Salut à tous ! On se retrouve avec le chapitre de juillet pour la série de Détective Conan et sa tentative de garder un peu de sens commun après l'invasion de One Piece.

Déjà, merci à Maenas pour son commentaire. Les rebondissements, il y a en des tas dans ce manga, alors tu n'en as pas fini avec les surprises. Et le bug était voulu, ne t'en fait pas.

Merci aussi à la petite communauté silencieuse qui suit encore et toujours cette fic depuis aussi longtemps.

Bien! Ceci étant dit, on peut enchaîner sur le chapitre et faire le point sur les incidents impliquant Vermouth et les conséquences de ceux-ci.

Je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt !

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Il pleuvait des cordes au dehors alors qu'un groupe d'enfants se réfugiait sous leur parapluie en rentrant de l'école, discutant de l'enlèvement qu'il y avait eu un peu plus tôt durant la semaine, dans lequel Conan et Ai avaient été impliqués.

- Oui, Genta-kun, c'est vrai, et nous avons été sauvés, sauf que notre agresseur s'est enfui, répondit avec lassitude Conan en suivant l'histoire de couverture du FBI sur le sujet.

- En tout cas, c'est bien ! nota Mitsuhiko avec un sourire. Ton rhume est guéri, Haibara et vous avez pu revenir à l'école.

- Je trouve ça plutôt bien que ces deux-là n'aient pas été plus blessés que ça dans cette affaire, marmonna Red avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire. Le rhume, on s'en fout un peu à côté.

- C'est Conan-kun qui nous a dit de ne pas nous attarder sur l'affaire, protesta Ayumi. Mais on était tous inquiets !

- Ce n'est pas la peine, on va bien, rassura avec un doux sourire Haibara.

- On serait bien allés te voir, mais Conan-kun nous l'a interdit en disant que tu étais encore malade et que ta maladie était contagieuse, et que c'était même pour ça que Dawn avait passé quelques jours chez Newgate-san.

- Ah bon… s'étonna la scientifique.

Elle jeta un œil par-dessus son épaule à Conan qui surveillait discrètement leurs arrières en prétendant s'assurer que Red ne mette pas sa canne dans les pieds de quelqu'un par accident. La demoiselle ralentit le pas jusqu'à être au niveau des garçons et leur demanda s'ils pensaient qu'elle avait bien fait de sortir.

- Sans doute, c'est un début, répondit Conan.

- Comment ça ? paniqua Haibara.

- J'ai eu l'assistance de Dawn et de son chat pour trouver tous les micros posés chez le professeur Agasa et les détruire, et hier soir, on est venu ici se promener. Dawn sous sa forme adulte et moi avec ton apparence, grâce à ma mère.

- Vous vous êtes encore mis en danger !

- Non. Sans parler qu'à la moindre menace, ça risquait de mal finir pour l'agresseur, Kali et Thatch nous ont couverts, rassura Red. Personne de bizarre ne nous a surveillés ou suivis. C'est la preuve que dans cette traque, on a gagné du répit. Un looong répit si j'en crois le fait que Vermouth a perdu un œil !

Le sourire sanglant et satisfait, si décalé sur le visage d'un enfant, faisait froid dans le dos.

- Thatch a dit que le FBI resterait aux aguets, donc, pas de quoi s'en faire, conclut le petit pirate.

- En parlant du FBI, Agasa m'a dit que Jodie vous avait appelés tous les deux ce matin, c'est à quel sujet ? demanda Conan.

- He ? répondit Haibara.

- Pour vérifier qu'on nous avait bien passé le mot, non ?

- Oui, c'est à peu près ça, confirma de façon maladroite Haibara.

Red eut un reniflement hilare en secouant la tête.

- Jodie-san m'a raconté la blague la plus drôle du siècle ! Franchement, j'ai pas autant ri depuis la fois où j'ai rhabillé Thatch en vahiné !

La vérité était que Jodie leur avait proposé d'entrer dans le programme de Protection des Témoins. Devenir quelqu'un d'autre en échange d'un témoignage, même si Red ne pouvait pas témoigner sous peine qu'on découvre que son identité était une invention. Sans parler que cela voulait dire renoncer à son nom et à leur entourage. Haibara l'avait écoutée en silence la proposition, alors que lui, il en avait ri. Il avait préféré en rire plutôt que rager. Parce que son identité était tout ce qu'il lui restait.

Sans le réaliser, Haibara s'était arrêtée de marcher, faisant que bien vite, le reste du groupe se tourna vers elle pour savoir si elle avait un problème, mais la petite scientifique se justifia en disant qu'elle avait juste eut une petite faiblesse passagère vu qu'elle n'avait pas marché dehors depuis un moment. C'est sur cela qu'Ayumi leur dit au revoir pour partir joyeusement de son côté.

- Tu penses encore à ce qu'a proposé Jodie-san ? demanda tout bas Red alors que la petite Ayumi s'en allait en gambadant joyeusement dans les flaques avec ses bottes.

- Hm.

Le groupe allait se remettre en marche quand ils entendirent un cri strident un peu plus loin venant de Ayumi. Red prit immédiatement la tête du groupe qui courait pour retrouver la fillette, utilisant ses sifflements pour éviter les murs, avec l'aide des indications de Conan derrière lui. La petite était assise par terre, blanche comme un linge, indemne, mais la même chose ne pouvait pas être dite au sujet de la femme trempée jusqu'aux os, qui se tenait un bras blessé à proximité. Ayumi regarda fixement en face d'elle avec perplexité, avant de regarder la paume de sa main pour voir une étrange marque dans sa chair.

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Bien entendu, la police fut vite au courant et c'est Satô qui prit la déposition de la fillette. Malheureusement pour eux, il était impossible de mettre un visage sur l'agresseur. Vu qu'il pleuvait, le fait que l'homme avait une capuche et une casquette n'était pas suspect en soit. Rajouter à ça la peur, et il était compréhensible que la gamine n'ait pas regardé la tête du coupable. Quant à la femme qui avait été blessée, elle n'avait pas vu non plus son visage.

- Bon, réfléchit Satô. Sa méthode d'agression s'apparente à trois autres cas précédents, mais sa tenue est différente.

- Il a poussé un grand ouoooh ! donc, Ayumi-chan est sûre que c'est un homme ! lança la fillette.

- Un cri ne nous suffira pas, il faudrait au moins l'avoir enregistré, lui pointa gentiment l'inspectrice.

- Ouiii… Ayumi-chan se baladait justement avec de quoi enregistrer la voix d'un agresseur qu'elle ne s'attendait pas à rencontrer sur le chemin de chez elle ! commenta narquoisement Red.

- C'est pas bon le sarcasme, Dawn, lui dit Conan d'un air blasé.

- Nan mais parfois, y'a des commentaires qui me font bien rire devant leur connerie. Ce genre d'énormité, c'est du niveau du jiji et c'est tout sauf un compliment !

- Dans tous les cas ! coupa Satô. Allons sur les lieux pour les inspecter ! Aymi-chan se souviendra peut-être de quelque chose.

Ils retournèrent bien vite dans la ruelle où la rencontre avait eu lieu, là où quelques policiers étaient encore sur place pour écarter les curieux. Ayumi alla se mettre à l'angle de la rue, disant à Satô que c'était ici qu'elle avait été renversée. Mitsuhiko annonça qu'ils s'étaient précipités en entendant leur amie hurler.

- Il a pris la fuite quand Mitsuhiko et les autres ont accouru, c'est bien cela ? se fit confirmer Satô en prenant ses notes.

- Non ! Il fuyait déjà avant ! précisa la fille. Il m'a bousculé pendant qu'il fuyait, et avant de repartir, il s'est tourné vers moi !

- Il s'est tourné ? Pourquoi faire ?

- Je sais pas, j'ai entendu comme un tintement, il a…

- …probablement ramassé quelque chose, compléta Red.

- Il n'aurait pas fait tomber des pièces de monnaie, supposa Genta.

- Des lunettes, des clefs de voiture… proposa Mitsuhiko avec un air pensif.

- Un collier ou un bracelet, rajouta Haibara.

- L'option de Tsuburaya est plus plausible, intervint l'aveugle en se décollant du muret auquel il était adossé.

Il s'éloigna des habitations pour rejoindre le groupe au milieu de la rue qui s'écarta pour lui faire une place facile puisqu'il avait sa canne blanche dans son dos.

- Quand tu es en fuite, tu ne t'arrêtes pas parce que tu as perdu de la monnaie. Des pièces, surtout dans une rue pluvieuse, c'est inexploitable comme preuve. Rien ne dit quand ça a été perdu. Les bijoux, ça pourrait revenir au même, sauf s'il s'agit d'une gourmette ou de quelque chose nominatif qui désigne clairement le porteur. Là où Tsuburaya a certainement plus raison, c'est que des lunettes, si on a une mauvaise vue, sont vraiment nécessaires, tout comme des clefs. Je suis en cavale, je perds un bijou ou de la monnaie, je m'arrête pas, mais si ce sont les clefs de chez moi, je vais pas les laisser par terre, c'est certain.

- Red-kun n'a pas tort, admit Satô en prenant des notes.

- Ayumi-chan sait pas ce qu'il a ramassé, mais ça a un rapport avec le chiffre cinq, annonça la gamine. Ayumi-chan avait cette trace sur la paume de laa main droite. J'ai regardé autour de moi, mais je n'ai rien vu pour l'expliquer par terre.

- Pourrais-tu le dessiner ?

Satô tourna une page blanche de son carnet et avec application, la fillette y dessina un cinq assez imposant et difforme, dont la partie du haut était étrangement grosse par rapport à la boucle du bas. Le symbole pouvait tout aussi bien être un S qu'un cinq pour le coup.

- Bien, on l'expertisera… commença Satô.

Sauf que voilà, Ayumi remarqua quelqu'un dans l'arrière de la foule, avec un imper semblable à son agresseur.

- Là ! cria-t-elle en pointant l'homme qui se détournait du doigt.

Conan allait partir à la poursuite, comme Mitsuhiko et Genta, quand Red le rattrapa par un bout de son blouson. Le petit détective regarda son camarade pour une explication mais le D. avait juste un sourire amusé sur le visage. Satô partit à la poursuite des enfants alors qu'ils essayaient de se faire un chemin dans les badauds. L'homme faillit leur échapper, mais bien heureusement, ils sortirent de la foule assez vite.

- Hé, attendez ! appela Satô.

Avec un cri de guerre, les deux chevaliers servants de Ayumi se jetèrent dans les jambes de leur suspect, l'envoyant à terre de toutes leurs forces.

Red dégaina sa canne blanche et, suivi du reste des gosses, s'approcha de la foule. Dans ce genre de situation, son handicap était un avantage puisque tout le monde s'efforça de le laisser passer sans encombre, au point de parfois marcher sur les pieds des voisins. Le petit groupe d'enfants alla donc rejoindre les deux garçons et Satô, sans que Red ne perde son sourire.

- Pas trop mal, Takagi-keiji ? demanda le garçon.

Genta et Mitsuhiko s'écartèrent pour laisser le policier se relever en se frottant le crâne.

- C'est pas drôle du tout, Red-kun, bougonna le pauvre homme.

- Dis, tu n'aurais pas vu un homme avec une capuche ? demanda Satô à son collègue.

Takagi montra la rue d'un large geste de la main.

- Il n'y a que ça, la pluie vient à peine de s'arrêter.

Alors que le groupe d'enfants débattait sur le pourquoi le coupable serait revenu sur les lieux, Genta secoua ses gros bras en bougonnant.

- Je suis trempé, grommela le garçon en tournant le dos à Conan qui avait sorti son propre carnet d'enquête.

Mitsuhiko regarda par-dessus l'épaule de son ami qui disait qu'il fallait se concentrer sur le dessin de Ayumi, leur unique indice. Le duo releva le nez pour voir que Genta leur tournait toujours le dos, demandant à Red son secret pour être en permanence sec. Mais ce n'était pas ça qui interpella le duo. C'était une marque sur la poche arrière du short de jean de leur ami.

- Genta-kun ! Tes fesses ! C'est la marque de l'agresseur ! avertit Mitsuhiko.

- Non, vous rigolez ! s'étrangla le garçon.

Takagi (qui avait passé son imper sur son bras) et Satô se penchèrent pour mieux voir la trace boueuse et pourtant claire de l'étrange symbole sur le tissu. On discernait un motif en plus, presque invisible, mais c'était une bonne piste.

Il fallait maintenant que Genta se rappelle de l'endroit où il avait pu entrer en contact avec leur homme.

- Alors, c'est pas Takagi-keiji que tout le monde a confondu avec le coupable ? s'étonna Red. Le coupable était bien là et il a profité du fait qu'il y ait que des capuches dans les environs pour disparaître ?

- T'en loupes pas une, Dawn, soupira Haibara en se massant le nez.

- Excuse-moi de spéculer avec ce que je perçois ! J'ai jamais dit que mon sixième sens était une science exacte ! se défendit l'aveugle.

- Comment tu as eu cette marque ? demanda Mitsuhiko à son ami gourmand.

- Je sais pas… je sais que j'ai trébuché à cause d'un sac et que j'ai percuté un vélo, mais ce n'était pas l'agresseur, c'était une femme en manches courtes, marmonna Genta. En plus…

Il jeta un regard nerveux à Satô mais ne poursuivit pas sa phrase.

- Il pourrait être question d'un sigle ? supposa Haibara. Ça expliquerait qu'on le retrouve sur le vélo ou le sac.

- Retournons sur les lieux, les badauds doivent encore être là et on pourra les interroger, recommanda Takagi.

Pas de réponse de la part de Satô et Conan.

- Satô-san ? appela Takagi.

- Pardon, j'arrive ! répondit la femme en se relevant d'un bond de là où elle regardait le symbole sur le cahier de Conan.

Où est-ce qu'elle avait déjà vu quelque chose de semblable ?

En retournant sur place, ils retrouvèrent le propriétaire du sac et celle du vélo, mais les deux objets n'avaient aucune marque, sans compter que sur les deux, seul le véhicule était sale. Ce n'était donc pas avec ça qu'il s'était fait l'étrange marque au derrière.

- Où as-tu pu te faire ce cinq ? Ou ce S, comme tu veux... demanda Mitsuhiko à l'adresse de Genta.

Le garçon haussa des épaules, n'ayant pas de réponse.

- Ce n'est aucun des deux, expliqua Conan. Cette trace est inversée par effet de miroir. Et il y a la taille aussi. La tienne est largement plus grande que ce qui a été imprimé sur la main d'Ayumi-chan. Sinon, cela lui aurait pris toute la main.

- C'était petit comme une pièce de Yen, juste là sur ma main droite, confirma Ayumi en montrant une petite zone proche de son poignet.

- Marque distincte en taille, mais avec même symbole. C'est peut-être des accessoires différents d'une même marque, marmonna Red en passant sa canne derrière sa nuque. Namur-nii-san était fan de la marque Criminal, il avait un gros logo sur tout ses tee-shirts et portait aussi des chaussures avec le même symbole. La taille variait, mais l'emblème restait le même. C'est peut-être quelque chose comme ça.

Conan remarqua une étrange marque boueuse sur le bord de la manche de Ayumi. Une marque très droite et distincte. C'est à cet instant que l'explication sur la familiarité du sigle se manifesta. Dans un bel ensemble, Conan et Satô allèrent rejoindre la voiture de la policière qui était garée dans un coin de la rue, pas loin de la scène de crime. Le capot du véhicule était boueux à cause de la pluie et des chemins, mais le symbole à l'avant était en relief, représentant exactement la source de la marque sur les fesses de Genta.

La marque de voiture Infiny.

- Alors, c'était sur le capot de cette voiture que tu t'es assis, Genta ? demanda Mitsuhiko qui se rappelait d'avoir vu son ami s'installer pour patienter sur une voiture.

- Pourquoi ne l'as-tu pas dit tout de suite ? s'enquit Ayumi.

- J'y ai pensé, avoua Genta. Mais j'ai préféré me taire, je pouvais pas songé que ce soit Satô-san la coupable !

- Mais non, rassura la femme avec embarras. C'est simplement que le coupable a lui aussi une Infiny comme voiture.

- Mais, et ma trace alors ? s'enquit la petite demoiselle.

- Un porte-clef à l'effigie de la marque, certainement, supposa Haibara étrangement silencieuse aujourd'hui.

- Non, c'est directement la clef Infiny, le symbole est gravé sur la clef contact, expliqua Satô en montrant la clef en question de sa propre voiture.

- Ta manche en est la preuve, dit Conan à Ayumi.

La fillette regarda sa manche et son ami lui montra la marque boueuse petite et dentelée imprimée sur le tissu. Il se figea en voyant que la couleur avait changé…

- Ta main, Ayumi-chan, demanda brusquement Red en fronçant les sourcils.

Sans un mot, Ayumi prit une main de son ami aveugle qui rapprocha le poignet de son nez pour mieux sentir.

- C'est pas de la boue, mais du sang, confirma le jeune pirate en relâchant la main de la fillette.

- L'agresseur est revenu sur les lieux du crime pour vérifier si Ayumi-chan avait conservé la marque de la clef, comprit Takagi. En voyant ta voiture, Satô-san, il a dû se dire que nous allions rapidement comprendre.

- Il va faire exprès de perdre ses clefs de moteur pour qu'on ne puisse pas prouver les faits, avertit Red. C'est… le Luminol, c'est ça, qui réagit au sang ?

Déjà, Satô donnait des ordres pour qu'on avertisse Megure et qu'on dresse un barrage afin d'empêcher la fuite de leur cible. Ils devaient contrôler chaque propriétaire des Infiny des environs ou habitant dans le coin

- Mais il va y avoir beaucoup de suspects, nota Ayumi.

- On aura du mal à retrouver la bonne voiture, n'est-ce pas ? pointa Haibara.

- Pas tant que ça, rassura Conan. Les voitures avec une marque Infiny de ce genre ne sont plus fabriquées depuis quatre-vingt-seize. Sans parler qu'elle sera mouillée, le suspect n'aura pas de clef et encore moins d'alibi, comme l'a très justement fait remarquer Dawn. Si la clef est tombée en étant pleine de sang, c'est parce qu'elle s'en est imprégné alors qu'il avait les mains sales. Il voulait reprendre sa voiture le plus vite possible et empêcher que la police ne découvre la clef qui réagit au luminol.

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De retour dans les bureaux, il s'avéra qu'ils n'avaient que trois suspects. Un qui avait été intercepté par un barrage de police et deux qui rodaient dans le coin. Les propriétaires n'avaient ni alibi, ni leur clef de moteur. Ayumi voulait confondre le suspect, après tout elle l'avait entendu hurler, elle pourrait reconnaître sa voix et surtout, l'individu réagirait en la voyant.

- Je suis contre sa participation, annonça Haibara avec les bras croisés sur sa poitrine.

Ayumi la regarda sans comprendre.

- Si le coupable se cache parmi ces trois personnes, et que vous vous rencontrez, tout ira bien s'il est arrêté. Mais si on ne trouve pas de preuve et qu'il est relâché, que fera-t-il ? Il t'en voudra de l'avoir mis dans cette position. Il te poursuivra jusqu'à la vengeance. Sans compter qu'il s'agit d'un fou qui s'en prend à n'importe qui !

- Tu penses trop Haibara-san ! lui dit Mitsuhiko avec un sourire nerveux.

- Elle a raison, c'est stupide d'exposer Ayumi-chan à des risques quand on n'est pas certain à cent pour cent qu'on aura le coupable, appuya Red. Rien ne dit que notre homme restera au loin juste parce que c'est une enfant. Rien ne nous dit que la pitié fait partie de son vocabulaire. Je dois ressortir mon speech de l'autre jour avec ce qu'il s'est passé avec Kojima-kun ?

Les trois vrais enfants blanchirent au souvenir, mais Ayumi n'en démordait pas.

- Mais c'est Ayumi-chan qui l'a vu le plus près, vous ne croyez pas que je saurai le reconnaître à cause de sa capuche ?

- Tu le verras aussi bien en photo, non ? contredit Haibara. Et tu pourrais reconnaître sa voix même enregistrée, tu n'as pas besoin de le rencontrer et d'en faire davantage. On peut éviter un incident comme les risques pris par Kojima-kun dans l'ascenseur.

- Haibara a raison, accorda Conan. C'est trop risqué. Sans compter que la police s'est efforcée de trouver ces trois suspects, les laisser rentrer chez eux après un simple interrogatoire serait très décevant et de nouvelles victimes seraient à prévoir. Si nous trouvions un…

Conan s'interrompit pour rattraper Red avant qu'il ne percute le sol dans sa crise de narcolepsie.

- Donc, si nous trouvions un endroit pour qu'on puisse les voir sans être vue, poursuivi le petit détective en faisant glisser son camarade dans une position assise au sol.

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C'est ainsi que tout le monde se retrouva sur le parking du commissariat. Satô fit se garer côte à côte les trois voitures des suspects d'un côté du parking, alors qu'en face, les enfants étaient à genoux sur la banquette arrière de la voiture de Satô, espionnant la scène par le pare-brise arrière teinté. Toujours endormi, Red était assis à l'avant sur le siège passager. Takagi se tenait à proximité de la vitre arrière ouverte pour parler aux enfants, laissant à sa supérieur la direction des opérations.

Le premier suspect, un homme aux cheveux clairs d'à peine la vingtaine, se présenta comme Enomoto Hiroshi, un étudiant qui travaillait à mi-temps dans un restaurant de sushis. Sa voiture, c'était ses parents qui l'avaient aidé à l'avoir. Il avait été pris dans un barrage quand, suite à une dispute avec ses parents, il avait choisi d'aller faire un tour dans la vallée pour changer d'air, ce qui expliquait les marques d'égratignures sur la carrosserie.

Vint l'homme du milieu qui s'était garé presque au ras de la voiture du premier suspect (ce qui déclencha une crise de colère). L'homme dut sortir pour le coup par le côté passager, s'excusant de s'être garé ainsi en disant ne pas être très à l'aise au volant. Fukuchi Zaokazu, la trentaine, mécano. Il avait passé la matinée à travailler sur sa voiture défectueuse puisque le garage était fermé, et l'avait fait rouler dans le quartier marchand dans l'après-midi pour la mettre à l'épreuve.

Le troisième, Degawa Toshiaki, un serrurier à lunettes et moustache de quarante-trois ans, était le seul à avoir une voiture propre, parce qu'il la lavait après chaque sortie, ne vivant que pour elle apparemment. Il avait été intercepté pendant qu'il tournait à la recherche d'un client qui n'avait pas été très précis, pour finalement apprendre que quelqu'un d'autre arrivé avec un double de clef, rendant le déplacement inutile au final.

Takagi demanda aux enfants s'ils avaient identifié le coupable, mais Ayumi n'arrivait pas à les reconnaître ainsi. Alors que Conan demandait un service à Takagi, la fillette réfléchissait intensément.

- Ayumi-chan doit y aller. De près, Ayumi-chan aura plus de chance de le reconnaître.

- Non ! lui refusa Haibara. Si le coupable n'est pas arrêté, le pire pourrait arriver !

- Mais…

- Tu n'es pas la seule concernée, ton entourage risque lui aussi de payer. Je comprends que tu veuilles punir le coupable, mais sois patiente. Tenir bon et rester en retrait est aussi une forme de courage.

C'était la solution parfaite, pour soi et les autres. La solution à sa question sur quoi faire de l'offre de Jodie.

- Tu veux que le service d'identification t'apporte un tournevis ? répéta Takagi avec perplexité au petit détective en ignorant la discussion des filles.

- Oui, confirma Conan. Avec ça, tout devrait s'éclaircir. Le coupable utilise une drôle de combine pour masquer son crime.

Il regarda par le pare-brise avec un sourire féroce. Il savait qui était le coupable.

- Bien, nous allons garder vos voitures, nous avons différentes analyses à pratiquer ! annonça Satô.

- Vous plaisantez ! s'exclama l'un des suspects.

- Ne sommes-nous pas venus de nous-mêmes au commissariat ? Pourquoi voulez-vous nous confisquer nos voitures ? s'indigna un autre. Et puis expliquez-nous aussi pourquoi vous vous êtes adressés à nous en tant que suspect dans cette affaire !

- Si c'est simplement parce que nous n'avons pas d'alibi pour cet après-midi, nous sommes loin d'être les seuls, informa calmement le dernier.

- Tout d'abord, il y a vos voitures, ce sont toutes les trois des Infiny, n'est-ce pas ? En plus vous avez tous les trois perdu votre clef de contact. Selon nos sources, dans sa fuite, l'agresseur a fait tomber sa clef portant la marque de l'Infiny et il l'a ramassée avec sa main couverte du sang de sa victime. Nous savons aussi qu'il est revenu sur les lieux pour vérifier si cela avait été découvert. Si des recherches étaient entreprises, il serait immédiatement mis en cause, après tout. Enfin, il y a de fortes chances pour qu'il habite les environs. Nous savons cela parce que nous avons un témoin ! Bref, le suspect est propriétaire d'une Infiny, il n'a pas d'alibi, il habite par ici, il ne peut pas montrer sa clef portant des traces de sang à la police et c'est l'un de vous trois, résuma Satô.

- Je vous assure que j'ai perdu la clef de la mienne ! se défendit le plus jeune.

- Nous le saurons en effectuant une vérification très simple, assura Takagi.

Il montra quelques hommes qui arrivaient avec une trousse à outils, les présentant comme le service d'identification qui allait procéder au test du luminol.

Les hommes commencèrent par la voiture de Enomoto, à gauche, ce qui n'était pas du goût de Enomoto qui pensait qu'on allait fouiller sa voiture, avant que Takagi ne le rassure en disant qu'ils resteraient en extérieur.

Dans la voiture, personne ne comprenait la démarche, alors, Conan l'explicita. L'agresseur avait dû utiliser la portière côté conducteur avec sa clef dans sa fuite, donc, il devait rester des traces de sang dans la serrure. Le Luminol réagirait même en présence d'une quantité infime. Sans parler que le conducteur avait menti et avait mis en place un stupide stratagème pour se défendre. Il pointa Fukuchi du doigt, leur rappelant que l'homme n'était pas doué au volant, raison pour laquelle il s'était collé par erreur à son voisin.

Toujours rien.

- Bon, Genta, tu t'es exercé à conduire, non ? demanda Conan. Comment tu l'as fait?

- Avec ma mère, sur des routes plutôt désertes pour ne mettre en danger personne.

Cela alerta Ayumi.

Fukuchi était un menteur. S'il était si peu doué que ça, il ne roulerait pas dans des rues marchandes très fréquentées, surtout par mauvais temps, ce qui rend la visibilité mauvaise. Le pire itinéraire à prendre si on veut s'assurer des réparations d'une voiture. Sans parler qu'il a aligné sa voiture exactement au niveau de celle de son voisin, ce qui, en soit, est une preuve de la qualité de sa conduire, alors qu'un conducteur moins expert se serait garé un peu de biais.

La voiture du suspect fut avancée pour qu'on puisse tester la serrure avec le luminol, qui devrait faire apparaître normalement une teinte bleue avec le sang.

Mais aucune réaction.

Pour le coup, la police était bien embarrassée.

Sauf que voilà, avant de pouvoir demander conseil à Conan, le petit détective était déjà sorti de la voiture. Et il avait demandé un tournevis au service d'identification. Profitant que les trois suspects soient occupés avec Satô, le petit filou se précipita aussi discrètement que possible jusqu'à la serrure et commença son cirque en appuyant sur le boitier en plastique autour de la serrure.

- Arerere ? Si on appui sur cette serrure, elle bouge ! remarqua innocemment le gamin.

Satô avait suffisamment eu affaire au garçon pour savoir qu'il fallait être attentive à ce qu'il allait découvrir. Conan ouvrit la portière côté conducteur devant son nez et avec un bon coup de tournevis, fit tomber le cache arrière de la serrure. Le propriétaire s'énerva et alla éloigner l'enfant de là en le prenant dans ses bras, mais pas assez vite car avec son sourire maniaque, Conan parvint à retirer le boitier de la serrure avant, dévoilant la supercherie. Le cylindre de la serrure était fixé simplement avec de l'adhésif.

Leur homme avait dû supposer qu'ils chercheraient du sang à cet endroit et avait aussitôt changé le cylindre avec celui d'une autre voiture, expliquant pourquoi il s'était garé en travers. Si on examinait la portière sans retirer le couvercle, personne ne saurait pour le dispositif.

Takagi regarda Conan, abasourdi, comprenant que le garnement souriant innocemment et pourtant un peu trop fièrement avait réalisé le subterfuge dès le départ.

- Je vous jure que ce cylindre provient de cette voiture ! se défendit le mécanicien. Je n'ai pas réussi à l'installer correctement et il s'est cassé. Je l'utilise provisoirement en attenant d'en recevoir un nouveau.

- Alors, montrez-nous la clef de la voiture, demanda Satô. Un numéro doit être gravé dessus. Puisque vous êtes mécanicien, vous devez le savoir, un numéro est inscrit sur le cylindre du côté conducteur, nous les comparerons pour vérifier s'ils sont identiques. Et si nous aspergions de luminol la serrure de la clef de contact du volant ? La réaction apparaîtra surement. Le cylindre moteur est scellé, impossible de le remplacer en quelques minutes.

L'homme entra dans sa voiture pour montrer le numéro de la clef, disant qu'elle devait être certainement dans la boite à gants. Il s'assit derrière le volant en fouillant discrètement dans son blouson pour en sortir une clef.

BAM !

Il referma brutalement sa portière et verrouilla ses portes avec un sourire mauvais, mettant le contact pour prendre la fuite. Seulement voilà, quelque chose lui bloquait l'accès aux pédales. Juste sous le volant se tenait Red, souriant de toutes ses dents, surprenant le conducteur. Jaillissant comme un diable hors de sa boite, le D. administra un violent coup de coude dans le visage du coupable, le sonnant sur le coup.

Par la suite, le mobile que leur homme donna était aussi surprenant qu'évocateur : il voulait ajouter du piment dans son quotidien. Il avait eu de la chance que ses victimes n'aient été que très légèrement blessées dans ses agressions… enfin, si on peut parler de chance.

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- Tout s'est bien terminé ! Le coupable a été arrêté ! s'exclama joyeusement Genta alors qu'ils rentraient enfin chez eux.

- Comme ça, il ne pourra jamais te poursuivre ! rassura Mitsuhiko.

- Cela m'importe peu, leur dit Ayumi d'un air indifférent.

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Parce que Conan-kun me protégera !

Elle se saisit d'un bras de Conan clairement peu appréciateur de la marque d'affection, surtout avec les regards noirs de Genta et Mitsuhiko.

- Bien sûr, dit-elle en relâchant le garçon. Je fais aussi confiance à Genta-kun, Mitsuhiko-kun, Ai-chan et Red-nii-chan !

- Nii-chan ? s'étonna Red devant l'appellation.

- Même si tu nous as pas dit ton âge, t'es clairement le plus âgé d'entre nous, et tu te comportes comme un grand-frère protecteur.

Un sourire triste apparut brièvement sur les lèvres du pirate, avant qu'il n'éclate d'un bref rire quand Ayumi l'embrassa sur la joue.

Haibara s'arrêta brusquement, sa frange lui masquant les yeux.

- Excusez-moi, j'ai à faire.

Elle se détourna en leur disant à plus tard, un sourire aux lèvres, avant de s'en aller en courant.

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Jodie ne s'attendait pas à avoir la visite de Haibara qui arriva, le souffle court, à l'hôpital.

- Si j'attends d'avantage… je risque de changer d'avis… haleta la fillette.

- Tu as pris ta décision ? Tu sais si tu veux participer au Witness Protection Program ? devina l'agent du FBI.

Haibara se redressa et annonça clairement son choix.

- Je refuse. Je serais plus en sécurité si je changeais de nom et d'adresse et que je devenais quelqu'un d'autre, mais ça continuera de toute façon, expliqua la fillette. Je vivrai dans la peur, et si jamais j'étais à nouveau sur le point d'être découverte, je devrais encore devenir quelqu'un d'autre… c'est sans fin ! Et puis, je ne peux pas faire entièrement confiance au FBI. Et puis… et puis…

Elle se revoyait dans la voiture et sa conversation avec Ayumi. La fillette lui avait dit clairement qu'elle ne voulait pas fuir en dépit des risques. Parce qu'à toujours fuir, on ne pouvait pas gagner.

- Je ne veux pas fuir… avoua finalement Haibara en baissant la tête.

Jodie la regarda et soupira.

- Je vois. C'est ainsi.

- Vous n'êtes pas contre ? s'étonna Haibara.

- Évidemment, en tant qu'inspecteur au FBI, je suis résolument contre, lui expliqua patiemment la femme. Mais j'ai moi-même était poursuivie autrefois, alors, je te comprends tout à fait. Je te souhaite donc bonne chance.

Haibara hocha la tête et s'éloigna pour partir, avant de se retourner.

- Ano… pour ce qui est de Dawn et Portgas… Ils refuseront votre protection, pas juste pour une question d'orgueil, parce qu'ils pressentent qu'ils peuvent se défendre seul. Mais aussi parce que leur nom est tout ce qu'il leur reste et qu'ils ne pourraient pas supporter d'en changer. Et je ne vous parle même pas du fait qu'ils préfèrent se battre que se cacher.

Elle se tourna pleinement vers Jodie qui l'écoutait avec attention.

- Sans parler que Portgas cherche justement à les attirer pour en finir avec eux. Personne n'a pu louper son manège avec KID, après tout.

La fillette attrapa la poignée de la porte en souhaitant un bon rétablissement à la femme avant de s'en aller, ne remarquant même pas James Black qui avait attendu avec patience dans le couloir que la discussion se finisse. Il entra dans la chambre en regardant la fillette s'en aller.

- On dirait toi à son âge, constata-t-il. Je m'en souviens encore, tu avais refusé de participer au programme et avait demandé à entrer au FBI à la place.

Jodie se leva de son lit pour s'approcher de sa fenêtre.

Peu après, elle vit Haibara sortir de l'hôpital avec un sourire, marchant avec le dos bien droit.

- Elle est différente, James. On dirait qu'elle a en elle les ressources qui m'ont manqué, à l'époque.

Oui, elle était en danger, un malheur pourrait lui arriver, mais elle conservait son courage et sa générosité.

Hors de l'hôpital, le groupe d'enfants espionnait Haibara qui marchait en regardant le ciel avec un sourire.

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Merci de votre attention, on se retrouve le mois prochain ! La bise.