Salut à tous !
Je ne cesse de le répéter dans chaque nouveau chapitre que je publie, mais ça fait longtemps n'est-ce pas ?
Je ne pensais pas que ça prendrait autant de temps en fait, mais des circonstances particulières ont fait que je n'ai pas accordé autant de temps que je l'aurais voulu aux fanfictions. J'ai commencé ma troisième année de licence, et chaque année j'ai l'impression que l'on nous demande toujours plus de travail personnel chez soi ou pendant les cours... J'ai eu pas moins de 7 exposés/commentaires de documents/fiches de lecture à faire ces derniers mois, sans compter les révisions et travaux à faire pour la semaine suivante... C'est assez exténuant ^^. J'ai également commencé à travailler à Mcdonald, mais cette expérience ne s'est pas avérée concluante... je vous passe les détails xD.
Je vais commencer petit à petit à reprendre l'écriture des fanfictions, j'ai d'ailleurs plusieurs chapitres commencés et qui ne demandent qu'à être peaufinés, mais comme je viens de commencer un nouveau semestre et que j'ai déjà du travail à faire, ce n'est pas dans mes priorités dirons-nous.
Pour ce qui est de ce chapitre, disons que trois/quatre mois séparent certaines parties, l'équivalent en fait du temps qu'il m'a fallu pour le terminer, alors il se pourrait que certaines choses ne correspondent pas ou n'aient pas de rapport direct avec une partie lui succédant (en tout cas, je ne l'ai pas remarqué après une première relecture complète, alors si vous trouvez qu'un truc cloche, dites le moi).
Merci aux gens qui m'ont laissé des reviews pour le dernier chapitre, je ne sais pas si cela sert encore à quelque chose de vous répondre maintenant vu que plusieurs mois se sont écoulés, mais je vous remercie de vive voix !
sur ce, bonne lecture !
- Ite Missa Est.
L'ordre lancé en latin fut rapidement accompagné d'une multitude de signes de croix tandis que les dizaines de jeunes filles présentes face à l'autel gardaient obstinément la tête inclinée vers le bas, un voile pour la plupart brodée leur enserrant le crâne alors qu'elles commençaient lentement à se réveiller de leur léthargie. La messe venait enfin de se terminer, mais respectueusement, pas une ne souffla de soulagement ou n'exprima un quelconque sentiment de joie à cette idée. Daphné comme les autres gardèrent un calme olympien, même lorsque Sœur Anne les invita à quitter rapidement la petite pièce dans laquelle la soixantaine d'étudiantes et d'enseignants venaient de se terrer pour assister à l'office religieux. Comme à son habitude, Lucie était la dernière à se relever, son visage collé au sol tandis qu'elle continuait à se prosterner devant la représentation même du christ mort sur la croix située derrière l'autel et qu'elle récitait des psaumes à voix basse.
- Lucie ? l'appela doucement Daphné alors qu'elle secouait légèrement son bras. Tu peux te relever, l'office est terminé.
Soudainement consciente des agissements de son amie, Lucie rouvrit effectivement ses yeux comme à leur habitude mouillés de larmes, et lentement, elle se releva avec le soutien de Daphné. Penaude, la petite paysanne n'osa pas immédiatement la regarder directement, une sorte de gêne qui la prenait chaque fois qu'elle était surprise à être totalement envoûtée par ses prières.
- J'ai un peu mal au ventre, souffla t-elle en se le massant.
- C'est ce qui arrive lorsque l'on porte un cilice, lui répondit son amie en lui épargnant au passage une longue complainte sur cet instrument de torture d'un autre âge.
Lucie eut malgré tout la décence de rougir, mais même en se faisant constamment sermonner par Daphné et Tracey sur le curieux ustensile en métal qu'elle portait autour de la taille, jamais elle ne l'enlevait. Les mortifications auxquelles elle s'adonnait faisaient depuis longtemps partie de son existence, et en tant que pécheresse, s'écorcher la peau avec des pics en acier lui semblait être un moindre mal devant l'éternel si cela lui permettait de sauver son âme le jour où elle se trouverait dans le purgatoire.
- Allons-y, l'invita Daphné en lui prenant délicatement le bras pour la conduire jusqu'à la sortie.
Quittant l'inconfort des lieux et son aspect solennel, Toutes les deux rejoignirent Tracey et les autres à la sortie, leur voile déjà enlevé à la seconde même où elles franchirent le seuil de la petite chapelle dans laquelle l'office se déroulait désormais depuis leur arrivée la veille. Celle-ci avait été aménagée à l'intérieur du château par Dumbledore lui-même qui, dans sa grande bonté, avait cru bon de la disposer dans l'un des cachots de l'école. Une étourderie de sa part, un manque cruel de connaissance en la matière ou tout simplement une provocation du vieux directeur ? Les avis étaient partagés à ce sujet, mais faisant mauvaise fortune bon cœur, personne ne s'en plaignit… Du moins, à voix haute. Par chance, ce fut Madame Maxime qui se chargea de la décoration de l'endroit avec la participation nullement négligeable de Sœur Anne de Saint Augustin, l'unique religieuse de Beauxbâtons qui d'ordinaire assistait le prêtre venant prêcher dans leur académie mais qui se dévoua pour accompagner la plupart de ses petites élèves jusque dans cette terre de perdition et d'immoralité qu'était l'Écosse protestante.
Les cours eux ne commenceraient que demain, mais Madame Maxime n'avait pas poussé l'hospitalité de son homologue anglais jusqu'à lui demander de réserver plusieurs salles de cours au sein même du château. De toute manière, une intuition lui soufflait que, comme pour la chapelle, ces salles de cours lui réserveraient quelques petites surprises particulièrement désagréables et auxquelles la mesquinerie du vieux directeur n'y serait pas étrangère. Aussi avait-elle aménagé plusieurs salles supplémentaires dans le carrosse, lui épargnant non seulement les petites contraintes qu'occasionnerait la cohabitation avec les autres élèves de Poudlard, mais également d'être redevable envers Dumbledore d'un service qu'il aurait concédé de mauvais grès.
Cependant, la présence de ses élèves dans l'enceinte de Poudlard était inévitable, et aujourd'hui, elle l'était plus que d'ordinaire pour la simple et unique raison qu'il fallait dès à présent désigner la championne représentant Beauxbâtons pour le tournoi des trois sorciers, et comme pour le rappeler encore une fois, Madame Maxime se tenait en tête de file, la posture digne et solennelle, attendant de toute évidence que ses petites élèves daignent se taire pour commencer leur remontée des cachots vers le hall d'entrée de l'école où se trouvait la coupe de feu. Comme hier, les élèves les plus fortunées se trouvaient juste devant elle, mais les septième année désirant se présenter à ce tournoi avaient également été mises en avant, un billet renfermant leur nom respectif dans la main.
- De l'ordre je vous prie, ordonna t-elle d'une voix grave en toisant la troupe d'étudiante excitée qui se mettait immédiatement en rang. Nous sommes des personnes civilisées et non point des barbares, alors veuillez me suivre en silence et sans bousculade.
Accompagnant le geste à la parole, Madame Maxime leur tourna le dos et s'avança à travers le couloir sombre dans lequel elles se trouvaient, ses lourds talons se cognant avec fracas sur le sol pierreux. Bien qu'intransigeante là-dessus, Daphné trouvait malgré tout que ces conseils étaient relativement inutiles puisqu'il semblait bien qu'à cette heure de la journée, une grande partie des élèves de Poudlard choisissait de faire encore la grasse matinée. Quelques étudiants seulement avaient pu être aperçus depuis qu'elles avaient pénétré dans l'école une heure auparavant, et la plupart provenaient de Serpentard. Par conséquent il y avait peu de chance qu'une mauvaise langue puisse trouver quoi que ce soit à dire d'une troupe de jeunes filles gloussant et parlant à voix haute dans un cachot.
Leur remontée se fit en silence, sous l'œil curieux des quelques tableaux ornant les sombres couloirs qu'elles traversaient et sous la lumière faiblarde émise par les multiples torches disposées sur leur chemin. Enfin, elles atteignirent le hall d'entrée, mais bien loin des cachots du château, l'activité y était déjà plus grouillante, et quelques élèves s'agglutinaient déjà autour de la coupe de feu disposée au centre de la pièce sur un petit socle de bois. Une ligne blanche avait été tracée autour d'elle, comme une limite à ne pas franchir, et un groupe d'étudiants s'amusait à lancer quelques morceaux de pain dans sa direction, comme pour s'assurer qu'il n'y avait justement aucun risque à la dépasser… Avant que leur nourriture ne leur soit rapidement renvoyée en pleine figure. Leur arrivée mit brutalement un terme aux conversations animant l'endroit, et toutes les têtes se tournèrent vers elles lorsque Madame Maxime, dominant tout le monde de sa taille vertigineuse, s'avançait en direction de la coupe.
- Mesdemoiselles, à vous, les invita t-elle en se tournant vers elles, ses grands yeux noirs fixant les candidates désignées.
Fleur, mais également son amie Marie et quelques autres rompirent les rangs et s'approchèrent de la coupe, et si Fleur déposa son petit bout de parchemin à l'intérieur de celle-ci sans la moindre once d'anxiété ou de doute, on ne pouvait en dire autant des autres qui, après quelques instants de réflexions, suivirent finalement son geste et lui emboîtèrent le pas. L'instant semblait solennel, presque comme si chacun assistait à un événement extraordinaire, et un silence tonitruant accompagnait chacune des jeunes filles dans son geste.
- Je crois que ce sont les premières à présenter leur candidature…, marmonna plus fort qu'il ne le voulait un élève de Poufsouffle à quelques mètres de Daphné.
- Non, il parait que Marcus Flint s'est déjà porté candidat, objecta son amie d'un air dépité.
- Si c'est un Serpentard qui est nommé champion de Poudlard, je crois que je reporterais mon soutien sur une autre école, répondit-il alors.
« Pour la cohésion entre les maisons, il y a des choses à revoir » ne put s'empêcher de penser Daphné en écoutant cette conversation d'une oreille distraite. Pour sa part, même si la malchance voulait que Fleur soit leur championne, elle ferait bonne figure et la soutiendrait dans toutes les épreuves qu'elle aurait à affronter. Mais de là à devenir amie avec elle, il ne fallait pas pousser les choses trop loin ; Sa bonté avait ses limites tout de même !
- Mesdemoiselles, reprit Madame Maxime une fois que la dernière étudiante eut mis son nom dans la coupe, vous avez désormais quartier libre pour la journée. Profitez du temps qui vous est donné pour explorer ce château dans les limites qui vous sont imposées. Soyez toutes à l'heure à midi au carrosse pour que nous puissions ensemble aller dîner.
- Bien madame Maxime, répondirent-elles toutes en inclinant légèrement la tête.
Leur directrice leur répondit par un geste similaire avant de se diriger vers la sortie, certaines de ses élèves lui emboîtant le pas. Les autres attendirent son départ pour finalement se détendre et converser avec leurs amies tout comme les élèves de Poudlard qui commentaient également ce qui venaient de se passer.
- Que faisons-nous ? lança Tracey en regardant distraitement la coupe de feu qui émettait de légères explosions d'étincelles depuis quelques minutes.
- Nous pourrions tout aussi bien aller dehors, le beau temps est rare en pareille région, autant en profiter, proposa Aglaé.
D'un commun accord, les quatre autres approuvèrent d'un hochement de tête, et Daphné ouvrit la marche en fendant la petite foule qui commençait à se former dans le hall pour se diriger également vers le parc du château. Le temps était en effet beaucoup plus clément que la veille, mais la raison en était simplement qu'il ne faisait jour que depuis quelques heures et que le soleil avait fait son apparition dans le ciel au beau milieu des nuages gris qui se faisaient nombreux au dessus du paysage alentour. Cette petite escapade improvisée les enchanta en tout cas, elles qui n'avaient depuis hier que peu eu la possibilité de pouvoir explorer Poudlard, et du vieux château, seuls le rez-de-chaussée et une partie des cachots leur avaient été accessibles, mais il n'en était pas de même pour le domaine entourant l'école et notamment le joli lac qui la bordait et qu'une importante forêt entourait. Au loin pouvaient être visibles de multiples petits monts et plateaux, un paysage qui leur rappelait vaguement la belle Auvergne qu'elles avaient quittée.
Il faisait bien évidemment froid, mais étonnamment pas autant qu'on aurait pu le croire. Malgré tout, les plus frileuses ne sortaient désormais plus du carrosse sans porter au préalable une épaisse cape de fourrure et une paire de gants, certaines ayant eu à juste titre depuis hier un léger rhume qui ne demandait qu'à se répandre parmi toutes les étudiantes, et Marie et Aglaé ne dérogeaient pas à cette nouvelle règle en partageant chacune l'épaisse cape de fourrure de castor qu'elles avaient relevée au niveau de leurs épaules.
Leur petite promenade s'acheva près du lac, sous un arbre multi-centenaire dont le feuillage commençait à jaunir et qui, balayé par quelques rafales de vent, faisait tomber sur elles de jolies feuilles que Tracey amassa pour s'éventer avec, un petit air fier sur le visage qui amusa Lucie.
Daphné elle gardait ses yeux fixés sur la surface du lac, notant distraitement les petites auréoles que formaient les feuilles d'arbres lorsqu'elles tombaient dessus, mais ses pensées elles étaient dirigées vers un tout autre sujet qui la troublait depuis hier : Matthew Potter. Comment avait-il réussi à la reconnaître ? Que signifiaient seulement ses propos ? Devait-elle se méfier de lui dès à présent ou ne pas s'en préoccuper ? Pouvait-elle seulement… En parler avec son fiancé ? L'envie était tentante, d'autant plus que sans vouloir se l'avouer, elle avait légèrement peur des actions que pourrait entreprendre Matthew contre elle, et elle restait persuadée qu'au moindre problème en provenance de Matthew, Harry serait prêt à quitter pour un temps son régiment et à fondre sur Poudlard remettre à sa place ce petit-frère qu'il n'estimait guère. Mais rien que pour cette seule raison, Daphné préférait ne pas mettre au courant Harry ; Son fiancé avait bien eu du mal à se reconstruire pour qu'il prenne le risque de se montrer à découvert aux yeux de Dumbledore et de James...
Mais penser à ces deux là n'arrangeait en rien son humeur, au contraire : Se trouver dans l'école de celui qui avait fait de la vie d'Harry un enfer n'avait rien de réjouissant, encore moins lorsque son propre père pouvait à tout moment débouler dans cette même école pour le moindre prétexte, et comme prétexte, Daphné savait qu'elle pourrait bien en être un : Bien qu'il n'ait plus rien tenté officiellement pour retrouver son ex-femme, James restait malgré tout une menace pour elle comme pour Harry et Rose, et il suffisait simplement qu'il se rappelle qu'elle était fiancée à son fils aîné pour que Daphné se retrouve d'un moment à l'autre le centre d'attention de ce fou, ou même de Dumbledore. Mais pour le moment, le directeur de Poudlard n'avait absolument rien tenté contre elle, que ce soit une rencontre fortuite dans un couloir de l'école ou une tentative de légilimancie sur son esprit ; Peut-être même n'était-il tout simplement au courant de rien !
« Ravi de te revoir… Greengrass ».
Ces mots, ces cinq petits mots, cette phrase anodine, modéraient toutefois l'espoir qu'avait Daphné de passer entre les mailles du filet de Dumbledore, car en l'occurrence, Matthew se souvenait parfaitement d'elle, et même si la raison lui échappait puisqu'ils n'avaient jamais été proches, il suffisait simplement à celui-ci d'aller rapporter leur bref échange et les rares informations qu'il avait sur elle pour faire de sa vie un enfer. Peut-être même se rappelle t-il qu'elle était promise à son frère aîné… Daphné se savait prête à faire face à toute éventualité, mais elle se savait également incapable de faire face magiquement parlant à Dumbledore ; Ce vieux fou avait peut-être l'esprit tordu, mais il pouvait être redoutable dans un duel magique, et face à lui, elle n'avait aucune chance. Mais une petite lumière parvenait malgré tout à percer les ténèbres de ce sombre constat, une lumière qui avait la forme et la puissance de la demie-géante qu'était madame Maxime ; Rien ne pouvait lui arriver tant qu'elle restait dans son giron, et le directeur de Poudlard n'était pas assez idiot pour oser se mesurer à elle. Et puis, Marie-Louise n'avait-elle pas expressément demandé à cette même directrice de la surveiller étroitement pour palier à toute éventualité ? Cette protection, certes rudimentaire, suffisait en tout cas à la rassurer quelque peu, mais également la protection que lui offrait Harry par le biais de leur lien magique ; Un simple transfert d'émotion, suffisant en tout cas pour l'alerter, et ce malgré les milliers de kilomètres les séparant, permettrait de l'alerter et de lui en aide par tous les moyens qui soient.
- Daphné ? l'appela Tracey.
Daphné tourna le regard vers elle, constatant au passage que les trois autres la regardaient aussi. Apparemment, perdue dans ses pensées, elle ne s'était pas rendue compte des longues minutes de silence dans lesquelles elle s'était plongée, mais faisant bonne figure, elle esquissa un léger sourire rassurant à leur encontre avant de s'étirer négligemment les bras :
- Mes excuses, je pensais à Gabriel…, dit-elle d'un ton las.
Son demi-mensonge sembla en tout cas suffisant pour ses amies, car d'un air incrédule ou soucieux, toutes esquissèrent à leur tour un sourire entendu, Aglaé et Marie gloussant même de manière surprenante pour des demoiselles considérant le rire comme inapproprié la plupart du temps. Mais dès lors qu'il s'agissait d'amour, le discours changeait, et Daphné jouait facilement sur ce tableau là pour dissiper les interrogations portées contre elle.
- Qui n'y penserait pas ? argua Tracey d'un ton malicieux. Je ne fais moi aussi que penser à lui en vérité, il… Il ne sort jamais de mon esprit… Je peux sentir constamment sa présence autour de moi, et le simple fait de ne point pouvoir le toucher, le caresser, le sentir contre moi, me trouble tellement- Aie !
Se caressant l'arrière du crâne là où Daphné venait de la gifler, Tracey n'abandonna pour autant pas le sourire moqueur qui scindait son visage, et ce même lorsque sa meilleure amie, gardant la main toujours en l'air, la menaçait d'un simple regard de réitérer son geste si l'envie lui prenait à nouveau de se moquer d'elle. Au lieu de ça, l'héritière Davis préféra alors passer le temps à réviser la pièce de théâtre qu'elle répétait, un exemplaire de l'école des femmes apparaissant miraculeusement dans sa main après avoir fouillé quelques instants sous les plis de son uniforme. Lucie se porta volontaire pour l'aider dans ses révisions, tandis qu'Aglaé et Marie, dont le jeu n'était nullement un loisir à leurs yeux, se plongèrent à nouveau dans les longues et interminables conversations dont elles étaient friandes. La tâche s'annonçait toutefois très ardue pour Lucie ; Désignée par l'héritière Davis pour jouer l'ensemble des rôles, il lui était extrêmement compliqué de connaître sur le bout des doigts l'ensemble des répliques à prononcer ou les petits gestes qui pourraient donner plus de vie et de profondeur à ses multiples rôles. Surtout, Tracey pouvait se montrer très professionnel dans le domaine de la comédie, et loin de son caractère avenant et sympathique, il arriva à quelques reprises qu'elle perde patience devant les hésitations de sa jeune amie ou qu'elle la reprenne lorsque celle-ci bafouillait l'une des phrases du texte. Mais leur petit spectacle eut au moins le plaisir d'amuser Daphné, Marie et Aglaé, surtout lorsque, voulant faire mine d'être assise sur un fauteuil, Tracey surestima la largeur de la souche d'arbre y faisant office et bascula en arrière sur l'herbe. Toute honteuse, celle-ci ne put que se gratter nerveusement le crâne en esquissant une sorte de grimace gênée sous les éclats de rire de ses camarades.
- Oh mais ce ne serait pas…, marmonna t-elle tout à coup avant de se relever rapidement. Hé ! Neville ! Par ici !
Daphné comme les trois autres tournèrent également leur tête vers la silhouette qui traversait la tête basse la pelouse en direction de l'entrée du château, Marie et Aglaé s'indignant au passage de la manière qu'avait Tracey de héler les gens à voix haute, mais celle-ci n'en avait véritablement rien à faire car elle faisait désormais signe au jeune garçon de venir les rejoindre, l'air ravi. Celui-ci la regarda d'un air interloqué, étonné de voir quelqu'un l'inviter de cette manière, mais ce fut surtout lorsqu'il se désigna du doigt pour vérifier qu'il était bien celui qu'appelait Tracey et qu'elle le lui confirma d'un hochement de tête qu'il prit soudainement une teinte rouge écrevisse, ses doigts jouant nerveusement sur la couverture des livres qu'il tenait serrés contre lui. Mais plutôt que de se faire attendre encore davantage, il changea de direction et se dirigea vers elles, le regard porté sur ses chaussures vernis et le pas incertain. Les filles le regardèrent arriver d'un air circonspect, la plupart ne le connaissant pas, mais Daphné se souvint finalement du jeune garçon timide et maladroit qu'elle avait eu l'occasion de croiser de temps à autre dans sa tendre jeunesse. Les manières gauches, le sourire nerveux et cette nervosité constante dans son attitude… Comment finalement oublier Neville Longdubat ? En le détaillant de plus près au fur et à mesure qu'il approchait, Daphné le trouva inchangé, quoique beaucoup plus grand évidemment et les cheveux plus longs lui tombant désormais sur les épaules. Mais à part cela… Il n'y avait pas d'importantes différences chez lui. Daphné ne l'avait personnellement pas suffisamment connu pour voir en lui un camarade ou même un ami, mais en voyant Tracey fondre sur lui et lui faire un câlin, elle se surprit à constater qu'elle ne connaissait pas sa meilleure amie aussi bien qu'elle le pensait.
- Comment vas-tu !? s'exclama d'ailleurs celle-ci en s'écartant légèrement de lui, un sourire étincelant sur le visage.
- Hé bien euh… Bien, je suppose ? lui répondit Neville d'un air nerveux tandis qu'il se passait une main dans les cheveux.
- Cela me fait tant plaisir de te voir ! dit-elle de ce même ton joyeux. Nous ne nous sommes pas revus depuis au moins deux ans ! Oh mais attends, il faut que je te présente à mes amies !
Et portée par son allégresse, Tracey lui empoigna le bras pour le diriger vers elles, Daphné comme les autres ayant entre temps pris la peine de se relever.
- Tu dois sûrement te souvenir de Daphné ? s'enquit-elle aussitôt en l'arrêtant dans sa marche face à ladite jeune fille.
- Pas vraiment en vérité, s'excusa Neville avant de rougir davantage lorsqu'il remarqua le propos désobligeant qu'il venait de dire. J'aurais probablement dû, une jolie fille ne s'oublie pas si facilement…
Daphné esquissa un mince sourire devant son compliment, mais c'était surtout en raison du fait que Neville venait de le lui adresser en bredouillant et en donnant l'impression qu'il n'était pas habitué à en lancer aux gens. Maladroitement, le jeune Gryffondor avait tenté de se montrer courtois avec elle, et pour cela elle ne pouvait que le louer, mais une autre partie de son esprit lui soufflait que Neville s'était surtout senti obligé de le lui dire, une intuition qui se renforça encore davantage lorsqu'il lui prit en tremblant légèrement la main pour la baiser. Daphné ne lui répondit pas et se contenta de lui adresser un hochement de tête poli, mais Aglaé, Marie et même Lucie elles ne firent rien pour calmer l'anxiété du jeune homme : Aucune ne lui montra la moindre marque de respect, mais Lucie devait surtout être trop intimidée par lui pour oser ouvrir la bouche en sa présence.
- Pourquoi ne resterais-tu pas avec nous ? lui proposa alors Tracey tandis qu'elle tapotait gentiment l'herbe après qu'elle s'y soit elle-même assise.
- Je… Cela ne vous dérange pas ? lui demanda t-il timidement alors qu'il regardait furtivement les cinq demoiselles.
- Pas du tout ! répondit-elle en souriant. Et puis comme ça, nous pourrions mettre en pratique ce que nous ont demandé nos directeurs respectifs : Nous lier d'amitié avec des élèves d'autres écoles !
Toutefois, si Tracey semblait véritablement ravie d'avoir pour compagnie Neville, il n'en était pas de même pour d'autres : Marie et Aglaé regardaient le nouvel arrivant d'un air suspicieux, se demandant si l'héritier des Longdubat n'avait pas des intentions malveillantes à leur égard comme tout garçon de son âge, tandis que Daphné à la vérité éprouvait une indifférence marquée par la présence de Neville. Lucie était probablement la seule à ne pas s'en offusquer, mais son caractère renfermé pouvait peut-être en être la cause. Acceptant malgré tout l'offre de Tracey, Neville prit rapidement place auprès d'elle, un petit sourire timide sur le visage alors qu'il remerciait silencieusement chacune des filles par un regard vers elle.
- Alors dis-moi : Que faisais-tu de bon dans les serres du château ? s'enquit immédiatement Tracey. Je croyais qu'il n'y avait pas de cours le dimanche à Poudlard ?
- C'est le cas, affirma aussitôt Neville en parlant à l'étonnement des autres filles un français presque impeccable. Je… J'aime beaucoup les cours de botanique, et le professeur Chourave a accepté depuis l'année dernière de me donner des cours supplémentaires dans cette matière. J'aimerais bien être plus tard professeur de botanique, alors je… Je pensais pouvoir approfondir mes connaissances dans cette branche de la magie et préparer plus vite que mes camarades mes examens.
- Professeur de botanique ? répéta d'un air incrédule Marie en fronçant les sourcils. Mais vous êtes un lord, héritier Longdubat ! Vous n'avez pas besoin de travailler !
- Vous n'avez pas besoin de me vouvoyer vous savez, lui indiqua Neville. Et vous pouvez m'appeler par mon prénom si vous le souhaitez. Quant à ce que vous venez de dire, je ne suis théoriquement pas un Lord puisque mon père porte encore ce titre, et ma grand-mère gère admirablement les intérêts de ma famille. Je compte bien lui laisser encore quelques temps la direction de notre seigneurie avant de prendre à mon tour le poste qui me revient, et je tiens à occuper ce temps libre en faisant ce que j'aime : étudier les plantes et transmettre mon savoir à d'autres personnes.
- Et c'est tout à ton honneur Neville, déclara Tracey tout en lançant un regard noir à Marie. Nous n'avons qu'une seule heure de botanique à Beauxbâtons, mais là-bas cette matière s'appelle « Herbologie et Science de la Terre ». Elle peut être à l'occasion couplée avec notre cours de potion, mais ce n'est pas une matière très importante comparée aux sortilèges, à la transfiguration ou encore aux cours de duel magique !
- Vous avez des cours de duel magique !? bredouilla d'un air interdit Neville. Ce doit être passionnant !
- En effet, lui confirma Lucie alors qu'elle s'adressait à lui pour la première fois. Nous avons d'abord un cours théorique d'une heure durant lequel nous revoyons les sortilèges et maléfices vus auparavant, puis l'heure suivante des ateliers de pratique où nous nous affrontons en essayant d'utiliser les sorts que nous avons appris. Je… Je ne me débrouille pas trop mal personnellement, mais Daphné est de loin la meilleure de nous toutes.
Le regard de Neville se porta immédiatement sur elle, mais Daphné qui pendant une courte seconde esquissa un léger sourire garda le reste du temps ce même air impassible qui décourageait généralement tout étranger à s'intéresser plus longuement à son sujet. Intimidé par son air peu avenant, Neville reporta son attention sur la timide Lucie, et celle-ci se mit immédiatement à rougir devant le regard que lui lançait le Gryffondor.
- Ne fais pas attention à Daphné, lui chuchota Tracey en constatant l'air froid que prenait sa meilleure amie depuis son arrivée. Elle a été formée pendant quelques années par une enseignante disons… particulière, et son apprentissage ne s'est pas seulement arrêtée à la magie : Elle connait sur le bout des doigts toutes les subtilités liées à la bienséance et au paraître, et notamment qu'une jeune fiancée ne doit pas être vue avec un autre homme que celui qu'elle devra épouser.
- Et quand il t'arrivera la même chose ma chère Tracey, je me ferai un plaisir de repousser tous les jeunes gens souhaitant t'approcher, lui affirma d'ailleurs Daphné avec un sourire entendu.
Tracey lui répondit en lui tirant la langue, étant de toute évidence la seule à comprendre le commentaire de Daphné, mais Neville lui n'eut pas besoin de cela pour rire de la grimace de son amie.
- Est-ce que je peux te poser une question ? lança t-il en se tournant à nouveau vers elle.
- Si cela n'a pas de rapport avec les flirts occasionnels que je pourrais avoir et que Daphné se ferait un plaisir d'interrompre s'ils allaient trop loin, alors bien sûr que tu peux ! lui répondit Tracey en gloussant.
- Non non, assura t-il aussitôt. Cela peut paraître grossier de ma part, mais maintenant que je vous ai en face de moi, je me demande pourquoi n'êtes-vous pas venues toutes les deux à Poudlard ?
À cette question, Tracey et Daphné se regardèrent immédiatement, chacune demandant silencieusement à l'autre si elle devait y répondre. Les véritables raisons ne devaient certainement pas être dites afin d'éviter que l'histoire entourant ce choix ne remonte jusqu'aux oreilles de Dumbledore, mais un début de réponse pouvait malgré tout être donnée à Neville.
- En vérité, je n'ai fait que suivre Daphné dans cette école, commença Tracey. Ses parents ont jugé bon de l'envoyer dans une autre école que celle tenue par le professeur Dumbledore, surtout lorsque les scandales ont commencé à éclater et que les gens se sont rendus compte qu'il n'était pas aussi blanc qu'il voulait bien le faire croire. À partir du moment où l'on se rend compte qu'un directeur d'école peut être tout aussi malhonnête et retors que la pire des crapules, alors la confiance que l'on porte sur l'établissement qu'il dirige s'effrite, du moins c'est ce que son père m'a dit.
- Mon père voulait également que je suive un enseignement qui ne s'arrêtait pas aux matières classiques ne concernant que la magie comme cela se passe actuellement à Poudlard, poursuivit Daphné d'une voix polaire. Selon lui, de grandes lacunes apparaissent dès lors que l'on sort du cadre purement magique, et il est proprement scandaleux que les sorciers aient un niveau insatisfaisant dans des matières plus ordinaires dans le monde moldu comme la physique, les mathématiques ou encore dans les différents domaines touchant l'art. Enseigne t-on seulement la musique à Poudlard ?
- Euh… Il y a bien une chorale qui chante à chaque début d'année, mais elle se contente d'interpréter l'hymne de Poudlard, avoua Neville d'un air contrit.
- Donc vous ne savez jouer d'aucun instrument dès l'instant où vous n'avez pas appris à en jouer chez vous, reprit Daphné sous le hochement de tête approbateur du Gryffondor. Comment veut-on ouvrir les élèves aux créations artistiques s'ils n'ont pas même les moyens pour y parvenir ? Il y a bien des nés-moldu parmi vous ? Certains peuvent même provenir de familles bien trop pauvres pour penser un instant à acquérir un instrument ou apprendre à peindre ? Comment font-ils alors pour découvrir ce genre de choses si l'on ne leur en donne pas la possibilité ? Et puis, les familles les plus démunis n'ont peut-être jamais eu accès aux enseignements classiques, à l'orthographe, la grammaire, aux mathématiques les plus rudimentaires, même à l'histoire ou encore au latin !
Pour le coup, Neville ne pouvait que lui donner raison, et durant les trois années précédentes, lui-même avait eu l'occasion de constater par lui-même que certains élèves savaient à peine lire ou écrire lorsqu'ils intégraient Poudlard. Surtout, aucun cours particulier n'était prévu pour leur venir en aide, et ceux venant avec un lourd handicap scolaire ne pouvaient que peiner à suivre les enseignements prodigués par l'école. Quant à l'histoire ou même aux sciences, il n'en était même pas question à Poudlard.
- Beauxbâtons met en pratique une tout autre politique que celle de Poudlard, reprit Daphné en remarquant facilement la réflexion dans laquelle Neville s'était plongé. L'enseignement se divise en deux branches : Les matières dites magiques qui concernent aussi bien les sortilèges, la transfiguration, la divination, l'étude des runes, l'arithmancie ou encore l'étude des créatures magiques, mais également les matières traditionnelles, celles que l'on trouve dans tous les instituts et académies moldus. Beauxbâtons cherche avant tout à parfaire l'éducation de ses élèves en leur enseignant des matières de tous les horizons possibles et selon les propres choix de l'étudiante. Ainsi, si une élève souhaite s'orienter vers les sciences, elle peut ainsi prendre comme matières supplémentaires la physique, la chimie, la biologie, les mathématiques avancées et même la zoologie. Il en va de même pour tout autre domaine, même ceux qui pourraient être davantage réservés aux hommes, mais peu d'entre nous s'y risquent en vérité : Je ne me risquerai pas à tenir un arc entre mes mains à moins d'être représentée en Diane la chasseresse par exemple.
- Ou en Cupidon peut-être, argua Tracey d'un sourire malicieux. Tu pourrais ainsi décocher quelques flèches d'amour à ton cher et tendre…
Sous les pouffements de rire de sa meilleure amie et de Lucie, Daphné consentit finalement à laisser ses joues se colorer d'un rouge vif, rapidement disparu toutefois dès l'instant où elle le ressentit.
- Vous avez vraiment de la chance, affirma Neville sans vraiment prendre part à la bonhomie des filles. Ici la plupart des enseignants sont relativement bons, mais il y en a quelques-uns qui mériteraient d'être inspectés.
Surpris par son propre aveu, Neville parut un instant alarmé par son audace, et d'un geste vif de la tête, il regarda rapidement derrière pour s'assurer qu'aucun des professeurs dont il faisait mention n'était présent à proximité.
- à en juger votre comportement, on serait en droit de croire que vos professeurs ne font pas qu'enseigner…, déclara Marie. Craindriez-vous une punition corporelle, héritier Longdubat ?
- N-non, lui assura t-il d'une voix cependant chevrotante. C'est juste que… L'un d'eux me fait plutôt peur, et je n'aimerais pas le savoir juste derrière moi…
Cet aveu arracha un gloussement à Marie et Aglaé, mais un regard noir de Tracey les fit immédiatement taire.
- Le professeur Rogue enseigne les potions, poursuivit Neville d'une voix nerveuse, mais il est tellement odieux et méprisant envers les élèves qu'il est rare que l'un d'eux parvienne à trouver grâce à ses yeux. Ses cours sont terriblement angoissant, d'autant plus qu'il se contente d'indiquer les ingrédients à employer et les gestes à effectuer pour parvenir à un résultat correct dans la préparation de notre potion, mais le reste du temps, il passe entre les rangs pour dénigrer notre travail, commenter sarcastiquement le résultat de celui-ci et nous pousser dans nos retranchements par ses petites phrases assassines… Il ne donne pas vraiment l'impression d'aimer son travail en vérité, à moins qu'il n'aime tout simplement pas les enfants et adolescents…
- Ce qui expliquerait son comportement, commenta Tracey.
- Quel est l'intérêt alors d'enseigner si l'on ne se plait dans le métier que l'on fait ? rétorqua Daphné. La raison doit être probablement tout autre, mais cela ne concerne que lui.
- Il a également beaucoup de sympathie pour les élèves de Serpentard, mais on ne peut pas le lui reprocher puisqu'il est le directeur de cette maison, reprit t-il. Drago Malefoy est l'un de ses élèves préférés, et même lorsqu'il le prend sur le fait en train de saboter la potion d'une autre personne, il arrive encore à donner tous les torts à celui qui en est pourtant la victime !
Drago Malefoy n'était nullement un étranger dans l'esprit de Daphné, et la perspective de se retrouver en face de cette petite fouine blonde n'égayait franchement pas son humeur. Que serait-il advenu d'elle si par malheur sa scolarité avait été étroitement liée à celle de ce fils à papa prétentieux et fourbe ? Oh, pour sûr elle n'aurait certainement pas tenu pendant quatre ans à ses côtés, quand bien même se serait-elle retrouvée dans une maison autre que celle de Serpentard.
- Ce garçon Malefoy semble être charmant, siffla d'un ton ironique Aglaé. Un vrai gentilhomme…
- Il y a bien pire ici, lui affirma Neville. Mais en ce qui concerne les enseignants, il y a aussi le professeur Binns qui nous enseigne l'histoire de la magie et qui se contente pendant les sept années scolaires de nous parler des guerres entre sorciers et gobelins…
- De quoi rapprocher ces deux peuples et établir d'excellentes relations par la suite, railla Tracey.
- … Mais aussi Trelawney qui enseigne la divination. Son cours ne dure que deux heures par semaine et se résume à prédire continuellement la mort de quelqu'un sans jamais qu'il arrive quoi que ce soit. Matthew Potter est sa cible privilégiée d'ailleurs, mais il m'est arrivé de l'être aussi.
- Je n'ai pourtant pas l'impression que tu sois mort Neville, argua Tracey en se mettant à lui tapoter le bras du doigt. Mon doigt ne passe même pas à travers !
Gêné, Neville se laissa malgré tout faire, bien qu'il était difficile de dire si c'est par politesse ou s'il n'osait tout simplement pas demander à Tracey d'arrêter. La meilleure amie de Daphné s'amusa alors pendant de longues secondes à examiner Neville des pieds à la tête, concluant son diagnostic par l'affirmation selon laquelle Neville n'était effectivement pas un fantôme ou un zombie mais tout simplement sujet à une maladie commune s'appelant l'ecarlatite aiguë, ce à quoi Neville répondit par un rougissement encore accru de ses joues.
- Que pouvez-vous me dire sur la scolarité de Matthew Potter, Héritier Longdubat ? lui demanda alors tout à coup Daphné en ignorant volontairement les propos tenus par Neville quelques instants plus tôt sur son titre.
Neville la regarda curieusement, troublé par l'intérêt que la jeune fille blonde devant lui avait pour Matthew. Mais réfléchissant rapidement, il en déduisit que Matthew pouvait bien être un sujet de curiosité par delà les frontières de son pays et que Daphné pouvait bien considérer comme intéressant d'en savoir plus sur ce garçon ; Ô comme il se trompait.
- Eh bien… Il… Il n'est pas comme on peut le croire, commença t-il d'une voix incertaine. Il n'est pas mauvais en magie, mais il n'excelle pas non plus dans les matières… Il peut d'ailleurs être très mauvais dans certaines, en particulier en potions tout comme moi. Mais il a la sympathie de la plupart des professeurs qui excuseraient presque ses lacunes, bien que j'ai parfois l'impression que cette sympathie est feinte… Le professeur Dumbledore le tient en très grande estime, et c'est probablement celui qui se montre le plus indulgent quant aux caprices de Matthew et des rapports faits par les préfets sur son comportement parce qu'il ne faut pas croire ce que l'on raconte sur lui : C'est probablement la pire personne qui soit, en tout cas à Poudlard, et à côté de lui, Malefoy serait presque un ange.
- à ce point ? gloussa Tracey. Mais que fait-il donc pour avoir une telle image ?
- Il euh… Il a une très haute estime de lui-même, un peu trop probablement, et malgré ses carences en magie, il se moque facilement des gens qu'il considère comme inférieur à lui. Je fais partie de ces gens là d'après lui…
Mal à l'aise, Neville remua légèrement sur son morceau d'herbe, et baissant le regard, il ne vit pas le regard compatissant de Lucie et de Tracey.
- Il considère que toute l'école lui appartient dans un certain sens, et comme aucun enseignant ne le reprend et que le directeur ferme les yeux sur ses agissements, il ne recule devant rien pour humilier, rabaisser et tyranniser les élèves, même ceux qui sont plus vieux que lui. Et comme les rares personnes qui lui tiennent tête sont constamment punies, plus personne sauf Malefoy ne veut prendre le risque d'une retenue pour lui avoir lancé un sort dans un couloir ou pour lui avoir donné la correction qu'il mérite. Et des corrections, il devrait en avoir… En première année, il a humilié une fille de Gryffondor que j'aimais bien, Hermione Granger. Elle a passé son après-midi dans les toilettes à pleurer à cause des choses qu'il lui a dites, et le soir même, elle se faisait violemment agresser par un troll des montagnes. Je ne l'ai plus jamais revu depuis…
Son histoire jeta un froid soudain sur leur petit groupe, et même Daphné ne put cacher l'effroi qui venait de la gagner devant ce récit.
- Un troll ? ne put-elle s'empêcher de dire après quelques instants. Comment un troll a-t-il bien pu rentrer dans cette école ?
- On ne sait pas vraiment en vérité, lui expliqua Neville. Il paraîtrait que ce serait l'œuvre de notre professeur de défense contre les forces du mal qui travaillait en sous-main pour Vous-savez-Qui, en tout cas c'est ce qu'aurait raconté Dumbledore à la fin de l'année scolaire à certaines personnes, et la rumeur s'est rapidement ébruité. Il s'avérerait également que Matthew serait celui qui aurait battu ce troll et qui aurait trouvé le corps d'Hermione, mais j'ai tendance à croire que ce serait plutôt une version édulcorée de cette soirée de Samain dans le seul but de redorer encore davantage le blason de Matthew.
- Comment ça ? s'enquit Tracey.
- Comme je vous l'ai dit, Quirrell était apparemment au service de Vous-Savez-Qui, et il semblerait qu'en fin d'année, Matthew l'ai affronté pour l'empêcher de s'emparer d'un objet gardé par différents pièges mis en place par les professeurs pour le protéger. Pendant le repas de fin d'année, Dumbledore nous a raconté tout cela en affirmant au passage que Matthew avait passé ces différents pièges et qu'il aurait vaincu à la fois Quirrell et son maître. Il l'a gratifié au passage pour chacun des pièges de cinquante points, ce qui faisait un total de 350 points en une seule journée. Je peux vous dire que les Serpentards étaient très mécontents du résultat, d'autant plus qu'ils avaient été en tête toute l'année dans la course pour la coupe des quatre maisons. Mais comme les Serpentards, je n'étais pas d'accord avec ces points supplémentaires soudain, et je sais que tout ce que Dumbledore nous a raconté est faux.
- Pourquoi ça ? s'enquit Daphné d'un ton étonné, curieuse de savoir la suite.
- Parce que Matthew dormait bien au chaud dans son lit la nuit où ce seraient déroulés les événements que Dumbledore nous a rapportés, expliqua Neville. Je n'ai pas osé contredire Dumbledore devant tout le monde ce jour-là, surtout que personne ne m'aurait probablement crû, alors j'ai gardé ça pour moi.
Neville poursuivit son récit des deux années suivantes, racontant aux filles les différents problèmes rencontrés par l'école et les dangers auxquels les élèves furent confrontés durant ce laps de temps. Entre l'ouverture de la chambre des secrets et la présence continuelle des détraqueurs d'Azkaban faisant suite à l'évasion de Peter Pettigrow, on ne pouvait clairement pas dire que tout était paisible à Poudlard. Mais un point essentiel était à noter aux yeux de Daphné : Même sans le vouloir, Matthew se retrouvait toujours au centre de ces problèmes, du moins c'est ce qu'essayait de faire croire Dumbledore en déclarant à chaque fin d'année qu'il était parvenu, lui, un simple adolescent de douze puis de treize ans, à venir à bout des difficultés qu'il rencontrait, sans jamais pour autant expliquer la manière avec laquelle il y était parvenu ni quels furent les obstacles jalonnant le chemin menant à son succès. Non, Dumbledore se contentait simplement d'annoncer que Matthew venait une fois de plus de les sauver, et celui-ci ne le contredisait jamais ; Que les détails sur l'ouverture de la chambre des secrets, le monstre s'y trouvant et la manière avec laquelle l'héritier des Potter l'avait vaincu ne soient connus de personne, ça c'était le cadet des soucis du directeur de Poudlard, de même que les raisons entourant cette ouverture ou la responsabilité de son auteur. De même, les différentes fois où Peter Pettigrow fut repéré à Poudlard, les raisons de sa présence et la manière avec laquelle Matthew avait fini par faire fuir le criminel et les centaines de détraqueurs qui l'auraient pris au piège ne semblaient pas intéresser suffisamment Dumbledore pour qu'il en vienne à l'expliquer à ses élèves. Le directeur se contentait d'auréoler chaque fois davantage son élève de gloire et de renommée, lui attribuant au passage divers récompenses pour service rendu à l'école ou en le gratifiant de suffisamment de points pour faire gagner à chaque reprise sa maison dans la course au trophée des quatre maisons.
La raison de toute cette déférence envers Matthew échappait totalement à Daphné, d'autant plus qu'il n'y avait aucune source, aucun témoin, aucune information pouvant étayer les propos du directeur, mais surtout, la crédulité des élèves, en tout cas d'une grande partie, surprenait autant qu'elle déroutait l'héritière de la famille Greengrass ; Comment même les professeurs pouvaient penser qu'un de leurs élèves pouvait réussir là où ils avaient échoué ? Et surtout, comment un élève aussi moyen que Matthew Potter pouvait s'illustrer dans des affaires où le talent magique semblait nécessaire, talent qu'il n'avait pas ? à écouter Neville, il semblait qu'il n'y avait bien que les serpentards pour douter de ces racontars, mais l'explication trouvait surtout sa source dans la colère de ces derniers chaque fois qu'ils se faisaient coiffer au poteau pour la coupe des quatre maisons.
En définitif, Matthew était dans cette école une sorte de héros, un héros dont les exploits étaient connus de tous mais que personne n'avait jamais vu, un héros de surcroît aux pieds d'argile car personne ne l'appréciait vraiment et qui ne faisait justement rien pour l'être, un héros enfin qui avait pour seul allié dans l'école un vieux directeur l'élevant à ce statut dans un but qui n'était connu que de lui seul ; En soit, il n'y avait rien de rassurant entre les murs de Poudlard. Que diable lui avait-il pris d'accepter de venir ici !?
- Cette école est un véritable nid à problèmes, déclara Marie sous les hochements approbateurs de ses amies. Si cela était arrivé à Beauxbâtons, pour sûr que je n'y aurais point mis les pieds. Un monstre, un professeur fou, un directeur qui semble impuissant devant les problèmes de son école et de surcroît incapable de les empêcher, des élèves tous aussi bêtes les uns que les autres et d'une goujaterie indécente, une compétition ridicule entre des étudiants divisés entre quatre maisons pour la seule raison de leurs qualités ou défauts… Vraiment, je ne peux point me plaindre de Beauxbâtons quand j'entends de pareilles sottises !
- Et je ne peux point m'empêcher d'être d'accord avec toi, même si cela me fait mal de l'admettre, ajouta Tracey.
- Il y a des choses à revoir en effet, admit Daphné en songeant que cette école ne pouvait fonctionner aussi longtemps que ce système divisionnaire entre élèves perdurait. C'est dans la diversité des profils qu'une communauté se peaufine, car chacun peut palier les manquements et défauts d'un autre. Mais ici…
- Ce n'est pas possible, conclut d'un ton pessimiste Neville en se relevant. Je ferai bien d'y aller maintenant, j'ai encore beaucoup de devoir à terminer et notamment celui de potions… J'espère avoir autre chose qu'un « désolant » comme note cette fois-ci.
- Bonne chance ! l'encouragea Tracey tandis qu'il s'inclinait légèrement pour les saluer.
D'un commun accord, et quelques minutes après le départ de Neville, toutes les cinq jugèrent qu'il valait mieux s'occuper d'une autre manière plutôt qu'à paresser sous le feuillage d'un arbre. Aussi, le carrosse de Beauxbâtons leur sembla être une bonne cachette pour s'adonner à des travaux de couture, à des révisions ou tout simplement à des activités utiles pour passer le temps en s'amusant. La journée se poursuivit pour elles sans que rien ne puissent troubler la quiétude dans laquelle elles s'étaient plongées dès l'instant où elles retrouvèrent leur dortoir. Une fois seulement, elles daignèrent sortir pour partager le repas de midi en compagnie du reste des élèves, mais contrairement à certaines de leurs camarades, Daphné comme les autres ne trouvèrent pas intéressant de découvrir Poudlard et ses nombreux couloirs, reportant cela à un autre jour.
Le souper lui, qui précédait la désignation des trois champions, se fit malgré tout dans une atmosphère joviale, mais d'où l'attente faisait poindre malgré tout son nez dans les conversations. L'attention des élèves était davantage portée sur la coupe de feu, trônant non plus dans le hall d'entrée mais dans le centre de la Grande Salle, que sur le contenu de leurs assiettes. Sans vraiment y faire attention, les élèves passèrent des entrées aux desserts en moins de temps qu'il n'en fallait, et certains digéraient depuis longtemps leur repas lorsque Dumbledore, prenant finalement conscience de la tension qui s'installait petit à petit dans le réfectoire, abrégea les souffrances des jeunes devant lui et se leva de son siège, écartant les bras comme dans un numéro de théâtre où il aurait le meilleur rôle, le plus important aussi.
- Chers élèves, professeurs, membres du ministère de la magie en représentation et futurs membres du jury du tournoi des trois sorciers, il est maintenant temps de découvrir le nom des trois élèves jugés par la coupe comme les plus méritants pour représenter chacune des écoles en piste.
Faisant le tour de la table du corps professoral, Dumbledore s'avança vers la coupe, et d'un coup de baguette magique, il éteignit une grande majorité des chandelles illuminant la Grande Salle, tandis que les dernières se coloraient d'une teinte bleutée s'apparentant de très près à la lumière émise par la coupe de feu donnant ainsi une atmosphère lugubre et caverneuse à l'endroit. Aucun son ne rompait la torpeur dans laquelle s'était plongée toute la pièce, et comme si tout le monde retenait son souffle en attendant que le premier nom du champion soit connu de tous, pas une seule personne ne semblait vouloir exprimer le moindre son, le moindre petit bruit qui pourrait rompre le silence pesant qui s'était abattu sur l'assistance. Puis, alors que la coupe persistait à rester aussi calme que d'ordinaire, elle s'anima subitement, déversant un flot de flammes bleuâtres à plusieurs mètres de hauteur avant de cracher un minuscule petit morceau de papier que Dumbledore attrapa au vol d'un geste vif de la main et qui fit croire à Tracey que le directeur de Poudlard ait pu dans sa jeunesse être un attrapeur de Quidditch. Sa remarque a voix basse eut pour effet de faire sourire son entourage, mais rapidement les sourires disparurent lorsque Dumbledore commença la lecture de son morceau de parchemin :
- Le champion de Poudlard sera Cedric Diggory !
Aussitôt, un tonnerre d'applaudissements parcourut les quatre tables de la Grande Salle, nuancé toutefois selon la maison à laquelle chacune était prédestinée. Si les Poufsouffles applaudirent avec joie tandis que leur représentant, un jeune homme au physique plutôt avantageux selon les commentaires de Tracey qui le suivait du regard, semblait presque gêné par l'attention qui s'offrait soudainement à lui, les autres tables faisaient preuve de plus de retenue, voire dans certains cas d'une franche déception. Du coin de l'œil, Daphné observa que Matthew faisait partie de ceux qui n'applaudissaient pas, mais loin de partager le sentiment qui animait le petit frère de son fiancé, elle se joignit à la joie des blaireaux en applaudissant poliment. Diggory, emprunté et mal à l'aise au moment de se lever pour se diriger vers la pièce attenante à la Grande Salle, disparut en quelques secondes derrière la porte, le regard bas et un petit sourire crispé sur le visage. Quelques secondes pus tard, le calme revint à nouveau, mais la tension avait également considérablement baissé ; La nomination des prochains champions indifférait désormais les élèves de Poudlard qui n'hésitaient désormais plus à chuchoter les uns avec les autres sur les chances de l'emporter de leur nouveau champion… ou tout simplement sur son physique. Presque personne ne remarqua ainsi que la coupe s'était de nouveau animé d'une étrange lueur bleutée avant d'expulser un nouveau morceau de parchemin que réceptionna Dumbledore.
- Le champion de Durmstrang sera Viktor Krum ! annonça t-il d'une voix forte et claire.
De nouveaux applaudissement se firent entendre, en particulier des élèves de la dite école jusque là parfaitement silencieux. Certains poussèrent même des beuglements de bête enragée alors que leur champion, de surcroît tête d'affiche de Durmstrang, se levait lentement de son siège pour se diriger vers la même pièce dans laquelle était entré Diggory quelques instants plus tôt, sa démarche légèrement boitillante en intriguant plus d'un au passage ; Loin d'un balai de course, Krum semblait beaucoup moins gracieux et imposant même si sa lourde silhouette compensait énormément ce défaut.
Une fois parti, l'attention se reporta de nouveau sur la coupe de laquelle devait désormais sortir le nom de la candidate de Beauxbâtons. Instinctivement, toutes les filles de l'académie se tinrent les mains, comme solidaires dans l'adversité, et chacune retint son souffle lorsqu'une troisième fois, la coupe de feu s'anima et jeta en l'air un nouveau bout de parchemin sur lequel était griffonné le nom de l'heureuse participante.
- La championne de Beauxbâtons…, commença Dumbledore en dépliant le papier, sera Fleur Delacour !
Oubliant ses rancœurs envers elle, Daphné se joignit aux autres pour féliciter une Fleur tout bonnement étonnée d'avoir été choisie. L'incrédulité se lisait en tout cas sur son visage, du moins un court instant car en l'espace d'une seconde, l'héritière Delacour retrouva l'air froid et sérieux qui pouvait aisément rivaliser avec celui de Daphné dans ses meilleurs jours. Se levant avec grâce, elle fit fi des sifflets idiots et irrespectueux de la frange la plus stupide composant les élèves de Poudlard et de Durmstrang pour se diriger vers la table des enseignants, et après une courte révérence en direction de Madame Maxime, elle rejoignit ses deux adversaires et disparut par delà la porte derrière la table du personnel.
- Penses-tu qu'elle puisse gagner ? lui demanda Tracey tandis que les applaudissements commençaient à se calmer.
- Elle est mesquine, moqueuse, dédaigneuse, parfois méchante, légère et puérile, mais elle n'est nullement sotte, lui certifia Daphné. Je pense qu'elle a autant de chance que les autres dans ce tournoi, et en tant qu'élèves de Beauxbâtons, nous devrions toutes lui fournir les moyens d'accéder à la première place ; Il en va après tout de la renommée de notre chère école, et tous les moyens sont bons pour la faire rayonner.
Celles qui avaient entendu Daphné hochèrent d'un commun accord la tête, y compris celles ayant quelques torts avec Fleur. Mais Dumbledore coupa court aux nouvelles conversations en reprenant la parole, utilisant au passage un sortilège pour amplifier sa voix et forcer ainsi les récalcitrants à se taire :
Excellent ! s'exclama t-il d'un air joyeux. Nous avons à présent nos trois champions. Je suis sûr que je peux compter sur vous pour apporter à nos champions tout le soutien possible. En encourageant vos champions, vous contribuerez à instaurer…
Mais Dumbledore s'arrêta soudain de parler, et la raison était toute trouvée pour tout le monde présent dès l'instant où la coupe de feu s'anima une nouvelle fois.
- Se peut-il…, commença Tracey en regardant d'un air intrigué la relique s'animer avec vivacité.
L'idée que la meilleure amie de Daphné s'apprêtait à formuler se confirma la seconde d'après lorsqu'un morceau de parchemin fut expulsé de la coupe, Dumbledore l'attrapant rapidement pour le lire à l'assistance. Il lui fallut quelques secondes pour donner le nom de la personne faisant figure de possible quatrième champion tant l'étonnement et la perplexité se lisait sur son visage ridé, et c'est d'une voix beaucoup moins assurée et faible qu'il lut les deux mots qui donneraient une nouvelle tournure à ce tournoi :
- Matthew Potter.
Note d'auteur : Donc voilà, sur ce coup là je ne fais pas vraiment dans l'originalité vu qu'il y a bien un quatrième champion pour le tournoi des trois sorciers. Pour ceux qui s'étonneraient de la nomination de Matthew et non d'Harry, dites vous simplement que personne ne connait l'identité d'Harry en Angleterre, pas même Voldemort ; Il sait qu'un enfant de quatre ans l'a vaincu par le passé, mais il ne sait pas comment il s'appelle, alors quand on lui parle d'un "Matthew Potter ayant réussi à vaincre Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom", il associe ce nom à Harry, et comme il demande à Croupton de faire entrer le fils Potter dans le tournoi et que celui-ci ne connait personne d'autre que Matthew, l'erreur est donc faite par le mangemort.
Après relecture, j'ai l'impression de faire passer Poudlard pour une école où règne la débauche et la misogynie envers les femmes ; Mettez vous simplement à la place de jeunes filles n'ayant jamais eu à côtoyer des jeunes hommes dans leur école et qui se retrouvent du jour au lendemain avec des mâles à chaque détour de couloir... Leur vision est peut-être un peu abusive, mais en même temps, l'adolescence n'est-elle pas la période où les jeunes gens sont les plus idiots, surtout envers les demoiselles ? :)
J'ai bien aimé aussi faire un parallèle entre l'enseignement de Poudlard et de Beauxbâtons ; je trouve qu'il faudrait inclure des matières plus terre à terre à Poudlard, enseigner des choses qui nous semblent tellement anodines mais qui manquent cruellement aux sorciers ; C'est vrai quoi, n'apprendront-ils jamais ces choses Ô combien importantes que sont les théorème de Thalès ou de Pythagore par exemple ? ^^.
Le prochain chapitre se déroulera très loin de là, en Moravie... je vous laisse deviner la suite ! Quant à sa date de publication, je n'en ai aucune idée... j'essaierai de faire vite !
à bientôt !
