Ohayo mina' !

Bien, je suis heureuse de voir que la fiction fait (dans la majorité) réfléchir ! ^^ C'était mon but premier en écrivant ça, et j'y arrive petit à petit.
On a... euh, dépassé les 600 reviews. Vous êtes dingues, moi aussi, tout le monde est content... non, sans blague, c'est juste énorme je trouve, et je vous remercie sincèrement de prendre le temps de me laisser vos impressions sur les écrits publiés ! *s'incline*

Vos menaces de "je-vais-voler-tes-notes-pour-savoir-ce-qui-va-se-passer-pour-la-suite" glissent sur moi avec la légèreté d'une plume u_u demandez à flllora, elle a déjà essayé, ça faillit mal finir et on a manqué se faire expulser du tribunal. 'fin bref. Je finirai cette fiction en gardant jalousement mes secrets, fufu. Hormis ça, tout va bien, sauf pour Luffy, dont on aura le point de vue très, très majoritaire sur ce chapitre. De toute manière, celui d'Ace sert juste à foutre les boules, ici.

Le chapitre est une référence à Pinocchio : Jiminy était sa conscience et il n'était pas toujours là pour le tirer de tous ses mauvais pas, c'était à Pinocchio d'agir comme il l'estimait. Plus ou moins bien. Comme Ace... et comme Luffy.

Je vous souhaite une agréable (?) lecture, RDV en bas pour les guests, as always, et...

Enjoy it !


J-113 avant impact

.
POV Ace :

Je rentre dans le container, je ferme les portes et j'envoie mes chaussures sur le côté.
Mes pas m'emmènent dans le lit ; je le refais machinalement, je secoue les draps et je les tends avant de les border.
Je prends mon temps.
Je vais lentement.
Ma conscience dérangée veut prendre le dessus, mais je ne la laisse pas faire. Pas cette fois.
Je grimpe sur le matelas et je m'assois au milieu du lit.
Je n'ai plus qu'à attendre.

.
POV Luffy :

Je contemple ma tasse de thé, pensif, en observant les circonvolutions du liquide ambré dans l'eau chaude. Je suis… mal à l'aise. Il n'y a pas d'autre mot pour décrire la gêne qui anime mes pensées et mes gestes ; j'ai l'air emprunté, je le sais.
La mère de Kaya sirote son café, le mari prépare des pancakes. Ces gens-là sont simples, sans artifices ; la maison est modeste mais bien tenue, et je sens que le souvenir de Kaya est encore terriblement présent, ici – rien qu'à voir les photographies qui ornent les murs et les meubles…
Je relève la tête et la femme me sourit, avant de jeter un œil à un des cadres.

- Kaya aurait dû avoir vingt-quatre ans il y a quelques semaines… tu n'as pas l'air d'en avoir plus de vingt, s'étonne-t-elle. Comment est-ce que tu la connais… ?

- J'ai eu dix-neuf ans y'a quelques jours, murmuré-je avec un léger sourire. On a… une connaissance commune. Un garçon avec qui elle est sortie, j'suis venu récupérer deux ou trois trucs, alors j'en profite pour… voir un peu ses amis. J'suis encore désolé pour Kaya.

- Oh, on n'y peut rien, tu sais, soupire-t-elle. On met du temps à… accepter. Mais on finit par s'y faire, même si on ne s'y habitue jamais vraiment.

- J'comprends. Si c'est pas indiscret, elle… elle était malade… ?

- On ne peut pas dire qu'elle était d'une forme olympique, notre Kaya, déplore le père en revenant de la cuisine avec les pancakes encore chauds. Mais elle… enfin, on nous l'a enlevée de manière… assez brutale, à l'été 2004.

- … un… un meurtre… ?

La mère acquiesce et ses yeux rougis fixent ses mains refermées autour de sa tasse.
Au fond de moi, je maudis Ace pour avoir fait ça, mais je suis le plus beau faux-cul qui soit ; je me fiche des gens qu'ils tuent, je n'y pense presque jamais. En revanche, maintenant que j'ai la douleur d'une famille privée de sa fille devant les yeux, je me sens aussi immonde que mon amant. J'ai l'impression d'avoir du sang sur les mains.

… bon, j'en ai aussi. J'ai déjà tué, même si c'était involontaire. Je me suis sali au même titre qu'Ace, et je ne suis pas en mesure de protester ou de dire quoique ce soit à ce sujet… mais voilà, c'est un fait : je reste humain, et voir la souffrance de ces gens me rappelle à quel point Ace est un monstre, que je l'aime ou non.
Je me mâchonne la lèvre, nerveux.
La question qui me taraude, c'est : qu'est-ce qu'Ace a bien pu faire à Kaya ? je n'oserai jamais demander, c'est beaucoup trop déplacé et… personnel. Je vais devoir chercher ailleurs, à moins que je ne trouve rien à ce sujet – je n'ai pas le pouvoir de demander des comptes à un fonctionnaire de police pour voir le dossier, mais j'essayerai quand même, histoire de ne pas partir avec des regrets.

Mon regard accroche le cliché le plus proche, et la mère a un bref sourire à travers son chagrin.

- Elle était belle, n'est-ce pas… ?

Elle tourne le cadre vers moi et je la détaille un peu plus attentivement.
Ma gorge se serre, et mon estomac se tord, quelque part dans mon ventre : ses cheveux…
… longs, blond platine. Comme la mèche retrouvée dans la boîte à chaussures d'Ace adolescent.

C'est atroce. De penser… d'avoir la preuve définitive qu'Ace a tué cette fille. J'ai le cœur à l'envers et mon cerveau a du mal à tout assimiler. Tout ce que j'espère, c'est qu'elle n'a pas souffert, même si j'en doute terriblement.
La jeune fille sur la photo sourit, radieuse ; elle a l'air douce, confiante… nul doute qu'Ace l'a enjôlée pour exercer une emprise totale sur elle.

- Très, oui. Elle avait… enfin, vous savez si elle avait des fréquentations, ou… ?

- Un petit-ami, quand elle avait quatorze ans, sourit-elle, un peu radoucie. Un garçon très poli, très serviable. Il habitait à Appleton, aussi, mais nous ne l'avons jamais vraiment vu… je dois avoir une photographie dans sa chambre. Vous voulez voir… ?

- Hum, pourquoi pas.

C'a l'air de lui faire réellement plaisir, alors je ne me vois pas lui refuser quoi que ce soit ; elle se lève et s'éclipse au fond du couloir, en me laissant seul avec mes pensées. Enfin, seul… le père est là et contemple un portrait, lui aussi, mais sans un mot. Et moi, je me sens de plus en plus comme un intrus. Comme si c'était moi qui avais le sang de Kaya sur les mains, comme si j'étais complice de son meurtre. La mère revient, reprend place face à moi et me montre un tirage en sépia, dont la vision arrête mon cœur pendant une petite seconde.

Ace est assis sur un banc, Kaya sur les genoux ; leurs sourires sont éclatants et ils ont l'air terriblement jeunes… voir Ace sous ce jour, ça me fait un choc. Il me ressemble, sur cette image : il est loin de mesurer le mètre quatre-vingt-dix qu'il frôle aujourd'hui, et sa masse musculaire est semblable à la mienne. Il a le look efflanqué de l'ado un peu négligé, les cheveux en bataille et les fringues trop grandes. Et dire qu'à peine sorti de l'enfance, il était déjà un tueur…
Ma conscience me tiraille en tous sens.

J'ai envie de pleurer. Pour des tas de raisons stupides, résultat de ma sensibilité que je déteste… pour Kaya, qui n'a rien demandé et qui était sûrement une jeune fille bien sous tous rapports, tombée amoureuse de l'homme qu'il ne lui fallait pas. Pour moi, qui me sens stupide et immonde d'être là. Pour Ace, qui n'a pas su résister à ses démons et qui a mis fin aux jours de la fille qui l'aimait profondément.
Et ça, j'en mets ma main à couper : Kaya était folle de lui. J'en suis certain, car son regard est le même que celui que je lève sur Ace quand je suis dans ses bras.

- Ils sont restés longtemps ensemble. Et après… l'enterrement de Kaya, on…

- On ne l'a plus jamais revu, complète le mari dans un soupir. Trop de peine, peut-être, ou juste l'attitude typique des adolescents un peu taciturnes. Très tournés sur eux-mêmes. Il est certainement passé à autre chose.

- Merry, marmonne la femme en plissant les yeux. Ce garçon n'était pas… il l'aimait réellement. J'en suis sûre.

Je ne sais même pas si elle a tort.
Ace était peut-être capable de berner Nico Robin, même si elle était très douée dans ce qu'elle faisait ; elle a mis un nom sur les monstruosités cachées au fond de l'esprit de son patient, mais ça n'a pas suffi. Ace a très bien pu ressentir quelque chose de profond pour Kaya, et c'est peut-être ça qui a cloché chez lui : l'amour qu'il avait pour elle s'est transformé en quelque chose de tordu, de malsain, et la tuer était peut-être l'ultime acte d'amour.

Et mon égoïsme reprend le dessus à toute vitesse : et si Ace comptait me réserver le même sort… ? prendre tout ce qu'il y'a à tirer de moi, et voler ma vie après tout ça… ?
Ma salive est difficile à avaler, dans ma gorge nouée, mais je me force à ne rien laisser transparaître. C'est inutile : ma vie ne les regarde pas vraiment, et je ne veux pas avoir à me lancer dans des explications fumeuses, ou briser le deuil que ces gens ont fait de leur fille disparue.

J'aimerais savoir ce qu'Ace lui a fait, vraiment, mais je vais devoir me rendre à l'évidence : il n'y a qu'Ace lui-même qui serait capable de me dire tout ça.
À moins que Kaya ne réponde aussi au schéma classique de l'adolescente telle que je me la représente. Un journal intime, ou quelque chose qui s'en rapproche. Je réfléchis à la meilleure manière d'assurer ma théorie, mais rien qui ne soit très légal…
… non. J'peux pas faire ça.
La frontière entre ce que je pense être bien ou mal est de plus en plus mince, surtout ces derniers temps, mais je songe sérieusement à m'infiltrer dans sa chambre une fois la nuit tombée. Fouiller un peu, en priant pour qu'ils aient gardé ses affaires intactes et à leur place, et que rien n'ait terminé en carton.

Ce soir, je décide de mettre fin à tous mes doutes concernant Ace.

.
POV Ace :

Assis en tailleur dans les draps du lit, dans le noir complet du container, j'attends.

J'attends que Luffy rentre.

J'attends qu'il m'explique les raisons de son mensonge.

J'attends qu'il me dise pourquoi est-ce qu'il me fait ça, alors que j'ai toujours été totalement honnête avec lui.

J'attends. J'ai tout mon temps.

.
POV Luffy :

Je fais une connerie.

Une énorme connerie.

Je sais que ce que je fais est, en plus d'être illégal, malsain, intrusif et… je me rends compte que c'est quelque chose que je n'aurais jamais fait en temps normal ; et par temps normal, j'entends « Sans sortir avec Ace », bien entendu.
Sous la fenêtre du premier étage des parents de Kaya, je fais les cent pas, dans la nuit noire. J'hésite… et c'est pas plus mal. Je ne suis pas sûr de ce que je fais – c'est la première fois que je vais m'introduire chez quelqu'un sans Ace pour m'aider, mais ces gens-là n'ont rien à protéger, et entrer sera facile : la fenêtre de la salle de bain est ouverte, à ce que je vois, et je suis assez menu pour m'y faufiler. Rien à braquer, je ne laisserai même pas de trace de mon passage.
Je songe à ce que je vais faire : entrer dans la chambre d'une ado et violer son intimité. Y'a pas d'autre mot pour décrire l'idée qui tourne dans ma tête depuis tout à l'heure. À ma place, Ace ne tergiverserait pas deux heures et il foncerait.

Seulement, voilà…
… je ne suis pas Ace. Je ne suis pas lui, et je ne le serai jamais – je prie pour ça, même. Pour que sa folie ne s'insinue pas en moi à ce point. Je lutte tous les jours contre les ténèbres, contre la facilité ; Ace représente la limite définitive, la ligne jaune, la frontière entre le bien et le mal. Une frontière de plus en plus floue, que j'essaye désespérément de ne pas franchir.

Comme ce soir.
Bon, allez, maintenant.

Je prends mon élan, je cours et je saute le plus haut possible pour agripper les traverses qui dépassent des colombages qui forment la maison. Mes doigts s'accrochent et je me hisse de toutes mes forces vers la traverse suivante, à laquelle je me suspends – pitié, faites que personne ne passe dans la rue.
J'atteins la gouttière, et mes bras me portent une ultime fois vers le rebord en brique de la fenêtre de la salle de bain ; je pousse le vasistas, et je me tortille pour entrer en me retenant au linteau, pour ne pas faire un bruit de mort en retombant au sol. Sur la pointe des pieds, je me redresse et je marche vers la porte, qui s'ouvre sur un couloir. Dieu, merci, du carrelage… je referme derrière moi et, l'oreille tendue, je m'arrête à tous les battants, en ouvrant ceux qui demeurent silencieux. Une bibliothèque, un bureau… un petit atelier de menuiserie… ah, trouvé.

La chambre est plutôt grande, décorée avec goût ; très féminine, avec une touche qui me rappelle la chambre de ma cousine Camie – des posters, des affiches de concert… bref, une chambre d'adolescente visiblement bien dans sa peau. Je referme la porte derrière moi, et je balaye l'intérieur du regard le plus vite possible : les parents ont tout laissé en l'état, ça va me faciliter la tâche. Aussitôt, je plonge vers le lit et je glisse mes mains sous le matelas, la langue entre les dents.
En essayant de ne pas penser au sacrilège que je commets.

Je fouille, et mes doigts gantés rencontrent une ouverture dans le matelas ; j'écarte le tissu et ma main se referme sur un carnet. Bingo. Je remercie encore une fois Camie qui m'a aidé bien malgré elle, et je ramène le livret à moi, avant d'allumer ma lampe torche et d'éclairer les feuilles.
Elle l'a commencé quand elle l'a reçu en cadeau, le lendemain de son treizième anniversaire. Mes yeux parcourent les pages à toute vitesse, alors que la gêne me monte aux joues ; le souvenir de la colère d'Ace, après que j'ai lu ses lettres et visionné ses enregistrements, me revient en mémoire, et mon ventre se contracte à cette pensée. Kaya doit me haïr, là où elle est.

Là.
Mes prunelles s'arrêtent sur le nom qui retient mon attention : celui d'Ace.

« 2 mai 2003. Ace veut me voir à la sortie du cours de maths demain soir ! Gol D. Ace, tu te rends compte ? Perona lui a fait passer le mot lundi et il m'a répondu sur le mot qu'il voulait qu'on se parle, lui et moi… je ne sais pas ce que je dois lui dire. Que je le trouve beau, qu'il me plaît depuis des années… ? je vais me sentir ridicule… ! je n'arrête pas de changer ma tenue pour demain. Et pour me coiffer, je sens que je vais passer une heure devant la glace après ma douche… maman va se demander ce que j'ai, mais je préfère ne rien lui dire, au cas où Ace aurait l'idée de refuser ma proposition. »

Sa naïveté et sa candeur me rappellent les miennes, et son comportement touchant d'adolescente amoureuse de 13 ans me fait sourire. Elle était jeune, un peu folle, et pleine d'espoir. Un espoir qu'Ace lui a enlevé, j'en suis sûr.

« 3 mai 2003. Oh mon Dieu. Ça y est… je sors avec Ace ! il m'a souri, à moi et moi seule, et il m'a dit qu'il voulait bien sortir avec moi. Et ses lèvres sur ma joue… il sent exactement comme je l'imaginais. Une odeur sucrée. Perona va être folle… ! il est tellement mignon… et je l'aime tellement. »

Ma gorge est serrée ; Ace a vraiment joué avec elle – il savait qu'elle avait des vues sur lui, et il en a joué du début à la fin. Il s'est conformé à l'idée du petit ami doux et parfait qu'elle s'imaginait pour mieux lui faire tourner la tête.
Je tourne les pages, et je m'arrête quelques mois plus tard, après l'été.

« 8 septembre 2003. Ace et moi, nous ne sommes pas dans la même classe, mais ça ne fait rien, nos horaires sont les mêmes et on aura un peu de temps pour se voir, à la sortie. Je suis invitée à manger chez lui demain soir et ça m'angoisse, je vais encore passer du temps à choisir mes vêtements, mais ça vaut le coup : j'ai déjà vu Rouge à une réunion parents-profs et elle était si gentille… comme son fils.
Il me murmure qu'il m'aime tous les jours, je me sens si bien avec lui. Il est parfait. Je l'aime si fort… chaque moment que je passe sans lui m'est insupportable, j'aimerais rester dans mon petit monde à rêvasser… mais je dois avoir les meilleures notes possibles pour entrer dans le neuvième grade d'Appleton, et Ace travaille dur lui aussi. J'espère que ça payera. »

Je repense à ce que j'ai entendu sur la cassette de Nico Robin ; Ace ne travaille dur que pour satisfaire son égo de tueur en développement. Il se fiche pas mal de faire plaisir à qui que ce soit, ou à passer dans une classe supérieure – ça ne l'intéresse pas et c'est totalement secondaire, pour lui. Je tourne les pages, encore.

« 25 décembre 2003. Ace m'a offert une bague. Une-ba-gue. Tu réalises un peu… ? j'étais… je n'ai pas su quoi dire, j'ai rougi comme une tomate. Elle est si jolie… il m'a dit qu'il m'aimait plus que tout et qu'il voulait que notre histoire dure le plus longtemps possible. C'était tellement… j'ai pleuré, une vraie madeleine. Toutes les filles sont jalouses, je les entends parler sur Ace et moi, mais je m'en fiche : il n'y a que lui qui compte. »

L'exclusivité qu'il est en train d'installer entre eux me rappelle dangereusement celle qui nous lie ; Ace s'arrange pour me garder juste pour lui. J'avance dans le temps, et les lignes que mes yeux accrochent me nouent l'estomac, alors que la honte et la culpabilité me submergent.

« 3 mars 2004. Nous sommes partis une semaine en classe découverte à New York, pour voir les musées d'art contemporain sur Manhattan. Une semaine sans mes parents, sans ceux d'Ace… sans personne pour vraiment faire attention à nous. Il m'a demandé si… je voulais aller un peu plus loin que les baisers et les étreintes. Je ne sais pas ce que je dois faire, même s'il m'a dit qu'il voulait simplement mon avis sur la question. Il voulait savoir si j'avais confiance en lui, je lui ai répondu que oui, quelle question...! Mais je ne peux pas en parler avec ma mère, c'est trop… personnel, et puis elle hurlerait au drame. Mon père, je n'imagine pas une seule seconde lui demander quoi que ce soit à ce propos. Je demanderais bien à Perona, mais je ne veux pas qu'elle dise ça à tout le monde. »

Ace lui a demandé si elle voulait coucher avec lui. C'était tellement prévisible… le sexe avec Thatch n'a plus l'air de lui suffire. Ou alors… il teste les limites de Kaya. Il veut voir jusqu'à quel point elle est susceptible d'aller par amour.
Et je songe avec horreur que je suis en train de prendre le même chemin. De repousser mes propres limites, pour l'amour que j'ai pour lui. Est-ce qu'il le sait ? est-ce qu'il joue avec moi… ?
Le journal est loin d'être terminé, mais je décide de poursuivre ma lecture – quitte à toucher le fond, autant bien le faire…

« 15 mars 2004. Perona pense que je suis trop jeune, et si je regarde ce qui se fait… je ne peux qu'être d'accord. Mais Ace… il est tellement prévenant et doux… je ne sais pas ce que je dois penser. Je l'aime si fort, et j'ai peur qu'il aille voir ailleurs si je lui dis non. C'est ce que Foxy a fait à Porche quand elle a refusé de coucher avec lui, l'année dernière. Je veux croire qu'Ace ne fera jamais ça, il me dit tous les jours qu'il m'aime et qu'il veut simplement savoir ce que je pense de ça. J'espère qu'il est sincère. »

Il la fait douter. Cet enfoiré la fait douter, et je suis sûr que ça devait terriblement l'amuser.
En ce moment, je déteste Ace pour ce qu'il a fait. Pour avoir convaincu Kaya aussi facilement, pour avoir pris son temps – une année entière – pour la faire tomber dans ses filets.

« 17 juin 2004. Ace est venu dans ma chambre, cette nuit. Il a jeté des cailloux à ma fenêtre, je lui ai ouvert… j'étais tellement surprise ! et il a grimpé au carreau en passant par la gouttière… il est complètement fou… ! il m'a dit qu'il n'arrivait pas à dormir, qu'il pensait trop à moi. Je lui ai fait une place dans mon lit, en lui répétant que si mes parents nous trouvaient comme ça, on allait passer un très mauvais quart d'heure. Je ne sais pas pourquoi j'ai cédé, je crois que ses baisers étaient… un peu trop persuasifs. Ses mains si chaudes. Et sa bouche sur moi… il a été délicat. Lent. Il m'a juste touchée, toujours à travers mes vêtements. C'était très agréable… je me demande comment est-ce qu'il fait pour savoir quoi faire. Moi, je n'osais pas le toucher. J'avais peur d'être ridicule, de ne pas… arriver à lui faire plaisir.
Ace a dormi avec moi toute la nuit, jusqu'à ce que le réveil de son portable sonne. Il est retourné chez lui pour se préparer avant les cours, et quand on s'est retrouvés… il m'a dit que ça l'avait rendu heureux. Que je me sois laissée aller cette nuit. Je lui fais confiance, je sais qu'il ne m'obligera à rien, alors… s'il est heureux… ça me va. »

Putain. Non.
Il l'a convaincue, au final. Et je crois que c'est le début de la descente aux Enfers pour Kaya. Il l'a travaillée au corps des mois durant, plus d'un an, et elle en est arrivée à un point où elle ne peut plus faire machine arrière ; elle est trop mordue.
De la même manière que je ne peux plus échapper à l'emprise d'Ace.
Ma conscience jubile : elle adore quand je me prends des claques mentales.

« 05 juillet 2004. Les cours sont terminés, j'ai hâte d'avoir la réponse de la North High School d'Appleton… ! Ace y a postulé aussi, et j'espère qu'il y sera pris avec moi. J'ai choisi l'option des arts visuels, et lui une filière professionnelle. Il faut que ça marche… je ne veux pas qu'on soit séparés. Je veux dire… il faut que l'on soit dans le même lycée. Passer des jours sans le voir… non. Impensable. Hors de question.
Ace est revenu dans ma chambre, il y a trois jours. Il le fait toutes les semaines, et j'aimerais lui dire que c'est mal… mais ça me plaît beaucoup trop. Toute l'attention qu'il a pour moi… qui pourrait résister, hein… ? il m'a encore dit qu'il m'aimait, alors que ses mains étaient sur moi.
Je l'ai vu nu pour la première fois. J'étais… intimidée, mais Ace m'a juré qu'il ne ferait rien que je ne voudrais pas. J'étais sur lui, je sentais… tout son corps contre le mien. Ça l'a fait rire de me voir rougir et me cacher sous le drap. Il m'a dit que j'étais belle, qu'il avait envie de moi. J'ai dit non, et on s'est seulement touchés ce soir-là encore. Je ne sais pas si ce qu'on fait est bien… je ne sais plus. Je n'arrive pas vraiment à penser à ça quand on… fait ce qu'on fait. »

Ace prend son pied à lui faire tourner la tête, et je devine parfaitement quel petit jeu insidieux il a joué pour en arriver à ce résultat ; il persuade Kaya qu'il l'aime quelle que soit sa décision, et il lui dit qu'il est heureux à chaque fois qu'elle se donne à lui. Elle a l'impression qu'il lui laisse le choix, et elle choisit de le laisser profiter d'elle pour le satisfaire. Elle en retire du plaisir, et lui en jubile tous les jours, j'en suis certain.

« 11 août 2004. J'ai l'autorisation de sortie pour cette nuit, mes parents veulent simplement que je sois revenue à neuf heures demain matin. Je leur ai dit que je passais la nuit chez Perona, histoire d'être tranquille. Je ne leur avais jamais menti auparavant, et je me sens un peu coupable, mais… c'est pour Ace. Je dois le rejoindre au lac Winnebago, au sud d'Appleton, avec une ou deux affaires de rechange. Juste une nuit, tous les deux, à la belle étoile.
Alors, ce soir… j'accepte.
Je dirai à Ace que je suis prête.
Prête à faire l'amour avec lui.
J'ai peur d'avoir mal, peur de mal faire, mais Ace... Ace m'a dit que tout se passerait bien. Il m'a demandé si j'avais confiance en lui, et comme d'habitude... j'ai dit oui. Et puis, il m'aime, il me trouve jolie, il dit qu'il veut passer tout son temps avec moi. Pourquoi est-ce que ça se passerait mal, hein...? »

Toutes les autres pages sont vierges, et ma vision se brouille – mes larmes et mon émotivité.

Kaya est morte ce soir-là… Ace a volé sa première vie, la première d'une longue série. Il a tué une fille qui était profondément amoureuse de lui, sans le moindre scrupule, et aucune hésitation, j'en suis sûr.
Je referme le journal et je le range à sa place, en prenant soin de m'assurer que rien n'a bougé. Ces gestes-là sont mécaniques et me permettent de ne pas tellement penser, j'agis par automatisme et mon esprit se ferme. Il n'y a que comme ça que je peux échapper au tournant que prend ma vie. C'est la même rengaine quand je fais la plonge au restaurant : je me déconnecte de la réalité. Je lave. J'essuie. J'empile. Je lave, j'essuie, j'empile. Encore. Encore. Pendant des heures. Les seules où mon cerveau ne mouline pas à toute vitesse.

Je retourne dans le couloir désert et je reviens vers la salle de bain, que je referme derrière moi avant de me faufiler par la fenêtre et de retrouver mes appuis jusqu'au sol, qui me paraît terriblement loin, à ce moment-là. J'espère que je ne vais pas m'évanouir, ou un autre truc stupide de ce genre.
Je descends le long de la gouttière, la même qu'Ace devait agripper pour monter voir Kaya, et je termine enfin sur la pelouse, que je traverse en sens inverse. Je retire ma cagoule alors que j'arrive sous les réverbères de la rue, et je laisse mes pas me ramener vers la maison d'Ace.

Je ne sais plus quoi penser. Quand je vais me retrouver face à lui, je sais que je vais perdre tous mes mots et mes arguments ; loin d'Ace, je peux réfléchir, mais je n'en ai même pas envie. Je vais me faire des nœuds à la tête, je le sais aussi, tout ça pour la même finalité : je vais laisser tomber. Parce que mon égoïsme prend le pas sur tout le reste – je m'envoie en l'air tous les jours avec Ace. Chaque putain de jour, je me laisse prendre où et quand ça lui chante, et je suis le premier à en redemander. Ace ne voit pas l'intérêt de me tuer, j'en suis certain, puisque je lui donne ce qu'il veut.
Je n'ai pas la position de Kaya, et je ne l'aurai jamais. Elle et moi, nous sommes bien trop différents.

Jusqu'au jour où Ace va vouloir que je lui donne ma vie… mais ça, il devra la prendre lui-même. Je l'ai déjà dit et je n'en démordrai pas : je ne me laisserai pas tuer sans rien faire. L'instinct de survie qu'il m'a toujours manqué a refait surface, et il est définitivement ancré en moi.
Je ne lui ferai pas ce plaisir.

.
POV Ace :

Les heures passent.

Je suis toujours immobile, dans le noir. Je n'ai pas besoin de bouger… je peux rester comme ça pendant très longtemps. Il m'a promis qu'il serait rentré lundi matin, et je suis certain qu'il ne dérogera pas à cette règle. Son mensonge doit rester vrai, et il va tenir son engagement, je le sais.
Il m'a renvoyé un message, et a confirmé mes derniers soupçons.
Il n'est pas chez Zoro en train de disputer une partie de jeux vidéo avec son meilleur pote. Marco est formel : les caméras de surveillance du centre commercial d'à-côté voient passer la pelouse dans le rayon central à l'instant où Luffy m'envoie son sms.

La colère qui brûle en moi surpasse largement celle de me savoir épié et suivi par ce gros porc de Teach.

Luffy va passer un sale quart d'heure.

Un quart d'heure dont il se souviendra toute sa vie.

.
POV Luffy :

Dernier jour d'investigation ; je dois prendre l'avion à 6 heures demain matin. J'ai deux heures d'avance sur le fuseau horaire de Los Angeles, et je serai au container en fin de matinée, comme promis. Aujourd'hui, c'est ma seule chance d'en apprendre plus sur ce qui lie Ace et Kaya.

La bibliothèque du coin regorge de vieilles machines, qui permettent d'observer les diaporamas des vieilles affaires qui datent de plusieurs décennies. Celles de 2004 sont introuvables sur le fichier informatique, et la bibliothécaire m'a ramené toute une pile de diapos à passer dans la visionneuse. J'y suis depuis une heure, déjà, dans le calme religieux des rayonnages. C'est agréable, du silence – Ace ne le supporte pas. Et Kaya devait être assez bavarde pour le distraire, comme moi.
Je passe encore et encore les diapos, en scrutant l'écran blanc, les yeux plissés ; je balaye du regard tout ce qui est susceptible de concerner l'affaire de Kaya, dans les journaux datés du 11 aout 2004. Rien du tout.
Je passe au 12, et je trouve enfin ce que je cherche. Je zoome et je me lève pour contourner la table et me rapprocher de l'écran. Une adolescente retrouvée morte sur un banc du Fritsch Park, à Menasha, au sud d'Appleton. Je parcours l'article des yeux – affaire marginale, pas d'indice, blablabla…

… oh.

Étranglée. Pas d'autre traces de contusions, de coups, ni d'agression quelconque. La Police ne se prononce pas davantage.
Et c'est chez eux que je vais trouver ce que je veux. L'affaire est classée depuis longtemps, je pourrais avoir plus de renseignements au commissariat qu'en fouinant dans les journaux.
Je prends des notes sur mon carnet, je range mes affaires, éteins la visionneuse et ramène tout à l'accueil, sous le regard un peu surpris de l'hôtesse.

- Déjà terminé… ?

- J'ai trouvé c'que j'cherchais. Dites… vous sauriez où est le commissariat qui gère cette juridiction… ? j'aurais des questions à leur poser.

- À côté du parc Jones, récite-t-elle en remettant le nez dans ses papiers. Deuxième à gauche, au bout de la rue à droite, et encore à gauche dans la rue Walnut.

- Merci, souris-je en me voulant le plus avenant possible, avant de me détourner et de sortir dans l'air chargé d'humidité du matin.

Je suis à dix minutes à pieds, à peu près, selon la carte que j'ai achetée la veille. Ça va me permettre de réfléchir à ce que je cherche : l'état du corps de Kaya quand on l'a retrouvée sur ce banc.
Tout le reste, c'est secondaire à mes yeux ; mais savoir ce qu'il lui a fait va me permettre de comprendre pourquoi. Enfin… seulement en partie.

Je suis les rues comme elle me l'a indiqué, et je tombe bientôt nez-à-nez avec un grand bâtiment blanc et ocre, le département de Police de la ville. Il est plutôt conséquent, et j'espère qu'ils pourront répondre à mes questions, si indiscrètes soient-elles. Si je me fais envoyer bouler, c'est la fin de tout.
Je remonte l'allée et je pousse la porte, en constatant qu'il y a du monde, ce matin. Les fonctionnaires ont l'air débordés, et les plaignants ont l'air en forme pour protester dès le matin. Pas bon pour moi, ça : quelqu'un de mauvaise disposition risque de me prier d'aller voir ailleurs s'il y est.
Ace s'attirerait toutes les faveurs de la nana qui me fait signe d'avancer au comptoir, l'air blasé : il lui ferait un sourire ravageur, pourrait même se risquer à replacer une de ses mèches rousses derrière son oreille et lui caresser la joue, s'il le voulait. Mais moi, je n'ai rien de tout ça, à part ma bouille de gosse qui trahit mon âge.

- C'est pour quoi ? soupire-t-elle.

- J'suis désolé de vous déranger alors que vous avez l'air super occupée, mais j'ai un article à faire pour l'école sur les meurtres non élucidés des dix dernières années, mens-je en sortant mon carnet. Est-ce que quelqu'un pourrait m'en dire plus sur Kaya Hopkins… ?

- Une affaire de meurtre… ? marmonne sa voix suspicieuse, alors qu'elle me flingue du regard par-dessus ses lunettes.

- C'est l'idée, ouais. Ça date de 2004.

- Désolée, ce genre d'infos est confidentiel, rétorque-t-elle.

- J'aurais essayé, souris-je en la remerciant d'un hochement de tête, avant de tourner les talons et de m'éloigner dans le hall d'entrée.

C'aurait été trop facile, tiens. Je me creuse la tête, en essayant de savoir où est-ce que je pourrais obtenir tout ce qui conc-

Oh.
Mais quel con.

Je me frappe le front et je sors du commissariat au pas de course, en traçant à travers les pâtés de maison. Ces deux jours vont me coller un arrêt cardiaque, je m'agite trop ; heureusement qu'Ace est là pour m'entraîner dans ses braquages et ses préparations pour me maintenir en forme, parce que je passe mon temps à courir partout dans cette ville de malheur.
J'arrive sur Oneida Street et je retrouve la maison d'Ace, dans laquelle j'entre comme si j'étais chez moi – c'est presque familier, à présent – et je grimpe les escaliers de l'habitation déserte pour me rendre dans la chambre de mon amant terrible.

J'ignore ma conscience qui me déconseille fortement de faire ce qui me trotte dans la tête et je m'aplatis au sol, toujours aussi entêté. Pas de retour possible. Pas maintenant, pas après être arrivé si loin.

Et je me glisse à nouveau sous son lit,
pour voir quels autres monstres s'y cachent.

J'émerge de sous le sommier juste après en embarquant une montagne de moutons et j'en sors tout ce qui s'y trouve. Sac à dos, paire de chaussettes oubliée là, jeux de société, manette de console hors d'usage… tout un petit bazar propre à chaque ado qui se respecte.
J'en viens à me demander si Ace ne faisait pas ça pour être normal, lui aussi. Pour faire croire qu'il était un gosse comme les autres – après tout, il a horreur du désordre. Pourquoi est-ce qu'il laisserait traîner tout ça… ?
Je deviens parano.
Je m'assois en tailleur et j'ouvre les boîtes et les sacs. J'y trouve des vieux cahiers, des notes gribouillées sur des feuilles… et un mot. Le mot. Celui que Kaya lui a adressé.
Mes mains tremblent.

Je me reprends en inspirant profondément, et je fouille encore dans les souvenirs de mon amant. Je vois des dizaines et des dizaines de coupures de journaux, réunies dans un petit classeur qui en a vu d'autres. Je les feuillette et je me rends compte qu'il s'agit d'articles découpés, qui relatent l'affaire de Kaya. Et c'était exactement ce que je pensais trouver.
Un assassin revient sur les lieux du crime, c'est un cliché souvent vérifiable. Ace garde des souvenirs… des trophées. La preuve de sa toute-puissance, surtout que la Police n'a jamais trouvé de qui il s'agissait. Mais dans ses lettres, Roger avoue à Ace qu'il sait ce qu'il a fait. Il l'a senti… de la même manière qu'un animal en sent un autre.

Rien à voir dans sa façon d'être, de parler, de faire… non, ça se sentait, point à la ligne.
Il savait, pour Ace, il l'a toujours su. C'était son fils, ils étaient faits de la même chair, du même sang.
Identiques sur bien des points.

Alors, pour Ace… c'était une manière de rivaliser avec son père. On retrouve le triangle infernal dont Robin parle, et que Shakky m'a détaillé lors de notre entrevue au bar. Le complexe d'Œdipe dans ce qu'il a de plus pervers et de plus retord : Ace sait aussi ce que fait son père, et il veut s'élever à son niveau et le surpasser.
Marcher dans ses pas… mais être l'élève qui dépasse le maître.

J'étais certain de trouver ce qu'il faudrait dans la chambre d'Ace. Là où toutes ses idées et tous ses fantasmes ont germé pendant son enfance et son adolescence.

Je lis tous les articles en prenant mon temps,
pour laisser du temps à mon esprit pour tout compiler.
.


Sabrina : hey ! En effet, je pense que les prochains chapitres ne seront pas trop à ton goût, mais bon... la vie est faite de hauts et de bas, il faut aussi en tenir compte ^^ l'histoire d'Ace et Luffy est compliquée, alors... on y coupe pas ! Mais tyu sais, pour Teach... enfin, il connait déjà toute la vie de Luffy, et ça, Ace l'a bien compris. La photo "plus jeune" n'a donc pas été listée.
La rencontre avec Thatch était courte, on a pas appris grand-chose de plus que ce que Luffy ne sait déjà, mais ça nous permet de nous rendre compte qu'Ace a toujours été comme ça. La confrontation Ace/Marco/Sanji était prévisible, aussi, mais marrante à écrire... jusqu'à ce qu'on sache que Luffy était dans les emmerdes...
Ah oui, autre chose... je rigole quand tu mets "C'est pas le chapitre que je préfère" : du coup... lequel c'est, ton chapitre préféré ? j'suis curieuse ! ^^ Merci à toi, à vendredi prochain pour le 4eme chapitre de l'arc !

MorceauDeSucre : Ben dis, pour une fois que des trucs concrets et applicables à RVEE sont vus en cours... c'est à noter ! Euh... tes deux chouchous sont morts...? Vivi, Kaya...? j'ai pas suivi x) navrée ! Et correction : Robin AVAIT un fils. Avait. Merci pour ta review, à bientôt ;)

Comme Luffy, Je vous laisse le temps d'assimiler, et je vous dis à la semaine prochaine ! Par contre, je tenterai une publication plus rapide, peut-être mercredi ou jeudi si tout va bien ;)