J'ai pris dans ce chapitre quelques liberté avec le portrait de Walburga Black et ce n'est peut-être pas totalement conforme à l'histoire originale mais elle me semblait bien plus intéressante comme ça.

Même si j'avance, je risque de rester encore un moment au rythme d'un chapitre toute les deux semaines et je m'en excuse.

Merci de continuer à me suivre. Merci également aux nouveaux lecteurs et lectrices qui m'ont lu jusqu'ici.

Contente de te retrouver Milady ! voilà enfin la rencontre Harry Drago que tu attendais ! J'espère que tu ne vas pas être déçue.

Merci surtout à Shka pour ses conseils et sa relecture.

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Arrivée au Square Grimaud - CHAPITRE 35

Hermione désirait veiller à ce qu'il ne reste aucun élève dans le train avant d'en descendre à son tour. Drago, peu pressé de rejoindre Saint Potter, l'attendait patiemment, jouant avec son vif d'or tout en observant la préfète en chef s'agiter dans tous les sens en réprimandant les retardataires.

Elle avait revêtu une tenue moldue plutôt seyante. Elle avait sur elle un petit pull blanc cassé duveteux, des bottes en cuir brun et un pantalon beige qui pour une fois la mettait plutôt en valeur. Il avait entendu la rousse se vanter de le lui avoir offert lors d'une escapade dans le Londres moldu qu'elles avaient fait un peu avant la rentrée. Comme quoi, il pouvait parfois se tromper. Il n'y avait pas que de mauvaises choses chez les moldus et la Lamia pouvait avoir de bonnes idées de temps en temps !

Protégé du froid humide de Londres dans sa somptueuse cape noire, le jeune aristocrate toisait la née-moldue qui s'était couverte à son plus grand effarement d'une sorte de manteau moldu curieusement gonflé.

Le sortant de sa contemplation horrifiée, Hermione lui demanda de la suivre jusqu'à l'air de transplanage de la gare de King Cross. Il n'avait pas trop réfléchi à la façon dont ils allaient se rendre chez Potter, mais il la remerciait en son for intérieur de ne pas avoir choisi un moyen de transport moldu.

Alors qu'ils marchaient cote à côté sous les arcades en verre qui commençaient à se couvrir lentement de neige, ils purent profiter du clame plutôt relatif du quai. La plupart des élèves étaient pratiquement déjà tous partis et seuls quelques regards de parents surpris les dévisagèrent.

Arrivé sur place Hermione lui tendit son bras en vue d'un transplanage d'escorte. Elle angoissait un peu à l'idée de ce qui allait se passer d'ici quelques minutes. Elle espérait qu'Harry serait un minimum avenant au vu des circonstances et ne ferait pas sa tête de mule. Elle espérait surtout que Drago ne ferait pas son Malefoy.

- Promets-moi que si Harry se montre aimable tu n'en feras pas qu'à ta tête ! S'il te plait, insista-t-elle en minaudant presque.

- Ne t'inquiète pas Granger, je me montrerais aussi courtois que la situation l'imposera, dit-il en la regardant avec un brin de malice dans les yeux et son habituel sourire en coin.

Elle craignait le pire, mais transplana tout de même, emmenant avec elle le Serpentard dans un tourbillon qui l'entrainait à toute allure jusqu'à leur destination. La sensation d'avoir été réduite à l'état élastique pour être compressé dans un tuyau de canalisation passé, ils atterrirent devant un groupe de maison aux façades grises. Il faisait déjà nuit depuis un moment et seuls quelques réverbères éclairaient la rue enneigée.

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La façade géorgienne devant laquelle Drago se retrouva lui rappela de vagues souvenirs sans savoir vraiment lesquels.

- Harry n'a pas voulu supprimer le fidélisas qui protège la maison à cause des curieux qui devenaient franchement collants après la guerre. Dit-elle tout à coup, le sortant de sa torpeur en lui tendant un petit papier sur lequel sa délicate écriture, qu'il reconnaitrait entre mille, avait écrit « 12 square Grimmaud ».

À la lecture du papier, les bâtisses du numéro 11 et 13 s'écartèrent à ses yeux pour laisser la place à une vieille façade décrépie, aux fenêtres crasseuses et à la porte délabrée.

- À ce que je vois, Potter a toujours aussi peu de gout ! cracha-t-il avec dédain. Tu ne comptes tout de même pas nous faire dormir ici !

- Puis-je te rappeler que c'est aussi chez moi ! tu pourrais faire preuve d'un peu de tact. C'est vrai qu'elle n'est pas très belle de l'extérieur, mais on a fait des tas d'aménagement pour la rendre un peu plus confortable.

- C'est chauffé au moins? Parce qu'à choisir, je me demande si on ne serait pas mieux de retourner dans la cabane de ton lourdaud d'ami.

- Malefoy, s'il te plait! dit-elle légèrement abattue, en montant les marches usées menant au perron.

Saisissant la poignée en forme de serpent de la porte noire éraflée par endroit, elle en franchir le seuil avec précaution.

- Essaye de ne pas faire trop de bruit en entrant s'il te plait, chuchota-t-elle. Je ne voudrais pas réveiller le tableau de l'entrée. Sinon, on en a pour des heures avant de la calmer.

Drago, toujours focalisé sur l'apparence douteuse de la maison fit peu de cas des recommandations de son hôtesse. Il espérait franchement que l'apparence extérieure n'avait rien à voir avec ce qu'il trouverait dedans, car passer deux semaines en compagnie de Potter dans un taudis ne l'enthousiasmait franchement pas. Même la présence de la Gryffondor qui ne lui était plus désagréable, bien au contraire, ne risquait pas de compenser une torture pareille.

Il n'avait fait que deux pas à l'intérieur qu'il put constater qu'à défaut d'être sale, l'intérieur n'était pas vraiment en meilleur état que l'extérieur. Pourtant ce ne fut pas l'état du hall d'entrée qui le surprit le plus, mais le lustre de la forme de serpents accroché au plafond.

Il se revit tout à coup petit garçon à la fois fasciné et apeuré par le monstre du plafond. Il revoyait parfaitement sa mère tapoter la tête d'un des serpents avec sa baguette pour lui faire prendre vie.

Jusqu'ici, il n'avait pas réalisé de quelle demeure des Blacks Granger lui avait parlé. Elle lui avait dit que son cousin, qui s'avérait être le parrain de Potter la lui avait léguée, mais il ne s'imaginait pas y avoir déjà séjourné enfant.

Sans même y réfléchir, il imita le geste de sa mère et après un court sifflement aigu, les serpents se mirent à onduler pour cracher une fumée verte qui envahit rapidement le plafond afin d'y déverser un halo lumineux.

Des cris stridents vinrent tout à coup lui vriller les tympans.

- Sang de bourbe, vermine, opprobre à la famille Black et déshonneur suprême en ces murs, honteuses salissures dans la maison de mes ancêtres…

Les rideaux mangés aux mites se mirent à voler, laissant apparaitre le portrait en pied d'une femme d'un certain âge, élégante, mais aux traits ravagés par la folie, que Drago reconnu tout de suite comme étant la sœur de sa grand-mère maternelle.

Hermione à moitié paniquée et énervée tenta de remettre le rideau sur le tableau qui ne se laissait pas faire. Drago, amusé, la regardait faire un sourcil levé et un sourire moqueur au coin des lèvres.

Walburga Black, malgré sa colère de voir à nouveau sa maison envahie pal l'affreuse sang de bourbe, s'arrêta nette dans ses vociférations quand elle remarqua le jeune homme blond à l'allure sophistiquée qui se tenait orgueilleusement juste derrière la petite souillure.

- Jeune homme ne seriez-vous point le fils de ma nièce, le petit Drago Malefoy ? demanda le portrait.

- C'est moi-même … chère Grand-tante, répondit-il avec une politesse exagérée.

Il avait quelques vagues souvenirs d'elle de quand il était encore petit et déjà insolent. Dans ses souvenirs elle était à moitié folle, pas franchement maline et il était aisé de se jouer d'elle. Aussi décida-t-il de s'amuser un peu :

- Puis-je vous être utile d'une quelconque façon ?

- Ma foi, j'aurais aimé savoir ce qu'un jeune homme, d'un sang si prestigieux que le vôtre peut être amené à faire avec une souillure sans nom telle que celle-ci ? demanda-t-elle avec dédain en désignant Hermione, qui intriguée, se demandait bien ce que Drago allait bien répondre.

- Chère grand-tante, vous ne pourriez imaginer quel calvaire cela peut être de devoir côtoyer une sang de bourbe aussi sournoise et maline que celle-ci ! déclara-t-il avec emphase. Mais j'ai hélas dû conclure un marché avec elle. Et depuis, me voilà enchainé ! Je me dois de l'accompagner, et elle de même, dans les endroits les plus terrifiants qui soit et là encore vous ne pourriez imaginer à quel point il va m'être difficile de réprimer mes sentiments lorsqu'elle va une fois de plus me montrer son abnégation démesurée, son obstination et sa bienveillance écœurante.

- Comme je vous plains cher enfant ! dit-elle avec une sorte de compassion outrée, tandis qu'Hermione se retenait de rire devant tant de bêtise. Mais ne pourriez-vous point vous soustraire à ce pacte qui vous lie. Vous êtes un descendant des Black, vous ne pouvez décemment obéir à un pacte avec un être inférieur !

- J'aurais tellement aimé ma tante, mais si vous saviez ! se plaignit-il avec un désespoir feint. Je suis pieds et poings liés. Cette perfide créature me tient totalement en son pouvoir. Figurez-vous qu'hier encore je me suis retrouvé à devoir valser avec elle ! Et si encore, elle avait daigné se montrer à son rang et n'être qu'une piètre cavalière d'une compagnie insipide, mais non ! Il a fallu qu'elle se montre bien plus talentueuse que je ne l'aurais souhaité. Et encore plus tard, elle a même osé me faire l'affront de pardonner mon comportement odieux. Si vous saviez comme je souffre !

Walburga était tellement outrée que son petit neveu adoré ait été obligé de valser avec une personne aussi impure, qu'elle n'avait même pas prêté attention à la suite de sa tirade.

- Mon pauvre enfant ! le plaignit-elle. Cette… cette chose ne devrait pas avoir le droit de vous toucher…

-C'est ce que je lui répète sans cesse ! J'ai essayé de l'en empêcher, mais c'est une vraie lionne !

- Ne pouvez-vous point faire appel à votre illustre père pour remédier à cette situation ? s'enquit-elle.

Hermione vit Malefoy réagir imperceptiblement en serrant les poings à la mention de son père. Le sujet était encore trop délicat pour lui et ses sentiments envers lui trop complexes pour qu'il les accepte pleinement. Aussi Hermione s'inquiéta-t-elle de sa réponse qui ne tarda pas malgré un petit moment de flottement:

- Comment le pourrait-il ? il est retenu en disgrâce loin de moi. J'aurais pu être enfermé à ses côtés, mais voyez ! Une fois de plus cette immonde être inférieure s'est arrangée pour témoigner en ma faveur afin de m'empêcher de le rejoindre. Et depuis elle n'a de cesse de me venir en aide. Je dois donc côtoyer cette abjecte créature et subir le fait de voir pendant toute la durée de mes vacances son visage rayonnant qui n'a de cesse de me sourire odieusement. Pire ! je suis sûr qu'elle portera sans doute ses monstrueux pulls qui cachent totalement ses formes. Une véritable torture. Je n'ai hélas que peu d'espoir dans cette cohabitation forcée. Peut-être m'infligera-t-elle, le supplice de devoir revoir ses jambes atrocement longues, s'il m'arrivait par malheur de les surprendre dans une tenue plus légère. Vous n'imaginez pas mon calvaire !

Hermione avait pris une légère teinte rose comprenant que, bien qu'il se soit calmé sur les allusions à son apparence et au fait qu'il semblait la trouver à son gout, il comptait bien reprendre de plus belle. Sauf que tout avait changé depuis le baiser de la veille. Elle ne pouvait plus totalement se voiler la face. S'il l'avait embrassé, même si c'était … c'était… Enfin quoi qu'il en soit, il ne devait pas la trouver répugnante pour avoir fait ça ! Donc il devait tout de même y avoir un peu de sincérité dans ses paroles et pas seulement de la moquerie.

- Ne pouvez-vous point la mater telle la sous-espèce qu'elle est et renverser à votre avantage ce marché monstrueux qui vous lie ? S'offusqua Walburga avec sa voix de crécelle, tirant Hermione de ses pensées.

- Je m'y emploie ma très chère tante, lui répondit Drago, apparemment la mort dans l'âme. Mais voyez-vous cette immonde sang de bourbe est aussi perfide que rusée. Elle est comme un filet du diable, plus je tente de la repousser plus elle me démontre que je n'ai aucune raison de me défier d'elle.

Il avait dit ces derniers mots en regardant Hermione droit dans les yeux avec un sourire qu'elle aurait pu qualifier de reconnaissant.

- Quel outrage à votre sang. Ce n'est vraiment qu'une répugnante sang-de-bourbe de la pire espèce.

- Je suis parfaitement de votre avis tous ces sangs-de-bourbe que je dois côtoyer sont tous pareils et elle en est la plus exceptionnelle des représentations. Elle est insupportable, orgueilleuse, obstinée, fougueuse, curieuse, exaspérante, autoritaire, c'est à peine supportable de respirer le même air qu'elle. Vous ne vous imaginez pas à quel point je dois me retenir de lui sauter dessus où lui lancer des sorts que seule la pudeur m'empêche de révéler devant une dame telle que vous. Ce n'est qu'une vile créature de la pire espèce qui soit. Et soyez sûr que, dès qu'il m'en sera donné l'occasion, je traiterais cette sang-de-bourbe de la manière la plus appropriée qu'il soit ! je vous souhaite donc le bonsoir chère grand-tante.

- À vous de même très cher enfant. Vous me voyez ravie de voir enfin un Black reprendre possession dans cette demeure !

Harry, s'inquiétant de ne toujours pas avoir vu Hermione, choisit ce moment pour se rendre dans le hall afin de l'y accueillir. Il avait brièvement entendu le tableau de Walburga Black crier et était donc certain que son amie ainsi que son invité étaient arrivés à bon port. Il était d'ailleurs étonné que le portrait n'ait pas fait plus de boucan comparé à d'habitude, mais il comprit assez rapidement quelle en était la cause.

Il n'avait entendu que la fin des plaintes du Serpentard, mais imaginait bien que le début devait être du même acabit. Hermione lui disait dans ses lettres qu'il avait une bien meilleure opinion des nés-moldus, mais apparemment pas assez pour tenir sa langue dans sa poche et s'il plaisantait, il trouvait la plaisanterie de fort mauvais gout. Il était prêt à faire des efforts pour Malefoy et surtout pour Hermione, mais ça il y avait tout de même des limites !

- À ce que je vois Malefoy tu n'as pas changé ! Toujours aussi pédant et prompt à lancer des insultes. Si Hermione supporte que tu parles d'elle de la sorte à Poudlard, je ne tolèrerai pas ce genre de vocabulaire chez moi ! Je ne comprends même pas comment elle a pu vouloir t'héberger ici avec un tel comportement à son égard. Ça t'amuse peut-être d'avoir de tel propos avec la vieille folle, mais ça ne m'amuse pas du tout !

Hermione allait s'empresser de l'éconduire pour lui expliquer à quel point il se méprenait quand Drago plus vif qu'elle intervint.

- Tout d'abord Potter, si tu avais daigné écouter un tant soit peu cette conversation, tu aurais compris entre autres que le manoir black a plus de raisons de m'appartenir que d'être en ta possession. Je suis actuellement le dernier véritable héritier des Black et ceci en fait ma demeure ancestrale. Ensuite je n'ai fait que complimenter Hermione à la justesse de ce qu'elle vaut.

Hermione d'un regard fit comprendre à Harry qu'elle allait s'en charger.

- Drago, s'il te plait, arrête ! dit-elle en se plantant entre lui et Harry pour les empêcher d'envenimer les choses. Harry est le propriétaire légal de la maison ! Je pense que si ça avait été le contraire ton père se serait fait un plaisir de lui contester son héritage. Quant au reste, il vient juste d'arriver il ne t'a pas entendu, il ne peut pas comprendre.

- Ça ne m'étonne pas trop ! fanfaronna-t-il, peu désireux de revenir sur cette succession qui l'irritait. La subtilité n'a jamais été le propre des Gryffondors à l'exception d'une Serpentard de ma connaissance qui s'ignore.

Harry fulminait.

Hermione s'approcha plus encore du Serpentard. « Drago ! » gronda-t-elle avec douceur pour le calmer posant sa main sur sa joue afin de lui faire tourner le regard vers elle. « Je te remercie pour tout ce que tu as dit tout à l'heure! C'était vraiment adorable » montant sur la pointe de ses pieds, elle lui embrassa la joue avec douceur pour ensuite lui sourire.

Habituellement le fait qu'elle puisse juste insinuer qu'il puisse être gentil l'aurait fait bondir. Alors qu'elle dise de lui qu'il était adorable… mais la tête du balafré à cet instant valait tous les « adorables » qu'elle voulait bien lui lancer.

Harry abasourdit, resta un moment immobile et silencieux le temps d'intégrer ce qu'il venait de voir et d'entendre.

- Il t'insulte et toi tu le remercies ! l'apostropha enfin Harry. Qu'est-ce qui te prend Hermione ?

- Bonjour à toi aussi Harry, dit-elle en se retournant pour le prendre dans ses bras. Ne t'inquiète pas ! Je sais très bien me défendre quand cet idiot dépasse les bornes, mais, si tu avais suivi toute la conversation, tu aurais entendu que Drago ne faisait que se moquer de sa grand-tante en mêlant de très gentils compliments à des paroles qu'il ne pensait pas ou qui pouvaient avoir un double sens. Et surtout en attendant elle s'est clamée.

- Je comprends que tu veuilles l'aider, mais comment peux-tu être devenue amie avec un mec pareil ?

- Harry! Tu avais promis de faire un effort lui glissa-t-elle à l'oreille.

- C'est également un plaisir sans nom de te revoir Potty ! se moqua Malefoy en dépassant le Gryffondor pour se rendre vers le salon pour y continuer son inspection déprimante.

Les têtes d'elfes de maison, quoi que d'un gout affreusement douteux, avait été élevée laissant à leur place des traces sur les murs du couloir. Le Salon n'était pas en meilleur état, le papier peint à rayures vertes et blanches datait au bas mot d'une quinzaine d'années. Il était jauni, sali et déchiré par endroit. Si les carreaux des fenêtres et les hauts meubles d'ébène étaient à peu près propres, les rideaux étaient défraichis et le mobilier abimé. Seuls un affreux canapé bordeaux et ses fauteuils assortis semblaient neufs, mais leur style moldu et couleur juraient franchement avec le reste de la pièce. Et pour finir, une atroce boite moldue grise montreuse d'image trônait au milieu du salon. Voir la demeure de ses ancêtres en aussi mauvais état et décorée, si on pouvait nommer cela comme ça, avec aussi peu de gout, lui fendait le cœur.

- Quan, je pense à la somptuosité qu'avait cette pièce quand j'étais plus jeune, ça me provoque des haut-le-cœur! se dit-il à lui-même, mais suffisamment fort pour que Potter puisse entendre sa remarque. À part tout raser, je suppose qu'il n'y a pas grand-chose à faire vu l'état dans lequel vous l'avez mis avec votre groupe d'anarchistes !

Harry fit signe à Hermione que cette fois-ci il ne la laisserait pas intervenir et retoqua calmement, espérant lui faire ravaler ses remarques :

- Excuse-nous la fouine, mais tu as tendance à oublier que nous étions en guerre. Nous avions autre chose à faire que de nous occuper de rénover cette maison qui est restée inhabitée bien trop longtemps.

Si Drago, qui n'était déjà pas à l'aise d'être invité « chez Potter », n'appréciait pas de voir la demeure de ses ancêtres aussi mal entretenue, il appréciait encore moins ce surnom dont l'affublaient depuis des années Potter et sa clique. En rogne, il ne se priva donc pas de faire des reproches au nouveau propriétaire quitte à taper là où ça faisait mal. Granger allait lui en vouloir, mais il en avait plus qu'assez de ce surnom.

- Tu es tout de même au courant que la magie existe et qu'il y a des sorts d'entretien à lancer régulièrement sur une demeure magique de cet âge. Ton parrain a dû te les enseigner avant de te mettre sur son testament. Quoique, vu l'état avancé de folie qu'il semblait avoir sur son avis de recherche, je ne m'étonne même pas qu'il ne t'ait pas appris à faire ça !

- Je ne te permets pas d'insulter Sirius, Malefoy! s'emporta Harry avant qu'Hermione ne puisse intervenir.

- C'était juste une constatation Potter! Pas besoin de t'énerver ! Je suis juste heureux que ma famille n'ait pas hérité de la démence que ma grande tante a léguée à ses enfants. Finalement c'est certainement mieux qu'il n'ait pas eu d'enfants.

-Va mourir ! lu cracha Harry excédé.

-Je ne demandais pas mieux, mais il faut croire que ta meilleure amie ne soit pas du même avis, ironisa Malefoy.

- Il aurait peut-être fallu qu'elle s'abstienne de te sauver, tout comme elle aurait pu s'abstenir de t'inviter, grogna Harry presque imperceptiblement.

- Crois-moi, si ce n'était pas pour elle, je ne serais pas ici à voir ta tête de Binoclard ! lui répondit sur le même ton Malefoy, qui avait entendu la remarque de Potter.

- C'est toujours mieux que de devoir supporter ta face de fouine bondissante ! Rien que te voir m'est désagréable, surenchéri Harry qui sentait déjà que ses vacances de Noël allaient être éprouvantes.

- Avoir devant moi ta gueule de balafré ne me fait pas plaisir non plus ! répondit Drago du tac au tac, tentant de se maitriser pour ne pas lui envoyer un maléfice entre les deux yeux en entendant une nouvelle fois ce surnom débile.

- Drago! Tu pourrais faire un effort, les interrompit Hermione découragée en posant sa main sur l'avant-bras du Serpentard.

- Parce que tu trouves qu'il en fait des efforts en m'appelant comme ça ?

- Je te trouve franchement susceptible pour quelqu'un qui se permet d'insulter son parrain.

- Peut-être que j'ai mes raisons ! cracha-il furieux qu'elle prenne le parti de Potter.

- Tu sais très bien que son parrain est mort, tout comme tu sais qui lui a fait cette cicatrice et quand elle a été faite. À chaque fois que tu parles de ces choses-là c'est comme si tu lui rappelais leurs morts à tous les trois donc si quelqu'un abuse ici, je suis désolée, mais c'est toi ! le gronda-t-elle.

- Je n'ai peut-être pas perdu mes parents, mais figure toi que pour moi non plus ce n'est pas un souvenir dont j'aimerais me rappeler!

-Tu as juste été humilié, ça n'a rien à voir ! le sermona la brune.

- Outre la honte de se retrouver sous la forme d'un animal ridicule à la merci de la baguette d'un fou furieux. Toi et tes petits camarades ne vous êtes pas une seconde souciés de ce qu'il m'avait fait subir !

- Tu exagères ce n'était pas si terrible que ça!

- Très drôle Granger! Cet abruti m'a fait rebondir sur le sol une bonne vingtaine de fois*. Je m'en suis sorti avec une cheville en vrac, le poignet ainsi que 3 doigts brisés, une énorme entaille sur le crâne, 4 côtes cassées et un nombre de bleus impossibles à compter. Ce conard de faux-Maugrey m'a trainé, malgré ma cheville fracturée, jusqu'aux cachots, en me menaçant de recommencer si je n'allais pas plus vite. Quand je suis arrivé sur place, je me suis carrément évanoui. C'est Rogue qui m'a soigné… Je suis resté chez lui tout le week-end. J'avais tellement honte que vous m'ayez vu comme ça que je ne suis pas allé à l'infirmerie.

Drago n'en revenait pas de leur avoir avoué ça. Personne n'avait su à part Rogue. À croire que la compagnie de la Gryffondor le ramollissait. Mais peut-être qu'au moins ils arrêteraient de l'appeler comme ça. Il détestait ce surnom et encore plus quand c'était elle qui l'employait.

- Je suis vraiment désolée ! je ne me rendais pas compte à l'époque, dit soudain Hermione qui ne savait plus où se mettre, car elle n'avait jamais manqué de rappeler cet épisode douloureux a son ancien ennemi.

Drago ne répondit pas, préférant se réfugier dans ses pensées. Il en avait déjà trop dit !

Harry lui aussi se sentait coupable, mais préféra ne rien dire lui non plus. Comme s'il n'avait pas déjà suffisamment de raisons pour qu'il se sente mal à l'aise en compagnie du Serpentard, il fallait qu'en plus il comprenne que dans leurs querelles d'enfants, il n'y avait pas que Malefoy, qui était en tort ! Il savait que le blond l'avait manqué exprès. Il n'était pas mauvais en sortilèges au point de le louper de dos à à peine trois mètres de distance. Le voir en fouine l'avait bien fait rigoler à l'époque, mais l'imaginer, se fracassant sur le sol alors que le Serpentard n'avait fait que le provoquer !

Voyant qu'Harry restait silencieux, Hermione reprit la parole.

- Maintenant qu'on le sait, on fera un effort pour ne plus t'appeler de la sorte, mais de ton côté il faut également que tu arrêtes de manquer de respect à Sirius et aux parents d'Harry, dit-elle en regardant les deux garçons chacun leur tour.

Les deux jeunes-hommes acquiescèrent et après avoir respiré un grand coup, Harry s'adressa à Hermione et l'encouragea à monter s'installer ainsi qu'à montrer à Malefoy la chambre qu'il lui avait fait préparé. De son côté, il irait cuisiner… à condition que Kréatur le laisse faire bien sûr.

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Hermione avait investi le troisième étage laissant à Harry le second. Elle mena Drago jusqu'à une chambre au papier peint bleu prussien un peu jauni aux motifs de feuilles d'acanthe. Au centre de la chambre trônait un grand lit à baldaquin aux rideaux passés et ses deux tables de chevet en bois de rose. Il manquait un tiroir à la première et la seconde avait un pied cassé. Une commode et une armoire assorties complétaient l'ensemble, mais leur état n'était pas meilleur. Ils leur manquaient des poignées et des marques d'eau ou d'autre chose, les constellaient. La chambre était propre et aérée, les draps immaculés, mais les taches sur le plancher et les meubles montraient que seul le ménage avait été fait et qu'aucun soin particulier n'était donné à ces meubles centenaires qui pourtant l'auraient mérité. Le lustre en cristal au plafond ne valait pas mieux, il manquait des cristaux et pour cause la plupart des attaches étaient sur le point de se rompre par manque d'entretien.

- C'est certainement loin d'être à ton gout, mais avec la mienne et celle d'Harry c'est une des seules chambres dont on a refait les salles de bain. Il y a une porte commune avec ma chambre qui se trouve juste à côté si ... enfin... au cas où… C'est mieux pour Pattenrond, il pourra venir te voir.

Drago ne répondait pas. Il était un peu perdu. S'imaginer passer deux semaines ici c'était une chose, mais être dans cette chambre… revoir Potter… s'engueuler comme si tout ça était normal…

- Je vais m'installer, on se rejoint d'ici une heure. Fait comme chez toi !... Je suis à côté si tu as besoin.

- Je suis chez moi de toute façon, dit-il comme dans un songe sans faire réellement attention à elle. Je vais prendre une douche ça me fera du bien!

- Comme tu veux. Mais ne relance pas ce sujet s'il te plait.

- Comme tu voudras, répondit-il toujours pratiquement absent et totalement plongé dans ses pensées.

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À peine ses affaires rangées à leur place en un Défait-la-malle, Hermione se précipita pour rejoindre Harry. Il était toujours dans le salon à ruminer affalé sur le canapé moldu qu'ils avaient été acheter ensemble à la fin de l'été, n'en pouvant plus des banquettes inconfortables de la famille Black.

- Harry ? l'interpella-t-elle gentiment pour lui tirer un sourire. Tu m'as manqué ajouta-t-elle en prenant une de ses mains dans la sienne.

- Toi aussi Mione, ronchonna-t-il, mais je peux t'assurer que lui ne m'a pas manqué ! Il est insupportable ! Comment peut-il oser dire des choses pareilles ?

- Je t'en supplie, fait un effort ! Il n'est pas si … crétin, ni si méchant qu'il n'y parait. Enfin si parfois, se reprit-elle, mais quand il se sent en confiance, il peut vraiment être quelqu'un de bien, de gentil et d'attentionné.

- Ça ne se fera jamais entre nous. Jamais on n'aura une entente cordiale. Il y a trop de rancœur et trop de haine mutuelle, rumina-t-il.

- Parce que tu crois vraiment qu'entre lui et moi c'était la franche amitié ou même l'indifférence avant, fit-elle, irritée par tant de mauvaise foi. Il me détestait. Pire, il me considérait comme quelque chose de répugnant, même pas comme une vraie personne.

- Je sais ! abdiqua-t-il. Mais passé cette histoire de sang …

- Tu sais très bien qu'il n'y avait pas que ça ! gronda-t-elle. Et entre vous, justement il n'y pas tout ça ! il y a juste le fait que depuis le départ vous vous êtes fait mutuellement du mal. Mais, il te voulait comme ami. Il t'en a voulu de le rejeter et son père en a rajouté certainement une couche. Laisse-lui une chance cette fois-ci ! Apprends à le connaitre ! Il est prêt à te tendre la main une nouvelle fois même s'il n'en est pas conscient. Sinon pourquoi crois-tu qu'il t'aurait expliqué ce qui s'était réellement passé quand il a été transformé ? Il aurait pu te sortir ça depuis longtemps. Crois-moi, pour le faire se confier ce n'est pas si facile que ça d'habitude ! Je suis sûre que même s'il ne s'en rend pas compte, il veut faire la paix avec toi. Il la fait d'une drôle de manière, en t'attaquant pour te prouver que tu n'as pas toujours le beau rôle, mais vois ça comme une marque de confiance et surtout comme une volonté de vous mettre sur un pied d'égalité. C'est pour ça aussi qu'il va te souler avec le fait que ce soit la maison des Black et pas des Potter. Et je ne te dis même pas comment il va fanfaronner quand il tombera sur la tapisserie et qu'il y verra son portrait. Mais là encore, vois-y le fait qu'il essaye juste que tu le voies encore comme un rival. Tu as un travail, un foyer aimant, une réputation honorable et je ne sais encore quoi d'autre qu'il pourrait t'envier. Il n'a plus rien. Il … il a été traité… Oh Harry, si tu savais ce que Voldemort lui a fait commença-t-elle à sangloter tout à coup à bout de nerfs laissant les émotions qu'elle retenait depuis des jours enfin s'exprimer, il a été tellement… rabaissé… humilié… c'est sa manière à lui de se sentir à nouveau quelqu'un. II a besoin de toi ! Il a besoin de redevenir ton adversaire, ton égal ! Ne le brise pas je t'en supplie.

- Ce n'est pas si simple, dit-il en passant sa main libre dans ses cheveux noirs en bataille, entre nous il y a tellement …

- Je t'en prie Harry, soit juste indulgent. Pense à ce qu'on lui doit! suppliqua-t-elle la gorge serrée et la voix éraillée par l'émotion.

- Crois moins si je te dis que ça m'est impossible d'oublier ça! promit-il en baissant les yeux sur leurs mains toujours jointes. Je vais faire des efforts !

Puis, après un court silence suivi d'une grande inspiration, il ajouta « je te le promets » et, s'approchant d'elle, il la serrera dans ses bras pour ensuite la réconforter d'un baiser dans ses cheveux épais.

- Merci, Harry! sanglota-t-elle.

Ils restèrent l'un contre l'autre en silence, tous les deux plongé dans leurs pensées. Hermione reposant sa tête contre l'épaule d'Harry, tentant de calmer ses sanglots quelle savait idiots. Elle n'avait pas vraiment compris pourquoi elle avait fondu en larmes d'un coup. Mais parler à Harry lui avait fait du bien et pleurer dans ses bras encore plus. Elle avait l'impression que c'était ce dont elle avait besoin pour récupérer un peu l'énergie qu'elle semblait avoir dépensé ces dernières semaines pleines d'émotion.

Ce n'était pas dans ses habitudes de s'effondrer comme ça et Harry le savait. Elle avait pris à cœur le sort du Serpentard. Mais comment aurait-elle pu faire autrement ? Ce qu'il avait subi était bien trop horrible et bien trop injuste pour ne pas en être touché. Il se doutait qu'elle ne tarderait pas à reparler avec lui de ses doutes concernant ce qu'il avait vu, mais il espérait retarder ce moment au plus tard possible. Il ne savait même pas quoi lui dire. Il ne parviendrait de toute façon pas à tout lui dire par pudeur pour Malefoy, mais aussi parce que tout lui avouer serait bien trop difficile pour lui. Pourtant ce secret lui pesait tellement ! Tant que Malefoy se montrerait froid et distant, ce serait peut-être supportable, mais Hermione espérait les voir se rapprocher et il n'en avait pas la force.

Comme si la Gryffondor avait pu lire dans ses pensées, elle se redressa et le fixa de ses yeux noisette avec une moue très sérieuse, à laquelle il lui était difficile de refuser ou de cacher quoi que soit.

- Ce soir, il faut qu'on parle de ce qui s'est vraiment passé quand tu avais tes visions. Tu m'as caché trop de choses trop longtemps et moi aussi d'ailleurs.

- Comme tu voudras, répondit Harry sans enthousiasme, mais je ne pense pas que ce soit le bon moment. Il y a de grandes chances pour que Sa Seigneurie Malefoy ait faim et je n'ai pas envie de supporter son humeur massacrante parce que son estomac est vide.

- Je vais aller le chercher, je te rejoins avec lui aux cuisines, lui dit-elle en se levant prestement, mais tu n'y échapperas pas !

oooOOoOOOoOOooo

Arrivée devant la porte de la chambre qu'occupait Drago, Hermione toqua puis, n'obtenant pas de réponse, elle s'annonça et entra.

Il sortait de la salle de bain une serviette sur les hanches et était en train de se sécher les cheveux à l'aide d'une seconde. Elle fut heureuse de constater qu'il avait repris un peu de poids et constata qu'il serait souhaitable de bientôt retirer les fils de ses nouvelles cicatrices qui, elle, s'effaceraient peut-être avec le temps.

La voyant, il sursauta et prit sa serviette pour se couvrir le torse.

- Mais qu'est-ce qui ne vas pas dans ta tête hurla-t-il furibond, tu pourrais au moins avoir la décence de frapper avant d'entrer ! Tu as beau être chez toi, j'ai peut-être le droit à un peu d'intimité.

- Ne fait pas l'enfant Malefoy ! râla-t-elle. D'abord j'ai frappé à la porte. J'ai même appelé, mais tu ne répondais pas alors j'ai préféré vérifier que tu allais bien. Tu semblais bizarre tout à l'heure, mais je vois que tu vas mieux. Et puis pas la peine de faire l'effarouchée, je les ai déjà vues tes cicatrices.

- Ce n'est pas parce que tu les as déjà vues que j'apprécie de te les monter, se vexa-t-il. Fou le camp et laisse-moi m'habiller!

- Dépêche-toi ! On va bientôt manger et il est hors de question que je te monte quoi que ce soit ici. Tu vas venir manger avec nous, ordonna-t-elle en se tournant vers la porte, pour lui laisser un peu d'intimité.

- Je n'ai pas faim, grogna le Serpentard en enfilant un caleçon.

- Ça ! Je m'en fiche vois-tu! Tu vas me faire le plaisir de manger, exigea-t-elle tandis qu'elle l'entendait s'habiller.

- Je suis chez Potter, qu'est-ce que tu veux de plus ! grogna-t-il en enfilant un pantalon.

- Que tu sois un minimum aimable et que tu continues à faire des efforts pour manger et dormir, lui dit-elle, vindicative, en se retournant et pointant du doigt son torse encore nu.

- C'est lui qui a commencé ! je n'ai fait que me défendre ! cracha-t-il en approchant et en lui attrapant les doigts et en la fixant, de son regard de glace, qu'il tentait de rendre le plus terrifiant possible.

-Tu ne vas quand même pas jouer à ça ! vous avez quel âge tous les deux ? fit-elle absolument pas impressionnée, en dégageant sa main et en la posant sur lui pour le repousser, avant de réaliser tout à coup leur proximité.

S'écartant, elle se mit à rougir.

À défaut d'avoir pris sa teinte écarlate, il n'en était pas moins gêné. Pas de la proximité, mais qu'elle puisse le toucher sans faire cas de l'infamie gravée dans sa chair.

Détournant les yeux, elle allait s'excuser quand elle vit par la porte ouverte de la salle de bain le grand miroir couvert. L'image de Drago couvrant son torse pour qu'elle ne voie pas ses cicatrices revint à elle comme une claque. Non seulement il ne supportait pas qu'on le voie, mais il ne supportait même pas de se voir dans un miroir. Sa gorge se sera et ses yeux revinrent immanquablement sur le torse de Drago. Celui-ci, la voyant faire, s'empressa de prendre la première chemise venue pour l'enfiler.

Un sort plus tard, ses boutons fermaient hermétiquement sa chemise. Il entreprit alors de prendre le bandage qu'il avait l'habitude de nouer autour de son avant-bras. Il s'assit et dos à Hermione, il commença à l'installer, songeant qu'il faudrait qu'il se penche sur l'apprentissage d'un sort qui ferait ça à sa place. Sentant le lit s'affaisser à ses côtés, il tourna la tête pour voir sa colocataire lui sourire tristement. Elle posa sa main sur son avant-bras pour l'arrêter.

- Il n'y a que nous ici et ta chemise est fermée. Crois-tu vraiment que ce soit nécessaire de mettre ça ? C'est de la magie noire qui a fait ça ! La même que celle qui est sur mon bras. Je sais à quel point ça va être difficile pour toi, mais ma cicatrice se voit moins depuis que je commence à l'oublier.

- Jamais je ne l'oublierais, j'y pense à chaque seconde, de nuit comme de jour! Ça n'arrivera pas, je ne l'oublierais pas ! dit-il avec amertume.

- J'en suis bien consciente, mais je ne pense pas que tu y parviendras en la cachant de la sorte. Personne ne va venir t'enlever ta chemise et crois-moi ici, il ne fait pas assez chaud pour te donner envie de relever tes manches, plaisanta-t-elle tristement.

- Mais, moi, je sais qu'elle est là ! insista-t-il.

- Je ne pense pas que le bandage y change quelque chose, objecta-t-elle dans un sourire.

- Parfois, elle saigne et …

- Si elle saigne, on verra à ce moment. Regarde, pour l'instant il n'y a rien, insista-t-elle en enlevant le début de bandage sans qu'il parvienne à réagir trop surpris. Elle est très rouge, mais c'est tout. Elle te fait encore mal ?

Pour toute réponse, il haussa presque imperceptiblement les épaules et tourna la tête vers le mur, comme si, tenter de se moquer de la douleur la ferait disparaitre.

Dans un élan qu'elle préférait imaginer maternel, elle se saisit de son bras et vit embraser les mots inscrits sur son bras d'un baiser sonore.

Surprit il se retourna pour la regarder avec effarement.

Elle lui sourit alors avec espièglerie.

- Chez les moldus, on appelle ça un bisou réparateur. C'est un truc magique qui marche chez les enfants qui se font mal, mais pas assez, pour que ça nécessite de vrais soins. C'est de la fausse magie, mais, quand ma mère me faisait ça, ça marchait toujours !

- Comment as-tu pu oser ? dit-il encore sous le choc.

- Oh désolée ! Je ne voulais pas te froisser, mais, tu me dois bien ça après le … enfin non tu ne me le dois pas, mais c'est rien de grave! tu ne vas pas avoir plus mal parce que j'ai fait ça !

Elle s'attendait à ce qu'il se moque des superstitions moldues ou qu'il dise que sa mère avait peut-être de la magie en elle puisqu'elle en était dotée… pas à ça !

- Mais, c'est répugnant, c'est immonde, c'est… commença-t-il.

- Il faudrait savoir? Je ne te comprends pas ! Après ce que tu… dit-elle en se levant. Je ne t'ai pas roulé une pelle, comme tu le disais si bien encore hier !

- Mais non c'est pas… c'est lui qui a fait ça ! C'est mon bras qui est répugnant, pas tes lèvres ! se défendit-il.

- Oh ! .. euh ! Non ! Bien sûr que c'est lui qui a fait ça. Et, c'est la magie noire qui a fait ça ! Mais, ton bras, c'est ton bras ! Et la cicatrice s'est refermée. Il se bat contre le maléfice. La cicatrice, ce n'est pas la magie noire : c'est toi contre elle. J'ai mis un moment à le voir comme ça ! Ce qui y est écrit, le souvenir de ce jour-là, le souvenir du jour où tu m'as dit ces mots pour la première fois et que j'ai compris que je ne trouverai pas plus ma place dans le monde magique que dans le monde moldu, ça, c'est ce que je hais ! Mais ma peau qui lutte pour effacer les mots, je tente comme je peux de l'aider avec des onguents et de la bienveillance pour elle. J'espère bien qu'un jour elle va gagner ! Pour moi ta marque c'est pareil. C'est ce qu'il y a de bien en toi qui fait qu'elle lute, qu'elle ne se laisse pas faire, alors il n'y a rien d'écœurant ! C'est celui qui t'a fait ça et la raison pour laquelle il t'a fait ça qui le sont, mais pas ta peau qui lute !

Tandis qu'elle lui disait ça, de son pouce, elle s'était mise à caresser chacune des boursouflures qui traçaient les lettres sur sa peau.

Il était incapable de répondre. Et quoi répondre ? Elle avait une vision des choses si logique, si pure, si bienveillante ! Ses doigts et ses lèvres acceptaient, comme jamais il n'en serait capable, cette marque qu'il détestait au point que plusieurs fois il avait pensé à arracher la peau de son avant-bras. Pourtant les médicomages l'avaient prévenu que même arrachée quand sa peau repousserait les lettres reviendraient, avec peut-être même, plus de force encore.

Ému au-delà des mots, il resta un moment immobile à profiter du contact bienveillant de ses doigts sur sa cicatrice. Et pour la première fois depuis qu'il avait cette marque honteuse, il se sentit légèrement apaisé.

- Tu viens manger avec moi ! dit-elle soudainement, alors qu'il avait fermé les yeux depuis un moment.

Ça tenait plus de l'ordre que de la question, mais après ce qu'elle venait de faire pour lui, il ne pouvait qu'accéder à sa demande. Il se leva donc à contrecœur pour la suivre.

oooOOoOOOoOOooo

Arrivés dans la cuisine située dans les sous-sols de la résidence, ils retrouvèrent Harry en grande discussion avec Kréatur qui refusait une fois de plus que son maitre se mette derrière les fourneaux.

Hermione, voyant qu'Harry commençait réellement à s'énerver, décida de venir à son secours.

- Bonjour, Kréatur! dit-elle en s'accroupissant à son niveau.

- Comme si ça ne suffisait pas que le maitre, traitre à son sang, veuille se mêler des taches de Kréatur, il faut qu'en plus il lui impose la présence de la « née moldue », cracha-t-il comme si ce dernier mot lui remplissait la bouche de limaces.

On voyait bien que, plutôt qu'utiliser ces mots, il aurait préféré se plonger dans un chaudron bouillant, mais Harry était arrivé à lui inculquer un minimum de courtoisie envers Hermione.

- Kréatur, reprit Hermione, j'ai appris récemment que dans certaines demeures ancestrales il y avait plusieurs cuisines et que dans certaines d'entre elles les sorciers y cuisinaient pour leur plaisir. Ici nous n'avons qu'une seule cuisine alors ce serait vraiment gentil de ta part de nous la laisser un moment. Nous ne te prenons pas ton travail, c'est juste pour tester une nouvelle recette, tu la retrouveras dès demain, je te le promets.

- Kréatur n'a que faire des promesses des « née-moldues » ce n'est que du crachat, s'indigna-t-il en crachant à même le sol.

Malefoy, qui n'en perdait pas une miette ne regrettait pas d'être descendu. Potter, qui n'arrivait même pas à se faire obéir de son elfe de maison, c'était vraiment quelque chose qu'il n'aurait pas voulu manquer.

- Plutôt que de te gausser, Malefoy, tu pourrais peut-être te rendre utile, s'énerva à nouveau Harry, qui détestait lui voir cette mine moqueuse sur le visage.

- Kréatur ! l'interpella Drago. Sais-tu qui je suis ? demanda Drago en s'approchant de l'elfe.

- Bien sûr, maitre Malefoy, ma vénérable maitresse est réellement ravie que vous soyez en ses murs et Kréatur l'est tout autant. C'est un réel honneur de vous revoir. Que peut donc faire Kréatur pour vous être palissant ? dit-il en s'inclinant plus bas que terre.

- Ma salle de bain est sale! dit-il de la voix la plus pompeuse qu'il lui soit possible de prendre. Il y a même des moisissures sous la baignoire! C'est indigne de ma personne! Les carreaux sont à peine regardables! Quant au sol, il y a des taches d'une crasse centenaire qui les recouvre! Crois-tu que tout ceci soit digne d'un elfe tel que toi, de laisser son maitre dans une chambre aussi répugnante? Je compte sur toi pour que ce soit immaculé d'ici à ce que j'y revienne dans une heure tout au moins et je désire t'y voir à mon retour. Si jamais j'apprends que tu as quitté cette pièce pour une quelconque raison avant mon retour, je veux que tu ailles te punir dans le grenier pour ne pas avoir à t'entendre. C'est bien compris?

- Bien sûr, maitre Malefoy! pleurnicha la petite créature. Il en sera fait selon vos ordres et vous n'aurez pas à vous plaindre de Kréatur. Kréatur est un bon elfe de maison. Kréatur ne vit que pour..

- Va-t'en de suite! ordonna Malefoy avec un sérieux inébranlable.

- Drago tu es ignoble! ne put s'empêcher de dire Hermione, quoi qu'elle soit franchement soulagée de ne plus avoir l'elfe dans les pieds pour un moment.

-Maintenant que je viens de renvoyer l'elfe, j'espère réellement que tu cuisines mieux que lui Potter! Parce que même si ça m'amuse de te voir en elfe de maison pour me servir, je n'ai pas envie non plus de m'empoisonner, déclara le Serpentard d'un ton typiquement supérieur que les deux Gryffondors surnommaient le ton malfoyen.

- Tu peux garder tes commentaires désobligeant pour toi Malefoy ! grogna Harry.

- Si tu crois vraiment que je vais me mettre à t'aduler comme notre Saint Sauveur, tu te trompes lourdement Potter! Ce n'est pas parce que je te dois ma liberté que je vais me mettre pour autant à lécher ton petit cul de héros, ajouta-t-il d'un ton acide.

- Mais bordel Malefoy! Si tu veux que je te respecte, traite-moi correctement! Ça te ferait du mal d'être un minimum aimable ! Et si tu ne le fais pas pour moi, fais-le, au moins, pour Hermione! À ce que j'en ai compris, elle t'a demandé la même chose qu'à moi, alors, au moins pour ce soir, tu me lâches avec tes remarques à deux noises et on fait tous les deux profil bas, s'époumona Harry.

- Tu fais chier, avec tes petits discours de héros, Potter, râla-t-il conscient que, ce que lui disait "le meilleur ami d'Hermione" était plus que justifié.

- Désolé Hermione, s'excusa Harry, mais c'est tout ce que je peux faire! S'il préfère garder son caractère de petit Serpentard arrogant et égoïste...

- Et c'est encore moi qui passe pour le méchant ! l'interrompit Malefoy.

- Peut-être, parce que cette fois-ci tu mérites vraiment la palme de l'idiot de la maison Malefoy, l'accusa Hermione qui rongeait son frein les voyant s'étriper à nouveau pour rien, mais qui pourtant voyait à quel point Drago jubilait de pouvoir à nouveau se confronter à Harry. Cependant, elle aurait tout de même apprécié une trêve le temps de manger. Elle aurait aimé pouvoir trouver quelque chose qui le calmerait. Mais Drago n'était pas un enfant qu'on pouvait faire rester tranquille à l'aide de la promesse d'un bon dessert. Quoi que?

Elle s'approcha de lui et se pencha vers son oreille "Si tu te tiens sage ce soir je t'accorderais une faveur à condition qu'elle ne soit pas déraisonnable" lui murmura-t-elle ce qui le fit sourire au point qu'Harry en fut presque inquiet.

Satisfait, le Serpentard alla s'assoir et observa les deux Gryffondors, un sourire en coin adressé à Potter.

Il dut reconnaitre que Potter semblait savoir ce qu'il faisait et le repas à venir dégageait un fumet plus qu'appétissant.

C'est ce dernier qui attira Pattenrond qui patiemment vint s'installer sur les genoux de Malefoy en attendant que sa maitresse daigne s'apercevoir de son auguste présence.

Harry, qui était en train de cuisiner, s'arrêta net en remarquant Malefoy caresser un chat blanc presque aussi laid que Pattenrond.

- Je ne savais pas que tu avais un chat Malefoy! dit-il surprit sans se rendre compte que c'était la première parole calme qu'il adressait au Serpentard depuis son arrivée.

- Cette boule de poil et de griffes au nom ridicule ne m'appartient pas, Potter, mais c'est celui d'Hermione. Il a juste bénéficié d'une amélioration nécessaire à lui rendre un minimum de dignité, affirma-t-il comme si c'était une évidence et que le Gryffondor était le dernier des imbéciles pour ne pas s'en être rendu compte.

- Penses-tu franchement que changer sa couleur soit l'amélioration esthétique dont il ait le plus besoin ? s'amusa Harry sans tenir compte du petit ton supérieur qu'avait employé une nouvelle fois le Serpentard.

- Tu as peut-être l'habitude d'avoir une rousse dans ton lit, mais je préfère les brunes. À défaut, je me contente d'une blonde, plaisanta-t-il en jetant un coup d'œil à Hermione, ce que le brun ne manqua pas de remarquer.

- Arrêtez de vous en prendre à Pattenrond! s'offusqua Hermione sans relever la remarque franchement licencieuse, de Drago. Je le trouve très bien comme il est. Il semble se contrefiche d'avoir changé de couleur. Et, puisqu'en ce moment il est plus souvent avec Drago qu'avec moi, je n'y vois pas d'objection. Mais, il est hors de question qu'il ne reprenne pas sa couleur quand je le récupèrerais.

- C'est ce qu'on verra Granger ! fit Drago d'un air faussement menaçant.

- C'est tout vu, Malefoy ! rétorqua Hermione en échangeant un sourire complice avec le Serpentard.

Harry regarda Hermione totalement incrédule. Que ce soit dans sa façon d'être avec Hermione ou avec son chat, l'homme qu'il avait en face de lui n'avait rien à voir avec le mec arrogant qu'il semblait être dix minutes plus tôt. Quant à l'allusion qu'il venait de faire ouvertement à Hermione ! C'était… Il ne comptait tout de même pas la mettre dans son lit ? À moins que ça se soit déjà produit ? Et puis, à sa façon de faire, il voyait bien que Malefoy avait l'habitude de caresser le familier d'Hermione, et que celui-ci semblait réellement apprécier le Serpentard. Pourtant à sa connaissance ce fichu chat n'appréciait pratiquement personne. Hermione ne semblait même pas s'inquiéter du fait que Malefoy lance des sorts sur son précieux chat. Enfin il y avait cette complicité qu'il semblait y avoir entre eux !

Ne voyant pas quoi dire de plus, Harry retourna finir le repas songeur.

Malefoy, sage comme une image, inquiétait de plus en plus le brun qui se demandait bien ce qu'avait pu lui dire Hermione pour qu'il se calme de la sorte sans pour autant se défaire de son air arrogant et de son sourire satisfait.

Quand vint le moment de se mettre à table, Malefoy se leva pour tirer la chaise d'Hermione à l'étonnement des deux Gryffondors. Malefoy haussa un sourcil, attendit patiemment qu'Hermione s'assoie et retourna sur sa chaise sans un mot comme si c'était eux qui se comportaient de manière étrange.

Hermione avait bien remarqué que plusieurs fois il lui avait tenu la porte, mais ça ! c'était curieux pour elle d'être traité de la sorte. Harry et Ron l'avaient toujours traité comme si elle était un garçon, même le fait de sortir avec Ron n'avait rien changé. Et avant, on l'avait traité comme une petite fille. Elle devait reconnaitre qu'elle était sensible aux attentions de Drago. Elle savait qu'il y avait une part de flagornerie dans ces gestes, mais ce n'était tout de même pas désagréable de se faire traiter de la sorte.

Ils dinèrent dans le calme et Drago laissait les Gryffondors à leur conversation tandis qu'il réfléchissait à ce qu'il allait pouvoir demander de « raisonnable » à la petite préfète coincée, fougueuse à ses heures.

La discussion des deux meilleurs amis tourna au bout d'un moment autour du bal et Malefoy se réintéressa à la conversation sans pour autant se manifester. Hermione en narra les grandes lignes sans pour autant parler des révélations de Drago sur Goldstein, ni de ce qu'il s'était passé entre eux dans le préau couvert. Mais quand ils en vinrent à parler de Luna puis de Ginny, le Serpentard ne put se retenir:

- À ce propos, tu peux me remercier Potter, j'ai tout de même dû te remplacer auprès de ta meilleure amie et de ta petite amie dans la même soirée. Habituellement je ne suis pas particulièrement friand des rousses comme tu l'as certainement compris, mais je ne me rappelle pas avoir vu un tel décolleté dans toute l'histoire Poudlard. Il ne m'a donc pas été trop difficile de déroger à mes principes.

- Ne t'inquiète pas Harry, intervint la brune, Ginny avait une robe magnifique.

- Je ne dirais pas le contraire, surenchérit Malefoy, qui regardait Potter, un sourire carnassier installé sur le visage, mais j'ai surtout apprécié sentir sous mes doigts les chauves-souris qui parcouraient sa peau, le long de son dos.

Harry furieux se leva brusquement de sa chaise sa fourchette encore à la main.

- Retire tout de suite ce que tu viens de dire, dit-il en le pointant de la fourchette.

- Harry ! s'exclama Hermione sans que les deux garçons ne l'écoutent.

- J'aurais pensé que tu serais flatté que je trouve ta copine sexy! Et, ne penses-tu pas qu'il te manque quelque chose d'essentiel pour me menacer? À moins que dans ta magnificence, tu sois capable de faire de la magie à la fourchette.

Harry était rouge. Il reposa sa fourchette lourdement sur la table dans un grand bruit de vaisselle qui s'entrechoquait, tandis qu'Hermione s'approchait de lui, après avoir lancé un regard des plus noir à Drago.

- Calme-toi Harry ! Ginny portait une robe avec un dos nu et ils ont valsé ensemble. C'est normal qu'il ait posé ses mains sur son dos ! Il n'a rien fait de déplacé.

- Moi non, mais Lovegood et son mec ont eu beaucoup moins de retenue ! le provoqua à nouveau Drago.

- Il dit ça pour t'embêter ! le rassura Hermione. Et il peut oublier la proposition que je lui ai faite tout à l'heure, continua-t-elle en lançant un regard désapprobateur au fauteur de trouble qui s'en amusa.

- Je suis sûr que de nous deux, c'est toi qui y perds le plus HERMIONE, fit-il en accompagnant ces mots d'un clin d'œil complice et puis je pourrais être cent fois pire si tu n'es pas un peu gentille avec moi !

- Je pourrais également te priver de dessert ! le menaça Hermione qui voulait avoir le dernier mot, mais qui manquait franchement d'inspiration.

- Trop tard, dit le Serpentard en engloutissant une part de clafoutis qui trônait sur la table.

- Si j'avais su qu'il fallait te menacer de te priver de nourriture pour que tu manges, je l'aurais fait plus tôt ! se moqua son ancienne infirmière de fortune.

- Je ne voudrais pas manquer de pouvoir me vanter d'avoir gouté au dessert préparé avec amour par Potter à mon attention ! rétorqua-t-il. Mais je vois bien que je gêne! Je vous laisse entre elfes de maison vous occuper de débarrasser et de faire la vaisselle ! Hermione, je te vois tout à l'heure pour notre petit arrangement. Je compte sur toi ! ajouta-t-il en les quittant un sourire aux lèvres, ravi d'avoir fait sortir de ses gonds le "survivant".

Drago ne savait pas s'il était allé trop loin dans la provocation, mais il ne pouvait tout de même pas manquer de dire à Saint Potter qu'il avait posé les mains sur sa petite amie. Granger serait indulgente : elle n'avait pas semblé si courroucée qu'elle voulait le faire croire.

Une fois Drago reparti, Hermione réexpliqua à Harry un certain nombre de petits détails à propos de Ginny, qui à défaut de lui faire plaisir, le calmèrent suffisamment pour qu'il n'ait pas envie d'aller de suite occire le Serpentard.

*je ne prends pas la version du film où il se retrouve juste ridiculisé, mais celle du livre bien plus violente où Maugrey le fait rebondir sur le sol après l'avoir envoyé en l'air de plus en plus haut (d'abord 3m puis plus encore) et qu'à chaque fois qu'il retombait au sol on entendait un bruit sourd. C'est enfin Maugrey qui après s'être fait rappeler à l'ordre le conduit à Rogue. Dans cette version Drago envoi un sort cuisant dans le dos d'Harry et le frôle seulement (après avoir insulté la mère de Ron et qu'en retour Harry ait insulté la sienne) on ne sait pas s'il a fait exprès de le louper ou non. Mais il est de dos alors je ne vois vraiment pas pourquoi il l'aurait loupé.