Trente septième chapitre en ligne ! Qui es-tu réellement ?
Nouveau chapitre en ligne avant que je ne parte quelque temps loin d'internet~
Merci à vous d'avoir la patience d'attendre, de me lire et de me laisser des reviews, cela me fait agréablement plaisir, et me motive toujours à continuer ! Merci particulièrement à Cao pour son retour et son soutien, et à Shirayuki-san pour la bêta-lecture ! J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à dans deux semaines~
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Chapitre 37
« Heklev »
La poussière et les cendres étaient retombées dans la salle désormais silencieuse. Asgore avait arrêté son geste, laissant son trident figé à quelques millimètres à peine du visage de l'humaine qui, bras écartés, s'était jetée entre lui et les deux squelettes à terre. L'éclat de son arme se posait en des reflets mourants sur l'unique iris perçant les échos et leurs pétales. Un iris rouge. Rouge comme le sang. Rouge comme-
- Père…
La voix de l'humaine déchira une nouvelle fois le silence. Doucement, timidement, comme si elle craignait inconsciemment de briser ce qui l'entourait si jamais elle osait hausser la voix. Son timbre ne changea pas, resta le même. Etrange. Désespéré. Suppliant.
Le roi recula brusquement d'un pas, les yeux exorbités d'horreur alors que son regard ne pouvait se détacher du rouge qui teignait aussi bien l'iris que les vêtements de la demoiselle. Flowey, Sans et Papyrus, eux, observaient la jeune femme avec stupeur.
- Chara ?
Un léger frisson parcourut les membres affaiblis de la demoiselle. Elle se tourna vers le bouton d'or. Lui sourit.
- Hey… Azzie.
L'intéressé pressa ses feuilles contre sa bouche à l'entente du surnom, et laissa les larmes envahir ses yeux. Un sentiment confus et étrange envahit son corps et fit trembler sa tige. Il n'y avait qu'elle qui utilisait ce surnom…
La jeune femme vint caresser doucement les pétales jaunes de la fleur, provoquant un sanglot chez l'ancien prince qui s'empressa de se blottir un peu plus contre son cou, là où les fleurs bleues ne s'étaient pas encore ancrées dans sa chair glacée et pâle. Ses lèvres tremblèrent légèrement alors qu'elle pressait la fleur contre sa poitrine sans se soucier de son corps et de ses blessures.
- Tu n'es pas Chara…
La voix du roi brisa l'étrange flottement qui s'était installé dans la salle. Son timbre était dur, froid, menaçant. Sa prise se raffermit sur le manche du trident qui pulsa plus violemment dans sa paume, soulignant ses yeux sombres et haineux.
- Tu ne peux pas être Chara ! Elle est morte ! Morte ! Je l'ai vu convulser des jours entiers et périr sous la lame de mon propre fils !
- Pè-
- SILENCE ! JE NE TOLÈRERAI PAS QUE QUI QUE CE SOIT OSE SE SERVIR DE LA MÉMOIRE DE MES ENFANTS ALORS QUE JE LES AI VU PÉRIR PAR MA FAUTE !
La magie d'Asgore s'intensifia brusquement. Le sol craqua. L'air devint étouffant. Une expression de pure rage tordait ses traits qui avaient perdu toute sagesse et toute noblesse pour laisser entrevoir un monstre assoiffé de vengeance.
Une violente attaque fusa du trident pour filer vers la jeune femme qui, tétanisée, observa le trait meurtrier trancher l'air ambiant dans un sifflement mortifère. Elle ferma les yeux.
L'explosion craquela les colonnes de la salle du trône et fendit les dalles qui se trouvaient au niveau du petit groupe. Lorsque la fumée, la poussière et les cendres se dispersèrent, le souverain put observer une barrière magique érigée à la hâte et dont les os, pour la plupart brisés ou fendus, pulsaient d'une sourde lueur bleuâtre. Un grondement sourd s'échappa de sa gorge en voyant le cœur rouge pulser de manière erratique dans les airs. D'un simple geste, il fit de nouveau apparaître des orbes lumineux. Ce n'était qu'une question de secondes avant qu'il ne les écrase comme des insectes et qu'il ne prenne l'âme afin de détruire la barrière. Il ne pouvait malheureusement pas faire autrement. Les âmes de ces enfants ne supportaient pas sa puissance et ce qui dormait en ses veines.
Papyrus grimaça. Il n'allait pas pouvoir contrer la prochaine attaque, pas avec la puissance que le roi emmagasinait en ce moment. Son regard se posa rapidement sur Sans. Lui aussi semblait avoir subi les contrecoups de l'explosion en protégeant la petite, et sa prise sur elle ne s'était toujours pas défaite, malgré la tension qui habitait ses membres.
Ni l'un ni l'autre ne remarquèrent les rainures noires qui s'étendaient sur le réceptacle de l'humaine, ni Flowey, trop occupé à s'inquiété pour elle, ni le roi dont la rage apposait un voile sanglant sur ses sens.
L'attaque se déclencha. Un hurlement de détresse s'échappa de la gorge de la jeune femme.
Et le cœur se recouvrit de fleurs échos.
Les pétales présents sur les squelettes et sur l'humaine se mirent soudainement à pulser d'une lueur aveuglante. À grossir. L'attaque d'Asgore s'étouffa dans les fleurs bleues qui s'étaient soudainement élevées du sol en un rempart imposant, et il ne put qu'observer alors que l'interface de combat se laissait envahir par des corolles lumineuses surgit d'il ne savait où.
Sans et Papyrus se plièrent sous l'influence soudaine des fleurs. Le garde manquait de s'étouffer sous les corolles coincées au niveau de ses dents et de sa gorge, le forçant à avaler leurs senteurs si violentes, alors que la sentinelle se tenait le crâne, ses phalanges crispées sur les pétales incrustés au niveau de ses tympans, tentant vainement de faire taire les milliers de cris qui rebondissaient contre son crâne. Le corps de la demoiselle, lui, se cambrait au sol malgré les efforts de Flowey pour l'aider, et son iris passait violemment du rouge au violet avant qu'un énième hurlement de douleur et de détresse n'arrête ses fluctuations sur une nouvelle couleur. Celle des fleurs qui avaient envahies tout, y compris le réceptacle qui pulsait faiblement dans les airs.
- Stop…
Ce n'était un faible filet de voix qui s'était échappé de la bouche livide de la jeune femme. Un mot reprit par toutes les échos en un bruissement semblable à celui du vent. Flowey l'observa se redresser maladroitement. La regarda se dresser contre son père, malgré la faiblesse de ses membres, malgré le sang qui s'écoulait de ses blessures, malgré la douleur qui parasitait chaque parcelle de son être. Ce n'était plus Chara. Mais…
- Heklev ?
Les deux squelettes levèrent les yeux vers elle, incertains. Un sourire doux dessina la courbe de ses lèvres sans qu'elle ne quitte leur adversaire des yeux. Le même sourire que dans leur cauchemar.
- C'est… bien moi…
- Et… Chara ?
La jeune femme se tourna légèrement vers le bouton d'or, lui permettant d'observer son œil valide et, ainsi, de voir durant un court instant le bleu virer au rouge avant de retrouver sa lueur étrange. Elle n'eut cependant pas le temps d'expliquer quoi que ce soit, une nouvelle offensive du roi l'obligeant à ramener son attention sur lui. De nouveau, les fleurs présentes dans la salle s'élevèrent et y firent barrage sous un simple geste de l'humaine. Des voix, nombreuses, s'élevèrent face à cet assaut. Asgore n'y prit pas garde, pas plus qu'il ne fit attention aux silhouettes qui apparurent un court instant autour de la demoiselle. Son attention était toute entière portée sur elle.
- Tu n'es pas Chara…
Heklev rit faiblement. Elle n'était pas Chara, du moins pas dans le sens pensé par le roi. Son sourire se fit tendre et triste. Elle ne serait jamais Chara. Elle ne le pouvait pas.
- Non… Je ne suis que ce que mon nom indique… Je ne suis qu'Heklev.
Elle marqua une pause. Ferma les yeux. Sur ses membres, les pétales resplendirent davantage et firent ressortir les lignes blanches qui serpentaient sur le bleu des fleurs
- Je ne suis… Qu'une fleur écho.
