Hello ! Ne me tuez pas, je vous en conjure !! (se cache sous son bureau) Ce qui va suivre était nécessaire pour la suite de l'histoire.


Chapitre 36 : Drame…

Matin de Noël. Nous sommes tous assis dans le salon des Kaulitz, autour du sapin, tous en pyjama. Je souris en regardant Tom littéralement enveloppé dans un jogging dix fois trop grand. Bill a simplement un débardeur et son boxer, et moi ma chemise de nuit en satin et une longue robe de chambre par-dessus. Gordon et Simone sont habillés, eux, étant déjà sortis tôt le matin, Gordon pour déblayer la cour envahie de neige par une tombée durant la nuit, et Simone pour aller chercher les croissants et pains au chocolat qui embaument toute la maison.

Cette scène me provoque un petit coup de nostalgie et souris tristement. On me secoue soudain l'épaule et Bill me colle un bisou sur la joue. Je tourne la tête vers lui et l'embrasse. Je lui souris ensuite puis Simone m'interpelle :

- Tiens Marie, celui-là est pour toi.

- Pour moi ? je dis, surprise.

- Tu pensais pas qu'on allait t'oublier, si ? dit Tom avec un sourire étrange.

Je lui renvoi un sourire puis prend le cadeau et le pose près de moi :

- Tu n'ouvre pas ?

- Elle est bien élevée, dit Gordon. Elle attend que tous les cadeaux aient été distribués.

Je souris à l'homme blond puis Simone lance un paquet à Tom et un autre à Bill en disant :

- Vous échangerez si ce n'est pas, ça, je ne sais plus lequel est pour l'un ou pour l'autre.

- Comme toutes les années, dit Bill avec un sourire.

- Ma mère est pareille avec mes sœurs, je dis en souriant.

Simone me fait un sourire puis elle prend un autre paquet et me le tend. Je le prends en souriant et Gordon lui en donne un. En échange Simone lui en donne un autre et je les vois tous les deux se tourner vers moi et me sourire. Je hausse les sourcils puis Bill me donne un coup contre la cuisse et me souffle :

- Comme tu m'as dit que tu n'avais aucune idée de quoi leur offrir, je me suis permis de le faire à ta place…

- Merci, je dis en français. Je te rembourserais…

- Pfu ! fait-il en haussant les épaules. Laisse tomber, je ne suis pas à ça près.

Je vais pour répliquer mais Gordon s'avance sur les genoux vers Tom et Bill et leur donne un paquet apparemment lourd à chacun.

Nous avons à présent deux cadeaux chacun et Simone aperçoit une enveloppe accrochée à une branche du sapin par une petite pince dorée. Elle me regarde et je hausse les épaules. Je vois cependant Bill et Tom se jeter un coup d'œil complice et je comprends aussitôt que cette enveloppe est leur cadeau de Noël à leurs parents.

- Marie, après toi, dit alors Gordon en s'asseyant en tailleur sur le sol.

Je hoche la tête avec plaisir et déballe le premier paquet qui me tombe sous la main. Il est bien enveloppé dans du papier à bulle et je coupe le scotch d'un coup d'ongle. Le papier bulle se déroule et une figurine tombe dans ma paume. C'est un chien en porcelaine noire, portant autour du cou un collier rouge. Je jette un coup d'œil à Général qui roupille sous la table de la salle à manger puis me tourne vers Bill :

- Joyeux Noël, me dit-il en m'embrassant sur la joue.

- Merci, il est trop beau ! je dis en le retournant dans tous les sens.

Je remarque alors sur les flancs du chien deux gravures à peine visibles. Je les effleure de l'index puis sourit et Bill serre sa main sur mon genou.

- Celui-là, c'est de moi, dit alors Tom comme je prends le second paquet après avoir posé le chien sur le guéridon près du canapé, à ma droite.

Je vois Bill jeter un coup d'œil à son frère et je déchire le papier argenté. Un papier de soie apparaît et je l'ouvre délicatement pour découvrir un cadre en argent délicatement gravé. Je déglutis alors et pose mes doigts sur la vitre :

- Ma famille… je dis. Tom… Mais… Comment tu as…

- Une simple lettre, dit Tom avec un sourire. J'ai vu que tu n'avais pas de cadres chez toi alors j'ai pensé que ce serait un joli cadeau de Noël.

Je le regarde, les larmes aux yeux, puis me lève et vais l'enlacer fortement en l'embrassant sur la joue. Il me rend mon accolade au centuple et je retourne m'asseoir près de Bill qui regarde la photo. Il y a toute ma famille, mes parents et mes deux sœurs, ainsi que notre chien couché devant mon père, et notre chat gris assit sur les épaules d'une de mes sœurs.

- A toi, maman, dit alors Bill.

- Très bien, dit la femme rousse en souriant.

Elle déballe les deux paquets, sourit en découvrant ce que Bill lui a choisi en mon nom, à savoir un énorme livre de cuisine française, puis Gordon déballe les siens, semble content des boutons de manchette en argent et du livre sur les trains des siècles passés que Bill a choisi, en mon nom également. C'est ensuite au tour de l'enveloppe d'être décachetée.

- Je pense avoir deviné ce que c'est, dit Simone en faisant sauter le bouton de cire.

Elle ouvre l'enveloppe et en sort un rectangle de papier. Elle le lit, le montre à Gordon puis dit :

- C'est trop les garçons… vous ne devriez pas.

- Nous avons de l'argent, maman, autant faire plaisir à ceux que nous aimons, dit Tom en souriant.

Simone sourit puis elle se lève et vient embrasser ses fils. Je sens dans sa façon de respirer qu'elle est émue et je vois Gordon écraser discrètement une larme avec la manche de son pull. Cela me fait sourire et je serre contre moi le cadre avec la photo de mes parents.

Les jumeaux ouvrent ensuite leurs cadeaux et j'essaie de ne pas rire en découvrant dans le paquet de Bill des choses qui ne sont pas pour lui :

- Et comme toutes les années, tu t'es trompée, dit-il en donnant le paquet éventré à Tom.

Nous nous mettons à rire puis Tom fini d'éventrer le paquet. Il déplie deux immenses t-shirts comme il les préfère et je souris. Bill déplie, quant à lui, un sweater orné d'une superbe tête de mort en argent arborant un anneau en strass dans les narines, ainsi qu'une boucle de ceinture en forme de deux mains osseuses qui se tiennent les doigts :

- C'est ravissant, maman, dit-il. Je peux la mettre pour ce soir ?

- Bien sûr, dit Simone en souriant. Ha mais tu n'es pas au courant, dit-elle alors en me regardant. Le soir du jour de Noël, nous allons en ville voir les décorations de la place publique. En général nous restons dîner là-bas mais je ne sais pas si cette année nous aurons de la place.

- Prenons des sandwichs, dit alors Tom. On se fera un dîner dans le parc, non ? Ça pourrait être sympa, y a pas de moustiques en hiver…

- Et s'il neige ? demande Bill.

- On se mettra sous les sapins, quelle question, dit Tom en haussant les épaules.

Je pouffe dans ma main puis tout le monde se met à rire. Soudain Simone demande :

- Au fait Marie, tu n'as rien offert aux jumeaux ?

- Pas besoin, dit Bill alors que j'ouvre la bouche pour répondre. Sa présence ici est le plus beau cadeau que nous pouvions avoir, hein Tom ? Et moi, j'ai eut un cadeau un peu plus personnel, ajoute-t-il en posant sa main sur mon ventre.

Je souris et je sens Simone se lever. Elle se rend à la cuisine et la minuterie du four sonne au même moment :

- Aller, venez déjeuner, dit-elle. Après vous pourrez aller vous promener. Mais pas dans les endroits trop fréquentés, d'accord ? ajoute-t-elle en regardant Tom qui entre dans la cuisine devant moi. Je ne veux pas d'ennuis…

- T'inquiète maman, on sait, dit Tom en haussant les épaules. On fera attention, c'est promis, ajoute-t-il comme Simone le fusille du regard.

////

Assis sous un sapin couvert de neige, sur un banc un peu humide, nous prenons l'air en regardant passer les gens sur les trottoirs.

Cachés sous des casquettes et des lunettes de soleil, les jumeaux peuvent aller et venir librement sans trembler à chaque passage d'une jeune fille, et je souris. L'anonymat c'est vraiment le bonheur pour les stars.

Jetant un coup d'œil à Bill, habillé d'un jean noir large, de baskets fatiguées et d'un pull ayant appartenu à Tom au vu de sa taille, je souris. Mon chanteur est méconnaissable, sans compter qu'il a un bonnet sur la tête, ses longues mèches attachées sur sa nuque et des lunettes de soleil bas de gamme.

Je déporte un peu mon regard et observe Tom. Assit perpendiculairement à Bill, il a appuyé son dos contre l'épaule de son frère. Je souris de nouveau, contente que, malgré la célébrité et ce qui m'arrive, ils soient toujours aussi complices qu'avant.

- On va marcher un peu ? je demande au bout d'un moment, lassée d'être assise à regarder passer les gens comme trois petits vieux.

- On rentre à pied alors, fait Tom en se tournant. On va te faire passer par le château.

- Le château ? fait Bill. C'est en pleine forêt…

- Et alors ? Il fait jour encore, dit Tom en haussant les épaules. Et puis ces histoires de fantômes, c'est du pipeau.

- Des fantômes, je dis. Beuh, je n'aime pas du tout ça…

- Aller, petite nature, dit Tom en secouant le bras de son jumeau.

- Petite nature… Pf ! fait Bill, vexé.

Je me lève alors et tire sur mon pantalon en disant :

- Bon, on y va, voyons voir si ce « château » en vaut la peine.

- On passera qu'en bas de la colline, dit Bill. Tu ne verras probablement rien.

- Qui sait ? fait Tom mystérieusement en haussant les sourcils.

Bill ouvre la bouche de surprise puis Tom se lève avec un clin d'œil et s'éloigne dans la direction opposée à laquelle nous sommes arrivés.

- Hey attends-nous ! je dis en le suivant. Bill, viens, aller, fais pas ta tête de mule.

Il soupire et se lève. Nos mains se croisent malgré les gants et nous rattrapons Tom qui piétine un tas de neige en nous attendant.

Il nous faut à peine un quart d'heure pour atteindre d'épais bois de conifères. Ces arbres qui ne perdent pas leurs aiguilles en hiver rendent le sous-bois sombre mais avec la neige, on y voit assez.

Je m'accroche à la main de Bill quand nous pénétrons sous les branches lourdes de neige. Même sans cette histoire de fantômes, je n'ai jamais été à l'aise dans les bois, surtout quand les branches vous frôlent la tête ou l'épaule d'un geste sournois.

Tom trottine devant nous, les mains dans la poche ventrale de sa veste, capuche remontée. Moi, je commence à avoir chaud. J'ouvre ma veste, et Bill me fait les gros yeux en retirant ses lunettes de soleil :

- Quoi ? je fais. J'ai chaud.

Il ne réplique pas et soupire. Nous continuons de marcher en ligne droite, nous enfonçant un peu plus à chaque mètre, dans l'épaisseur des arbres, quand soudain, nous émergeons dans une clairière.

- Tadam ! fait Tom en montrant du doigt quelque chose devant lui.

Je plisse légèrement les yeux et vois, au sommet d'une colline sans arbres, un donjon carré partiellement écroulé.

- C'est ça votre « château » ? je fais, un poil mesquine.

- Autrefois, c'était un vrai château, avec ses tours et ses créneaux, dit Bill. Le temps a détruit tout cela et aujourd'hui, juste le donjon est resté debout, mais les vieux disent que si on ose entrer dans ce donjon, alors Elena se jettera sur toi et te poussera jusqu'à la falaise. C'est une légende, mais des gens se sont tué du haut de la falaise et les rares qui s'en sont sortis disent qu'ils ont sentit une présence qui les aurait poussé à s'approcher du ravin.

Je frissonne. Bill passe son bras sur mes épaules et m'embrasse la tempe. Je grimace. J'ai une sainte horreur de toutes ces histoires qui font peur, même la banale histoire de fantômes le soir d'Halloween.

- On continue ? je fais doucement.

Tom sourit puis nous traversons la clairière mais je ne peux m'empêcher de regarder cette tour carrée, sans toit mais dont les enfaîteaux se dressent dans le ciel argenté. Une nuée de corbeaux s'envole soudain de la tour et je sursaute :

- Encore une pierre qui est tombée, dit Bill. Aller, reprenons la route.

Je hoche vivement la tête puis, après un dernier passage sous des arbres, sans feuilles, eux, nous arrivons sur une nationale qui contourne la colline par la gauche. Nous la traversons rapidement bien qu'il y ait peu de voitures, puis nous prenons un chemin goudronné à la hâte :

- Par ici nous arrivons chez nous, dit Tom en montrant le chemin sur la gauche. A droite, ça va au village. Quand on était petits, le bus nous arrêtait ici et on courait jusqu'à la maison.

- Même en plein hiver, quand il fait déjà nuit à cinq heures du soir, dit Bill en souriant. On courait comme des dératés sur le chemin et je me souviens qu'il y en avait toujours un pour se manger et s'ouvrir le menton.

Je souris en imaginant la scène. Un petit Bill et un petit Tom qui courent avec leur cartable bringuebalant sur le dos et soudain, plaf ! l'un des deux à plat ventre par terre et l'autre qui vient le relever… mignon !

- Aller, dit alors Tom, me sortant de ma rêverie. J'ai faim.

- Mais on vient de déjeuner, je dis, surprise.

- Dis plutôt que tu as envie de gratter, dit son frère. Maman a dit non pourtant…

- Oh aller, tu vas la jouer relou, vieux !

- C'est quoi ce langage ? je fais étonnée.

- Ben quoi ?

- Je t'avais entendu parler comme ça…

Il me fait un sourire puis nous reprenons le chemin. Arrivés à l'embranchement, Tom va soudain à droite et Bill l'interpelle :

- J'ai envie d'une crêpe ! dit le dreadeux.

- Ta mère peut en faire, je dis.

- Nee, nee, c'est trop long, à la pâtisserie, elles sont déjà toutes prêtes. Aller, venez.

Je regarde Bill :

- Pourquoi pas après tout ? je fais.

- Mouais… Aller, on y va, mais on ne reste pas tard, il fera nuit dans deux heures.

Je dépose un baiser sur sa joue froide puis nous rattrapons Tom en deux enjambées.

Une fois en ville, nous nous enfilons dans la pâtisserie où l'odeur des viennoiseries me file un vilain creux. Nous achetons une grande crêpe chacun et je prends aussi un sachet de guimauves pour moi.

Nos crêpes chaudes dans les mains, nous sortons dans la rue et, alors que je vais pour mordre dans ma crêpe en regardant autour de moi pour traverser la rue, je vois un groupe au loin :

- Groupies à neuf heures, je dis. On file.

- Hein ? Où ça ? fait Bill en regardant autour de lui. Oh Scheisse ! Tom, on bouge.

- Quoi ? Oh non…

- Tom ! je fais entre mes dents.

Nous longeons le trottoir d'un pas rapide et j'entends derrière moi les voix des filles. Elles se sont vite rapprochées ! Apparemment, elles ne nous ont pas vus mais je ne prendrais quand même pas le risque de laisser les garçons à découvert. Nous n'avons ni pistolet électrique, ni garde du corps, ni chien pour nous défendre.

- Et dire que les gardes du corps sont restés à Hamburg, je dis entre mes dents.

- Ça va, zen, fait Tom. Elles ne nous ont pas repérés… Aourf ! fait-il soudain.

Je bouscule alors quelqu'un et sent une douleur à l'épaule gauche. La personne tombe sur le sol en lâchant un petit cri de surprise. Heurter le mètre quatre-vingt de Tom secoue pas mal :

- Ca va ? je fais en me penchant en avant. Mademoiselle ?

Quand elle retire son bonnet, ses courts cheveux blonds se dressent sur son crâne et elle secoue la tête. Elle se relève ensuite en repoussant ma main, pestant. C'est alors qu'elle fait face à Tom. Je vois aussitôt son visage changer de couleur. Elle tourne la tête, me regarde, puis avise Bill et soudain, sa bouche s'ouvre et je reconnais le cri qui en sort : c'est le cri de la groupie en chaleur qui a trouvé ce qu'elle cherche :

- Scheisse ! Scheisse ! Scheisse ! je fais. Venez, vite !

Je prends les jumeaux par la main et nous nous mettons à courir droit devant. Évidemment, le rappel a rameuté toutes les groupies esseulées du coin et, en quelques secondes, nous sommes encerclés, coincés contre un mur. Je repousse comme je peux les mains qui veulent saisir les garçons et je lâche des jurons en français que je n'aurais jamais placé en temps normaux.

- Ça suffit ! je dis alors en Allemand. Laissez-nous !

- Mais ta gueule toi ! me fait une blonde maquillée comme un camion volé. D'où tu sors d'abord ? T'es jamais qu'une pétasse de française !

- N'insulte jamais mon pays ! je crie.

Et je lui colle une gifle retentissante. Cela a le don de la mettre dans une colère folle et elle se jette sur moi. Les autres reculent alors. Je tombe sur le derrière, manquant m'exploser la tête contre le mur, et la douleur me fusille le bas du dos :

- Marie ! j'entends. Marie ! Ça suffit les filles !

La fille est à cheval sur mes jambes et elle s'agrippe à mon blouson. Ses doigts accrochent la chaîne du collier que Bill m'a offert à mon anniversaire et, y tenant comme à la prunelle de mes yeux, je dégaine mes griffes et lacère la joue de la fille. Elle crie de douleur et recule. Je m'assieds alors et Bill m'entoure de ses bras, accroupi derrière-moi :

- Bitch ! fait-il en anglais à l'adresse de la fille qui a porté une main sur sa joue marquée des quatre stries sanglantes.

Je masse mon cou douloureux. Cette pouffe a essayé de m'étrangler :

- Vous êtes tarées, je dis, la voix rauque. Vous mettre dans des états pareils pour deux garçons, c'est de la débilité profonde.

- T'es conne ou quoi ? siffle une autre fille. Ce sont des stars internationales !

- Et alors ? Bill, aide-moi, je fais.

Il me prend le bras et je me relève. J'ai mal au dos. Je m'appuie sur lui et reprends :

- Ce sont deux garçons tout ce qu'il y a de plus normal, ils ont deux bras, deux jambes, deux yeux. Ce ne sont pas des bêtes de foire.

- T'es qu'une conne de toutes façons, t'es une française, tu ne peux pas comprendre.

- Vous sortez d'où ? je fais alors. Je connais certainement mieux les jumeaux que vous.

- Ha ouais ? Comment tu t'appelle ?

- Marie, dit Bill. Et c'est ma petite-amie depuis deux ans, vous ne lisez donc jamais les magazines ?

- Marie ? C'est toi ?

- Tu croyais que j'étais quoi ? Une gogo danseuse ? Pétasse !

J'ai lâché l'injure en français mais la fille prend un air choqué. Elle n'a pas du comprendre mais la haine que je lis dans ses yeux me fait frissonner. Je regarde autour de moi. Au-delà du mur de filles – elles sont environ une dizaine –, je vois les gens passer tranquillement. Personne ne s'occupe de nous, un groupe de fille entourant trois personnes ne les inquiète pas plus que ça apparemment.

- Laissez-nous partir, je dis alors.

Un vertige me prend soudain et je ferme les yeux puis les rouvre. Ma jambe droite me fait soudain défaut et, surprenant Bill, je m'effondre sur les genoux en l'entraînant avec moi :

- Hey, chérie ! fait-il. Qu'est-ce que tu as ?

Je cligne des yeux. Le trottoir est flou. Un chewing-gum collé sur le bitume ressemble à une tache de peinture et j'essaie de fixer mon attention dessus mais c'est comme si je n'avais plus le contrôle de mon corps.

- Qu'est-ce qu'elle a ? fait une fille. Elle est malade ?

- Elle est enceinte, voilà ce qu'elle a ! tonne soudain Tom.

Je vois passer ses jambes passer devant moi et j'entends :

- Ça ne devait pas se savoir, mais vous nous avez obligés à vous le dire !

Il n'a pas l'air content du tout…

- Tom, je fais en me redressant. Ça va aller, ne t'inquiète pas.

- Enceinte ? fait la fille qui m'a agressée. T'es enceinte… de Bill ?

Je me redresse. La tête ne me tourne plus mais j'ai mal au cœur maintenant. Je regarde les filles qui nous entourent. Elles ont l'air scandalisé. Soudain, elles s'approchent toutes d'un pas et Bill qui m'entoure toujours de son bras, sort son portable :

- Non, je dis. Pas ta mère…

- J'appelle une ambulance, dit-il.

- Non plus… Bill, s'il…

Soudain un étau me prend la tête, et mon champ de vision se rétrécit. Bientôt je ne vois plus que le chewing-gum collé sur le trottoir et, deux secondes après, c'est le trou noir. J'entends juste Bill appeler mon nom puis plus rien.


Pitiéééééé ne me tuez pas !!!! /s'agenouille\

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Phenix