Bonjour à tous !

Avant de vous laisser découvrir ce qui s'est passé à Godric's Hollow par un chapitre en parallèle avec le précédent, j'ai quelques petites précisions.

La publication : je pense avoir trouvé un rythme qui me convient avec une publication toutes les semaines. Je vais donc continuer ainsi, et je publierai chaque dimanche. (en cas d'empêchement je m'arrangerai pour publier le samedi, ou pas plus tard que lundi soir)

Les traductions : j'ai eu quelques propositions déjà. J'ai commencé à y travailler, mais j'attend le retour de ma soeur pour les poster, car elle me corrigera. Elle ne le fait pas pour errare, mais là traduire implique un certain "contrat" avec l'auteur d'origine, je me dois de publier un texte aussi correct que possible. Et comme précisé sur le profil d'hermy, je publie errare sous son pseudo pour pas séparer la fic en deux, mais je mettrais mes traductions sur mon propre compte, au nom d'Enelye. (oui c'était Arwen76 avant, mais je ne peux plus y accéder). Je ferai un point de temps en temps ici pour prévenir en cas de publication.

Nous avions décidé pour ce chapitre de nous baser sur le Godric's Hollow décrit dans le livre, mais en le faisant malgré tout à notre manière. J'espère que vous aimerez notre vision :)

Bonne lecture !


Mrs Elizabeth Darcy31 : Pour ce qui s'est passé au lac il faudra attendre le chapitre 38 pour savoir. Et en ce qui concerne tes attentes, il faudra patienter un peu plus, sans doute le chapitre 42 ;) Mais ça arrive petit à petit

tigrou : Merci beaucoup ^^


Chapitre n°37 : Godric's Hollow

Hermione et Harry coururent le plus rapidement possible vers la salle des trophées en faisant attention à ce que la cape ne glisse pas, et virent Ron regarder dans le vide comme s'il les voyait – sauf qu'ils étaient plusieurs bons mètres sur sa droite – puis ils l'entendirent à peine lorsqu'il dit :

« Allez-y. »

Ayant la confirmation que les Carrow étaient occupés ailleurs Harry et Hermione se rendirent au plus vite devant le bureau d'étude de magie noire. Hermione déverrouilla la porte et ils entrèrent tous les deux, puis enlevèrent la cape. Voyant qu'il n'y avait aucun pot sur la cheminée elle ouvrit d'un sort le placard à coté et trouva de la poudre de cheminette. Harry en prit une poignée, Hermione fit de même et reverrouilla la porte de l'armoire.

« Attend Harry ! S'exclama-t-elle alors qu'il allait entrer. Y aller comme ça c'est une violation de domicile, c'est interdit. Lui rappela-t-elle. Passe d'abord juste la tête pour la prévenir.

- Oh, c'est vrai. D'accord. »

Il se mit à genou devant l'âtre, y entra la tête et donna l'adresse avant de faire tomber la poudre. Pendant ce temps, Hermione se rapprocha de la porte. Elle craignait d'être à nouveau surprise, comme avec Ombrage. Normalement aucun des professeurs ne mettait de protection sur la porte de leur bureau, car en règle générale leur autorité suffisait. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de penser que peut-être les Carrow étaient excessivement prudents. Elle fut soulagée quand Harry se releva et lui confirma qu'ils pouvaient y aller. Il passa d'abord, puis Hermione lui emboîta le pas. Elle lâcha la poudre et une fois que le feu fut devenu vert, elle entra et répéta l'adresse.

« 9 Wisteria Walk »

Aussitôt elle se sentit aspirée.

Quand la sensation de tournoiement cessa elle perdit l'équilibre et si on ne lui avait pas saisi le bras elle serait probablement tombée.

Celle qui la maintenait la lâcha une fois qu'elle se fut reprise. Harry fit rapidement les présentations, et Hermione salua Miss Figg. Son regard fut attiré en voyant quelque chose bouger sur le coté, mais ce n'était qu'un Flaireur.

« Vous devriez vous dépêcher tous les deux. Dit Miss Figg en les regardant alternativement. Ce n'est vraiment pas le moment de trainer dans les environs.

- Des mangemorts viennent par ici ? Demanda Harry tandis qu'elle leur faisait signe de les suivre.

- Non mon garçon, bien sûr que non, dit-elle d'un ton d'évidence, pas depuis juillet dernier en tout cas. Tu n'es plus à Privet Drive et une simple cracmol comme moi ne les intéresse absolument pas. Malgré tout tu es bien plus en sécurité à Poudlard.

- Je sais bien, mais je devais absolument sortir.

- Tu devrais savoir qu'ils espèrent que tu sois dans l'illégalité pour pouvoir légitimiser une attaque contre toi mon garçon. Te capturer sans risquer de révolte massive. Ne rend pas inutile le sacrifice de nombreux sorciers par une action irréfléchie.

- Ce n'est pas irréfléchie madame, cette sortie est nécessaire. Pour notre… mission. » Intervint Hermione.

Miss Figg acquiesça finalement, bien que sceptique. Elle ouvrit la porte d'entrée de chez elle et les regarda à nouveau d'un regard intense.

« Dépêchez-vous, je vous attends. Soyez prudents. »

Harry la remercia et se tourna vers Hermione. Celle-ci fit un simple signe de tête pour dire qu'elle était prête, et prit son ami par le bras. Celui-ci se concentra, il savait qu'il n'avait qu'à faire comme lorsqu'il avait dû ramener Dumbledore à Poudlard. Cependant il l'avait fait sans vraiment y réfléchir, mû par l'urgence. Cette fois-ci c'était différent et il appréhendait que l'un d'eux ne se désartibule. Il se concentra, focalisant son esprit uniquement sur sa destination, puis tourna sur lui-même. Hermione renforça sa prise sur son bras et fut soudainement saisie par la sensation extrêmement désagréable de compression qui accompagnait le déplacement.

Ils étaient à peine arrivés qu'Harry jeta la cape sur eux deux et vérifia que personne ne les avait vu arriver. Ils étaient dans une sorte de petit parc public, vide fort heureusement, et isolé du reste du village par de grands arbres et des buissons épais.

« Tout va bien ? » Murmura-t-il.

Hermione acquiesça silencieusement.

Faisant très attention à marcher à la même allure et assez proches l'un de l'autre pour que la cape ne laisse pas voir leurs pieds, les deux élèves sortirent du square pour arriver dans une rue sombre, bordée de maison en mauvais état et absolument vide.

« Même les moldus sentent qu'il vaut mieux rester chez soi… » Commenta dans un souffle Hermione.

Elle savait bien sûr par le biais de la Gazette que les arrestations et attaques étaient nombreuses, tout comme le nombre de personnes recherchées, et que les détraqueurs présents un peu partout propageaient la terreur. Mais constater la peur ambiante de visu et chez ceux qui ignoraient jusqu'à l'existence de leur monde avait quelque chose de bien plus poignant.

« Ne traînons pas. »

Ils suivirent la rue, ne sachant même pas s'ils étaient sur la bonne route, dans le bon sens. De plus, la maison était-elle laissée en ruine, apparaissait-elle intacte par le biais des protections, avait-elle été réellement remise en état ? De quoi avait-elle l'air ? Une maison sorcière pouvait-elle ressembler à celle d'un moldu où était-elle forcément identifiable au premier coup d'œil comme la demeure des Weasley ? Peut-être était-elle protégée par un fidelitas connu seulement de l'ordre comme le 12 Square Grimmaurd ? A présent, Harry se rendit compte qu'il ignorait complètement ce qu'il devait chercher, et que de toute manière si des protections avaient été mises, ils ne pourraient jamais la trouver.

Ils passèrent devant une église, et Harry discerna un cimetière derrière. C'était bien, au moins celui-là ils n'auraient pas à le chercher. Il ne restait plus qu'à espérer que la tombe de ses parents y soit bien. Peut-être les sorciers des environs avaient-ils un cimetière ailleurs, ou bien comme Dumbledore étaient-ils enterrés dans des lieux particuliers, symboliques ? Il n'osa poser la question à Hermione, mais regrettait amèrement de n'avoir aucune connaissance des coutumes sorcières, même après plus de six ans en leur compagnie.

Ils continuèrent leur route et se rendirent compte que cette rue là les menait vers la campagne. Après les deux rangées de maisons de chaque coté, il y avait deux bifurcations, puis des champs à perte de vue.

« Nous devrions peut-être faire demi-tour Harry, murmura Hermione. On devrait éviter de sortir du village comme ça… »

Harry s'arrêta alors sans réaliser qu'elle lui avait parlé, le regard planté au loin sur une maison tout au bout de la rue. Sans se préoccuper d'Hermione il se dirigea droit vers la masse sombre.

« Harry, ralenti, on voit nos pieds. Harry ! S'il te plaît, ne va pas si… »

Elle se tu soudainement en voyant la maison devant laquelle ils arrivaient. Harry s'en approcha en silence.

Elle était bel et bien visible, mais clairement laissée à l'abandon. Les haies avaient poussé dans un fouillis indescriptible, l'herbe avait grandi librement et leur arrivait à la taille. A sa grande surprise la plus grande partie de la bâtisse était encore debout, et en assez bon état si on excluait le lierre qui la recouvrait. Sans cette couche de végétation, sans les quelques fissures et avec une peinture fraiche, elle aurait ressemblé à toutes les maisons du voisinage. Ordinaire.

Lorsqu'Hagrid avait parlé d'aller le chercher dans les ruines, Harry avait plus ou moins imaginé que la quasi totalité de la maison avait été détruite par une explosion, mais ce n'était pas le cas. Seule une partie de l'aile droite l'était. Détruite par l'avada kedavra, détruite par la matérialisation magique du sacrifice de sa mère, détruite par le rebond du maléfice et la destruction du corps de Voldemort. Le premier étage était éventré, désormais tas de gravas et poussière et tout genre.

Harry regarda les décombres la gorge serré, c'était là qu'était sa chambre. Là qu'il devrait normalement s'isoler, travailler, se détendre, si une femme à moitié folle n'avait pas prononcé cette stupide prophétie, si un mangemort ne l'avait pas rendue publique, scellant ainsi le destin d'Harry, celui de ses parents et celui de tout le monde sorcier.

Le Survivant déglutit et se força à penser à autre chose. Puis, il mit sa main sur la poignée du portail en espérant qu'aucun maléfice ne se déclencherait, si bien qu'il sursauta lorsqu'Hermione eu une exclamation de surprise.

Il regarda l'endroit qu'elle désignait et vit ainsi un écriteau apparaître parmi les herbes et les orties.

En ce lieu dans la nuit du 31 octobre 1981

Lily et James Potter perdirent la vie.

Leur fils, Harry, demeure le seul sorcier

Qui ait jamais survécu au sortilège de la Mort

Cette maison, invisible aux yeux des Moldus, a été laissée

Dans son état de ruine comme un monument

A la mémoire des Potter

Et pour rappeler la violence

Qui a déchiré cette famille

Tout autour de l'inscription soigneusement tracée en lettres d'or, on pouvait voir des messages de soutien, ou simplement un nom, des initiales gravés dans le bois ou écrit à l'encre éternelle. Depuis 16 ans les sorciers s'étaient succédé pour marquer leur soutien à Harry et l'hommage à cette famille. Cela semblait révolter Hermione, mais Harry au contraire était heureux de voir ces inscriptions. Cela lui faisait un bien infini de voir que malgré les mensonges proférés par la gazette depuis des années maintenant, malgré la peur, beaucoup de sorciers étaient derrière lui. C'était une preuve supplémentaire qu'il ne se battait pas pour rien. Et c'était des plus réconfortant.

Après avoir vérifié que personne n'était dans les alentours – il aurait été particulièrement étrange pour un moldu de voir une vieille et lourde barrière couverte de rouille s'ouvrir seule puis se refermer – il l'ouvrit avec difficulté et entra en compagnie d'Hermione qui referma la porte derrière eux. Selon ce qu'indiquait l'écriteau, la maison était protégée pour ne pas être visible par les moldus, donc une fois sur le perron Harry n'hésita pas et enleva la cape qui les recouvrait, laissant Hermione la ranger. Il préférait entrer dans cette maison qui l'avait vu naître et avait vu ses parents mourir sans artifice, sans mensonge. C'était aussi pour cette raison qu'il avait déclinée la proposition d'Hermione d'utiliser du Polynectar. Il ne voulait pas se cacher, c'était chez lui.

Les deux sorciers sortirent leur baguette. Ils échangèrent un regard et Harry ouvrit lentement la porte d'entrée. Ils furent aussitôt saisis par une odeur à peine supportable de renfermé, de moisi, de saleté, et durent mettre aussitôt le nez dans le creux de leur coude pour se retenir d'éternuer et ainsi dévoiler leur présence. La couche de poussière qui recouvrait le sol et le mobilier était impressionnante d'épaisseur. Dans tous les coins, entre les bibelots, s'étendaient des toiles d'araignées parfois vraiment grandes et avec leurs occupantes en plein centre – dont certaines de belle taille. Heureusement que Ron n'était finalement pas venu.

Mondingus vivait caché ici et n'avait pas pris la peine de faire un minimum de ménage dans la maison, remarqua Harry. Mais cela le soulageait surtout, car si quelqu'un devait s'occuper des lieux c'était lui, certainement pas ce voleur.

Ils traversèrent tous deux le hall en marchant lentement et doucement afin d'essayer de remuer le minimum de poussière possible.

« Hominum revelio. Murmura Hermione avant d'ajouter quelques secondes plus tard : il est bien ici. »

Ils se séparèrent pour visiter le rez-de-chaussée seulement celui-ci était entièrement désert. Ils se rejoignirent alors devant les escaliers qu'ils montèrent ensemble. Ils gravissaient les marches une par une, faisant très attention quand ils posaient le pied de peur que le bois pourri ne craque sous leur poids. Les marches grincèrent beaucoup mais par chance aucune ne céda. Une fois en haut ils délaissèrent le coté droit de la maison pour se diriger directement vers les pièces situées à gauche.

Ils avaient à peine faits quelques pas que des bruits leurs parvinrent. Des craquements, des grésillements, des voix étouffées. Il écoutait la radio. Harry s'approcha sans attendre de la pièce d'où venait les sons et ouvrit violemment la porte. Le sorcier qui était étendu sur le lit sursauta et se redressa brusquement en pointant sa baguette vers l'intrus, paniqué.

« Po-Potter ? S'exclama-t-il avec effroi en reconnaissant le sorcier.

- Salut Mondingus. »

Harry, sans cesser de le menacer de sa baguette lui fit signe de lâcher la sienne mais Mondingus s'y accrochait fermement et la gardait levée vers le visage d'Harry.

« Surpris de me voir, on dirait. C'est bizarre, j'aurais pourtant juré que vous étiez chez mes parents – et donc chez moi, ici.

- Attend Potter, tu…tu devrais être à Poudlard ! Et c'est…C'n'est pas ce que tu crois !

- Ah oui ? Vous n'étiez pas avachi sur le lit de mes parents, dans la maison où ils sont morts, et en train de menacer leur fils ? Questionna Harry en avançant de quelques pas, ayant peine à retenir sa colère et son dégoût.

- Tu ne comprends pas Gamin ! Je suis recherché moi, par les mangemorts !

- Et en temps que voleur vous n'avez aucun autre endroit ou vous cacher, aucun complice prêt à vous aider ? NE NIEZ PAS ! Cria-t-il en voyant Mondingus ouvrir la bouche. Je sais très bien que vous avez dévalisé la maison de Sirius après la mort de Dumbledore !

- Sirius n'en avait rien à faire de tout ça, tenta d'éluder Mondingus avec un geste dédaigneux, et puis un ou deux objets en moins ça ne fait aucune différence maintenant qu'elle n'a plus de propriétaire.

- Dommage, au cas où vous ne sauriez pas Sirius m'a léguée la maison Répliqua Harry maintenant face à face avec le sorcier, si bien que leurs deux baguettes se touchaient presque. Et quand bien même, vous avez volé un mort, n'ayez pas le culot de le nier ! Maintenant répondez-moi, avez-vous volé un médaillon dans la maison ?

- Un médaillon ? Si tu crois que je me souviens ce que j'ai pris…

- Cherchez-bien, je suis sûr que la mémoire va vous revenir. Kreattur l'avait caché avec d'autres objets là où il dormait. Impossible à ouvrir, mais gravé du symbole de Serpentard. Allez, une relique précieuse comme celle-là, je suis sûr que vous n'avez pas pu passer à coté.

- Oh, ce truc-là. Dit le sorcier dont le visage s'était comme brusquement éclairé. Si tu veux savoir je ne l'ai plus. Je l'ai vendu. Ouais, vendu. Désolé gamin, c'était bien tenté.

- VOUS MENTEZ !

- Harry ! Calme-toi, s'il te plaît ! S'il te dis qu'il ne l'a plus… » Le supplia Hermione.

Il ne se tourna pas vers elle, sachant que Mondingus profiterait de la moindre marque d'inattention pour s'enfuir.

« Oh si il l'a encore. Et il s'en félicite, car je viens de lui apprendre qu'il avait plus de valeur que ce qu'il imaginait et il compte le vendre plus cher que prévu. Mais vous ne le vendrez pas. Donnez-le-moi, et maintenant ! »

Mondingus baissa finalement sa baguette, et Harry en fit de même. Il leva la main gauche vers une des poches de son manteau, dont on voyait clairement l'épaisseur inhabituelle. Harry sentit son cœur s'accélérer tandis qu'il n'avait même pas conscience de retenir sa respiration.

L'horcruxe était juste là, à portée de main, dans cette poche. Dans quelques secondes il le tiendrait dans ses mains, le premier qu'il ai véritablement trouvé, le premier qu'il avait cherché en connaissance de cause. Le premier qu'il détruirait en sachant ce que cela signifiait.

Il avait beaucoup de mal à y croire.

Alors qu'il allait ouvrir sa poche, Mondingus eu un sourire malicieux et tourna sur lui-même.

Un cri.

Harry se jeta en avant dans un réflexe désespéré.

Un clignement d'œil plus tard ils avaient disparu.

Hermione, sous le choc, mis quelques secondes à réaliser que les deux sorciers étaient partis. Le cri d'Harry résonnait encore à ses oreilles. Tout comme lui elle ne s'était pas attendu à ce qu'il s'enfui en transplanant. Elle imaginait que c'était impossible, mais les protections autour de la maison devaient empêcher d'arriver par transplanage, et non d'en sortir. Ils auraient dû être plus prudent, envisager cette possibilité. Après tout ils savaient depuis l'accident à Privet Drive l'été dernier que ce sorcier n'était qu'un lâche qui se mettait à l'abri au moindre danger. C'était idiot de ne pas y avoir pensé. Si Harry n'avait pas compris au dernier moment ce que Mondingus avait en tête et ne s'était pas accroché à lui, ils n'auraient aucun moyen de savoir où il s'était enfui.

Harry était avec lui.

Cette pensée était à la fois rassurante et … inquiétante. Harry même seul pouvait avoir le dessus sur lui, elle en était certaine. Mais s'il l'avait mené dans un lieu dangereux ? S'ils tombaient aux mains de mangemorts ?

Il fallait absolument qu'elle le retrouve.

Elle chercha un instant une solution, puis une idée lui vint à l'esprit. Si Harry avait hérité légalement de la maison de Sirius, alors il était le maître de Kreattur. Or, elle savait depuis ses recherches en quatrième année que les elfes étaient liés par contrat magique à leurs maîtres, peut-être avait-il un moyen de savoir où se trouvait Harry. Il travaillait aux cuisines de Poudlard mais son devoir était aussi de s'occuper de la maison au Square Grimmaurd, avec un peu de chance il y était en ce moment.

Cela faisait pas mal de variables, mais de toute manière elle n'avait aucune autre idée pour le moment.

Hermione tourna sur elle-même, concentrée sur sa destination. L'impression de compression habituelle la prit et trop lentement à son goût cessa enfin. Elle ouvrit les yeux qu'elle ne se souvenait pas avoir fermé et ouvrit la porte pour entrer avant qu'on ne la voit. A peine à l'intérieur, elle entendit des cris, et des bruits de verre brisé. Après avoir sorti sa baguette elle se dirigea vers la source du bruit.

Harry et Mondingus étaient dans le salon, les sorts formulés ou non fusaient sans arrêt. Des chaises étaient renversées, les vitrines de plusieurs meubles brisées et leur contenu éparpillé tout autour, la porte brisée en deux, et les murs roussis ou troués par endroits.

Hermione alla se mettre derrière la moitié basse de la porte pour éviter de se prendre un sort perdu tandis que les deux sorciers se battaient sans relâche. Profitant qu'aucun des deux ne l'ai vu arriver, Hermione lança un incarcerem à Mondingus qui lui tournait le dos, trop occupé à essayer d'échapper à un bloque-jambe. Immédiatement des cordes jaillirent et le ligotèrent. Quand les cordes s'enroulèrent autour de ses jambes il tenta de garder son équilibre, mais il fini par tomber en arrière. Il se cogna au passage contre un meuble, ce qui lui arracha un cri de douleur et de surprise.

Hermione ne brisa le sortilège que lorsqu'il fut complètement immobilisé, incapable ne serait-ce que de se redresser un peu ou se retourner.

Lorsqu'elle entra dans la pièce Harry lui dit qu'il allait très bien, mis à part quelques entailles à la joue faites par l'explosion d'une vitrine et qui avaient inquiété son amie.

Ils vinrent alors se mettre à coté de Mondingus, toujours incapable de faire le moindre mouvement, et pointèrent leur baguette vers son visage.

« Je vous préviens, gronda Harry, si vous tentez de mentir ou de vous échapper d'une quelconque manière, j'utilise sur vous des maléfices explosifs.

- Tu n'oserais pas, t'es qu'un gamin.

- Vous croyez ? On tente ? » Railla ledit gamin.

Au vu de l'expression d'Harry Mondingus sembla brusquement changer d'avis et se tu.

« Bien. Alors je veux juste savoir une chose. Où Est Le Médaillon ? »

Les yeux affolés de Mondingus allaient d'Harry à Hermione à Harry sans arrêt, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent enfin sur le Survivant.

« Dans ma poche. »

Harry fit un signe de tête à Hermione qui comprit aussitôt le message. Elle se pencha et écarta les cordes pour avoir accès à la poche. Elle tremblait, et dû s'y reprendre à trois fois pour l'ouvrir, mais à l'intérieur elle sentit sous ses doigts une chaine. Hermione la tira et prit le médaillon dans sa main. La différence avec le faux se fit sentir immédiatement, sans vraiment qu'Hermione sache comment. Le poids peut-être, car celui-ci semblait lourd à tenir, plus que l'autre. Et il en émanait clairement une aura de puissance, de magie sombre. Le métal semblait pulser contre sa peau, comme s'il était vivant. Mais ce n'était qu'une impression.

Il n'y avait aucun doute possible, c'était bien celui-là, l'horcruxe.

Elle se redressa et acquiesça silencieusement à l'intention d'Harry qui la regardait faire avec appréhension. Aussitôt qu'il eu la confirmation que c'était bien ce qu'il cherchait, il reporta son attention sur Mondingus qui regardait le médaillon avec envie.

« Dites, vous allez me dédommager hein ? Ce médaillon, là, j'aurai pu en tirer une petite fortune vous savez ! Alors vous le donner pour rien…

- Vous croyez vraiment que je vais payer pour quelque chose qui est à moi ? Et de toute façon, cela ne servirait à rien car vous ne vous souviendriez pas d'où vient l'argent. »

Hermione regarda Harry avec stupeur, craignant de comprendre, tandis que Mondingus n'avait visiblement pas saisi le sous-entendu.

N'attendant aucune contestation il recula de deux pas et laissa Hermione prendre sa place, s'approchant ainsi davantage de Mondingus.

« Il n'y a pas d'autres alternatives. Ce serait trop dangereux s'il allait raconter ça à tout le monde. Et je suis sûr qu'il le fera, il se ventera d'avoir eu entre les mains un tel objet. Désolée Hermione… c'est toi la meilleure avec ça »

La sorcière ferma un instant les yeux, elle détestait ce qu'elle allait faire, et ce que ça évoquait en elle. Prenant son courage à deux mains elle pointa sa baguette vers Mondingus qui commença à paniquer, essayant de se redresser malgré les liens, d'échapper au sort qui ne manquerait pas d'arriver. Avant qu'elle ne le lance, Harry assomma Mondingus.

« Oubliette. » Murmura Hermione en se concentrant sur ce qu'elle devait effacer.

Deux minutes plus tard, Hermione baissa sa baguette et se tourna vers sont ami.

« C'est fait… il ne se souviendra pas d'avoir eu un jour le médaillon entre ses mains. »

Acquiesçant, Harry se saisit de l'objet en question en le tenant par la chaîne, puis le passa autour de son cou et le glissa sous ses vêtements. Comme Hermione il eu l'impression que l'objet respirait, et il était étonnamment chaud alors qu'il s'était attendu à un contact glacial contre sa peau.

« Harry tu ne vas pas porter ça ?

- Il faut le garder en sécurité Hermione, nous n'avons pas vraiment le choix.

- … C'est vrai… admit-elle à contre cœur. Au moins jusqu'à ce qu'on soit de retour au château. Et que faisons-nous de lui ?

- Rien, je l'aurai bien fait emmener au ministère pour qu'il soit jugé pour ses vols mais ils vont en profiter pour obtenir des informations sur l'Ordre. … laissons-le là. Il devrait se réveiller dans quelques minutes, on efface les traces de notre visite et on s'en va.

- D'accord. »

Les deux sorciers s'occupèrent de remettre les meubles à leur place, de réparer les vitres et objets brisés, puis remirent la porte en état. Après un dernier regard vers Mondingus, ils sortirent. Aussitôt sur le perron ils ne tardèrent pas et transplanèrent de nouveau à Godric's Hollow, devant la maison.

Harry resta à l'extérieur et regarda lentement tout autour de lui. Il fit quelques pas parmi les herbes, incertain.

« Harry ? »

Le sorcier se tourna vers son amie.

« C'est comme si… je le ressentais. L'horcruxe. Déjà tout à l'heure avec Mondingus j'avais cette impression, mais je n'avais pas compris ce que c'était. Et là, encore... Donc Killian avait raison, l'horcruxe est ici. »

Après avoir fait quelques pas dans les herbes, il se tourna vers la porte d'entrée.

« Rentrons, je pense qu'il a été caché à l'intérieur. »

La jeune sorcière lui emboîta le pas et ils entrèrent à nouveau dans la maison. Ils cherchèrent ensemble au rez-de-chaussée sans rien trouver.

« A l'étage. Dit Harry après avoir jeté un œil dans la cuisine.

- Harry, tu es sûr qu'il n'est pas là ? Nous n'avons ouvert aucun meuble, rien touché.

- Je le sentirais Hermione. Je te l'ai dit, je le ressens, je … je l'entends.

- D'accord, d'accord. Alors montons. »

Ils se retrouvèrent à nouveau à l'étage.

Sans hésitation Harry se dirigea à nouveau vers la chambre où ils avaient trouvé Mondingus. La chambre de ses parents. Le lit avait été nettoyé ainsi que le sol autour et une bonne partie de la poussière qui recouvrait les meubles.

Hermione ouvrit les tiroirs des commodes. A l'intérieur se trouvaient principalement des vêtements usés par le temps. Dans le dernier elle trouva cependant une boîte allongée, d'une soixantaine de centimètres de coté pour une quinzaine de hauteur et de profondeur. Alors qu'elle tentait de faire taire sa conscience qui lui hurlait que ce qu'il y avait dedans ne la regardait absolument pas, Harry vint s'asseoir à coté d'elle.

« Il est là. Je le sens, il est là-dedans. »

Hermione lui tendit la boîte.

« C'est à toi de l'ouvrir. »

Le jeune sorcier acquiesça et prit la boîte qu'il posa sur ses genoux. Précautionneusement il souleva le couvercle. A l'intérieur, sur le coté, une robe de Poudlard était pliée de façon à mettre le blason sur le dessus. Il passa ses doigts sur le symbole au lion en esquissant un sourire. A coté il y avait un paquet d'enveloppes attachées ensemble. Harry coupa la ficelle et retourna les lettres. La première était la lettre envoyée par Poudlard pour signifier aux jeunes sorciers que leur première rentrée approchait, avec la liste des fournitures. Les lettres d'après montraient en expéditeurs M. et Mme. Evans. Harry ne les ouvrit pas, malgré la grande curiosité qu'il ressentait. Il n'avait pas le temps, il n'était pas là pour ça. Mais un jour après la guerre Harry se promit qu'il reviendrait et les lirait, il reviendrait et prendrait du temps pour explorer le passé de sa famille, connaître un peu plus sa mère.

Hermione entendit son ami faire un bruit ressemblant à un grondement en dévoilant l'expéditeur de la missive suivante. Mme Prince. Il allait la retirer du paquet lorsqu'Hermione l'en empêcha en attrapant son bras.

« Harry, ce n'est pas Rogue, elle n'est pas responsable des actes de son fils, quels qu'ils soient. Et tu ignores ce que dit cette lettre : si ta mère l'a gardée avec les autres c'est qu'elle avait une certaine valeur à ses yeux.

- D'accord, D'accord ! Tu as sûrement raison… »

Il remit l'enveloppe avec les autres et continua de regarder les suivantes. Etonnamment, l'expéditeur était Lily Evans, puis Lily Potter. Et elles avaient toutes le même destinataire, Pétunia Dursley. Des lettres jamais envoyées, ou plus probablement retournées à Lily sans avoir été ouvertes.

Se promettant une fois de plus de les lire une fois que tout serait terminé, Harry accrocha de nouveau les lettres ensemble et les reposa. Le dernier objet était une sorte d'écrin noir d'une quinzaine de centimètres de coté pour autant de profondeur. Lorsqu'Harry l'ouvrit ce fut pour dévoiler à leur regard un collier.

« Il est … il est magnifique… »

Hermione confirma à voix basse ce que son meilleur ami venait de dire dans un souffle.

Le collier en lui-même était simplement constitué de petits maillons argentés. Un pendentif y était accroché, fin et très détaillé malgré sa petite taille, peut-être quatre centimètres tout au plus pour la moitié de largeur. Il représentait deux ailes angéliques partant sur les cotés, puis repliées vers le bas jusqu'à ce que les deux plumes extérieures se rejoignent quasiment pour soutenir un rubis ressemblant à une goutte renversée. Le point de naissance des ailes était quant à lui une très petite pierre émeraude. Les deux ailes, dont seuls les contours et le détail des ailes étaient représentés par un fil d'argent, laissant vide le reste, évoquaient presque la forme d'un cœur.

« Sans doute un des premiers cadeaux de mon père… je pourrais peut-être l'offrir à Ginny quand tout ça sera terminé.

- Oui… oui, probablement. Je pense qu'elle sera heureuse d'avoir quelque chose qui appartenait à ta mère. »

Hermione observa alors la boîte, songeuse.

« Harry, tu ne vois pas quelque chose de bizarre ?

- Heu … non, pourquoi ?

- Regarde la profondeur à l'intérieur de l'écrin, il doit y avoir à peine cinq centimètres. Et pourtant à l'extérieur on voit qu'il est bien plus profond que ça.

- Tu as raison … Un double fond… ! »

Harry mis sa main dans l'écrin et tâtonna en suivant les bords, puis il souleva la plaque où reposait le collier en faisant attention à ne pas le faire tomber. Dans le double fond il y avait une petite coupe, tout juste à la taille de son contenant et à l'effigie de Poufsouffle.

« Le second horcruxe… »

Hermione pria silencieusement pour qu'il ne se demande pas pourquoi Voldemort l'aurait placé justement là, mais heureusement Harry était apparemment trop soulagé de l'avoir trouvé pour se poser une telle question.

Après avoir récupéré la coupe Harry la glissa dans le sac qu'il avait emmené.

« Hermione, avant qu'on rentre à Poudlard j'aimerai passer par le cimetière… »

Avant de répondre, la sorcière fit apparaître l'heure.

« On peut, mais rapidement alors. Ca fait déjà presque une heure et demi qu'on est parti du château.

- Ce sera rapide, je veux juste aller voir leur tombe. »

Comprenant tout à fait ce besoin, Hermione n'ajouta rien d'autre.

Une fois qu'ils eurent remis l'écrin dans la boîte et celle-ci dans le tiroir, les deux sorciers ressortirent de la maison. La nuit était doucement en train de tomber, et l'obscurité qui s'installait le faisait d'autant plus facilement que d'épais nuages noirs couvraient le ciel et il faisait bien plus froid qu'à leur arrivée. Un orage se préparait. Avant de faire quoi que ce soit, ils prirent le temps de remonter leur écharpe jusqu'au nez ainsi que la capuche de leur veste. Ensuite, ils sortirent du jardin et il ne leur fallu qu'une dizaine de minutes pour retrouver l'Eglise et donc le cimetière qui se trouvait juste derrière. Pour y aller ils durent traverser la petite place devant l'église, et lorsqu'ils approchèrent du monument aux morts qui en était le centre, celui-ci se transforma, faisant finalement apparaître devant leurs yeux une statue.

Ils s'arrêtèrent alors et contemplèrent le nouveau monument : un homme portant des lunettes, au visage familier et aux cheveux en bataille tenait contre lui une belle femme aux cheveux longs et aux traits bienveillants, tandis que celle-ci portait un enfant dans ses bras. Harry resta immobile, les regardant chacun avec un mélange de fierté, de tristesse et de surprise. Il ne s'était absolument pas attendu à ce qu'il y ait une statue, et les voir, mais aussi et surtout se voir lui-même immortalisé dans la pierre lui procurait un sentiment étrange.

Il regarda la statue quelques secondes, puis se détourna avec un soupir, Hermione avait raison il ne fallait pas trop traîner. Un jour, quand tout serait fini, il aurait le temps pour ça.

Ils pénétrèrent dans le cimetière, vaste alignement de pierres tombales plus ou moins identiques, certaines fleuries, d'autres laissées à l'abandon et aux injures du temps. Et parmi elles peut-être celle de ses parents.

Harry sentit une sorte d'angoisse sourde monter. C'était sans doute dû à l'ambiance du lieu, mais c'était aussi autre chose, quelque chose qu'il ne pouvait nommer ou expliquer. Hermione ressentit aussi un sentiment étrange et devina que son ami y était confronté également en voyant son visage devenir légèrement soucieux. Espérant que cela lui ferait du bien de sentir sa présence près de lui, elle lui prit la main avec un sourire encourageant. Il le lui rendit, et ils continuèrent à avancer entre les rangées, cherchant parmi les noms gravés celui des Potter.

A leur grande surprise ils rencontrèrent un certain nombre de noms de familles qui ne leur était pas inconnus, tels Abbot, Entwhistle ou Turpin. Des parents, des cousins, des ancêtres d'élèves qu'ils côtoyaient tous les jours à Poudlard. Harry n'avait jamais imaginé que tant d'élèves avaient leurs racines à Godric's Hollow, comme lui.

« Harry… regarde, là. »

Le sorcier suivit du regard l'endroit que pointait son ami, pour arriver sur une tombe. Il s'approcha et vit le nom de celui qui était enterré là : Ignotus Peverell. Et en dessous, ce qui avait attiré le regard d'Hermione : le symbole du livre, le symbole des reliques de la mort. Luna en avait parlé lorsqu'ils l'avaient interrogé, il se souvenait à présent. Elle leur avait dit que beaucoup de sorciers pensaient que les frères Peverell étaient les trois frères du conte à cause de cette marque sur la tombe.

« Hermione… gronda Harry, voyant le regard de son ami refléter un intérêt soudain. On savait déjà pour cette tombe, et on est là pour mes parents. On doit se dépêcher, tu te souviens ?

- Oui, oui, bien sûr ! Répliqua Hermione en fixant la marque. Luna nous l'avait dit, c'est vrai, mais je ne pensais pas …

- Qu'elle pouvait avoir raison ? »

Hermione ne répondit pas, gênée. Oui, c'était vrai, elle n'avait pas cru un mot de ce qu'avait raconté Luna, mais elle passait son temps à déclamer des légendes en les croyant réelles !

« On en a déjà parlé, les reliques existent. Ma cape en est la preuve. Mais … Hermione, ce n'est pas le moment ! »

La sorcière cligna plusieurs fois des yeux, puis parvint à détacher son regard de la marque. Lorsqu'ils partirent, elle jeta un dernier regard à la tombe, ne pouvant s'empêcher de douter.

Ils marchèrent encore une dizaine de minutes, et enfin, s'arrêtèrent devant une tombe de marbre blanc, qui rendait bien visible les écritures malgré l'obscurité. Hermione resta où elle était tandis qu'Harry s'avança lentement, lisant à voix basse le nom de ses parents et l'épitaphe qui s'étalait en dessous.

Une fois à coté, il s'agenouilla et commença à parler à voix basse. Hermione se recula un peu et fixa son attention sur autre chose, ne voulant pas entendre ce qu'il disait. C'était un moment personnel, elle n'avait pas à écouter. Elle se sentait même vraiment de trop, comme si elle n'aurait pas dû être là du tout. Alors à la place elle réfléchit à la signification de la présence de la tombe d'Ignotus Peverell dans ce cimetière. Cela remettait en cause tout ce qu'elle avait toujours pensé : les contes n'étaient que cela, des contes … rien de plus. Comment croire que de tels objets existaient réellement. Que les trois frères aient existé ! Etait-ce cela que Dumbledore avait essayé de leur faire comprendre en leur donnant ce livre ? Mais ils devaient déjà rechercher les horcruxes ! Devaient-il aussi chercher les reliques, les obtenir ? Devenir le « maître de la mort » ? C'était absurde, tellement absurde… une légende…

Soupirant devant cette nouvelle énigme qui défiait son esprit pragmatique, Hermione s'efforça de redescendre sur terre. Harry se relevait difficilement, tant par l'engourdissement de ses jambes que par le poids de la tristesse qui pesait sur ses épaules. Il gratifia Hermione d'un regard compatissant pour lui avoir laissé ce moment en tête à tête avec ses parents.

« Harry… dit-elle à voix basse en s'approchant de lui. Tu vas bien ? »

Il ne fit aucun mouvement lorsqu'elle lui prit la main, gardant son regard simplement fixé sur la pierre.

« Je ne sais pas. Oui … et non. Je suis heureux d'être ici, d'être enfin retourné dans cette ville, et d'avoir pu venir sur leur tombe. Souffla le sorcier. Mais c'est … difficile. J'ai toujours eu dans l'idée qu'ils étaient morts tu sais, je savais que je ne les reverrais jamais. Mais cette tombe, ces inscriptions sur la pierre, ça donne pour la première fois un aspect … concret. Ils sont là-dessous, tués par Voldemort, je ne les verrais jamais. C'est réel. Définitif. »

Elle serra la main dans la sienne. Les mots étaient inutiles.

« Hermione… partons. »

Ce n'était pas une demande, c'était à mi-chemin entre l'ordre et la supplique. Cela se voyait sur son visage qu'il ne supportait plus de rester ici.

« Bien sûr. »

Avant de partir toutefois, Hermione agita sa baguette et une couronne de fleur en sorti pour aller se poser sur le marbre blanc. Après un dernier regard ils reculèrent pour revenir dans l'allée.

« Prends mon bras, on retourne chez Miss Figg.

- Attend ! Harry, attend !

- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? »

Hermione pointa vers un autre coin du cimetière.

« Là-bas, regarde, une autre tombe de marbre blanc, qui ressemble … beaucoup à celle de tes parents !

- Il n'y a pas dix mille sortes de tombes différentes… Répliqua Harry avec un haussement d'épaules. Viens, rentrons.

- On peut aller voir ? Juste cinq minutes, s'il te plaît. J'ai un pressentiment. »

Harry capitula, après tout c'était lui qui avait demandé à venir ici d'abord. Resserrant leur capuche et remontant leur écharpe pour éviter au maximum le froid, ils parcoururent à nouveau les allées pour arriver près de la tombe qui avait intriguée Hermione. Elle lu les noms à haute voix, ayant peine à croire ce qu'elle lisait.

« Kendra Dumbledore … et Ariana Dumbledore. D'après le livre de Skeeter, ce sont sa mère et sa sœur. »

Harry s'approcha, fixant les inscriptions.

« Il ne me l'a jamais dit… Il ne m'a jamais dit que sa famille était enterrée près de la mienne. Il ne m'a rien dit. »

Comme tant d'autres choses. Compléta Hermione, ressentant elle aussi de l'amertume, même si c'était négligeable par rapport à celle qui étreignait clairement Harry au même instant.

Hermione fit le plus calmement possible un pas en avant et se colla contre son ami.

« Harry… Murmura Hermione. J'ai entendu des bruits derrière nous. Je crois qu'on nous observe.

- Bathilda ? Dit avec espoir Harry, qui se souvenait qu'elle aussi habitait le village.

- Je ne pense pas. J'ai vraiment entendu plusieurs bruits, comme s'il y avait plusieurs personnes. »

Ils passèrent deux secondes sans rien ajouter, faisant semblant d'agir normalement, de se recueillir sur la tombe des Dumbledore, et Harry entendit lui aussi quelques bruissements en faisant très attention.

« Sors ta baguette. » Souffla-t-il d'une voix à peine audible.

Hermione obéit en faisant attention à être discrète, mais prête à lancer un sort au cas ou. Il valait mieux ne pas tenter de transplaner : ils ignoraient à qui ils avaient affaire et combien ils étaient, transplaner mobilisait beaucoup trop de concentration et ils risquaient de se faire toucher par un sortilège pendant qu'ils faisaient le tour sur eux-mêmes.

« Tu crois qu'ils savent que c'est nous ? Demanda Harry.

- Ils s'attendent à voir deux personnes avec toi, pas une seule, et avec nos capuches et nos écharpes impossible de nous reconnaître. Si ce sont des rafleurs ils doivent nous prendre pour des fuyards. Je t'en supplie Harry, si on doit se battre, ne lance aucun sort de désarmement. Voldemort t'a déjà reconnu comme ça cet été.

- Je sais bien. »

Ils se regardèrent discrètement, puis Harry ferma les yeux une petite seconde.

« Maintenant ! » Dit-il brusquement.

Les deux sorciers se retournèrent en brandissant leurs baguettes. En face d'eux, à une vingtaine de mètres, quatre sorciers. Harry et Hermione n'en reconnaissaient aucun, c'étaient plus probablement des sympathisant que de vrais mangemorts.

« Attrapez-les ! » Cria l'un d'entre eux.

La pluie de maléfice ne se fit pas attendre. Hermione jeta un maléfice d'entrave en espérant que ce les ralentirait un peu tandis qu'Harry créait un bouclier. Sans se concerter ils firent le tour de la tombe des Dumbledore en courant, se rejoignirent de l'autre coté et tentèrent de mettre un maximum de distance entre eux et les rafleurs – afin de pouvoir se battre dans de meilleures conditions. Tout en courant, ils évitaient tant bien que mal les sorts qui fusaient et en lançaient à leur tour, principalement des sorts de paralysie, de blessures légères.

Ils arrivèrent rapidement aux limites du cimetière, qui était aussi celles du village. Ils traversèrent des buissons, puis se retrouvèrent rapidement dans un bois très dense. Les branches basses leur fouettaient le visage, les avant-bras, les mains. A plusieurs reprises l'un d'eux trébuchait, et l'autre l'aidait à se relever. Leurs poursuivants n'étaient pas loin, malgré leurs efforts ils n'arrivaient pas à mettre de distance entre eux. Et courir en ne cessant de se retourner pour éviter les sorts n'était pas évident. Parfois un maléfice les frôlait, ne faisant aucun dégât mais coupant le vêtement qu'ils rasaient.

Enfin, il sembla qu'ils réussissaient à gagner un peu d'écart. La densité extraordinaire de la forêt et des buissons devait y être pour quelque chose : la plupart de leurs poursuivants étaient assez massifs et parvenaient moins bien à se frayer un chemin. Mais alors qu'ils allaient ralentir pour se battre réellement, ils entendirent des sorciers arriver en renfort.

Harry avait ralenti et semblait prêt à se battre. Hermione pour sa part savaient qu'ils qu'ils n'arriveraient jamais à avoir le dessus. Ils étaient essoufflés, effrayés, chaque parcelle de peau dénudée semblait arborer une griffure plus ou moins profonde et douloureuse, sans compter que l'environnement entravait largement leurs mouvements. Et ils n'étaient que deux, contre combien, cinq, six ?

Hermione se retourna rapidement, transforma le sol entre eux et les rafleurs en une glace bien lisse, puis tira Harry derrière un amas de buissons haut à proximité. Elle tourna alors sur elle-même, tenant fermement le bras d'Harry pour empêcher qu'il ne soit tenté de rester pour se battre. Ils entendaient encore les cris des sympathisants de Voldemort dérapant sur le sol glissant ainsi qu'un hurlement « Incendio ! » alors qu'ils disparaissaient.

Quand ils arrivèrent à leur lieu de destination, Hermione étouffa un gémissement de douleur et fit sortir un jet d'eau de sa baguette pour éteindre le feu qui dévorait entièrement sa manche gauche. Même une fois qu'il fut éteint, elle senti parfaitement une douleur extrêmement vive sur la totalité de son brasr. Elle déchira le peu de tissu qu'il restait, se fit un bandage rudimentaire en espérant diminuer la douleur et reconstitua sa manche à l'aide d'un sort.

Un râle de douleur lui fit tourner la tête. Elle fut prise d'un haut-le-cœur, les larmes coulant cette fois-ci sans qu'elle ne puisse les retenir, se perdant dans des hoquets de terreur alors qu'elle regardait Harry pour la première fois depuis leur arrivée. Il était allongé par terre, replié sur lui-même et enserrait sa cuisse en se retenant de crier. Ce qu'elle vit la glaça : il s'était désartibulé, malgré le tissu qui couvrait encore en parti sa jambe c'était évident qu'il lui manquait un morceau de chair assez conséquent à l'arrière de la cuisse. Son genou et la partie haute du mollet était en sang, rendant son pantalon particulièrement épais et luisant, et il continuait d'en couler encore en quantité effrayante.

Elle se leva et frappa à la porte de Miss Figg, qui lui ouvrit aussitôt. Hermione lui montra Harry, expliqua en trois mots ce qu'il leur était arrivé et la cracmol l'aida à amener Harry dans la maison.

« Vous pouvez le soigner ? Demanda Hermione d'une voix complètement affolée.

- J'ai quelques potions, mais rien pour un tel cas d'urgence… Tenez mon garçon, buvez déjà ceci, c'est pour diminuer la douleur, et ça, pour renouveler un peu le sang que vous perdez. Dit-elle en ramenant deux flacons qu'elle ouvrit et mis l'un après l'autre entre les lèvres d'Harry. Je ne peux rien faire de plus, vous devez retourner à Poudlard maintenant. Prenez la cheminette ensemble, il pourrait bien se perdre sinon. … Vite, vite ! »

Sans attendre davantage Hermione passa le bras d'Harry autour de ses épaules et passa la sienne dans le dos du Survivant, essayant de le soutenir de son mieux. Miss Figg l'aida à se placer correctement dans la cheminée, puis lui tendit la poudre. Hermione en saisit la plus grosse poignée possible et parvint malgré ses sanglots à dire clairement : Poudlard, bureau d'Amycus Carrow !


J'espère que vous avez apprécié.

A la semaine prochaine pour la suite :)