Bonsoir,
Ce soir un chapitre sur leurs départs et les relations entre eux sur le bateau. J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture. Biz à bientôt Craft.
Chapitre 37 : Navigue vers ta destinée.
Ils avaient finalement embarqué en fin d'après-midi. Tous les préparatifs avaient été achevés et Mihawk avait donc décidé de partir au plus tôt ce jour-là.
Perdre du temps inutilement n'était plus envisageable, surtout après la dernière information reçue la veille, c'est pour cela qu'il avait décidé d'embarquer au risque que cela ne plaise pas à tous. …Cependant, aucun des hommes n'avaient dit quoique ce soit. Les navires s'étaient remplis un par un et une fois remplis, l'ancre avait été levée pour chacun d'entre eux.
Des souvenirs s'étaient montrés à Shanks, des souvenirs de ce bateau pris pour la première fois lors de son évasion, de toutes ces étrangetés qu'il avait pu voir et de sa première rencontre avec Mihawk.
De nouveau sur les vagues de cet océan calme, l'ambiance n'était cependant pas la même. Elle était lourde, remplie d'électricité et de concentration. Elle était pesante, parce que chaque soldat connaissait le rôle qu'il avait à jouer et la récompense qu'il aurait s'il sortait vainqueur de cette guerre.
Le ciel était encore bleu, bien qu'il déclinait rapidement et si personne n'y faisait attention, c'était que tous étaient plongés dans leurs pensées respectives.
Ils avaient un peu plus de trois jours de trajets, trois nuits à patienter avant de revoir les terres qui les avaient vus naître et si c'était excitant, c'était également terrifiant et curieux.
Là, sur le devant de ce bateau en tête des autres, Shanks détaillait tout. La vue, les hommes, les armes disposées sur le pont, les discussions qui commençaient à se montrer et s'il ne trouvait pas Dracule Mihawk, c'était qu'il était enfermé dans un grand bureau occupé à parler avec ses capitaines.
La route allait être longue et ça allait certainement être quelque chose de stressant, mais il n'était pas seul durant ce trajet et jusqu'à la bataille, il pourrait compter sur ses amis qui n'étaient jamais très loin.
- Tu d'vrais pas y penser maintenant. Grogna un rouge qui était arrivé dans le dos de Shanks.
- Comment peux-tu savoir à quoi j'pense !?
- C'est évident non, mais je suis sûr que tout s'passeras bien…, au début en tout cas. Sourit Kidd.
- J'te remercierais correctement un de ces jours, Kidd. Souffla le roux en étant reconnaissant de toutes les choses que lui offrait ce carmin même si sa façon de parler était toujours trop directe. D'une certaine manière, c'était grâce à ça qu'il avançait… .
- Eh bien, quand tu seras roi donne-moi un bout d'terre et on s'ra quitte ! Chantonna Eustass en plaisantant et en donnant une tape dans le dos de son ami.
Les deux se séparèrent par la suite et regardant de nouveau l'horizon, Shanks serra le poing et se promit de tenir jusqu'au bout. De tout faire pour contenter ceux qui croyaient en lui et qui le soutenaient.
Il ne pouvait pas faire grand-chose à proprement parler mais, on lui avait appris à se battre, à tenir une arme et à se défendre. On lui avait appris ce qu'était les choses justes et qu'il fallait faire les choses qui devaient être faites alors c'était décidé, il n'abandonnerait pas.
Shanks se promit de tout faire pour ramener la paix et défaire tout ce qu'avait pu faire Crocodile tout au long des années passées.
Shanks avait pris le parti de laisser Mihawk tranquille le plus souvent possible. Le roux savait que le brun faisait de son mieux pour organiser les choses afin de blesser le moins possible de civils. Ces deux derniers jours il l'avait à peine croisé, mais ils avaient parlé d'une élocution publique. Shanks avait un peu peur de faire un discours. Alors ce soir il était un peu stressé et ne savait pas quoi faire. Le lendemain serait enfin le grand jour. Alors qu'il se promenait sur le bateau sans vraiment savoir où aller il vit le bureau de Mihawk se vider de tous les capitaines. Il décida donc d'aller parler avec son ami.
- Dracule… je…
- Entre ! Invita le brun.
- Je ne veux pas déranger.
- Ne dis pas de bêtise, jamais tu ne me dérangeras. De quoi veux-tu parler ? S'informa Mihawk, voyant le roux un peu ennuyé.
- Je… c'est à propos du discours…
- Ne t'inquiète de rien. Je serai là et tu vas y arriver. J'ai confiance en toi alors fait de même.
- Drac'…
Ledit Drac' se leva de son fauteuil et contourna son bureau, certainement heureux de ce surnom sans le dire. Rejoignant en quelque pas son prince, il se stoppa devant lui et le fixa durant de longues secondes. Le brun leva doucement son bras et caressa cette joue offerte à lui, il aimait tant faire ce geste à présent et il espérait pouvoir le faire éternellement.
Il vit Shanks fermer les yeux –ce qui le fit sourire- et accentuer le contact sur sa paume.
- Drac'… puis-je… rester avec toi cette nuit… je veux dire…
- Oui… j'ai compris. Avec plaisir. Nous aurons tous notre temps plus tard quand tu seras roi.
- Merci, dit le roux en rouvrant les yeux.
Puis il se pencha vers les lèvres de son amant pour sceller la promesse de s'offrir au brun quand tout serait fini.
Mihawk laissa son compagnon mener le baiser. Quand Shanks se retira, il alla finir de lire un ou deux papiers histoire de ne rien oublier puis ne voulant pas trop faire attendre son bien-aimé il se dépêcha.
Après il attrapa la main de son souverain et l'entraina à sa suite dans sa chambre. Là, les deux s'allongèrent dans le lit –le roux ayant décidé de ne plus avoir peur de ce meuble en la présence du brun- et Shanks se blottit dans les bras de son amoureux, celui-ci en profita pour l'enlacer et lui murmurer des paroles rassurantes.
- Tout ira bien, on sera là, je resterais toujours auprès de toi.
- Dracule… je t'aime, je ne te décevrais pas, fut la seule réponse de Shanks avant d'embrasser son brun.
Pendant de longues minutes les deux hommes s'embrassèrent, se caressèrent sans trop éveiller leurs désirs car au fond le but de ce moment n'était pas d'atteindre la jouissance mais surtout de s'apaiser, de se lier, de se donner du courage et de s'aimer tendrement, passionnément. De se promettre silencieusement un futur plein d'espoir, de victoire, de bonheur et d'amour. Les deux hommes s'endormirent main dans la main avec l'espoir d'un lendemain meilleur.
Dans la même soirée, là, appuyé sur le pont du bateau, Penguin regardait au loin. Le repas venait de se terminer, les voix dans la cuisine et autres résonnaient encore bien fort et fixant ses mains qu'il s'amusait à plier et déplier, un bruit derrière lui l'avait surpris.
Il s'était rapidement retourné et avait aperçu un homme en proie avec l'un des tonneaux qui devaient normalement être solidement attachés.
Le sourire vague, il avait pensé l'aider mais d'autres –plus rapides- s'étaient déjà attelés à cette tâche et donc, il pouvait de nouveau se tourner vers l'océan qui s'approchait de plus en plus des terres.
Non loin de là, c'était au tour d'un rouge de sortir s'aérer. Il s'agissait très certainement de la dernière nuit que tous passaient sur ce bateau avant les « festivités », demain Trust serait de nouveau en vue. Ça faisait plus d'un an que ce rouge n'avait plus mit les pieds sur cette île et peut-être qu'il était heureux de la retrouver, …de revoir l'endroit.
- Qu'est-ce que tu fais la bestiole !?
Sursautant de cette voix dans son dos, Penguin avait fait demi-tour pour faire face à ce géant rouge qu'il n'avait fait qu'entrecroiser ces jours-ci.
Dire qu'il n'était pas heureux aurait été mentir mais, ce noiraud se gardait bien de l'avouer. De son côté, Kidd avait résisté longtemps avant de craquer lâchement et de venir voir cet animal isolé du « troupeau ». C'est vrai, il lui avait dit de ne plus l'approcher mais finalement, les regards insistants de cet ébène avaient eu raison de lui.
- J'me demandais ce qui allait arriver une fois là-bas… . Tu penses que le roi Crocodile serait prêt à négocier !? Demanda stupidement Penguin.
- Me fais pas rire, tu sais bien que non.
- Oui… mais beaucoup d'hommes vont mourir.
- Parce qu'ils seront du mauvais côté. Souffla Kidd en s'appuyant à son tour sur cette rambarde froide.
- Kidd-san… promets-moi que tu te blesseras pas… que personne n'arrivera à te toucher. Murmura le noiraud en relevant son regard devenu vert-sapin vers ce rouge qui le fixait lui aussi. Promets-moi que tout ira bien pour toi.
- T'inquiète pas pour moi, j'sais m'défendre. Avait souri le carmin en déposant sa main sur le crâne de son cadet et en accrochant quelques mèches volages à cause du vent.
- Promets-moi, Eustass-san… .
L'un à côté de l'autre, leurs regards discutaient silencieusement. Penguin avait besoin de choses pour se rassurer, besoin de croire en certaines pour continuer d'avancer et besoin de cette main continuellement sur sa tête.
La lèvre pincée et les poings serrés, l'ébène attendait tandis que ce rouge continuait de cajoler sans savoir. Ça faisait du bien de sentir ce petit animal contre sa paume, de l'entendre dire son prénom et d'être à ses côtés…, finalement il réussissait difficilement à rester éloigné de cet insecte plus de quelques jours.
- J'te promets, ça te va !? Toi en échange ne meurs pas, j'te jure que ça s'passera très mal si ça arrive, compris. Grogna Kidd en attrapant maintenant ce menton pour approcher un peu plus encore ce visage. T'as pas intérêt à m'faire un truc comme ça.
- Eustass-san…, soupira le noiraud en offrant une moue indéchiffrable à ce vermillon. …Je devrais aller dormir un peu.
- Ok, dors bien l'asticot.
Penguin avait préféré partir, fuir la discussion parce qu'à cet instant précis, il avait eu une irrépressibles envie d'embrasser ce géant rouge.
Disparaissant rapidement vers l'intérieur du bateau, le noiraud s'était fortement mordu la langue pour taire ses pensées –pulsions- et cherchait désespéramment à rejoindre sa chambre.
Il ne voulait pas déranger son ami, ne voulait pas devenir un poids pour lui et avait compris que celui-ci ne le voulait pas dans ses pattes durant cette bataille alors, il ne pouvait pas se permettre d'avoir des envies maintenant. …Il ne pouvait pas alors que Kidd comptait sur lui.
Trouvant sa cabine, Penguin l'ouvra et s'y engouffra pour ne plus en ressortir jusqu'au lendemain. Allumant l'éclairage, il soupira puis fermant la porte derrière lui, une chose la bloquait.
- Que…-
Les autres mots étaient coincés au fond de sa gorge. La planche de bois avait bien claqué en se fermant, mais une sorte d'ennemi s'était invité.
Contre le mur, Penguin était investi d'une bouche et d'une langue qui le fouillait durement. D'une main accrochée à sa nuque et ses mèches de jais et l'autre à sa taille et enserrée, il ne pouvait ni bouger ni s'enfuir. Il était obligé d'accepter ce qui se passait.
Sur le pont, Kidd avait grogné après cette fuite grotesque et avait marmonné des mots incompréhensibles. Il avait soupiré…, longuement et s'était emmêlé les cheveux pour ne pas penser puis, il avait repris sa marche.
Cet animal l'emmerdait et c'est parce qu'il avait vu un truc dans ce regard qu'il l'avait suivi. Parce que bordel, ce noiraud était devenu alléchant en un quart de seconde !
Il avait donc bloqué la porte, attrapé son animal et coincé contre ce mur dans le but de l'embrasser et de le chambouler le plus possible.
Il l'avait sauvagement agrippé, empoigné d'une main ferme dans le but de le dévorer durant de longues minutes. En quelque sorte, il mettait sur pause ses conditions et ses intentions pour pouvoir profiter durant un instant de ce noiraud.
Il le mangeait –littéralement-, le croquait sur plusieurs endroits et l'envahissait avec autorité.
Penguin ayant reconnu cette main, cette bouche et ce parfum musqué avait accroché le vêtement de ce carmin après avoir tout de même sursauté et essayé de comprendre ce qui lui arrivait.
Là, contre ce mur froid, les deux s'embrassaient avec passion et sans pouvoir s'arrêter.
Ils s'étaient créé un temps-mort qui leur allait. Ils prirent une minute pour se retrouver sans le faire, pour faire le vide et pour profiter de la présence de l'autre.
Pour marquer un « territoire » déjà conquis et pour ne plus éprouver cette désagréable sensation de manque.
Puis front contre front, essoufflés, le regard vague pour le plus petit et mangeur d'homme pour l'autre, une phrase s'était faite. Des mèches avaient été agrippées et une voix rauque avait raisonnée.
- Une fois tout ça terminé, tu seras à moi.
C'était une sorte d'ordre, une promesse, un désir avoué pour ce carmin et il avait affirmé cette phrase avec un autre baiser tout aussi hargneux.
Il ne laissa à aucun moment ce noiraud répondre ou faire quoi que ce soit, simplement suivre et apprécier. Puis, s'arrachant de ces lèvres gourmandes et sucrées, Kidd était reparti de cette chambre sans un autre mot de plus.
Laissant à bout de souffle cet ébène qui s'était retenu au mur derrière lui, les joues en feu, les lèvres quémandeuses et le regard trouble. Il avait également donné des fièvres à ce petit animal plus qu'échauffé. …Et dans tout ça, Penguin n'avait même pas eu le temps de prendre peur.
