Chapitre 35: Le foyer
Dans la rue, les deux marchent côte à côte. Un silence qui s'étire. Severus jette un coup d'œil à son chéri. D'habitude, Harry est plus bavard. Là, il avance, le regard baissé, comme perdu dans ses pensées. Severus lui prend la main.
– Ça va chéri?
– Mmh Mmh.
Le ton lassé, il ne l'a même pas regardé. Severus persiste:
– Ça a été pour toi? Pas trop, plan-plan?
– Non, non.
Severus s'arrête et lui relève la tête, puis, gentiment:
– Tu as détesté, n'est-ce pas?
Harry secoue la tête et, sans un mot, se blottit contre son torse. Severus, perdu:
– Dis-moi.
– Pique... Pique... Pique-Pique-Pique-Pique-Pique-Pique-Pique-Pique-Pique-Pique... Au début, c'était marrant et puis à la longue... On aurait dit un concours de lancer de couteaux. Un moment, j'ai hésité à vous laisser et aller promener le chien. Maintenant, j'aurais besoin d'un peu de douceur et de silence.
Severus l'entoure de ses bras, puis, murmure:
– Mon ange... Je suis désolé... A une époque, ma mère était trop gentille et se laissait tout dire et tout faire. Elle s'est mise avec un salopard qui profitait d'elle. Je me sentais impuissant. J'aurais eu envie qu'elle se défende. À un moment, j'ai commencé à l'asticoter pour lui ouvrir les yeux. Maintenant, c'est devenu un jeu et chaque fois qu'elle me répond et me remet à ma place, ça me fait plaisir.
Harry, amusé:
– Tu la coaches.
– Oui.
– A mon avis, elle n'en a plus besoin... Elle est au point.
– Tant mieux.
Harry, en souriant:
– J'ai adoré le chien... Pan. Et les biscuits étaient délicieux.
Severus, incertain:
– Si je me surveille, tu serais d'accord de revenir la voir, de temps en temps?
– Oui, bien sûr... Même si tu...
Harry, en réalisant:
– Tu me trouves trop gentil aussi.
Severus, emprunté, reste muet.
Harry insiste:
– Avoue.
– Avec toi, c'est différent... Je veille sur toi. Et j'essaie, à mon niveau, de te rendre toute la gentillesse que tu me donnes.
– Quand tu dis ça, ça me donne envie de...
Severus lui attrape par le bras et l'entraîne dans une ruelle.
– Ici, tu peux.
Harry, stupéfait:
– Je pensais pas que t'étais... Okay.
Harry lui saute dans les bras un baiser échevelé.
Severus, en riant:
– Je crois qu'on s'est mal compris, chéri. Je pensais que tu voulais pleurer.
Un sort d'Apparition, les deux atterrissent sur le canapé. Severus, mi-figue:
– Ici c'est peut-être plus confortable.
Entre deux baisers, Severus, inquiet:
– Tu me trouves plan-plan?
– Non chéri, mesuré, mais pas plan-plan.
– Mesuré, c'est joli. Moi je te trouve ardent, comme un feu de bois, qui réchauffe la maison. Fais-moi l'amour, mon petit foyer.
– Je brûle de désir pour toi, Severus. Je sais elle était facile mais je n'ai pas l'aisance que tu as avec les mots.
Severus, touché:
– Si tu l'as. Tu fais mouches, à chaque fois et moi je tombe, foudroyé.
– Whahou. Tu me scies. Tu devrais écrire des poèmes...
Severus, hésitant:
– Je le fais déjà...
– File-moi ça!
– Non c'est un peu Dark, tu n'aimerais pas... « Je suis l'idole de tes nuits, l'antidote fugace contre la folie...
Harry, scié:
– Tu parles de qui?
– Pas de qui, de quoi.
Severus mime, la boisson. Harry, compatissant:
– Oh, je vois... Je dois m'inquiéter?
– Non je n'y touche plus, depuis 10 ans maintenant. Je n'ai plus besoin de ça, rassure-toi. La suite, tu ne la veux pas n'est-ce pas?
– Non ça me fait trop peur. Mais, par contre...
Harry lui jette un regard suppliant. Severus, en riant:
– Oh toi tu veux que je te fasse un poème, mon petit chat. Je vais voir ça. D'habitude, c'est pour vider le négatif. Là, je devrais remplir d'amour, pour changer. Je ne sais pas si j'en serais capable. Laisse-moi essayer et si j'arrive...
– Tu me le donnes, on l'encadre et on le place, au-dessus de la cheminée.
