Titre : En Chaque Larme S'Attarde un Espoir

Auteur : Orlane

Disclaimer: Rien est à moi (ou presque): JKR a juste une générosité à l'aulne de son imagination!

Résumé: L'Ombre de la Guerre n'est plus une menace.. C'est désormais une réalité. Mais là où certains commencent à s'inquiéter, d'autres pansent déjà leurs blessures. Seulement, toutes les blessures ne se guérissent pas facilement. Et parfois, même les plus courageux oublient de se battre.

RAR:

- XoXo-C: Coucou! Merci beaucoup pour ta review! Contente que mes révélations t'aient plu ;) J'espère que ce chapitre te plaira également! Bonne lecture ^^

-Fumiko's Stories: Salut! Merci beaucoup pour ta review! Madame Potter et l'aide soignante Granger? T'as de la chance! Nous, à chaque fois, on a eut des sujets pourris... Enfin bon... Jolies propositions pour laort de Bellatrix mais au risque de te décevoir, Mélindra a été plus rapide que toi! Bonne lecture ;)

- MAHA1959: Hey! Merci beaucoup pour ta review! Oui, Bellatrix est un cas à elle toute seule dans l'histoire de l'humanité. Ne t'inquiètes pas pour Mél', c'est une force de la nature à elle toute seule. Pour les fameuses révélations tant attendues... Et bien elles arrivent! Et pas plus tard que ce chapitre! Bonne lecture.

- Cicou: Tchou! Merci beaucoup pour ta review! J'avais bien remarqué ta déduction... Mais il fallait que je te laisse mariner avec le doute quand même ;) En tout cas, encore bravo :D.

Contente que mon chapitre t'ai plu en tout cas... Hum, par contre... Celui-ci est une spéciale dédicace pour les fleures bleues, moi la première. Mais je pense que ça te plaira quand même ;) Bonne lecture.

Note : Hey! Comment va la vie de votre existence? Désolée pour ce retard mais séance shopping oblige, je poste maintenant xD J'espère que ce chapitre vous plaira! Bonne lecture!

Chapitre 36

Draco rouvrit les yeux sur la chambre de Mélindra quelques heures plus tard. Il ne se sentait vraiment pas bien… Les yeux bouffis par un manque de sommeil, par ses pleurs de la nuit dernière aussi. Ce n'était pas ça le pire bien entendu.

Il y avait ce poids dans son cœur, ce quelque chose dans sa gorge qui l'empêchait de bien respirer, qui lui rappelait ce qu'il avait fait.

Et la barre qui lui enserrait la tête.

Culpabilité…

Il ferma les yeux fortement pour chasser ses pensées. Pour chasser le souvenir du corps inanimé de sa mère.

Il préféra se focaliser sur la respiration près de lui, sur l'odeur qu'il lui avait longtemps manquée… Cela valait mieux.

...

Lorsque Mélindra se réveilla à son tour, il lui fallut plusieurs paquets de secondes pour comprendre où elle était.

Puis les souvenirs lui revinrent. Elle dut prendre sur elle pour retenir les larmes.

La courte discussion de la veille était encore bien trop fraîche. Il allait lui falloir du temps pour faire face à tout ce qu'impliquait ce que lui avait dit Draco. Pour faire face à la culpabilité même si ça ne changerait rien.

Elle avait aujourd'hui la responsabilité de la mort de ses parents sur la conscience. Ils avaient été là pour elle et ils étaient morts pour ça. Parce que Bellatrix l'avait prise en grippe. Parce qu'elle était simplement une Sang-Impure.

Quelque part, s'il n'y avait que ça… Elle avait crut la lettre que Bellatrix lui avait envoyée alors que Draco lui avait dit elle ne savait combien de fois qu'il l'aimait, qu'il ne voulait plus devenir Mangemort, que ce n'était pas ce qu'il voulait. Elle aurait pu éviter ces cinq dernières années. Il n'y aurait pas eut de douleur, ni pour elle, ni pour lui. William aurait connut son père dès le début…

Si elle avait réfléchit, si elle avait prit du recul par rapport à cette maudite lettre, tout aurait été différent.

Mélindra frissonna.

Les bras qui encerclaient sa taille se resserrèrent sensiblement.

Minute ?

...

Elle releva la tête vivement. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle ne dormait pas seule, qu'elle était tranquillement blottit contre quelqu'un.

Elle croisa un regard gris interrogatif, malgré le voile de tristesse qui assombrissait les pupilles de son vis-à-vis.

- Qu'est ce que ? Marmonna-t-elle…

- Je… C'est toi qui… Hier… Baragouina-t-il en commençant à desserrer ses bras.

Mélindra fronça les sourcils.

...

Elle tombait de fatigue, lui aussi pour tout dire… Ils avaient le cerveau tellement confus… C'est certainement dans une sorte d'état second qu'il la porta jusque dans sa chambre. Il se voyait bien rallier un bar ensuite pour boire jusqu'à en oublier son prénom…

Il la déposa doucement sur son lit et se redressa.

Voulut se redresser.

Elle avait les yeux ouverts et le retenait par la nuque.

- Reste… S'il te plaît.

Il avait serré les dents. Ce n'était pas une bonne idée.

C'est avec un soupir qu'il s'était allongé à côté d'elle.

...

Mélindra se redressa lentement, le visage plus pâle, le regard aussi fuyant que ce qui était l'ordinaire désormais. Elle se leva et gagna la salle de bain rapidement.

Draco resta quelques secondes à fixer la porte de la chambre d'un regard découragé. S'il disait qu'il ne comprenait plus rien aux filles, il aurait raison n'est-ce pas ?

Il se passa une main dans les cheveux et se laissa tomber en arrière.

Draco ouvrit et referma plusieurs placards avant de trouver deux ou trois choses de comestibles : des biscottes, un pot de confiture et une bouteille de lait. Il déposa son butin sur la table de la salle à manger, face à Mélindra.

Une Mélindra Black en mode dépression. Elle fixait un point au loin, le menton posé sur son genou droit. Les yeux de nouveaux noirs et entourés de cernes violettes. Inévitablement, Draco ne pu que repenser à elle il y avait cinq ans, durant le peu de temps qu'elle avait passé à Poudlard lors de sa sixième année…

- Tu veux quoi sur ta biscotte ? Confiture ou confiture ?

La jeune femme posa un regard fuyant sur lui.

- Je n'ai pas faim.

- Ce n'était pas vraiment une question tu sais ?

- Je n'ai pas faim.

- Ça ne va servir à rien de te laisser mourir de faim.

Sa seule réponse fut un sourire ironique.

- Pourquoi il n'y a pas de photos de William bébé ? Demanda Draco en promenant son regard sur les différentes photographies moldues qui encombraient un mur dans le salon. Il avait l'impression que son fils avait le même âge sur chacune des images.

Face au silence buté de Mélindra, et ce même si sa question n'avait pour une fois rien à voir avec eux, il se tourna dans sa direction.

Mélindra était encore plus pâle, les lèvres transparentes et le regard embué.

- Mel' ? Marmonna-t-il en allant s'asseoir en face d'elle sur la petite table de salon. Ça va pas ? Il souffla… Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Rien… Je ne pouvais pas… prendre de photos lorsque William était plus petit. C'est tout, répondit-elle finalement d'une voix sans timbre.

- Comment ç… Mais il se coupa.

- Ça n'a pas été trop dur… Je veux dire, toute seule avec William ?

Mélindra n'était déjà pas bien colorée… Il ne savait pas exactement pourquoi d'ailleurs. De toute façon s'il posait la question il allait se faire jeter et bien comme il fallait. Mais son visage devint transparent l'espace de quelques secondes. Il regretta tout de suite d'avoir posé sa question. Il savait que parler de ce qu'il s'était passé entre eux lui faisait encore du mal. Il le lisait aisément dans ses yeux et dans sa façon qu'elle avait de se tendre, de figer son expression. C'était ça qu'il l'avait empêché de lui parler en sixième année, après la rentrée. Il avait fait tellement de dégâts à cause de sa faiblesse, de son manque de prudence qu'il n'avait pas voulu en rajouter. Il le regrettait amèrement aujourd'hui.

- Je n'aurais pas dû te poser cette question, marmonna-t-il. Désolé.

- De toute façon, je n'aurais pas eut de réponses à te donner, lui répondit la jeune mère avec un ton triste.

Il prit le visage de la jeune femme entre ses mains et la força à le regarder malgré sa résistance.

- Où as-tu passé les quatre premières années de ta fuite Mélindra Black ? Demanda-t-il d'une voix forte devant son regard de plus en plus paniqué, devant son souffle de plus en plus saccadé.

- En enfer, répondit-elle d'une voix humide de sanglots.

Il voulut en savoir plus mais elle se dégagea de sa prise avant de s'éloigner jusqu'à la fenêtre. Il l'observa de loin. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle était trop bousculée depuis hier pour continuer son repli sur elle-même. Potter avait brisé les premières barrières, pulvérisé serait certainement plus exact. Il était le seul à pouvoir accomplir ce miracle. Il avait toujours été le seul à pouvoir retrouver Mélindra lorsqu'elle jouait à la Reine des Glaces. Ce qu'il lui avait dit la nuit dernière ne l'avait pas arrangée.

Peut-être que Granger avait eut raison la veille. Peut-être que Mélindra était enfin en condition pour parler de ses fantômes…

Mélindra essuya rageusement les quelques gouttes d'eau salée qui s'étaient échappées de ses yeux et essaya de trouver un énorme intérêt aux rues vides en bas de son immeuble. Peines perdues…

- Je n'aurais jamais dû partir aussi longtemps… A l'origine, je devais être revenue ici quelques mois après, un an grand maximum. C'est ce que je pensais. C'était une solution que j'avais trouvé pour prendre le large utilement. Le temps de réfléchir à ce qu'il m'arrivait… Ça ne devait pas se passer comme ça, dit-elle tout bas en repensant à ce qu'il l'avait poussée à prendre cette décision de partir.

Bien sûr il y avait le fait qu'elle ne supportait plus la vie au château mais…

Elle s'était retrouvée enceinte après tout.

Alors quand Athéna lui avait parlé de cette espèce de formation… Elle avait vu une solution parfaite à ses problèmes…

- Je ne savais pas vraiment où j'allais. J'ai suivit. Quand je suis arrivée là-bas… Il y avait cet homme… Méprisant, froid, haineux. Je… Il m'a parlé de prophétie, d'élue, d'héritage… Et puis Athéna…

Un rire froid s'échappa de sa gorge.

- Je lui ai fait confiance… Un Chat-phoenix… Un animal sage comme celui-ci, on ne peut pas en douter n'est-ce pas ? Une Animagus… Elle était une Animagus. La situation a bien servit ses projets en tous les cas. C'était sa mission. J'étais sa mission. Ramener l'Elue à la maison. Ce jour là, j'ai bien cru qu'il allait me tuer. Lui et les autres…

...

Malgré les protestations de ses muscles, Mélindra se redressa pour battre un temps soit peu en retraite face aux regards hostiles de la cinquantaine de personnes qui étaient subitement apparues dans la pièce.

- Elle porte la vie… Siffla une voix féminine quelque part vers la droite.

- Un simple contretemps. Ce n'est pas bien compliqué de les tuer à cet âge là.

Mélindra sentit son cœur s'accélérer.

- Je vous interdis de toucher à mon enfant ! Cria-t-elle en reculant encore, dressant une pâle imitation de dôme autour d'elle.

- Nous n'avons pas d'ordre à recevoir de toi!

- Vous allez avoir beaucoup de mal à faire ce que vous avez à faire sur un cadavre ! Siffla-t-elle.

L'assemblée échangea un regard surprit.

- Elle est sérieuse. Je le sens dans son cœur, dit une voix masculine depuis le fond de la salle.

L'homme aux cheveux blancs, celui qui était, semblait-il, le chef émit un grognement extrêmement mauvais.

- Très bien puisqu'il ne faut pas blessé bébé… Gaïa, je t'en prie, recueille cet enfant. Il serra en sécurité ainsi, finit-il par ordonner.

Mélindra observa une femme tout en rondeur et douceur malgré son regard glacial s'approcher d'elle avec des pas légers et souples… Elle s'approcha jusqu'à être assez près pour s'accroupir à ses côtés.

- Je vais porter cet enfant pour toi… Abaisse cette protection.

- Non ! Je refuse. C'est mon enfant ! Cria-t-elle d'une voix paniquée face aux regards de plus en plus intenses braqués sur elle.

Elle envoya une onde aussi puissante que possible sur la femme.

Celle-ci ne bougea même pas.

- Abaisse cette protection.

- Mélindra fais ce qu'elle te dit ou ton enfant mourra, cingla la voix d'Athéna.

- Je veux votre promesse qu'il ne lui arrivera rien ! Je veux votre promesse que vous ne le toucherez pas ni maintenant, ni plus tard ! Réussit-elle à crier à travers ses larmes à l'homme aux cheveux blancs.

- Soit. Je te donne ma parole jeune humaine, susurra l'homme.

Mélindra abaissa son dôme.

La femme posa sa main sur son ventre.

Mélindra eut l'impression qu'on lui brûlait les entrailles tandis que la petite vie qu'elle avait désormais l'habitude de sentir en elle s'éloignait. Le trou béant à la place de son cœur se sera impitoyablement.

Et puis la femme retira lentement sa main à laquelle était accrochée une espèce de bulle rougeâtre.

Une espèce de bulle où flottait un fœtus pas plus gros qu'un gland.

Et tandis que son enfant disparaissait dans le ventre de la femme, Mélindra s'affaissa sur le sol… En pleurs.

...

- Je n'ai pas eut le droit de le garder. C'est elle qui… L'un d'eux est venu un jour me trouver alors que je m'entraînais à l'extérieur. Il m'a conduit à William. Je l'ai vu quelques minutes. Je n'ai même pas pu le prendre dans mes bras… Il fallait que je retourne à mon entraînement. Ça a été ainsi pendant quatre ans. Je n'ai vu William grandir que par tranches de quelques heures… Ils s'en servaient comme moyen de pression pour que je leur obéisse.

...

Elle fut soulevée du sol sans même avoir été prévenue. Elle traversa la grande salle à une vitesse vertigineuse, enfonça les lourdes portes sans même ralentir et fit un atterrissage douloureux dans l'herbe.

Mélindra roula sur elle-même sur quelques bonnes dizaines de mètres avant de s'arrêter sur le dos, plus que sonnée.

Le monde dansait follement autour d'elle. Tout était flou. Son corps définitivement recouvert de bleus.

- Lève-toi !

Mélindra ne réagit pas... La voix était tellement lointaine, tellement déformée à ses oreilles.

Quelqu'un la saisit par les vêtements et la releva de force.

Elle tint debout par une opération obligatoirement supérieure à sa conscience. Le monde tanguait dangereusement. Elle avait la nausée.

Un poignard siffla à quelques centimètres de ses oreilles. Mélindra l'esquiva au dernier moment… Tout comme la dangereuse balle de feu qui roussit ses vêtements.

...

- Je ne sais pas combien de temps ils ont passé à me tester. Ils voulaient être sûrs que j'étais la bonne personne. Ensuite… Ils m'ont probablement rafistolée. Je ne sais plus. C'est tellement flou… Je me souviens d'éclairs de couleurs, de vents violents, je me suis battue contre je ne sais combien de créatures. Contre eux aussi… Et puis je me suis réveillée dans une chambre… Enfin ils m'ont réveillé le lendemain matin à trois heures du matin… Ou quelques chose s'apparentant à cet horaire. Tous les jours. Je devais m'entraîner. Apprendre à répéter le savoir qu'ils m'injectaient dans la tête chaque soir. Je ne dormais jamais vraiment la nuit. Mon cerveau analysait le contenu de mes leçons du lendemain. Ils me poussaient dans mes retranchements. Je finissais toujours par aller faire un tour du côté de chez la soigneuse. J'ai apprit. Énormément. Je suis dangereuse aujourd'hui… Je peux tuer quelqu'un rien qu'en le regardant. Je peux détruire un esprit de l'intérieur, provoquer un tremblement de terre. Contrer l'Avada Kedavra…

» Et puis il y a eut Lillendrine. Elle est apparue là-bas durant le premier mois de mon arrivée. Elle devait avoir un peu plus d'un an. C'était une élue elle aussi. Pas comme moi. Promise à un entraînement plus dur encore. Elle était adorable. Elle a les mêmes yeux que moi… Des oreilles pointues comme les Elfes… Je suis quasiment certaine qu'elle a le même sourire que Harry. Lillendrine Mélindra Lupin… Je ne sais pas comment elle est arrivée là-bas. Ils n'ont jamais voulu me le dire. Je me suis battue pour m'en occuper… Elle était tellement perdue quand je l'ai vue la première fois… Elle avait besoin d'être avec ses semblables. Pas avec eux… Si elle n'avait pas été là. Si William n'avait pas été là. Je n'aurais pas tout fait pour supporter leur entraînement.

» Ils les ont fait tourner en bourrique tellement souvent qu'ils ont du exploser le score des Maraudeurs… C'est ce qu'ils sont. Des Maraudeurs…

» Et puis l'épreuve finale… J'ai dû mériter mon retour… Sept jours à me battre… J'ai tué des Minotaures, des Dragons, des créatures de l'ombre… Me suis battues contre des démons… Du sang, de la douleur. Sans sommeil. Toujours sur le qui-vive. Je devais réussir pour William…

» Ils ne m'ont pas laissé prendre Lillendrine avec moi. Je l'ai abandonnée. Je n'ai pas eut le choix. Elle est restée là-bas. En enfer. Olympie…

» Je suis l'Elue… Femme au regard de l'Air et de l'Eau… Au corps aussi solide que la Pierre. A l'âme vêtue de Feu, contrôlée par la puissante Liberté… Tout ça à cause d'un sort… Tout ça parce que c'est un héritage ancien qui ne demandait pas plus qu'un bon réveil… Quand je suis revenue ici, je n'ai pas pu retourner voir Harry. La guerre battait toujours son plein en Angleterre. Et je l'avais trahi. Je ne pouvais pas… Alors je suis venue ici, je me suis cachée. J'ai abandonné la Magie… C'était trop…dur de me servir de ce que j'avais apprit…

Elle ne pu pas retenir son rire cynique.

- C'est pathétique. Je suis pathétique. Dire qu'il aurait suffit que je me serve de mon cerveau. Que je te fasse confiance… Ça ne serait pas arrivé.

...

Draco resta plusieurs minutes silencieux, essayant vainement d'analyser ce que Mélindra venait de lui dire. Il finit par abandonner la partie. Il attendrait de plus amples explications qui viendraient certainement un jour ou l'autre… Il se leva et s'approcha lentement.

Il posa ses mains sur ses épaules et la fit pivoter vers lui.

Elle lui lança un regard provoquant. Elle la défiait de dire quoique ce soit.

Il ne dit rien. Il n'avait rien à dire à cela…

Il se contenta de l'attirer contre lui.

- Je suis désolé… Souffla-t-il. C'est de ma faute… Je n'aurais pas dû… continuer à te voir.

Mélindra ferma les yeux fortement pour éloigner les larmes tandis qu'elle reprenait sa place dans ses bras.

Mais c'était cause perdue et elle le savait très bien. Un sanglot s'échappa de sa gorge alors que les souvenirs l'assaillaient de nouveaux.

Parmi tant d'autres c'est le visage de Lillendrine qui s'imprima sur sa rétine, indélébile. Ses grands yeux bleus en amandes brillants de malice. Ses oreilles pointus, ses milles mèches multicolores parce qu'elle ne faisait rien comme les autres du haut de ses quatre ans et demi. Elle ressemblait à un oiseau tropical ainsi. Sa petite fille. Elle l'avait laissée là-bas… Elle aurait dû se battre pour l'emmener.

Elle avait abandonnée sa petite-fille... Et en l'abandonnant c'était toute une partie de son âme qui était restée avec elle.

Mais ils avaient gagné au fond. Ils avaient triomphé là où bien d'autres s'étaient brisés les dents : ils avaient dompté la tempête caractérielle qu'elle était avant. Ils avaient éteint les dernières flammes dévorantes dans son regard. Celles qui faisaient qu'elle était une Gryffondor, qu'elle était Mélindra Black : descendante et héritière de la dernière Reine d'Olympie, le Royaume Gardien des Sept Portes…

Ils avaient parachevé l'œuvre de Bellatrix.

Elle n'avait pas pu se battre pour emmener Lillendrine avec elle alors qu'elle le savait, elle en aurait eut la force et le courage… avant.

C'était ça qui lui restait de ses quatre années passées là-bas. L'entraînement avait été rude, c'était vrai. Mais elle l'avait supporté tant bien que mal. Pour Harry, pour William… Elle était Tueuse et Sorcière. Elle était Gardienne et Protectrice. Elle avait les capacités physiques et mentales pour le supporter.

Alors oui, aujourd'hui, elle était toujours en enfer malgré le temps qui s'était écoulé.

Cet enfer se résumait en un seul et même mot : la culpabilité.

Culpabilité d'être à l'origine de la mort de ses parents. Culpabilité de n'avoir pas su reconnaître un rêve dans la vision qui les avait poussés au Ministère. Culpabilité de n'avoir pas pu empêcher la mort de son père. Culpabilité de s'être laissée embobiner par Malefoy hier, culpabilité d'avoir cru cette lettre aujourd'hui.

Culpabilité d'avoir abandonné Lillendrine.

Lillendrine.

C'était son passé et elle n'arriverait jamais à l'affronter, à l'accepter… A en guérir.

...

Draco la maintint du mieux qu'il pu debout alors qu'elle s'écroulait en pleurs. Il la souleva et passa une main derrière ses genoux pour la porter jusqu'au canapé. Il s'assit, même si son geste ressemblait plus à une chute, et attira la jeune femme contre lui. Mélindra se lova dans une position strictement identique à celle d'il y avait cinq ans. Son visage vint se caler dans le creux de son épaule. Draco sentit les larmes couler le long de sa peau.

Pendant quelques poignées de secondes Draco resta immobile, un bras toujours enroulé autour de la taille de Mélindra, ne sachant pas quoi faire du deuxième.

Son comportement était tellement imprévisible. Ce matin elle le fuyait et maintenant, elle cherchait du réconfort auprès de lui.

Mais il se reprit. Avant Mélindra, il n'avait jamais su consoler les gens. De toute façon, il se fichait éperdument de savoir qu'ils avaient besoin de réconfort et généralement quand une de ses conquêtes venait à pleurer sur son épaule, elle ne faisait pas de vieux os. Mais avec Mélindra, ça avait été différent. Parce qu'elle ne se remettait pas de la mort de son père et qu'il se sentait mal à l'aise de la voir mal. De la voir pleurer. Il n'aimait pas ça.

Alors il fit appel à une vieille habitude, à un vieux reflex… Sa main glissa sous les vêtements de Mélindra et alla se poser contre sa tâche de naissance… Il la rapprocha encore de lui et posa ses lèvres tout près de son oreille.

- Je suis là… Ça va aller, souffla-t-il doucement alors que son pouce retraçait mécaniquement l'épaisse cicatrice.

...

Il ne sut pas exactement combien de temps ils restèrent ainsi. Ça n'avait pas d'importance au fond : ils renouaient tous les deux avec quelques choses qu'ils croyaient avoir perdu depuis longtemps... Eux.

...

Les larmes de Mélindra finirent par se tarirent. Comme toujours, Mélindra se sentait vidée. Son esprit était anesthésié, elle se sentait fatiguée, ses facultés de réflexion étaient déconnectées…Juste restait les perceptions physiques : l'odeur de Draco toujours aussi entêtante, le son de ses battements de cœur qui semblaient la bercer et la chaleur qui émanait simplement de lui. Sa main contre sa peau… Son souffle près de son oreille… Elle était bien ainsi. Elle ne pensait plus.

...

Draco la sentit se détendre au fur à mesure que les larmes diminuaient et que les sanglots s'espaçaient. La tension dans ses épaules finit par disparaître et sa respiration se fit plus mesurée, plus profonde. Elle ne dormait pas pourtant.

Il ne dit rien de peur de la voir s'en aller à nouveau. Il voulait juste rester là à écouter sa respiration, à la tenir dans ses bras… Elle lui avait tellement manqué… Son désir de faire payer Bellatrix pour ce qu'elle avait fait, pour tout ce qu'elle avait fait, ne fit que grandir quand il pensa à tout le temps qu'ils avaient perdus tous les deux. Le temps qu'il avait perdu avec William. La douleur dans les yeux de Mélindra… Il lui ferait payer.

C'est inconsciemment que sa main commença à se balader sur le dos de la jeune femme, redécouvrant un grain de peau que son corps avait oublié mais que son cœur reconnu sans mal.

Il ne s'en aperçut véritablement que lorsqu'il sentit Mélindra se tendre contre lui. Il se stoppa net, prenant conscience que ses doigts jouaient avec le tissu du soutien gorge de celle qui avait été son amante il avait de ce qu'il lui semblait tellement longtemps lorsqu'il voyait ses mouvements de reculs quand leur peau ne faisait que s'effleurer.

Il serra les dents, se maudissant intérieurement. Comme le lui avait si bien rappelé Mélindra il n'y avait pas si longtemps encore, c'était terminé entre eux. Seul restait de leur relation William… C'était ainsi.

A regret, il commença à retirer sa main.

...

Mélindra, trop perdue dans sa conscience cotonneuse, mit un certain temps à découvrir ce qui avait fait accélérer son cœur alors qu'il battait tranquillement depuis un bon moment déjà.

Puis la main de Draco qui se baladait paresseusement sur son dos, laissant des traces brûlantes derrière elle.

Cette constatation sortit Mélindra de son hébétement caractéristique alors qu'elle sentait sa respiration s'accélérer légèrement et sa bouche se faire plus sèche.

Son esprit avait mit longtemps à admettre l'évidence, ce pourquoi elle détestait le contact de la peau de Draco avec la sienne jusqu'à il y avait quelques jours encore. Parce que si son âme faisait tout pour oublier, son cœur ne résistait pas à appel qu'exerçait Draco sur elle. Son corps encore moins.

Il dû s'apercevoir de son changement puisqu'il se stoppa. Mélindra le sentit serrer les dents.

Elle s'empêcha de grogner quand il commença à retirer sa main et se redressa.

...

Le souffle de Mélindra contre ses lèvres le figea alors qu'il rouvrait les yeux.

Il croisa son regard. Elle semblait perdue… A vrai dire lui non plus n'arrivait plus à s'y retrouver depuis deux jours. Pourtant, il y avait comme une lueur dans le fond de ses yeux. Une lueur qu'il n'avait plus vu depuis cinq longues années.

Il crut rêver les mots qui sortirent doucement de sa bouche.

- Ne t'arrête pas Dray…

Il sut qu'ils étaient réels quand elle posa délicatement ses lèvres sur les siennes dans un baiser chaste auquel il ne répondit pas dans l'immédiat, les paroles et le geste de la jeune femme ayant dû mal à atteindre son cerveau.

- Ne t'arrête plus… Murmura-t-elle avant de l'embrasser à nouveau.

Cette fois-ci, il réagit et leur baiser devint vite enflammé.

Il remonta sa main dans son dos tandis qu'il sentait la main de Mélindra venir emmêler ses cheveux.

Il la fit basculer sous lui…

...

Au fond, ils ne se retrouvaient parfaitement que dans les pires moments. Malgré ce qu'il c'était passé, une chose restait, ils avaient besoin l'un de l'autre pour remonter la pente.

Pour oublier la trahison, affronter la culpabilité, soigner les blessures d'un séjour respectif en enfer.

Pour vivre à nouveau…

...

Alors?

Vous avez aimé?

Laissez-moi une petite review :D

A la semaine prochaine

Merci de me lire

Orlane

Mis en ligne le 13/06/2010