Chapitre 35 : Un Noël enneigé en famille

Assise sur le sofa de sa chambre près d'un bon feu de cheminée, Marion était plongée dans son livre. Toujours vêtue de son pyjama, la jeune fille n'avait pas bougé de la matinée. Elle s'était réveillée en douceur, traînant un peu dans son lit en attendant que Duke n'apporte son petit-déjeuner sur un plateau d'argent. Ensuite, elle avait pris son livre et lisait depuis la matinée, une couverture sur ses jambes, tout à fait détendue.

Sa mère entra dans sa chambre et ouvrit la bouche pour réprimander sa fille lorsqu'elle la vit allongée et en pyjama alors que le déjeuner approchait. Finalement, préférant restée gentille pour les vacances de sa fille notamment le jour de Noël, elle lui demanda simplement :

« Tu as aidé Duke à mettre la table, bien sûr ?

_Hein ? Répondit sa fille absente sans même lever les yeux de son livre.

_La table ! Aller, active-toi ! Commença-t-elle à s'énerver. Dépêches-toi, ce soir on a du monde !

_Ouais, ouais…

_Ce n'est pas « ouais, ouais » c'est tout de suite !

_J'arrive ! » Répondit Marion en levant enfin les yeux.

Sa mère referma la porte en espérant que sa fille allait véritablement s'activer. Il ne fallait pas rêver, non plus ! Aussitôt la porte refermée, Marion avait déjà oublié ce que sa mère venait de lui dire. La voilà repartit dans sa lecture, laissant les minutes tournées et Duke, l'elfe de maison, seul en bas pour mettre la table. *Je n'y crois pas ! Elle a trompé son mari…* Se disait Marion tout en dévorant son livre. *Et c'est pour ça que le mari est devenu gay ? Le pauvre mari trompé a décidé de se reconvertir après son divorce. Ah, mais il s'est remarié avec l'assassin de sa fille ! Marty Keaton et sa coupe de cheveux absolument horrible ! Sa fille qui était devenue gothique après le divorce de ses parents a été assassinée par le nouveau mari de son père ! Affreux… Et sa mère, elle fait quoi ? Toujours en Floride avec son amant ?*

C'était le chapitre révélateur de cette histoire et la jeune fille était complètement immergée par l'histoire totalement inconstante de cette famille. Il fallait qu'elle lise la suite ! On frappa à la porte.

« Mmmm… ? Répondit Marion qui lisait ligne par ligne.

_Le déjeuner va commencer, mademoiselle, lui apprit Duke en entrant.

_J'arrive bientôt…

_Bien, mademoiselle. »

Marion voulait terminer son chapitre avant de devoir descendre pour trouver la mauvaise mine de sa mère qui n'allait pas apprécié qu'elle n'avait pas mise la table et… *Et merde !* Jura-t-elle en plaçant son marque page et refermant son livre. Elle le jeta sur son sofa et se redressa en quête de vêtement à se mettre. Si elle descendait en pyjama, c'était la fin de sa vie. Il fallait que sa mère croie au moins qu'elle se soit activée pour s'habiller, c'était primordial. La jeune fille ouvrit son placard en grand et arpenta les vêtements qu'elle pourrait mettre. Une robe d'hivers et un collant noir en laine qu'elle mettait depuis une semaine, parfait ! Marion ôta son pyjama et enfila ses vêtements à toute vitesse, attrapant un élastique près de sa coiffeuse. Tandis qu'elle sortait de sa chambre pour descendre dans la salle à manger, elle attacha ses cheveux en un chignon plus ou moins bien fait.

« Marion ! Cria Guillaume en bas des escaliers. On mange !

_J'arrive, répondit sa sœur en arrivant en haut.

_Tout de suite a dit maman !

_OUIIIII ! » Cria-t-elle.

Elle dévala les escaliers et rejoignit la salle à manger avec un beau sourire innocent aux lèvres face à l'air sévère de ses parents. Elle s'installa en essayant de faire transmettre un message de paix par son expression joyeuse mais cela n'arrangea absolument pas l'humeur de ses parents qui la fixaient d'un regard noir.

« La table a été mise, fit remarquer Mrs. Clerwood.

_Félicitation à Duke, lança Marion.

_Je t'avais demandé de descendre l'aider ! S'énerva-t-elle. Il va falloir que tu t'actives ! Tu n'as rien mais absolument rien fait des vacances. On a du monde ce soir, tu as intérêt à te bouger un peu !

_J'aime bien traîner le matin, mais cet après-midi, je vais m'activer, promit-elle alors que Duke lui servait son entrée.

_Tu as rangé ta chambre ?

_Pas encore, fit Marion en prenant sa fourchette.

_Tu as commencé tes devoirs comme tu aurais dû le faire depuis une semaine ? »

Sa fille prit précipitamment une bouchée de son entrée pour éviter de devoir répondre tout en contemplant sa splendide assiette de porcelaine.

« Tu as appris tes cours de potion ?

_Oui ! S'exclama Marion en relevant soudainement la tête.

_C'est très bien. Apprends tes cours de potion et tu auras la moyenne à tes examens. Il faut connaître ses cours…

_... c'est la base. » Termina Marion.

*Il faut vraiment que j'écrive les dix commandements de maman.* Se promit-elle. *Pour ce qui est des cours de potions, je les ai malheureusement oublié dans les dortoirs… Comme c'est dommage…*

En vérité, Marion avait volontairement oublié ses cours de potion car elle avait prédit que sa mère l'obligerait à travailler cette matière dont elle n'en avait rien à faire.


Juliette remonta dans sa chambre après le déjeuner cuisiné par Nelya. Son père était depuis le matin même à la Baguette Enchantée pour ne pas avoir de travail le soir de Noël. Quand elle ouvrit la porte de sa chambre, une odeur de fauve la frappa de plein fouet. On savait déjà qui avait passé ses vacances à dormir ! La jeune fille se précipita pour ouvrir la fenêtre afin d'aérer cette chambre. Juliette aperçut ensuite la pile de vêtement qui traînait par terre depuis le même matin. Au lieu de ramasser cette boule de linge, la jeune fille s'allongea dans son lit et se roula sous ses couvertures encore chaudes. Quel bonheur d'être sous une couette chaude avec un petit feu de cheminée qui chauffait la pièce ! Tout en lisant les lettres qu'elle venait de recevoir de ses amis, elle se roulait en boule sous sa couette éprouvant le simple plaisir de la chaleur et de la relaxation. La neige tombait en gros flocon dehors et le vent entrait par la fenêtre ce qui obligea Juliette à se lever pour la refermer. Rester au chaud sous la couette c'était bien mais il fallait ranger ! Sa mère n'apprécierait sans doute pas si elle voyait les robes et les pulls qui traînaient dans la pièce.

« Nelya ! » Appela Juliette.

La petite elfe de maison apparut en s'inclinant devant sa maîtresse.

« Oui, miss Juliette ?

_Je suis épuisée… Soupira la jeune fille. Range cette chambre !

_Oui, miss Juliette. » Acquiesça Nelya.

Voilà qui était bien mieux ainsi lorsque l'elfe commença à remettre les vêtements dans la penderie. Afin d'être sûre qu'elle serait en pleine forme pour le soir de Noël, Juliette sortit en direction de la salle de bain qu'elle trouva fermer. Elle pouvait aller dans celle du bas mais celle du haut contenait une baignoire, ce que n'avait pas la salle de bain du bas. Quant à celle de ses parents, les enfants n'avaient pas le droit d'y accéder. Chacun sa salle de bain ! Les parents avaient la leur, et les enfants se partageaient celle du haut avec une baignoire et une douche, ou celle du bas qui ne contenait qu'une douche.

« Charlotte ! » Tonna-t-elle en forçant sur la poignée.

Juliette entendit sa sœur remuée dans la baignoire et elle crut même l'entendre rire.

« Charlotte ! S'énerva-t-elle en secouant de plus en plus la poignée. Sors tout de suite !

_Attends que je sorte ! Cria-t-elle derrière la porte.

_Non, tu sors immédiatement ! Charlotte, dehors ! Tu vas prendre une douche au pire !

_Non, je prends un bain !

_Je te jure que j'ouvre la porte avec ma baguette si tu ne sors pas ! »

Aucune réponse. Juliette prit cela comme un défi et se précipita dans sa chambre où en entrant elle percuta Nelya qui était accroupie pour ramasser une chemise.

« Pousse-toi, stupide elfe ! » Hurla-t-elle en la repoussa d'un geste.

Nelya bascula face contre terre sous la pression de sa jeune maîtresse. Juliette attrapa sa baguette sur son chevet et retourna devant la porte de la salle de bain.

« Charlotte, j'ai ma baguette en main ! La prévint-elle. Et j'hésiterais pas à…

_Non, mais… Juliette ! Protesta sa sœur. MAMAN ! »

Des pas précipités arrivèrent depuis l'étage inférieur quand la mère des deux filles accourut en entendant le cri de Charlotte. En voyant sa fille avec sa baguette à la main, Mrs. Gadish leva les yeux au ciel, épouvantée :

« Non, Juliette ça ne va plus là… Soupira-t-elle. Va dans ta chambre ! Tu ne devais pas la ranger ? Tu n'as pas des devoirs ?

_Non, j'ai tout fait !

_Et bien trouve-toi une autre occupation que de traumatiser ta sœur ! S'époumona sa mère.

_Comme quoi ? J'ai fait tout ce que j'ai à faire !

_Bien, tu vas descendre avec moi pour m'aider à emballer les cadeaux de Noël.

_Mais…

_Dépêche-toi ! Et je ne veux rien entendre !

_Oui, bien sûr… Grinça sa fille. Laissons Charlotte la traumatisée prendre son bain tranquillement, s'amuser comme elle veut ! Laissons-la tout faire !

_Juliette, tu te tais ! Quand t'auras soixante ans et que t'auras trois enfants, on en reparlera ! Et Charlotte, tu te dépêches de sortir pour laisser la place à ta sœur quand elle aura fini d'emballer les cadeaux. »

D'un pas nonchalant, Juliette descendit dans le salon. Les cadeaux pour ses cousines et son cousin l'attendaient sur la table basse. Docilement, elle prit le premier qui était pour sa cousine Marion et l'emballa avec sa baguette.

Après avoir fini, elle remonta vers la salle de bain, heureuse de pouvoir enfin prendre son bain. Charlotte était sortie depuis quelques minutes et enfin la salle de bain lui appartenait ! Lui appartenait… jusqu'à ce qu'elle vit son frère Antoine commencer à fermer la porte.

« Antoine, tu te pousses ! Tu dégages ! Cria sa sœur en coinçant le battant de la porte pour l'éviter de refermer la porte.

_Mais non, dégage toi ! Répliqua-t-il en forçant.

_Non, non ! Maman a dit que c'était à moi d'aller à la salle de bain après ! Toi, tu vas en bas !

_Maman elle n'est pas là pour l'instant !

_Tu te pousses, maintenant ! » Tonna-t-elle.

Les nouveaux cris de ses enfants alertèrent Mrs. Gadish qui monta une nouvelle fois vers cette fichue salle de bain qui lui gâchait sa journée.

« Vous arrêtez ! Hurla-t-elle. Ça suffit ! Dans votre chambre tous les deux, comme ça pas d'histoire !

_T'avais dit que c'était à moi ! Protesta Juliette.

_Chut ! Je ne veux rien entendre !

_Mais…

_Mais ce n'est pas vrai ! Il faut toujours crier dans cette famille ! Dans votre chambre ! »

Le frère et la sœur finirent par abandonner et rentrèrent dans leur chambre se dévisageant l'un à l'autre tandis que leur mère redescendait vers le salon en soupirant :

« Ma tête, ma tête… Nelya, un thé ! »


La pire des punitions que pouvait infliger une mère à sa fille, c'était de l'interdire de jouer tant qu'elle ne saurait pas par cœur sa leçon de Botanique. Léa gémissait à la table de la salle à manger devant ses cours sur les différentes variétés magiques des plantes. Zorua, l'elfe de maison, passait la serpillière près d'elle en supportant ses ruminements. Après avoir reçu la lettre du professeur McGonagall, les parents de Léa n'était pas très fiers de leur fille et préféraient serrer la visse pour s'assurer que cela ne déborderait sur les mauvais côtés.

A côté, Pauline s'amusait à jouer au tigre sur le tapis de la salle à manger tandis qu'Elise s'amusait avec une poupée parlante qui était programmée pour jouer à la maîtresse d'école. Léa avait non seulement sa petite sœur Pauline qui bondissait sur la table et les chaises en rugissant, mais aussi la voix magique de la poupée d'Élise.

« Madame, je n'arrive pas à lancer ce sort, disait la poupée en brandissant d'une manière robotisée sa baguette qu'elle tenait.

_Grrr ! Rugissait Pauline en descendant des chaises.

_J'apprends vite !

_Grrr !

_Je voudrais lire le livre de Sortilège !

_Grrr !

_Ce n'est pas le livre de Sortilège, c'est celui de Défense contre les Forces du Mal. Dommage !

_Grrr !

_Oui ! C'est le livre de Sortilège !

_Grrr !

_J'ai tout compris madame ! Je crois que je suis prête pour mes examens !

_ASSEZ ! Hurla Léa en se levant de sa chaise. Élise, tu m'éteins cette poupée, je n'en peux plus ! Ça fait dix fois qu'elle dit qu'elle est prête pour ses examens ! Pauline, va joué au tigre dans ta chambre ! »

Les deux blondes consentirent à laisser leur grande sœur tranquille et montèrent dans leur chambre pour continuer à jouer. Nelya hocha la tête d'approbation, heureuse que cette histoire ne se soit pas terminée en une dispute générale. Si tout continuait comme ceci, lorsque Mr. et Mrs. Clerwood rentreraient de la Baguette Enchantée, ils seraient heureux de trouver leurs trois filles sagement occuper.

« Tu sais quoi Zorua ? Demanda Léa.

_Non, mademoiselle ? S'interrogea la petite elfe prête à écouter l'ordre de la jeune fille.

_J'ai lu un livre sur l'esclavage des elfes, je trouve que c'est injuste ! Et le pire, c'est que tout le monde croit que c'est terminé.

_Les choses se sont améliorées, la rassura-t-elle.

_Qu'est-ce qui a changé à par que le fer rouge n'existe plus ! S'étonna-t-elle.

_Mademoiselle, retournez à votre cours de Botanique.

_Je connais mon cours. J'ai le temps de passer la serpillière avec toi !

_Par… Pardon ? S'étonna-t-elle. Non, non, non mademoiselle ! Posez ça tout de suite, mademoiselle !

_Chut ! Je veux passer la serpillière, c'est trop demandé ?

_Vous n'avez jamais passé la serpillière, remarqua l'elfe en s'approchant pour reprendre l'outil de ménage.

_Tu vas m'apprendre ! Recula Léa

_Mademoiselle, posez ça, je vous prie.

_C'est un ordre ! Tonna la jeune fille. Je veux que tu m'apprennes à passer la serpillière. »

Zorua fixa la serpillière dans les mains de sa jeune maîtresse et capitula pour obéir à son ordre. L'elfe s'était toujours trouvée chanceuse d'être arrivée dans cette famille car elle avait eu des maîtres cléments en général ainsi que trois petites filles adorables. Jamais aucune d'elles n'avaient manqué à sa tâche pour l'aider à mettre la table ou à vider l'évier. Maintenant, Léa insistait pour l'aider à passer la serpillière. La serpillière ! Quelle sorcière donnerait comme ordre à son elfe de lui apprendre à nettoyer sa maison ?

Mais la jeune fille ne s'arrêta pas là. N'ayant rien à faire de sa journée, Léa voulut tout faire avec Zorua. Déjà plus petite, elle avait toujours voulu faire comme Zorua car contrairement aux membres de sa famille qui passaient leur temps à se détendre en buvant un thé ou à rester au chaud dans leur lit, Léa avait horreur de n'avoir rien à faire. Il fallait qu'elle soit toujours en mouvements, qu'elle fasse toujours quelque chose, une occupation. Enfant, Zorua l'avait toujours occupé avec des jeux simples mais maintenant qu'elle grandissait et que les injustices de la société la frappaient, Léa voulait utiliser son énergie pour faire quelque chose d'utile.

A deux, les tâches ménagères avançaient plus vite et se terminèrent avant le retour des parents de Léa. Du coup, la jeune fille entraîna l'elfe dans sa chambre pour lui présenter ce qu'elle comptait porter ce soir.

« J'ai remarqué que les sorciers et sorcières s'habillaient toujours dans les mêmes tons et avec toujours la même forme. Voilà pourquoi, j'ai décidé d'ajouter moi-même quelques petites choses sur ma tenue. » Expliqua-t-elle en sortant sa robe verte émeraude qu'elle allait porter.

C'était une robe manche longue qui avait la forme la plus commune. Mais Léa avait prévu d'y rajouter un ruban noir autour de sa taille avec lequel elle nouerait un nœud sur le côté droit.

« En dessous, un collant noir évidemment, continuait-elle en sortant les accessoires. Des bottines pour les chaussures et pour la coiffure j'ai prévu de me faire une couette avec un ruban noir. Je ferais un nœud qui rappellera celui que j'ai autour de la taille. En plus petit, bien sûr. Comment tu trouves ?

_Je trouve que cette tenue vous ira très bien, mademoiselle. » La rassura Zorua.


Louise et sœur Marie rentraient dans la maison, les joues en feu. Après une bonne demi-heure dehors à faire des anges de neiges sur le sol, elles étaient frigorifiée et avaient besoin d'un bon chocolat chaud. Guyddo s'empressa d'en préparer deux lorsqu'elles se posèrent dans la salle à manger. Les deux sœurs haletaient, un grand sourire étirant leurs lèvres au souvenir de cet après-midi. Elles avaient commencé par inventer un spectacle de danse avec Emma et Laura pour leurs parents qui avaient applaudi au final. Puis Louise et Marie s'étaient tournées vers de la peinture tandis que Laura et Emma montaient dans leur chambre. Et pour finir, les deux sœurs étaient sorties s'amuser un peu dans le jardin pour profiter de la neige.

« Ils l'ont attrapé ! S'écria Mr. Clerwood en lisant le journal. Ils ont attrapé Sirius Black !

_Non ! S'étonna Mrs. Clerwood en arrivant dans le salon. Comment ?

_Ils l'ont attrapé à Dunstall !

_Pas très loin de Poudlard, remarqua-t-elle attirant l'attention de Louise. Il peut très bien se faufiler encore pour échapper aux détraqueurs. Il leur a déjà échappé une fois, il recommencera !

_C'est vrai, le ministère ne sait toujours pas comment il a pu le faire, admit son mari. Il est très fort !

_Il ne vient pas à Poudlard j'espère ! S'horrifia leur fille en arrivant dans le salon.

_On te retira de l'école s'il vient, ne t'inquiètes pas, la rassurèrent-ils.

_Et avec Harry Potter à Poudlard, j'ai bien peur que ce ne soit sa destination, estima son père.

_Va te préparer Louise, on part dans une heure. » Fit Mrs. Clerwood en coupant court à la conversation.

Regardant tour à tour son père puis sa mère, Louise finit par obéir et monta se préparer en laissant son chocolat chaud dans la cuisine dont Marie se fit une joie de boire. Dans sa chambre, Louise ouvrit son placard et chercha en vain le haut qu'elle avait prévu de porter pour la veille de Noël. Emma entra dans sa chambre avec Laura pour que Louise les aide à nouer leur corset derrière.

« Vous ne pouvez pas aller demander à Guyddo ? » Demanda Louise pour leur faire comprendre qu'elle n'avait pas envie de les aider.

Surtout qu'elle cherchait toujours son haut noir et qu'elles encombraient sa chambre. Ses petites sœurs sortirent et Louise en profita pour vider entièrement sa penderie à la recherche de son fameux haut noir. Elle avait une idée bien précise de ce qu'elle voulait porter ce soir et savoir qu'elle ne trouvait pas ce qu'elle cherchait la rendait nerveuse. La jeune fille remit ses longs cheveux bruns derrière ses oreilles et commença à tout inspecter. Elle tomba sur les horribles pulls tricolores que sa cousine Marion lui avait passés.

« Par Merlin ! » Lâcha-t-elle en les jetant plus loin dans un coin de la pièce.

Comment sa cousine avait-elle pu mettre ces horreurs pareilles ? Il y avait deux ou trois choses auxquelles Louise devait parler avec sa cousine car elle n'était même pas sûre que ces pulls aient été à la mode à une époque. Oubliant les affreux pulls tricolores qui n'étaient pas son problème le plus urgent, elle se remit en chasse de ce qu'elle cherchait. Les pulls tricolores attendraient leur heure !

Enfin, elle trouva ce qu'elle cherchait ! Son haut noir avec une fleur synthétique de couleur grise cousue au dessus sur le côté. Elle retira ce qu'elle portait pour l'enfiler et s'assurer qu'il n'était pas trop petit. Louise grandissait tellement vite qu'elle ne se serait pas étonnée qu'il ne lui aille plus. Mais non, il lui allait encore. Toute heureuse, elle laissa son haut tombé en tunique et enfila un leggins par-dessous ainsi que des bottines puis se rendit près de sa coiffeuse. Très peu de maquillage pour Louise mais une petite touche de sombre à paupière et de mascara, le tout était fait. Pour la coiffure, la jeune fille s'attacha les cheveux en une couette sur le côté droit.

Lorsque Louise descendit, prête pour la soirée de Noël que la famille Clerwood-Gadish passait dans le deuxième manoir, sa mère se démenait pour trouver une autre robe pour Laura qui venait de renverser son parfum dessus.

« Séverine, on t'attend ! S'impatientait Mr. Clerwood déjà prêt avec les trois autres filles.

_On arrive ! Deux minutes ! » Répondit sa femme depuis la chambre de Laura.

Au final, la jeune fille fut vêtue d'une robe noire toute simple qui la rendait pourtant très charmante.


Juliette avait le choix entre une tunique en laine noir très chic avec un leggins, ou un petit top noir à paillette avec un jean ou encore une jupe avec une veste. Quelle tenue choisir ? Elle commença à essayer toutes les possibilités. Charlotte entra dans sa chambre, les lèvres barbouillées d'une couleur rouge passion.

« T'as vu, Juliette ? Ricana-t-elle.

_Magnifique… S'enthousiasma faussement sa sœur. Enlève ça ! » Grogna-t-elle d'un ton agressif.

Charlotte se précipita dans la salle de bain pour retirer le rouge à lèvre qu'elle avait chipé dans la trousse à maquillage de sa sœur. Juliette se décida finalement sur la jupe avec la veste. Elle entra dans la salle de bain et commença à se maquiller devant les yeux émerveillés de Charlotte qui avait toujours admiré sa sœur malgré les différents qui pouvaient exister entre elles depuis cette année.

« Tu pourras me maquiller après ? Demanda-t-elle.

_Ouais, attend. » Accepta Juliette.

Un petit coup de rose à lèvre, un peu de fard à paupières, des paillettes sur les joues et Charlotte était aux anges.

« Et voilà, toute belle ! Lança-t-elle en admirant son œuvre.

_Merci. » La remercia Charlotte en sortant toute heureuse de la salle de bain.

Juliette jeta un dernier regard à son reflet dans le miroir pour s'assurer de son apparence et finit par descendre, prête pour la soirée qui allait suivre.


« Léa, tu te dépêches ! S'égosillait sa mère.

_Oui, oui, oui… » Marmonnait sa fille.

Elle hésitait encore sur le maquillage à adopter pour la soirée. Elise et Pauline étaient déjà prêtes et tout le monde l'attendait en bas. Léa entendait depuis sa chambre, son père qui ronchonnait.

« Léa ! On va être en retard ! » Répéta sa mère.

Bon, aller hop, Léa décida de se mettre légèrement du blush sur les joues, un peu de mascara et un touche de gloss. Elle était prête, il ne manquait plus qu'à enfiler ses chaussures et le tout serait complet. Voilà, elle était prête !

« Alors, Zorua ? Demanda-t-elle en se retournant vers la petite elfe qui l'observait.

_Vous êtes très jolie, mademoiselle.

_Merci, la remercia-t-elle avec un sourire franc.

_Léa ! » S'énerva sa mère.

Léa passa un dernier coup devant le miroir puis descendit rejoindre sa famille tandis que tous l'attendaient en s'impatientant dans le hall.

« Bon, tu me réciteras demain ta leçon de Botanique, hein ?

_Joyeux noël, maman ! Lança ironiquement Léa. Oui… » Se reprit-elle lorsque son père lui fit les gros yeux.


Marion coiffait ses cheveux, l'air désespéré. Ses cheveux étaient bouclés, frisés, ondulés, on ne savait pas trop. Tout ce que Marion savait, c'était qu'ils n'étaient pas lisses ! ? Désespéré, elle tenta de les lisser. Bon, ils étaient assez obéissants. Il y avait toujours quelques mèches qui rebiquaient à l'arrière mais le reste n'était pas trop mal. Ses cheveux avaient dû avoir pitié d'elle ! « Regarde cette laideur ! Avaient-ils dû se dire. Je refuse de faire partit de cette chose ! Que cette fille soit laide, très bien, mais au moins que les gens se disent qu'elle a de beaux cheveux ! » Marion fit une grimace devant son reflet. Non, elle n'était tout de même pas si moche que ça ! *Il y a pire que moi* Se rassura-t-elle. *Pense à Millicent, pense à Millicent, pense à Millicent…* Se disait-elle dans ces moments-là. L'image de son horrible camarade lui apparut. La jeune fille eut des frissons rien qu'à l'imaginer dans une robe de soirée. C'était sûr, elle était au moins plus jolie que cette fille !

La soirée allait bientôt commencer et pour marquer ce moment, Marion attrapa son journal en espérant pouvoir noter ne serait-ce qu'un petit message.

Samedi 24 décembre 1993

Cher Journal,

Ce soir, c'est le grand soir ! J'attend avec impatience d'entendre la sonnette dans le hall et que l'on ouvre la porte. On va encore pouvoir se gaver jusqu'à exploser, comme à tous les Noëls. On va pouvoir narguer Léa avec le plateau de fromage et Juliette avec le plateau de saumon. Louise et moi, on va encore tout engloutir. A chaque fois, on va prendre un peu de tout mais cette année, il faut qu'on passe avant Antoine parce que l'année dernière, il avait tout mangé.

Ah ! J'entends la porte d'entrée sonnée !

Joyeux Noël cher Journal,

Marion.

Marion ferma son journal et se précipita à l'étage inférieur. Elle croisa, dans le couloir, Guillaume qui entraînait déjà Laura et Emma pour jouer à cache-cache. Arrivée dans le salon, elle fit la bise à son oncle et sa tante Olivier et Séverine, puis à Marie avant de serrer Louise, dans ses bras. Les deux cousines s'empressèrent de monter dans la chambre de Marion. Aussitôt arrivée, Louise se jeta sur le lit et commença à faire la folle. Durant les soirées de Noël, il ne fallait parfois pas chercher à comprendre ce que les cousines disaient ou faisaient. Juste qu'elles aimaient délirer, se lâcher, profiter, faire la fête et s'amuser.

« Regarde ! » Lança Louise à sa cousine avec l'idée de faire une figure de gymnastique.

Elle se mit par terre, prête à éblouir Marion mais s'écroula au sol, se tordant de rire.

« Attend… je sens que je vais faire une connerie. » Dit-elle en riant.

Puis elle se redressa et commença à faire sa figure avant que Léa n'entre dans la chambre en criant :

« BOUH ! »

Marion sursauta et Louise s'écroula de nouveau par terre. Fière d'elle-même, la jeune cousine ricana à sa bonne blague qui marchait à tous les coups. Les trois cousines se serrèrent dans les bras finalement, heureuses de se retrouver. Après cette étreinte, Léa trouva enfin un mauvais coup à faire :

« Les minis parfums ! » Hurla-t-elle en se précipitant vers les échantillons de parfum qui trônaient dans une vitrine de la chambre. Pourquoi était-ce un mauvais coup ? Parce que Marion détestait qu'on touche à cette vitrine, c'était la seule chose de maniaque chez la cousine et c'était excellent pour le plan de Léa.

« MOUHAHAHA ! » Criait-elle alors que Marion escaladait son lit pour la rattraper.

Louise se précipita vers la penderie en profitant que l'attention de sa cousine soit attirée par autre chose pour vérifier qu'elle ne cachait pas encore des affreux pulls tricolores dans son placard. Elle se soulagea en ne voyant que des robes de bonnes qualités et des uniformes pour l'école.

« Qu'est ce qu'elle fait, l'autre ! Lança Marion qui immobilisait Léa à terre.

_Je vérifiais si tu avais encore des horribles pulls tricolores à me passer ! J'en ai retrouvé dans ma penderie. Mais comment t'as pu mettre des trucs pareils ?

_C'était à la mode à mon époque, se défendit Marion.

_Dans ta jeunesse, ma chère ! Rétorqua Louise avec l'accent d'une bourgeoise. Du temps de ta jadis jeunesse, on mettait donc ces merveilleux pulls tricolores ?

_Navré très chère que cela ne vous plaise point, répondit Marion sur le même accent.

_Hey ! Les appela Léa qui était étalée par terre, sous le poids de sa cousine assise sur elle. Je suis au regret de vous annoncer que lorsque la mode est passée, il n'y a plus qu'une chose à faire : mettre tout au feu pour recommencer une nouvelle penderie.

_C'est toi qu'on va mettre au feu ! Répliqua sadiquement Marion. Mouhahaha ! Moi aussi je peux faire des mauvais coups ! »

La porte s'ouvrit, laissant entrer Juliette plus belle que jamais dans la chambre. Avec un grand sourire hypocrite qu'elle utilisait quand quelque la gênait, elle salua ses quatre cousines en évitant de regarder sa cousine Léa étalée sur le sol. Marion se redressa pour la laisser respirer.

« Juliette ! S'écria Léa, euphorique de retrouver sa cousine.

_Léa… Marmonna-t-elle en se rapprochant de Louise comme apeurée. Celle qui nous a donné la honte en se battant avec sa petite sœur en salle de permanence.

_C'est du passé, tenta Léa.

_T'as vraiment été nulle sur ce coup-là, rétorqua Juliette.

_T'es nulle toi aussi parce que des hontes, il y en a tous les jours et la semaine suivante s'était déjà oublié !

_T'es pathétique… mais je t'aime bien quand même, avoua-t-elle. Approche ! »

Léa s'avança et aussitôt, Juliette la fit prisonnière en lui collant les bras derrière le dos, criant :

« Tous sur Léa ! »

Les deux autres se précipitèrent sur la jeune fille qui hurla. Les quatre cris résonnèrent dans tout le manoir et les parents échangeaient des regards dans le salon tandis que leurs filles hurlaient depuis la chambre de Marion.

« Tous sur Juliette ! Entendait-on.

_Tous sur Louise !

_Non, tous sur Marion ! »

Et pour finir, les quatre cris perçants des cousines suivis par des éclats de rires.