Titre : Kurenai club (Kurenai en japonais signifie pourpre ou rouge foncé)

Chapitre : Celui qui revenait au « Kurenai club ».

Pairing : Grimmjow X Ichigo

Rating : M

Résumé : Suite à l'affaire avec Schiffer, Ichigo a quitté le Japon. Vivant désormais avec Grimmjow en Nouvelle-Zélande, la vie du couple est malmenée par divers éléments qui vont peut-être se révéler fatal…

Disclaimer : Non, les personnages ne sont pas à moi! L'histoire, par contre, sort tout droit de mon petit cerveau débordant d'imagination! ^^

Note : lol Tout le monde pense tout de suite que Ichigo va faire une grosse connerie! Mais vous allez voir qu'il est peut-être bien plus réfléchi qu'il n'en a l'air.

Note 2 : Attention fin de chap très sadique... Sadique-sama a encore frappé, ne m'en voulez pas! -___-'

Note 3 (promis après j'arrête...) : Je publie plus tôt parce que je vais avoir une semaine très chargée et je ne pourrais certainement pas écrire ni poster jusqu'à dimanche je pense. Soooo busy... XD Bonne lecture^^


Celui qui revenait au « Kurenai club ».

Grimmjow se tourna sous les draps pour changer de position. Son corps nu collait au linge de lit, dans un contact fort désagréable.

Une douleur vive dans le bas de son dos – pour ne pas dire : son postérieur – le fit bouger nerveusement et l'extirpa d'un profond sommeil. Le lit grinça sous ses mouvements.

Il bougonna rapidement un « Ichi » dans un demi-sommeil, et sa main s'écarta du reste de son corps pour chercher, à tâtons, la chaleur reconnaissable d'un corps voisin; plus particulièrement celui de son amant.

Mais le lit était vide.

Le bleuté ouvrit les yeux, restant un instant immobile en constatant qu'il était seul. A côté de lui, les draps avaient été remis en place consciencieusement, mais il n'y avait plus personne. Il se redressa et remarqua également que la pièce était vide.

Il tendit l'oreille en se grattant le crâne de manière étonnée, s'attendant à entendre le rouquin dans la salle de bain ou l'appartement, mais tout était plongé dans le plus profond des silences.

Lentement, il se tourna en direction de la table de nuit et prit sa montre pour y consulter l'heure. Visiblement, sa sieste avait duré une bonne demi heure.

Rien de bien méchant, pensa-t-il en détendant les traits de son visage. Mais où diable Ichi était-il passé?

Il haussa enfin les épaules, se doutant que ce dernier était peut-être sortit quelques minutes, puis s'adossa à la tête de lit. C'est à ce moment-là que ses yeux se tournèrent vers son tas de vêtements, posé sur la chaise face à lui.

Ses sourcils se froncèrent, démontrant ainsi sa surprise et son inquiétude soudaine. Il était certain d'y avoir laissé son arme en se déshabillant, et elle n'était plus là...?

Interloqué, le sexta Espada repoussa le drap qui couvrait son corps nu et posa ses pieds sur le sol froid

_Bordel, j'ai mal au cul..., gémit-il dans une grimace.

Il se massa le dos rapidement lorsqu'il remarqua enfin ce qui se trouvait sur la table de nuit.

Une feuille de papier pliée en deux qui – il en mettrait sa main au feu – ne se trouvait pas là lorsqu'il s'était endormi.

Ses yeux parcoururent une nouvelle fois l'espace, comme s'il s'attendait à voir apparaître son amant tout à coup, et se saisit de la feuille pliée en deux, une mauvaise impression envahissant soudain tout son être.

Cette feuille lui semblait déjà de mauvaise augure. Il n'avait aucunement l'envie de voir ce qui se trouvait noté à l'intérieur, mais ne pouvait pas ignorer qu'elle lui était adressée. Lentement, il glissa un doigt sous la feuille pour la déplier, le bruit du papier se rependant dans la pièce.

Son cœur fit un arrêt immédiat, et ses yeux s'ouvrirent en grand. Sur le papier blanc s'étendait l'écriture d'Ichigo, reconnaissable entre mille, par ses kanji particulièrement bien bouclés.

Jaggerjack s'était attendu à cela bien évidemment – un mot de son amant - mais maintenant qu'il y faisait face, ses yeux lisaient les mots si vite qu'il ne les comprenait pas. Il fallut qu'il s'y reprenne à trois fois pour enfin lire doucement et comprendre le sens de ces mots. Son estomac se contracta alors douloureusement :

« Mon amour,

Quand tu te réveilleras je ne serai certainement pas là. Je suis désolé.

Je veux juste que tu saches que je t'aime.

Je suis sûr que lorsque tu liras cette lettre, tu auras envie de me tuer, de m'arracher les oreilles, de me faire toutes les pires tortures du monde. Mais je m'en moque.

J'ai pris la décision de protéger ce qui m'est cher, parce que je vois, je vis avec toi ta souffrance et qu'elle me brise. S'il te plait, ne prends pas ça comme une trahison, ne crois pas que j'agis dans ton dos pour te causer du tord.

Je veux juste t'aider. Parce que j'aurais dû le faire depuis longtemps. Parce que je t'aime au point de vouloir te soulager de ce qui te fait du mal.

Je t'aime tellement, si tu savais...

Pardonne-moi.

Ichi. »

Le sexta porta une main à sa bouche et la plaqua lentement devant ses lèvres, dissimulant par là, l'expression de stupeur qui déformait son visage.

Dans son poing, il serra le papier qui se recroquevilla en boule sous l'agression, se froissant, se craquelant allègrement, en lui laissant des traces rouges sur sa peau rugueuse. Ses dents se serrèrent également, faisant craquer sa mâchoire plus d'une fois.

Ses yeux se fermèrent dans une expression d'inquiétude la plus totale. Il savait que cette lettre ne laissait présager rien de bon...

Le silence qui rythmait l'appartement se brisa soudain sous son cri rauque :

_MAIS PUTAIN DE BORDEL DE MERDEUUUUUUUUUUUH!!!!!!!!!!!

La porte claqua et le pantalon à moitié enfilé, Jaggerjack se précipita hors de la chambre. Il attrapa sa chemise aussi vite qu'il le put, fourrant ses bras dans les manches, ne prenant pas la peine d'en fermer les boutons et sauta dans ses chaussures très rapidement.

Il s'apprêtait à quitter l'appartement lorsqu'une main puissante se posa sur son épaule, l'empêchant d'aller plus loin.

Le sexta se retourna violemment, les yeux exorbités et le souffle court, cherchant tout à coup son arme – un réflexe de sa vie d'Espada - qu'il savait pourtant entre les mains d'Ichigo maintenant.

Les yeux sombres de Kurosaki Isshin le transpercèrent de toutes parts, et sa voix profonde et menaçante retentit dans la pièce :

_C'est vous qui avez crié? Demanda-t-il, le regard méfiant. Pourquoi avez-vous crié?

Le bleuté ne put répondre tout de suite, encore sous le choc de ce qu'il venait de lire. Cet homme l'avait entendu hurler sa colère et se demandait – et c'était normal – ce qui se passait.

Un silence très lourd s'installa, avant que le paternel ne reprenne :

_Où est mon fils? Questionna-t-il, le regard de plus en plus méfiant.

Il plissa ses yeux pour observer un peu plus étroitement le visage de Grimmjow. Ce dernier ne voyait pas de raison de lui mentir, surtout que cet homme l'avait aidé. Maintenant, il était sûrement le seul à pouvoir lui porter secours à nouveau. Même s'il savait que Isshin rentrerait dans une colère toute aussi noire que la sienne, étant donné qu'il avait demandé à son fils de rester dans l'appartement tant que cette histoire ne se serait pas calmée.

_Il est... parti..., chuchota-t-il, sans couper le contact visuel.

Les yeux sombres face à lui se plissèrent un peu plus, et Jaggerjack comprit ce qui avait fait de cet homme l'un des plus puissants du Gotei 13.

Son aura était subitement devenue meurtrière et tout à coup, il ne le voyait plus seulement comme un père de famille veuf, ruiné et sans emploi. Kurosaki Isshin semblait s'être redressé. Ses épaules lui apparurent tout à coup plus carrées, sa stature plus droite, plus imposante. Mais c'était certainement son visage, son expression qui aurait pu effrayer n'importe quel homme censé.

Grimmjow s'attendit à le voir s'en prendre à lui. Il s'attendait à ce que le paternel lui fasse reproche sur reproche et même, l'insulte, voire même le frappe...

Vu l'aura néfaste qui avait envahit l'entrée de l'appartement, Grimmjow se sentait... infiniment petit.

_Vous allez prendre ça, lui ordonna alors le paternel en lui fourrant dans la main une arme que le bleuté n'avait jamais vu, et vous allez récupérer mon fils!

Il prit d'un geste rapide les clefs de sa voiture sur le meuble de l'entrée et poussa l'amant de son fils dans le couloir. Grimmjow, stupéfait, ne pouvait qu'obéir aux ordres qu'on lui donnait. Comment aurait-il pu protester...?

_Je vous avais demandé de prendre soin de mon fils, souffla le paternel d'une voix faible alors qu'ils dévalaient les escaliers de l'immeuble. Où est-il?

_J'sais où il est. Mais... il est parti y a plus d'une demi heure maint'nant et...

_Montez là-dedans!

Il ouvrit la porte de son vieux tas de ferraille et fit un signe de la main pour signifier au bleuté de s'y asseoir.

_J'crois que j'ferai mieux d'conduire, ajouta-t-il en revenant vers lui. J'peux nous amener à Tokyo en moins d'une heure.

Le père du roux souleva un sourcil noir mais savait bien que le temps leur était compté. Il fourra les clefs du véhicule dans la main du sexta et le laissa prendre les commandes.

Après quelques minutes d'une folle course dans les rues de Karakura, les deux hommes étaient déjà sur la voie rapide direction Tokyo.

Isshin était accroché au siège, enfoncé dans le dossier et son visage s'était contracté. Certainement inquiet de la conduite de Grimmjow, il fixait la route d'un œil méfiant.

_J'sais pas c'qui lui est passé par la tête, putain! Ragea tout à coup le bleuté en tapant d'une main contre le volant. Il a pris mon arme et s'est fait la malle!

_Quoi?!

Grimmjow zigzagua habilement entre une file de voitures qu'il jugeait trop lente, et reprit sa folle course en faisant rugir le moteur de la pauvre voiture, bien mise à mal.

_C'est ma faute, reprit-il. C'est à cause d'moi... J'lui ai mis des trucs en tête qu'il aurait jamais dû entendre!

_S'il lui arrive la moindre petite chose, je vous en tiendrai pour responsable, vous comprenez? Demanda Isshin, une certaine appréhension dans la voix.

_S'il lui arrive la moindre chose, j'vous conseille d'vous barrer vite fait de l'endroit où on va aller, parce que j'vais tout faire péter!

Kurosaki tourna son visage en direction du conducteur. Il observa son profil concentré et se détendit quelque peu. Il semblait s'être habitué aux coups de volant violents et les appréhendait un peu mieux désormais.

_Je veux savoir ce qu'il se passe. Pourquoi est-il parti avec votre arme?

_Il m'a laissé un mot... Quel crétin!

_Je veux voir ce mot!

_Quoi?!

Grimmjow tourna un instant ses yeux dans sa direction, étonné par sa demande. Il n'allait pas lui montrer ce que son fils lui avait écrit, c'était... personnel!

_Nan, c'est trop intime...

_Donnez-moi ça! Ordonna alors Kurosaki en tendant sa main vers lui.

Grimmjow étira un sourire nerveux. Ce type semblait être capable de lui faire faire tout ce qu'il voulait... C'était une des qualités des Kurosaki ou quoi?

La lettre atterrit entre les mains de l'ex-capitaine qui la parcourut de ses yeux plissés. Il toussota plusieurs fois en la lisant, certainement étonné de voir son propre fils écrire des mots d'amour à un homme.

Le bleu était exaspéré au possible.

C'était certainement la seule chose qu'il n'aurait voulu divulgué pour rien au monde à quelqu'un d'autre! Cette lettre contenait tellement d'amour envers sa personne qu'elle allait certainement passer au rang de « trésor » pour lui. Il aurait voulu être le seul à y avoir posé ses yeux.

Mais désormais, ce n'était plus le cas.

Enfin, Kurosaki replia la feuille maladroitement, visiblement gêné - ou bien était-ce une impression? - et la rendit à son propriétaire :

_Bien, je vois, murmura-t-il en reprenant une position plus droite dans son siège.

Il n'avait pas réellement compris de quoi parlait Ichigo dans cette lettre, mais il avait bien compris la nature importante et dangereuse de ce qu'il désirait faire. Aussi, il comprit que son propre fils s'était mis en danger pour le sexta.

_Où allons-nous? Reprit-il.

_ « Kurenai club »....

_Parfait, murmura Isshin en fouillant dans sa poche.

_Comment ça "parfait"? Interrogea tout à coup le turquoise, étonné. Vous y êtes d'jà aller p'tet?

_Bien sûr, répondit l'autre. Tout élément du Gotei haut placé, se doit de connaître le « Kurenai club »... Il y a tellement de choses que vous ignorez à propos de cette adresse, j'en suis certain!

_Comme quoi?

Isshin soupira :

_Dans le temps, cet endroit était le réel Q.G. de l'organisation. Le bâtiment qu'ils possèdent en ville n'était pas encore à eux. Mais vous voyez le pouvoir qu'ils ont acquis en à peine quelques années? Le « Kurenai club » est resté un lieu privilégié, certainement est-il mieux surveillé et plus discret encore que leur gratte-ciel du centre ville.

Grimmjow resta muet. C'était une chose qu'il ignorait jusqu'à présent; que le club avait une telle importance dans l'histoire même du Gotei. C'était certainement un atout pour lui que d'être en compagnie d'un ex-capitaine qui connaissait si bien les lieux. Mais il oubliait que Isshin connaissait bien plus que les lieux...

Le paternel Kurosaki prit en main son portable sur lequel il tapota très rapidement un numéro quelconque.

_Qu'est-ce que vous faites? Demanda Grimmjow, inquiet.

_Taisez-vous!

Isshin enclencha le haut-parleur. Après deux sonneries seulement une voix qu'ils connaissaient parfaitement tous les deux répondit :

_Ku... Kurosaki-sama, mais vous êtes dingue de m'appeler ici et maintenant?!!

_Bonjour à toi aussi Kisuke, répondit le paternel, j'espère que tu vas bien également.

Après un court silence, la voix reprit :

_Désolé..., reprit-il, moins enjoué que d'habitude. Que se passe-t-il?

_J'aurais besoin d'un petit coup de main rapide. Pourrais-tu trouver mon fils? Il est fort possible qu'il tente d'entrer, ou soit déjà entré, et j'ai bien peur qu'il ne mette la pagaille...

Un court silence suivit.

_Le club? Répéta le blond, d'une voix inquiète. Le « Kurenai club »?

_Oui.

_Mais j'y suis déjà! La réunion a déjà commencé ici!!

Isshin porta une main à son front :

_Oh... Jésus, Marie, Joseph.... jura-t-il.

_Si Ichigo était ici, croyez-moi, nous le saurions! Reprit le blond de plus en plus inquiet. Peut-être est-il dehors, il...

_Kisuke! Le coupa Isshin d'une voix autoritaire.

_Euh... Oui?

L'ex-capitaine rapprocha son visage de son portable :

_Serait-il possible de nous libérer le passage?

Grimmjow tiqua. Il n'aimait pas bien ces manières qu'avait le père d'Ichigo de ne pas lui expliquer ses intentions. Il ignorait ce qu'il cherchait à faire et ça le rendait dingue!

_Nous? Reprit Urahara qui semblait de plus en plus suspicieux.

_J'ai envie de venir faire un tour au club. Mais... les malabars à l'entrée vous me causer des petits soucis, j'imagine....?

Un léger silence se fit, suivit par des murmures d'Urahara. Il se répétait les paroles d'Isshin comme s'il cherchait à comprendre ce qu'il voulait lui dire :

_Oh oui, bien sûr!!! s'écria-t-il tout à coup, en comprenant ce qu'il attendait de lui. Ils feront un gros dodo à votre arrivée, comme au bon vieux temps!

_Merci bien! Lança joyeusement le brun.

_Au revoir! Couina le blond dans un ton enjoué au possible.

Grimmjow étira une mine stupéfaite. Ces deux-là se parlaient comme s'ils étaient de très vieux amis, et leur bonne humeur en discutant lui plaisait de moins en moins. Et cette histoire de « gros dodo »...?

Urahara allait se débarrasser lui-même des molosses qui gardaient l'entrée? Pourquoi les aidait-il?

_« Comme au bon vieux temps? » demanda le sexta, méfiant.

Il voulait comprendre tout de suite!!

Isshin reprit un air sérieux et concentré :

_Urahara et moi avons toujours travaillé de concert, expliqua-t-il. Nos familles on toujours été proches. Pour lui, m'aider ravive les bons moments du passé j'imagine.. Au moins, nous n'aurons pas de soucis pour entrer!

_J'me d'mande si Ichi, lui, va y arriver...

_Aucune chance... A moins que...

_A moins que quoi?! Le coupa Jaggerjack en tournant des yeux écarquillés dans sa direction.

_A moins qu'il ne se présente comme voulant reprendre son poste et à ce moment-là, ils ne pourront lui refuser l'entrée...

_Vous plaisantez j'espère?! S'écria-t-il, paniqué.

C'était encore pire que tout ce qu'il avait pu imaginer!

Mais est-ce que Ichigo allait opter pour cette solution? Qu'avait-il réellement l'intention de faire? Comment allait-il s'y prendre?

Jaggerjack devait avouer que lui-même n'aurait jamais su comment s'introduire dans ce club. Il n'y avait qu'une seule entrée, pas de sortie de secours, pas d'ouverture sur l'extérieure, c'est-à-dire pas de fenêtres.

Le sexta aurait sans doute opté pour une solution radicale : planter une balle dans la tête des deux gardes de l'entrée. Mais il savait bien, que son amant était bien loin de penser et d'agir comme lui. Aussi, il se sentit quelque peu perdu. Il connaissait bien Ichigo, mais il ignorait de quoi il était capable dans ce genre de situation.

_Qu'est-ce que mon fils a l'intention de faire? Reprit l'autre. Vous me cachez encore des choses, n'est-ce pas?

Grimmjow soupira. La dernière chose qu'il souhaitait était exposer ses soucis et ses faiblesses au père de son amant mais à présent, il n'avait plus le choix.

Il lui raconta donc son entrée dans le Gotei et le but premier qui avait été le sien. Il lui expliqua les raisons de sa vengeance et la détresse qui l'animait lorsqu'il était rentré plus tôt. Ichigo s'était senti coupable, aussi avait-il voulu l'aider.

_Ce n'est pas du tout le genre de mon fils d'agir sur un coup de tête!

_J'sais bien! Je... J'arrive pas à croire qu'il fasse ça!!

_Je crois qu'on se trompe. Ichigo a bien réfléchi à cet agissement, reprit-il d'un ton assuré. Je le connais, c'est mon fils. Peut-être a-t-il changé lorsqu'il vous a rencontré, mais je refuse de croire qu'il puisse être aussi dingue! Il a quelque chose en tête et y a pensé sagement, j'en suis certain.

Le silence reprit son droit dans le véhicule. Grimmjow conduisait toujours comme un fou mais Isshin s'y était fait et ne regardait pratiquement plus la route. Il était complètement obnubilé par ce que son fils avait en tête.

Ce n'était pas son genre de faire des choses inconsidérées! Et qui plus est avec une arme! Il ne pouvait pas s'imaginer son fils, arme à la main, menaçant une tierce personne. C'était tout à fait impossible!

Isshin avait l'impression de ne plus connaître Ichigo. Quels autres changements s'étaient opérés en lui depuis qu'il avait rencontré Grimmjow?

Il tenta tout de même de garder les idées claires et de rester positif. Si son fils se présentait comme un Kurosaki, il n'aurait pas de soucis à se faire.... sauf s'il tombait sur Kenpachi.

Il ferma les yeux avec appréhension. Il n'osait même pas imaginer ce qui pourrait se passer si Zaraki Kenpachi lui tombait dessus. Il l'écraserait comme une mouche!

Il joignit ses mains sur ses cuisses, dans une prière silencieuse. Il fallait que Kisuke le retrouve... Ou qu'il tombe sur Kyouraku. Après tout, le club n'était pas si grand, Urahara n'aurait pas grand mal à le retrouver.

_Vous inquiétez pas, s'éleva soudain la voix de Grimmjow. On va l'retrouver... J'vous l'jure!

C'était lui qui rassurait cet homme qu'il ne connaissait même pas. Alors que c'était certainement lui, Grimmjow, qui avait le plus besoin d'un peu de réconfort, en cet instant.

« Bordel de merde bébé, fais pas de connerie! »

Inconsciemment, le sexta pensa que s'il arrivait trop tard, Stark pourrait bien l'appeler en lui annonçant la mort du roux.

Tout comme il lui avait annoncé la mort d'Il Forte.

Et Grimmjow en était certain : il ne survivrait pas à un second anéantissement... S'il perdait Ichigo, qui savait ce qu'il serait capable de faire?


~ Kurenai club ~ Trois quart d'heure plus tard ~

_Wouaaaaaaaaah.....

Ichigo s'accrocha comme il put à la gouttière d'un toit. Il avait tout à coup perdu l'équilibre, en glissant sur une tuile branlante et remarqua avec soulagement que la gouttière en question était solide.

_Putain... Qu'est-ce qui faut pas faire..., chuchota-t-il en levant les yeux au ciel. Kurosaki, t'es qu'un nul!

Il s'écarta de la gouttière à laquelle il s'était accroché et avançait maintenant à quatre pattes sur le toit du « Kurenai club ».

Il savait déjà, avant d'arriver devant l'entrée que celle-ci serait gardée. Aussi avait-il réfléchi à un autre moyen pour entrer. Ichigo n'était pas un imbécile et il avait toujours eu une très bonne mémoire. Et ce n'était pas ses seuls atouts...

Il pouvait sûrement compter sur les doigts de sa main les avantages qu'il avait eus à travailler au bar du « Kurenai club ». Comme sa rencontre avec Grimmjow ou le fait d'avoir travaillé des heures entières dans la remise du bar et d'y avoir vu qu'une fenêtre s'y trouvait...

Une petite ouverture, pas plus large que son tour de taille s'étendait devant ses yeux, lui redonnant espoir.

_Pfiou... elle est toujours là, soupira-t-il avec satisfaction.

C'était le seul moyen auquel il avait pensé pour entrer. Et de plus, il était certain que personne à part lui et Yumichika n'avait connaissance de cette ouverture. Cependant, pour y entrer, il devait casser la vitre ce qui allait inévitablement causer du bruit. Il espérait juste que personne n'entendrait...

Il se releva lentement, s'assurant que personne ne se trouvait dans la rue plus bas. Faire ça en plein jour c'était vraiment risqué, aussi devait-il se presser.

D'un coup violent il frappa du talon la fenêtre qui se brisa instantanément. Au moins, ça aurait été plus rapide que d'avoir à grimper sur ce toit en s'accrochant à la gouttière...

_Bordel..., soupira-t-il en s'assurant que son arme était toujours à sa place.

Il se trouvait ridicule, mais n'avait pas vraiment le temps d'évaluer le degré de sa débilité en cet instant.

Il prit appui de ses mains sur le toit, et se laissa glisser à travers l'ouverture qu'il venait de briser, après avoir vérifié que la remise était vide.

« Parfait.... » pensa-t-il en remontant son pantalon.

Il était dans le noir le plus complet. Mais un filet de lumière s'échappant de la porte, donnant accès à la salle du club, lui permit de se diriger.

Sans faire le moins de bruit possible, il atteignit enfin la porte au moment où celle-ci s'ouvrit violemment, l'obligeant à se plaquer contre le mur adjacent. C'était vraiment pas son jour de chance, pensa-t-il en levant les yeux au ciel.

Quoique...

Peut-être que si, finalement : la silhouette longue et filiforme de Yumichika se dessina en une ombre plus fine sur le mur face à lui.

_Oh merde..., souffla le brun en remarquant que la fenêtre s'était cassée. Qu'est-ce que...?

Il avança dans la pièce, se dirigeant vers les bouts de verre qui jonchaient le sol.

Ichigo sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine et était certain que Yumichika pouvait l'entendre. Il ne s'était pas attendu à ça du tout...

Il fallait qu'il réfléchisse vite, très vite... Avant que le brun ne se retourne, ne le trouve là et ne donne l'alerte. C'était sa seule chance! Il devait la saisir!

Le roux dut alors faire ce qu'il ne désirait pas au premier abord : se servir de son arme.

Il la sortit de son pantalon et poussa la porte pour la refermer, tout en brandissant l'arme sur son ex-collègue :

_Yumichika?

Le brun se retourna vers lui dans un sursaut incontrôlé. La pièce était toujours plongée dans le noir, mais il y avait assez de luminosité pour qu'ils se reconnaissent.

_Ichigo? Demanda-t-il, apeuré.

_Ne crie pas, ne dis rien, reste tranquille, lui ordonna l'orangé en lui désignant son arme. Tu te souviens de moi, n'est-ce pas?

Yumichika fronça les sourcils, de plus en plus inquiet :

_Ou... oui, marmonna-t-il.

_De mon nom également?

Le brun déglutit difficilement et acquiesça d'un signe de tête :

_Kurosaki, articula-t-il.

_C'est bien ça, maintenant, je veux t'entendre dire que tu ne feras rien pour m'arrêter.

_Ichigo, c'est...

_S'il te plait! Je n'ai l'intention de faire de mal à personne! Je ne suis pas devenu comme Grimmjow. J'ai quelque chose de très important à faire, je t'en prie, aide-moi!

_Mais, je... ils me tueront s'ils le savent!

_Non, fais-moi confiance, j'ai déjà prévu tout ça... Enfin je n'espérais pas tomber sur toi, je suis plutôt content...

_Yumi?!!!

Une voix à l'extérieur fit sursauter Ichigo qui sembla paniqué un instant. C'est l'instant que choisit Yumichika pour tenter un geste vers lui. Il se saisit du canon de son arme sans que l'orangé ne puisse l'éviter.

Son cœur se remit à battre la chamade de stupeur.

Si Yumichika arrivait déjà à le stopper, il n'arriverait pas plus loin que ça...

Mais à sa plus grande surprise, le brun se contenta de le fixer, abaissant son arme lentement en direction du sol pour que son canon ne soit plus pointé sur lui.

_Très bien, soupira-t-il. Dis-moi juste ce que tu comptes faire. Tous les tuer et te tirer?

Ichigo observa un instant de silence, dut à sa surprise.

_Non... Je t'ai dit que je ne voulais faire de mal à personne! Je veux seulement m'entretenir avec Kuchiki Byakuya, rien de plus.

_Kuchiki? Répéta le brun en fronçant les sourcils. Il est encore ici. Ils ont eu une réunion rapide dans la salle puis sont descendus au sous-sol. Ensuite, ils ont quitté les lieux, mais pas tous.

_Et les Lieutenants?

_Avec leurs capitaines.

_Qui d'autre est ici?

_Kuchiki, Renji... Kyouraku, son Lieutenant je crois. Et Urahara, il est dans la salle.

_Yumi?!!

La voix qui provenait de la salle retentit à nouveau :

_Qui est-ce? Chuchota Ichigo.

_Ikkaku... Troisième siège de la onzième. Ichigo, est-ce que tu sais que... que... Es-tu ici pour reprendre ta division?

Les yeux ambrés se baissèrent un instant :

_Je suis désolé, Yumichika, mais je ne peux pas. Je ne veux pas.

Le brun sembla déçu un instant. Il passa une main dans ses cheveux et soupira. L'orangé le voyait déjà donner l'alerte et le livrer en pâture aux autres capitaines mais à sa plus grande surprise, Yumichika ne le fit pas.

_Je suis fidèle à mon capitaine, avoua-t-il, mais... les règles du Gotei sont strictes : toujours suivre les ordres d'un membre d'une famille noble. Tu es un Kurosaki, la division dont je fais partie devrait t'appartenir, je dois t'obéir.

Il fit un pas en direction de la sortie mais Ichigo le retint par le bras :

_Attends!

Leurs yeux se croisèrent un instant. L'orangé savait qu'il pouvait lui faire confiance. Dans toute cette histoire, Yumichika avait certainement été le seul à qui il avait pu se fier depuis son arrivée ici. Il ne voyait pas pourquoi il changerait maintenant.

Il put voir dans son regard que le brun était sincère et déterminé. Le roux avait néanmoins une certaine appréhension, c'était naturel. Il n'avait jamais pensé avoir tant de chance dès son arrivée ici, aussi pensa-t-il que la roue allait tourner dans peu de temps.

Il devait rester sur ses gardes...

_Est-ce que tu peux faire sortir cet Ikkaku d'ici? Demanda-t-il soudain.

_Mais...

_Urahara je m'en charge, je ne me fais pas d'inquiétude.

Le roux savait que si cet homme était resté en contact avec son père, il pouvait lui faire confiance.

Yumichika sembla hésiter un instant :

_Mais, on ne s'est pas vus, hein? Personne n'est au courant! Débita-t-il, paniqué.

_Personne, acquiesça Kurosaki.

_Bien.

Le brun quitta la pièce lentement, en le gratifiant d'un dernier regard étonné. Aussitôt, la voix d'Ikkaku reprit :

_T'en as mis un temps! Bah... t'en fais une tête!

_Oui... je ne me sens pas bien, répondit faiblement le barman. J'ai plutôt envie de rentrer. On peut y aller maintenant?

_Oh... oui. Je pense que Zaraki-Taïcho ne nous en voudra pas. Comme si ça lui était égal qu'on reste ou qu'on parte!

Ichigo entendit les deux hommes s'animer et quelques secondes plus tard, ils saluèrent Urahara-Taïcho en quittant la pièce.

Le rouquin, toujours avec prudence, émergea de la réserve, cherchant rapidement des yeux le capitaine qui se trouvait dans la pièce.

Il remarqua alors deux grands yeux bleus posés sur lui et une chevelure blonde.

Urahara se précipita jusqu'à lui, l'air catastrophé :

_Mon Dieu, Kurosaki-sama! Chuchota-t-il en se saisissant de son bras. Qu'est-ce que vous fabriquez? Votre père se fait un sang d'encre et...

_Il faut que je vois Kuchiki tout de suite...

_Mais...

_J'ai dit tout de suite!!

Les deux hommes stoppèrent leur marche.

La poigne autour du bras du jeune homme se desserra et Urahara lança des regards à droite et à gauche pour s'assurer que personne d'autre ne se trouvait dans les parages.

_Comment êtes-vous entré?!

_La remise a une fenêtre...

Le blond baissa un instant les yeux sur l'arme que le jeune homme tenait toujours en main. Ichigo la dissimula rapidement sous sa chemise. La détermination qui flottait dans ses yeux rappela vaguement celle de Kurosaki Isshin et Kisuke ne put s'empêcher d'éprouver une certaine inquiétude.

_Jurez-moi que vous ne ferez rien de dangereux, reprit-il en le fixant dans les yeux.

_Je vous le jure. Tout ce que je veux, c'est m'entretenir avec Kuchiki Byakuya. J'ai un marché à lui proposer. Il faut que je le vois, c'est très important!

Kisuke se mordilla la lèvre.

Après tout, il était toujours fidèle à Kurosaki Isshin mais ce dernier avait quitté son poste sans même le prévenir. Et maintenant, c'était son fils qui se trouvait devant lui.

La famille Urahara avait, depuis deux générations déjà, prouvé son allégeance à la famille noble des Kurosaki. Kisuke n'avait en aucun cas l'envie de casser cette allégeance. Il se devait d'agir comme tout Urahara l'aurait fait.

Il avait fait ce que Isshin lui avait demandé : retrouver son fils. Point.

_Très bien, répondit-il enfin, acquiesçant d'un signe de tête. J'imagine que je ne parviendrai pas à vous en dissuader aussi... je ferai mieux de vous aider pour qu'il n'y ait aucune complication. Venez...

Il l'attira par le bras et tous les deux se précipitèrent sur les escaliers en colimaçon qui conduisaient au sous-sol.

Les couloirs sombres réchauffés par les spots de lumière rouge ramenèrent des foules de souvenirs chez Ichigo. Des souvenirs de tous ses moments avec Grimmjow. Pendant un instant, il aurait souhaité prendre son temps et déguster tous les souvenirs qui lui montaient à la gorge, se les remémorer parfaitement. Car ils étaient les prémisses d'une si belle histoire d'amour, de son plus grand bonheur...

Mais Ichigo savait également que ce n'était pas le moment pour cela.

Urahara lui demanda bientôt d'attendre au fond du couloir et s'échappa rapidement dans la direction opposée. Les yeux ambrés le suivirent jusqu'à ce qu'il disparaisse dans une pièce, à l'autre bout du couloir dans lequel il se trouvait.

Un silence pesant s'abattit sur les lieux. Ichigo inspira profondément, tentant de retrouver un rythme cardiaque plus calme mais n'y parvint pas. Il avait beau se dire que tout allait dans son sens, il ne pouvait réfréner cette impression de danger qui planait sur lui.

Cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

Il ferma les yeux un instant. Non, il n'y avait pas de raison, ça se passerait sans soucis majeur, il devait s'en convaincre. Ce qu'il avait à dire à Kuchiki Byakuya était très important et valait bien ces quelques risques qu'il prenait.

Bientôt, il entendit à nouveau une porte s'ouvrir. Au bout du couloir, là où Urahara avait disparu quelques minutes plus tôt, deux silhouettes émergèrent. Le jeune homme se redressa avec toute la fierté qu'il lui était possible de réunir.

Face à lui, Kuchiki Byakuya et Renji sortirent de la pièce. Les deux hommes s'observèrent un instant, reconnaissant le jeune roux au fond du couloir.

Ichigo aperçut sommairement Kisuke, leur chuchotant quelque chose, puis les deux hommes avancèrent dans sa direction. L'orangé savait qu'il devait être rapide et bref.

Le brun et son Lieutenant stoppèrent leur marche à quelques mètres seulement de lui. Une certaine tension s'invita entre eux, mettant mal à l'aise le jeune homme. Les yeux marines le toisaient sans amitié aucune et il comprit qu'un seul faux pas de sa part et Kuchiki Byakuya refuserait le marché.

_Je serai bref, commença-t-il sans plus attendre. Grimmjow veut vous tuer, vous savez qu'il vous poursuivra toute votre vie s'il le faut. De mon côté, je veux le faire sortir du Gotei, je veux que cette organisation ne le pourchasse pas jusqu'à la fin de sa vie. Nous pouvons trouver un arrangement.

Les yeux glacials du brun se posèrent sur son visage à nouveau, avec cette fois, un dédain si grand que Ichigo aurait pu en perdre son assurance. Cependant, Kuchiki tourna lentement son profil en direction de Renji qui soutint son regard de manière perçante. Le rouge tourna à son tour ses yeux sur son ami :

_Ichigo, tu as conscience de ce que tu fais?

_Renji, je sais que tu me comprends, reprit le roux. Toi et moi on est tombé là-dedans par amour, n'est-ce pas? Nous ne sommes pas si différents! Tu aurais fait la même chose pour Byakuya...

_Il ne s'agit pas de ça! Le coupa Abaraï. Grimmjow veut tuer Byakuya, tu l'as dit toi-même : jamais il n'en démordra. Même toi ne peux pas l'en empêcher!!

_Si, je le peux. C'est pour ça que je suis là. Mais j'ai besoin de quelque chose en retour.

_De quel droit me demandes-tu cela, Kurosaki Ichigo? Questionna alors le brun.

Sa première réplique sembla faire hésiter le jeune homme. Il ne devait pas perdre son assurance, il devait le convaincre, peu importe le temps que ça prendrait!

_Vous ne tenez donc pas à la vie? Lui demanda le roux en se penchant en avant, portant une main à son coeur. Je peux vous garantir tout de suite, que jamais Grimmjow ne voudra intenter à votre vie à nouveau!

_Que dois-je offrir en retour? Questionna le noble, un regard méfiant sur le visage.

_Je veux que Grimmjow quitte le Gotei. Je sais... je connais le fonctionnement ici. Si Grimmjow veut vous quitter, il devra soit mourir soit vous trahir. Dans ce dernier cas, vous le poursuivrez jusqu'au bout du monde, s'il le faut. Mais je sais également que les décisions du Gotei peuvent être influencées par les votes des familles nobles. J'ai besoin de vous pour que vous contriez les décisions du Gotei. Il faut que son départ soit accepté, sans poursuites, sans peine de mort, vous comprenez?

Le brun haussa ses sourcils bien haut :

_Hélas, je ne suis pas en mesure de pouvoir faire cela, répondit-il. Certes, ma voix vaut le double de celle des autres capitaines, Kyouraku mis à part, mais ça ne sera pas assez pour retourner la situation.

_Byakuya...

Renji prit tout à coup les devants et dépassa d'un pas son capitaine et amant. Il chercha son bras à tâtons et l'enferma entre sa main puissante.

Les yeux marines glissèrent lentement sur sa main, en contact avec sa peau laiteuse. Il sembla surpris par la prise d'initiative de Renji mais resta muet, ses yeux s'animant cependant d'une certaine anxiété – ce qui n'échappa pas à Kurosaki.

Le roux put lire sur le visage du rouge, que ce dernier comprenait sa démarche :

_Byakuya, reprit-il, je pense qu'Ichigo a raison.

_Renji, tu...

_Ichigo a raison, reprit-il en tournant ses yeux vers son capitaine. Si tu n'acceptes pas ce qu'il te propose je t'y obligerai!

Les deux amants échangèrent un regard glacial. Le roux se demanda comment son ami avait-il pu tomber amoureux d'un homme pareil! Certes Byakuya était beau, élégant, splendide même, mais quelque chose dans son attitude ne lui plaisait guère.

Il préférait de loin les hommes qui le taquinaient, lui souriaient voracement et tentaient même de le violer sur place... Comme Grimmjow, pensa-t-il en étirant un sourire mince.

_Ichigo, reprit Abaraï, ce que tu veux, crois-moi Byakuya et moi le voulons aussi. Nous ne désirons plus avoir cette sensation désagréable qu'il va nous tomber dessus!

_Me tomber dessus, Renji, rectifia le brun.

_Ça revient au même!! tonna-t-il. Je vis avec toi, je travaille avec toi, je fais tout avec toi! Si quelqu'un veut te tuer, c'est sur mon corps qu'il devra passer! J'ai autant envie que toi de reprendre une vie normale, Byakuya. De plus, je n'ai pas l'intention de... de braquer mon arme sur un ancien ami, même s'il désire te tuer. Ichigo est mon meilleur ami, même si nous avons été séparés par les circonstances, mais... Ne dis pas que tu ne peux pas lui offrir ce qu'il demande! Et si tu ne comprends pas ma position, alors c'est que tu es bien un être insensible!!

Le ton autoritaire du rouge fit bouger nerveusement Kuchiki.

L'insulte qu'il venait de se prendre de plein fouet sembla animer son regard comme jamais. Ichigo avait plus ou loin espéré un soutient plus ou moins fort de Renji, pas le voir agir de la sorte lui redonna espoir. Il réussirait à convaincre Kuchiki!

Cependant, Ichigo observait la scène de loin. Ce qu'il avait pensé comme un affrontement violent se transformait en querelle d'amoureux où il n'avait pas sa place.

_Tu sais très bien que tu peux obtenir du conseil du Gotei tout ce que tu veux, ou presque, reprit le Lieutenant. Il suffit que tu convaincs Kyouraku... Ukitake et Unohana le suivront et l'affaire est dans le sac! Ne sois pas aussi égoïste, Byakuya!! Ne t'attends pas à ce que je te protège après ça! Jamais je ne lèverai mon arme contre Ichigo ou contre Grimmjow! Pense à moi un peu!!

Les yeux du noble se levèrent sur le visage de son amant. Il l'observa, sans intention aucune, sans même la moindre once de tendresse dans son regard. Renji le fixa en retour.

Pendant un long moment, le silence régna entre eux. Ichigo ne savait manifestement plus quoi dire d'ailleurs, il n'avait plus rien à dire. Le destin de Grimmjow était bel et bien entre les mains de Kuchiki désormais.

Une porte s'ouvrit au bout du couloir et Kisuke sortit de la pièce dans laquelle Byakuya et Renji avaient émergé quelques minutes plus tôt.

Il passa rapidement dans le couloir, sur la pointe des pieds, et emprunta l'escalier pour remonter en direction de la salle principale.

_Continuons cela ici, décréta tout à coup le noble en désignant d'une main une porte à la droite du jeune rouquin.

Ichigo acquiesça. Ça valait mieux en effet. Si comme l'avait dit Yumichika d'autres personnes se trouvaient encore ici, il fallait mieux jouer la discrétion.

Ils pénétrèrent tous les trois dans une pièce de taille moyenne, cosy et sombre.

Les lumières tamisées rappelèrent encore une fois à Ichigo une foule de souvenirs. Son entrevue avec Ulquiorra Schiffer dans la pièce d'à côté, son sauvetage par Grimmjow, alors qu'il allait se donner au brun.

Il avait tellement souffert, tellement espéré entre ces murs, il fallait que tout prenne fin entre ces murs encore une fois. Juste une dernière fois.

Terminer là où tout avait commencé.

_J'aimerais avoir une réponse de votre part, dès maintenant, reprit Kurosaki après quelques minutes de silence. Je n'ai pas l'intention d'utiliser la violence contre vous! Je suis de l'avis de Renji. Je n'ai pas envie de vous faire du mal, même si vous avez été à l'origine de beaucoup de souffrances chez Grimmjow. Je vous en veux, mais en même temps, je sais que le destin peut être capricieux alors, je veux bien vous pardonner. Effaçons l'ardoise dès aujourd'hui. Faites-le au moins pour Renji...

Kuchiki le toisa du regard. Il n'était pas le genre d'homme qui se laissait dicter sa conduite par autrui cependant, il tourna son visage vers Renji. Ce dernier l'encouragea d'un regard à accepter et le noble reprit :

_Peux-tu vraiment me garantir qu'il ne me pourchassera plus?

_Je vous en donne ma parole. J'imagine qu'elle a une certaine valeur à vos yeux, n'est-ce pas?

_Il y a encore un certain temps j'aurais dit non, mais ton envie de voir cette histoire se terminer ne peut me laisser de glace. J'ai également le volonté de voir tout cela cesser. Si nous pouvons parvenir à cet accord, je pense que nous nous en porterions mieux.

Renji soupira et serra dans sa main celle de son amant. Il savait qu'il avait réussi à convaincre le noble. Il lui avait fait comprendre que s'il n'avait pas accepté, il l'aurait fait à sa place. De grès ou de force.

_Si nous sommes d'accord, reprit l'orangé, j'attends de vous une prise de position en ce qui concerne Grimmjow.

_Ça sera fait. Mais s'il s'avère, ne serait-ce qu'une petite fois, que cet homme cherche encore à intenter à ma vie, notre marché sera rompu et je ne retiendrai plus le Gotei à vous pourchasser tous les deux. Bien entendu, je désire également que les Kurosaki ne reprenne plus jamais part à la vie du Gotei.

Ichigo acquiesça d'un signe de tête nerveux.

Tout ne dépendait plus que de lui désormais. Dans sa capacité à résoudre Grimmjow d'abandonner cette vengeance. Il savait qu'il y était à moitié parvenu, ou même peut-être complètement déjà...?

Kurosaki soupira :

_Je...

Mais des éclats de voix le firent taire.

Les trois hommes se tournèrent d'un même mouvement en direction de la porte de la pièce.

Ichigo sentit son cœur accélérer. Là, plus haut, dans la salle du club, des éclats de voix se faisaient entendre... Et ce n'était pas bon pour eux!

_Quelque chose se passe! Lança Renji les sourcils froncés.

Il échangea un regard tendu avec Ichigo et les deux amis se dirigèrent d'un même mouvement en direction de la porte de la pièce.

Ils sortirent tous les deux, Kuchiki sur leurs talons et remontèrent le couloir sombre. Arrivé devant l'escalier en colimaçons, le rouge retint tout à coup son ami par l'épaule :

_Non! Lui ordonna-t-il, en croisant son regard. Tu ne devrais pas être ici...

Ichigo le fixa un instant, surpris par son attention, et observa Abaraï monter les escaliers sans attendre sa réponse, suivit par son capitaine.

Renji avait raison! Mais... que devait-il faire? Par où s'échapper?

Alors qu'il tentait de trouver une solution à son problème, une voix particulièrement aigüe lui fit soudain relever les yeux :

_Ken-chaaaan!! s'écriait cette voix enjouée.

Le roux tendit l'oreille. Il ignorait à qui appartenait cette voix, il n'avait jamais vu de femme entre ces murs! Surtout que la voix en question appartenait certainement plus à une gamine qu'à une femme...

Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir car une autre voix s'éleva à son tour. Celle-ci était complètement différente. Il ne la connaissait pas non plus, mais la profondeur de cette voix rauque, lui donna froid dans le dos :

_Tiens, un Kurosaki d'retour? On dirait qu'c'est mon soir, hein, Yachiru?

Ichigo sursauta pensant que la voix s'adressait à lui. Il avait dit « Kurosaki »....?

_Tire-toi d'là, 'spèce de taré!

Ichigo trembla de tous ses membres et cette fois-ci, son cœur s'arrêta de battre.

_Grimmjow...

C'était la voix de Grimmjow!

Figé par le son de la voix de son amant, il vit défiler devant ses yeux un tas de possibilité effrayantes sur sa venue ici.

Qu'est-ce que...? Pourquoi...?

Il sortit tout à coup de son état figé, et sans réfléchir outre mesure au comment du pourquoi, il se rua sur l'escalier pour en gravir les marches. Il déboucha sur la grande salle du « Kurenai club » ou un spectacle des plus singuliers se tenait.

Devant lui, le dos tourné, un homme qu'il n'avait jamais vu, grand, massif, les cheveux en piques se terminant par des clochettes sonores. Cet homme tenait une arme en joue sur un Grimmjow visiblement colérique se tenant lui même à côté de son propre père!

A la droite d'Isshin se tenait Urahara Kisuke, l'air perdu. Une main dans ses cheveux, il observait tout ce petit monde avec inquiétude, saluant avec hésitation Byakuya de l'autre côté de la pièce, face à lui

Les yeux couleur turquoise glissèrent jusqu'au rouquin, et Jaggerjack laissa échapper son prénom :

_ICHIGO!! tonna-t-il en sortant les dents.

Il était en colère, très en colère.

_Oups..., souffla l'orangé en croisant les yeux de son amant.

_Qu'est-ce que tu fabriques, t'as pété un câble?!! rugit le sexta. Qu'est-ce que...?

Mais le paternel Kurosaki le fit taire d'un geste de la main. Lui-même, posa un regard emplit de colère sur son fils puis reporta son attention sur l'homme que le roux n'avait jamais vu :

_Ça fait un bail, Zaraki Kenpachi, lança-t-il avec un sourire, ne se souciant nullement de l'arme qui pouvait l'atteindre très facilement.

_Que se passe-t-il?! S'enquit Renji, le regard surpris.

_Grimmjow Jaggerjack, retournez d'où vous venez! Ordonna le noble d'une voix qui fit trembler jusqu'au rouquin.

Kenpachi ne jugea même pas utile de se retourner pour voir qui se trouvait dans son dos. Et Ichigo se demandait pourquoi Kuchiki ne faisait rien pour arrêter cet homme!

Quelqu'un devait les arrêter! Ce Kenpachi braquait une arme sur son propre père et sur son amant!

Tout à coup, le jeune Kurosaki fit irruption entre les deux partis et s'interposa entre eux.

Il comprit alors pourquoi son père l'avait mis en garde contre ce Zaraki Kenpachi.

_Ichigo! S'écria Isshin qui tenta un pas vers lui mais fut retenu par Kisuke.

Quant à Grimmjow, il fronça ses sourcils de manière menaçante et fusilla son jeune amant du regard.

_Qui c'est ça? Demanda alors Zaraki en penchant la tête de côté.

Il détailla Ichigo des pieds à la tête et une petite tête rose s'insinua entre les jambes du capitaine :

_Ken-chan, on dirait un Kurosaki!! scanda-t-elle en montrant le rouquin du doigt. T'as vu, Ken-ch... ouuuuh...

Byakuya saisit tout à coup la jeune fille par le col de son hakama et lui fourra dans la bouche une friandise qu'il conservait dans ses poches. La jeune fille stoppa tout à coup ses paroles, se concentrant sur la friandise qu'elle venait de recevoir*.

_Vous feriez mieux de faire cesser cela, glissa le brun en direction de Kenpachi.

Mais ce dernier s'en moquait, n'ayant aucune réaction. Il se contenta d'étirer un sourire sadique en direction du rouquin qui se trouvait directement devant lui, parfaitement dans sa ligne de mire, même si pour l'instant, il était plus intéressé par le père Kurosaki...

Deux Kurosaki, de retour au Gotei? Il ne pouvait pas laisser passer ça!

_Je n'ai pas l'intention de reprendre votre poste! S'écria tout à coup Ichigo, se tournant vers Zaraki, le cœur battaint à cent à l'heure et qui sentait la menace. Je... je me moque du Gotei! Je n'ai rien contre vous!!

_Ichigo, qu'est-ce que tu fabriques?!! s'écria un Grimmjow, hors de lui.

_Toi tais-toi!! Je suis venue jusqu'ici pour toi!! lui répliqua le jeune homme en le fusillant du regard. J'ai réussi à obtenir de Kuchiki Byakuya ce que je voulais, tu ferais mieux de me remercier... IMBECILE!!!

Un silence tomba. Le roux reprit son souffle difficilement, observant son amant avec colère. Ne pouvait-il pas comprendre ce qu'il faisait pour lui? Pourquoi avait-il l'air si en colère, comme s'il lui reprochait tous les maux de la terre?

Les petits yeux de Kenpachi observèrent avec attention le visage du jeune homme roux devant lui. Puis, il le détailla des pieds à la tête et sa bouche s'étira à nouveau en ce qui semblait être un sourire, entre toutes ses cicatrices.

Il bougea bientôt son bras pour changer de cible. Le canon voyagea du front d'Isshin jusqu'à celui de l'étranger qui l'intéressait maintenant....

_T'es l'nouveau capitaine toi, c'est ça?!! Tonna-t-il en désignant Grimmjow du menton.

Ichigo ne donna aucune réponse et se contenta de faire barrage entre l'arme de l'homme et son amant.

Ce fut ce moment que choisit Jaggerjack pour avancer d'un pas rapide et saisir son amant par les hanches. Il l'attira contre lui et retira d'un geste brusque l'arme cachée sous la chemise du jeune homme.

Ce dernier, trop surpris, ne put l'en empêcher.

C'est alors qu'il comprit que la situation venait d'atteindre le point de non-retour.

Désormais, Kenpachi et Grimmjow se menaçaient l'un l'autre, Ichigo au milieu de leurs armes se faisant face.

Isshin sembla tout à coup vouloir agir :

_Ichigo!!

Mais Kisuke le retint pat le bras, l'empêchant d'agir à nouveau. Il n'y avait rien qu'il puisse faire pour stopper Kenpachi, Isshin le savait mieux que quiconque.

L'homme était encore plus dangereux qu'un bâton de dynamite allumé...

De son côté, Byakuya prenait garde à ce que Yachiru reste occupée par sa friandise, sans prendre part à la querelle. Ses yeux marines se posèrent sur Ichigo en mauvaise posture au milieu des deux armes, et il haussa un sourcil.

Il lui sembla alors que Grimmjow ne s'était même pas intéressé à lui, depuis qu'il avait rejoint la salle. Le bleu ne l'avait même pas regardé... Se pouvait-il qu'il ait déjà abandonné l'idée de le tuer, tout comme le lui avait promis Ichigo?

C'était pourtant logique : Grimmjow Jaggerjack n'était pas là pour le tuer cette fois-ci, mais seulement pour récupérer son amant qui s'était jeté dans la gueule du loup sans penser aux conséquences.

Mais le fait était que si Grimmjow et Isshin n'étaient pas intervenus, Kurosaki Ichigo aurait certainement pu repartir sans dommages, il s'en serait assuré, lui, Kuchiki Byakuya.

Finalement, ces hommes n'étaient pas si différents de lui. Ce couple, n'était pas si différent du sien. Car si Renji s'était interposé de cette façon devant l'arme d'un homme pour le protéger, il aurait certainement eu peur pour lui.

Très certainement.

Aussi, il comprit ce que Jaggerjack pouvait ressentir devant la menace de Zaraki.

Il glissa un instant ses yeux en direction de Renji qui, attentiste, gardait les yeux rivés sur son ami aux cheveux oranges.

_Zaraki Kenpachi, commença alors le noble, baissez cette arme et je me chargerai de...

_Toi ferme-là! Lui ordonna Zaraki. Je sais bien comme vous êtes, vous les nobles! Vous allez faire vos p'tites magouilles entre vous hein, et me piquez mon poste? T'inquiète, Kuchiki, j'suis au courant! J'me laisserai pas faire...

Kuchiki ouvrit la bouche pour répliquer mais le rire glacial de Kenpachi l'en empêcha. Quoiqu'il puisse dire, cet homme ne connaissait que la loi de la force. Avec des mots, personne ne pouvait avoir raison de lui...

_Héhé..., ricana Kenpachi qui semblait prendre un plaisir non dissimulé à tout cela. Même si j'dois crever un Kurosaki pour garder ma place...

Ichigo sentit ses pupilles se dilater alors que le canon de Kenpachi se braquait directement sur lui, sur son front. Il fit un pas de côté, comme s'il pensait que ce geste le sauverait, mais la seconde suivante, il sursauta de tout son être. Son cœur cessa de battre...

...trop surpris par le coup de feu qui avait été tiré.

Il ferma les yeux, les plissant de toutes ses forces, attendant que la douleur ne se faufile dans son corps.

Un cri rauque se fit entendre dans la pièce.

Le noir complet envahit l'esprit du jeune roux.

En une fraction de seconde son esprit, qui lui sembla n'être que le néant le plus infime, s'emplit de tous les souvenirs qu'il avait gardés en mémoire.

L'une après l'autre, les images de sa vie défilèrent devant ses yeux. L'une après l'autre, elles lui racontèrent tout ce qu'il avait vécu.

Comme une prière.

Pourtant, c'était si rapide... Trop rapide....

Tel un film d'une vitesse éclair dont il ne se rappellerait même plus le nom :

sa propre vie...


Avant que tout le monde ne me tue pour avoir fait de Kenpachi un méchant (oui, je prends les devants cette fois avant d'avoir des répliques cinglantes -___-'), bah... voilà, ça ne sert à rien de s'époumoner c'est comme ça XD

Par contre, si vous voulez me tuer pour mon sadisme, je comprendrai... :p

*Héhé... Clin d'œil aux petits épisodes comiques après l'anime. Quand Byaku réussit enfin à faire taire Yachiru XD