Hello! Je poste aujourd'hui au lieu de demain parce que je suis sur scène toute la journée et n'aurais pas le temps de poster ici. Enjoy! :)
Réponses aux reviews :
Juju Green : Je suis vraiment heureuse que ça t'ait plu! Les quelques chapitres qui suivent restent un peu dans la même ambiance. Pour Regina et Zelena, on en apprendra beaucoup plus dans le chapitre 39! Pour le prénom, j'ai beaucoup hésité, et même si je ne le dévoilerai pas, je te dirais que Hope était définitivement dans mon top trois et que j'ai beaucoup hésité avant de choisir! J'espère que tu aimeras ce chapitre! :)
Sissi1789 : Tu verras ce qu'il advient de la famille Swan-Jones dans les prochains chapitres! J'espère que ça te plaira! :)
Swan2015 : Je suis super contente que tu aimes toujours l'histoire! Tu verras comment ça se passe dans les quelques chapitres qui suivent! Par contre il n'en reste que 3 après celui-ci! J'espère que tu aimeras tout autant ce chapitre! :)
Sonja : Voilà le chapitre, j'espère que l'attente n'a pas été trop longue! :) Pour le prénom tu verras dans le chapitre 39! J'espère que ce chapitre te plaira! :)
virginie06 : Je suis heureuse que le chapitre t'ait plu! Par contre non, le nom du bébé n'est pas Milah, je n'y ai même pas pensé! J'espère que tu aimeras tout autant ce chapitre! :)
La nuit fut plutôt courte et agitée. Nous ne dormîmes que quelques heures, sans cesse réveillés par des cauchemars terrifiant qui nous laissaient haletant dans les bras de l'autre, et nous passâmes le plus clair de la nuit à essayer de nous réconforter l'un l'autre. Dés l'aube, je demandai à Killian si nous pouvions retourner voir le bébé, mais il me répondit que mes parents avaient prévu d'amener Liam dès qu'il serait réveillé, pour qu'on puisse le voir et lui expliquer la situation. Je renonçai donc à l'idée d'aller voir ma fille tout de suite : je ne voulais pas que Liam rencontre sa petite sœur avant qu'on lui ai annoncé sa naissance et expliqué le fait qu'elle était entre la vie et la mort. Je voulais protéger mon fils du mieux que je pouvais étant donné la situation, je voulais lui expliquer le plus calmement possible ce qu'il se passait pour éviter de le faire paniquer. Alors je me forçai à prendre une douche, à m'habiller et me coiffer pour faire bonne figure et ne pas l'inquiéter lorsqu'il viendrait nous rendre visite. Quand mes parents poussèrent la porte de la chambre d'hôpital, Liam dans les bras de ma mère, j'avais même réussi à coller un sourire de façade sur mon visage.
- Maman ! Papa ! S'exclama-t-il immédiatement en se mettant à gigoter pour s'échapper des bras de sa grand-mère
Elle le déposa sur mon lit et il vint instantanément se blottir entre moi et Killian, qui était assis à mes côtés, un bras passé autour de mes épaules pour me serrer fort contre lui. Nous ne nous étions pas quitté depuis que je m'étais réveillée, ressentant le besoin d'être proches l'un de l'autre pour nous sentir mieux. Nous partagions la même douleur, nous nous comprenions, et je me sentait un peu réconfortée de savoir qu'il restait là et que une chose dans ma vie restait stable et n'allait pas s'écrouler. Mes parents nous regardèrent pendant plusieurs secondes alors que je déposai un baiser sur le front de Liam pour le rassurer, et le silence flotta pendant un instant. C'est moi qui le brisa en demandant d'une voix rauque :
- Où est Henry ?
- Avec Regina. Ils viendront plus tard. On voulait vous donner un peu de temps seuls à seuls avec Liam
Je hochai la tête, ne pensant même pas à demander des nouvelles de l'évolution de la situation de Zelena au passage. J'avais plus important à faire pour le moment. Expliquer la chose à mon fils n'allait pas être chose aisée, je le savais, et je voulais l'inquiéter le moins possible. Toutes mes pensées convergeaient donc vers ma famille, et il ne restait de place pour rien d'autres.
- On va vous laisser, déclara alors mon père en agrippant la main de ma mère pour l'entraîner derrière lui. On est dehors si vous avez besoin de quoi que ce soit.
Je les remerciai d'un autre hochement de tête, et les regardai disparaître derrière la porte. Je leur étais reconnaissante de nous laisser seuls : Liam avait besoin d'entendre ce qui se passait de la bouche de ses parents. Ça allait être un moment difficile, mais il fallait que je tienne bon. Je devais le faire pour mon fils, qui n'avait rien à voir avec tout ça mais qui était quand même horriblement impacté par la situation. Si le bébé ne survivait pas, lui aussi en souffrirait, et je voulais lui éviter d'être blessé.
- T'es malade ? Demanda Liam d'une petite voix, brisant le silence qui s'était installé.
Je me forçai de nouveau à lui sourire pour le rassurer, passant ma main dans ses cheveux. Sa question était compréhensible : il me voyait couchée sur un lit d'hôpital, reliée à des perfusions. En plus de ça, il était observateur, et il avait sûrement remarqué les yeux rougis de Killian et notre air épuisé. Il était peut-être encore très jeune, mais c'était un petit garçon très intelligent : il comprenait que quelque chose clochait, et je me devais de le rassurer.
- Oui, Liam, je suis un peu malade, dis-je en le serrant un peu plus contre moi. Mais ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas.
Il fronça les sourcils, semblant un peu tracassé par ma déclaration, et changea de position pour se mettre debout sur le lit et m'embrasser sur la joue comme si ça pouvait faire disparaître tous mes soucis. Il me regarda ensuite d'un air presque timide et demanda d'une petite voix :
- Ça va mieux ?
Je souris vaguement, attendrie par son geste. Je me penchai vers lui pour lui déposer un nouveau baiser sur le front et lui répondis avec douceur, lui caressant gentiment le dos :
- J'ai une blessure qui ne peut pas sa résoudre par un bisou, sweetheart. Mais t'avoir près de moi me fait déjà me sentir mieux.
Liam sourit, semblant heureux de ma réponse, et se réinstalla entre son père et moi. J'échangeai un regard avec Killian, me demandant comment nous allions pouvoir lui expliquer qu'il avait une petite sœur, mais qu'elle était en danger de mort. Comment allait-il prendre la nouvelle ? J'espérais qu'il ne serait pas trop triste, je voulais plus que tout le protéger de toute cette horrible situation. Je restais quelques secondes silencieuse, perdue dans le bleu des yeux de Killian, mais Liam ne me laissa pas le temps de me poser plus de questions. D'une petite voix, il reprit la parole :
- Maman ? Il est où, Peanut ?
Je me pinçai les lèvres, ne sachant pas très bien quoi répondre, un peu prise au dépourvue. Ce fut alors Killian qui prit le relais en déclarant d'une voix très douce, comprenant que je ne savais pas trop quoi dire à notre petit garçon :
- Peanut n'est plus dans le ventre de maman, little mate. Il est né hier.
- C'est vrai ? S'exclama immédiatement Liam, les yeux grands ouverts, l'air surexcité. Je peux le voir ?
- C'est justement de ça qu'on voulait te parler, répondis-je d'une voix un peu brisée.
Je ne pleurais pas, mais je me raclai la gorge pour tenter de me redonner une contenance et ne pas inquiéter mon fils. De nouveau, devinant que j'avais besoin de temps, c'est Killian qui continua, me caressant doucement le flanc avec ses doigts, son bras toujours passé autour de moi :
- Tu peux le voir, Liam, mais seulement de loin. Ce qu'on voulait te dire, c'est que Peanut est très malade.
- Pourquoi ? Demanda notre fils en fronçant les sourcils, semblant un peu perdu par cette soudaine révélation.
- Parce qu'il est né trop tôt, expliquai-je en passant ma main dans les cheveux de mon fils. Il aurait dû rester encore un peu de temps dans mon ventre, alors il n'est pas assez fort.
- Il ne peut pas guérir même si on lui fait un câlin? Ça aide toujours, un câlin, demanda-t-il avec une innocence attendrissante.
- Non, sweetheart, répondis-je à mi-voix. Il va lui falloir beaucoup de temps pour guérir.
Il prit un air attristé, et Killian l'embrassa à nouveau dans les cheveux pour essayer de le réconforter. J'étais horriblement inquiète et triste, mais je devais avouer qu'avoir une partie de ma famille dans ce lit avec moi me rassurait beaucoup. Je câlinai mon fils pendant quelques instants alors qu'il semblait mesurer les informations qu'il venait de recevoir. Il semblait plongé dans ses pensées, et Hook demanda au bout d'un moment :
- Tu as des questions, little mate ?
- Oui, dit-il timidement après une petite hésitation.
- Tu peux nous demander tout ce que tu veux, Liam, promis-je alors que mon fils avait l'air sincèrement perturbé par la nouvelle de la « maladie » de sa sœur.
- C'est un garçon ou une fille ?
De nouveau, mes yeux rencontrèrent ceux de Killian. Ce qui nous arrivait était douloureux, inquiétant, notre fille était entre la vie et la mort. Mais, contre toute attente, une once d'espoir s'insinua soudain en moi. Notre petite princesse était née. Elle allait survivre, elle allait se battre. Ses deux parents étaient des survivants, après tout. Elle pouvait s'en sortir.
Malheureusement, ces pensées s'effacèrent assez vite de mon esprit lorsque je me rappelais l'image de notre fille, minuscule, entourée de toutes ces machines. Elle allait mal, et même si je voulais plus que tout espérer qu'elle survive parce que je ne savais pas ce qui allait advenir si ce n'était pas le cas, je savais qu'elle avait de grandes chances de mourir. Killian sembla comprendre mes doutes, car il se pencha vers moi pour me déposer un baiser sur la tempe. Je fermai les yeux pendant un dixième de seconde, profitant du contact familier de ses lèvres contre ma peau, puis les rouvris pour répondre à Liam :
- C'est une fille, Liam. Tu as une petite sœur.
- Tu es grand frère, tu te rends compte ? Ajouta Killian, toujours de cette même voix douce.
Un énorme sourire se dessina soudain sur le visage de Liam, illuminant ses beaux yeux verts. Cette réaction m'attendrit et m'attrista à la fois. Mon fils semblait tellement heureux de la naissance du bébé, mais j'avais peur de sa réaction si elle ne survivait pas. En réalité, j'avais peur de la réaction de tout le monde. Comment allait réagir Henry ? Mes parents ? Killian ? Comment allais-je, moi, vivre la chose ? Allais-je sombrer dans la déprime, l'auto-destruction, pour me punir pour la mort de ma fille ? Parce que je m'en voulais déjà tellement de ce qui nous arrivait. Et ça me faisait horriblement peur, parce que je ne voulais pas faire souffrir encore plus ceux que j'aimais.
Pour tenter de chasser mes pensées noires, je pris Liam contre moi, et mon fils noua ses petits bras autour de mon cou. Hook ne fut pas long à nous rejoindre dans notre étreinte et nous attira tous les deux contre lui, m'embrassant dans les cheveux au passage.
- On t'aime, sweetheart, murmurai-je en caressant le dos de mon fils.
Nous restâmes très longtemps dans cette position à nous câliner les uns les autres, pour essayer de nous rassurer. Nous finîmes par nous détacher, et Killian garda son bras autour de mes épaules pour me rapprocher un peu plus de lui. Enfin, au bout d'un instant de silence, il me demanda :
- Tu veux qu'on aille la voir ? On demandera pour la prendre dans nos bras, et puis comme ça, Liam pourra voir sa sœur, même si c'est de loin.
J'acquiesçai, je voulais aller rendre visite à notre bébé depuis que je m'étais réveillée, et j'attendais ce moment avec impatience. Et puis, comme il le disait si bien, Liam pourrait ainsi faire la connaissance de sa petite sœur.
- Tu veux aller voir Peanut ? Demandai-je à l'intention de mon fils.
Il hocha la tête avec enthousiasme. Je me détachai alors de lui pour changer de position et m'asseoir sur le bord du lit, bien décidée à arriver le plus tôt possible au chevet du bébé. Mais je fus arrêtée dans ma tentative par Hook, qui posa doucement sa main sur mon bras. Je me retournai vers lui, étonnée, et il prit la parole devant mon regard interrogateur :
- Je vais aller chercher une chaise roulante.
- Je peux marcher, contrai-je d'un air que je voulais décidé.
- Ce n'est pas raisonnable, Swan.
- Je ne veux pas que Liam me voit comme ça, dis-je à voix plus basse en regardant mon fils.
Je voulais me montrer forte devant lui, pour ne pas l'effrayer. Malgré tous mes problèmes, ce qui comptait, pour le moment, c'était mes enfants et Killian. Je n'avais pas le temps de me soucier de ma propre santé, je devais m'assurer que ma famille tenait le coup, et si je devais souffrir pour que ce soit le cas, j'étais prête à le faire
- Ne fais pas trop d'efforts, ma belle, ajouta-t-il avec un regard entendu. S'il te plaît, je m'inquiète. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose.
Je compris à l'instant qu'il partageait mon ressenti : il voulait me mettre moi et les enfants devant son propre confort. Tout ce qu'il voulait, c'était me voir heureuse, voir nos enfants en bonne santé. Alors, sans essayer de continuer à protester, je hochai lentement la tête, et il me déposa un léger baiser sur les lèvres, comme pour me remercier. Je le regardai s'éloigner et quitter la chambre, Liam de nouveau serré dans mes bras.
Il revint quelques minutes plus tard, et m'aida à m'installer dans le fauteuil. J'étais encore très faible à cause des derniers événements, et compris qu'il avait eu raison : je n'aurais jamais réussi à parcourir la distance me séparant des couveuses sans faire un malaise. Je gardai Liam sur mes genoux alors que Hook nous poussait à travers les couloirs de l'hôpital. Mon fils avait l'air de trouver la « promenade » très drôle alors que mon cœur se serrait un peu plus à chaque mètre parcourut. J'avais envie de prendre ma fille dans mes bras, plus que tout, mais j'avais en même temps peur de la réaction de Liam : comment allait-il réagir en voyant sa sœur si petite ? Allait-il vraiment s'inquiéter, ou ne pas réellement comprendre les enjeux de la situation ?
Je n'eus pas le temps de me poser plus de questions. Hook arrêta la chaise roulante devant la baie vitrée, et prit Liam dans ses bras pour le soulever et lui permettre de voir le bébé. Je me redressai moi-même un peu plus sur mon siège pour mieux regarder notre fille : Des électrodes étaient toujours posées sur son petit corps, contrôlant ses battements cardiaques, qui étaient étonnement rapides. Elle était toujours sous respirateur, mais, et je ne savais pas si c'était la réalité ou un pur produit de mon imagination voulant me rassurer, j'avais l'impression qu'elle respirait plus facilement et que la machine était seulement présente en cas de problème. Une couverture rose était à présent enroulée autour d'elle, comme l'avait promis mon père durant la nuit. Elle dormait à poings fermés et semblait profondément paisible.
Je me retournai vers Liam pour voir sa réaction. Dans les bras de son père, il était penché vers la vitre, les yeux fixés sur sa sœur, silencieux et immobile. Il l'observa pendant très longtemps sans rien dire, puis il finit par prendre la parole :
- Elle est petite !
- Oui, elle l'est, répondit doucement Hook. C'est pour ça qu'elle est malade, tu comprends? Elle a besoin de prendre des forces.
- Je peux aller lui faire un câlin ? Demanda notre petit garçon avec espoir.
- Non, sweetheart, dis-je en lui passant ma main dans le dos pour le réconforter. Pas aujourd'hui. Mais un autre jour, c'est promis.
Il sembla déçu durant quelques secondes, mais son expression s'effaça vite pour laisser la place à la curiosité lorsqu'il me demanda :
- Comment elle s'appelle ?
Surprise, je ne répondis pas tout de suite à sa question. Il était vrai que j'aurais dû m'en douter : Dans la tête de Liam, les bébés avaient sûrement un nom dès qu'ils venaient au monde. On ne lui avait jamais expliqué que c'était les parents qui choisissaient le prénom, et j'imaginais très bien que dans son esprit d'enfant de deux ans, il était logique pour lui que sa sœur ait un prénom.
J'échangeai un nouveau regard avec Killian, un regard triste et douloureux. Nous n'avions pas eu le temps de penser à un prénom pour le bébé. Lorsqu'il m'avait proposé de le faire, lors de notre lune de miel, je lui avais répondu que nous avions encore le temps. Mais j'étais bien loin de me douter de ce qui allait arriver quelques semaines plus tard. Maintenant que le sujet était mis sur le tapis, je me rendais compte que j'avais peur de nommer notre bébé : et s'il lui arrivait quelque chose ? J'avais l'impression que la perdre serait encore plus douloureux si elle avait un prénom. Je ne savais pas très bien pourquoi je ressentais ça, mais le fait était là, et j'étais terrifiée.
C'est Killian qui finit par répondre avec douceur, conscient que notre fils attendait la révélation du prénom de sa sœur avec impatience :
- Elle n'a pas encore de prénom, expliqua-t-il calmement.
- Pourquoi ? S'étonna Liam en fronçant les sourcils. Tout le monde a un prénom!
- Oui, bébé, mais nous n'avons pas eu le temps d'en choisir un, répondis-je tristement en me forçant à lui sourire. Le plus important pour le moment, c'est que Peanut guérisse, tu comprends ?
Il hocha lentement la tête, semblant cependant un peu confus. Nous restâmes quelques secondes supplémentaires à regarder le bébé en silence, puis Killian tourna subitement la tête, entendant des pas s'approcher de nous. Je l'imitai pour découvrir Whale, et me redressai dans mon fauteuil pour mieux voir le docteur. Sans attendre une seconde de plus, Killian l'aborda :
- Est-ce qu'on peut aller la prendre dans nos bras, maintenant ?
- Bien sûr, sourit le docteur. Il faut juste prendre quelques précautions pour préserver le bébé des bactéries, d'accord ?
- Pas de soucis, répondit Killian d'un air impatient avant de se pencher vers Liam pour lui dire avec plus de douceur: Tu vas rester avec Grand mère et grand-père pendant quelques minutes d'accord ? Maman et moi, on va aller rencontrer Peanut.
- Ok, répondit Liam d'une petite voix, semblant vaguement déçu de ne pas pouvoir nous accompagner.
Je lui souris et me levai durant une minute pour l'embrasser sur le front, puis Killian disparut pour confier Liam à la garde de mes parents. Dès qu'il se fut éloigné, je me rassis dans mon fauteuil, déjà épuisée par le simple mouvement que je venais d'effectuer, et me retournai vers Whale en demandant d'une voix crispée :
- Comment elle va ? Sois sincère, je suis prête à encaisser.
- Je sais que tu l'es, Emma, me dit-il avec un sourire compatissant. Mais honnêtement, pour le moment, je ne peux pas te donner de réponse. Il faut attendre, seul le temps nous le dira. Elle est stabilisée pour le moment, c'est déjà un bon signe. Mais elle est fort petite : même sans ses problèmes respiratoires, elle va au moins devoir rester quelques semaines en couveuse pour acquérir une taille normale.
Je hochai la tête, prenant le temps de digérer l'information. Bien sûr, ces révélations ne m'étonnaient pas plus que ça, mais maintenant que je les avais entendues de la bouche d'un médecin, tout me semblait plus réel. Ma fille n'était pas saine et sauve, loin de là, et les quelques semaines qui allaient suivre allaient être très longues.
Hook revint alors que j'étais plongée dans mes pensées. Cette fois, je n'essayai pas de me lever de ma chaise roulante, voulant garder toutes mes ressources disponibles pour prendre ma fille contre moi, peut-être lui transmettre un peu de ma force. On nous conduisit dans une pièce annexe à la salle où était installée le bébé pour nous faire enfiler des blouses stériles, lui évitant ainsi d'être en contact avec des bactéries. Je savais que nous aurions normalement dû porter des masques, mais Whale nous expliqua qu'il avait décidé de nous en épargner, pour que le bébé puisse reconnaître plus facilement nos voix et nos visages. Puis, alors que mes membres étaient secoués de petits tremblements anxieux, on nous laissa entrer dans la même pièce que notre petite fille.
Une infirmière nous accompagnait. Elle me poussa jusqu'au berceau où dormait toujours notre bébé, et fit signe à Killian de s'installer à mes côtés sur un tabouret. Puis elle se pencha pour sortir notre fille de la couveuse, ce qui déclencha immédiatement des pleurs. Elle était visiblement fâchée d'avoir été réveillée, et le signalait en poussant des petits cris mécontents. Elle n'avait pas beaucoup de voix, sûrement car son souffle était encore faible, mais je me dis que, si elle avait la force de crier, c'était qu'elle allait déjà un peu mieux. Sans un mot, l'infirmière me déposa le bébé dans les bras, puis dit à mi-voix :
- Je vous laisse. Je suis à côté s'il y a le moindre problème.
Je l'entendis à peine. Les yeux baissés sur ma fille, je l'observai pendant de longues secondes sans rien dire. Je n'arrivais pas à identifier la foule d'émotion qui tournoyait en moi, mais je pouvais assurer que je l'aimais déjà si fort. Elle était si petite que ses grands yeux bleus semblaient lui manger complètement le visage. Killian prit sa petite main dans la sienne, et les doigts du bébés se resserrèrent autour de son index. Elle pleurait toujours. Pour l'apaiser, je murmurai en la berçant contre moi :
- Chut, princesse. Tout va bien. On est là, maintenant.
Rien qu'en entendant ma voix, elle sembla se calmer. Je le serrai encore un peu plus contre mon cœur, presque apeurée à l'idée de lui faire mal tant elle semblait minuscule. Elle s'était tue et me regardait à présent avec ses grands yeux, les mêmes que son père, comme si elle analysait mon visage.
Le temps sembla s'étirer. Je n'avais plus l'impression d'être dans la réalité. J'étais autre part, avec Killian et ma fille, un endroit où elle n'était plus en danger et où elle allait bien. C'est Hook qui finit par prendre la parole alors que le silence flottait depuis quelques secondes dans la salle :
- Je peux la prendre ?
Il avait des larmes dans les yeux. Précautionneusement, comme si elle risquait de se casser au moindre faux mouvement de ma part, je la plaçai dans les bras de Killian, qui laissa échapper un petit soupir lorsqu'il rencontra le regard de notre fille.
- Hey, little love, dit-il d'une voix un peu cassée. Ta maman et moi, on t'aime déjà tellement fort, tu sais? On fera tout pour te protéger, je te le promets.
Il la regardait avec un amour infini, comme lorsque Liam était né. Je me penchai vers lui pour l'embrasser sur la joue, puis je posai ma tête sur son épaule pour pouvoir mieux observer notre bébé. Personne ne dit rien pendant un petit moment, puis il finit par reprendre d'une voix douce, alors que notre fille semblait s'être rendormie dans les bras de son père:
- Liam a raison, il faudrait peut-être qu'on lui trouve un prénom.
Je marquai un léger mouvement de recul. Je ne lui avais pas fait part de mes doutes à propos de ce prénom, que j'avais tellement peur de choisir. Ne serait-ce pas plus douloureux de la perde si elle avait un nom ? Consciente que Killian ne me jugerait pas et qu'il comprendrait, comme toujours, j'avouai :
- Je ne sais pas, babe. S'il lui arrive quelque chose…
- Il ne lui arrivera rien, Emma, dit-il, prit d'un soudain élan d'assurance. Elle va survivre. C'est une battante, comme sa mère.
Je souris vaguement, touchée par ses paroles. Il se pencha vers moi pour m'embrasser avec douceur, et je me dis qu'il n'avait peut-être pas tort. Même si elle ne survivait pas, je ne voulais pas qu'on passe le reste de l'éternité à l'appeler « Peanut ». Elle devait avoir un nom, une identité. C'était important.
- D'accord, murmurai-je avec un petit soupir. Tu as des idées ?
- Je crois que j'ai trouvé le prénom parfait.
Je ne pus retenir un sourire attendri en entendant sa proposition et l'acceptai sans même devoir y réfléchir, décidant qu'il s'agissait du nom parfait pour notre petite princesse. D'un commun accord, nous décidâmes de ne faire part de notre choix à personne temps qu'elle ne serait pas sortie de l'hôpital. Ce prénom resterait entre nous, protégé tel un trésor. Il ne serait dévoilé que lorsqu'elle serait remise sur pieds. Parce qu'elle allait guérir. Il n'y avait pas d'autre choix envisageable.
Voilà voilà, à dimanche prochain! :)
