Angeleye :

*mode parano off* Ok, alors j'avais mal compris…^^° Au temps pour moi. Contente que ça te plaise même si c'est pas ta catégorie préférée… Ca veut dire que je suis super douée, non ? XD Blague à part, le côté mignon, faut bien qu'ils en profitent, ils ont été sur les mords pendant pas mal de temps… Chouette si tu continues de lire donc^^ ! Le petit frère de Geoffrey est chou, hein ? Mais il n'est pas livrable, sorry… Perso, moi je voudrais bien un Blaise à domicile mais bon… Merci pour ces reviews en tout cas, et bonne lecture avec cette suite !

Nerilka :

Ravie de voir que cette histoire puisse autant plaire ! Si vous en êtes au chapitre neuf, il y a encore un peu de marge avant de rattraper le dernier chapitre et d'attendre mes publications horriblement lentes. Merci d'avoir ajouté cette histoire à vos favorites et tout, ça fait toujours plaisir de voir que ce qu'on pensait être un délire de fan puisse être autant apprécié. Un grand merci donc. Et bonne lecture^^ !

Petit message à l'attention de Vivi83, au cas où tu passerais par là pour lire une réponse à ta review : Un grand merci pour m'avoir offert un fou-rire monumental. Sincèrement. Tu as égaillé ma soirée avec ma meilleure amie ! Et vive l'Exaserbie !


Chapitre 35 : Différences de perception

-Je suis crevée ! lâcha Aline en massant machinalement ses avant-bras endoloris.

-On se retrouve au jacuzzi dans un quart d'heure ? proposa Sarah en prenant sa clé à l'accueil.

-Et comment ! accepta volontiers Ron, voulant se relaxant dans l'eau chaude.

Il fit le tour du hall d'entrée d'un regard fatigué, plissant les yeux sous la luminosité des lustres éclatants.

-C'est au deuxième étage, c'est ça ? demanda Edmund en appelant l'ascenseur. Ron ? appela-t-il alors que le roux ne répondait rien.

Leur capitaine de quidditch leur fit un vague geste de la main, un sourire progressif prenant place sur son visage alors qu'il quittait le groupe pour se diriger vers le petit salon aménagé dans le hall. Il se dirigea vers un fauteuil en particulier où dormait une silhouette familière.

-Je crois qu'il nous rejoindra pas ce soir finalement, fit remarquer Marc en poussant les joueurs dans l'ascenseur.

Ron se retourna vers eux une minute, riant devant leurs yeux curieux qui le suivaient du regard avant que la porte de l'ascenseur ne coupe leur vision sur un léger bruit métallique. Il fit quelques pas pour se retrouver devant le fauteuil, son sourire s'attendrissant devant la figure endormie de son amant.

-Blaise, murmura-t-il en frôlant sa joue de ses doigts fins.

Il se pencha pour l'embrasser doucement, achevant de le réveiller.

-Bonjour, fit le brun entre ses lèvres, ouvrant lentement les yeux et tendant légèrement le cou pour décrocher un nouveau baiser.

Ron lui accorda de bonne grâce ce qu'il demandait avant de reculer d'un pas.

-Tu es en avance, sourit-il en le voyant passer une main sur ses yeux pour achever de se réveiller.

Blaise faisait une petite grimace en frottant ses paupières fermées, adoptant sans le savoir une moue d'enfant au réveil.

-Et tu as l'air crevé, remarqua le roux lorsqu'il rouvrit les yeux.

-Non, non, ça fait une heure que je t'attends alors… expliqua son amant en jetant un bref coup d'œil à l'horloge massive qui trônait à la réception. Félicitations, ajouta-t-il en haussant un sourcil amusé.

Ron lui sourit, sincère.

-Merci ! fit-il avec enthousiasme. Ce n'était qu'un match amical mais… On a dominé tout le long, c'était… grisant.

-J'imagine, répondit le brun en se redressant avant de se lever lestement. Je suppose que vous allez fêter ça ?

-Hé bien, comme tu es venu plus tôt, je pensais qu'on pourrait simplement profiter l'un de l'autre… Et visiter la ville demain, avant de repartir, si ça te va, proposa Ron en prenant sa main, se dirigeant vers l'ascenseur pour monter dans sa chambre.

-Où sont tes coéquipiers ? demanda Blaise en se laissant entraîner à sa suite.

Alors que la porte de l'ascenseur se refermait sur eux, le roux prit d'assaut ses lèvres, trop heureux de retrouver son amant. Ses mains se baladèrent sur son corps, le plaquant contre le bois vernis. Il gémit en sentant le brun passer ses doigts dans ses cheveux, les tirant légèrement. Posant sa joue contre les lèvres entrouvertes du jeune homme, Ron reprit son souffle dans un sourire.

-Merci d'être venu, murmura-t-il en prenant sa main, la pressant doucement. Ça me fait plaisir de te voir.

-Je t'avais dit que je viendrais…

-Mais parfois, tu as des empêchements de dernière minute… répondit Ron en laissant ses yeux dériver vers le sol, évitant son regard.

-Ça arrive, oui, admit Blaise d'un air concerné, caressant sa joue de sa main droite.

Il la baissa lorsqu'une courte sonnerie retentit, annonçant l'ouverture des portes. Ils sortirent de l'ascenseur, Ron guidant le jeune homme, tenant toujours fermement son autre main.

-Je préfère ne pas trop espérer à chaque fois, tenta d'expliquer le roux en haussant les épaules.

Il ferma les yeux une seconde avant de les rouvrir, décernant un sourire à son amant, tournant la tête vers lui.

-Mais tu es venu, reprit-il d'un ton enjoué. Et en avance !

-Ça compense les nombreuses fois où j'étais en retard, le taquina Blaise.

-Tu ne peux pas arriver à l'heure comme tout le monde ? s'amusa Ron en ouvrant la porte de sa suite avec sa carte magnétique.

-Il n'y aurait plus de suspense, fit remarquer le brun en refermant derrière eux la porte en la claquant d'une pensée.

Il franchit la distance qui les séparait pour l'embrasser à nouveau avant de rompre leur baiser en douceur.

-Tu ne m'as pas répondu, où est le reste de ton équipe ? demanda Blaise.

-Le capitaine ne te suffit pas ? interrogea Ron en haussant un sourcil aguicheur.

Le brun lui adressa un regard indulgent, souriant légèrement.

-Je suis sérieux, indiqua-t-il simplement.

-Ils sont en train de profiter du jacuzzi de l'hôtel, histoire de se délasser un peu…

-Et toi, tu n'y es pas.

-Tu étais sur le chemin et tu semblais perdu…, fit Ron en faisant une moue adorable.

Blaise lui fit un sourire, ses yeux reflétant clairement leur reddition sous son numéro de charme.

-Et tu n'es pas fatigué ?

-Jamais quand je te vois, répliqua le roux en le tirant vers lui, atterrissant sur le lit et resserrant son étreinte autour de son corps quand il tomba à son tour sur lui, entraîné par sa force.

Le brun rit au creux de son cou avant d'y déposer un léger baiser.

-Dis-moi que tu n'es pas ici grâce au retourneur de temps, murmura Ron en fixant ses yeux au plafond, accrochant ses mains derrière le dos de son amant.

-Je suis actuellement en train de tuer le temps dans un aéroport en attendant mon transfert pour Londres… , le contredit Blaise doucement. Je voyage avec un collaborateur qui est moldu alors je ne pouvais pas me permettre de transplaner…

-Tu l'utilises souvent, non ? soupira le jeune homme en se décalant légèrement sur la droite de manière à pouvoir l'expression de son visage.

-Assez, oui. Souvent, répéta-t-il avec un léger hochement de tête.

-Est-ce que tu calcules le temps que tu doubles ? demanda prudemment Ron. Depuis que tu en as fait l'acquisition, tu as vieilli de combien de jours ?

-Plusieurs…, répondit évasivement le brun en haussant les épaules.

Devant l'air sceptique de son amant, il précisa :

-Je fais le compte, oui. Je sais précisément ce que je fais avec le retourneur de temps. Je tiens mes comptes.

-Combien exactement ? voulut savoir Ron. Tu as vieilli de combien de jours ? insista-t-il.

Blaise eut un temps d'arrêt, le regardant dans les yeux un moment avant de finalement répondre d'un ton neutre.

-Environ deux ans, admit-il.

Ron se redressa brusquement, choqué par la réponse.

-Tu plaisantes ? s'exclama-t-il en le regardant avec des yeux ronds. Ça fait combien de temps que tu utilises le retourneur ?

-Quatre ans.

-Tu as pratiquement doublé toutes tes journées ! s'écria Ron, scandalisé.

-Tu exagères. C'est juste que je n'aime pas beaucoup être désœuvré, déclara Blaise comme si de rien n'était.

-Il y a une différence entre être occupé et doubler ses journées pour abattre plus de travail, répliqua sérieusement le roux. Blaise, je m'inquiète pour toi… Tu travailles trop… Et tu joues avec ta santé. Deux ans ? Est-ce que tu te rends compte de ce que ça représente ? insista-t-il. Deux années entières perdues…

-Ce n'est pas si important…, soupira Blaise en se redressant à son tour, plantant son regard dans le sien, prenant sa main dans la sienne.

-Comment peux-tu dire ça ? murmura Ron tristement. Bien sûr que ça l'est. Il s'agit de ta vie. Et je tiens, très très fort à toi, moi, ajouta-t-il avec une petite moue.

Il posa sa tête sur son épaule, fermant les yeux.

-Fais un peu plus attention à toi…

Le brun déposa un baiser sur sa joue avant de glisser vers son oreille puis son cou.

-Ne sois pas triste, chuchota-t-il.

-Ne joue pas avec ta vie comme ça. Ne fais pas comme si ce n'était rien.

-D'accord. Ne fais pas comme si tu n'avais pas envie de te reposer après ta journée…

Ron le dévisagea d'un air surpris, faisant naître un sourire sur les lèvres de son amant.

-Je suis trop souvent sorti avec des joueurs de quidditch pour ne pas savoir dans quel état ton corps doit être en ce moment…

-Vraiment ? Comment peux-tu en être si sûr ? Je suis sûrement plus résistant que Melville ou n'importe lequel autre de tes ex…

-Ne me fais pas recourir à la légimencie pour t'arracher que ton corps est en train de te supplier de te rallonger maintenant…

-Tu maîtrises la légimencie ?

-Une des premières matières qui m'a vraiment intéressé. Compliquée, subtile, et absolument nécessaire en négociations troubles. Un must have. Je connais pratiquement tous les livres qui sont sortis dessus.

-Alors pourquoi ne lis-tu pas dans mon esprit ce que je meurs d'envie de faire ? le provoqua Ron avec un regard suggestif.

-Parce que je préfère que tu me le dises de ton plein gré. Sans tricher. Et que je suis très doué pour faire avouer les esprits récalcitrants même sans légimencie…, le taquina Blaise en déposant un baiser juste derrière son oreille.

Ses mains vinrent glisser sous son tee-shirt, le relevant progressivement jusqu'à découvrir intégralement son torse.

-Pour l'instant, tu t'en tires bien, approuva Ron en l'aidant à ôter le vêtement.

Blaise lui sourit sans lui répondre, laissant ses doigts courir jusqu'à sa taille. Sa main vint se loger au creux de sa hanche, se fixant à l'os saillant de son bassin. Ron sentit une pression s'exercer sur son épaule, l'invitant à s'allonger progressivement. Mais la main de Blaise restait fermement accrochée à sa hanche, l'empêchant de le faire complètement tout en le poussant sur le côté.

Le roux se laissa faire, glissant sans résister sous la volonté de son amant. Il ne comprit sa démarche que lorsqu'il se retrouva allongé sur le ventre, ayant été obligé de pivoter légèrement pour suivre le mouvement des pressions sur son corps.

Il n'eut pas le temps de protester que les mains chaudes de Blaise venaient caresser sa peau doucement d'abord, avant d'imprimer plus de force sur ses muscles, entamant un massage qui le fit gémir de bien-être.

-Traître, marmonna-t-il sans conviction.

Mais il ne bougea pas d'un millimètre, fermant les yeux en savourant le moment de détente bienvenu. Un par un, Blaise dénouait les nœuds de son dos, détendant peu à peu ses muscles, relaxant la tension qui l'habitait. Il se laissa couler sous les caresses appuyées du brun, émettant de temps à autre des grognements d'approbation tant ses mains lui procuraient du bien.

-T'es nul en légimencie, finit-il par déclarer, refusant de se laisser porter par le sommeil qui menaçait ses paupières. Je pensais pas du tout à ce genre de… traitement, ajouta-t-il en se mordant la lèvre inférieure quand les doigts agiles s'attaquèrent à la base de sa nuque.

-Serait-ce une plainte ? sourit Blaise en réponse.

-Ne t'arrête jamais, lui ordonna Ron sincèrement. Ça fait trop de bien…

-Je t'avais dit que je savais exactement ce dont tu avais besoin… Je vais au-delà de la légimencie… Je sais ce que tu veux avant que tu le réalises toi-même…

-Ton orgueil est sans égal…

Il se tut, se cambrant légèrement sous les mains qui le modelaient avec douceur, fermant à nouveau les yeux.

-Ne me laisse pas dormir, souffla-t-il. Ne me laisse pas manquer une soirée avec toi…

-Bien, accepta Blaise sans cesser son massage relaxant. On pourrait peut-être énumérer la longue liste de tes ex pour t'en empêcher…

Ron émit un léger rire à l'idée avant de l'accepter.

-D'accord, c'est vrai que je ne l'ai pas encore fait… Ça t'intrigue ?

-Je suis curieux de connaître quels ont été tes précédents choix, admit son amant tranquillement.

-J'ai l'impression que tu parles des couleurs du papier peint…, s'amusa Ron. Alors pour te répondre, je ne suis sorti qu'avec des hommes d'affaires noirs, aux cheveux un peu frisés, sachant merveilleusement bien cuisiner, ayant une petite tendance à la dissimulation et au surmenage, prodiguant des massages très agréables et étant de préférence à la tête d'un empire financier…

-Menteur, rit Blaise, amusé.

-Évidemment, reconnut le roux. Je ne suis pas comme certains, à avoir des critères bien définis et à ne sortir qu'avec des joueurs de quidditch…la taquina-t-il.

Il retint un gémissement de plaisir quand le brun vint faire pression sous son omoplate, massant le muscle encore tendu par l'effort.

-Gabriel n'a jamais joué au quidditch, le contra son amant.

-C'est l'exception qui confirme la règle. Ça veut dire qu'il existe une règle, affirma Ron en tentant de se concentrer sur leur conversation malgré son envie de simplement se laisser couler sous les doigts experts.

-D'accord, voyons voir si parmi tous tes ex, il n'y a aucun point commun… D'abord, Padma Patil, n'est-ce pas ? interrogea Blaise en continuant à remonter méthodiquement le long de son dos.

-Comment tu sais ça, toi ?

-Tu étais son cavalier au bal de quatrième année. Et elle m'a dit que tu étais son premier flirt. Je suppose que c'était aussi le tien ?

-Je me sens vaguement espionné quand même…, s'amusa le roux.

-Elle nous a vus nous embrasser dans les toilettes du pub… On a eu une petite discussion le lendemain parce qu'elle pensait qu'on avait une liaison…

-Peu importe à quel point je t'en voulais, à ce moment-là, il n'y avait que tes lèvres trop proches des miennes et… j'ai pas pu m'en empêcher, t'es juste trop électrisant, se souvint Ron en soupirant.

Blaise rit à cette déclaration, secouant la tête.

-Eh bien, je n'ai pas pu me contrôler non plus donc on va dire match nul, fit-il simplement.

Le roux émit un gémissement d'approbation, à la fois pour répondre à son amant et en réaction aux mains qui labouraient ses reins.

-Padma Patil, donc, souffla-t-il. Je ne m'étais pas encore trouvé à ce moment… Il ne s'est pas passé grand-chose dont je me souvienne… Après, il y a cette soirée avec Neville…

-Longdubat ? Sérieusement ?

Les mains sur son dos s'immobilisèrent un moment avant de reprendre leur douce activité. Cela sortit un peu Ron de sa torpeur, qui s'amusa de la surprise de son amant.

-C'est lui qui m'a fait prendre conscience que j'étais gay, affirma-t-il. J'avais un peu trop bu et on parlait dans un coin de la salle, on riait bien… Il portait une chemise blanche et une cravate pourpre, je pouvais voir une partie de sa clavicule sous sa peau… Je l'ai plaqué contre un mur et je lui ai roulé une pelle magistrale.

-Difficile de croire que tu étais hétéro après ça, hum ?

-Tu m'étonnes. Mais lui l'est. Je l'ai choqué à mort cette nuit-là. Je veux dire, j'ai pris sa main et je l'ai collée à mon entrejambe pendant que je l'embrassais… Il est resté figé pendant dix bonnes minutes avant de retrouver ses esprits…

Blaise éclata de rire à ce moment, et le roux put presque sentir les vibrations qui se propageaient dans son dos, par petites vagues.

-Repenser à ça me fait encore rougir aujourd'hui, reconnut Ron, embarrassé. Le pauvre a du halluciner… On n'en a jamais reparlé d'ailleurs… Mais grâce à lui, j'ai su que j'étais définitivement plus attiré par les mecs que par les filles.

-Un bon point. Vous n'en avez vraiment jamais reparlé ?

-Soit il s'est jeté un sort d'amnésie et ça ne m'étonnerait pas, soit il pense que j'étais tellement bourré que je ne m'en souviens pas. Dans les deux cas, ça m'évite une situation ultra-gênante avec lui, merci Merlin ! s'exclama Ron. Mais il n'a jamais fait une allusion à ce qui s'est passé et il n'a pas changé de comportement… Il doit penser que c'est une erreur de jeunesse ou l'alcool… Ça fait de Neville un homme beaucoup plus mature que moi, grimaça-t-il.

-Personnellement, je penche pour le sort d'amnésie. S'il était si mature que ça, il serait venu t'en parler directement ne serait-ce que pour voir ta tête, répliqua Blaise d'un ton évident.

-Très mature. C'est ce que tu aurais fait à sa place ? demanda Ron avec un demi-sourire.

-Certainement pas. Si j'avais été à sa place, je me serais assuré que tu sois persuadé à la fin de la soirée d'être définitivement gay.

Il appuya sa dernière phrase par l'accentuation de son massage, arrachant un gémissement guttural à son amant. Ron n'avait même plus la force de relever un peu la tête pour parler, profitant trop de ce moment de relaxation.

-Je me demande pourquoi je t'ai posé la question, marmonna-t-il. Donc, je disais… Neville, et après… Cormac McLaggen, Kevin Entwhistle, Wayne Hopkins et Owen Cauldwell la même année…

-La même année ?

-Je t'avais dit que ce serait une longue liste…, sourit le roux. Plus longue que toi en tout cas. Je craque très facilement pour un homme et j'ai tendance à foncer pour obtenir ce que je veux…

-Le cœur avant la raison…

-Ça m'a passé. Mais c'est vrai que pendant longtemps, j'ai un peu fonctionné comme ça. À l'instinct… Si quelqu'un me plaisait, j'y allais tout simplement, sans me soucier des conséquences. Je tombais amoureux et… je fonçais, conclut-il simplement.

-Un vrai cœur d'artichaut…

-En quelque sorte, sourit Ron. Mais je suis resté avec Owen deux ans… Les autres, c'était plutôt des flirts un peu poussés jusqu'à ce que je me lasse… Après, il y a eu David Dert. Il venait de Durmstrang et il avait un petit air ténébreux, j'ai pas pu résister… Ça a duré trois mois jusqu'à ce qu'il soit muté en Australie mais ce n'était pas grave, on passait juste du bon temps ensemble, c'était juste fini… C'était bien. Puis il y a eu Paul, Philip, Jeff et Travis. On suivait la formation ensemble, on a formé une sorte de groupe incestueux pendant un moment…

-Vous avez essayé tous les couples possibles, c'est ça ? devina le brun.

-Exactement. Ça a légèrement détruit notre amitié, d'ailleurs. Ça et la concurrence pour entrer sur le terrain. Mais je crois que Paul et Travis sont ensemble maintenant… Après, je suis sorti avec Darren Fassorn pendant quatre mois. Il était blond et absolument parfait mais il était moldu et c'était difficile de lui mentir à propos de la magie… Il était adorable pourtant… Mais ça n'a pas vraiment marché à la fin. Après il y a eu Peter, juste pour une nuit, il était dans l'équipe adverse et j'ai adoré l'écraser le lendemain sur le terrain…

-Il était si nul que ça ?

Ron émit un léger rire, secouant la tête.

-Non mais il était en couple avec une femme et n'assumait pas son homosexualité… Quand j'ai découvert ça le matin, j'étais devenu très motivé pour lui botter les fesses…

-J'imagine, sourit Blaise.

-Il y a eu Hugh puis Russel ensuite… Mais ça n'a pas fonctionné, surtout à cause des médias qui me collaient trop… J'avais été nommé capitaine des Canons et les paparazzis ont commencé à me suivre un peu partout… Ça a ruiné deux de mes relations, ça devenait ingérable et je conserve une certaine rancune contre les journalistes pour ça…

-Je peux comprendre ça, déclara sérieusement le brun.

-Oui, soupira Ron en fermant à demi les yeux. Après Russel, je suis sorti avec Eliot, poursuivit-il. Et je l'ai bien regretté. C'était incontrôlable, dès que je le voyais, c'était comme si j'oubliais tout et je ne pensais plus qu'à lui… On était dans une relation libre, enfin je n'étais pas au courant, ou je ne voulais pas savoir mais… Je ne pouvais pas m'en empêcher, je le voyais et ça finissait toujours de la même manière. Il me traitait n'importe comment, il était vraiment odieux mais je craquais complètement sur lui… Ça s'est mal fini, bien sûr, il m'a largué comme si j'étais une merde et j'ai pratiquement fait une dépression tellement il m'avait fait toucher le fond…conclut-il d'un ton faussement léger.

Le jeune homme bénit silencieusement la position dans laquelle il était, évitant de se confronter aux yeux profonds de Blaise alors qu'il lui expliquait ses relations antérieures. Il n'était pas très fier de sa relation avec Eliot : il avait agi comme un idiot et c'était encore marqué au fer rouge dans sa mémoire…

-À ce point ? murmura le brun, brisant le silence qui s'était installé, ses mains continuant à le masser, prodiguant des cercles de bien-être dans son dos.

-On va dire qu'il est la raison pour laquelle je fais d'abord parler ma raison avant mes sentiments maintenant, relativisa Ron. C'est pas plus mal, il m'a appris à réfléchir deux fois avant de me lancer dans une relation sans lendemain…

-Oh oui, j'ai pu constater ça…

Il entendit clairement son sourire et devina le haussement de sourcil suggestif sur son visage.

-Ne te moque pas. J'ai résisté un moment avant de te sauter dessus, sourit-t-il à son tour, devinant le fil de ses pensées.

-Et tu as très vite fixé tes règles, c'est vrai. Exclusivité, refus d'une relation sans lendemain…, énuméra Blaise en pinçant légèrement sa peau faisant glisser ses doigts le long de sa colonne vertébrale.

-Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas dans une relation. Eliot m'a aidé à y voir clair. Disons que j'ai appris à me méfier. Et tu es arrivé dans ma vie.

-Oh. Je n'ai pas vraiment assuré dès le début…, reconnut Blaise.

-Eh bien, sexuellement, tu étais parfait, le taquina Ron.

-Était ? releva le brun sans cesser son massage.

-C'est devenu meilleur quand tu as commencé à dire la vérité.

-Oh, donc, c'est encore mieux que parfait. Ça me va, répondit Blaise d'un ton satisfait.

-Tes mains sont magiques, souffla le roux. Je t'engagerais bien pour chaque fin de match… Je me sens vraiment bien…

-Si tu es sélectionné pour les nationales, tu auras probablement un masseur particulier…

-Je le virerai s'il n'est pas aussi bon que toi, répliqua Ron en glissant doucement sur le côté, se soustrayant aux mains douces et chaudes. Mieux que le jacuzzi, vraiment…

Il prit le visage de son amant en coupe, déposant un baiser sur ses lèvres.

-Tu peux dormir si tu veux, chuchota Blaise, passant sa main sur ses paupières mi-closes.

Ron se rapprocha de lui, posant sa tête sur son torse.

-Je n'ai plus envie de dormir. Je me sens complètement reposé. Détendu. C'est magique, dit-il sérieusement. Mais tu insinues qu'énumérer mes ex a le même effet que compter les moutons avant de s'endormir ? plaisanta-t-il après un léger silence.

-À ce sujet, c'est surprenant que tu n'aies pas remarqué l'unique point commun de tes conquêtes…

Ron releva la tête en fronçant les sourcils, curieux de connaître la suite.

-Ce sont tous des hommes, constata Blaise d'un ton docte.

Le roux émit un léger rire, lui donnant un léger coup de poing dans le bras.

-Il y a eu Padma, objecta-t-il.

-L'exception qui confirme la règle, murmura son amant en réponse, lui volant sa réplique.

-Trop facile, se moqua Ron en resserrant son étreinte sur son corps. Tu n'es pas un peu jaloux après tous les noms que je t'ai cités ? s'enquit-il après un silence.

-Non. Tu as beaucoup suivi ton cœur. Je trouve ça admirable, tu es entier, en un sens.

-Ce n'est pas ce que tu as fait ?

-Non, répondit sincèrement Blaise. Tu étais jaloux quand je t'ai dit qui étaient mes ex ? interrogea-t-il après une seconde de réflexion.

-Un peu, reconnut franchement Ron avec une grimace. Je ne peux pas m'en empêcher, il y a une petite partie de moi qui se pince chaque fois que je t'imagine avec un autre, confessa-t-il. Même dans le passé. Pas toi ?

-Non. Après tout, ce ne sont que des ex, déclara Blaise, indifférent. Et toi, tu représentes le présent. Tu n'as pas à être jaloux, lui assura-t-il.

-Je le suis. Toujours, ça me titille constamment, je lutte contre ce sentiment depuis que je suis petit, avoua Ron à voix basse. Je crois que j'ai fait des progrès mais dans les relations amoureuses, j'ai parfois du mal à me raisonner… Tu n'es pas un peu jaloux quand tu m'imagines avec un autre ?

-Non.

-Et dans le présent ?

-Je ne suis pas jaloux, Ron, répéta Blaise.

-Qu'est-ce que tu ressentirais si tu me voyais dans les bras d'un autre homme, dans un lit ? insista le jeune homme.

-La réponse ne te plaira pas…, le prévint le brun.

-Qu'est-ce que tu ressentirais ?

-Ça m'exciterait.

-Quoi ? s'exclama Ron, écarquillant les yeux de surprise.

-Eh bien, si je t'imagine avec un autre homme en train de faire l'amour… je crois que ça m'exciterait complètement, développa Blaise d'un air sincère.

-T'es sérieux, là ? demanda gravement le roux, le dévisageant avec consternation.

-Pas toi ?

-J'aurais envie de fracasser le type qui te touche ! répondit Ron sur le ton de l'évidence.

Blaise sembla considérer l'idée un moment, regardant le plafond.

- Ça m'exciterait, répéta-t-il après un silence.

Ron le fixa sans rien dire, réfléchissant aux implications d'une telle affirmation. Il humecta ses lèvres, fronçant les sourcils.

-Heu… on n'en a jamais parlé mais… Est-ce que tu préfères les relations sexuelles à plusieurs ? Je veux dire… est-ce que tu voudrais qu'il y ait un autre homme quand on fait l'amour ? demanda Ron en se sentant rougir au fur et à mesure qu'il posait sa question.

Le brun tourna la tête vers lui, le dévisageant sérieusement.

-Tu voudrais ? interrogea-t-il en haussant un sourcil.

-Pas vraiment ? tenta le jeune homme avec hésitation, appréhendant sa réaction.

-Moi non plus, répondit franchement Blaise. Pourquoi tu me poses cette question ? demanda-t-il d'un air curieux.

-…parce que tu viens juste de me dire que tu serais excité par le fait de me voir avec un autre homme, expliqua lentement le roux, sans vraiment comprendre.

-Je ne vois pas le rapport.

-Non ?

-Non, répondit aussitôt Blaise, sincère.

-Me voir avec un autre homme t'exciterait… donc, tu voudrais assister à la scène, non ? Et peut-être pouvoir… participer ? Pitié, dis-moi que tu te fous de moi, c'est trop gênant…, marmonna Ron en sentant ses joues s'enflammer littéralement.

-Ton corps est incroyablement excitant. Tu n'as pas idée. Alors lorsque je t'imagine en pleine action… Mais ça ne veut pas dire que je voudrais qu'un autre homme te touche pendant qu'on fait l'amour, tenta d'expliquer le brun.

-Ah ! Donc, tu es jaloux ! fit son amant, triomphal.

Blaise fronça encore les sourcils, le regardant d'un air surpris.

-Je ne vois pas le rapport ?

-Laisse tomber, soupira Ron en abandonnant l'idée de le comprendre. Tu ne veux pas d'un plan à trois ? s'assura-t-il une dernière fois.

-Non.

-C'est l'essentiel ! affirma-t-il, soulagé.

Il poussa un soupir, contemplant le plafond. Plissant les yeux, il se retourna vers son amant, curieux.

-Est-ce que la jalousie, c'est comme la culpabilité ? demanda-t-il soudainement.

-Hum ?

-Est-ce que c'est un sentiment que tu ne comprends pas bien ? poursuivit-il prudemment.

Blaise fit balancer un peu sa tête de côté, semblant hésiter à répondre.

-Un peu, fit-il doucement. Mais je comprends ses mécanismes, je l'ai déjà étudiée.

-Étudiée ? releva Ron, fronçant les sourcils.

-Oui. La jalousie est un sentiment assez facile à observer. Mais je ne comprends pas bien sa logique. Parfois, elle est irrationnelle, déclara simplement le brun.

-Alors, tu ne serais pas jaloux si j'allais voir ailleurs ? demanda son amant.

-Non.

La réponse honnête heurta un peu Ron, blessé malgré lui.

-Mais je serai triste, poursuivit Blaise après un silence.

Un léger sourire accueillit ces dernières paroles et il décida de s'en contenter.

-Triste ou excité ? interrogea-t-il malicieusement, prenant le parti d'en plaisanter.

-Ça dépend de ce que je vois, répondit pensivement le brun.

Il lui glissa un regard en coin, un petit sourire espiègle aux lèvres.

-Je ne relèverai même pas, grogna Ron dans une grimace. Alors tu n'as jamais été jaloux ? En aucune occasion ?

-Non.

-Et la fois où tu as inconsciemment effacé l'encre du numéro de Scott, dans ma poche ? L'homme de la galerie d'art, précisa-t-il.

-Je vois, déclara Blaise calmement.

Il poussa un léger soupir, s'asseyant en joignant ses mains entre ses cuisses.

-Si j'ai bien saisi l'essence de la jalousie, c'est un sentiment qui nait de l'envie. L'envie d'être à la place d'un autre ou le désir de possession. Pour moi, ça, c'est irrationnel. Je ne veux pas être une autre personne et si je le désirais, je ferais en sorte de changer pour le devenir. Je ne suis pas jaloux de ce que je n'ai pas. Je n'ai pas un désir de possession exclusif non plus. Je n'ai jamais considéré que les autres pouvaient m'appartenir. Mais je peux comprendre la jalousie dans la mesure où c'est un sentiment lié à la sensation de perte. Je ne veux pas te perdre. C'est pour ça que l'encre du papier a coulé. Mais je… je ne souhaite pas que tu ne regardes que moi ou être ton unique point de référence. Je ne suis pas jaloux au point de vouloir contrôler ce que font les autres. Je ne serai pas jaloux si tu parles à un autre homme, je ne serai pas jaloux si tu couches avec un autre. Tu fais ce que tu veux. Je n'ai pas de prétention sur tes actes. Mais j'aurais probablement peur de te perdre.

-Donc, ça ne te dérange pas si je vais voir ailleurs ? demanda le roux, interloqué.

-Ce n'est pas ce que j'ai dit, répondit doucement son amant.

Ron resta pensif un moment, réfléchissant à ses paroles.

-Tu aurais peur de me perdre, répéta-t-il peu après. Mais, juste pour que les choses soient claires : je suis jaloux. Ne t'avise pas d'aller voir ailleurs, ni même de flirter sous mon nez avec quelqu'un d'autre parce que je ne le supporterai pas.

-Je ne t'appartiens pas, le prévint fermement le brun.

Le jeune homme le dévisagea un moment, déconcerté par l'avertissement qu'il venait de recevoir.

-D'accord, fit-il lentement. C'est vrai, tu es libre de faire ce que tu veux.

- Mais je prendrai en considération tes sentiments et je ferai attention à ne pas te blesser, ajouta Blaise plus doucement.

Le roux garda le silence un moment, un peu sonné par la tournure de la conversation.

-Je ne sais pas si ta réponse me satisfait…, avoua finalement Ron. Je ne sais pas quoi penser de ce que tu me dis… J'ai l'impression que tu n'as pas envie d'être fidèle dans une relation… Que c'est une contrainte dont tu voudrais te passer… Que peu importe le nombre de mecs que je me tape, tant que je reviens vers toi, c'est ok… Comment je dois le prendre ?

-Écoute, tu ne peux pas changer ce que je pense. Je trouve que considérer les autres comme des possessions est vraiment trop tordu. Tu es libre de faire ce que tu veux. Je ne t'obéirai pas sur la fidélité. Tu peux me dire cent fois de ne pas fréquenter d'autres personnes, je ne le ferai pas. Et je ne te dirai jamais qui tu peux voir et quoi faire. Si tu veux embrasser un autre homme en soirée, je n'ai pas mon mot à dire. Et je considère que l'inverse est vrai aussi.

-Tu as conscience…

-Laisse-moi finir, l'interrompit-il d'une voix douce, lui souriant gentiment. Je sais, oui, je sais très bien que si je te trompe, je te perdrais définitivement. Tu m'as quitté pour un mensonge alors si je vais voir ailleurs, je sais pertinemment quelles en seront les conséquences. J'ai quasiment épuisé toutes mes techniques de séduction et je n'ai toujours pas compris la raison pour laquelle tu as finalement accepté de te remettre avec moi. Je ne prendrai jamais ce risque ! conclut-il avec humour.

Comme Ron fronçait toujours les sourcils, son regard baissé vers le sol, il attira son attention en frôlant ses mains.

- Et la plus importante des raisons pour laquelle je n'irai pas voir ailleurs, et c'est la seule en fait, alors rassure-toi et arrête de te faire des films, c'est parce que j'ai décidé d'être avec toi. Les autres hommes m'importent peu. C'est toi que je veux, ton esprit, ton corps, ta manière d'être… Je ne vois pas les autres, je ne vois que toi. J'ai décidé d'être avec toi, répéta le brun.

Il passa une main dans ses cheveux, dégageant partiellement son front, laissant ses doigts jouer entre les courtes mèches rousses.

-En d'autres termes, je ne te suis pas fidèle pour satisfaire ta jalousie. Je le fais parce que je n'ai pas envie de faire autrement.

-Ou parce que tu as peur que je te plaque, rétorqua Ron laconiquement.

- Ou parce que j'ai peur que tu me plaques, confirma Blaise d'un ton léger, déposant un baiser appuyé sur ses lèvres avant de se reculer, souriant.

-Mais tu ne me quitteras pas si je vais voir ailleurs, poursuivit le jeune homme, tentant de suivre son raisonnement.

-Non.

-C'est pas un truc à dire à un mec ça, Blaise ! protesta Ron.

-Mais je te le dis à toi.

Comprenant le sous-entendu, son amant lui sourit, se laissant attendrir par ses paroles.

-Mais si je te trompe, tu seras triste, s'assura-t-il encore.

Blaise aussi les épaules, grimaçant.

-Évidemment, reconnut-il sincèrement.

-Tu es compliqué, déclara Ron finalement.

-Je trouve aussi que tu l'es, lui sourit le brun. Avec ta jalousie ou ta culpabilité que tu voudrais me transmettre à tout prix… Je ne suis pas jaloux, c'est comme ça. Et je n'aime pas qu'on veuille contrôler mes faits et gestes sous ce prétexte-là… Mais je ne te rendrai pas malheureux, lui promit-il avec sérieux, se reprenant. Je ne ferai pas exprès de te blesser. Je sais que la jalousie cause de la souffrance à ceux qui en sont la proie.

-Est-ce que… est-ce que tu analyses chaque sentiment de la même manière ? Je veux dire, tu as besoin d'étudier la jalousie pour la comprendre ? demanda Ron avec précaution, fronçant les sourcils.

-En quelque sorte, oui, convint Blaise. Parfois, il me manque quelques points de références et j'ai besoin de les acquérir par l'observation ou d'autres moyens… pour comprendre les autres. Je te l'ai déjà expliqué. Je ne pense pas tout à fait comme la plupart des gens…

-Pourquoi ?

Blaise le considéra en silence avant de hausser les épaules.

-Pourquoi es-tu roux ? demanda-t-il en réponse.

-Vu comme ça… sourit Ron après un silence surpris.

Il passa ses bras autour de son cou, se rapprochant de ses lèvres.

-Alors qu'est-ce que tu veux faire demain ? demanda-t-il en penchant légèrement la tête. J'ai vu qu'il y avait un musée de plein air, on pourrait aller y faire un tour… À moins que tu ne préfères contempler l'architecture des églises orthodoxes…

-Il y a un colloque sur l'avenir des métiers de la finance à neuf heures à la Bourse de Riga… Il y a une intervention sur la moyenne mobile et ses conséquences dans l'interprétation des cours que je ne voudrais surtout pas manquer, ça a l'air passionnant ! fit le brun d'un air enthousiaste.

-Pourquoi pas ? accepta Ron en hochant la tête, esquissant un sourire.

Blaise leva les yeux au ciel, se mordant la lèvre inférieure.

-Sérieusement ? s'amusa-t-il. Ça t'intéresse ?

-Ce n'est pas vraiment mon domaine mais…

-Ne te force pas juste pour me faire plaisir… C'est adorable mais… est-ce que tu veux vraiment assister à une conférence sur la finance ? Est-ce que tu visites vraiment les églises ou traînes dans les musées le lendemain de tes matchs ? demanda-t-il, prenant un air de doute.

-Pas vraiment, admit Ron à contrecœur. Je pensais te faire plaisir…

-C'est ce que je pensais, fit Blaise d'un air navré. Est-ce que j'ai une tête à me taper les musées nationaux et les colloques sur la Bourse pendant mes temps libres ?

Le roux préféra détourner les yeux vers la porte plutôt qu'être obligé de répondre, déclenchant le rire de son amant.

-D'accord, ne réponds pas, s'amusa-t-il. Si je n'étais pas venu ce soir, qu'aurais-tu fait ?

-J'aurais été me relaxer dans le jacuzzi de l'hôtel et puis je serai probablement sorti avec mes coéquipiers en boîte… Et j'aurais passé tout mon dimanche à dormir.

-Et comme je suis là, tu préfères visiter des musées… Logique.

-Je pensais que tu voudrais simplement passer une soirée en tête-à-tête…

-Ron, tu viens de gagner un match avec les Canons. Tu ne seras pas dans cette équipe indéfiniment. Et tu ne pourras pas revivre ces instants. Un joueur de quidditch a une carrière plutôt courte, je ne t'apprends rien… Je m'en voudrais de te priver de ce genre de moments avec ton équipe. Tout le monde t'attend pour célébrer ça, tu ne peux pas les décevoir…

-Je ne veux pas t'imposer une soirée qui ne te plairait pas… Je voudrais qu'on en profite tous les deux… Et je peux déjà te dire que j'ai préféré ton massage à une séance de jacuzzi…

-Tu sais, j'aime bien sortir en boîte, faire la fête et je ne suis pas contre rencontrer ton équipe.

-Je ne t'ai jamais vu ailleurs qu'à des réceptions ou des sorties culturelles, s'excusa Ron avec une grimace. Et puis, quand on sort ensemble avec mes coéquipiers, on parle surtout… sport, le prévint-il.

-Je saurai m'adapter, lui assura Blaise avec un sourire.

&& RWBZ&&

Et effectivement, Blaise s'était parfaitement adapté à ses amis.

Ron remua distraitement le contenu de son verre, regardant la piste de danse avec incrédulité.

Il avait pensé que son amant voulait simplement lui faire plaisir en le suivant dans cette boîte et il avait imaginé qu'il resterait assis à siroter un cocktail en attendant que le temps passe. Il avait visualisé sans peine l'attitude un peu guindée de Blaise dans le milieu de la nuit, son air un peu distant et les conversations un peu plates qu'il aurait échangées avec ses coéquipiers.

Parce que son équipe avait quelques préjugés sur les financiers. Parce que Blaise n'avait clairement pas les mêmes centres d'intérêts qu'eux. Ni le même rythme de vie.

Mais apparemment, Ron n'aurait pas pu faire carrière en divination.

Blaise et Dino monopolisaient le centre de la piste depuis un moment, dansant en rythme sur le dernier tube en vogue. Leurs mouvements s'accordaient parfaitement alors qu'ils effectuaient la même chorégraphie, au geste prêt. Et plusieurs sorciers étaient venus les rejoindre, imitant les pas avec facilité et les suivant avec naturel. Ils formaient désormais un petit groupe harmonieux au centre de la piste, l'animant d'une danse connue d'eux-seuls.

-Ton copain est un vrai sang-pur, hein ? demanda Aline en se glissant à ses côtés, volant une gorgée de son verre.

-Hein ? Pourquoi tu dis ça ? l'interrogea Ron sans comprendre.

-À cause de ce qu'il danse. C'est un truc de sang-purs, ils apprennent ça dans leurs cercles privés… Dino m'avait fait une démonstration un soir…

-Ah oui ? Je n'avais jamais vu Dino danser ça jusqu'ici…, remarqua le roux pensivement.

-Je crois qu'il n'osait pas vraiment… Tout le monde ne connait pas alors c'est un peu courir le risque de se retrouver seul sur la piste… Blaise n'a pas l'air d'avoir les mêmes inquiétudes.

-Il est plutôt sûr de lui, je parie que ça ne l'a même pas effleuré, convint Ron avec un sourire amusé.

-Je suppose que tu n'as jamais appris cette danse, hein ?

-Non, confirma le roux. Je fais pas tous les trucs de sang-purs… Je suis trop élitiste, plaisanta-t-il.

-En tout cas, maintenant, on sait parfaitement qui l'est dans la boîte…

Ron poussa un soupir, constatant que la danse avait eu pour effet de distinguer les sorciers entre eux. Le groupe qui dominait la piste semblait s'éclater totalement et il percevait les éclats de rire de Dino, son familier qui retentissait chaque fois qu'ils sortaient ensemble.

Il ne pouvait voir que le dos de son amant et ne l'aurait probablement pas reconnu s'il ne l'avait pas accompagné dans la boîte. Pour une fois, il n'était pas en costume et sa silhouette dégageait un aspect moins strict qu'à l'ordinaire. Il avait remonté les manches de sa chemise aux trois quarts, lui donnant un petit air faussement négligé qui le rendait irrésistiblement craquant du point de vue de Ron. Il aurait presque pu croire qu'il faisait partie de sa bande d'amis tant il semblait parfaitement à sa place sur la piste, dansant sous les projecteurs comme si c'était une habitude qu'il renouvelait tous les soirs.

Il fut distrait de ses observations par un coup de coude de la part d'Aline qui lui montra du menton son verre.

Celui-ci s'était considérablement refroidi, une fine couche de buée en recouvrant les parois. Et quelques lettres s'étaient formées, l'invitant à venir danser. Ron sourit en lisant le message de Blaise, décidé à le rejoindre. Il donna à son tour un coup de coude à Aline en remarquant que son verre avait aussi gelé.

Et toi aussi, en piste !

Elle rit un peu en lisant son message, ne s'y attendant visiblement pas.

-Sérieusement, comment il a fait ça ? demanda-t-elle alors qu'ils se levaient ensemble pour rejoindre la foule à nouveau homogène alors qu'un nouveau morceau commençait.

-Blaise est très fier de montrer ses petits tours de magie, je parie qu'il apprend ce genre de sorts uniquement dans ce but, plaisanta Ron.

Quelques secondes plus tard, une main venait attraper son poignet et il se retrouvait face à son amant, dansant avec lui. Les yeux noirs accrochèrent les siens un moment alors qu'il mimait les paroles du morceau qui passait, faisant semblant de pousser sa voix dans les aigus à la fin du refrain et de dérailler complètement, faisant rire Ron.

Et le jeune homme fut surpris de voir Blaise se relâcher autant sur la piste. Sa tête se balançait en rythme, ses yeux étaient clos et ses mains s'élevaient vers les projecteurs, marquant la mélodie qui s'élevait autour d'eux. Il dégageait une incroyable sensualité alors qu'il dansait face à lui, s'abandonnant à la musique.

Ron ne l'avait jamais vu comme ça, aussi ouvert et déluré. Sautant avec Dino sur les refrains, entraînant avec lui les sorciers qui l'entouraient, la sueur perlant à son front et le sourire éclatant, il offrait une toute nouvelle facette de ce qu'il avait en lui.

Il ne s'attendait absolument pas à voir Blaise aussi extraverti sur une piste de danse. Il ne l'avait jamais été durant les réceptions ou les mariages auxquels ils avaient assistés…

Mais il semblait libre en cet instant, libre de toutes les contraintes qu'il s'était imposées dans sa vie. Il n'était plus le brillant homme d'affaire qui dirigeait la Marten, il était redevenu un simple jeune homme qui passait du bon temps en soirée.

Ron le regarda danser avec Sarah, la faisant tourner sur elle-même et rire aux éclats alors qu'elle manquait les pas qu'il esquissait, ratant sa main dans un tournant et se rattrapant comme elle put à son bras.

Blaise était diablement séduisant alors qu'il se mouvait sur la piste, échangeant des regards complices avec ceux qui l'entouraient, un sourire constamment sur le visage quand il ne reprenait pas le refrain en chœur avec Dino. Suivant les paroles, ses yeux se faisaient plus doux ou aguicheurs, véritable invitation à l'approcher de plus près alors que ses lèvres mimaient les mots indécents ou équivoques du chanteur.

Mais la seconde suivante, il se tournait vers quelqu'un d'autre pour entonner la fin de la chanson, sautant sur ses pieds et levant les bras comme un fou, laissant libre court à son amusement.

Et ce n'était que ça. Du fun.

Ron arrêta de l'observer et se laissa entraîner dans l'ambiance générale, se détendant complètement à son tour et oubliant de surveiller les regards qu'échangeaient Blaise et les autres, oubliant sa jalousie qu'il avait sentie poindre et qu'il avait repoussée, ne voulant pas gâcher cet instant.

Il rit à nouveau quand Blaise accrocha son regard et s'ancra à ses yeux, ne le quittant plus alors qu'il mimait les paroles d'un vieux tube mixé sur la bande son.

Don't you want me, baby? (Ne veux-tu pas de moi, bébé ?)

Le brun faisait un petit air attristé chaque fois qu'il lui répétait le refrain entêtant, pointant son doigt vers lui. Ron vint plus près de lui, entrant dans son délire et liant leurs mains ensemble alors qu'ils dansaient. Il vola un baiser à son amant alors que le morceau se terminait et se recula de plusieurs pas pour continuer à danser à sa manière.

Et il se laissa aller à son tour, laissant éclater sa joie suite à leur victoire, la célébrant de toute son énergie en dansant. Les mains de Blaise venaient se joindre aux siennes ou frôlaient ses hanches tandis qu'ils échangeaient des regards complices, oubliant momentanément la foule qui les entourait. Il ne regrettait pas un seul instant d'avoir laissé le brun le convaincre de fêter ce nouveau match remporté.

Et la soirée passa incroyablement vite, entre les moments où ils se déchainaient sur la piste, achevant de brûler les dernières forces qu'ils avaient après cette journée et les moments de détente autour d'un verre dans le carré VIP qu'ils avaient réservés en entrant, affalés dans de moelleux canapés en cuir,.

-Non mais t'es sérieux Blaise ? Tu es fan des Flèches d'Appleby ? s'indigna Dino.

L'alcool n'avait pas été ménagé et avait invariablement commencé son travail de désinhibition.

-Tu veux la réponse officielle ou celle officieuse ? sourit le brun en prenant un air faussement affairé.

-Il admire leur style de jeu, expliqua Ron avec une grimace. Et vous ne savez pas le pire ? Il est sorti avec Geoffrey Melville ! signala-t-il d'un air ennuyé.

Blaise étouffa un rire dans sa main devant les expressions surprises et choquées des autres joueurs, confirmant sans le vouloir l'annonce de son amant.

-Tu couchais avec l'ennemi ! s'écria David.

Les yeux brillants, Blaise hocha vigoureusement la tête, ne pouvant contenir plus longtemps son fou-rire qui montait.

-C'est vicieux, ça, affirma Marc en plissant les yeux. T'étais pas à Serpentard, d'ailleurs à Poudlard ?

-Totalement, confirma Ron. Il y était. La maison la plus méchante de l'école.

-La plus ambitieuse, corrigea son amant en reprenant son sérieux. On était les plus ambitieux.

-On dirait qu'ils se sont pas plantés en te répartissant alors, remarqua Edmund. T'as plutôt bien réussi.

-Je trouve aussi, lui sourit aimablement Blaise.

-Oui, enfin, je parie que tu as été aidé par l'argent familial, intervint Aline avec une pointe d'arrogance. Tu viens d'un milieu aisé.

-Et je ne m'excuserai pas pour ça ! rétorqua tranquillement le brun.

Il avait dit ça légèrement, ignorant volontairement le brusque refroidissement d'atmosphère.

-Tu as des origines italiennes d'ailleurs, non ? intervint Dino, dérivant le sujet habilement.

-Toi aussi, je crois ? Tu viens de quelle région ? interrogea Blaise, intrigué.

-Mes parents habitent Turin.

-Jolie ville, le paysage montagneux est impressionnant ! fit le brun, enthousiaste. Ma famille est basée sur Naples… Je ne t'ai jamais croisé aux réunions des SP italiennes, s'étonna-t-il. J'y allais pendant les étés.

-En été, j'aidais mon père à travailler et je n'avais pas le temps pour m'y rendre… Et puis j'ai arrêté d'y aller quand j'ai intégré l'école spécialisée de quidditch à quinze ans… Je me souviens quand même de deux trois trucs…

-Oui, j'ai vu ça sur la piste, sourit Blaise sincèrement.

Ron avait froncé les sourcils pendant leur échange, découvrant un aspect de la personnalité de son coéquipier qu'il ne connaissait pas. Dino s'était redressé alors qu'il parlait à son amant et son attitude entière avait changé, ainsi que son langage. Habituellement, il n'hésitait pas à être plus familier et son visage laissait filtrer plus d'expressions…

Le roux échangea un regard avec Aline qui avait aussi remarqué le changement d'attitude du joueur.

Il savait qu'il était issu d'une vieille famille de sang-purs mais le fait qu'elle était presque aussi pauvre que la sienne lui avait fait penser qu'ils partageaient le même parcours. Mais visiblement, Dino avait été élevé dans le respect des traditions ancestrales et avait reçu une éducation fidèle à son sang, contrairement à Ron.

Il possédait les mêmes codes que Blaise et son amant servait de révélateur ce soir. Il faisait remonter à la surface tout ce que Dino avait su dissimuler à leurs yeux tandis qu'ils se mêlaient à leurs coutumes. C'était comme si le jeune homme avait deux visages, le joueur de quidditch aux blagues grossières, et cet autre homme à la posture plus altière et aux gestes élégants. Il semblait vraiment apprécier la compagnie du brun et leurs échanges se firent plus nourris au fur et à mesure qu'ils se trouvaient des points communs.

Dino continuait sa conversation avec Blaise sans se douter du regard étrange qu'Aline lui jetait. Les autres joueurs étaient pris dans leurs propres discussions, ne faisant plus attention à eux. Ron donna un coup de coude à la jeune femme, attirant son attention d'un sourire.

-Hé, ça va ? demanda-t-il gentiment.

Elle s'enfonça dans le canapé, et sa voix dissimulée aux autres par la musique vint trouver son chemin vers son oreille.

-Je me suis toujours moquée de ces traditions de sang-pur devant lui… Il n'a jamais rien dit, murmura-t-elle d'une voix atterrée. Je pensais qu'il était comme toi et qu'il n'y accordait pas d'importance, que c'était des conneries qu'il rejetait… Il n'a jamais rien dit.

-Il t'avait pourtant montré la danse…

-Mais il plaisantait… Il doit me détester en fait, réalisa-t-elle brusquement.

-Je ne pense pas. Il est différent ce soir parce qu'il retrouve un peu le cadre dans lequel il a grandi… Mais tu sais, ça ne le change pas fondamentalement. C'est juste une facette qu'on ne lui connaissait pas…

-J'ai dû le blesser.

-Je crois qu'il est loin de t'en vouloir Aline, répondit Ron sincèrement. Sinon, il t'aurait évité en dehors des entraînements… Tu as fini ton verre ? constata-t-il après un silence. Tu en veux un autre ?

-Oui ! décida la jeune femme, se levant soudainement. Qui veut un autre verre ? C'est ma tournée ! annonça-t-elle à la cantonade.

Tout le monde répondit présent sauf Blaise qui leva les mains en signe de reddition.

-Petit joueur ! se moqua Marc.

-J'avoue, je m'incline, j'arrête pour ce soir, reconnut le brun de bonne grâce. Je n'ai pas l'habitude de boire autant que vous.

-Ron, tu lui as pas enseigné les bases avant de l'inviter ? demanda David. Il est un excellent professeur, dirons-nous, ajouta-t-il malicieusement.

-Je n'en doute pas, rit Blaise. Mais je ne tiens pas aussi bien l'alcool que lui, fit-il avec un air d'excuse.

Ron esquissa un sourire un peu crispé, se rappelant trop bien à quelle occasion le sujet était déjà arrivé entre eux. Son amant n'abusait de l'alcool qu'en une seule occasion et pour une seule raison : oublier. Il se souvenait encore son air sombre alors qu'il avalait cul sec son verre.

-Je reviens, déclara finalement Aline en se dirigeant vers le bar.

-Je t'accompagne pour porter les boissons, intervint aussitôt Blaise en se levant, ne lui laissant pas le choix.

Elle haussa les épaules et ils s'éloignèrent sous les regards des autres.

-Ok Ron, le lâche-le pas lui, sérieux, déclara Dino dès qu'ils furent hors de portée de voix.

-C'est quoi ça ? De la fraternité entre Italiens ? s'amusa David en l'entendant.

-Tu connais beaucoup de costards-cravates qui te snobent pas dès qu'ils te voient ? Et il connait le quidditch. Il tient une conversation sur le sujet sans paraître stupide. Il aime ce sport.

-C'est vrai, reconnut Sarah. Il ne fait pas semblant de s'intéresser deux minutes, on dirait presque qu'il est dans le milieu. Mais il lui manque quelques références…

-Non mais vous vous écoutez ? sourit Marc, désabusé. Est-ce que vous êtes capables de tenir une conversation sur son domaine de prédilection ? Faut arrêter d'être aussi fermés !

-Moi je vote pour le garder. Il est pas contrariant comme gars, conclut Edmund.

-Vous avez conscience que vous ne parlez pas d'un animal de compagnie, là ? s'amusa Ron, incrédule. Vous me faites un peu peur…

-Garde-le, répliquèrent en chœur ses coéquipiers et il finit par hausser les épaules, fataliste.

-D'accord, convint le roux. J'entends votre soutien indéfectible quant à mon choix de compagnon, ajouta-t-il d'un ton un peu guindé. Ça comptait beaucoup pour moi, ironisa-t-il, déclenchant leurs rires.

Ils accueillirent avec enthousiasme Aline et Blaise lorsqu'ils revinrent, portant leurs consommations à bout de bras.

Le brun posa les verres qu'il portait sur la table basse et se pencha en avant pour prendre sa veste sur un canapé.

-Je vais fumer dehors, je reviens, s'adressa-t-il à Ron avant de déposer un léger baiser sur sa joue et de s'éloigner vers la sortie.

-Il a donc des défauts, s'amusa David en haussant les sourcils.

-Si tu savais, soupira Ron en prenant un air désespéré. Des tonnes ! sourit-il finalement.

-Il est sympa, intervint abruptement Aline avant de boire son verre sans plus leur accorder d'attention, ignorant le regard surpris de son capitaine.

-J'trouve aussi ! lança Dino en opinant de la tête. Il a payé nos consos, non ? demanda-t-il à la jeune femme.

-Avec un billet de 500, confirma la joueuse de quidditch en levant les yeux au plafond.

-Le serveur avait la monnaie ? s'étonna Marc.

-Non. Alors Blaise a décidé de payer les consos de tous ceux qui étaient au bar.

-Pourquoi ça ne m'étonne pas, déclara Ron, fataliste. Je parie qu'il avait juste la flemme de récupérer le change.

-Vous rentrez directement à Londres demain ? demanda Edmund.

-Non, je pense qu'on va rester à l'hôtel et faire un tour en ville dans l'après-midi, histoire de dire qu'on a un peu visité…, sourit Ron. Tu rentres, toi ?

-Non, avec les autres, on voulait faire un saut au stade demain… David nous lâche, comme d'habitude…

-Attends, j'ai négocié pour passer la soirée avec vous et excusez-moi d'avoir une vie sociale !

-Fais comme Ron, amène ta femme ici ! sourit Marc.

-Et ma fille ? Je la confie au videur à la porte ? Tu crois qu'ils font des crèches dans les boîtes de nuit ?

-Bon, les gars, c'est pas que vous m'ennuyez mais il y a un mec sur la piste qui me fait de l'œil depuis un moment et… j'ai envie de danser, intervint Sarah en finissant son verre.

Elle se leva sous leurs rires et leur fit un petit geste de la main pour les saluer avant de les quitter.

-Elle a raison, on devrait tous aller danser, et puis j'aime bien ce morceau, déclara Dino en l'imitant peu après. Aline, tu me suis ? invita-t-il la jeune femme à le suivre.

-Absolument ! sourit la joueuse en prenant sa main, se laissant tirer vers les danseurs.

Ron n'hésita qu'une seconde avant de suivre ses coéquipiers sur la piste, décidant d'aller profiter de la fin de la soirée. Il se laissa entraîner par la fièvre contagieuse, se laissant bercer par la musique entêtante. Après une vingtaine de minutes, il sentit une main sur ses hanches et s'apprêtait à la retirer, se retournant à moitié lorsqu'il reconnut Blaise.

Celui-ci lui adressa un léger sourire tout en continuant à danser avec lui et Ron fit un pas dans sa direction, se collant à son corps. Il se laissa aller dans ses bras, s'accrochant à sa taille, bougeant son bassin en rythme avec la musique.

Blaise remonter ses mains jusqu'à sa nuque, posant sa tête sur son épaule, rapprochant un peu plus leurs corps, les immobilisant presque sur la piste.

-Trois, deux…une seconde, murmura-t-il doucement à son oreille alors que Ron se raidissait contre lui, surpris.

Et la musique changea brusquement, plongeant la piste sous des lumières plus tamisées, entamant quelques notes de piano annonçant un rythme plus lent.

-Tu plaisantes ?! rit le roux. Tu as lancé un sort ou… ?

-Non, je discutais avec le barman et il m'a dit que la boîte allait bientôt fermer… Ils lancent des slow pour faire peu à peu partir la clientèle… Le compte à rebours, c'était juste pour t'impressionner, confia Blaise tranquillement. Tu m'accordes cette danse ?

Ron recula légèrement pour pouvoir l'embrasser, capturant ses lèvres avec douceur.

-Je t'aime toi, souffla-t-il près de sa bouche.

-Je me suis laissé dire que c'était réciproque…

-Il était beau le barman ?

Seul le rire de Blaise lui répondit et il sourit contre sa joue, dansant doucement contre lui, ses mains encadrant sa taille.

Ils ne s'arrêtèrent de se mouvoir que lorsque Marc vint les prévenir que tous les autres étaient déjà partis et que la boîte de nuit allait fermer ses portes. Ils transplanèrent alors, la tête encore pleine de la mélodie qui les portait.


A suivre…

Merci d'avoir lu jusque là^^!