Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Avertissement : Je tiens à préciser que le véritable shérif de Grand Isle est un homme qui n'a rien à voir avec celui de mon texte. Après le décès de son épouse, qui tenait le poste de shérif, il a pris la suite ainsi qu'elle le souhaitait.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 37)Lorsque le FBI s'en mêle, seconde partie
L'agent Salmon les conduisit directement au bureau du shérif, ce qui convenait parfaitement aux deux agents du FBI, ils tenaient à régler cette affaire au plus vite.
Le shérif Emerson les attendait devant l'entrée du bâtiment, il s'agissait d'un homme imposant, Clinton et Diana le réalisèrent au premier regard. Il l'était aussi bien en taille qu'en présence, ce n'était clairement pas une personne que l'on pouvait ignorer.
Il était solidement bâti sans pour autant être gros, indéniablement musclé et doté d'une chevelure rousse semée de gris.
Des yeux gris au regard soupçonneux se posèrent sur les arrivants.
- Alors c'est eux qu'on m'envoie. Laissa t'il tomber, visiblement à l'attention de l'agent Salmon qui approuva vivement.
Les deux agents du FBI se soumirent de mauvaise grâce à l'examen attentif que leur fit subir le shérif et à toutes les questions qu'il leur posa.
Finalement, au terme de ce qui ressemblait fort à un véritable interrogatoire Clinton se permit de poser à son tour des questions.
- Pourrions nous voir vos suspects ? Nous devons leur parler afin de déterminer s'il s'agit bien d'un imposteur et d'un criminel en fuite.
Il se garda pour le moment de préciser qu'ils avaient déjà une idée très précise de qui ils allaient trouver dans les cellules. Si comme l'avait dit l'agent Salmon le shérif Emerson avait fait arrêter des touristes en vacances cela n'allait pas être simple à résoudre. Du moins cela ne le serait pas si les touristes en question n'étaient pas les Burke et Neal Caffrey.
Une arrestation arbitraire, ce n'était jamais bon.
Le shérif Emerson rassuré par ce que les deux agents en face de lui lui avaient dit ne fit pas de difficulté à les laisser s'y rendre.
Clinton et Diana avaient fait leur possible pour endormir sa méfiance et le pousser à croire qu'ils pensaient comme lui qu'il avait eu raison d'agir de la sorte.
Dans les cellules le couple et Neal faisaient de leur mieux pour penser à tout sauf à leur situation présente et à la façon dont ils pourraient au final sortir de là.
Neal et Elizabeth s'étaient assis, attendant avec patience qu'il se passe quelque chose, Peter lui ne tenait pas en place et ne cessait de tourner en rond.
Même s'il était persuadé que le malentendu serait résolu tôt ou tard il ne parvenait pas à réprimer la colère que le fait d'être en cellule éveillait en lui.
Neal recroquevillé sur ce qui lui servait de couche ne le quittait pas des yeux. L'humeur de Peter le concernait au plus haut point après tout, vu qu'il y avait de fortes chances pour que tôt ou tard l'agent ne lui en tienne rigueur.
Il gardait donc prudemment le silence et surveillait les déplacements de Peter du coin de l'œil.
Son expression n'échappa pas à Elizabeth qui se tourna vers son mari.
- Chéri, tu devrais t'asseoir, tu vas finir par nous donner le tournis à force.
Peter maugréa mais fit ce qu'elle disait, au grand soulagement de Neal.
Le silence qui retomba fut bientôt troublé par des bruits de pas. Plusieurs personnes approchaient, les trois prisonniers se mirent à espérer que leur délivrance ne tarderait plus.
Peter fut surpris et atterré de voir apparaître Clinton et Diana. Il se rembrunit, honteux et contrarié que ce soient ses collègues et amis qui soient témoins de sa mésaventure.
Neal réprima difficilement une grimace de dépit, lui aussi aurait préféré que d'autres agents, qui ne les connaissait pas, aient été choisis pour venir les sortir de là.
Même s'il était facile de deviner le pourquoi d'un tel choix, il n'en restait pas moins assez inconfortable pour eux.
Elizabeth fut la seule à sourire aux arrivants, elle était quand à elle très satisfaite de les voir et n'éprouvait aucune gêne d'être secourue par eux. Elle songeait avec justesse que ni elle, ni Peter, ni même Neal n'avaient quoi que ce soit à se reprocher et que leur emprisonnement était une erreur des plus regrettables.
Elle nota avec ennui les expressions de son mari et du jeune homme. Il était clair que ces deux là allaient mettre un moment à surmonter le fait d'être secourus par des collègues de travail.
Elle allait devoir en discuter avec eux lorsqu'ils seraient de retour sur l'île. Il était hors de question qu'elle les laisse se morfondre et ressasser leur mésaventure.
Clinton marqua un temps d'arrêt et Diana ne tarda pas à l'imiter, voir Peter dans une cellule était tout de même pour le moins choquant pour eux. Y voir Elizabeth était plus choquant encore. Ils auraient plus pensé que Neal serait le seul du trio qui pourrait s'y retrouver avec sa fâcheuse tendance à franchir les limites autorisées.
Neal les regarda sans bouger, outre le fait que ses poignets étaient toujours entravés par des menottes, il ne les avait toujours pas retirées par prudence, il n'était pas certain que cela soit la chose à faire.
Peter se leva posément et s'approcha de la grille.
- Merci d'être venus. Dit il sobrement.
L'expression du shérif se fit sombre, il était en train de comprendre qu'il avait fait plusieurs erreurs et que cela risquait de lui coûter cher.
Il ne pouvait pas nier que les deux arrivants étaient des agents du FBI et qu'ils étaient au dessus de tout soupçon, le dirigeant de la section new-yorkaise de la lutte contre le crime en col blanc avait envoyé des documents les concernant et s'était porté garant pour eux.
- Salmon ! Aboya t'il. Sortez l'agent Burke et son épouse de leurs cellules et ramenez moi tout ce monde dans mon bureau.
L'agent Salmon hocha la tête et risqua timidement une question.
- Et pour le troisième ?
- Il reste en cellule. Grogna le shérif en repartant vers son bureau.
Neal réprima un soupir, visiblement il n'était pas prêt de retrouver sa liberté... mais ce n'était pas tout à fait une surprise, il s'y attendait déjà.
Il regarda l'agent Salmon faire sortir Peter et Elizabeth de leurs cellules sans bouger ni dire un seul mot.
Clinton le regarda avec un peu d'inquiétude, il trouvait assez suspect que le jeune homme garde ainsi le silence. Il l'avait connu plus bavard et présent.
- Caffrey, tout va bien ? Demanda t'il en se rapprochant de la cellule où était l'escroc.
Neal hocha la tête pour lui indiquer que oui mais ne parla pas.
Clinton se tourna vers Peter pour lui demander son avis, ce dernier serra les dents une seconde avant de répondre à la question muette, ou plus exactement de l'éviter.
- On en parlera plus tard.
Clinton n'insista pas et ils repartirent tous à la suite de l'agent Salmon afin de gagner le bureau du shérif.
Tous se préparaient à l'inévitable affrontement qui les attendait.
Le shérif n'allait certainement pas admettre sa défaite si facilement.
Elizabeth n'appréciait pas trop de laisser ainsi Neal derrière eux, encore enfermé dans une cellule alors qu'il avait autant mérité qu'eux d'en sortir.
Elle avait bien l'intention de dire ce qu'elle pensait lorsqu'elle en aurait l'occasion.
L'attitude du shérif lui déplaisait au plus haut point et elle ne se tairait pas à ce sujet.
Elle le fusilla du regard à peine entrée et seule la main de Peter se posant sur son épaule la retint de lui dire immédiatement ce qu'elle pensait de lui.
Elle se retint également pour ne pas porter préjudice à Neal qui était encore dans une situation délicate.
Le shérif les considéra froidement.
- Donc vous êtes vraiment un agent du FBI. Dit il à Peter d'un ton qui trahissait sa rage contenue.
- En effet et je suis en charge du jeune homme que vous avez mis en cellule de façon tout à fait arbitraire. Considérant qu'il porte un traceur, il m'apparaît clairement qu'il n'a pas pu participer à un braquage meurtrier ou non. De plus il était sur le lac avec moi une bonne partie de la journée, nous étions à la pêche et le reste du temps nous n'avons pas quitté l'île. Si vous tenez à vérifier mes dires contactez mon supérieur, il vous fera parvenir nos dossiers.
Le shérif Emerson soutint son regard.
- C'est ce que je vais faire. Il est hors de question pour moi de laisser un criminel potentiellement nuisible en liberté dans nos rues.
Il composa à nouveau le numéro de téléphone de Reese Hughes, espérant que ce dernier lui donnerait une bonne raison pour garder le criminel au traceur en cellule.
Reese Hughes fut satisfait de l'entendre lui dire qu'il avait relâché Peter et Elizabeth Burke mais un peu contrarié de l'entendre lui demander de prouver que Neal Caffrey était vraiment un consultant en vacances et sous contrôle.
Pour ce qui était du contrôle Reese ne se faisait pas trop d'illusions, mais il se garda bien de le préciser au shérif, sentant bien au ton de sa voix qu'il cherchait par tous les moyens de garder quelqu'un en détention.
Il fit parvenir sans tarder toutes les preuves nécessaires à la libération du consultant emprisonné.
Emerson les étudia longuement, mettant les nerfs des personnes présentes à rude épreuve.
Il était de plus en plus furieux de voir qu'il était indéniablement devant une arrestation injustifiée. Non seulement il n'avait aucunes raisons de retenir qui que ce soit, mais en plus il allait devoir présenter des excuses à ceux qu'il avait laissé en cellule plusieurs heures durant.
Il était également terriblement contrarié car pendant qu'il s'occupait de cette affaire lamentable il ne surveillait plus la progression de la recherche des braqueurs.
Il regretta de ne pouvoir imputer cela aux personnes qui se tenaient devant lui, mais il avait beau y réfléchir, il ne trouvait pas comment les tenir pour responsables.
Il parcouru une dernière fois les documents concernant le consultant et se tourna à regret vers l'agent Salmon qui se tenait en retrait dans un coin de la pièce.
Ce jeune homme discret et intelligent qui ne donnait pas la pleine mesure de ses talents lui portait sur les nerfs.
De tous les hommes que le shérif avait sous ses ordres c'était sans nul doute l'agent Salmon qui avait le plus de potentiel, mais il était tellement effacé qu'il ne se donnait pas les moyens d'utiliser correctement ces facultés.
Emerson avait souvent envie de le renvoyer, mais il n'avait jusqu'à présent eu aucune raison de le faire.
Il avait tenté plusieurs fois de le secouer pour le faire réagir, mais cela n'avait pas donné beaucoup de résultats. L'agent Salmon se figeait comme un animal sauvage pris dans la lumière des phares en pleine nuit s'il s'y risquait. En le regardant, ainsi placé derrière les agents du FBI il lui vint une idée.
- Salmon, vous allez faire sortir le consultant du FBI, puisqu'il est sous contrôle, il n'y a aucune raison de le garder en cellule. Cependant, je ne suis pas tranquille de le savoir par chez nous et comme je ne peux pas lui demander de partir, je vous charge de sa surveillance.
Tyler Salmon regarda le shérif dont il dépendait avec des yeux ronds, il s'était attendu à tout sauf à une demande de ce genre.
Elle prenait également au dépourvu Peter et Elizabeth qui n'avaient certainement pas prévu qu'un policier allait les suivre pendant le reste de leurs vacances.
Pour eux l'ordre du shérif était une fort mauvaise nouvelle.
Peter songea à protester, mais cela pourrait pousser le shérif à leur pourrir la vie d'une autre manière. La présence de l'agent Salmon serait un moindre mal.
A suivre
