dans les yeux d'Azur. La peine s'effaça sur son visage aussitôt qu'elle se rendit compte qu'il l'observait. Ah, elle tentait de rester digne, la pauvre fille au cœur brisé. Il la reconnaissait bien là.

- Je me pose les mêmes questions. Mais il y a une chose que je sais : si j'avais répondu à mon téléphone, il ne serait pas mort. C'est pas évident de vivre avec ça.

- Il ne serait pas mort ce soir-là, rectifia Shikamaru.

- Son cas était pas désespéré !

Elle était la dernière à encore y croire. Et peut-être avait-elle raison. Elle avait vu des choses chez Kiba que lui-même ignorait. Elle avait fait naître chez lui des sentiments inespérés. Peut-être avait-elle raison, peut-être tout cela aurait-il pu être évité. Mais dans ce cas, ils ne cesseraient jamais de culpabiliser.

- Je préfère croire que si. On peut pas passer notre vie à nous en vouloir.

Elle détourna les yeux. Elle était habitée par le même sentiment de culpabilité que lui. Au lieu de l'accabler de reproches, il aurait dû la soutenir. Ils n'avaient jamais été vraiment proches, mais elle était la meilleure amie de celle qu'il aimait, et lui avait été celui de Kiba. Ils étaient liés par la douleur et par la joie, par une histoire passée et une histoire naissante.

- C'est pas de ta faute. T'as fait de lui quelqu'un de meilleur qu'il ne l'avait jamais été. Pendant que je le laissais faire ses conneries, toi tu t'es impliquée dans sa vie comme personne. Il était amoureux de toi, vraiment.

- Assez amoureux pour me tromper, marmonna-t-elle. Comme si ce n'était pas assez compliqué de se dire qu'il est mort, il faut que je vive avec ça en plus. Le mec que j'aimais m'a menti, m'a trompé, puis est mort. Je ne sais pas si je dois le détester ou me détester moi.

« Comme moi. »

- Je pensais comme toi… en fait, je le pense encore. Mais même si c'est difficile, j'imagine qu'on ne devrait faire ni l'un ni l'autre. Il a fait des erreurs et sa mort ne les excuse pas, au contraire, c'en est une de plus. Et on en a fait aussi. Moi plus que toi, à vrai dire. Mais il arrive un moment où il faut pardonner. A lui, comme à nous.

Elle ne pleurait toujours pas, elle tenait bon. Mais ses mains tremblaient.

- J'y arrive pas… murmura-t-elle. J'y arriverai jamais.

Il aurait voulu dire qu'il pensait pareil, mais sa volonté de la consoler l'en empêcha.

- C'est ce qu'il aurait voulu.

Phrase bateau qui ne lui ressemblait pas. « Mais qu'est-ce qui lui ressemblait ? ». Plus rien.

- Et moi j'aurais voulu qu'il continue ses études, qu'il grandisse, qu'on reste ensemble. J'ai pas eu ce que je voulais.

Elle finit par rire. L'amertume qui perçait dans sa voix rappela celle qui habitait Shikamaru avait auparavant.

- Regarde-moi. Je suis devenue tellement… je me reconnais pas.

« Comme moi. » Azur enfouit la main dans la poche de son jeans et en sortit son portable. Les yeux rivés dessus, elle déclara :

- J'ai ce putain de portable dans ma poche depuis des semaines. Je le charge tous les soirs sans jamais l'allumer. J'en ai pas le courage. Et à l'intérieur, il y a tous les messages qu'il m'a laissés. Il y a sa voix juste avant qu'il ne meure. Pourtant je peux pas me séparer de ce portable. Je peux pas m'en séparer, mais je peux pas l'allumer. C'est comme si Kiba était encore avec moi, à me supplier de le pardonner, mais je n'écoute toujours pas.

- Allume-le.

Effarée, elle secoua la tête.

- Je peux pas.

- Faut que t'écoutes ces messages.

- Je peux pas, je te dis ! C'était… c'était juste avant qu'il…

- Tu pourras jamais tourner la page si tu ne les écoute pas.

- Non… non… répéta-t-elle.

Il avait conscience de l'horreur de la situation. Les messages qu'elle entendrait lui briseraient certainement le cœur. Elle en pleurerait encore. Mais ça finirait par la libérer. Ce portable était comme un fantôme qui la hantait et l'empêchait d'avancer. Il était temps d'écouter les dernières paroles de Kiba. Il était temps de faire face au passé.

- J'ai été un ami de merde, commença Shikamaru. J'ai pas aidé Kiba quand il le fallait. Je me suis jamais bougé. Je pensais que c'était contraire à mon caractère. J'ai pas aidé mon meilleur ami et il est mort. Je ferai pas la même erreur avec la fille qu'il aimait.

Il s'empara du portable d'Azur et, le cœur battant, appuya sur bouton "on". Après quelques secondes, l'écran s'éclaira. Figée, Azur n'osait protester.

- Ton code ?

- 45…60… répondit-elle doucement, résignée.

Les icones apparurent les unes après les autres. Puis ce que redoutait Shikamaru arriva : le nom de Kiba s'afficha, encore et encore. Des SMS, des appels manqués, des messages vocaux. Si ça l'effrayait autant qu'elle, il aurait voulu en lire ou en entendre quelques-uns. Les derniers souvenirs de Kiba.

Mais ces souvenirs appartenaient à Azur. Alors il lui rendit son portable auquel elle lança un regard terrifié, secouant la tête.

- Je peux pas…

- Tu n'es pas responsable, l'ignora Shikamaru. Ni toi, ni moi. Tu étais ce qu'il y avait de meilleur chez lui. Il aimerait que tu te remettes de sa mort.

« Comme moi. »

Azur se força à le regarder dans les yeux. Il n'avait plus rien à dire apparemment, attendait un signe de sa part pour s'en aller. Avait-elle le courage de rester seule pour affronter ça ?

Elle se rappela de Temari qui devait l'attendre et se résolut à chasser Shikamaru : depuis le temps qu'elle l'attendait, Azur ne pouvait enlever ce moment à sa meilleure amie.

- Très bien, se força-t-elle à sourire. Passe une bonne soirée avec Temari.

Il sembla soulagé, hocha la tête et la quitta. Elle resta longuement immobile, à réfléchir si oui ou non elle devait le faire. Était-elle prête à y faire face ?

Elle avait passé les dernières semaines à se poser des centaines de questions. Sur sa relation avec Kiba, sur lui-même, sur ses sentiments pour elle, sur ce qu'elle-même ressentait pour lui, sur sa mort, les causes de sa mort, les circonstances de sa mort… A qui la faute ? Est-ce qu'il l'avait vraiment aimée ? Est-ce qu'elle aurait pu le sauver ? Et s'ils n'avaient pas rompu ? Et si elle avait répondu ? Et s'il ne l'avait pas trompé ? Et si, et si, et si…

Et parmi ces questions : qu'est-ce qu'il y avait sur ce portable éteint ? Quels étaient ces derniers mots ?

Elle en avait été malade, avait raté ses examens. Ses amis avaient tout tenté pour la consoler, mais si elle parvenait à ne plus pleurer, les rires se faisaient rares. Elle se sentait morte de l'intérieur. Parfois, l'espoir d'aller mieux survenait : la joie la gagnait à nouveau, Kiba cessait de la tourmenter un instant, elle parvenait à se bouger un peu. Mais aussitôt, la culpabilité la rattrapait. Comment pouvait-elle rire quand Kiba était mort ? Alors elle sombrait à nouveau dans sa douleur.

Elle se demandait si elle parviendrait un jour à aimer à nouveau. Certainement. Après tout, s'il n'était pas mort, qu'elle ce soit remise avec lui ou non, Kiba n'aurait sûrement pas été l'homme de sa vie. Sa mort changeait la donne, bien sûr, mais Azur savait qu'elle finirait par rencontrer quelqu'un. Pourtant, cette pensée la terrorisait autant qu'elle la poussait à s'en vouloir.

Comment continuer à vivre dans ces conditions ? Il fallait qu'elle pardonne à Kiba et qu'elle se pardonne à elle-même, comme l'avait dit Shikamaru. Et pour cela, il fallait d'abord qu'elle sache tout ce qu'elle pouvait savoir. Le seul blanc qu'il restait dans l'histoire pouvait être comblé par les messages qui l'effrayaient tant.

Elle dévérouilla son portable, et les yeux emplis de larmes, fit face aux dizaines de notifications qui s'y affichaient. Quelques messages et appels de ses amis, de sa famille. Et Kiba, Kiba, Kiba, partout Kiba. Elle remonta aux SMS les plus anciens, en lut quelques-uns qu'elle avait déjà vu. Puis elle réunit tout son courage et se rendit sur l'onglet des messages vocaux. A nouveau, elle chercha le plus ancien. Elle était prête à revivre la soirée dans l'ordre. Du premier au dernier message de Kiba, juste avant sa mort. S'il fallait ça pour pouvoir ensuite oublier, soit.

- Vous avez un nouveau message vocal. Si vous souhaitez l'écouter, appuyez sur la touche « un », si vous…

Elle appuya sur « un ».

- Ouais Azur… j'imagine que tu veux pas répondre. Ecoute, j'ai été con. C'était juste une seule fois, je croyais qu'on était plus ensemble… T'as pas le droit de me lâcher comme ça, sérieux… Elle m'a sauté dessus l'autre conne aussi ! On peut se voir au moins pour en parler ? Rappelle-moi.

Seule au milieu de la rue faiblement éclairée, elle se tenait droite, le portable contre son oreille. Il n'y avait personne, plus aucun bruit. Les larmes dévalaient ses joues mais Azur persista, appuya sur "un".« Au suivant. » La voix de Kiba retentit à nouveau, comme un cri arraché au passé :

- Mais réponds, merde ! Azur je t'aime putain, je…


" Il y a ceux pour qui ma mort n'a rien signifié. Rien du tout. Il y a ceux que ça a dévastés. Et il y a ceux qui ont été ému, parce qu'ils m'ont connu une fois, ou ont connu quelqu'un qui m'a connu. Ou simplement parce que c'est une bien triste histoire que celle de cet adolescent mort seul dans l'herbe d'un coma éthylique.

Mon nom s'effacera de leur mémoire. Kiba Inuzuka.

Pour ceux qui m'ont aimé, cons qu'ils ont été de m'accorder cet amour, ça a été différent.

Notre groupe d'amis finira par voler en éclats. C'est évident, vu comme c'est parti. Ils s'éloignent déjà. Ils ont été solidaires un moment, puis la douleur de mon souvenir et la vie ont fait leur boulot. C'était évident qu'on ne resterait pas toujours amis.

Sasuke est en Europe, avec son frère. Il se jure qu'il reverra Naruto et Sakura. Tant mieux pour lui, de toutes façons je l'ai jamais aimé, alors sa vie je m'en fous un peu.

Hinata et Gaara sont devenus de grands amis. La petite Hyuuga peut compter sur le soutien de son cousin, Neji pour se remettre de sa tentative de suicide. Bah, ça devait bien arriver, l'important c'est qu'elle ait pas sauté. Et puis Gaara, bah, il s'est trouvé un mec on dirait. Ça commence doucement, mais si sa sœur arrête de s'incruster dans sa vie privée, il va peut-être pouvoir choper. Courage mon vieux ! Peu importe par quel trou, le sexe ça vaut toujours le coup ! ( Mon âme de poète n'est pas morte, elle).

Sakura va retourner à Londres. Après un an de plus à Tokyo, sa famille lui manque trop. Et puis sa relation avec Naruto est devenue étrange. L'autre blond est toujours amoureux d'elle. Coriace le gars !

Naruto a été le plus rapide à se remettre. Je l'aurais parié. Il tenait tellement à redonner le sourire aux autres qu'il se forçait à faire le con devant eux. Mais des fois, je l'entends m'appeler. Le départ de sa chérie va l'atterrer : après Sasuke et moi, Sakura ! Heureusement que Lee est toujours là pour dire de la merde, au moins il le fait rire. Il a énormément changé l'autre couillon toujours en vert, malgré tout. C'est celui qui vient le plus me voir sur ma tombe. Avec les autres, il apporte des fleurs immondes qui puent...mais ça fait toujours plaisir. J'ai une plus belle tombe que mes voisins, dans vos culs les gars !

Tenten a rapidement laissé tomber l'économie ( d'un côté franchement, tu croyais vraiment que c'était fait pour toi? ) et a fait des tas de voyages pendant un an. Elle rentre bientôt au Japon. Elle a rencontré l'amour je sais plus trop où, mais bon, tomber amoureuse en voyage c'est pas très intelligent. Alors elle revient avec le cœur brisé, ça va encore faire une fille à consoler ! Ils en ont pas marre de chialer à force ?

En rentrant, elle va retrouver Kankuro, fraîchement sorti de prison ! Ils vont pas ensemble, je vous dirais, mais je parie sur quelque chose entre les deux. Ça durera pas longtemps, je pense. Mais bon, faut bien quelqu'un pour consoler ma petite Tenten, hein.

Et Kankuro, bah… il a l'air motivé à reprendre sa vie en main. C'est beau, la liberté, hein ? Sa famille a mal vécu son incarcération, du moins au début. Le problème, c'est que leur père a pété un câble et les a chassés de la maison. Il est obligé de subvenir à leurs besoins pour l'instant, alors il leur paie un appart' pourri. Kankuro compte se mettre à travailler pour les aider, mais un travail honnête, hein. Et puis Temari veut entrer dans la police. Ça me fait marrer de l'imaginer en uniforme, elle sera plutôt canon, c'est Shikamaru qui va kiffer ! Mais ça lui colle bien.

Shikamaru a pu compter sur le soutien de Choji. Ma mort lui a fait réaliser que leur amitié était précieuse. C'est quand même dingue, le nombre de choses que j'ai appris aux gens en crevant. Ils devraient me remercier... Remerciez-moi les gars !

Il a aussi pu compter sur Temari. Le petit con, il a attendu que je crève pour se la taper. J'aurais voulu être là pour voir ça. Il a traversé des sales périodes, mais elle a été là quand il le fallait. Je comprends pas grand-chose à leur relation, ils couchent ensemble, ils se disputent, ils couchent ensemble, ils se voient plus… C'est un peu le gros bordel, mais bon, c'était à prévoir. Je sais juste que quand il est avec elle, Shikamaru m'oublie toujours. Et c'est parfait comme ça.

Ino commence à se faire une place dans le monde du mannequinat. Elle a fait quelques couvertures de magazines, et elle commence à être demandée pour des défilés. Elle s'épanouit comme jamais. C'est une nouvelle vie, une nouvelle Ino. Elle a fini par un peu m'oublier et est tombée amoureuse d'un photographe. Je sais qu'elle rêve encore de moi parfois...

Comme Azur. C'est elle qui me retient là. Elle a tellement pleuré que maintenant elle paraît heureuse. Les gens pensent qu'elle s'est remise, et c'est presque vrai. Elle rit, elle sort, elle étudie, elle vit à nouveau. Mais la nuit, je suis encore là. Elle a fait la plus grande partie du chemin, je sais qu'elle parviendra à nous pardonner. Elle s'en veut comme elle m'en veut, et ça nous empêche, elle et moi, d'avancer.

Mais il y a un moment où il faut tourner la page, Azur. T'as été forte. Plus que tous les autres réunis. T'as dû surmonter plus de douleur encore que ma famille, parce que toi t'étais seule pour vaincre tout ça. Personne n'a jamais compris que sous ton sourire se cachait plus de souffrance que de joie. Exactement comme pour moi. Il n'y a que toi qui a su voir à travers la façade que j'avais construite.

Et ce mec, il peut voir. T'as le droit de tomber amoureuse tu sais. Tu l'évites depuis que tu bosses au même endroit que lui parce que tu trouves qu'il me ressemble un peu. Tu te trompes, il est le contraire de moi. Il fait un peu le malin, il a un sourire un peu con et plus ou moins la même corpulence, c'est vrai. Mais c'est pas moi. Lui, il a un avenir. Il est plutôt bien dans sa vie, et il te rendrait heureuse. Alors arrête de l'ignorer, putain ! C'est tout ce que tu sais faire, ignorer ? Ignorer les appels, ignorer les gens…

J'te reproche pas ma mort, t'inquiète pas. Tu l'as assez fait. C'était pas ta faute Azur, c'était pas votre faute à tous. C'était la mienne. Malgré ta confiance, malgré tes efforts, j'ai tout foutu en l'air. Ça fait un peu plus d'un an, et je t'aime encore. Mais il est temps que toi tu m'oublies.

Il te sourit Azur. Ne lui passe pas coté, cette fois. Souris-lui. Souris-lui Azur!

...

Voilà."


C'est la fin de cette histoire. Merci infiniment de m'avoir lue et supportée pendant sa durée. C'est toujours émouvant de terminer une histoire, mais j'avoue être surtout soulagée : je l'ai finie ! Je croyais ne pas y arriver x)

Pour le passage final, le " voilà" de Kiba signe sa libération, je ne sais pas si j'ai bien rendu ça :)

Comme j'ai toujours besoin de faire un compte rendu pour tourner la page :

Durant cette fic, il y a des choses que j'ai adoré : l'amitié Ino-Hinata, la mort de Kiba ou le camping, le Tema-Shika et le Az-Kiba, Ino et Temari, Shikamaru, les deux derniers chapitres... A l'inverse, l'amitié Sakura-Naruto, le début, le trip du viol d'Hinata, le Sasu-Saku, Sakura et même Azur parfois... sont des choses qui m'ont moins plu ou me semblent peu abouties.

Temari a été le perso le plus dur a écrire, Tenten le plus agréable, Kiba et Gaara les plus prenants, Hinata le plus déprimant x), Shikamaru le plus facile et abouti à mes yeux, Azur le plus difficile à éviter le Mary Sue.

Il y a des choses que je regrette, comme les coucheries Sakura-Naruto, l'histoire autour du viol présumé d'Hinata, l'amour de Neji pour elle... et des idées auxquelles j'ai renoncées. Attention, préparez-vous à ce qui aurait pu se passer si j'avais pas récupéré mon cerveau à temps!

Dans la catégorie WTF : Ino enceinte, Gaara qui tombe amoureux d'un des mecs, Azur qui passe son temps à hurler, un épilogue avec Azur sur sa tombe en robe de mariée disant adieu à Kiba, Hinata qui finit avec Naruto, Kiba et Sasuke qui se battent... Quand je vous dis que j'ai bien fait de laisser tomber !

Dans les trucs plus raisonnables : j'ai hésité à faire mourir Shikaku, Pein et Itachi, à faire une vraie relation Sasu-Saku et/ou Naru-Saku, la première fois de Kiba et Azur devait être tout à fait différente, Kankuro et Tenten devaient finir ensemble clairement... Et je réalise que si j'avais aimé foutre tout le monde en couple, Ino et Hinata auraient fait un joli yuri. Mais j'aime PAS foutre tout le monde en couple. Donc on finit sur des sous-entends pour Kankuro et Tenten, Temari et Shikamaru, Sasuke et Sakura, et vous faîtes ce que vous voulez avec ça x)

Ce que j'ai surtout adoré durant cette fic, c'est vous. J'ai perdu beaucoup de lecteus au fur et à mesure de l'histoire à cause de ma lenteur et du changement radical de direction et au final, je ne suis qu'une fic parmi tant d'autres. Mais j'ai eu droit à des compliments de votre part, à des critiques constructives et à un grand soutien. Je vous remercie mille fois pour ça.

Remerciements des lecteurs, c'est parti :

Je n'ai pas assez répondu à vos reviews vu que vous étiez souvent sans compte et je le regrette. Je vais le faire en gros ici, mais sachez qu'à chaque fois chacun de vos commentaires a été essentiel pour moi :) Je ne sais pas pour tous si vous êtes un garçon ou une fille, pardonnez-moi si je fais une erreur...

Mard21, un immense merci pour toutes tes reviews et ton soutien. Tes compliments faisaient partie des plus touchants, ils me donnaient à chaque fois l'envie de continuer :) Merci de vouloir me suivre, et merci pour ce que tu as dit sur l'hommage. Et mon dieu je réalise que tu avais aussi lu FNS ! Ana3031 et sa review postée en plusieurs fois x) Tu croyais qu'une fille allait mourir, raté ;) Merci pour tous tes compliments et d'avoir aimé le Kiba-Azur :D Tu me donnais à chaque fois le sourire! (T'étais aussi à la JE ? C'est possible que je t'ai vue ^^ T'as osé faire les dédicaces pour Noob ? Trop long, j'ai même pas essayé ahah mais j'ai eu Sparadrap en photo) Bref x) Kimney qui avait peur que j'abandonne, je ne l'ai pas fait grâce à des gens comme toi! Little Cookie qui ressentait les choses comme je l'espérais, Akiska qui a cherché comme personne le mort et a été la seule un moment à deviner qu'il s'agissait de Kiba! Imthebest et ses commentaires réguliers, AdaDiana et ses jolis compliments, Sehaltiel et ses remarques censées, senekata qui me déteste et qui a le droit x), Lunamyxvoldy qui avait un doute pour Kiba... un grand merci à vous ! Vous êtes parmi les commentaires les plus récents, j'imagine donc que vous me lisez encore et que vous verrez ça.

Katy2a, Haruka, Ayilas, Hyorish, revieweurs d'un jour ou nouveaux arrivés, merci d'avoir pris le temps de commenter, certains commentaires m'ont vraiment touchée :)

Il y a les lecteurs qui ont peut-être abandonné cette fic, mais s'ils repassent par là, j'aimerais qu'ils voient ça: CookieKandy m'a suivie dès le tout début et si je ne me trompe pas sur mes autres fics! azurxKiba qui était fan d'un couple que j'avais inventé... comment ne pas être hyper touchée ? Sarouille 0.0 une autre adepte du Azur-Kiba, Karinila dont la critique constructive m'a fait évoluer Freak666chaos, Natzu, Shushi Anonyme, je suis folle de toi, Gie, Celestial Blue Light, Guest, Xam09, V-Nott...

J'en oublie certainement, les anonymes, les "Guest", ceux qui sont passés et ne sont jamais revenus... je suis désolée, un grand merci à vous ! Et puis il y a ceux qui n'ont jamais reviewé mais m'ont suivi, favorisé... ou ceux qui n'ont rien fait du tout tout en me lisant. Merci d'avoir suivi cette histoire, et si vous en avez l'envie, n'hésitez pas à dire que vous êtes là ;)

Enfin aux lecteurs qui viendront peut-être : le début de cette fic est une horreur, si vous l'avez surpassée, bravo! J'espère que cette histoire vous aura plu.

Ma prochaine fic en cours d'écriture est une fic basée sur Kingdom Hearts, je change de fandom ! Elle fera 5 chapitres, j'ai besoin de faire quelque chose de court. Ma prochaine fic Naruto sera certainement une fic dans un univers soit fantasy, soit steampunk, centrée sur Shikamaru, Kiba, Temari, Kankuro en particulier... et sans Azur. Il est temps de lui dire adieu, du moins dans mes fics :) Sinon, l'idée de faire une fic uniquement sur la relation Temari-Shikamaru au fil des années m'intéresse. Une espèce de "spin-off" de No Limits donc. J'y réfléchis, je vais voir si je trouve l'inspiration. Quoiqu'il en soit, si vous voulez être tenus au courant, le mieux est toujours de me suivre pour recevoir une alerte ;)

Sinon, j'ai ce projet d'écrire ma propre histoire depuis des années. L'histoire et l'univers changent, mais la plupart des personnages restent. Peut-être est-il temps de m'y mettre...

On le répète souvent, mais les fanfickeurs trouvent le courage d'écrire dans leurs commentaires bien souvent. Alors merci ( une ultime fois) de m'avoir suivie, commenté et d'avoir supporté mes racontages de vie... on se retrouve peut-être dans mes prochaines histoires ! Prenez soin de vous et des gens que vous aimez.

WeareCrazy - FNS