Bonsoir tout le monde ! Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre assez court. Disons qu'il fait un peu office de transition entre deux chapitres importants ;)
J'espère qu'il va vous plaire !
Bonne Lecture
Chapitre 35 : Le remède
Je suis assis sur le canapé du salon, mon bouquin de métamorphose sur les genoux. J'ai décidé de commencer à réviser mes ASEPICS. Avec tout ce qui a pu se passer cette année, je n'ai pas encore eu le temps de m'y mettre. J'aurais aimé réviser avec Rose, mais elle est partie faire sa ronde. Instinctivement, je jette un regard à la carte du maraudeur posée sur le coin de la table basse.
" Non, Scorpius arrête de l'espionner !" je m'écris pour moi même. J'essaye de me concentrer sur mon cours mais mon regard dévie systématiquement vers le bout de papier vieilli. Finalement je ferme mon manuel et je m'empare de la carte.
"Je jure que mes intentions sont mauvaises"
Devant moi se dessine le plan du château et j'aperçois rapidement Rose dans le parc, accompagnée de Mr Blanchard.
Encore lui. J'ai l'impression qu'ils passent leur temps ensemble. Quelque chose cloche réellement chez ce professeur. Soudain, je me lève et décide de me rendre à la bibliothèque.
Il y a là-bas un système d'archives du château consultable par les élèves sous l'autorisation d'un professeur ou d'un préfet-en-chef. Dans le fond, je ne suis pas dans l'illégalité, même si je n'ai pas à être debout à cet heure dans les couloirs du château.
La bibliothèque est plongée dans les ténèbres, seul la lune illumine la pièce. Je me dirige vers le rayon des archives et je me mets à chercher. Je ne sais pas ce que je veux vraiment trouvé mais quand je vois le dossier au nom de Théo Blanchard, je m'en empare immédiatement. Sans rien chercher d'autre, je retourne à l'appartement et m'installe sur un des sièges du salon. Je parcours des yeux le dossier de Mr Blanchard et tout à l'air normal. Bon élève à Gryffondor, d'excellents résultats en défense contre les forces du mal et rien d'autre. En somme l'élève lambda comme on en voit chaque année. C'est impossible, il doit y avoir quelque chose d'autre. Puis soudain je remarque que Mr Blanchard n'a pas eu une seule heure de colle de toute sa scolarité. Voilà la preuve qu'il n'était pas net. Quelle était la chance pour qu'un élève de Gryffondor n'ait jamais été collé ? C'était tout bonnement impossible. Seul quelques Serdaigles dans toute l'histoire de Poudlard pouvaient se vanter de cet exploit. Non, définitivement, quelque chose n'allait pas chez ce professeur. Je pose le dossier par terre quand on frappe à la porte. Je me lève pour aller ouvrir, j'aperçois Jeffrey juste devant moi, tremblant, les joues mouillées de larmes.
- Rose murmure-t-il
- Quoi ?
- Rose... je... je l'ai vu tomber de la tour d'astronomie. Je... j'étais dans le parc, et je l'ai vu tomber...
Mon sang ne fait qu'un tour, je me mets à courir aussi vite que possible. J'entends les pas du Serdaigle derrière moi.
- Préviens Mr Blanchard ! je lui ordonne sans même me retourner
Je continue à courir, je dévale les escaliers jusqu'à arriver dans le hall. Je pousse les grandes portes et le vent vient me frapper au visage. Je ne m'arrête pas pour autant, des images sanglantes s'imposent dans mon esprit. "Elle est tombée de la tour d'astronomie". Personne ne survit à ça. Rose... Rose est morte. Je la vois allongée au loin sur l'herbe, ses cheveux bruns formant une couronne autour de sa tête.
- Rose ! je hurle à plein poumons
Je veux qu'elle m'entende. S'il y a une petite chance qu'elle soit encore en vie, je veux qu'elle m'entende, qu'elle sache que je suis là. Son corps est secoué de petites convulsions. Est-elle encore vivante ou est-ce un reflexe post-mortem ? Je me jette à genoux à ces côtés, ses yeux sont ouverts fixant le ciel. Je m'empare de sa main, alors que je m'attends à serrer ses doigts gelés, je découvre qu'elle est brûlante. Un sortilège, seul un sortilège peut créer une telle chaleur. Je me penche et je perçois juste à la naissance de sa poitrine une petite étoile tatouée. Je fais immédiatement le lien. De la magie noir, le même sortilège que celui qu'à tenter l'assassin pour réanimer la jeune propriétaire de la cabane hurlante. Il s'agit du sortilège de l'éclair, il frappe sa victime d'un courant électrique et augmente la température de l'individu jusqu'à ce que son corps ne le supporte plus. Il paraît que la douleur est semblable à celle que l'on ressent lorsque l'on est ébouillanté, sauf qu'elle touche tout le corps, brûlant de l'intérieur chaque parcelle de notre corps.
J'entends un gémissement naître sur ses lèvres. Je ne réfléchis pas deux fois, je prends Rose dans mes bras et je cours dans le sens inverse.
" Accroche-toi Rosie" je lui murmure
"Allez, reste avec moi !"
La Gryffondor ne m'a jamais parue si légère, sûrement dû à l'adrénaline. Je la monte sans efforts à l'infirmerie. Je pousse la porte en hurlant :
- Mrs Abbott !
L'infirmière débarque en courant dans son bureau
- Le sortilège de l'éclair, elle est brûlante !
- Par ici ! s'exclame-t-elle en me conduisant vers la salle de bain.
Je la dépose dans la grande baignoire que Mrs Abbot remplie d'eau gelée et de glaçons d'un simple coup de baguette. Rose laisse échapper un cri de douleur, la différence de température est telle qu'elle se met à trembler. Puis tout s'arrête, son corps se détend, elle ferme les yeux et le silence s'abat sur la pièce.
- Elle a simplement perdu connaissance, me rassure l'infirmière
Je soupire et passe une main dans mes cheveux
- Dîtes-moi que vous avez un remède contre ce truc ! je la supplie d'une voix chevrotante
Mrs Abbot ne prend pas la peine de me répondre, son regard désolé suffit à me répondre.
- Aide-moi à la porter sur un lit.
Une fois allongée, l'infirmière fait sécher ses vêtements et lui administre un antidouleur.
- Il faut absolument faire baisser la fièvre, m'explique-t-elle
Ensuite, elle applique une crème blanchâtre sur la poitrine de Rose. A cet instant, Mr Blanchard fait éruption dans l'infirmerie.
- Que c'est-il passé ? demande-t-il inquiet
Son visage pâlit lorsqu'il aperçoit le corps inerte de Rose.
- Elle est...
- Inconsciente. Je ne sais pas comment elle a survécue à sa chute, mais on lui a lancé le sortilège de l'éclair.
Le professeur soupire et passe la main dans ces cheveux
- Il existe un remède, non ?
- Oui, mais je ne l'ai pas en ma possession. Je ne sais même pas si à Ste Mangouste ils l'ont.
- En quoi consiste le remède ?
- C'est potion à faire prendre au malade trois fois par jour.
- Alors on a de la chance, je murmure
Mr Blanchard m'observe sans comprendre.
- Mon père dirige la plus grande société sorcière de potion. Il peut sans doute nous aider. Je vais lui envoyé un hibou.
- Il faut prévenir la directrice, ajoute l'infirmière
- Je m'en occupe, assure le professeur
OoOoOoO
Je monte rapidement à l'appartement, j'essaye de faire abstraction du fait que Rose est en train de mourir et j'écris rapidement à mon père pour lui expliquer la situation. J'envoie la lettre et je me retrouve seul dans la salle ovale sans savoir comment réagir. Lorsque j'étais enfant, on m'a toujours appris à masquer mes émotions en toute circonstance. J'imagine que dans ce cas c'est une bonne chose. Je m'approche du tableau de la victime de Pré-au-lard. Elle avait aussi subi le sortilège de l'éclair, mais post-mortem. Quelqu'un frappe à la porte et je l'autorise à entrer. Le professeur de Défense entre dans la pièce.
- Scorpius, votre père est prévenu ?
- Oui
Le brun m'observe silencieux puis il déclare :
- Je sais que vous ne m'appréciez pas beaucoup mais Rose est dans un état critique et j'aimerais comprendre comment cela pu arriver. Je sais que vous enquêtez sur cet Assassin. Il faut que vous me fassiez confiance et que vous me faîtes part de toutes vos pistes.
- Justement, j'allais vous en parler
Rose fait confiance au professeur Blanchard, alors j'estime qu'il est nécessaire que je le mette au courant. Je lui tend la photo de la victime de Pré-au-lard.
- Même sortilège que Rose mais celui-ci a été infligé post mortem. Ça ne peut pas être une coïncidence. Rose pense qu'il a été utilisé pour tenter de la réanimer.
Blanchard hausse le sourcils perplexe.
- Il l'a fait par remords ? demande-t-il
- Ou simplement par curiosité. Je n'ai pas l'impression que cet homme éprouve une quelconque émotion, encore moins des remords.
Mr Blanchard m'observe puis s'assois sur le canapé en soupirant.
- C'est lui n'est-ce pas ? Il a tenté de tuer Rose... je n'arrive pas à croire qu'il est réussi à entrer dans le château.
- L'autre nuit, Rose et moi avons vu quelqu'un sortir du passage secret situé dans le saule cogneur, je fais remarquer en m'asseyant à ses côtés.
- Tu crois qu'il est entré à ce moment ?
- Ça ne peut pas être une coïncidence, c'est forcément lui mais McGonagall nous a assuré que seul les personnes internes au château pouvait entrer et sortir par les passages secrets.
Mr Blanchard ne répond pas, le menton dans sa main, il semble en pleine réflexion.
- Comment tu as su pour Rose ?
- Jeffrey est venu me prévenir. Il a dit l'avoir vu tomber alors qu'il était dans le parc
- Il t'as dit ce qu'il faisait là-bas à cette heure ?
- Non, je n'ai pas non plus demandé, ce n'était pas la priorité, expliqué-je
- Bien sûr ! approuve le professeur
Son doute est contagieux et saisis d'un mauvais pressentiment, je m'empare de la carte du Maraudeur qui traîne sur la table basse.
" Je jure que mes intentions sont mauvaises". La carte se déplie sous l'air surpris de Blanchard. Je parcours rapidement des yeux la carte et j'aperçois le nom de Jeffrey se diriger vers le parc.
- On dirait qu'il...
- Va vers le passage secret, je le coupe. C'est lui, il doit être en lien avec le tueur. Ça explique pourquoi il s'est rapproché de Rose en début d'année
- Tu vas un peu trop vite, me préviens le professeur. Jeffrey n'a pas le profil d'un tueur et il tient réellement à Rose
- Peut-importe ! Prévenez McGonagall avant qu'il décide de tuer quelqu'un d'autre
- C'est trop tard, déclare gravement Blanchard. Il a franchit le passage.
OoOoOoO
Je redescends à l'infirmerie pour avoir des nouvelles de Rose. Lorsque j'arrive dans le couloir, j'aperçois Albus assis contre le mur, la tête dans les mains. Je m'approche doucement de lui et pose ma main sur son épaule
-Albus...
Il tourne la tête vers moi, et je distingue des larmes sur ses joues, qu'il s'empresse d'essuyer.
- J'ai croisé Mr Blanchard dans la salle commune des Gryffondors, il m'a tout raconté. Je suis venu le plus vite possible mais ils ne m'ont pas laissé entrer, explique-t-il
Je m'assois à côté de lui et soupire en posant ma tête contre le mur froid du couloir.
- Est-ce que ça va ? je lui demande
- Ouais c'est juste que je pensais à un truc ...
- Quoi ?
- Rosie, murmure-t-il en esquissant un sourire. J'ai remarqué quelque chose. C'est toujours elle qui est blessée, à chaque fois. C'est toujours elle qui se retrouve avec du sang sur les mains, toujours elle qui se sacrifie.
- C'est Rose, c'est comme ça... elle est comme ça.
- Mais ça ne devrait pas ! s'exclame-t-il. Je veux dire entre nous trois, c'est elle qui nous protège, toujours. Pourtant c'est nous les hommes. Je veux dire... Rose est comme ma petite sœur, et pour toi elle est bien plus. Ça devrait être à nous de la protéger pas l'inverse. Je n'aurais jamais dû la pousser dans cette enquête, je suis le seul coupable.
- Albus, arrête tu n'as rien à te reprocher. Tout va s'arranger, tu verras
- Scorpius...comment tu peux dire ça Rosie est en train de mourir, articule Albus la voix brisée. Les choses ne seront jamais comme avant. Nous avons perdu, c'est tout. Tout ça à cause de nous, de notre arrogance. On s'est cru assez fort pour défier un assassin. Si Rose... je me le pardonnerais jamais. Tout est de notre faute !
- Je n'y crois pas. Qu'est-ce qu'on a fait de mal ? On devrait s'en vouloir pour avoir essayé de faire justice, de mettre en prison un criminel ?
- Tu comprends vraiment pas... les gens meurent tout autour de nous Scorpius ! commence à s'énerver Albus
- Mais ce n'est pas à cause de nous ! Si Rose est ce soir entre la vie et la mort c'est à cause de Jeffrey, c'est lui qui lui a lancé le sortilège.
- Non, murmure doucement Albus. Tout à l'heure Rose a repris conscience pendant une minute et elle a murmuré que Jeffrey était possédé par l'Assassin, avant de retomber dans l'inconscience. L'Assassin maîtrisait l'esprit du Serdaigle, c'est comme ça que ça s'est passé. J'ai entendu le professeur McGonagall le dire.
Je ne réponds rien, bien trop surpassé par les évènements. Je n'arrive plus à réfléchir, je revois le corps de Rose immobile sur l'herbe. Albus a raison, on a notre part de responsabilité. Inutile de se voiler la face, ça n'aurait jamais dû arriver. Si seulement je l'avais accompagné pour cette ronde. Qu'est-ce qui lui a pris de monter dans la tour d'astronomie ? C'est vrai qu'elle a tendance à s'y réfugier pour réfléchir.
Je sens que le château est en ébullition silencieuse. Tous les professeurs semblent s'être rejoint à l'infirmerie. Malgré les murs épais du château, je distingue leur voix étouffées. Ils tentent d'être le plus discret possible mais ce n'est pas évident quand une élève est quasi-morte et un autre est porté-disparu. Mr Blanchard nous rejoins dans le couloir, essoufflé.
- J'ai vérifié dans le passage secret et la cabane hurlante mais aucune trace de lui, nous annonce-t-il. De ton côté ?
- Mon père ne devrais pas tarder avec le remède.
- En espérant qu'elle tienne jusque là, chuchote Albus
- Comment va-t-elle ?
- Comme quelqu'un qui a le corps en feu et qui a fait une chute de quinze mètres, rétorque mon meilleur ami à bout de patience.
- Elle souffre beaucoup, je précise levant les yeux vers Mr Blanchard
C'est la seule réponse qui me vient à l'esprit. Je n'en sais rien comment elle va. Par moment j'ai la certitude qu'elle va s'en remettre et parfois j'ai la sensation que je vais la perdre pour de bon. Je me lève, ne supportant plus l'incertitude je tente de pousser la porte de l'infirmerie. Soudain des murmures s'élèvent parmi les portraits. Je vois la silhouette de mon père se dessiner au bout du couloir. Lorsqu'il arrive à ma hauteur, il me gratifie d'un regard compatissant. Il tend la main à Mr Blanchard puis me prend dans ses bras. Ce geste à un effet apaisant sur moi. Son odeur me rappelle la maison et pendant un moment j'oublie que Rose est en train de mourir.
- Tu l'as ? demandé-je en desserrant mon étreinte
- Oui
Ses yeux désignent la mallette qu'il porte. Il entre dans l'infirmerie et Mrs Abbott et le reste des professeurs laissent échapper un soupir de soulagement. Mon père ne perd pas de temps et sort la potion qu'il tend à la mère d'Alice. Celle-ci l'inspecte et se dirige vers son bureau pour revenir deux minutes plus tard avec un verre ou elle a versé le liquide. Elle s'approche de Rose et la force à avaler le remède.
- Les effets ne seront pas immédiat, nous informe-t-elle.
Nous hochons la tête en signe de compréhension. Tant que ça guérit Rose, ça peut prendre trois minutes, deux jours ou deux mois, que ça ne me gène pas. Peut importe tant qu'elle survit.
Mrs Abbott, nous conseille d'aller tous nous recoucher. A contrecœur je sors de l'infirmerie, mon père sur mes talons.
- Scorpius, je t'accompagne jusqu'à ta chambre. Il faut qu'on parle.
J'accepte d'un hochement de tête.
Voilà pour ce chapitre. Je sais c'est plutôt court mais je me rattraperais au prochain. On a quand même atteint les 133 000 mots ! Je pense qu'on arrivera au 200 000 en tout ! ;)
J'espère que vous avez aimé, le prochain chapitre sera un peu particulier. Je ne vais pas trop vous en dire. Je vous rélève juste le titre : How I met your mother. J'ai hâte de le publier ! ;)
PS: Pour celles qui révisent le bac comme moi... BONNE CHANCE et j'espère que vous avez eu le vœu que vous désiriez sur APB ! :)
SunPotion
