Chapitre 36 : Il y a quatre ans... :
Harry aurait voulu pouvoir la rattraper avant qu'elle ne referme la porte derrière elle. Il aurait souhaité qu'elle lui explique pourquoi elle ne lui avait rien dit, qu'elle lui raconte en détails ce qui s'était passé pour qu'elle le découvre. Rien ne serait plus comme avant c'était certain, mais il aurait voulu savoir pourquoi. La foule se dissipait déjà, alors que le survivant restait planté au beau milieu de l'escalier, à fixer l'endroit exact où Camille avait disparu. Une main se posa sur son épaule. C'était Ron. Il avait un regard triste, que son meilleur ami ne vit pas, toujours plongé dans ses pensées.
_ Hermione est avec elle. Dit-il à Harry, qui sembla alors sortir de sa léthargie.
_ Elle n'est pas responsable de ce qu'elle est, Harry. Murmura Drago Malefoy qui s'était approché en compagnie de Ginny.
Seul le blond et Harry semblaient avoir compris le sens de cette phrase mais Catherine, Ron et Ginny fronçaient leurs sourcils, signe d'une incompréhension évidente.
_ De quoi parlez-vous ? demanda Catherine, qui se sentait concernée par leurs paroles énigmatiques.
_ Elle n'est pas au courant. Assura Drago, sous l'œil triste du survivant, qui ne savait plus quoi penser.
_ Au courant de quoi ? s'impatienta la princesse, dont les yeux étaient devenu inquiets.
_ Camille n'est pas la fille de Sirius Black. Lâcha Zoé, qui se tenait à l'écart du groupe d'adolescent en compagnie de Sirius, Remus, Gandalf et Arianna, attisant ainsi la surprise de tous.
Car, si Camille n'était pas la fille de Sirius Black, alors elle était sans aucun doute possible celle de Tom Elvis Jedusor, plus connu aujourd'hui sous le titre de Lord Voldemort.
……………………………………………………………………………………………….
Camille pleurait à chaudes larmes dans les bras d'Hermione. Sa meilleure amie avait retrouvé subitement la mémoire sans que Camille n'y soit pour quoi que ce soit. Les souvenirs perdus de ses deux premières années à Poudlard étaient devenus comme une évidence au moment où elle les avait retrouvés. Le trio de Gryffondor était en fait un quatuor, comptant en plus Camille dans ses rangs, même si elle n'était répartie dans aucune maison à l'époque. Deux années d'aventures et de rires entre quatre amis inséparables. La première année fut peut-être au départ un peu tendue, avec Hermione qui énervait les garçons avec son savoir, Camille et Harry qui ne s'entendaient pas du tout à cette époque. Allez savoir pourquoi, ils étaient bien incapables de s'entendre sur quelque chose, mais leur sujet de discorde favori restait leur ancien professeur de potion, Severus Rogue. En effet, Camille avait une entière confiance en l'ancien maître des potions, alors qu'Harry et ce dernier se vouaient une haine réciproque. Mais finalement, au contact de Ron et Hermione et au fil du temps, ils se découvrirent de nombreux points communs, et finirent par devenir inséparables à leur tour.
Ils étaient donc devenus une équipe de choc, prête à relever toutes les épreuves qui lui seraient imposées.
Et ce fut le cas. Ils affrontèrent le professeur Quirrell et Voldemort à la fin de la première année, Harry et Camille avaient pu récupérer la pierre philosophale et Gryffondor avait gagné la coupe des quatre maisons grâce à leurs exploits. Leur séparation durant l'été avait été dure à supporter, surtout pour Harry dont les lettres étaient interceptées par Dobby. Puis, l'arrivée en fanfare de Ron et Harry à Poudlard avait fait le tour de l'école en un rien de temps. Camille et Hermione avait d'ailleurs joué les mères autoritaires en les réprimandant sévèrement. Cette deuxième année avait vu s'épanouir la relation entre Harry et Camille, ils étaient devenus incroyablement proches, et plus ils passaient de temps ensemble, plus Ron et Hermione avaient des soupçons sur les véritables sentiments de leurs amis l'un envers l'autre. Néanmoins, les deux concernés n'en laissèrent rien paraître jusqu'au jour où Ginny fut enlevée par Tom Jedusor. Personne ne sut ce qui s'était exactement passée dans la Chambre des Secrets, hormis Harrry, Camille et Ginny. En tous cas, Harry et Camille avaient affiché leur amour devant toute l'école dans un baiser tendre. Puis, plus rien. Les souvenirs d'Hermione au sujet de sa meilleure amie s'arrêtaient après qu'ils eurent quitté Pré-au-Lard cette année là.
Quatre ans d'absence ! Les raisons de son départ ? Hermione n'en savait rien. Pourquoi leur avait-elle effacé les souvenirs la concernant ? Hermione pouvait aisément répondre à cette question. Camille a toujours été très compréhensive et altruiste. En s'effaçant elle-même de leurs mémoires, elle faisait en sorte qu'Harry ne souffre pas. Le survivant avait déjà perdu tant de choses, qu'elle avait jugé inutile de lui infliger d'autres souffrances. Surtout qu'elle était sans aucun doute la personne la plus importante au monde pour lui. Elle avait donc pris sur elle et avait fait ce qu'elle pensait être le mieux, sans penser à ce qu'elle pouvait bien ressentir. Car si Harry ne se souvenait plus d'elle, ce n'était pas son cas. Et l'imaginer dans les bras d'une autre fille avait dû être un véritable supplice. Puis Hermione repensa à son retour à Poudlard, une arrivée imprévue mais bienvenue. Elle lui avait tellement manqué, mais à cet instant, elle ne savait pas à quel point. Soudain, la lumière se fit à nouveau dans l'esprit d'Hermione, une chose importante qui était passée sous trappe alors qu'elle était réelle. Camille leur avait dit, dés son arrivée, son nom de famille : Jedusor. Elle ne l'avait pas fait par hasard. Et elle venait de voir la confrontation entre elle et Voldemort, de loin, plus précisément du balcon se trouvant derrière les grandes fenêtres, juste derrière le bureau. Ainsi, c'était ça…
_ Tu nous l'avais dit… murmura Hermione à l'oreille de la jeune fille.
_ Non, je vous préparais à cette éventualité mais je ne vous l'ai jamais avouée. Répondit Camille d'une voix brisée.
Hermione était une femme intelligente, elle avait finalement fait le rapprochement entre elle et le seigneur des ténèbres.
_ Harry a compris… suggéra la jeune sorcière aux yeux noisettes en s'asseyant avec Camille sur le canapé.
_ Oui… souffla la princesse faiblement.
_ Que comptes-tu faire maintenant ?
_ Je vais devenir reine dans à peine dix jours... Mais, il me reste encore une chose à accomplir avant de partir. Dit-elle mystérieusement en relevant la tête légèrement pour plonger dans les yeux noisettes de sa meilleure amie.
_ Que comptes-tu faire pour Ron et Harry ? Ils ont le droit de savoir qui tu es réellement pour eux!
_ Je ne peux rien faire... Le sort devra se rompre de lui-même, comme ça a été le cas pour toi. Pour vous trois, j'ai une signification bien précise, le fait que je sois ta meilleure amie et que tu sois la mienne a fait que tu as pu te souvenir de moi. Je suppose qu'en étant sincère avec toi, cela t'a fait prendre conscience du passé... expliqua la princesse avec sagesse.
_ Tu as pleuré dans mes bras et je me suis souvenue de ces deux années où tu étais encore parmi nous. Ça devait être un sort complexe pour qu'il ait ces effets étranges. Suggéra Hermione en fronçant les sourcils.
_ Un sort de ma conception... Je n'avais pas encore de baguette quand je vous l'ai lancé, alors comme je n'étais pas en bon état, mon instinct de survie m'a permi de vous épargner beaucoup de chagrin et d'inquiétude.
_ Que s'est-il passé pour que tu partes comme ça sans même un aurevoir ?
Le regard de Camille s'assombrit d'avantage, si c'était encore possible. Elle n'avait jamais raconté cette épreuve à personne, pas même à Catherine... Et, Hermione avait le droit de savoir la vérité... Mais, elle n'était pas encore prête à révéler le secret de sa blessure au dos. Devant le mutisme de la princesse, Hermione comprit instinctivement qu'elle n'était pas encore apte à se dévoiler entièrement. Ainsi, la sorcière aux yeux pétillant de compréhension lui fit un petit sourire triste que Camille reçut comme un soulagement. Néanmoins, un autre problème se posait à présent.
_ Je crois que je ne serais pas capable de faire face à Harry... Je n'aurais pas la force de me présenter devant lui au bal... soupira la future reine.
_ Quoi ? Ah non Camille ! Tu n'as pas le droit de faire ça, c'est ton anniversaire après tout ! Peut importe ce que les autres pensent, tu deviendras reine bientôt, tu n'as aucun compte à rendre à Harry ! C'est ta soirée, ta dernière soirée en tant que princesse et adolescente ! S'exclama Hermione, ne voulant pas que sa meilleure amie gâche une soirée aussi importante.
_ Mione, j'aime pas les bals... Je ne fais jamais de caprices alors autant que j'en fasse un dernier ! Et puis, vous ne m'en voudrez pas quand je vous montrerez la surprise que je vous réserve... répondit la jeune femme malicieusement.
_ Une surprise ? Quelle surprise ? Demanda Hermione, soudain très intéressée.
_ Tu verras par toi-même le soir du bal ! Mais il y a une autre raison, je ne vais pas avoir le temps de finir ma robe, je dois partir régler quelques détails pour la fameuse surprise. Pas de robe, pas de bal !
_ Ne crois pas t'en tirer à si bon compte ! Camille Elisabeth Victoria Arianna Dumbledore Jedusor, tu iras à ce bal, tu peux me croire je ferai tout pour ça ! Et quand tu auras dansé avec Harry, tu me remercieras ! Affirma la née moldu d'un air déterminé.
_ Je n'en doute pas Mione mais pour l'heure, je n'ai absoluement pas le temps de me laisser convaincre par tes arguments qui seront évidemment tous aussi valables et louables les uns que les autres. Répliqua la future reine avec un sourire, tout en se dirigeant vers sa chambre.
_ Mais attends ! Où est-ce que tu vas comme ça ? Demanda Hermione en courant après son amie.
_ Me changer ! Tu permets ? Cette tenue n'est vraiment pas adaptée pour ce que j'ai à faire...
_ Ah oui, ça aussi il faut qu'on en parle ! Qu'est-ce que tu me caches encore ?
_ Des tas de choses ! Répondit-elle en claquant la porte au nez de sa meilleure amie.
Hermione râla contre la puérilité manifeste dont faisait preuve sa meilleure amie mais décida, après quelques minutes de grognements, de sortir de la chambre. Malheureusement, elle aurait mieux fait d'y rester car à peine avait-elle refermé le tableau de son ancien directeur que tous ses amis l'assaillaient déjà de questions, tous en même temps de telle sorte qu'elle n'y comprenait rien.
_ Stop ! Un seul à la fois s'il vous plait ! Clama-t-elle, interrompant cette cacophonie insupportable.
_ Comment va-t-elle ? Demanda impatiemment Catherine.
_ Elle était effondrée quand elle est arrivée mais même si vous la jugez sûrement parce qu'elle vous a menti, elle n'est pas du genre à se morfondre. Expliqua Hermione, digne de son amie.
_ Que fait-elle maintenant ? Questionna Ginny.
_ Elle n'a pas voulu me donner trop de détails mais apparemment elle a quelque chose à faire en dehors du château. Une surprise pour nous... Mais je n'en sais pas plus à ce sujet... Par contre, elle a décidé de ne pas assisté au bal donné en son honneur et en celui de Catherine à Noël ! Déclara Hermione en se rapprochant tout particulièrement de son meilleur ami, Harry Potter.
_ Pourquoi tu me regardes comme ça ? Demanda ce dernier alors qu'Hermione lui lançait un regard couroucé.
_ Parce que tu ne te rends compte de rien comme à chaque fois que cela concerne une fille ! S'exaspéra la née moldue.
_ Hermione, est-ce que tu aurais...?
_ Oui Ginny, en effet ! Je me souviens de tout et franchement pour la première fois de ma vie, je ne comprends pas comment on a pu en arriver là ! Camille est la fille de Voldemort, et toi, Catherine tu es celle de Sirius ! Quant au départ de Camille, je n'ai pas pu savoir ce qui c'était réellement passé non plus !
_ En fait... Personne ne sait exactement comment c'est arrivé... commenta Ginny ennuyée.
_ Hormis moi évidemment ! Ajouta le tableau de leur vénéré et regetté directeur.
_ Et tu serais prêt à nous raconté ce qu'il s'est produit il y a quatre ans, Albus ? Demanda Gandalf plus ou moins sceptique.
_ Et bien pour cette fois mon ami, je ferais l'effort d'être clair. Ma petite fille a déjà assez souffert et je pense qu'il est préférable qu'elle ne ressasse pas à nouveau cette histoire. Et puis, elle est tellement fière... répondit mélancoliquement le tableau du défunt.
_Comment pouvez-vous savoir ce qu'il s'est passé ? Demanda Hermione interloquée par ce fait.
_ Je l'ai vu...
_ Vous... Et vous n'avez pas essayé de la retenir ? Cria presque Catherine. Vous ne vous rendez pas compte de tout ce qu'elle a dû subir là-bas...
_ C'était son choix et je l'ai respecté. Et puis, si je ne l'avais pas laissé partir vous ne vous seriez pas rencontrées... C'était finalement un mal pour un bien. Affirma le vieil homme sagement. D'ailleurs, je pense que c'est pour cela qu'elle a autant de mal à raconter ce moment de sa vie où elle a basculée dans l'ombre. Elle aurait pu rester si elle m'avait demandé de la sauver mais elle a choisi de se battre seule et de prouver sa valeur...
_ Professeur, allez droit au but s'il vous plait ! Que s'est-il passé il y a quatre ans pour que Camille parte sans nous prévenir et en s'effaçant de notre mémoire ? S'exclama Hermione impatiemment.
_ Quoi ? S'exclamèrent Harry et Ron en choeur.
_ Oui, bon, il se trouve que notre sensation était fondée, nous connaissions très bien Camille, il y a quatre ans...
_ Bien ? Comment ça, bien ? Demanda Ron totalement déboussolée.
_ Et bien, elle et toi, Ron, vous vous connaissez depuis des années, avant même de faire notre entrée à Poudlard. Répondit Hermione, tentant d'éviter le plus possible le regard inquisiteur du survivant.
_ Alors c'est pour ça que toute la famille la connait à part moi ! Je n'ai juste aucun souvenir d'elle parce qu'elle s'est effacé elle-même de ma mémoire. S'exclama Ron qui venait de comprendre. Mais attends, si Camille a effacé la mémoire de tous les élèves de Poudlard alors que l'on était en seconde année, pourquoi Ginny, Drago, Fred et Georges se souviennent-ils d'elle ?
_ Fred et Georges n'étant plus élèves, ils ont retrouvé leur mémoire dés que leur scolarité fut finie. Quant à Drago et Ginny... commença Hermione gênée.
_ Pour l'instant ce n'est pas ça l'important, mais plutôt ce qu'il s'est exactement passé ce jour là. Interrompit Ginny en se tournant vers le portrait d'Albus.
_ Alors, il est temps de vous plonger dans ce souvenir. Déclara le grand homme.
C'est alors qu'une lueur blanche les aveugla, ils se sentirent flotter au milieu des nuages de souvenirs appartenant à leur princesse. Etrangement, Harry trouva cet environnement très étrange. Il avait déjà navigué plusieurs fois dans d'autres souvenirs mais là c'était entièrement différent, peut-être parce que la personne qui leur montrait ça était morte et que le souvenir en question n'était pas le sien mais celui de Camille... Un nuage noir pour chaque souvenir douloureux et un blanc pour ceux heureux. L'atmosphère était lourde, pesante comme un trop plein de pensées, son esprit regorgeait de souvenirs tristes datant des quatres dernières années et ceux qui remontent avant sont beaucoup plus mitigés. Ainsi, ils s'arrêtèrent juste avant le premier souvenir blanc, devant un souvenir d'une noirceur infinie, bien qu'il existait un peu avant d'autres souvenirs bien plus sombres...
Leur vue se brouilla de nouveau quelques secondes et ils se retrouvèrent à la gare de Pré-au-lard quatre ans plus tôt. Ils aterrirent juste à côte du quatuor de Gryffondor. Le Poudlard Express était sur le point de partir, Camille disait au revoir à Ron et Hermione. Alors qu'Harry lui tenait encore la main, le regard triste.
_ C'est promis je t'écrirais d'accord ! Et puis cette année je suis tranquille, Dobby n'interceptera plus ton courrier. Essaya de plaisanter la jeune Camille arrachant de ce fait un sourire au jeune survivant.
Puis, il s'approcha d'elle et l'embrassa doucement sous les regards attendris de Ron et Hermione. C'était l'un de ses baisers qui pouvait durer une éternité, mais malheureusement la réalité les rappela vite car le train venait de siffler bruyamment son départ. Les deux amoureux se séparèrent à regret, s'embrassèrent une dernière fois et Harry monta à bord du train. Le sourire de Camille était pour lui une image savaltrice capable de lui redonner le courage d'avancer même quand tout sembla it perdu. Il l'aimait, oh oui, il l'aimait plus que sa vie et c'était plus que réciproque. Même si les débuts de leur relation furent cahotiques, aujourd'hui rien n'aurait pu les séparer... A part peut-être les caprices d'un destin funeste qui s'acharnait inlassablement sur ces enfants qui n'avaient rien demandé.
Les spectateurs de cette scène arboraient des expressions différentes. Si Hermione et Ginny étaient nostalgiques en repensant à cette époque où leur insouciance subsistait encore, Ron et Harry étaient quant à eux abasourdis. Harry se voyait avec quatre années de moins embrasser Camille comme si rien d'autre n'importait pour lui alors qu'il n'avait pas le souvenir de cette scène qui aurait pourtant dû le marquer tant elle était intense. Ron, quant à lui, semblait sur le mode pause en observant cet instant magique.
_ Et bien... J'ai l'impression que certains n'ont pas dû s'ennuyer il y a quatre ans. Lança Sirius tout sourire en donnant un coup de coude à son filleul.
_ Franchement, tu vois, j'aimerais bien m'en souvenir... répliqua Harry, la remarque de son parrain ne le faisant pas vraiment rire.
_ Tu plaisantes ? Tu veux dire que de voir ça n'éveille rien en toi ! S'exclama Remus.
_ Ce n'est pas étonnant... A mon avis, il faudrait quelque chose de bien plus intense et de réel entre lui et Camille pour qu'Harry puisse retrouver ses souvenirs égarés. Proposa Hermione dont l'esprit était une vraie machine à déductions instantanées.
_ Ah, on dirait que ça bouge. Fit remarquer très justement Drago.
En effet, le train disparaissait peu à peu derrière les collines encadrant le village de Pré-au-lard. La jeune Camille resta quelques secondes à contempler l'horizon, jusqu'à ce que le train emportant ses amis loin d'elle ait disparu totalement. Puis, elle se retourna vers Hagrid qui semblait l'attendre patiemment. Ainsi, ils se remirent en route vers le château, le demi-géant serrant affectueusement la princesse dans ses bras. Ils avaient fait la moitié du chemin lorsque le garde chasse s'arrêta brusquement.
_ Mince, j'ai oublié d'aller faire une course à Pré-au-lard! Bon, tu viens avec moi ? S'exclama-t-il en faisant demi tour.
_ Je suis désolé Hagrid mais je pense que je vais plutôt rentrer tout de suite. Répondit celle-ci tristement.
_ Tu sais parfaitement que tu dois être toujours accompagnée lorsque tu es hors de l'enceinte du château. Répliqua Hagrid.
_ Mais enfin, j'ai juste cinq cent mètres à parcourir c'est ridicule ! Je t'assure que je suis vraiment crevée, je n'ai pas vraiment dormi cette nuit...
_ Oui, je suppose que tu étais trop occupée à enfreindre le règlement avec Harry.
_ Et c'est l'élève qui a caché une acromantule pendant des mois dans l'enceinte du château, qui me dit ça ? Plaisanta la jeune princesse, devant le regard faussement outré du gardien des clefs et des lieus à Poudlard.
_ Sérieusement, Camille... Je ne peux pas te laisser rentrer seule. S'il t'arrivait quelque chose...
_ Entre ici et le portail ? Arrête Hagrid ! Tu oublies un peu vite que Rogue est mon professeur d'escrime et que je suis capable de me défendre encore mieux qu'un septième année et ce grâce aux enseignements de grand-père. Répliqua la princesse au destin funeste.
_ Bon... Je suppose qu'il ne sert à rien de discuter avec toi... Comme toujours ! Tu es aussi têtue que ta mère! Fit remarqué Hagrid, las.
_ Je prends ça comme un compliment ! Rigola Camille en se dirigeant déjà vers le château. On se voit tout à l'heure ! Cria-t-elle à son grand ami.
Hagrid leva donc les yeux au ciel et fit demi-tour, direction le petit, mais néanmoins célèbre, village de Pré-au-lard. Il ne se doutait pas à cet instant qu'il ne reverrait pas sa jeune amie avant quatre longues et angoissantes années. Insouciante, la jeune fille se dirigeait vers l'école de sorcellerie Poudlard. Pensive, elle songeait encore à l'année rocambolesque qui venait de s'écouler. Avec cette deuxième aventure à leur actif, Harry, Ron, Hermione et elle étaient plus soudés et inséparables que jamais.
Seulement, elle fut tirée de ses pensées par une ombre gigantesque qui passa juste au-dessus de la forêt, à quelques mètres de sa tête. Deux immenses ailes entouraient un grand corps puissant surmonté d'un long cou. Aucun doute possible, un dragon survolait la forêt. Soudain, il descendit en flèche dans sa direction. Sans même réfléchir, Camille se mit à courir aussi vite qu'elle le put en direction du portail. Néanmoins, l'immense créature était bien trop rapide pour elle et la rattrappa en un rien de temps. D'instinct, lorsqu'elle sentit les griffes du dragon commencer à encercler sa taille elle se coucha à terre. Pourtant, elle avait été trop lente et ne put s'empêcher de lasser s'échapper un cri de douleur. Et pour cause, la créature avait entaillé sévèrement sa peau de son omoplate droite jusqu'à sa hanche gauche. Malgré la douleur, elle se releva pour faire face à son assaillant. Ce dernier s'était posé à quelques mètres en face d'elle, Camille put donc le détailler à sa guise. Aucun dragon ne ressemblait à celui-ci... Enfin, pas sur cette terre. Mais Albus Dumbledore avait été un bon professeur et lui avait enseigné tout ce qu'il y avait à savoir sur la Terre du milieu où vivait depuis déjà plus de trois cents ans son amie Gandalf le gris. Aucun doute possible, la créature se tenant en face d'elle était bel et bien un Nazgul. La griffe couverte de son sang, il allait de nouveau charger lorsque son cavalier dévoila sa présence.
_ Une jolie petite princesse que voilà ! Tu ne trouves pas mon ami ?
_ Oh, oui, oui ! Très jolie...
Une seule et unique voix se faisait entendre, sournoise et désagréable. Apparemment, cet être chétif, courbé et sale se parlait à lui-même sans aucune gêne comme si deux personnes se trouvaient en lui. Deux esprits différents dans un seul et unique corps. Sa peau grisâtre laissait présager qu'il ne sortait pas souvent à la lueur du jour. Ses cheveux se résumaient à quelques fins fils noirs et longs. Ses yeux globuleux sortaient aisément de leurs orbites ou au contraire étaient plissé de telle sorte que l'on ne voyait qu'une seule pupille noire et fine. Le bleu de ses iris était néanmoins magnifique mais d'une tristesse infinie, torturés par une vie bien trop longue et douloureuse. Il était vêtu en tout et pour tout d'un drap en toile marron lui entourant la taille, il ne l'avait certainement jamais lavé. Camille n'avait vu que très peu d'image de lui lors de ses études mais à chaque fois, ce personnage était caché par la noirceur de son environnement. Pourtant, elle était certaine qu'il s'agissait bien de lui. De cet être immonde qui n'avait pas hésité à tuer son meilleur ami pour un simple, mais convoité, anneau de pouvoir. Oui, il s'agissait bien là de sa première rencontre avec la créature nommée Gollum.
_ Que me voulez-vous ? Demanda la jeune princesse nullement intimidée, pensant que Severus vallait bien tous les dragons de ce monde.
_ Oh ! Du courage ! S'émerveilla Gollum.
_ Mais... Il ne te servira à rien contre nous... sussurra-t-il, perfide.
La créature râla bruyamment avant de prendre son élan et se partir à l'assaud. Néanmoins, Camille savait se défendre et un bouclier magique contre cette bête devrait faire amplement l'affaire. Alors avant qu'il ne l'atteigne un globe bleu l'entoura, la protégeant de son énergie dévastatrice. Pourtant, le dragon ne se laissa pas impressionner et frappa avec ces griffes de toutes ses forces contre la magie sans baguette qu'avait créé la jeune sorcière. Mais une chose se produisit, le sang de Camille qui coulait sur les griffes du dragon avait pénétré ses écailles et s'était infiltré dans ses griffes qui devinrent blanches. Il continua donc à s'acharner sur le bouclier, ses nouvelles armes blanches se révélèrent très efficaces car elles entamèrent rapidement la magie de Camille. Elle était abasourdie, son propre sang se retournait contre elle et bientôt elle ne pourrait plus se protéger. Il ne lui restait qu'un seul espoir, atteindre le domaine du château avant que le dragon ne la prennent. Il y avait peu de chance qu'elle y arrive mais elle devait tenter le tout pour le tout.
Il brisa le bouclier qui partit en fumée. La sorcière se jetta à plat ventre sous la créature, rampa sur la terre sèche de la forêt, se releva péniblement, évita de justesse la queue et s'enfuit aussi vite qu'elle le put.
_ Rattrape là ! Hurla Gollum en pointant son doigt derrière le monstre qui se retourna aussi rapidement qu'il le put dans cette forêt touffue.
Camille avait pris de l'avance et pouvait à présent distinguer les hautes grilles du parc. Son souffle s'était bloqué dans son cou, elle espérait juste pouvoir atteindre son but à temps mais c'était sans compter sur ce maudit Nazgul. Les arbres tombaient sur son passage, les branches cédaient sur ses écailles plus résistantes que n'importe quelle autre matière au monde. Tous ses entrainements, ses sacrifices, elle n'avait pas fait tout ça en vain. Elle n'était pas prête à abandonner Harry, pas maintenant. Malheureusement, tout le courage et la bonne volonté dont elle pouvait faire preuve ne purent empêcher l'inévitable. Le destin frappa et l'innocente Camille Dumbledore mourut psychologiquement en même temps que le Nazgul lui assénait une seconde entaille de son omoplate gauche à sa hanche droite. La princesse n'aurait pu en supporter d'avantage, elle sentait ses forces l'abandonner aussi rapidement que son sang vermillon s'échappait de son dos. On pouvait maintenant voir ses vêtements déchirés en une croix ensanglantée. Les yeux de Camille se révulsait alors qu'elle essayait de rester consciente même sous cette douleur qui lui vrillait le dos.
Elle sentit alors qu'on lui encerclait fermement la taille et qu'on la soulevait. Le sol s'éloignait petit à petit alors que le Nazgul empruntait la voix des airs. Curieusement, Gollum restait silenceux. Camille releva la tête et vit la fumée du Poudlard Express s'échapper au loin. Elle tourna la tête et Poudlard se dressait majestueusement devant elle. Elle vit son grand-père, le grand Albus Dumbledore qui courrait afin de la rattrapper. Il allait lancer un sort qui allait sans aucun doute la sauver mais elle avait pris sa décision. Aussi lourde et difficile soit-elle, elle avait choisi... Choisi de partir... Les liens qui liaient la famille royale étaient incroyablement puissants. Si puissants qu'ils leur suffisaient de se parler par la pensée, pour peu qu'ils soient proches les uns des autres.
« Laisse-moi partir ! S'ils me veulent, c'est qu'il doit y avoir une raison très importante. Tu m'as élévé et entrainé toi-même et tu sais que la magie noire ne me fait ni chaud, ni froid. Je n'ai pas peur de ce qu'il peut m'arriver. Aujourd'ui, j'ai échoué. Je n'ai pas été capable de me débrouiller seule face à eux. Tu ne seras pas toujours là pour me protéger et partir est sans doute l'occasion de m'endurcir et de me prouver à moi-même que je suis digne de gouverner un jour ce royaume. Je te remercie pour tout. Embrasse bien fort grand-mère, Severus, Minerva, Hagrid et les autres pour moi. Ne t'en fais pas pour Harry, je vais leur effacer la mémoire de sorte que tant qu'ils seront élèves à Poudlard, ils n'auront aucun souvenirs de moi. Prends bien soin de lui, il aura besoin de toi pour ce qui l'attend... »
Puis, dans un dernier recours, Camille puisa dans ses dernières ressources. Une aura blanche l'entoura et un sort d'oubli fut projetté à travers, forêts, champs, montagnes pour finalement rencontrer les occupants du train rouge à l'effigie de l'école Poudlard. Le souvenir de Camille s'effaça progressivement de toutes les têtes du train hormis une, celle de Ginny Weasley restait intacte comme si un bouclier avait empêché quiconque de pénétrer son esprit.
Une fois cette dernière tâche accomplie, Camille sombra sous la douleur et la fatigue. Sous les yeux de son grand-père qui restait digne malgré son immense chagrin, elle disparut dans les cieux laissant derrière elle un trou béant dans le coeur des ses amis qui la regrettaient déjà.
Le petit groupe d'intrus dans cette époque ne pouvait dire un mot. Ils étaient bien trop secoué par la scène à laquelle ils venaient d'assister sans rien pouvoir y changer. Les jointures d'Harry étaient devenues blanches et ses ongles avaient pénétré sa paume sous la colère qui l'animait à cet instant. Elle s'était battue comme une vraie lionne et aurait finalement pu être sauvée mais elle avait choisi de partir pour devenir une future reine digne de ce nom. Peu de jeunes femmes de son âge auraient eu ce courage et la raison de son départ et de sa décision de leur effacer la mémoire devenait à présent aussi claire que du cristal. Elle avait fait ça pour eux...
Alors, leur vision se brouilla et ils revinrent sur terre, ou plutôt sur le sol du hall d'entrée du château ancestral de Camelot. Le retour fut brutal et pour les novices non habitués à l'exploration des souvenirs d'une personne, ils se retrouvèrent sur les fesses. Tous hormis Gandalf, Arianna et, bien entendu, Harry, ce dernier semblait accablé, incapable de prononcer la moindre parole. Camille avait dû subir mille morts durant ces quatre dernières années et en plus elle devait supporter le fait qu'il riait avec d'autres filles, qu'il embrassait une autre fille qu'elle, pendant qu'elle se battait de toute ses forces afin de pouvoir un jour revenir.
Il ne releva la tête que lorsque le tableau de Dumbledore pivota laissant passer une Camille vêtue d'un panthalon noir rentrant dans des bottes aussi sombres que le panthalon, d'un bustier noir également soutenant une chemise blanche aux longues manches bouffantes. Une longue cape noire avec capuche venait compléter la tenue de la jeune sorcière. Elle avait coupé proprement ses cheveux à présent courts. Harry ne put s'empêcher de penser que cette coupe lui allait à ravire alors que de fines onglaises s'étaient formées naturellement dans ses cheveux aussi noirs que la nuit. Un air déterminé était dessiné sur son visage fin. Néanmoins, elle fronça les sourcils lorsqu'elle vit les regards peinés de ses amis braquaient sur elle. Elle s'était plutôt attendu à des visages dégoûtés voir choqués par sa simple apparition mais certainement pas tristes ou gênés.
_ Qu'est-ce qu'il se passe encore ? Demanda-t-elle en arrivant à la hauteur du survivant.
_ Le professeur Dumbledore nous a ... comment dire... « raconté », ce qu'il s'est passé il y a quatre ans. Bredouilla Hermione en voyant que les autres n'avaient pas la force de parler.
_ Dis plutôt qu'il vous l'a montré oui ! S'énerva la jeune fille. Non, mais de quoi je me mêle ?
_ Tu étais incapable de leur dire la vérité alors autant qu'il soit au moins au courant de ça. Répondit nonchalamment l'ancien directeur.
_ Si je comprends bien j'ai le droit d'être forte, courageuse, patiente et compréhensive mais je n'ai en aucun cas le droit d'avoir le choix ! De pouvoir de mon plein gré divulgué une partie de mon passé ou non ! Je ne suis pas une marionnette, et j'ai des sentiments contrairement à un certain tableau dont le modèle est mort et ne peut de ce fait plus donné son avis ! MON Grand-père n'aurait jamas osé me forcer la main avec cette histoire car il sait à quel point j'en ai souffert ! Il aurait laissé les choses se faire et aurait attendu que je sois prête.
Sur ce, Camille se dirigea vers la sortie, déterminée. Elle n'était d'ordinaire pas le moins du monde rancunière mais elle ne supportait pas que l'on se moque d'elle impunément. Il avait dépassé les bornes cette fois.
_ Je t'empreinte Gris poil, Gandalf.
C'était plus une affirmation qu'une demande mais le magicien blanc ne lui en tint pas rigueur.
_ Mais où vas-tu donc ? Questionna la reine Arianna en suivant sa petite fille.
_ Des orks patrouillent dans la forêt. Et je préfèrent y aller seule ! Affirma-t-elle en voyant que Sirius et Gandalf allaient répliquer.
_ Mais... Mais, Camille attends ! Cris Hermione en se lançant à son tour à la poursuite de la princesse.
_ Je te promets d'être de retour avant le bal ! Ça te va ?
Hermione fronça les sourcils mais abdiqua finalement en faveur de sa meilleure amie.
_ Fais bien atention surtout... lui dit-elle alors que Camille montait sur le méharas blanc comme neige.
Elle lui fit un dernier sourire avant de partir en direction de la forêt.
Il me reste trois jours se dit-elle en disparaissant de la vue de ses amie dans l'obscure forêt qui bordait le domaine de Camelot.
NDA : Enfin je vous poste le 36ème chapitre ! Je suis vraiment désolée du retard mais j'au eu une panne d'inspiration et comme je suis très occupé avec la fin d'année universitaire et mes problèmes personnels qui s'accumulent...Enfin bref, voilà le nouveau chapitre ^^ lol Je tiens juste à préciser que finalement le bal de noël ne sera que pour le prochain chapitre et que ce qui est en italique correspond à des souvenirs passés... Je n'en dis pas plus ;p Donc comme vous devez l'avoir deviné le 37ème chapitre s'intitule le bal (partie2) et cette fois c'est certain ^^ n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez surtout ! et merci à tous de me suivre ^^
Bonne lecture à tous ^^
