Chapitre 37 : Attrapé

Après avoir rejoint Dean, Mac et Ty dans une fourgonnette, nous avons pris la route. Le Chef m'expliqua les détails. Karim avait appelé sa femme afin de savoir comment elle se portait et comment allaient les enfants, nous avions donc appris par la même occasion qu'ils attendaient un second enfant, ce qui, d'après Jonas, pourrait nous servir comme moyen de pression le cas échéant. L'idée ne nous enchantait pas mais si vraiment nous n'avions pas le choix cela pourrait servir à avoir des informations. Ty avait tracé l'appel, pour aboutir dans un chalet situé près d'un étang. Mac et Dean étaient allés jeter un coup d'œil et avaient bien vu du monde dont Karim.

Arrivés non loin des lieux, nous sommes sortis et ils ont posé à terre une grande caisse métallique.
- Prenez ce que vous jugerez nécessaire Booth. Me dit le Chef en ouvrant le couvercle et découvrant ainsi plusieurs fusils et autres grenades.
Je me saisis donc d'un M16 que je passais en bandoulière, ainsi que de deux Glock et des holster de cuisses les accompagnants.
- Les munitions sont là. Me précisa Mac en me montrant du doigt une autre boîte que j'avais pu voir dans le véhicule.
Hormis ces quelques mots, nous nous sommes équipés en silence. Je ne savais pas du tout ce qu'ils avaient prévu de faire.

Après quelques minutes, c'est Jonas qui prit la parole.
- Habituellement c'est Temp qui s'occupe des stratégies, mais cette fois, j'ai préféré ne rien lui demander
- Elle se serait bien trop inquiétée sinon et on aurait dû batailler avec elle pour qu'elle ne soit pas sur le terrain ou au moins avec Ty. Intervint Dean. Décidément, il la connaissait bien, vraiment bien.

Devoir mettre au point un plan sans être là pour l'appliquer, sachant que cela aurait pu mettre en danger la vie de ses amis, cela l'aurait fait se sentir mal et anxieuse pendant toute la durée de l'intervention, elle aurait très certainement, insisté pour être non loin des lieux. Au moins, en restant avec Angela, chez elle, je savais Bones en sécurité et cela me rassurait.
- On fait comment alors ? Demanda Mac
- Tenez. Dis Ty en nous tentant des masques. Je l'ai regardé, étonné
- On va se servir de lacrimos, et d'autres gazs soporifiques. M'expliqua Jonas. – Ty tu nous diras combien ils sont à l'intérieur grâce au termo. Mac et moi, on passe par la porte avant, Booth et Dean vous contournez, Ty nous guidera.

Tout en nous donnant ses instructions, il nous donnait des oreillettes et micros afin de rester constamment en contact.

- Et comme toujours, on garde tout le monde en vie, sauf cas de force majeure.
Ils acquiescèrent tous, je suivis. Ils étaient tout de même impressionnant, j'avais déjà pu le constater, pouvoir ainsi mener une opération en gardant tout le monde entier, cela devait bien être les seuls à pouvoir le faire. Au FBI lors d'intervention, il n'y avait pas de règle précise. Bien sûr j'avais pris l'habitude de tirer pour désarmer et non pour tuer, je détestais tuer, mais certains de mes collègues n'avaient pas les mêmes états d'âmes que moi.

C'est en silence que nous nous sommes déplacés, contournant les arbres et nous plaçant chacun aux positions fixées. Nous attendions d'avoir les données de Ty avant de faire quoi que ce soit.
- Trois près de la porte avant, je dirai que c'est un salon, deux à droite de la porte arrière, la cuisine sans doute, un qui descend les escaliers, et enfin deux à l'étage, dans deux pièces différentes.
- Ok c'est surtout de ceux d'en haut dont il faut se méfier. Une fois qu'on s'est occupé du bas, Mac et Dean, vous monterez.
- D'accord.

Nous avons vérifié nos armes avec Dean. Je sentais son regard sur moi, il me fixait depuis un moment avant de prendre la parole.
- Booth.
- Oui ? Dis-je en le regardant
- Ne faites rien de dangereux, Temp me tuerait s'il vous arrivait quoi que ce soit
- Tout comme elle m'en voudrait s'il vous arrivait quelque chose.

Il me sourit, manifestement amusé par ma réponse
- Sans doute. Donc aucun de nous n'ayant envie qu'elle nous maltraite, je propose que nous fassions tout deux attention.
Je le regardais, il était retourné à ses occupations et vérifiait son chargeur de Glock, je fis donc de même.
- Elle ne pourrait plus vivre sans vous. Lâcha-t-il soudain en relevant le regard vers moi. – Oh je sais, elle ne vous l'a pas dit, mais c'est le cas. Je la connais bien comme vous savez, et elle n'a jamais été aussi attachée à quelqu'un. Elle a peur, et pas uniquement que vous l'abandonniez, elle a aussi peur qu'il vous arrive quelque chose, elle ne le supporterait pas.
Je ne savais pas quoi répondre, il semblait si sérieux, si sincère. Bien sûr il nous taquinait, aidé d'Angela, sur le lien que nous avions Bones et moi, et j'avais bien comprit qu'après m'avoir testé pour connaître mon attachement vis-à-vis de ma partenaire, il devait m'avoir accordé sa confiance, mais l'entendre m'expliquer ce qu'elle, elle ressentait me troublait quelque peu, mais m'emplissait de bonheur et de fierté en même temps.
- Et je sais que c'est pareil pour vous, nous l'avons tous vu à l'hôpital, après l'explosion, vous étiez dévasté et vous avez semblé reprendre vie quand elle s'est réveillée.
Je souris, il m'avait bien cerné, enfin ils m'avaient tous bien cerné il semblerait. Je ne savais pas quoi répondre. Il est vrai que dès que la vie de ma partenaire était en jeu plus rien ne l'importait, elle passait avant tout le reste et cela avait été le cas encore une fois.
- On veut uniquement son bonheur Booth. S'était Mac qui parlait à travers le micro, ils avaient tous entendu notre conversation évidemment, et aucun n'avait coupé la parole à Dean, attendant qu'il ait fini.
- C'est le plus important pour nous. Renforça Ty.
- Tout comme pour moi. Dis-je en souriant de plus belle à Dean.
- Alors nous sommes d'accord. Finit Jonas.

Le silence plana quelques instants avant que le Chef reprit la parole.
- Bon, dans vingt secondes on y va. Ty tu nous donnes le signal.

Le « Go » de ce dernier nous fit tous bouger, et en l'espace d'une quinzaine de minutes, tout était fini. Quelques coups de feu avaient retenti, mais aucun de nous n'étions blessés. Nous avions ligotés les diverses personnes présentes du rez-de-chaussée et Dean et Mac redescendaient avec les deux du haut, dont Karim Benzami, eux aussi menottés, mais non endormi, le gaz soporifiques n'ayant pas eu le temps de monter à l'étage.
- Le FBI sera là dans cinq minutes pour emmener tous ce petit monde, comme prévu. Expliqua Ty.

Plusieurs fourgons arrivèrent, accompagné d'un SUV dont sortit Cullen, qui se dirigea directement vers Jonas.
- Bonjour et bon boulot Jonas, enfin comme d'habitude.
- Merci Sam.

J'étais surpris de voir ici mon ancien patron, il aurait dû être chez lui, s'occupant de sa famille, et non ici, en costume noir caractéristique du FBI.
- Agent Booth.
- Bonjour Monsieur.
- Très bon travail, tout comme celui de Brennan.
- Merci Monsieur.

Il dût remarquer mes interrogations, car il expliqua de lui-même qu'après être parti en retraite il y a quelques années, il avait été rappelé par une section secrète du FBI pour en devenir le directeur. Au départ il avait refusé, mais ils avaient insisté, et finalement il avait cédé. Il s'était rendu compte qu'il avait bien du mal à rester chez lui, et que le travail lui manquait. C'est dans le cadre de son métier d'agent secret du FBI que le Chef l'avait rencontré, Cullen étant son supérieur direct.
- Vous feriez un bon élément Booth, mais je suppose que vous préférez continuer à travailler avec le Jefferson, et surtout avec votre partenaire.
Je lui souris et cela confirma ses dires.
- J'ai toujours su qu'il y avait un lien particulier entre vous. Je vous souhaite d'être heureux.
Il me serra la main, puis serra celle de Jonas. Il avait fait quelques pas, puis se retournant vers nous.
- Enfin si jamais vous souhaitez un peu plus d'action, appelez-moi. Dit-il en me tendant sa carte. – Ou simplement pour discuter, entre amis. Finit-il d'un sourire aimable.
J'avais toujours eu une relation amicale avec lui, et je le respectais énormément alors savoir qu'il me considérait de la même manière me fit plaisir et me poussa à lui répondre que je le ferais certainement prochainement.

Nous sommes allés au Hoover. Jonas me proposa de participer à l'interrogatoire de Karim Benzami. Nous avions arrêté la principale source de menace il nous fallait donc glaner des informations afin de terminer le boulot en démantelant le reste, mais avec Karim entre nos mains, il ne restait plus de réel danger imminent à présent.

- Je suppose que vous savez pourquoi vous êtes arrêté ?
- Bien sûr, parce que je veux nettoyer cette terre des être immondes que vous êtes, vous autres américains. Cracha-t-il
- Et que nous avons-nous fait? Demanda le Chef
- Vous avez tué mon père, presque sous mes yeux.

Cette phrase me glaça le sang, ce n'était pas tout à fait le cas, mais pas loin.
- Le pire c'est que ce n'était pas une méthode d'homme, celui qui a fait ça était bien loin, caché à des centaines de mètres de là, comme un lâche.
Je me tendais de plus en plus, Jonas le remarqua.
- Abattre un homme pour en sauver des centaines est loin d'être lâche. Et pensez-vous que poser des bombes soit mieux peut être ? Votre père avait tué des centaines de personnes innocentes et vous aussi, en étant loin de ce qui se produisait, tranquillement à l'abri dans vos caches.
- Mon père était un homme bon, il s'occupait bien de sa famille, il nous aimait. Et il a fait ce qu'Allah lui a dicté de faire, comme moi.
- Et nous avons fait ce qu'il fallait pour protéger notre peuple et tous les peuples que vous tuiez.

Je n'avais pas dit un mot, j'étais simplement resté là à observer cet homme qui semblait tant croire à son discours. C'est Jonas qui me fit sortir dans le couloir.
- Ca va ?
- Oui, c'est juste…

J'étais comme perdu, me souvenant, encore une fois, de ce que j'avais fait ce jour là, revoyant cet adolescent trouvant son père.
- Vous avez fait ce qu'il fallait Booth, ce qu'on vous a demandé de faire. Sans vous, d'autres personnes seraient mortes.
- C'est ce que Bones m'a dit.
- Et elle a raison. Dit alors Dean qui venait de nous rejoindre posant une main sur mon épaule, me montrant ainsi son soutien.

Je ne semblais pas très convaincu par leur discours.
- Je sais que vous vous sentez responsable envers Dieu de votre passé, mais vous avez toujours fait ce qu'il fallait, ce qu'on vous ordonnait. Ne pensez pas à l'homme que vous avez abattu mais pensez aux vies que vous avez sauvées.
Je souris, Dean avait raison, bien que mes actes me semblent toujours horribles, au final j'avais évité la mort à beaucoup d'innocents, tout comme ma partenaire me l'avait déjà fait remarquer par le passé et au final c'était bien ça l'essentiel.

- Temp doit être morte d'inquiétude, vous devriez rentrer chez vous… enfin chez elle. Me dit Dean, sourire amusé sur les lèvres.
- On fera le rapport et on passera vous le faire signer. Précisa Ty.
- Ok, merci. Jy vais alors. Dis-je en souriant, content d'aller la retrouver et amusé du petit lapsus volontaire.