L'amour triomphe par-dessus tout.

Lilly gambadait tranquillement dans l'air humide du soir alors qu'Edward et moi trainions des pieds derrière elle, collés l'un a l'autre. Mon compagnon tenait ses bras roulés autour de ma taille et me portait pratiquement par-dessus chaque buche qui ornait notre chemin. Nos pas nous guidèrent automatiquement à la cabane dans les arbres.

-On monte un moment nous cacher de la pluie ?, me proposa doucement Edward alors que les gouttes recommencèrent à tomber du ciel.

Je le gratifiais d'un sourire avant de grimper puis prendre la petite chienne qu'il me tendait pour la poser sur les lattes de la petite pièce du cabanon. Lilly alla immédiatement se pelotonner dans un coin sur un vieux tas de sacs et s'endormit comme une masse. Edward s'empara des couvertures qu'il avait laissées lors de notre dernière visite et en étendit une pour que nous nous installions avant de déposer l'autre autour de nous.

-On imite Lilly ?, me sourit il alors que je me glissais autour de lui.

-J'aurais trop peur de te faire tomber, chuchotais-je dans son oreille, ou que tu tombes tout seul.

Edward me fit une moue irritée puis embrassa mes lèvres pour seller son pardon. Ses bras s'enroulèrent autour de ma taille alors que mes mains allèrent se coincer autour de son cou et que mes lèvres se pressaient contre les siennes. Lentement j'entrouvris mes lèvres et Edward en profita pour aller délicatement explorer ma langue avec la sienne. Brièvement je me figeais en me souvenant du contact dur de la langue de James dans ma bouche, mais Edward n'avait rien de James et sa langue caressait doucement ma sienne en faisant remonter des frissons de plaisir à ma tête.

Il me relâcha au bout d'un moment et caressa doucement mon visage de ses longs doigts.

-J'ai eu tellement peur de te perdre, chuchota t'il alors que ses yeux se plantèrent dans les miens, je voyais cette chose se ruer sur toi et j'étais parfaitement capable de courir plus vite pour te pousser sur le côté et…

-Tais-toi, lui intimais-je, tu n'es pas le seul à avoir eu peur de perdre son autre moitié, et je ne t'ais pas encore pardonné de t'être jeté sur cette chose sans réfléchir.

Edward me fit un sourire contrit.

-Je suis encore là, le consolais-je, tu ne te débarrasseras pas si facilement de moi.

Il rit doucement et s'empara de nouveau de mes lèvres.

-Edward ?, il releva ses yeux sur moi au bout d'un moment, cette chose… c'était… les clans ennemis.

Le silence de mon compagnon répondit parfaitement à ma question. Edward pressa si forts ses doigts que la branchette qu'il tournait entre ses phalanges se brisa en morceaux.

-Ils ont un nom ?, demandais-je, les clans je veux dire.

-Non, pas que je sache, mais ils ont un signe, m'avoua Edward en caressant mes mains, une fiole verte sur un fond noir pour rappeler les sorcières que l'on pourchassait autre fois pour excuse qu'elles se versaient aux magies démoniaques.

Vive l'originalité… et surtout vert quoi, je n'aime pas le vert et noir.

-Jure moi que tu seras prudente Luna, Edward avait ses yeux plantés dans les miens, tu es la meilleure chose qui me soit jamais arrivé même si tu ne cesses de tout changer chez moi. J'aime ça et…, mon compagnon ce mélangeait dans ses propres mots.

-Edward ?

-Je t'aime, marmonna-t-il, je t'aime tellement, comme une drogue et je ne veux pas te perdre aux mains de ses idiots et…

-Moi non plus je ne veux pas, soufflais-je dans son oreille, mais si je peux sauver la vie de tout un clan qui est devenue comme ma grande famille par extension, qui t'aime toi et qui m'a offert une vie pour de vrai, alors je ne peux pas fuir Edward.

Il baissa les yeux, les larmes coulant le long de ses joues.

-Mais tu peux te tuer, hoqueta t'il.

-Tout autant que toi tu le pourrais, je me battrais tout autant que possible à tes côtés Edward, lui jurais, et si ça doit être ma fin alors je disparaitrais avec la conviction que j'aurais tout fait pour sauver ceux que j'aime et…, Edward leva ses yeux dans les miens, je mourrais en ayant l'âme pleine de mon amour pour toi.

Mon compagnon soupira en me serrant contre lui.

-Tu es la meilleure chose qui me soit arrivé Edward, avouais-je à la forêt qui m'entourait, je t'aime plus que tout, et… je ne crains pas la mort tant que je saurais que mon amour pour toi restera intact.

Edward tremblait contre moi, me serrant tellement fort que je cru qu'il allait m'étouffer. Puis il me relâcha pour planter ses yeux d'émeraude dans les miens.

-Je t'aime, chuchota-t-il, et je ne comprendrais jamais comment j'ai pu mériter une compagne aussi merveilleuse et courageuse que toi mais je m'en fiche de savoir… tant que tu m'aimes aussi.

Je souris et y gagnais un baiser d'Edward.

Ses lèvres épousaient les miennes dans un baiser passionné qui me prouvait à quel point Edward était essentiel à mon cœur. D'une façon ou d'une autre je finis allongé sur le sol de la cabane les yeux fermés alors qu'Edward caressait la peau sous mes pulls et embrassais mes lèvres comme si c'était sa dernière chance de le faire. L'émotion chaude et passionnée que j'avais ressentie plusieurs fois chez lui m'assaillit subitement a travers notre lien. Il libéra finalement ma bouche et je rouvris mes yeux pour croiser les siens qui m'observaient emplis d'étoiles.

-Tu es tellement sublime, me chuchota t'il en brossant mon cou de petit baisers.

Sur un coup de tête je le repoussais en arrière sur le dos pour me pelotonner sur lui et lui rendre ses baisers. L'émotion chaude était la seule qui me provenait de son côté désormais. Je l'identifiais subitement en ressentant la dureté qui s'appuyait contre ma cuisse. Les yeux d'Edward me contemplaient rieurs et emplis de désir alors qu'une rougeur couvrit ses joues.

Il me repoussa sur le dos et son visage se nicha dans le creux de mon cou alors qu'il retenait son poids sur ses avant-bras.

-Ce n'est pas ma faute, s'excusa-t-il, c'est toi qui es trop tentatrice à te jeter sur moi comme ça.

Je lui souris et passais mes bras autour de son cou en embrassant ses lèvres.

Edward me relâcha cependant au bout d'un moment et saisit mon visage entre ses mains.

-Je t'aime tellement, hoqueta-t-il, je ne veux pas te perdre maintenant et…

Il se tut pour caresser ma joue.

-Laisse-moi te montrer combien je t'aime, me supplia t'il subitement, laisse-moi t'aimer en entier ?

Je savais exactement ce qu'il me demandait et pourtant je ne ressentis pas la peur qui me paralysait habituellement quand un homme me contemplait ses yeux emplis de désir. Chez James j'avais lu la faim. Dans ceux d'Edward je lisais la passion alors que l'émotion chaude et rassurante m'invitait à l'embrasser.

C'est ce que je fis, je l'embrassais, alors que disparaissait lentement chaque couche de vêtement qui me séparait de lui et me fis envahir d'un besoin de me fondre contre lui et être sure de ne pas pouvoir le perdre en chemin. Il était devenu la bouée qui me trainait à travers ma vie en éliminant chaque vague qui cherchait à me noyer.

James s'était toujours moqué de mes impressions alors qu'il satisfaisait ses désirs, il avait été violent, dur et grognait systématiquement comme un animal alors qu'il se soulageait. Chez James tout était prévisible, préparé et par-dessus tout hâté.

Edward était patient, parsemait mon corps de baisers et explorait chaque minuscule recoin de ma peau qui se dévoilait à lui en faisant inévitablement remonter des frissons de plaisir à travers ma colonne en me chuchotant dans l'oreille que j'étais belle, qu'il m'aimait. Il me laissait aussi lui rendre la pareille alors que caressais ses muscles et explorais sa peau de la même façon. Et finalement, avec une douceur inimaginable et une passion qui se lisait dans chacun de ses gestes et incendiait ses prunelles Edward m'entraina avec lui au septième ciel, me laissant totalement me fondre en lui. James m'avait volé ma virginité certes… mais Edward me vola mon cœur et me démontra un monde que j'ignorais totalement, m'apprit à aimer avec chacune de mes fibres.

Et je m'endormis totalement apaisée dans la cabane colée à lui sous la grosse couverture.

Une évidence me sauta aux yeux lorsque je rentrais plus tard, sous la pluie, avec Edward à la villa.

-Edward, lui soufflais-je en sentant une panique ridicule m'envahir.

Il cessa net dans ses pas et me contempla inquiet.

-On ne s'est pas protégés, marmottais-je en rougissant.

Il me sourit doucement en embrassant mon nez et mon front.

-Ne t'inquiète pas pour ça, me rassura-t-il, les sorcier et sorcière ont très difficilement des enfants, il rigolait doucement, c'est probablement lié au fait que les sorcières perdent en puissance durant leur grossesse.

Je le contemplais ébahie.

-Les anciens supposent que pour éviter d'affaiblir les clans la nature s'arrange pour que nous soyons toujours au plus haut de notre forme, d'où le faible nombre de grossesses, continua doucement Edward en me serrant contre lui, il n'y plus eu de naissance dans le clan depuis les six dernière années rassure toi, me chuchota t'il.

Je lui souris en me bénissant intérieurement pour avoir néanmoins continué à prendre la pilule. Il me renvoya son sourire éblouissant et m'entraina derrière lui à travers les arbres. Nous étions trempés lorsque la villa surgit finalement devant nous, mais je n'en avais cure, ma tête était encore trop plaine de l'extase qui m'avait envahie et je me sentais prête à exploser. Esmé et Carlisle ne nous posèrent aucune question sur la durée de notre promenade, mais Alice me contempla avec ses yeux lourds de sens. Je me demandais brièvement si ce qui venait de se passer se lisait sur nous…

Alice ne m'interrogea cependant pas sur le sujet, peut-être parce que je m'endormis comme une masse contre Edward à la moitié du repas du soir… la faute aux émotions apaisées et rassurantes qu'il déversait dans notre lien.