Bienvenue à tous les lecteurs, en particulier aux petits nouveaux Griffyn et Faenlgiec. Griff', faut pas être désolée de détester Sarah, les revues sont faites pour donner son opinion. Je vais en profiter pour me défausser honteusement de toute responsabilité concernant ce personnage sur mon co-auteur, Maître Link, mais c'est lui qui l'a créé, na. :)


Chapitre 37 : Dommages Collatéraux

En sortant du bureau, Harry ne descendit pas vers les quartiers de Serpentard. Il décida de faire un crochet par l'infirmerie pour voir comment se portaient ses complices en cambriolage, d'autant qu'il n'avait pas le courage d'annoncer seul les mauvaises nouvelles à Théo.

Il poussa doucement la porte du dispensaire, et repéra trois personnes qui causaient sous une fenêtre. Quatre autres pensionnaires étaient étendus de l'autre côté de la salle, et ne faisaient pas un bruit. Harry ne s'approcha pas pour vérifier leur identité ; il obliqua vers la fenêtre et son groupe d'amis.

- Salut ! fit Blaise. T'en tires, une tête.

- Quel tact... grinça Ginny.

- Alors ? T'as réussi à obtenir une explication du vieux ? demanda Ron, plus que grognon.

Harry haussa les épaules.

- En quelque sorte, ainsi qu'un paquet d'excuses à la noix. Ça ne change pas grand-chose aux faits, de toute façon.

- Certes. Où sont Neville et Sarah ?

- Aux cuisines, entrain de dévaliser les elfes, répondit Harry d'une voix qui se voulait légère.

Ron émit un gémissement indigné. Son robuste appétit devait lui faire gargouiller le ventre depuis un bon moment. Blaise remarqua l'expression de gaieté forcée sur le visage de son camarade.

- Qu'est-ce que tu as oublié de nous dire ? Un problème avec ton parrain ?

- Pas lui. Lupin...

Un silence suivit.

- Et merde, grogna Blaise, tandis que les deux Weasley échangeaient des regards effarés.

Le quatuor resta assis en silence pendant un moment. Ginny se balançait sur sa chaise en regardant fixement le plancher tandis que Ron faisait semblait d'observer quelque chose dans les buissons au-dehors. Blaise détaillait le plafond, l'air complètement perdu.

- Je crois qu'on ferait bien d'aller se chercher un truc à bouffer, finit-il par marmonner. Et puis aller à la Tête de Sanglier pour se soûler.

- Ça m'va, décréta Ron en se levant.

Harry et Ginny leur emboîtèrent le pas, et retrouvèrent Sarah et Neville dans le hall, les bras chargés de bonnes choses.

- Ah, voilà des gens comme je les aime ! dit Ron avec un début de sourire. C'est gentil d'avoir pensé à nous.

Pendant quelques minutes, la petite troupe s'occupa exclusivement de grignoter les gâteaux rapportés des cuisines. Les elfes de maison étaient décidément des pâtissiers de première classe, et les sucreries aidaient un peu à chasser les idées noires. Une fois qu'ils eurent nettoyé les provisions, les apprentis cambrioleurs se mirent en quête des autres membres de leur bande pour savoir de façon plus précise ce qui s'était passé à Poudlard pendant leur absence, en particulier ce que les autres membres de la bande avaient pu faire à Malefoy et ses sbires. Faute de temps, leur rapport manquait de détails.

Harry comprit rapidement qu'il n'avait pas rêvé, la veille, lorsqu'il avait cru voir des ombres se déplacer dans les étages du grand hall. Tracy était allée chercher ses complices de l'AP pour tendre un piège à l'ennemi, et avait procédé à une mise au pas de la Brigade Inquisitoriale en bonne et due forme, à coups de maléfices, de marches d'escalier sabotées ou de peaux de bananes légèrement améliorées. La plupart des victimes du combat était déjà hors de l'infirmerie, exception faite de Pansy Parkinson (qui avait apparemment passé une partie de la nuit sous forme de pékinois enrubanné, pour la plus grande joie de ses condisciples), Montague, Crabbe et Bastian Moon, désormais reconnu comme la bête noire officielle de Tracy et Daphné.

Naturellement, Tracy fut chaleureusement félicitée pour avoir organisé une telle embuscade, et en échange, elle reçut la promesse d'un récit exhaustif de la balade au ministère. Après quoi elle fila dans les couloirs pour retrouver Daphné et leur petite bande de copines.

- Cette fille est formidable, commenta Ron entre deux bouchées de la tartelette qu'il avait gardée. Il faudra que j'aille voir ce qu'elle donne aux échecs. Quelqu'un qui planifie comme ça doit faire un adversaire intéressant.

Harry et Ginny échangèrent un regard surpris. Que signifiait cet intérêt soudain pour Miss Davis ?

# #

Ne pouvant encore remettre à plus tard, Harry et Sarah décidèrent de rejoindre leur salle commune. Sarah fut toutefois retardée par la Bièraubeurre qu'elle avait bue et laissa Harry partir devant. Tous les membres de l'infâme brigade n'étaient pas hors de combat, malheureusement. Malefoy et ses deux gorilles s'étaient vite remis des sortilèges de cubes de glace qu'une personne bien intentionnée avait dirigés sur leurs sous-vêtements. Harry s'en rendit compte à ses dépens dans le courant de l'après-midi, alors qu'il traversait l'une des cours intérieures pour gagner la bibliothèque pour effectuer quelques recherches sur les prophéties.

- Tu es mort, Potter, lui lança Malefoy sans autre préambule quand ils se croisèrent.

Harry haussa poliment un sourcil, commençant déjà à réfléchir à un plan de bataille. Couvert ici, cible là…

- Étrange, commenta-t-il en observant ses mains sous toutes les coutures. Je me sens plutôt bien, pourtant.

- Si tu crois que tu peux envoyer mon père en prison... commença Malefoy.

- Non seulement je le crois, mais je l'ai fait, répondit sèchement Harry. Ton cher papa s'est fait avoir comme un bleu par une équipe d'étudiants.

- Tu vas me le payer, Potter, jura Drago en tirant sa baguette.

Harry ne bougea pas d'un pouce. Derrière le trio mal intentionné se dressait la silhouette en tartan de Minerva McGonagall, sans doute attirée par le raffut que faisait Drago.

- Mr Malefoy, fit la voix sèche de l'enseignante, je croyais que les Serpentard prenaient le temps d'étudier tous les paramètres avant d'agir.

Drago sursauta sur place presque aussi haut que lorsqu'il avait été changé en furet... McGonagall tapait du pied sur les dalles, attendant une explication.

- Apparemment, vous vous apprêtiez à jeter un sort à Mr Potter. Auriez-vous l'obligeance de me dire pourquoi ?

Le garçon garda un silence buté.

- Je peux vous garantir qu'utiliser un maléfice sur l'un de vos condisciples ne sortira pas votre père plus vite de prison, gronda la directrice-adjointe. Cela aurait plutôt pour effet de vous envoyer le rejoindre.

Malefoy serra les dents, rangea sa baguette et tourna les talons, ses deux gorilles le suivant comme son ombre. McGonagall les regarda partir, puis soupira.

- Je sais bien que la situation n'a rien de réjouissant pour lui, mais enfin, Lucius a choisi de devenir mangemort... Ce n'est pas aux autres d'en assumer les conséquences. Et ces deux lourdauds qui le suivent juste parce leurs pères en font autant...

Elle secoua la tête, dépitée, puis revint à Harry.

- A partir de maintenant, vous devrez redoubler de prudence. Les partisans de Malefoy ne représentent peut-être qu'un cinquième à un quart de la maison, mais ils vont devenir de plus en plus agressifs. Si j'étais vous, je garderais une certaine cape toujours à portée de main.

- Oui madame, opina Harry. Je ferai attention.

# #

Sarah rejoignit Harry devant le mur alors qu'il prononçait le mot de passe. Ils trouvèrent Théo à l'intérieur, la mine sombre, mais il retrouva sa bonne humeur en les apercevant.

- Harry ! Sarah ! Vous allez bien ?

- Salut ! Nous, ça va !

- Et les autres ?

Harry avala sa salive.

- Eh bien pour les élèves ça va, par contre…

- On a une mauvaise nouvelle, et une nouvelle… on sait pas trop, en fait.

- Ton père semble avoir été tué dans la bataille… ainsi que Remus Lupin, qui a reçu un Avada.

- Le professeur Lupin ?

Théo fut visiblement choqué.

S'ensuivit un récit de la bataille du ministère. Il était évident que Théo était bien plus affecté par la mort de Lupin que celle de son père, mais cela n'avait rien d'étonnant connaissant ses soupçons.

Grignoter quelque chose lui aurait fait du bien, pensa Harry, mais il n'était plus question d'aller en chercher aux cuisines.

Sarah et le reste de l'équipe furent entièrement d'accord avec McGonagall quant à la conduite à tenir. Autant que possible, il ne faudrait pas circuler seul dans les couloirs, et une petite formation de "bienvenue" serait offerte aux nouveaux à partir de la rentrée suivante.

Le petit groupe planifiait déjà la meilleure organisation pour ces leçons de politique quand Harry reçut un message de McGonagall lui demandant de bien vouloir se présenter dans le hall. Il ne fut pas peu surpris d'y trouver Alastor Maugrey. L'ancien auror donnait l'impression d'avoir pris plusieurs années en quarante-huit heures.

- Salut garçon, dit-il d'une voix lasse. Si tu veux bien m'accompagner, on va faire un petit tour à Grimmauld Place.

- Pourquoi ?

- Il y a une... petite soirée du souvenir, si tu veux... et tu es invité.

- Ah, d'accord.

- Et où est passé Rogue ? Il devait v'nir, lui aussi.

- Vous tenez à ce que je laisse des potions mijoter sans surveillance ? Où est passée votre "vigilance constante", Maugrey ?

Le vieux sorcier haussa largement les épaules, avant de filer par la grande porte vers l'extérieur de l'enceinte. Rogue et Harry le suivirent sans faire de commentaire.

Maugrey avait déjà transplané quand ils franchirent les grilles. Rogue saisit Harry par le bras et celui-ci se sentit comme écrasé. Lorsqu'il reprit son souffle, il se tenait sur la pelouse miteuse du square Grimmauld, abrité des regards par l'arbre qui poussait tant bien que mal au milieu. Après un coup d'œil prudent, les deux sorciers se dirigèrent vers l'emplacement du numéro 12. La porte aux serpents se matérialisa en haut des marches moussues, et ils se dépêchèrent d'entrer dans la maison.

Le portrait ne les accueillit pas avec sa litanie habituelle. Peut-être quelqu'un avait-il enfin jeté un sort d'isolation ou de silence sur cette agaçante mégère...

Rogue obliqua vers la cuisine et frappa un coup sec à la porte.

- C'est bon, répondit la voix grognon de Maugrey. Vous pouvez venir, c'est prêt.

Rogue poussa la porte et ils descendirent les marches avec des airs de conspirateurs. Harry descendit les quelques marches et découvrit Maugrey et - oh surprise - Percy Weasley assis à la longue table de bois, sur laquelle on avait aussi déposé quatre verres et une bouteille de whisky Pur Feu. Le jeune homme vint s'asseoir à côté de son directeur tandis que Maugrey avait pris place à droite de Percy.

- Nous tenons notre petite veillée particulière, expliqua Rogue. Réservée aux gens qui ont connu Lupin autrement que comme simple prof ou membre de l'Ordre. Évidemment, Black ne risque pas de se joindre à nous et Tonks... bah, même si elle était sortie de Sainte-Mangouste, je doute qu'elle aurait eu envie de prendre un verre en compagnie.

- En tant que préfet en chef, j'ai eu l'occasion de travailler avec lui pour l'organisation des cours et de la sécurité des élèves, enchaîna Percy. Et une fois hors de l'école, avec l'aide du professeur Rogue, nous avons tâché de lui trouver du travail dans le cadre de la loi... ou côté moldu.

Harry digéra l'information. Comment diable Percy faisait-il pour ne pas devenir schizophrène ? Peut-être était-il plus proche des jumeaux que ceux-ci ne voudraient jamais l'admettre, d'une façon bien différente, mais avec des résultats équivalents du point de vue de l'autorité... L'écart majeur venait du fait qu'on pouvait difficilement retracer les actions jusqu'à leur auteur dans le cas du troisième fils Weasley. Très Serpentard.

Quand Harry en fit la remarque, Perceval eut un rire nerveux avant de confesser que le choixpeau lui avait tout d'abord proposé Serpentard ou Serdaigle, et que le garçon terrorisé à l'idée de la réaction de sa famille, l'avait supplié de l'expédier à Gryffondor sans tarder.

Rogue secoua la tête, dépité. Il tendit la main vers la bouteille et remplit les quatre verres puis en fit glisser un devant chacun de ses voisins. Le liquide dégageait des fumerolles légèrement teintées de rouge et Harry observa son verre d'un œil méfiant. Bon, pensa-t-il, si Maugrey acceptait de le boire, cela ne devait pas être (trop) dangereux. Néanmoins, les premières gouttes d'alcool faillirent avoir raison de ses facultés intellectuelles. Apparemment, une série de paliers entre la bièraubeurre et le whisky s'avérait extrêmement utile. Percy esquissa un sourire indulgent, avant de descendre le contenu son propre verre en faisant une grimace épouvantable. Rogue et Maugrey avaient semblait-il plus l'habitude de cette chose, et l'avalèrent sans faire d'histoires.

Au bout de quelques verres, l'alcool noya fort confortablement toutes les peines qu'il ressentait. C'était bien, de pouvoir oublier pendant quelques heures tout ce qui était arrivé durant les deux derniers jours et de croire que tout irait bien.

Harry avait l'impression de nager dans le brouillard. Il avait si peu dormi, ces derniers temps... et il était déjà tard... Il perdit le fil de l'anecdote que racontait un Percy à la parole déjà bien hésitante. Il était grand temps d'aller dormir...

# #

Percy fit tournoyer le contenu de son verre en le fixant d'un œil morne. Assis en face de lui, Rogue et Maugrey n'avaient pas l'air en meilleure forme. Et Harry, au bout de la table, n'était pas bien fier non plus, mais c'était surtout à cause du Whisky Pur Feu. Rogue secoua la tête comme pour en chasser la migraine.

- J' crois qu' la veillée à l'irlandaise c'était pas une bonne idée, f'nalement, marmonna-t-il en repoussant son verre.

- Ouais... approuva Maugrey.

- 'pensais qu'ce s'rait suffisant pour s'rapp'ler quelques bons souvenirs, s'excusa Percy.

- Oh, j'en ai plein, se lança Harry. Surtout quand il m'apprenait à lancer le patronus. La première fois qu'il a fait venir un épouvantard en classe, je n'ai même pas eu l'occasion de voir le résultat, il l'a tout de suite fait rentrer dans son armoire. Si ce truc s'était changé en Voldemort, je l'aurais imaginé en tutu, ça décrédibilise bien une légende, ça.

Rogue s'étrangla avec l'alcool qu'il commençait à avaler.

- Bon Dieu, Potter ! Vous voulez que j'aille à la prochaine réunion en pensant à ça ?! s'exclama Rogue, soudain dégrisé.

- Les pensines s'faites pour ça, rétorqua Maugrey. Pi celle-là, j'aimerais bien qu'tu m'laisses regarder d'dans. Tu-sais-qui déguisé en danseuse moldue... Ça m'plairait bien.

- Bon, reprit Percy en reposant son verre plus violemment que nécessaire. Qui s'dévoue pour aller sortir Black d' son trou ?

Les trois autres sorciers échangèrent un regard. Rogue fit un geste négatif. Harry secoua la tête. Et Maugrey ne souhaitait pas y aller non plus.

- Y'm reste qu'un œil, plaida-t-il.

Percy les regarda tour à tour, se leva péniblement de sa chaise... puis se laissa lourdement retomber dessus.

- J'préfère la gueule de bois, f'nal'ment.

Après quelques efforts, le jeune homme réussit tout de même à s'arracher de son siège pour essayer de rentrer chez lui sans faire trop de zigzags, laissant les trois autres s'arranger comme ils le pouvaient. Il abandonna la partie après quelques mètres.

Par malheur, ce fut Molly qui les découvrit le lendemain matin. Les hurlements dont ils furent gratifiés auraient suffi à réveiller un sourd et le quatuor battit rapidement en retraite, sans se donner la peine de répondre à la dragonne. L'enterrement de Lupin aurait lieu avant la fin de la semaine, et personne ne souhaitait le transformer en occasion de dispute.