Chapitre 37 : Toutes ces vies qui dépendent de moi
Lorsque Gauvain avait choisi de se retirer quelques heures en forêt, il souhaitait simplement profiter de l'isolement pour mettre en perspective toutes les aventures qu'il avait vécues aux côtés de celui qu'il avait longtemps cru n'être qu'un valet sans histoires. Autant dire que le chevalier ne s'attendait pas à ce que quelqu'un passe par là, et encore moins à ce que Merlin lui-même passe par là. C'était à peine croyable : il avait trouvé le moyen de tomber sur la personne à l'origine même de son besoin de solitude.
Comme celle-ci n'avait pas remarqué sa présence, Gauvain avait décidé de l'appeler. Il n'y avait qu'un seul mot à prononcer : Merlin ; mais c'était un autre nom qui avait franchi ses lèvres. Emrys. En l'appelant ainsi, le chevalier lui montrait qu'il connaissait maintenant la vérité. Mais pas seulement. C'était aussi une façon de vérifier que tout était bien vrai, que cette seconde identité était bien la sienne.
Gauvain pensait que Merlin se retournerait simplement, mais le jeune sorcier ne s'était pas contenté de cela : pensant avoir affaire à une personne connaissant son identité, il avait confirmé par réflexe qu'il était bien Emrys, avant même de savoir qui l'avait appelé. Lorsqu'ensuite il avait vu son ami, il s'était figé sur place, et le chevalier avait pu remarquer le passage de différentes émotions sur son visage. Il y avait d'abord eu de l'embarras, lorsque le tout puissant sorcier avait compris qu'il venait de trahir des années de dissimulation en un seul instant d'inattention. Puis, il s'était rendu compte de ce que signifiait le cri du chevalier : ce dernier avait fini par découvrir la vérité. Alors Merlin était resté bouche bée, semblant stupéfait, intrigué et surtout hésitant. Gauvain l'avait vu analyser la situation et réfléchir à la meilleure réaction à adopter.
Le chevalier eut l'impression que son ami avait plusieurs choses à dire, plusieurs questions à poser, mais qu'il ne savait pas par où commencer. Comment l'as-tu appris ? Est-ce que tu comptes en parler à quelqu'un? Comment as-tu réagi? Est-ce que tu m'en veux ? Finalement, Gauvain le vit se résigner. Les traits du jeune sorcier étaient maintenant relâchés. Incapable de prendre une décision, il attendait le plus calmement possible que le chevalier prenne la parole en premier. Il avait décidé que la meilleure réaction était l'absence de réaction.
Merlin et Gauvain s'observaient en silence.
Ce fut le chevalier qui sortit le premier de son mutisme :
-Est-il possible que tu sois un dieu, vivant dans l'anonymat parmi les hommes ?
Sous le regard ébahi de Gauvain, le tout puissant Emrys se mit à pouffer. Il n'a pas gardé son calme très longtemps, s'offusqua intérieurement le chevalier.
Merlin arborait maintenant un immense sourire mais les coins de ses lèvres frémissaient sous l'effort qu'il fournissait pour ne pas éclater de rire. Pourtant, malgré toute sa résistance, il se retrouva bientôt plié en deux sous le regard vexé de Gauvain, qui ne comprenait pas cette hilarité. Je crois qu'il est en train de se payer ma tête.
-Dois-je en déduire que la réponse est non ? demanda-t-il pour conserver un semblant de dignité.
-Bien sûr ! s'esclaffa Merlin. Comment as-tu pu croire une chose pareille ?! Est-ce que tu as vraiment envisagé cette option ?
Encouragé par l'arrêt des moqueries, Gauvain tenta tant bien que mal de décrire le raisonnement qui l'avait mené à cette conclusion.
-Depuis que j'ai appris que tu étais Emrys, j'ai l'impression d'être le personnage d'un conte… ou d'une fable peut-être. Tu sais, l'une de ces histoires dans lesquelles le personnage ne fait jamais de bonnes actions car il n'y voit pas d'intérêt… jusqu'au jour où il découvre qu'une personne qu'il fréquente tous les jours est en réalité un dieu, un sorcier, un enchanteur ou une nymphe qui a observé son comportement et qui compte le punir.
Il écartait les bras en montrant la paume de ses mains, comme pour signifier que ce qu'il disait était parfaitement logique et que Merlin n'avait aucune raison de pleurer de rire comme il était en train de le faire.
-Arrête de rire ! Ca n'a vraiment rien de drôle !
-Tu… Tu m'as pris pour une nymphe ?
Gauvain se sentit rougir.
-Je… Non ! Pas une nymphe !
-Oui tu as raison, fit le jeune sorcier avec emphase. Pas une nymphe, bien évidemment. Plutôt un dieu ! Ou un envoyé des dieux ! Une créature chargée de punir ou récompenser tes actes, c'est vrai que c'est une idée beaucoup moins ridicule !
-C'est bon, j'ai compris que c'était absurde, tu n'as pas besoin d'en rajouter ! Tu pourrais avoir pitié de moi ! Après le choc que j'ai subi en découvrant cela…
Mais le sorcier ne prêtait pas la moindre attention aux efforts de son ami pour se faire entendre.
-La morale de l'histoire, se moqua-t-il, c'est qu'une bonne action ne doit pas se faire par intérêt mais par… pureté de l'âme. Après toutes tes beuveries à la taverne, je comprends que tu t'inquiètes de la fraîcheur de la tienne. Elle est très certainement tachée de bière, de vin et d'alcools en tous genres.
-Quand tu auras fini de glousser, tu pourras peut-être m'aider à comprendre comment tu t'y es pris pour dissimuler un secret aussi énorme pendant si longtemps !
Merlin se fit plus sérieux.
-Je suis désolé, dit-il dans un dernier éclat de rire. Est-ce que tu m'en veux de t'avoir menti ?
-Je ne crois pas, dit lentement Gauvain. Mais ce qui est certain c'est que cette nouvelle change tout. L'image que j'avais de toi était totalement fausse, c'est pour cette raison que je suis aussi perdu et prêt à croire n'importe quoi à ton sujet. Je ne pourrai plus jamais te voir de la même manière maintenant que je sais que depuis toutes ces années tu es un sorcier. Un puissant sorcier.
Le jeune valet avait retrouvé son sérieux, et il paraissait touché par ce qu'il entendait.
-Pourtant j'ai frôlé la mort si souvent aux côtés d'Arthur et des chevaliers que je ne peux pas m'empêcher de penser que je suis aussi vulnérable que n'importe lequel d'entre vous. Peut-être plus encore. Si tu t'imagines que mes jours à Camelot ont été guillerets et faciles, tu te trompes lourdement. Depuis mon arrivée ici, il ne s'est pas écoulé un seul jour sans que la peur d'être exécuté ne me prenne. Je pourrais écrire un poème sur la brûlure que peut causer l'idée du bûcher à elle seule. Je n'ai pas eu l'impression d'être un grand sorcier lorsque Nimueh, Sigan, Morgause, Morgane et tous les autres m'ont eu à leur merci. J'ai peut-être le potentiel d'un être exceptionnel mais il me manque la capacité de l'exploiter. J'ai un destin, une responsabilité… Toutes ces vies qui dépendent de moi… mais je ne suis pas… je n'ai pas… Ma prétendue puissance a ses limites.
En quelques phrases, il avait ramené Gauvain à la raison. Ce n'était pas Emrys qui s'adressait à lui, c'était bien Merlin. Le même Merlin qu'avant. Le chevalier aurait voulu le rassurer. Ne doute pas de toi.
-Tu penses que tu n'es pas à la hauteur de la légende ?
Le sorcier eut un temps d'hésitation, comme s'il s'interdisait de douter de lui-même pour ne pas perdre toute volonté de se battre. Alors Gauvain répondit pour lui :
-Ce n'est pas ce que Gilli m'a dit.
-Gill…
-Ne lui en veux pas, ce n'est pas vraiment à cause de lui que j'ai appris ton secret. Je l'ai simplement deviné à partir de ce qu'il m'a dit d'Emrys… et de toi. Et tu aurais dû l'entendre te défendre parce qu'il l'a très bien fait. Il a dit que la magie s'était imposée à toi dès la naissance et que tu avais utilisé tes pouvoirs en secret pour protéger Arthur de ses ennemis. Il a aussi dit que tu étais un grand sorcier dans tous les sens du terme car tu mets tes grands pouvoirs au service de la plus noble des causes.
Les yeux de Merlin s'humidifiaient à nouveau, et Gauvain savait qu'il ne s'agissait plus de larmes de rire. L'humanité du jeune sorcier ne faisait plus aucun doute, et le chevalier regrettait d'en avoir douté.
-Gilli est un très bon ami, dit Merlin avec émotion, et toi aussi. Je suis heureux que vous soyez à mes côtés. J'espère simplement que mon secret ne vous mettra pas en danger.
-Quand vas-tu l'avouer à Arthur ?
-Je ne sais pas. De toute façon je serai obligé de le lui dire d'ici la fin du mois… à cause de l'ultimatum de Morgane. Elle ne sait pas que je suis Emrys mais elle a découvert que je suis un sorcier. Elle veut que je rejoigne Mordred dans la conquête de Camelot, sinon elle dira ce qu'elle sait à Arthur. Pour être honnête je préfèrerais qu'il apprenne la vérité de ma bouche.
-Alors les rumeurs sont vraies, Morgane est bien en vie.
-Et bien décidée à s'allier à Mordred, malgré tous mes efforts pour l'en empêcher.
Gauvain fronça les sourcils :
-Tes efforts pour l'en empêcher ?
Le regard du jeune sorcier était plein de sous entendus :
-Si tu veux tout savoir depuis le début, mes explications risquent de prendre un certain temps… et je pense qu'elles vont te déplaire.
Le chevalier plissa encore plus les yeux.
Merlin se mit à parler.
Arthur écoutait avec attention les explications d'Aithusa. Pour empêcher le roi de révéler à Merlin son projet d'autoriser la magie, elle avait utilisé un pouvoir très particulier qui lui avait été transmis par Emrys au moment de son éclosion.
-Emrys n'a pas toujours besoin de se trouver à l'endroit où il jette un sort. Il lui est arrivé d'utiliser la magie depuis des kilomètres de distance. Enfin…
Elle hésita une seconde avant de poursuivre :
-En réalité cela ne s'est produit qu'une seule fois il y a plusieurs années, et il l'a fait sans vraiment s'en rendre compte. Je pense qu'il aurait besoin d'entraînement pour reproduire un tel exploit. La première fois avait tout des circonstances exceptionnelles puisque vous étiez en danger de mort et qu'il ne pouvait pas vous rejoindre.
Arthur n'était pas certain de comprendre :
-Emrys a utilisé ce pouvoir sans s'en rendre compte pour me sauver ?
-Absolument. Vous souvenez-vous de l'orbe de lumière qui vous a guidé vers la sortie de la grotte lorsque vous êtes parti cueillir la fleur Mortaeus ?
Arthur hocha la tête. Il soupçonnait déjà Emrys d'avoir envoyé cet orbe depuis un certain temps : lorsqu'il avait appris que ce sorcier était pour lui un ange gardien le roi avait rapidement fait le lien avec la sphère de lumière bleue qui l'avait secouru dans cette fameuse grotte.
-Mais comment savez vous cela ? demanda-t-il. Il ne me semblait pas que voir le passé faisait partie de vos très nombreux pouvoirs.
-Je vous l'ai dit, l'Archiviste était mon ami. Vous ne pensiez pas être le seul à avoir profité des cristaux de sa bibliothèque, n'est-ce pas ?
Ella avait raison bien sûr. Il avait encore trouvé le moyen d'oublier un détail important. Arthur avait la désagréable sensation c'était aussi l'oubli d'un détail crucial qui l'empêchait de comprendre par lui-même ce que cachait la dragonne au sujet d'Emrys, Mordred, Morgane et Merlin.
-Si je comprends bien, déduit-il, l'un des pouvoirs qu'Emrys vous a transmis est celui de se servir de la magie à distance, et vous l'avez utilisé depuis l'île des Bénis pour m'empêcher de parler à Merlin.
-Exactement. J'ai fait ce qu'Emrys n'a pas fait : je me suis entraînée à utiliser ce pouvoir. Mon intention première était simplement d'entrer en contact avec vous pour vous dire d'attendre le bon moment, malheureusement, je ne pouvais pas établir le lien télépathique tant que vous étiez en compagnie d'autres personnes. Alors j'ai attendu que vous sortiez de votre réunion. Grâce à mes visions, je savais qu'à cet instant vous aviez déjà fait le choix de supprimer la loi de votre père… et je savais que vous cherchiez Merlin, alors j'ai fait tout ce que j'ai pu pour retarder ces retrouvailles. J'ai tout fait pour vous isoler, mais il y avait toujours une ou plusieurs personnes dans les couloirs que vous traversiez, alors je me suis contentée de gagner du temps en vous faisant croiser une multitude de gens. Je n'ai choisi que des personnes qui vous cherchaient déjà pour une raison ou pour une autre, et j'ai placé dans leur esprit quelques pensées les incitant à vous chercher au bon endroit et à marcher à la vitesse nécessaire pour tomber sur vous.
-Vous avez inséré des pensées dans leur esprit ? s'inquiéta Arthur. C'est vraiment une chose que vous pouvez faire ? Est-ce que Mordred pourrait le faire ?
-Ce n'est pas aussi dangereux que ce que l'on peut croire : je ne peux pas implanter n'importe quelle idée chez quelqu'un, il faut qu'elle reste dans le domaine du raisonnable. Cela ne fonctionnerait pas si je leur suggérais de sauter par la fenêtre ou de s'en prendre à leurs proches. Il faut comprendre que ce que je fais n'est en réalité qu'une forme de communication télépathique. La personne concernée entend une voix dans sa tête et pense que c'est sa propre conscience qui lui parle. Quant à Mordred, il pourrait effectivement faire la même chose, comme le pourrait n'importe quelle personne capable créer un lien télépathique, mais il aurait besoin de se trouver à proximité de celui dont il souhaite modifier le comportement. Et n'oubliez pas qu'il ne pourrait en aucun cas forcer les gens à commettre des actes allant contre leur nature.
Cela ne rassura pas totalement Arthur, mais ce n'était qu'un souci supplémentaire à ajouter à sa longue liste.
-Et comment saviez-vous quelles personnes étaient en train de me chercher ?
-Tout simplement parce que j'observais déjà depuis quelques minutes les habitants de Camelot susceptibles d'entrer en contact avec vous, ceux dont vous êtes le plus proche. Je savais où se trouvait chacun d'entre eux et ce qu'ils venaient de faire, et je me suis servie de ces informations pour deviner où ils comptaient se rendre. Ca n'a pas toujours fonctionné puisque je me suis trompée sur les intentions de plusieurs chevaliers et membres de la noblesse, mais ça m'a tout de même permis de gagner un temps précieux.
-Est-ce que vous avez aussi mis des obstacles sur la route de Merlin, pour qu'il ne me croise pas ?
-Non je ne voulais surtout pas qu'il comprenne qu'il se passait quelque chose alors je n'ai interagi d'aucune manière avec lui. S'il avait senti mon action sur lui il aurait pu s'inquiéter et croire à une attaque.
Arthur n'avait aucun mal à croire que Merlin aurait senti l'action d'Aithusa : le jeune valet semblait avoir un don pour percevoir les évènements anormaux même les plus discrets, ce qui les avait bien souvent tiré d'affaire au cours de leurs aventures.
-Puisque vous avez observé tout le monde, dit alors Arthur, vous devez savoir où était mon serviteur ce matin lorsqu'il était absent, n'est-ce pas ? Il n'a pas dormi dans ses appartements, je le sais. Est-ce que vous savez où il se trouvait ?
-En effet mais…
-Mais certains secrets ne sont pas les vôtres et il ne vous appartient pas de les révéler, fit-il en mimant les précédentes paroles de la jeune dragonne.
Il ne devrait pas s'en prendre à elle de cette manière, il le savait, mais il ne pouvait plus supporter l'ignorance dans laquelle il était maintenu.
-Je suis navrée, Arthur, je ne vous cache rien volontairement.
Elle ne devrait pas s'excuser, ce n'était pas sa faute.
-Merlin, lui, me cache bon nombre de choses bien volontairement, soupira-t-il. Les secrets qu'il garde sont les siens et il n'appartient qu'à lui de me les révéler.
Mais il savait que son ami avait de bonnes raisons de lui mentir. Ce n'était pas non plus sa faute.
-Est-ce que vous lui en voulez de ne pas avoir la force de tout vous dire ? demanda Aithusa, faisant écho à ses pensées.
-Non. Sa réaction me paraît parfaitement logique. Je n'ai découvert que très récemment qu'il collaborait avec un sorcier, et je comprends malheureusement pourquoi il ne m'a rien dit. J'espérais le faire parler de ses autres secrets en lui disant que j'étais à présent de son côté mais je sais maintenant que je vais devoir attendre ce que vous appelez le bon moment pour avoir cette conversation.
Aithusa resta silencieuse. Il savait qu'elle se sentait impuissante et probablement légèrement coupable.
-Et qu'en est-il de Mordred ? lança-t-il soudain. Est-ce que vous pouvez vous servir de votre vision à distance pour l'observer et savoir ce qu'il prépare ? Je ne peux plus le faire à l'aide des cristaux depuis qu'il s'est protégé, mais peut être que vous vous le pouvez !
La dragonne s'empressa de lui ôter ce mince espoir :
-Je le pouvais, j'ai essayé… mais il m'a très rapidement repérée et s'est protégé, tout comme il l'avait fait pour les cristaux. Je crois que c'est à cause des wyvernes : ce sont des cousines des dragons et elles ont senti la présence d'une conscience semblable à la leur qui observait leur maître. Elles ont dû me signaler à Mordred et il a fait le nécessaire.
Le souverain tenta de ne pas laisser la déception l'envahir. L'espace d'un instant il avait cru bénéficier d'un avantage stratégique sur son ennemi.
-Tant pis, fit-il sobrement.
Il se mit à réfléchir. Peut-être le pouvoir de la dragonne pouvait-il l'aider d'une autre manière.
-Vous dîtes que vous pouvez vous servir de la magie à distance, dit-il, mais est-ce que vous pouvez faire autant de choses que si vous vous trouviez sur place ? Lorsqu'Emrys m'a guidé vers la sortie de la grotte, il ne m'a pas entièrement tiré d'affaire, il n'a fait que me guider et me donner un peu d'espoir en éclairant ma route. Je pense qu'il aurait pu en faire plus s'il avait été présent physiquement à mes côtés. Vous avez aussi ce problème, n'est-ce pas ?
-Oui, vous avez raison. Je pense qu'il faudrait énormément d'entraînement pour qu'Emrys et moi réussissions à utiliser tous nos pouvoirs à distance. J'imagine que ce serait plus facile pour lui car il est plus puissant, mais il aurait lui aussi besoin de travailler cette capacité.
Nouvelle déception : Arthur ne pourrait pas mettre à profit les pouvoirs de la dragonne.
Ce n'est pas grave, se rassura-t-il. Ce n'est pas grave. Il y a d'autres moyens de s'en sortir.
Se voir refuser les différents choix qu'il proposait ne faisait que l'inquiéter de plus en plus, lui faisant peu à peu prendre conscience du fait qu'il était totalement démuni. Comment avait-il pu mettre tant de temps avant de s'en rendre compte ? Fallait-il vraiment qu'Aithusa entre en contact avec lui pour qu'il s'en aperçoive ? Elle avait fait miroiter diverses possibilités sous ses yeux avant de les lui retirer cruellement.
Il ne pouvait pas espionner Mordred.
Il ne pouvait pas utiliser les pouvoirs de la dragonne.
Il ne pouvait pas connaître la vérité sur Emrys, Mordred, Morgane et Merlin.
Il prenait conscience de tout ce qui lui manquait pour sauver son royaume.
Toutes ces vies qui dépendent de moi.
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Il y a d'autres moyens de s'en sortir.
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Mais cette fois-ci je ne peux pas demander conseil à Merlin.
Cette fois-ci il ne peut pas me soutenir.
C'est lui qui aura bientôt besoin de mon soutien.
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Ce n'est pas grave.
Il y a d'autres personnes pour me conseiller.
Guenièvre, Chris, les chevaliers.
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Mais pas Merlin.
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Ce n'est pas grave.
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Ce n'est pas grave.
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Ce n'est pas grave.
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J'ai peur.
Note : Merci à fandemerlin, Abeille et dobbymcl d'avoir reviewé le chapitre précédent, c'est fou que vous soyez encore là après 36 chapitres, je vous remercie très sincèrement de m'encourager comme vous le faîtes. Merci également à Lou Keehl et Millon, qui ont récemment ajouté cette histoire à leurs favoris, et joyeux Noël à tout le monde. :)
