CHAPITRE 37 - Colère

Janet quitta donc la base quelques minutes plus tard, avec un colonel effondré dans sa voiture. Elle la déposa devant chez elle et Sam refusa sa compagnie. Janet l'observa ouvrir sa porte. Elle ne quitta son domicile qu'après quelques instants, au cas où Sam ne changerait d'avis, ce qui ne fut pas le cas.
-"Que faites-vous chez moi ?" demanda Sam à une femme.
-"Madame Carter, comment allez-vous ?" demanda la femme, à peine surprise par la présence de Sam.
-"Qui êtes-vous ?"
-"Madame Wilson. Est-ce que ça va, madame ?"
Bien qu'elle refuse de lui parler avant un moment, Sam fut obligée d'appeler son mari. Elle trouva le numéro de sa ligne directe et appela de son portable, depuis le jardin.
-"O'Neill !"
-"C'est Carter, euh désolée de vous déranger monsieur mais je suis chez... moi et il y a une femme !"
-"Quel est son nom, Carter ?"
-"Elle a dit qu'elle s'appelait Wilson."
-"D'accord, pas de panique, c'est votre femme de ménage."
-"Oh... Merci monsieur" dit Sam puis elle raccrocha avant qu'il ne dise un mot de plus.
Sam resta dehors, assise dans le jardin, attendant le départ de la femme chez elle.
-"J'ai fini madame, je vais y aller, sauf si vous avez besoin de quelque chose ?"
-"Non, merci. Combien je vous dois, madame ?"
-"C'est bon, le général O'Neill me verse mon salaire par virement tous les mois."
La femme avait bien la cinquantaine et paraissait douce et gentille. Elle ne parut pas plus surprise que cela du comportement étrange du colonel. Elle salua encore Sam et quitta la maison, parfaitement propre et rangée.

Quand Jack rentra chez lui, en début de soirée, il trouva Sam à la table du salon, un tas de papiers sous les yeux. Il se pencha pour lui embrasser le front et elle se recula légèrement.
-"Salut ma puce, que fais-tu ?"
-"Je regarde mes comptes."
-"Pourquoi ?"
-"Pour payer les réparations dans mon labo..."
-"Sam..." soupira Jack.
-"Quoi ? Mon supérieur m'a clairement fait comprendre que j'étais idiote et responsable de l'explosion de mon lieu de travail. Donc, à moi de réparer mes conneries, n'est-ce pas ?"
-"Ce n'est pas ce que je voulais dire... C'est juste que le budget du SGC n'est pas extensible..."
-"Dit l'homme qui a détruit un nombre pas croyable d'appareils !"
-"Tu te souviens de ça ?"
-"Oui et des quelques conneries que tu as faites, qui nous ont aussi couté cher mais puisque c'est comme ça, je vais puiser dans mon argent personnel pour remplacer mon matériel. Ne t'inquiètes pas, je ne toucherais pas au compte commun. D'ailleurs, comme se fait-il que j'ai un compte si bien garni ?"
-"Tu avais un ami banquier. Il plaçait ton argent et ça a bien marché. Tu mets ton salaire avec le mien sur notre compte commun et tes primes sur un compte à part."
Sam ne répondit rien et garda les yeux sur ses relevés de banque.
-"Sam, je ne le pensais pas, laisse tomber le SGC va payer les réparations, ce n'est pas un problème."
-"Non non, j'ai commis une erreur, je vais réparer."
-"Sam, arrête ça !" hurla Jack.
Sam fut surprise de son ton, elle releva la tête brusquement.
-"Excuse-moi. J'étais en colère parce que tu m'as fait peur. Tu te rends compte de la frayeur que j'ai pu avoir en te trouvant là-haut ?"
Sam réfléchit un instant et se mit à la place de Jack.
-"Jack, je ne craignais rien, je t'assure."
-"Tu ne te souviens probablement pas mais combien de fois me suis-je mis en danger sans penser à ce que tu avais pu ressentir... ?"
-"Je commence à me souvenir des missions de mieux en mieux... et c'est vrai, tu as raison, c'était stupide de grimper là-haut."
Sam se jeta dans les bras de son mari pour faire la paix. Elle lui avait tellement reproché de se mettre en danger sans penser aux conséquences qu'elle pouvait difficilement lui en vouloir de réagir comme ça.
-"Sam, tu es tout ce que j'ai. Je ne supporterais pas de te perdre, toi et un autre enfant ! D'autant que je t'ai tuée une fois, ça m'a suffi !" dit Jack, la tête dans le cou de Sam.
-"Excuse-moi" dit Sam en pleurant.
Elle caressait les cheveux de son mari, alors qu'ils étaient accrochés l'un à l'autre.
-"Comment ça s'est passé à Washington ?" demanda finalement Sam quand Jack relâcha son étreinte.
-"Long et fastidieux mais impossible d'y couper..." soupira-t-il.
-"Pourquoi disais-tu qu'on t'avait fait des remarques sur nous ?"
-"Rien de spécial mais il semble que ça fasse grincer des dents en haut lieu que mon lieutenant-colonel soit enceinte de moi..."
-"Ah, désolée."
-"Je ne le suis pas donc oublie ça" dit Jack, en déposant un tendre baiser sur le front de Sam. Il se rendit ensuite à la cuisine pour préparer à dîner.