Bonjour à tous,

après plus de 3 ans je rajoute le chapitre final (en vrai il aurait du être séparé e chapitres mais je ne suis pas sure d'arriver à les développer suffisamment (en tout cas pas dans l'immédiat), donc je préfère vous mettre ce chapitre là.

J'ai relu la fiction dans son ensemble et il manque pas mal de choses (les Cullen, l'histoire etc...auraient pu être plus developpés, Liadan n'est pas toujours constante et Nantizo, malgré mes efforts pas assez vampire...qui sait, on verra si je réécrit cette fiction un jour.)

Désolée pour la mise en page mise i jours, je suis rouillée :)

Bonne lecture !


Deux mois s'étaient écoulés depuis l'escale à Volterra.

Alors qu'elle pensait que le chien allait avoir du mal à se faire une place, il trouva très vite sa place au sein du clan. Ils l'avaient baptisé Vladimir. Ses oreilles, après être passées par tout les stades semblaient se stabiliser : l'une droite et l'autre plié, lui donnant un air filou quand il penchait la tête, son poil était mi-long et c'était le fidèle compagnon de Rafael. Il devait avoir trois mois lors de l'épisode d'apprentissage de chasse manqué, il avait été rapidement propre et mangeait pour trois. Il n'avait pas encore eu l'occasion de croiser Jacob, celui-ci étant parti avec Renesmée, Bella et Edward. Celui-ci ne digérait que peu le fait qu'il aurait du être assassiné a sa naissance et avait entamé un tour de l'Europe.

Et Liadan était très contente qu'il ne soit pas sous le même toit que Nantizo parce que ça aurait immanquablement dégénéré. Elle avait eu ses règles trois semaines auparavant et cela avait fort contrarié le Volturri.

Un autre point négatif de vivre dans une maisonnée de vampire était qu'elle ne pouvait cacher ses périodes : ils sentaient le sang à des mètres. Pour la consoler, Jasper lui disait que ça lui servait d'entraînement. Il pouvait rester dans la pièce et tenir une discussion avec elle et n'était plus distrait en permanence.

Nantizo était à cran, d'une humeur de chien et inexplicablement Rafael calait son humeur sur lui. Depuis qu'il était né il n'avait jamais fait le difficile mais depuis quelques semaines il était infernal : dormant très peu, faisant caprice sur caprice…

Elle essayait de rester calme mais face à l'inaction de son compagnon-elle aurait juré l'avoir vu sourire après une fois mémorable ou elle se retrouva le visage couvert de sang recraché par son fils- elle devait avouer qu'elle se sentait découragée.

Esmée et Rosalie l'aidait du mieux qu'elle pouvait avec son fils, mais ce traitement semblait lui être spécifiquement réservé.

Un jour où ils étaient dans leur appartement, elle prit Rafael dans ses bras, dos à Nantizo. Nantizo était contre une des fenêtres et les observait Rafael avait la tête sur son épaule, tourné vers son père.

Elle sursauta et lâcha un glapissement quand elle sentit les dents se poser sur son cou, transperçant la peau.

« -Rafael ! »

L'enfant vola dans la pièce quand Nantizo le lui arracha des mains. Il tomba au sol sur ses fesses, sans avoir l'air de subi de dommages, abasourdi.

-« Non ! Ne refais plus jamais ça ! »

Son père se dressait de toute sa hauteur, des grondements dans la voix qui lui donnèrent des frissons. L'expression du visage de leur fils commença à se décomposer.

-« Jamais. Jamais, tu m'entends, tu ne referas jamais ça. »

Nantizo n'élevait pas la voix mais les inflexions sauvages de sa voix rendait le message clair : ce que Rafael venait de faire était passible de danger de mort pour lui.

Elle mit plus de temps à réagir qu'il n'aurait fallu mais elle était sous le choc. Son fils savait qu'il ne pouvait pas la mordre. Jusqu'ici il n'avait jamais dérogé à la règle.

Alors que Nantizo allait continuer toujours dressé devant son fils, elle intervint.

-« Arrête. »

Le vampire sursauta, comme s'il avait oublié sa présence. Il se retourna, abasourdi.

Elle fit un geste vague de la main, puis sortit de la pièce, les jambes flageolantes. Arrivée dans le couloir elle s'écroula, tout son corps tremblant. Elle passa la main sur son cou pour endiguer le sang qui coulait.

Elle n'y arriverait jamais. Elle ne pourrait pas vivre parmi les vampires pour le reste de sa vie. Et elle ne parlait même pas d'en élever un !

Des pleurs s'élevèrent de la pièce à côté. Elle appuya sa tête contre le mur, les larmes dévalant le long de ses tempes, disparaissant dans ses cheveux.

Nantizo sortit de la pièce et passa devant elle en coup de vent.

Sur le pas de la porte il articula : « Esmée ».

La matriarche des Cullen arriva une dizaine de secondes plus tard. Elle avait senti le sang dès qu'elle avait monté les escaliers mais elle eut l'air encore plus ébranlée en remarquant qu'ils restaient tous les deux dans le hall alors que Rafael hurlait à s'en déchirer les poumons à quelques mètres.

-« Peux-tu surveiller Rafael. Ne le console pas, surveille juste qu'il ne fasse pas quelque chose d'inconsidéré. »

Esmée hocha la tête et disparut dans la pièce à côté. Liadan savait, tout comme Nantizo, que dès qu'ils seraient sortis, elle le calmerait mais ça n'avait pas d'importance à l'heure actuelle.

Nantizo prit son blouson en cuir matelassé emmené de Volterra, l'attrapa par le poignet et l'entraîna vers le garage. Il la lâcha pour aller chercher les clés et elle s'installa dans la voiture ouverte sans qu'il n'ait besoin de l'en prier.

Il roulait moins vite que d'habitude, l'habitacle restait silencieux. Lé début de soirée était frais mais pas humide.

-« Qu'est-ce que tu veux manger ? »

Elle haussa les épaules en regardant dehors. Il lui tendit un mouchoir, dont elle se servit pour nettoyer le sang –son sang- qui avait arrêté de couler de la blessure. Dont son fils était responsable. Un frisson envahit tout son corps.

Nantizo choisit pour elle en se garant devant un McDonald un quart d'heure plus tard. Elle plissa les paupières. Ses parents avaient toujours évité ces endroits comme la peste. Les seuls moments où elle y avait droit c'était lors de voyage à l'étranger avec l'école ou avec des amis. Elle adorait braver l'interdit familial et se gaver de frites, de soda et d'hamburgers plus ou moins agrémentés de sauce, fromage, cornichons. Elle aurait voulu ne pas associer ces joyeux souvenirs à la présence du vampire.

Elle sortit de la voiture et se dirigea mécaniquement vers l'entrée, suivie en silence par le vampire. Elle s'arrêta sitôt passé la porte et le laissa passer devant elle, jusqu'à la file d'attente. Il lui prit un menu basique sans la concerter. Alors qu'il divaguait entre les allées pour trouver leur place, les gloussements qui leur servaient de haie d'honneur l'horripilèrent. Elle serra les dents. Bientôt un culte serait créé à la gloire de Nantizo. Tout le monde porterait une perruque de cheveux noirs déstructurés, des lentilles caramelles et sourirait d'un air moqueur-mystérieux. Force, Honneur et Santé, vampiris te salutant.

Quand elle s'assit face à Nantizo elle s'empara avec un peu trop de force de son coca et le capuchon du gobelet sauta, et elle s'en renversa une bonne partie sur son pantalon.

Nantizo la regardait d'un air interdit et secoua la tête comme s'il n'en croyait pas ses yeux avant de s'emparer d'une serviette et de lui tendre par dessus la table. Elle lui arracha des mains d'un air rageur, et épongea le maximum de liquide. Puis, sans transition elle s'attaqua à son repas.

-« Je devrai y être habitué avec le temps…mais tu me surprends toujours. Tu es une source de distraction immense. »

Liadan trancha une frite rageusement entre ses dents. Il voulait jouer à ça ?

-« Je devrais y être habituée avec le temps…mais tu es toujours ce connard prétentieux qui s'amuse de la faiblesse des autres. »

Il ne répondit pas mais continua à secouer la tête en la fixant, le coin des lèvres relevés.

Il l'agaçait prodigieusement. Et ce n'était vraiment pas le moment de l'embêter.

-« Oh, tu n'es pas seulement ça…tu es quelqu'un d'égoïste, qui se croit supérieur aux autres, qui enlève une personne pour la violer, la mettre enceinte et tu as le culot de vouloir recommencer ! »

Le sourire du vampire disparut lentement, il plissa les yeux.

-« Attention à ce que tu dis Liadan. Sinon tu rentres à pied. »

Elle détourna le regard en haussant les épaules.

-« J'en ai rien à foutre ».

Elle sentit que le vampire était déconcerté par son attitude. Elle savait que d'habitude elle filait doux, mais elle en avait marre. Réellement marre.

-« Je veux rentrer chez moi après la naissance du deuxième héritier. »

Elle en crevait d'envie. Elle s'interdisait d'y penser mais elle n'aimait pas la personne qu'elle était devenue. Humaine soumise, trimballée de gauche à droite par des vampires…Avant d'être enlevée elle était une étudiante appliquée et impliquée, joyeuse, qui aimait faire la fête avec ses amis, qui avait des projets.

Elle ne trouvait pas sa place dans le monde vampirique.

Il fallait avouer qu'elle ne faisait pas beaucoup d'effort mais elle n'avait pas vraiment envie d'y mettre du sien.

Le vampire fronça les sourcils.

-« Si rien ne s'y oppose tu pourras rentrer. Mais où laisserais-tu les enfants ? »

-« Pour l'Héritier, je te le laisse ». C'était presque facile a dire. Elle se concentra pour rester en colère. »Et je prends Rafael avec. »

Le Volturri secoua la tête de gauche à droite. Elle retint un gémissement de passer ses lèvres alors qu'il prenait la parole.

-« Rafael ne sera pas a sa place dans un monde humain. Il boit du sang, Liadan. Et il grandit à une vitesse hallucinante. Si tu pars avec lui, tu vas devoir voyager jusqu'à ce qu'il soit adulte. Et tu ne peux l'élever seule. Il faut qu'il soit entouré de vampires qui peuvent le canaliser. Il vient de te mordre, bon sang ! Tu ne pourras garder le contrôle. Il peut se révéler dangereux si personne n'est là pour lui montrer le chemin.».

Elle s'étranglât.

-« Je ne partirai pas sans lui. »

-« Alors tu ne partiras pas du tout. La discussion est close, mange.»

Mais elle n'avait plus faim.


Revenir au manoir et reprendre Rafael dans ses bras fut dur mais les jours passèrent, et elle se détendit à nouveau en le prenant dans ses bras. Son fils était plus câlin que d'habitude et encore plus révérencieux envers Nantizo.

Ils passèrent l'hiver à se balader dans les environs, Rafael coursant son chien qui grandissait, à faire des batailles de boules de neige. Et à concevoir le second héritier.

Cette dernière partie était loin d'être déplaisante, mais Liadan ne pouvait s'empêcher de se poser des questions. Elle faisait des efforts pour s'intègrer, parla plusieurs fois avec Bella –revenue de voyage, fit la cuisine avec Esmée, ne chercha pas à parler avec Alice qui l'évitait toujours comme la peste, blagua avec Emmett et Jasper.

Ce matin là, alors qu'elle s'éveillait et s'étirait dans son lit, quelqu'un frappa a la porte. Elle leva la tête, repoussant une mèche hors de sa vue. Nantizo était adossé au chambranle de la porte. Il traversa la pièce puis monta sur le lit et fit quelques pas à quatre pattes, jusqu'à être juste au dessus d'elle. Elle eu soudain la bouche sèche. Comment arrivait-il à avoir l'air félin en toute circonstances ?

-« Ton petit déjeuner t'attend. »

Alors qu'elle allait évoquer leur fils, il lui coupa la parole.

-« Esmée est partie balader avec Rafael.

Elle haussa un sourcil.

-« Et tu veux que j'aille manger ? Moi qui pensait que tu préférerais profiter de l'absence de Rafael pour faire quelque chose de plus…intéressant.»

Il inclina la tête.

-« J'y ai bien pensé mais les filles veulent te faire une surprise. »

Elle écarquilla les yeux.

Et effectivement, Rosalie, Bella et Alice l'attendait dans la cuisine, autour d'un solide petit déjeuner.

-« On a jamais pensé à te demander quand était ton anniversaire. Alors on a décidé de fêter un non-anniversaire. Qu'as-tu jamais rêvé de faire ?»

Elle haussa les sourcils.

-« Je…je ne sais pas. »

-« Jouer au paint-ball » Annonca Alice avec fracas. Elle jeta ses pupilles caramelles dans les siennes, vert-chocolat.

-« Je me trompe ? »

Son ton n'admettait pas vraiment de refus.

-« Et bien, ce n'est pas mon rêve le plus cher mais oui, j'ai toujours voulu faire du paint-ball. Et de l'escalade. Et…et nager avec les dauphins ! Galoper à cheval sur la plage ! Bon, techniquement je l'ai déjà fait mais… »

Elle s'interrompit quand elle croisa le regard bovin d'Alice.

-« Bref. J'ai eu une vision, alors aujourd'hui c'est journée paintball pour toi. »

Elle fronça les sourcils. Si cela impliquait de jouer avec des vampires elle avait de grandes chances de ne plus voir la couleur originelle de sa peau.

-« Je vois déjà ou tu veux en venir et je t'arrête, on sera dans ton équipe, on se comportera en humain et on jouera contre des humains. »

Elle retint un rictus. « Faire comme des humains » avec Emmett et Nantizo dans les parages et leur esprit de compétition, elle mettait sa main à couper qu'ils ne tiendraient pas 5 minutes.

Ils ne tinrent même pas 2 minutes. Et les cris de Liadan -elle seule n'arrivait pas à éviter les balles de couleur- rythmaient les « mais je l'avais dans mon viseur ! Ou il est passé ? » rageurs de l'équipe adverse.

Elle s'endormit le soir, le sourire aux lèvres. Les Cullen faisaient vraiment leur maximum pour la réconforter.


Partir ou rester…

Son monde ou ses enfants...et Nantizo.

Elle se retourna dans le lit.

Le deuxième enfant ne se souviendrait pas d'elle. Rafael…

Elle donna un coup de poing rageur à son oreiller.


Au mois de mars, le test fut positif.

Elle s'était attendue a ce que Nantizo danse une tarentelle ou une gigue pour l'occasion, il n'émit qu'un « bien » puis disparut de la maison pendant une paire d'heures. Quand il revint ce fut pour annoncer qu'il partait pour l'Amérique du sud pour plusieurs semaines. Abasourdie, elle lui demanda si il comptait revenir pour la naissance de son deuxième enfant. Il lui répondit que ça dépendant de choses qu'il ne contrôlait pas.

Sans Nantizo pour faire le lien, elle s'isola encore plus des Cullen.

Ils faisaient des efforts mais se heurtèrent à son manque de réaction. Rafael grandissait et avait commencé à parler.

Alors qu'elle le regardait jouer avec Jasper dehors (ils lui enseignait les bases du base-ball) elle ressentit un pincement au coeur. Ou était Nantizo ? Pourquoi n'élevait-il pas son fils ?

Était-elle un obstacle au fait de former une famille ?

Une humaine pouvait-elle être un modèle pour deux enfants vampires ? Ne valait-il pas mieux qu'elle parte ?

Mais elle pouvait leur inculquer ses valeurs. Les aider à grandir. A découvrir le monde.

Nantizo parlait de précepteurs, de professeurs...mais jamais d'amour.

Elle passa ses doigts sur le dessin qu'il avait un jour fait d'elle, éclatante vampire et qu'elle lui avait...emprunté.

L'autre solution. Se faire transformer en vampire.

Une larme vint mouiller le dessin, brouillant les traits de crayon.


Elle souriait en regardant Jasper porter Rafael sur ses épaules et courir à travers le parc, Vlad a leur suite. Quand il monta dans un arbre et sauta souplement dans le vide pour atterrir à 15 mètres du tronc, le cri de Rafael et l'expression incrédule du chien la firent pouffer.

-« Tu ne partiras pas. »

Liadan hoqueta et se retourna sur Alice, qui se tenait à l'entrée de la pièce.

-« Pardon ? »

-« Je l'ai vu. Tu vas rester. »

Ele cligna des yeux. Qu'est-ce que savait Alice précisément ?

-« je ne comprends pas de quoi tu parles. »

Alice haussa les épaules.

Elle l'observa tourner des épaules et rejoindre Jasper.

Elle fronça les sourcils. Elle n'avait pas encore pris de décision. Et elle restait libre de ses choix. Pouvoir vampirique ou non.


Les fleurs commençaient à éclore dans le jardin. Liadan sourit. Nantizo avait annoncé, après des jours de silence qu'il rentrait pour la fin du mois, dans 5 jours. La naissance devait avoir lieu une dizaine de jours plus tard.

Elle posa une main sur son ventre, plus imposant qu'au temps de Rafael. Carlisle lui avait dis que c'était souvent le cas lors des deuxièmes grossesses. Elle le sentait cependant inquiet, et le fait que l'échographie ne l'aidait pas dans le cas des grossesses vampires le rendait nerveux.


Ce matin là, elle était seule avec Rafael, les Cullen étaient soit à l'université, soit au travail pour Carlisle et Esmée.

Le téléphone était posé à côté d'elle, Carlisle reviendrait pour l'heure du midi et l'enfant ne bougeait pas dans son ventre. Alors qu'elle était assise dans le canapé, Rafael était hors de sa vue, dans la salle de jeux. Tout d'un coup, celui-ci poussa un cri qui se coupa en plein milieu.

Inquiète, elle voulut se redresser en un coup, sentit comme une déchirure au niveau de son ventre, se laissa retomber sur le fauteuil mais bascula, droit vers la table basse.

Et ce fut le trou noir.


Alice, rentrée la première, fut alerté par le silence qui régnait. Puis une odeur de sang atteignit ses narines Elle se précipita au salon et resta figée quelques secondes devant le spectacle qui s'offrait à elle.

Rafael était penché sur sa mère étendue sur le dos, les mains rouges de sang, en train d'essayer de la réveiller.

Il se tourna vers elle, affolé et émit un petit cri misérable.

- « Rien fait »

Elle se rua vers Liadan.

-« Oh, non, non, non, Liadan, réveille-toi ! Liadan ! »

Elle la secoua mais n'arrivait pas à la ranimer.

Visiblement elle avait chuté tête la première sur le bord de la table. Et à un moment ou à un autre, son ventre aussi avait subi un choc puisque du sang colorait son pantalon ample

Alice respira à fond pour se reprendre. Elle prit Rafael dans ses bras et l'amena dans la salle de jeu en lui disant que tout allait bien Et qu'il devait jouer pendant que sa maman se reposait, et elle l'enferma là, puis elle appela Carlisle d'urgence.

Quand celui-ci arriva enfin avec Edward qui travaillait dans son service ce jour là. Liadan était toujours inconsciente.

Après un rapide examen, il annonça que le travail avait commencé.

Cela s'avéra beaucoup plus difficile que la naissance de Rafael.

Carlisle donna des ordres à Alice et Edward. Les autres n'avaient pas répondu à leurs téléphones. Ce qu'on pouvait comprendre puisqu'aucune urgence n'était à prévoir.

Ils transportèrent Liadan, toujours inconsciente jusqu'à la pièce aménagée à côté du bureau de Carlisle.

Celui-ci se dépêcha de faire une transfusion à Liadan, ne sachant pas exactement la quantité de sang qu'elle avait perdue.

Puis il l'ausculta, évaluant la situation. La gravité de la situation ne lui échappa pas.

-« Le bébé se présente mal…Je vais essayer de le remettre. Si ça ne marche pas, il va falloir faire une césarienne.

Edward releva la tête vers lui, inquiet. Il savait à quoi s'attendre puisque Bella avait été dans une situation semblable. Et il n'était pas sûr de vouloir revivre ce cauchemar.

Alice entra dans la pièce avec un pot rempli d'eau chaude, à la demande de Carlisle.

-« Esmée s'occupe de Rafael. Ne faudrait-il pas prévenir Nantizo ? »

Carlisle leva la tête vers elle et prit deux secondes de réflexion avant d'affirmer :

-« Non. Pour revenir il devrait prendre l'avion et ne serait de toute façon pas ici avant cinq heures, dans le meilleur des cas. Et il serait malade rien qu'en imaginant tout ce qu'il pourrait se passer. Nous allons voir comment ça se présente dans les minutes qui suivent et nous aviserons. »

Après une demi-heure, Carlisle déclara forfait : l'enfant était à moitié engagé et se présentait mal et il était impossible de lui faire faire demi-tour.

-« Quelque chose l'empêche de faire demi-tour. Il y a déjà trop de temps qui est passé. Je dois ouvrir. »

Il fit une piqure d'anesthésiant à Liadan, même si celle-ci ne reprenait toujours pas connaissance et incisa la peau de son ventre avec un scalpel, un peu en dessous du nombril.

Quand il arriva à la membrane enveloppant le fœtus, il dut se pencher et l'inciser avec ses dents, tellement elle était résistante. Edward l'aidait tant bien que mal, les mains tremblantes et avec une impression nauséeuse, cela lui rappelait trop Bella.

Quand Carlisle agrandit l'ouverture, il poussa une exclamation de surprise.

-« Il y a deux enfants ! »

Après quelques secondes à rester stupéfait, il se reprit et ses réflexes de médecin revinrent en force.

Il prit le premier petit, et l'enveloppa dans une serviette, le donnant à Alice qui se dirigea rapidement vers le chariot de réanimation, répétant les gestes expliqués par Carlisle plus tôt.

Il confia le deuxième enfant à Edward, qui fit de même.

Puis il se concentra sur Liadan. Alors qu'il finissait de recoudre la plaie, il s'aperçut avec stupeur que les muscles se régénéraient, se cicatrisant rapidement.

-« Qu'est-ce que c'est que ça ?!»

Il en fut de même pour la peau.

Une fois que la plaie fut entièrement fermée, il désinfecta et nettoya le ventre du sang, puis posa un drap sur le corps de Liadan.

Il se pencha sur sa tête, inquiet. Il avait une petite idée de ce qu'il se passait, mais n'y comprenait strictement rien. Comment cela était possible ?

Une fois qu'il eut vérifié que la jeune mère irait bien, il se tourna ses les deux enfants. Les jumeaux puisque c'était deux garçons.

Celui que tenait Alice mugissait en envoyant ses petits membres dans tous les sens. Après un rapide examen, Carlisle décréta qu'il était en pleine forme, et qu'Alice pouvait descendre en l'emportant demander à Esmée de préparer des biberons de sang.

L'autre bébé par contre semblait aller moins bien. C'était celui qui était resté le plus longtemps coincé, sans oxygène, et si ce n'est la respiration,il ne bougeait pas, ni n'émettait un son, il serrait juste un doigt d'Edward avec ses deux petites mains.

Edward releva la tête vers son père, inquiet.

-« Il n'a pas l'air d'être trop mal en point. Nous allons le mettre sous une couveuse par mesure de précautions et sous une surveillance constante. Mais d'abord, il faut qu'il boive. »

Il envoya Edward à la cuisine avec l'enfant, pendant qu'il sortait la couveuse et la préparait à accueillir son petit patient.

Même s'il le cachait à Edward, il était inquiet pour Liadan et le deuxième jumeau.


Rosalie arriva dans le manoir et fut surprise par le vagissement d'un enfant. Qui n'était pas Rafael, elle l'aurait juré. Elle traversa le hall en vitesse et s'arrêta à l'entrée de la cuisine, pétrifié par le spectacle qui se jouait devant ses yeux. Esmée était appuyée contre une armoire, Rafael dans ses bras. Celui-ci semblait un peu perturbé par ce qu'il se passait, mais il était calme. Alice et Edward étaient assis et, dans leur bras, enroulé dans des couvertures douces et chaudes, deux petites créatures buvaient goulûment leur biberon. Alice gazouillait en touchant le nez de celui dont elle avait la charge. Celui-ci la fixait de ses grands yeux verts très clairs, avec un air coquin. Ses petits cris semblaient emplir tout l'espace de la cuisine.

Celui d'Edward par contre ne pipait mot. Il se contentait de téter, ses deux mains posées sur le biberon, les yeux toujours fermés.

Esmée remarqua sa présence.

-« Ah, Rosalie ! Je te présente les deux nouveaux venus dans notre famille. Nous ne savons pas encore leurs noms, mais je pense que Nantizo et Liadan n'en avaient qu'un en tête de toute façon, donc on va sûrement en discuter plus tard. »

Ce n'est qu'à ce moment-là que l'évidence la frappa. Ou était Liadan ? Avant qu'elle ait pu poser la question, Esmée continua :

-« Peux-tu t'occuper de Rafael ? Il est assez intrigué par la présence des deux bouts de choux, et je ne sais pas s'il est choqué par ce qu'il a vu tantôt. »

Rosalie fronça les sourcils.

-« Liadan est tombée et a accouché prématurément. D'après Edward, elle n'a pas repris connaissance depuis, mais son état est stationnaire. Je vais aller voir si Carlisle a besoin d'aide avec le jumeau qui semble le plus faible (celui-ci avait fini de têter et fourrait son nez dans le pull d'Edward. Elle le prit dans ses bras). Rejoignez-nous une fois qu'il aura fini de se nourrir. »

Elle hocha la tête et re-stabilisa Rafael dans ses bras.

Alice leva la tête un moment après qu'Esmée ait disparu. Elle posa l'enfant dans les bras de son frère.

-« Peut-on téléphoner à Nantizo maintenant ? »

Edward garda ses yeux fixés sur le petit en lui répondant que Carlisle le ferait dès que l'état de Liadan était stabilisé.


Une fois le jumeau mis en couveuse, Carlisle s'enferma au bureau, Esmée le suivant.

Nantizo décrocha à la deuxième sonnerie. Ils entendirent clairement sa voix.

-« Oui Carlisle, y a-t-il un problème ? »

Il ne prit pas de pincette.

-«Il y a eu un contretemps. Tu dois rentrer. »

Seul le silence lui répondit. Puis la voix de Nantizo retentit à nouveau.

- « J'arrive »

- « Tu...tu es père de deux jumeaux, ils sont stabilisés pour le moment »

- « Bien. Liadan ? »

- « -Son état est stationnaire… »

Seul le déclic du téléphone lui répondit.

Carsile sortit du bureau en se frottant le front.

- « Et bien il ne reste plus qu'à attendre et... »

Il fut interrompu par le cri d'Alice.

-« Ses yeux ! C'est comme dans ma vision ! »

Ils se retournèrent tous vers elle, penchée sur la couveuse.

L'enfant avait enfin ouvert les yeux. Mais, même s'ils étaient du même vert d'eau que ceux de son frère, les siens étaient recouverts par une pellicule trouble.

Carlisle prit divers instruments et réalisa plusieurs tests sur le nourrisson.

Quand il se redressa, il avait la mine grave.

-« Il est aveugle.»


Quand Jasper arriva ce soir-là, il fut abasourdi quand il se retrouva nez à nez avec Edward qui tenait un enfant dans ses bras, sa chemise roussie aux manches et au col..

-« Liadan a accouché. »

Edward rit nerveusement

« -Un pyromane et un aveugle »

Après avoir discuté un peu -et échangé des blagues vaseuses, Jasper rentra au salon. Il avisa Esmée qui tenait Rafael dans ses bras et qui lui chuchotait à l'oreille.

Quand elle le remarqua, elle lui demanda de s'occuper de Rafael, et de le monter en haut. Alice monterait pour lui expliquer la situation. Quand il prit l'enfant dans ses bras, Esmée lui souffla « parle-lui, je ne sais pas comment ça s'est passé et il ne veut pas me le dire. »

Jasper fronça les sourcils et monta en direction de la chambre du petit.

Rafael était rapidement devenu proche de Jasper. Même si celui-ci ne captait pas ses émotions, il essayait de faire tout pour qu'il soit à l'aise. Il était devenu en quelque sorte son confident.

-« Hé bonhomme. Si tu me disais ce qu'il se passait ? »

L'enfant eut une mine alarmée. Puis il s'exprima, avec une voix bégayante.

-« Mm, ma,…Maman ! »

Jasper gardait ses yeux dans ceux du petit, terriblement scrutateurs.

-« Maman va bien. Esmée me l'a dit tantôt, elle se repose. Qu'est-ce que t'ont dis Alice et Rose ? »

Il paraissait soulagé, mais encore troublé.

-« Le même. »

Jasper ne le reprit pas sur son langage. Ce n'était pas le moment. Il observa Rafael. Celui-ci ne semblait pas dans son état normal. Comme quand il faisait un cauchemar, ou quand il avait fait une bêtise et qu'il n'osait pas l'avouer. Jasper fronça les sourcils. Ce gosse avait une notion de la culpabilité et de la remise en question beaucoup trop élevée pour son âge et pour son statut d'hybride.

-« Qu'est ce qu'il y a Rafael ? »

Il ne leva pas le regard vers lui, mais ouvrit la bouche, et cette fois-ci s'exprima intelligiblement.

-« Maman est tombée. Et personne à la maison, sauf moi. Et,il,il,il-les larmes revinrent- et il y avait du saaaaang. »

Jasper le fixait, pétrifié. Il ne lui vint pas à l'idée de reprendre l'enfant dans ses bras.

-« Et, personne, personne ne venait, et moi j'avais soif, Jaz'. Puis Alice est arrivée et elle s'est occupée de Maman. »

Il leva la main et la passa dans les cheveux bouclés de Rafael, qui le regardait d'un air beaucoup trop sérieux pour son âge.

-« Rafael. Est-ce que tu as bu le sang ? »

-« Non. »

Alors il serra l'enfant contre son épaule, en remerciant il ne savait quelle divinité.

Le fils de Liadan et Nantizo devait être le vampire le plus résistant qu'il connaissait. Il ne savait pas si l'enfant se serait remis du fait d'avoir craqué et bu le sang de sa mère. Il l'adorait et il savait très bien qu'il ne pouvait pas la mordre. C'était un sacrilège. S'il avait bu, il n'aurait pas arrêté d'être rongé par la culpabilité.

Il caressa les cheveux de Rafael, en lui soufflant qu'il était un grand garçon courageux, et qu'il était fier de lui.


Liadan croyait mourir. Elle ne savait plus qui elle était où elle était. Elle n'était qu'une enveloppe vide, allongée dans un salle vide, nulle part. Du feu avait remplacé le sang dans ses vaisseaux, mettant sa boite crânienne sous pression. Si elle n'était pas inconsciente, elle aurait sans doute fermé les yeux sous la douleur. Elle aurait voulu se réveiller et se tordre dans tous les sens, hurler... Faire quelque chose.

Mais elle restait couchée.

Elle ne savait pas ce qu'il se passait, mais elle espérait que ça ne durerait pas.

Elle avait oublié que l'échelle de temps de la douleur commençait et finissait à la graduation « éternité ».


Nantizo rentra dans le hall en manquant d'arracher la porte de ses gonds. Il n'y prit pas garde, la laissant grande ouverte et se dirigea à l'étage, dans la pièce où Carlisle exerçait son art.

Il s'arrêta à l'entrée.

Il n'y avait personne, sauf Liadan, étendue sur un lit, au fond de la pièce.

Il avança lentement, comme si le moindre bruit risquait de la réveiller. Il ne l'avait pas vue depuis deux mois, elle avait l'air paisible, mais était étrangement pâle. Il pouvait entendre son cœur battre faiblement. Il posa une main sur son front.

« -Liadan »

Evidemment, elle ne répondit pas.

Il la contempla quelque seconde, petite humaine insignifiante devenue si importante à ses yeux de vampire.

Il la borda (bien que les couvertures fussent déjà lisses), puis se retourna vers la sortie. Il ne pouvait rien faire de plus, il devait voir Carlisle. Et…les jumeaux. Carlisle ne lui avaient rien dit de plus à leur sujet, mais il supposa que si ça avaient été des filles, il lui aurait parlé des « jumelles ».

Alors qu'il allait franchir la porte, son regard accrocha un espèce d'aquarium bleu. Enfin, plutôt ce qu'il y avait dedans.

Un minuscule bébé.

Il retint son souffle, puis avança avec hésitation.

Ainsi c'était à ça que ressemblait les demi-portions. Du moins, l'une d'elle.

Il ouvrit la couveuse et s'empara doucement de l'enfant, qui ne dormait pas puisqu'il avait les yeux grands ouverts et qu'il regardait vers le bas.

Il le prit dans ses bras, l'observa. L'enfant ne regardait pas un point précis, mais gardait la tête penchée vers le bas et sur le côté. Il fronça les sourcils. Même Rafael qui ne l'appréciait pas plus que ça lui témoignait plus d'attention.

-« Je te fais si peur que ça ? »

Aussitôt l'enfant releva la tête et ancra ses yeux dans les siens.

Des yeux éteints.

Avant qu'il puisse réagir l'enfant poussa un petit cri ravi.

Il le considéra, indécis. Nantizo dégagea une de ses mains et la passa devant les yeux de l'enfant, veillant à ne pas émettre de souffle d'air devant ses yeux. Il ne réagit pas.

-« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Le petit s'agita, et émit le même bruit qu'auparavant. Il avait légèrement tourné la tête, comme pour tendre l'oreille.

Il tendit soudain la main en avant, agrippant un doigt de Nantizo. Celui-ci dégagea la prise un peu rudement sous un picotement inconfortable.

Nouveau piaillement joyeux.

Nantizo fronça les sourcils.

« -En voilà une surprise »

Il reposa l'enfant respectueusement dans la couveuse, ignorant ses piaillements.

Il s'adossa au mur à côté de la couveuse.

Son regard se posa sur Liadan. Il esquissa un rictus moqueur.

« -Et voici ton foutu héritier...Tu ne fais jamais rien comme il faut, hein ? »


Quand il rentra dans le salon, tous les Cullen étaient présent. Rafael, qui ressemblait maintenant à un enfant de trois ans, courut jusque dans ses jambes.

Quand Nantizo baissa la tête vers lui, Rafael tendit les bras vers lui, comme s'ils étaient en pleine mer déchaînée et que son père était la seule bouée de sauvetage à l'horizon.

Quand Rafael fut dans ses bras, il éclata en sanglot, ses petits bras autour de son cou et sa tête contre son épaule.

Nantizo ne savait pas quoi faire.

En temps normal, l'enfant était calme, intéressé par tout et adorait sa mère par-dessus tout. Il aimait les autres Cullen mais ses relations avec son père restaient étranges. Il préférait le regarder de loin, avec un respect frisant l'admiration plutôt que venir se lover sur ses genoux. Et Nantizo était très content de leur relation. Il ne voulait pas d'un morveux dans les jambes, bien qu'il était plus tolérant si c'était son fils. Et qu'il essayait de faire des efforts quand Liadan était là.

Il finit par sortir de la pièce après avoir fait un geste aux Cullen qui les observaient et se dirigea vers leur quartier.

Il posa Rafael sur le canapé de leur salon (les larmes de celui-ci s'étaient taries), puis s'agenouilla devant lui.

Le garçon sembla intimidé par le fait que son père s'occupe de lui.

A la réflexion, c'est vrai qu'ils ne s'approchaient que très peu. Il plongea dans ses pensées, délaissant pour un instant son fils qui le regardait anxieusement.

Il se souvenait de la leçon de son père « Un vampire est seul, pour l'éternité ».

Depuis sa rencontre avec Liadan et le projet Héritier, il ne savait quoi en penser. Son père n'avait pas vraiment été un modèle. Peut-être un fil d'ariane quant à ses leçons ou son avenir.

Ainsi, quand Rafael s'était rapproché de tous les vampire, sauf lui, il n'en avait pas été vexé.

L'enfant restait loin, à le contempler comme s'il était son modèle vivant. Quand Nantizo faisait des efforts (souvent sous l'injonction de Liadan ou les conseils de Jake) et qu'il s'approchait, pour jouer maladroitement avec Rafael, celui-ci semblait sur le point de mourir d'appréhension. Et lui se sentait extrêmement bête à jouer aux cubes ou aux playmobiles en devisant comme un gamin. Ce qui faisait qu'il abandonnait rapidement, au plus grand désespoir de Liadan et de l'enfant.

Il baissa les yeux sur celui-ci qui attendait patiemment en silence.

Formidable. Maintenant Liadan était hors circuit pour il ne savait combien de temps, et il avait la charge de son fils. Carlisle avait bien expliqué que sa famille était ravie qu'ils restent chez eux et de les aider dans leur rôles de parents, mais que c'étaient eux deux les protagonistes principaux de la vie du petit.

Tant que Liadan était là, elle s'occupait de l'enfant, le lui confiant de temps en temps, mais maintenant, il se retrouvait seul avec lui, pour au moins les nuits et quelques heures par jour.

Il soupira, puis tapa ses mains sur ses genoux en lâchant un « bien » un peu trop fort.

Quand faut y aller…

Il regarda l'heure. Il était un peu plus de six heures.

-« Tu as déjà mangé ? »

L'enfant tritura sa lèvre inférieure avec ses dents en lui lançant un regard de sous ses cils. Nantizo haussa un sourcil pour le décider à lui répondre.

-« Oui, Esmée a donné deux biberons tantôt.»

Nantizo hocha la tête. Et pensa que c'était une bonne chose que Liadan et Carlisle voulaient qu'il parle correctement. Il aurait sûrement craqué s'il avait entendu un « ouiii, z'ai eu mon bibeurooon. »

Bon, et maintenant, que faisait Liadan encore ? A oui…

-« Tu veux prendre un bain ? »

L'enfant secoua la tête dans un geste qui ne voulait rien dire du tout. Il ferma les yeux pour reprendre son calme.

Mais pourquoi les Cullen le laissaient-ils tout seul ? Rosalie ne pouvait-elle pas monter et s'occuper de lui, elle qui vénérait les enfants ?

Il reprit, un peu plus durement :

-« Tu veux prendre ton bain, oui ou non ? »

L'enfant resta un moment figé, le regardant avec un air d'affolement total.

-« Oui ! Oui, je prendre bain. »

Sa voix avait un accent désespéré qui ne lui allait pas.

Nantizo se retint de grogner. Il était sur que si Liadan avait été là elle lui aurait fait les gros yeux ou l'aurait enjoint à plus de douceur.

Mais pourquoi ils oubliaient tous qu'il n'était qu'un vampire pas du tout au goût du jour en ce qui concernait les relations vampire-humain ou vampire-hybride ?

Alors qu'il avait fait couler le bain et le débarrassait de ses vêtements , il vit Rafael esquisser une drôle de moue du coin de l'œil.

-« Qu'est-ce qu'il y a encore ? »

Le petit détourna le regard, comme s'il s'était brulé.

-« Allez, dis-le. Si tu ne dis rien, comment veux-tu qu'on avance ? »

-« L'eau…l'eau est trop chaude ? »

-« Comment tu le sais, tu n'es même pas dedans. »

Et non, il n'était pas de mauvaise foi !

L'enfant baissa la tête.

Nantizo lui jeta un coup d'œil étonné. Généralement les gens faisaient profil bas devant lui, mais il s'attendait à ce que l'enfant l'affronte malgré sa timidité. Après tout, il avait la moitié des gènes de Liadan, et celle-ci avait beau ne pas être très expansive, elle n'hésitait pas à l'affronter, si les conditions se présentaient bien. De plus, être son fils à lui impliquait qu'il ne soit pas couard.

Il ne pu s'empêcher de titiller l'enfant, pour qu'il réagisse enfin. Son fils ne devait pas être un faible, que diable !

-« Alors, comment le sais-tu ? »

Il avait repris une voix aux inflexions froides.

L'enfant sembla se tasser encore sur lui-même et garda la tête baissée.

-« Alors, j'attends ? »

Et dans le silence retentit un reniflement.

Nantizo resta pétrifié un moment. Il se pencha en avant.

Mais, mais...l'enfant pleurait ?

Et soudain il se revit, à la place de Rafael, face à son père, tout aussi inflexible. Et il se souvint à quel point il l'avait aimé avant de le détester.

Nantizo s'éclaircit la voix. Une fois, deux fois. Quand il comprit que ça ne marchait pas, il appela son fils.

-« Rafael ? Ne pleure pas, ça n'avancera à rien. »

Il avait essayé de faire disparaître l'accent sarcastique de sa voix et de parler gentiment mais il n'y arriva pas totalement. Cependant cela sembla convenir à l'enfant qui hocha doucement la tête, s'essayant les joues.

Tandis qu'ils attendaient en silence devant le bain, il n'arrêtait pas de jeter des petits coups d'œil répétés vers Nantizo.

Mais qu'est-ce qu'il voulait bon sang ?! Il ne s'attendait pas à ce que Nantizo le prenne dans ses bras et le câline quand même ?

L'enfant s'éclaircit la voix et osa enfin s'exprimer.

-« Maman me mets pas dans ça. »

Il était en train de pointer le jacuzzi en train de se remplir d'eau fumante. Nantizo le regarda, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire.

C'est à ce moment-là qu'il eut la révélation.

Liadan lavait Rafael dans une baignoire adaptée à sa taille. Qui était justement derrière la porte.

Oh. Fabuleux.

Etrangement, il se sentait d'humeur conciliante. Tout cela n'était qu'une énorme machination contre lui.

-« Tu ne veux pas aller dans ce bain-là, pour une fois ? »

Rafael le regarda d'un air presque émerveillé, comme si c'est ce qu'il avait attendu toute sa courte vie, puis dans la seconde qui suivit, il fronça le nez dans une attitude comique.

-« Maman ne veut pas. Elle dit que c'est trop profond. »

-« Et bien, je te tiendrai »

Nantizo se sentait bien miséricordieux ce soir-là. Mais un mal de tête le menaçait.

Quand la température de l'eau eut été jugé bonne (le petit monstre ne lui avait parlé du « tube pour vérifier le chaud du bain » que quelques minutes plus tard)

Il avait pris le thermomètre, qui sonnait quand la température était à trente-six degré. Nantizo ne savait même pas que des choses comme ça existait.

Au bout de vingt secondes, il dut se rendre à l'évidence : tenir Rafael à bout de bras n'allait pas être facile pour le laver. Il avait bien essayé de le mettre sur la marche, mais il était juste trop petit (il l'avait posé et le petit avait réussi à être submergé et à s'étrangler avec de l'eau. Non, mais vraiment, il n'était pas doué. Ça devait venir de Liadan...)

Il se résolu à sortir rapidement Rafael du bain et l'envelopper dans une serviette chaude, se dévêtit rapidement, pris l'enfant contre lui et plongea dans le jacuzzi.

Il s'appuya contre la paroi, l'eau lui arrivant à mi-thorax, le dos de Rafael collé contre son torse.

Il poussa même la gentillesse à prendre un canard en plastique et le laissa jouer en assurant une prise sur lui de telle sorte qu'il ne se noie pas.

Quand il estima que la température de l'eau avait trop chuté (en vérité le thermomètre sonna), il sortit, enveloppa Rafael dans une serviette et le frictionna, puis lui enfila son pyjama. Il se rhabilla rapidement puis emmena l'enfant dans la chambre et le posa dans son lit à barreau, lui souhaita une bonne nuit en annonçant qu'il allait chercher Rosalie qui viendrait sûrement lui raconter une histoire (Fallait pas trop pousser non plus), puis il se dirigea vers la sortie de la chambre d'enfant.

-« Papa ? »

Il s'arrêta.

C'était une étrange sensation que d'entendre ce petit garçon qui ne faisait pas le quart de sa taille l'appeler comme s'il représentait tout pour lui. Il se retourna, qu'est-ce qu'il lui voulait encore ?

-« Maman, elle revient quand ? »

Il se rapprocha de l'enfant. Tout à coup il se sentait perdu. Il se posait également la question. Ce n'était pas à lui de gérer les enfants.

-« Je ne sais pas. »

La lèvre de l'enfant se mit à trembler. Il se retint de lever les yeux au ciel et rajouta, d'une voix où son agacement perçait le moins possible

-« Mais je l'ai vu et elle a l'air d'aller bien. »

L'enfant hocha la tête, se recoucha et murmura « bonne nuit, papa ».

Nantizo l'observa quelques instants, son cœur se serrant étrangement et sortit sans répondre sous le regard de son fils ainé.

Cet enfant le rendait bizarre.

Il sursauta presque en se souvenant que Carlisle l'attendait en bas. Avec les autres Cullen. Et avec ses deux autres fils.

Comment avait-il laissé la situation déraper à ce point ?


Il rentra dans le salon, et salua tous les Cullen, qu'il n'avait pas vus depuis plus de deux mois si on oubliait la poignée de secondes avant que Rafael ne l'accapare tout entier.

Edward tenait l'enfant aveugle dans ses bras, Emmett faisait un remake de « Il est ou le bébé ? » à l'autre jumeau. Qui riait aux éclats chaque fois qu'Emmett faisait « Ah, le voilàà ! » en le chatouillant. Il émit un rictus et s'approcha des deux petits rigolos.

Emmett arrêta le petit jeu et mit l'enfant en position assise.

-« Mais regarde qui voilàààà ? »

Le bébé se contenta de faire des bulles de salive.

« -Pourquoi as-tu le t-shirt brulé ? »

Il passa un regard sur la pièce

- »Et pourquoi avez-vous sorti les extincteurs ?

Carlisle esquissa un sourire.

« -Nantizo, nous te présentons ton héritier. »

Avant qu'il ne puisse finir sa phrase l'enfant leva une main, et le tapis prit feu. Rosalie activa un extincteur, et prit la parole, fatiguée.

« -Mais comment on l'arrête ? »

« -Bandez lui les mains avec du cuir »

Il se retournèrent vers Nantizo, qui haussa les épaules.

« -Apprentissage royal» ajouta-til, laconique.


Ils rejoignirent un petit salon, où Nantizo n'avait jamais posé les pieds. Il n'y avait qu'un divan et deux fauteuils rassemblés près d'un feu, et une table avec des chaises dans un coin.

Carlisle l'invita à s'asseoir face à lui dans un des fauteuils.

-« Avant toute chose, Liadan va bien. Je soupçonne qu'elle est sous un phénomène particulier, mais j'y reviendrais plus tard. Je voudrais te parler des enfants : je ne sais pas si Rafael a été très choqué par ce qu'il a vécu, mais si tu le veux bien, je parlerai avec lui demain. »

Nantizo hocha la tête. Même si l'enfant s'était confié à lui, en parler à une tierce personne, docteur en plus, ne pourrait lui faire que du bien.

-« Ensuite, les jumeaux…Comme tu l'as remarqué, l'un est en pleine forme. Le deuxième est…aveugle. Je ne sais pas s'il l'est depuis sa conception, ou si cela s'est passé lorsque Liadan est tombée. Et je ne sais pas si cela est définitif. Nous l'amènerons à l'hôpital dans les prochains jours. Le voyant -pardon- l'un d'eux à des pouvoirs »

« -L'autre aussi »

Carlisle haussa un sourcil.

« -Je suis passé le voir tout à l'heure. Rien de sur cependant j'en ai bien l'impression.. «

-« Par contre, est-ce que vous vous étiez mis d'accord sur un prénom avec Liadan ? »

-« Oui. Elle se repose de l'accouchement ? »

Carlisle fixait la cheminée, où aucun feu ne brûlait. Puis releva la tête et ancra ses pupilles au siennes, on ne peut plus sérieux.

-« Non. Elle est en train de se transformer en un vampire. »


Selon l'hypothèse de Carlisle, le fait d'avoir porté deux fois des enfants dont la moitié de leur patrimoine génétique était vampirique avait joué sur son métabolisme.

-« De plus, je pense que lorsqu'elle est tombée, ou lors de l'accouchement, l'un des jumeaux, ou les deux, a du la mordre, et lui a inoculé son venin. En tout cas, les composants de son sang se modifient, et elle présente toutes les caractéristiques du changement. Son cœur ralentit et bat moins fort, elle devient pâle, cicatrise vite. Pourtant, tout se passe comme si la transformation n'était pas complète. Ses pupilles restent brun-vert, elle garde la chaleur humaine et ne devient pas dure comme du marbre. C'est très étrange car ce sont les caractéristiques des hybrides. »

Il releva la tête vers Nantizo.

-« Selon moi, elle se réveillera dans quelques jours. »


Le soir, Nantizo tournait comme un lion en cage dans sa chambre. Heureusement, les trois garçons étaient couchés.

C'était effrayant de voir ce qui lui était arrivé en un an alors qu'il avait déjà vécu plus de deux siècles. Il était devenu responsable d'une humaine, qui en ce moment changeait de statut pour devenir on ne savait trop quoi, il était père de trois enfants- dont un trop mature et un autre aveugle-, amis avec des vampires végétariens…

Rafael dormait en s'agitant, chassant toujours sa couverture loin de lui. A chaque fois, le vampire la remettait en place, méthodique. Il ne savait pas trop quand il allait craquer et lui faire manger sa couverture.

Il détourna la tête en souriant. Quel bon père il faisait !

L'un des deux jumeaux - l'adorateur d'Emmett- ne dormait pas, le transperçant de ses yeux verts très clairs.

Il sourit en pensant que ses derniers fils avaient hérités de la couleur-du moins l'ancienne- de ses yeux. Ils avaient du duvet châtain foncé. Dans quelques jours, leurs cheveux pousseraient à une allure vertigineuse et ils présenteraient une poussée de croissance extraordinaire et leurs pupilles deviendraient caramelles comme tout bons petits vampires végétariens.

Ses héritiers.

Il avait un coup de fil à passer.

Mais avant, il devait passer voir Liadan.

Si elle pouvait se réveiller et venir mettre de l'ordre dans le désordre soudain de sa vie, ce serait pas mal.

Celle-ci n'avait pas bougé, ses cheveux auréolant son visage d'une crinière folle. Il enroula une boucle autour d'un de ses doigts.

-« Sale petite humaine têtue.


Carlisle et Nantizo était dans le bureau du médecin. Cela faisait 48 heures que l'intervention avait eu lieu et selon Carlisle les constantes vitales de Liadan étaient stables, quelques peu hors normes. Mais pas vampiriques.

« -Un vampire mais pas tout à fait ? »

Carlisle hocha la tête-à-tête, incertain

"-Je ne sais pas trop. Nous verrons si son régime est toujours omnivore ou plutôt à base de sang. »

« -Elle ne cessera de m'étonner. Le premier hybride spontané. »

Le médecin rappela que l'un des jumeaux devaient y être pour quelque chose.

« -En parlant des jumeaux, as-tu leurs noms ? »

Nantizo approuva

« -L'enfant aveugle s'appelera Càin. »

« -Un nom dur à porter. »

Nantizo se plongea dans ses pensées un moment.

« -Oui. Et le deuxième, l'Héritier, Ezekiel ».

« -Le nom du fils ainé d'Adam et le nom d'un prophète ?»

Le ton de Carlisle indiquait qu'il s'attendait à mieux venant de sa part. Nantizo sourit.

« -Dans l'histoire vampirique, Càin est un des vampires originels et Ezekiel le plus grand réunificateur de vampires, Carlisle »


Ils étaient tous rassemblés dans le salon. Rafael sur le tapis, Ezekiel dans les bras de Rosalie, riant aux pitreries d'Emmett. Càin, l'enfant aveugle dans ses bras.

- « Nantizo »

Liadan se tenait dans l'entrée, appuyée contre la porte, une main sur son crâne.

Il se leva.

Et l'enfant qu'il tenait dans ses bras éclata en sanglot quand s'éteignit la voix de sa mère.


Quand elle se réveilla à nouveau, Nantizo était à son chevet.

-« Maman de jumeaux. ?»

Sous la surprise elle resta la bouche entrouverte de longues secondes.

-« Ca t'emmerde bien pour les prénoms et pour le choix de l'Héritier, hein ?"

Nantizo sourit mais tristement.

« -Pas vraiment. Il n'y en a qu'un et il est tout désigné. L'autre est aveugle. »

-« Aveugle ? »

Elle se tut quelques secondes après ça.

« -Tu veux manger quelque chose ? »

Perturbée par le changement brusque de sujet, elle mit quelques secondes à répondre, et se rendit compte qu'elle était affamée.

Elle mangea avec appétit une soupe et un bol de riz cantonnais, sous le regard scrutateur de Nantizo.

« -Ca te va ? »

Elle le regarda, perplexe. Elle ne l'avait que vu rarement inquiet et il agissait étrangement.

« -Oui. »

« -Tu ne souhaites pas manger autre chose ? »

Elle sourit

« -Si tu as du chocolat sous la main. »

Il secoua la tête doucement en continuant de la fixer, insondable.

Après avoir mangé, ils se retrouvèrent dans le bureau de Carlisle.

-« Carlisle. Merci pour les enfants. »

Le docteur sourit.

-« Je dois avouer que tu m'as fait une belle frayeur. »

Elle fronça les sourcils.

« -Tu es restée plusieurs heures sans réaction , ta tension était assez basse. Tes paramètres vitaux ont toujours été bon, mais...si ces enfants n'avaient pas été vampires, tu ne t'en sortais pas. »

Il échangea un regard avec Nantizo.

Ils lui cachaient quelque chose.

Elle eut l'impression de se prendre un train en pleine figure. Nantizo ne lui avait rien dis à son réveil. Peut-être était-ce pour ça qu'il était aussi réverencieux ? Elle avait failli mourir. Pour…réaliser l'ordre d'un vampire ? Plutôt pour perdurer une lignée de vampire, lignée à laquelle elle n'avait rien à faire. Aimait-elle Nantizo au point de risquer sa vie ? Elever deux vampires, au milieu de vampires, pour une vie d'Héritier...Vie passionnante si elle en jugeait le caractère et la flexibilité de Nantizo. Aurait-elle seulement son mot à dire dans l'éducation des enfants ?

Elle sortit à tâtons de la maison, sur la terrasse, suivi par le vampire.

Elle ferma les yeux, lui tournant le dos. Serra les poings.

Sa décision était prise.

-« Je veux rentrer a la maison ».

Nantizo se tourna vers elle, inquiet. Tout à sa douleur, elle ne s'en aperçut pas.

-« Tu as froid ? Je pense que ça te ferait du bien d'être un peu dehors ? ».

-« Chez moi. A la maison. »

Un sanglot déchira sa gorge. Les larmes montèrent à ses yeux.

Nantizo se mit face a elle.

-« Bien. Et les enfants… »

Elle mit sa main devant la bouche pour retenir des gémissements, le corps entier secoué de tremblements.

-« Je ne peux plus. J'arrête.

Elle émit un hoquet qui lui déchira la poitrine.

-« J'arrête. »

Elle partit dans une litanie de « j'arrête » et s'accroupit. Quand elle sentit la main du vampire se poser sur son épaule, elle se dégagea violemment et se retourna vers lui violemment.

-« J'arrête ! Je n'aurais jamais du partir en Italie faire du tourisme ! Tout ça n'est pas la vie que je voulais ! Je ne voulais pas risquer ma vie à pondre des enfants vampires !»

Elle avala sa salive. Les larmes continuaient de déborder. Elle fit face au vampire, se sentit plus résolue que jamais. Le chemin semblait clair, la brume des derniers mois s'était dissipée.

-« Je veux finir mes études, voyager, rencontrer quelqu'un que j'aime et qui m'aime pour ce que je suis, qui ne me fasse pas mal. Je veux avoir des enfants parce que c'est moi qui l'ai choisi. Et je ne veux pas d'enfant avec un régime ou des pouvoirs que je ne saurai pas contrôler. Je…je veux rentrer chez moi, Nantizo ».

La vampire la jaugeait, insondable.

-« Si c'est que tu veux et que tu en es sure, choisis. Maintenant. Les vampires ou les humains.»

Elle leva les yeux vers le ciel étoilé. Elle ferma les yeux, les larmes roulant sur ses joues.

Pardonnez-moi mes bébés.

Elle garda la tête levée et les yeux fermés.

-« Je rentre ».

Elle baissa le regard sur Nantizo qui la fixait comme s'il ne la reconnaissait pas. Le temps s'arrêta, les yeux du vampire ne quittant pas les siens. Son cœur tambourinait dans ses oreilles.

Soudain, il fit demi-tour et rentra dans le manoir.

Elle prit son visage entre ses mains et se recroquevilla les sanglots déchirant sa poitrine. Elle se massa le cou. Puis redressa la tête, essuyant ses larmes et se dirigea vers la maison.

Elle s'approcha de Carlisle, qui discutait avec Alice.

-«Je pars ».

Carlisle fronça les sourcils. Il ne dit rien sur le fait qu'elle les ai coupé.

-« Où ? Esmée peut faire les courses. Tu n'es pas encore complètement remise. Tu peux aller voir les enfants. »

Nantizo apparut à l'embrasure de la porte. Elle regardait le vampire qu'elle aimait mais qu'elle avait décidé de quitter. Il la fixa avec attention en penchant la tête. Il reprit la parole d'une voie égale.

-« Tu es sure de toi ? Il n'y aura pas de retour en arrière possible. »

Elle hocha la tête.

-« J'espérais que tu ferais un choix différent. Pour les enfants. » Il n'ajouta rien. Elle aurait voulu qu'il s'implique plus. Elle hocha la tête négativement.

-« Je ne peux pas, Nantizo. Ce n'est pas ma vie. Ce n'est pas moi. »

Il hocha la tête. Puis se tourna vers Carlisle. Celui-ci fronçait les sourcils.

-« J'ai peur de comprendre ».

Nantizo ne dit rien et annonça qu'il allait voir pour des billets.

Le patriarche des Cullen avança vers elle.

-« Liadan, je… »

Elle leva la main pour l'interrompre.

-«N'essayez pas de me faire change d'avis. Ma décision est prise. Ne la rendez-pas plus difficile s'il vous plait ».

La dernière phrase était une supplication. Même si Carlisle ne connaissait pas tous les détails, il devait s'être rendu compte qu'elle était en permanence mal à l'aise. Il sonda ses yeux puis recula d'un pas.

-« Bien. Je respecte ton choix même si je ne l'approuve pas. Je vais prévenir ma famille. »


Ils se tenaient tous serrés en rang d'oignon face à elle. Jasper souriait nerveusement, l'air d'attendre qu'elle annonce que c'était une blague. Elle serra son fils dans ses bras, l'embrassa puis le tendit à Esmée. Rosalie intervint, s'emparât de Rafael, la fusillant du regard.

Elle recula doucement vers la voiture. Juste avant de monter, elle embrassa du regard la scène : les vampire en rang, Rafael hurlant dans les bras de Rosalie, Vlad faisant le relai entre eux et leur fils, geignant. Elle avait dis au revoir aux jumeaux, qui restaient à l'intérieur pour ne pas prendre froid. Edward était resté avec eux, silencieux.

Elle ferma la portière et évita de regarder dans le rétroviseur alors que la voiture s'éloignait.

Le vampire se gara et l'accompagna, les mains dans les poches.

Le silence qui accompagnait le claquement de ses semelles contre le sol la mettait mal à l'aise.

Elle ne savait que dire au vampire.

Elle voulait lui crier dessus, qu'il essaie de la retenir, qu'il s'excuse pour l'avoir fourrée dans cette situation, qu'il rampe éventuellement, qu'il l'embrasse. Qu'il la réconforte dans sa décision de partir. Qu'il fasse quelque chose. N'importe quoi.

Elle s'arrêta. Le vampire avança d'un pas et pirouetta. Les yeux dans les yeux. Elle en oublia presque de respirer.

-"Il faut que je parte Nantizo. Sinon je vais me perdre."

Le vampire pencha la tête.

"-Tu t'es perdue depuis le jour où tu as croisé ma route. Tu fais une erreur Liadan."

Elle ne broncha pas mais sa terreur intérieure grandit encore. Elle ne pouvait pas rester. C'était au-dessus de ses forces. Pourtant tout l'y incitait : ses fils, le vampire, la gentillesse des Cullen…Et elle avait l'impression de faire une énorme bêtise.

Avant qu'elle ne baisse la tête et échappe ainsi au regard du vampire, celui-ci l'attrapa par son col et la ramena contre lui. Leur baiser n'était pas différent de ceux de d'habitude. Il n'était pas fervent, ni désespéré. Il ne sonnait pas comme une fin. Il la relâcha, elle perdit l'équilibre un instant, le souffle coupé.

- « Bonne route. »

Elle ne répondit rien, tira sa valise derrière elle et avança sans se retourner jusqu'au terminal.

Alors que l'avion décollait, elle soupira.

« Je rentre à la maison. »

Elle ferma les yeux et laissa les larmes dévaler ses joues. Elle allait pouvoir revivre. Revenir au monde humain. Reprendre ses études. l'avenir qu'elle s'était dessiné avant de partir en Italie.

Et elle n'en ressentait aucune joie.

Elle pleura sur tout le trajet, tant et si bien que les hôtesses l'installèrent à part, loin des regards curieux des autres usagers.

C'était ses adieux au monde vampirique, à la chair de sa chair. A un amour impossible. Ils étaient son pays imaginaire. Mais elle devait retourner dans sa réalité.

Était-ce ce qu'avait ressenti Wendy quand elle était retournée à sa vie ? L'impression de laisser l'essentiel derrière elle sans pour autant pouvoir rester.

Elle retournait dans sa famille, parmi les siens, des humains. Rien ne serait plus comme avant.

C'était son choix.

Y en avait-il un de bon ?


Et voilà...

Le retour a la maison est le choix de Liadan.

Rem : Càin se dit Cayinn