Alice : merci pour ton commentaire ! Ce que tu me dis sur les scènes de la pièce me rassure.
Concernant l'intervention d'Aizen et des Arrancars dans cette fic, c'est parce que je n'aime pas ignorer ce qui est censé se passer dans l'histoire de Bleach, même si je la détourne. Autant que je le peux, j'ai pour habitude de l'intégrer dans mes fics.
Donc, cette fic démarre peu après la trahison des capitaines, les Arrancars fomentent leur guerre... il faut bien s'en occuper au bout d'un certain temps. Mais il ne faut pas s'inquiéter outre mesure, Au théâtre, ce soir est une comédie : il n'y aura pas de grandes aventures, ni de grands combats... Je ne peux pas en dire plus à moins de tout révéler. Aie confiance !
Ça devait être "Fraternité dans l'adversité", mais comme Byakuya devait être costumé pour ce chapitre, j'ai laissé mon esprit se distraire dans l'essayage de sa robe, et avant que je m'en rende compte, j'avais écrit deux pages au lieu des quelques lignes prévues. Donc j'ai plus étudié l'affaire, ajouté un passage pour qu'on puisse constater comment cela se passe entre Renji et Byakuya, et j'en ai fait un chapitre à part entière !
Voici donc :
Acte 35 : La robe de la reine
Le lendemain matin, les membres de la famille Kuchiki et les résidents temporaires du manoir, Shinigamis ou humains, se retrouvent au petit-déjeuner.
Byakuya s'arrête quelques secondes à l'entrée de la salle à manger, devant la tablée qui se présente à ses yeux. Comment, en quelques jours à peine, a-t-il pu passer d'une vie de célibataire dînant seul en bout de table, à celle de maître de maison présidant quotidiennement une tablée de huit ou neuf personnes ?
Depuis que les humains ont emménagé chez lui, Rukia y a également pris ses aises et rentre chaque soir au manoir plutôt que de rester dans ses quartiers de la treizième division. C'est un plaisir que de la voir mais pourquoi faut-il que sa présence soit liée à celle de ses quatre amis du monde matériel ?
Renji s'est en quelque sorte imposé, lui aussi, mais Byakuya n'arrive pas à le regretter.
Puis, son grand-père qui, même s'il possède son propre logis, aime depuis quelque temps prendre ses repas avec eux, à croire que l'animation qui règne ici à présent l'attire.
Et enfin, tante Birei, la nouvelle arrivante, qui a déclaré pas plus tard qu'hier s'inviter chez lui quelques jours pour assister aux répétitions.
L'ampleur des ramifications de cette pièce de théâtre est effarante, se dit Byakuya. Il salue l'assemblée de la tête et murmure une généralité ; un concert de voix lui répond. Puis il s'installe à sa place et accepte la tasse de thé qu'un domestique lui tend, enfin prêt à profiter le mieux possible de la tranquillité de l'heure matinale. Il va pour porter la tasse à ses lèvres, lorsque son majordome entre et annonce :
« Rikichi, de la sixième division, apporte un message, seigneur Kuchiki. »
Byakuya soupire et repose sa tasse sur sa soucoupe. Puis son irritation s'apaise, car Renji se lève en disant :
« Laisse, Byakuya, je m'en charge. »
Un bref conciliabule dans le couloir avec Rikichi, et Renji revient en déclarant :
« Les répétitions d'aujourd'hui sont annulées. Le capitaine Kurotsuchi a réclamé l'usage de la scène pour régler... comment il a dit, Rikichi... ah oui, les effets de mouvance dans la scène de Calais … je ne sais pas ce que ça veut dire sauf que vous êtes attendus dès que possible au théâtre, Ichigo et Tchad. »
Sans se le faire dire deux fois, les deux jeunes gens se lèvent, attrapent la première chose comestible à portée de main, qui une pomme, qui un toast beurré, et sortent de la pièce, sans regarder en arrière.
« Wooh, fait Renji, il fait comment Kurotsuchi taichô pour les faire marcher à la baguette comme ça ? »
C'est un bonheur que de retrouver la gaieté de Renji. C'est un profond soulagement que de ne pas avoir à répéter aujourd'hui. Byakuya se réjouit de pouvoir lui parler. Son espoir est vite déçu.
« Ishida, Unohana taichô dit que tu pourrais en profiter pour organiser les essayages que tu voulais.
— C'est parfait ! Comme les acteurs étaient tous occupés à répéter je ne voulais pas les déranger. Kuchiki taichô, vous allez venir, n'est-ce pas ?
— Venir ?
— Essayer la robe de la reine. Nous faisons les essayages des costumes à la quatrième division : c'est moins loin que le théâtre. Le costume du duc du Buckingham est le seul dont les essayages sont finis, alors Kyôraku-san ne viendra pas, mais Zaraki-san devrait être là : il lui reste encore à essayer la tenue qu'il portera sous son armure.
— Eh bien, j'avais prévu d'utiliser ce répit providentiel autrement...
— Mais Kuchiki-san, avez-vous conscience que vous n'avez pas fait un seul essai de votre robe ? Voulez-vous donc que nous ne nous apercevions qu'elle est trop serrée que la veille de la représentation, lorsqu'il sera trop tard pour y faire quelque chose ? »
Byakuya peut pressentir tous les désavantages qu'une telle situation pourrait occasionner.
« Très bien, se résigne-t-il.
— Alors je vous attends dans la salle où se sont faits les essais de coiffure et de maquillage dans une heure. »
Et Ishida termine en vitesse de boire sa tasse, se lève et s'en va.
« Nous devrions profiter de l'absence de répétition pour revoir la mise en scène de la scène 3 de l'acte II. Depuis que j'ai vu jouer Zaraki-san, je me dis que ce que nous avons prévu n'ira pas.
— D'accord, alors en parler au capitaine Ukitake ».
Et Rukia et Orihime désertent à leur tour la table. De neuf qu'ils étaient, ils se retrouvent à quatre, et toute cette agitation donne le tournis à Byakuya. Sa seule bonne fortune dans l'instant, c'est que tante Birei discute avec son frère et qu'elle n'a pas l'air plus que ça intéressée par les essayages. Quant à Renji, il essaie visiblement de ne pas sourire jusqu'aux oreilles.
« M'accompagneras-tu, Renji ?
— Ouaip ! »
Le contraire aurait étonné Byakuya. Il semble que la nuit ait eu un effet bénéfique et allégé l'atmosphère entre eux. Au point que Byakuya, lui aussi, pourrait presque avoir le même sourire bêta et heureux que son amant de lieutenant sur le visage... presque.
x-x-x
La salle de la quatrième division s'est agrémentée d'un coin-essayage, à l'intérieur duquel se trouve un vaste portant où sont accrochés les différentes parties des costumes. Deux paravents en assurent l'intimité. Dans la pièce attenante, Uryû Ishida s'affaire dans un espace identique à habiller Kenpachi, avec l'aide de Retsu Unohana. Byakuya lui bénéficie de l'assistance de Hanatarô Yamada, son habilleur quelque peu agité, et de celle de la calme Isane Kotetsu.
Isane vient de maquiller Byakuya et attend de pouvoir régler les derniers détails de sa coiffure, une fois qu'il aura revêtu son costume. Du fauteuil où elle s'est installée, elle entend tout ce qui se dit sans rien voir, et s'étonne, car le savoir-faire du septième siège semble faire des miracles sur le capitaine de la sixième division.
« Il vous faut passer d'abord la chemise, Kuchiki taichô.
— Mais c'est une horreur ! Elle n'a aucune forme.
— Ce n'est pas grave, Kuchiki taichô. C'est l'en-dessous, elle n'a pas besoin d'en avoir, vous verrez. Pouvez-vous levez vos bras, s'il vous plaît ?
— Pourquoi ?
— Parce que cela s'enfile par la tête, Kuchiki taichô.
— Les humains ont des idées insensées.
— Aha... Oh ! Vous êtes beaucoup plus grand que moi. Je vais monter sur le tabouret sinon je n'arriverai jamais à vous l'enfiler. »
Isane n'entend plus que le bruissement du coton. Puis la voix de Byakuya s'élève de nouveau :
« Voilà, je l'avais bien dit : j'ai l'air d'être habillé d'un sac. Et mes bras sont dénudés !
— Ne vous inquiétez pas, il n'y paraîtra plus quand vous aurez passé le vertugadin et le corsage.
— Le vertugadin ? Je ne connais point ce terme.
— Nous y viendrons ensuite. Pour l'instant, nous devons installer la brassière.
— Un tel accessoire est-il bien utile ?
— Absolument ! Ishida-kun la adaptée spécialement pour... Enfin... vous voyez ?
— Je vois.
— Voilà, cela s'agrafe par derrière. Vous sentez-vous comprimé ? Non ? Parfait. Maintenant, vous devriez vous asseoir sur le tabouret : cela sera sans doute plus pratique pour enfiler les bas. »
Le seigneur Kuchiki est devenu subitement muet. Pendant les minutes qui suivent, Isane n'entend plus que la voix d'Hanatarô.
« Tendez votre pied droit ? Merci... Le gauche à présent ? Merci... Voilà, ils devraient monter à mi-cuisse. Levez-vous, s'il-vous plaît ? Oui, la taille a l'air bonne. Est-ce qu'ils ne sont pas trop serrés ? Non ? Trop lâches ? Il ne faudrait pas qu'ils retombent sur vos chevilles en plein milieu de la représentation, aha...
— Grand dieux ! Il serait avisé de ta part de t'assurer que ce ne soit point le cas !
— Voulez-vous marchez un peu, pour voir ? Hum, cela m'a l'air d'aller, qu'en dites-vous ?... Bien, c'est le tour du vertugadin à présent. »
Un silence, suivi d'un froufroutement et de légers cliquetis.
« Par mes ancêtres, mais qu'est-ce que cette chose ?!
— Aha, c'est étonnant, n'est-ce pas ? Cela se fixe à la taille, comme une sorte de jupon, vous voyez ?
— Si ça c''est un jupon, je suis un Hollow ! Cela m'a tout l'air d'être une cage ! Sont-ce bien des fils de fer que je vois là ?
— Oui, ce sont des armatures pour la mise en forme de la robe. Cela a pour objet d'affiner la taille en épanouissant les hanches et en maintenant l'évasé de la jupe.
— C'est insensé.
— Je vous l'accorde, c'est un peu extrême. Mais c'était la mode de l'époque.
— Je ne m'étonne plus qu'Anne d'Autriche défaille pour un simple baise-main, si elle était engoncée dans un tel carcan.
— Allons-y, si vous le voulez bien, Kuchiki taichô.
— Je lève les bras, je suppose ?
— Non. Je le pose sur le sol. Voilà ; voyez, cela s'aplatit. Placez-vous au centre... Merci. Maintenant, je le relève, et hop, cela se déploie. C'est ingénieux, n'est-ce pas ?
— Je suis sidéré par l'ingéniosité humaine. »
Quelques secondes de silence, uniquement interrompu par le même bruit de froufroutement et de cliquetis.
« Bien. Voyons, que faut-il à présent ? Ah ! Le jupon.
— C'est heureux ! Je ne puis supporter de voir ce... cette chose barbare.
— Levez-vos bras, s'il vous plaît ?
— Encore ?
— Oui, pour passer le jupon... Vooooi-là. Ensuite... Non, attendez, Kuchiki taichô, vous ne pouvez pas encore mettre le corsage.
— Et pourquoi donc ?
— Parce que vous avez encore un autre jupon à passer.
— Mais combien y en a t-il d'autres ?
— Il y en a trois en tout, si on comprend la jupe de la robe. Levez-vos bras, s'il vous plaît... Figurez-vous que les françaises ont donné un nom à leurs dessous. La chemise de tout à l'heure s'appelle la secrète.
— A t-il un nom ce jupon ? Il paraît plus travaillé que le premier ?
— C'est le bas-de-jupe, il s'appelle la friponne !
— Mon dieu...
— Vous ne trouvez pas cela mignon ? La robe va s'entrouvrir dessus, et on le découvrira. Vous voyez comme l'étoffe est belle ? C'est du damas, a dit Ishida-kun.
— Je suis un capitaine de la Cour, et je porte un jupon nommé la friponne...
— Il vous en arrive d'extraordinaires choses, Kuchiki taichô ! Maintenant, vous pouvez mettre le corps de la jupe. C'est un corsage fin. Il est magnifique, en damas également. Voulez-vous bien tendre vos bras ? Voilà, passez les manches... Il se lace par derrière … Hum... Il s'ajuste parfaitement, on dirait.
— Oui, c'est assez beau, j'en conviens.
— Ishida-kun est vraiment doué de ses mains. Comment vous sentez-vous aux emmanchures ? Pas trop étriqué ?
— Non.
— Bougez un peu vos bras, s'il vous plaît ? Cela va-t-il ? Oui ? Et la longueur des manches ? Oui, cela va bien ! Ishida-kun sera ravi. Vous êtes presque paré. Il manque encore le bas-de-robe et le corsage.
— Encore un autre ?
— Celui-ci sera le corps de la robe. Il est assorti au bas-de-robe et se porte par-dessus tout le reste. Donc vous allez mettre la jupe de la robe avant. Non, il est inutile que vous leviez les bras, Kuchiki taichô.
— Allons bon.
— La jupe s'ouvre sur le devant : je peux la passer directement autour de votre taille. Elle s'appelle la modeste.
— C'est d'une logique transcendante : la jupe qui se montre s'appelle la modeste...
— Aha... Voilà, comme cela. Eh bien... il ne reste plus que le corsage. Il s'enfile comme une sorte de veste sans manche... Ce modèle se lace par devant...
— C'est rigide...
— Oui, c'est un corsage à baleine : ce sont des baguettes en osier qui lui donnent sa forme.
Comment cela va-t-il ?
— C'est serré.
— Pouvez-vous respirer ?
— Oui... je crois.
— Voyons, me permettez-vous d'essayer de passer mon doigt ? »
La réponse a dû être non verbale car Hanatarô commente ensuite :
« Hum, j'ai l'impression que cela va. Ishida-kun nous dira ce qu'il en pense. Eh bien voilà, vous êtes prêt, Kuchiki taichô ! Oh là là, j'ai failli oublier les souliers. »
Une boite en carton est bousculée, puis ouverte. Le bruissement du papier de soie se fait entendre.
« Il y a des talons, remarque le capitaine Kuchiki d'un ton sec.
— Oui, mais pas très hauts. Ishida-san y a veillé.
— Il sont bleus, comme les bas.
— C'était ainsi à cette époque, vous savez. Asseyez-vous, s'il vous plaît. »
Bientôt, c'est le bruit de talons claquant sur le plancher de la salle qu'Isane entend, indiquant que les deux hommes vont émerger de derrière le paravent. Elle se lève pour accueillir la reine.
x-x-x
Byakuya se regarde dans la grande glace sans se reconnaître. Uryû a rajouté un grand col relevé qui s'attache sur ses épaules, et qu'il portera au bal. Cela lui donne un air royal. Isane a terminé le coiffage, puis lui a mis des boucles d'oreille pendantes. Et cela finalise définitivement son air féminin. Il porte des bagues aux doigts et un collier autour du cou. Il ressemble à une jeune femme.
Le créateur du costume a décrété que la tenue était parfaite. Il n'y aura pas besoin de retouche et Byakuya en est soulagé.
Dans le couloir, Renji attend qu'il apparaisse. Il est censé se promener dans le couloir pour s'habituer à porter une robe et à marcher avec des souliers à talon.
La vie, ces jours-ci, est décidément riche en nouvelles expériences...
Acte 35 : fin
Prochain chapitre : "Fraternité dans l'adversité"
Comme vous me semblez tous être sur les charbons ardents en ce qui concerne Renji et Byakuya, le prochain chapitre abordera le problème. Promis, plus de digression sur la robe de Byakuya !
Si je ne l'ai pas terminé avant demain, je livrerai sa première partie quand même, et il vous faudra attendre le lendemain pour voir comment (ou si) leur problème se résout.
NB
J'ai essayé de respecter la mode féminine sous Louis XIII(1610-1643) au mieux de mes (toutes nouvelles) connaissances, mais je ne suis pas à l'abri d'une erreur d'interprétation dans ce que j'ai lu. Notamment, je ne suis pas sûre si c'est la chemise intime qui s'appelle la secrète ou bien si c'est le premier jupon (celui sous la friponne). Cela varie selon les sites, qui sont peu nombreux d'ailleurs... Je suis au moins arrivée à un habillement logique ^^ ... Je parle de la mode chez les Grandes Dames, bien sûr.
Le jupon, à cette époque, n'était pas un terme réservé à la lingerie. Il désignait une jupe de dessous, ou cotte, d'où les termes féminins choisis pour les nommer.
Un sujet que je n'ai pas abordé, c'est l'absence de calesson (cela s'écrivait ainsi). À l'époque de Louis XIII, les femmes n'en portaient plus que pour les promenades à cheval ! La petite culotte n'a été inventée que trois siècles plus tard, apparemment. Et donc les dames, grandes ou non, ne portaient rien sous leurs jupes, à part leur chemise.
Je n'ai pas abordé non plus l'aspect médical du corset : c'est horrible ! Byakuya en porte une version un peu moins radicale, rassurez-vous.
