Voiler la face
Rémus relut la lettre tellement de fois qu'il l'apprit par cœur. Les cris n'avaient pas cessés, mais il n'entendit plus rien, ni les coups de Sirius, ni les cris de James, ni même les corps de ses deux amis en train de se battre.
- Sirius arrête de dramatiser, merde ! Peu importe, tu peux nous dire et tu le sais !
- James c'est personnel et je n'attends pas que quelqu'un comprenne, mais moi, je ne me mets pas à fouiner dans vos affaires merde ! Lupin, sors de cette putain de salle de bain.
Rémus finit par sortir, regarda Sirius longtemps et donna le morceau de parchemin déchiré à James, puis descendit sans un mot.
- Rémus !
- Pas maintenant !
Il sortit en trombe, laissant Dorcas en plan et courut jusqu'à la forêt.
Lily se réveilla à l'heure du dîner. Elle ouvrit ses yeux lentement et réalisa que la potion de cette fois-ci avait un goût plus amer que celle de James qu'elle avait bue la veille. James serait-il meilleur en potion que Pomona ? Après tout la veille, elle s'était réveillée en seulement quelques minutes. Elle hocha la tête de droite à gauche, en se moquant d'elle-même. Penser à James dès son réveil, elle avait sûrement perdu sa tête, la pauvre fille. Elle tourna la tête et vit le professeur Mcgonagal, le professeur Dumbledore et le professeur Slughorn s'approcher d'elle.
- Oh miss Evans s'est réveillé. Lança Horace en s'approchant d'elle.
Elle sourit légèrement et s'assit.
- Vous avez dormi plus longtemps que prévu. Lança le directeur de l'école. Auriez-vu subi d'autres pétrifications récemment ?
« Décidemment, vraiment rien ne lui échappe. »
- Non. Mentit-elle.
- Vous n'avez pas récupéré rapidement.
- Professeur, je pense que nous ferons une analyse de la santé de Mademoiselle Evans plus tard.
- Oui, oui. Mes excuses. Alors des nouveautés mademoiselle Evans ?
Celle-ci éclata de rire. Le regard surpris de Slughorn et celui las de Mcgonagal n'aidèrent pas Lily à ôter son rire.
- Voyez ! Il n'y pas meilleur remède que le rire.
- En effet. Conclut Lily. Effectivement, j'ai du nouveau.
Soudain, elle se rappella qu'elle avait perdu sa baguette et son sourire s'effaça.
- J'ai perdu ma baguette.
Les trois têtes en face d'elle lui offrirent des regards désolés.
- Weasley vous a désarmé ?
- Non. Je ne sais pas. Pas à ma connaissance. J'ai cherché ma baguette pour un Lumos dans un couloir, et puis je ne l'ai pas trouvé quand je lui ai dis qu'on doit revenir pour la chercher, il s'est mis à dire des choses incohérentes. Alors… Alors, je…
Elle baissa les yeux et fit une grimace.
- Laissez-moi deviner, vous avez fouiller vos poches et vous avez trouvé une potion que vous avez jeté sur votre attaquant au moment où il ouvrait la bouche pour vous jeter un sort.
- Comment vous avez su ?
- Une petite intuition, en réalité, nous avons trouvé la fiole et une petite version de Monsieur Weasley. Lança Dumbledore triomphant.
- Oh mon dieu ! qu'est-ce que je lui ai fait ?
- N'est-elle pas fabuleuse ! Il est devenu plus petit qu'une souris. Elle a réussi cette potion mieux que moi.
- Je penserai à lui donner votre poste alors Horace.
Celui-ci émit un sourire gêné, mais continua.
- En plus elle s'inquiète pour son attaquant.
- Il était troublé, il n'est pas mauvais.
- Que vous a-t-il dit ?
- Ça n'avait aucun sens, il disait que je le manipule.
- Pourquoi pensait-il ainsi à votre avis ?
- Il a dit qu'une fille m'a entendu dire du mal de lui et que…
Lily s'arrêta de parler. Elle réalisa que plus tôt dans la journée, elle avait effectivement parlé de Darius dans sa salle commune qui était à moitié remplie.
- Vous vous rappelez de quelque chose ?
- Oui. Dit-elle rapidement en évitant de s'attarder sur son souvenir. Il a dit qu'une fille… m'a entendu parler de lui et… dire du mal de lui. Mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai bien sûr. Il était mon ami…
- Votre ami n'a pas eu de scrupule à vous pétrifier mademoiselle. Lança Minerva hautainement.
- Il était perdu.
- Nous le sommes tous un peu ces derniers temps et pourtant vous ne me voyez pas jeter des Silencio à Minerva, bien qu'elle aime bavarder. Pas vrai ma chère ?
Mcgonagal soupira en regardant Dumbledore comme s'il avait cinq ans. Lily s'attendait presque à la voir taper son front de désarroi.
- Que va-t-il lui arriver ?
- Il est suspendu.
- Mais…
- Tolérance zéro. Lança Horace. Ce n'est que justice.
Lily fit une grimace et essaya de se lever.
- Puis-je quitter l'infirmerie ?
- Pressée de partager les derniers potins concernant les groupes de Rock ?
Lily éclata de rire.
- Vous pouvez partir Evans. Répondit Minerva avec un regard bienveillant.
- Merci professeur.
- Vous trouverez votre diner dans votre dortoir Miss. Lança Slughorn qui avait chargé un elfe de s'en occuper.
- Merci beaucoup professeur.
Elle sourit à pleine dent et s'empressa de descendre de son lit.
- Attendez, je vous raccompagne. Vous n'avez pas de baguette.
Minerva sortit en même temps que Lily.
- Vous vous sentez mieux ?
- Oui. Vraiment.
- Bien. Alors avez-vous pris une décision ?
- Concernant quoi professeur ?
- Votre orientation. Même si nous n'avons pas parlé, je sais pertinemment que vous hésitez.
- Des fois j'en fais tellement trop que j'ai l'impression d'être une Serdaigle.
- Vous êtes une brave fille, Lily. Votre place est là où elle est et vous n'en faites pas trop, d'ailleurs arrêtez de vous en faire. Peu importe ce que vous choisirez je vous épaulerai.
- Merci professeur, ça me touche énormément. Chuchota Lily émue.
- Je sais ce que vous faites pour ces enfants, je sais de quoi vous êtes capable aussi et votre potion de ratatissage était d'une perfection exquise. Donc ne perdez pas votre temps à travailler au ministère. Continuez à aider et faire du bien.
- C'est tout ce que j'ai l'intention de faire.
- Par contre, évitez de faire l'apprenti auror, ça vous évitera autant de tracas, mais je suppose que c'est pour ça que vous êtes à Gryffondor, on ne peut pas nous empêcher, pas vrai ?
- Exactement. Lança Lily en souriant.
Elles marchèrent longtemps puis arrivés devant le portrait.
- Demain, je dirai à Hagrid de vous raccompagner au chemin de traverse pour prendre une nouvelle baguette. Et Lily, on vous posera beaucoup de questions. Ne mentez pas tout se saura demain.
Lily entra sans comprendre le sens de la phrase. Elle trouva un monde fou dans la salle ce soir-là, à croire que le nombre de Gryffondor avait doublé ce jour-là. Des troisièmes années qui jouaient, des deuxièmes années qui criaient partout en riant fort, des quatrièmes années moins nombreux et mélangés avec quelques cinquièmes années, des sixièmes années et seulement deux ou trois Septièmes et premières années. Lily ne repéra ses amis nulle part, à vrai dire, elle ne vit pas non plus de préfets.
- Couvre-feu se termine dans cinq minutes, ramassez toutes vos affaires qui trainent et montez à vos dortoirs.
Elle entendit des râlements, des grognements et des murmures mais elle était habituée, ces sons ne faisaient que la rassurer qu'en voulant faire régner l'ordre, on ne se faisait pas aimer par milliers.
- Bonne nuit Lily. Dit une petite blonde qui passa près de la préfète.
- Bonne nuit Marina.
Elle essaya de ranger tout en tendant l'oreille. Qui de ce beau monde pouvait être une taupe ? Qui jouait donc la comédie si bien qu'il bernait tout le monde ? Elle n'arrivait à douter de personne, pas même Maisy Warington qui son seul défaut était qu'elle était amoureuse de Potter.
Lily réalisa qu'elle ne le vit pas de toute la journée et se demanda ce qu'ils fabriquaient encore. Elle ne pouvait cependant plus sortir, bien qu'une envie vitale l'y poussait, elle ne pouvait risquer encore de se faire attaquer sans baguette.
- Bonsoir Lily.
Elle sourit à Bilius et réalisa qu'elle commençait à être paranoïaque. Elle le suivit du regard et ne put s'empêcher de se demander si elle ne devenait pas folle. Il s'était fait attaqué à deux reprises, il ne pouvait être attaquant. Elle se mit à rire d'elle en hochant la tête, quand Bertha Jorkins l'aborda.
- Tu perds la boule Evans ?
- Qui ne la perdrait pas ? Répondit-elle du tac au tac.
- Fais gaffe à ta cervelle, il te reste encore deux ans. On a besoin que tu sois saine et sauve, pour nous sauver tous.
Lily toisa son ainée sans pour autant savoir si celle-ci usait d'ironie ou seulement de jalousie. Elle ne lui prêta plus attention et s'assit dans un fauteuil vide en regardant les groupes se disperser lentement.
Les jumelles Peadlmer sourirent à Lily, en passant, elle se mit à douter d'elles, en trouvant toutes sortes d'hypothèses farfelues. Elle dirigea son regard ailleurs et vit Shafiq qui draguait encore.
« Il est si différent de son frère. » Pensa-t-elle.
Le portrait s'ouvrit, elle vit Sirius entrer. Elle s'avança vers lui.
- Enfin un visage familier. Dit-elle en souriant.
Il haussa les épaules et s'affala près d'elle.
- Black boude, non mais j'aurai tout vu.
Il lui jeta un regard condescendant.
- Non, mais c'est quoi votre problème les mecs ? Tu vas me jeter un sort aussi ?
- Quoi ?
- Ah enfin !
- Qui t'a jeté un sort ? Demanda Sirius inquiet.
Elle regarda autours d'elle et vit encore quelques sixièmes années et Septièmes années assis près de la porte.
- Donne-moi ta baguette.
- Pourquoi ? Demanda le jeune brun.
- Tu me fais pas confiance ? questionna-t-elle inquiète.
- Si, tiens. Dit-il en lui tendant.
Elle visa les cinq personnes encore présentes.
- Assurdiato.
- C'est quoi ça ? Qu'est-ce que tu leur as fait ? Murmura le jeune homme.
- Un sort pour qu'ils n'entendent plus rien.
- Où tu as appris ça ?
- C'est Severus qui me l'a appris. Je ne l'ai jamais vu dans aucun livre.
Sirius fronça les sourcils et interpella Mona Burke assise un peu plus loin.
- Hé la moche à lunette ! ouhouuuu !
Elle ne bougea pas mais son regard se posa sur les deux Gryffondors.
- Ils n'entendent vraiment rien. C'est génial.
- Bravo pour la discrétion en tout cas.
- L'exubérance c'est mon troisième prénom. Alors qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- Alors, tiens-toi bien. Darius m'a volé ma baguette et il m'a pétrifié en me traitant de manipulatrice et de mauvaise.
- Quoi ? Demanda Sirius abasourdi. Tu rigoles ?
- Je t'assure que non.
Lily s'attela à raconter sa mésaventure à Sirius.
- Mais arrête de me regarder comme si on m'avait Avada, je vais bien, je te dis.
- Oui, ben, si on doit se méfier même de petits esprits comme Darius on n'est pas sorti de chez Rosemerta.
Lily sourit.
- Mais, au moins, on sait quelque chose, la taupe est une fille.
- Ben va dire ça à l'idiot de Lupin.
- Pourquoi ?
- Il m'a trouvé en train d'écrire la lettre que tu as intercepté, me l'a piqué, en a lu une partie, vue que le parchemin était déchiré et maintenant il pense que je suis la taupe.
- Mais il est fou ? Je croyais qu'il avait un sixième sens.
- Je ne comprends pas, toi tu viens de me connaître et tu doutes pas de moi. D'ailleurs pourquoi tu doutes pas de moi ?
Lily le regarda sans pour autant savoir pourquoi elle avait une aussi bonne opinion de lui. Elle réfléchit un instant puis débita calmement.
- Je trouve ça illogique que tu sois partisan des idées de la famille qui te torture. Balança Lily aisément.
Sirius resta bouche-bée.
- Il y avait quoi sur la lettre ?
- La partie qu'il a lu ?
- Ben oui. Juste dis-moi tu te doutes bien que si je dois te défendre, il faudrait que je sache de quoi.
- Je ne peux pas Lily, je ne peux pas parler de mon plan. Pas ici, pas aujourd'hui, c'est juste ma vie, je ne sais pas pourquoi il veut pas attendre.
Lily vit l'air triste de Sirius et ne put s'empêcher de compatir.
- Même James veut me forcer à parler. D'ailleurs les mots qu'il a lu, me font vraiment passé pour un coupable alors qu'ils sont complètement hors contexte.
- Où sont-ils ?
- Je ne sais pas Rémus est sortit et après m'être disputé avec James, il est parti aussi.
- Toi tu étais où ?
- J'étais dans la forêt interdite, j'avais besoin d'air.
- Tu sais qu'elle s'appelle forêt interdite, parce qu'elle est interdite pas vrai ? Tu sais que ce n'est pas juste un nom propre.
- Oh ! Eh bien ! Merci de me transmettre ce savoir si précieux, je me sens aussi savant que le savant fou maintenant.
- Idiot.
- Où sont tes copines ?
- Aucune idée, la dernière fois que j'ai vu Alice, elle montait dormir. Dorcas, je ne l'ai pas vu et Marlène je l'avais laissé ici.
- Je pense qu'elles ne savent pas où tu es.
Les personnes qui restaient encore dans la salle commune disparurent les unes après les autres dans leur dortoir. Lily et Sirius décidèrent de jouer à quelque chose, après avoir fait le tour des suspects possible de leur maison.
- Attends, on va jouer à un jeu que j'ai inventé.
- Je m'attends au pire.
- On va jouer au jeu de « je n'ai jamais fait » mais version Strip pas version Drink.
- Tu es malade, vraiment. C'est tout ce qui te passe par la tête. Dénuder les gens.
- Les jolies filles.
- Par pitié Black, fais pas ça avec moi, je commençais à te trouver moins pathétique.
- Nope. Nope, je déconne, j'ai aucune envie de te voir nue, c'est comme de dénuder Peter.
- Euh, je ne sais pas comment le prendre, mais je le prends.
La porte de la salle s'ouvrit près d'une heure plus tard, laissant entrer Marlène, James et Rémus. Marlène s'arrêta de marcher en voyant Sirius de profil sourire à pleine dent à Lily. Il souriait peu et elle regrettait presque le repousser autant. Mais la peur de trop l'apprécier, de trop l'avoir dans la peau, la peur de perdre le contrôle pour une fois dans sa vie, rendait Marlène paralysée. Rémus monta les escaliers sans se retourner, ce qui étonna Marlène qui alla rejoindre Lily sans faire attention au reste.
- Tu étais où Rouge ?
- Devine. Lança Sirius ironiquement. Indice : C'est son endroit préféré après la bibliothèque.
- J'étais à l'infirmerie. Lança Lily en jetant un regard épuisé à Sirius. Tu ne peux pas t'empêcher d'être aussi dramatique ?
- L'infirmerie ? Demanda James.
Rémus s'arrêta de marcher et revint vers Lily.
- Darius l'a attaqué.
Tout le monde se tut.
- Tu étais avec elle ? Demanda Marlène.
- Non. Elle m'a raconté.
- Alors je suppose qu'elle peut raconter seule. Lança Rémus
- Rémus ! Cria Lily.
- Qu'est-ce qui se passe ici ?
Au même moment, Peter entra essoufflé.
- Lily !
Lily sourit en voyant Peter courir vers elle.
- Tu as été un vrai héros, mon petit Peter.
Il rougit de la tête au pied.
- Bon, il se passe quoi là ? Cria Marlène.
- Chut ! Tu vas réveiller tout le monde.
- Il faut qu'on aille au QG. Lança Peter.
- Non. Rétorqua Rémus.
- Bon, vous voulez savoir ce qu'il se passe, faudra le laisser tranquille. Dit Lily en se levant. Peter je t'interdis de dire quoique ce soit à ces deux têtes de linottes. Rémus, je te croyais futé !
- Lily, laisse tomber. Dit Sirius qui se leva avec orgueil.
Il se mit à marcher quand James l'arrêta et se tourna vers Rémus.
- Il nous en parlera quand il sera prêt.
- Ah bon ? Quand ça ? Quand il aura donné toutes les infos à tout le monde. Tu as lu cette lettre ou pas ! C'est lui la taupe.
Marlène et Peter poussèrent un cri.
- Tu es fou ou quoi ? S'écria Marlène.
- Tu ne sais pas ce que je sais. Se défendit Rémus
- Je ne suis rien de ce qu'il raconte et je ne me battrai même pas pour me défendre, si nous sommes ce que tu prétends que nous sommes, si nous sommes aussi soudés que le pense l'école, tu ne m'aurai jamais accusé ! Peu importe ce que te dit ton fort intérieur ! Crois ce qui t'arrange Lupin !
Sirius et Rémus étaient si proche que si l'un bougeait son nez, il effleurerait le nez de l'autre.
- Explique-toi, si tu ne veux pas que je doute. Tout est secret autours de toi, si nous sommes vraiment amis pourquoi ne pas en parler ?
- Rémus, s'il te plait.
- Non, Lily, toi en premier tu devrais douter, tu ne le connais que depuis des mois.
- Rémus arrête ! Cria James.
- Il semblerait que je l'ai cerné mieux que toi alors.
Marlène regardait Sirius et Lily et pour la première fois de sa vie elle fut jalouse de cette complicité qu'elle s'était refusée d'avoir avec lui.
- Arrêtez ! arrêtez ! Lança Marlène. Je ne vous ai jamais vu comme ça en cinq ans. Soyez raisonnable les garçons ! Je suis sûre que tout ça est un malentendu.
- Ecoute ! Marlène tes sentiments pour…
- Rémus ! S'écria Lily pour empêcher son ami d'en dire plus. Et moi quoi alors ? Moi, qui me fait attaquer même et je sais qu'il en est pour rien, et ce même avant que Darius m'avoue que c'est une fille !
- Quoi ? s'écria le reste du groupe.
Lily refusa d'en dire plus et pour la première fois, ce fut elle qui leur dit de sortir de la salle commune et d'aller tous ensemble dans leur QG. Elle le fit en sachant que même si quelqu'un essayait de s'en prendre à elle, elle était quasiment sûre qu'aucune de ses personnes ne la laisserait sans défense.
- Je n'attendais plus ce jour où c'est toi qui proposerait de brûler un couvre-feu. Taquina Marlène.
- Je crois que nous sommes en crise et ces garçons ont besoin de régler leur différend loin des yeux et regards des autres.
Marlène et Lily suivaient Sirius, que James essayait d'attraper, alors que Rémus trainait le pas en se faisant tirer en avant par Peter.
Ils entendirent des bruits et James leur ordonna de se cacher sous des escaliers en attendant que la personne qui patrouillait passe. Ils évitèrent Benjy Fenwick de justesse, Lily jeta un coup d'œil et vit qu'il accompagnait Alice. Elle suivit les autres.
- Bon. Déjà Rémus, je suis vraiment désolée que tu aies à douter de ton propre meilleur ami. Je présume que ce n'était pas une partie de plaisir pour toi aussi, que tu as dû te sentir trahi, mais je pense qu'il fallait juste être un peu patient. Malgré tous les défauts, et Dieu sait qu'il en a un million…
- Hé ! S'écria Sirius. Arrête d'être jalouse et arrête de parler de moi surtout ! C'est bon sujet clos.
- Mais…
- Laisse-tomber Lily !
- Bref, Marlène il faut vraiment que tu te concentres avec moi énormément.
Son amie hocha la tête vigoureusement.
- Tout à l'heure, quand tu étais venu me parler de…
- Oui… ?
- Nous avons parlé par la suite de mon problème de ne pas pouvoir délier la langue à Darius.
- Oui ?
- Qui était dans la salle commune ?
- Je ne me rappelle pas.
- Essaie, parce que la fille en question devait être juste dans les parages, elle m'a entendu parler de Darius et elle a fait en sorte qu'il croit que je le manipule, que je me moque de lui et le raconte à toute l'école alors il a décidé de se venger de moi. Ça et le fait que je refuse ses avances à chaque fois.
- Quoi ? Demandèrent James et Sirius en même temps.
Ils se turent tous et écoutèrent avec attention tout le récit de Lily, que Peter continua, puis vint le tour de James de raconter le reste de leur soirée. Ils se regardèrent longtemps en silence, en réalisant qu'ils étaient peut-être réellement proches du but. Rémus, lui se sentait coupable et s'en voulait de ne pouvoir chasser ce sentiment d'inquiétude concernant le secret de Sirius.
- Qui vous dit que Jeremiah ne sait pas, après tout si ça se trouve la fille avec qui il parlait c'était la créatrice de Lautus ?
- Je pense vraiment qu'il est qu'un pauvre petit pion. Selwyne, lui en sait beaucoup et il est très proche de la personne qui a créé le groupe, qu'elle soit fille ou garçon. Qu'elle soit la mystérieuse fille avec qui parlait Abbott, ou celle qui était dans la salle commune !
- Mais ça doit-être quelqu'un avec qui Selwyne avait l'habitude de trainer non ?
- Pas forcément après tout, ils communiquent par la cheminée et par lettres, peut-être qu'ils sont proches, mais ils ne le montrent pas.
- C'est un vrai casse-tête tout ça !
- Mais bon, on est débarrassé de Darius et Dumbledore sait que Regulus n'est que victime, mais il a les mains liés, la ministre fait tout pour faire clore le sujet pour qu'on ne la prenne plus comme irresponsable et incapable. La famille Black eux réussissent à protéger Régulus avec tout le pouvoir qu'ils ont, le ministère n'a pas réussi à le convoquer au Magenmagot. Mais Dumbledore dit que la vérité triomphe toujours et qu'il finira par la faire éclater au grand jour. Termina Peter.
- Est-ce que l'un de vous a pensé un jour à aller lui révéler tout ce qu'on sait ?
- Oui. Moi.
- Moi aussi.
- Mais seulement à lui.
- Alors on le fait ?
- Oui. C'est le seul en qui on peut avoir confiance.
- Et Mcgonagal. Continua Lily.
- Oui, mais Mcgo va nous punir avant vu le nombre d'effractions qu'on fait pour trouver des résultats. Répondit James fièrement.
- Moi non, j'en fait pas.
- Quelle menteuse ! S'écria James. C'est ton idée.
- Tu veux me provoquer parce que tu sais que je n'ai pas de baguette, idiot.
Il regarda Rémus et sourit.
- Pour te montrer ma bonne foi, tiens.
- Je ne veux pas de ta baguette.
- Ce n'est pas la mienne. Regarde.
Elle écarquilla les yeux et retrouva son sourire, elle le regarda avec bonheur et se dirigea vers lui impulsivement. Soudain, elle réalisa son geste et se refusa à son zèle de le prendre dans ses bras. Elle sentit le regard moqueur de Marlène et Sirius, mais décida de ne pas y prêter attention.
- Je ne mérite pas un bisou ?
Elle fit une grimace.
- Je parie que tu lui as volé que pour dire cette phrase. Surenchérit Marlène en se moquant de lui.
- Si j'étais aussi futé, je lui aurai pas rendu devant vous, pour qu'elle laisse libre court à ses émotions et se jette sur moi et m'emplit de bisous, comme elle a tellement envi de faire.
- Dans tes rêves les plus fous, plutôt embrasser un babouin baveux ! Quel crétin !
- Pourquoi tu l'enrages à chaque fois ? Râla Sirius.
- Tu insinues que je suis une enragée ?
- Folle furieuse, suicidaire et folle. Expliqua Sirius solennellement en comptant chaque mention sur le bout des ses doigts.
- Furie, un vrai cauchemar, mais je ne dirais pas non à un petit quart d'heure câlin pourtant, je parie qu'elle doit aussi passionnée la journée que le soir.
- NON ! Cria Marlène. Ne jette pas de sort par pitié. Faut te contrôler !
- Elle aime perdre le contrôle avec moi.
Elle lui lança un regard noir pendant que Marlène l'empêchait de lui jeter un sort.
- Tu devrais vraiment sortir avec moi Evans.
Le reste de la bande regarda Lily avec un sourire suggestif et James avec un sourire admiratif de prendre plus souvent son courage à deux mains.
- Je préférai de loin adopter un rat que de te côtoyer !
Les trois garçons éclatèrent de rire, en donnant des coups de coude à Peter.
- Alors fais lui un bisou. Lança Sirius en poussant Peter.
- Vous êtes horrible, pourquoi vous traitez Peter de rat ? S'écria Marlène.
- Mar, tu sais faire autre chose qu'être outrée ? Demanda Sirius.
Elle le regarda fixement sans sourire, Sirius fut choqué d'y lire une profonde mélancolie.
Elle le fixa longtemps et pour la première fois de sa vie, il vit une Marlène perdue, une Marlène triste elle avait l'air vulnérable. Il se leva s'approcha d'elle et sans prévenir la serra contre lui, puis murmura dans son oreille.
- Tout va bien.
Elle répondit à son étreinte en calant sa tête dans son cou et en fermant les yeux. Ils se séparèrent en remarquant que pour la première fois aucun ami à eux, ne fit de remarques désobligeantes ou moqueuses.
Elle sourit de manière lasse et suivit Lily à l'extérieur.
- Laisse-le entrer dans ta vie Marlène.
- Lily… Je…
Lily fixa son amie, elle avait vraiment l'air mal en point.
- Je... J'ai des sentiments envers lui... et lui ne cherche qu'à s'amuser. Je n'ai pas envi de perdre son amitié, parce que le reste je sais que je ne l'aurai pas…
Lily réalisa que Marlène posait un mot sur ses émotions pour la première fois, elle lut de la détresse dans ses yeux. Elle enlaça son amie en marchant près d'elle et entrèrent en se demandant ce qui les attendait encore dans cette école de fou.
Ils revinrent discrètement dans leur dortoir sans remarquer Selwyne qui les repéra. Il prit un parchemin, dessina un L sur sa face, puis le tourna. Il s'adossa à un mur et vit de l'encre pointiller près du L. Alors, sans remplir sa plume d'encre il nota :
" Les Gryffondors fouinent de plus en plus, Abbott avait raison de nous prévenir et je pense qu'il est temps qu'on fasse porter le chapeau à quelqu'un d'autre..."
