Pardon pour le retard, je suis vraiment désolée. Entre les fêtes, les microbes et surtout mon premier tome qui est terminé, j'ai pas eu le temps de poster ce dernier chapitre.
L'éclat du passé au présent
Harry prit une grande inspiration et se lança.
– Comme tu le sais, je suis allé à Londres il y a peu et…
– Oh Merlin, Londres. Quel bonheur d'avoir pu retrouver la civilisation, le coupa Draco. Non, parce que venir te perdre au milieu de la campagne ce n'est vraiment pas mon truc. Désolé, tu disais ?
Harry l'attira sur le lit où il s'assit et l'intima à faire de même. Le regard rivé sur la petite fenêtre et son côté gauche collé à celui du blond, il se remit à parler sur un ton bas et un peu rauque.
– Après la fin de la guerre, je suis aussitôt parti, préférant rompre tous contacts avec tout le monde et je me suis réfugié un temps à Pré-au-lard. Albelforth a accepté de m'héberger et de me cacher chez lui, sans jamais me poser de questions, ce qui m'allait très bien. Là-bas, j'ai rencontré à plusieurs reprises Miranda, tu sais la folle qui t'avait demandé si tu étais la pierre de Mercure.
Draco hocha de la tête.
– C'était pas tout le temps clair, mais elle savait des choses sur toi, sur Rosalynda et j'ai fini par comprendre qu'il y avait des réponses au Ministère. Dès que j'ai senti que tu te réveillais, j'ai commencé à me déplacer avec l'espoir que la distance soit supportable.
– Tu as dû mal espérer, râla Draco.
– Probablement. Enfin… Je suis arrivé à Londres et mon statut de Sauveur, destructeur de mage noir m'a ouvert des portes sans aucune difficulté. C'était bien la première fois que je me servais de cette notoriété et que je la trouvais utile. J'ai donc atterri au Département des Mystères et j'ai pu rencontrer le responsable en chef qui a accepté de me parler de Miranda. C'était une ancienne langue-de-plomb qui travaillait principalement dans la salle des prophéties. Il faut savoir que chaque prophétie possède un gardien et que lui seul est habilité à la toucher et à l'entendre. Il semble qu'il y a environ dix-sept ans, elle a ramené une prophétie qui très rapidement a créé une obsession chez elle. Elle avait besoin de la comprendre. Et en fait, elle parlait de toi.
– Pardon !? croassa Draco en se penchant en avant pour tenter de capter le regard de Harry.
– Du signe de Mercure, le nouveau vent est déjà là. Il sera marqué au fer rouge, telle une bête. Mais n'en sera pas une. Bien au contraire... Volutes insaisissables, essence pure, il prendra la forme désirée par celui auquel il appartiendra. Bien ou mal, peu lui importe... Juste sa survie est primordiale. Et il fera tout pour que celui qui sera sa main accompagnatrice ne périsse pas dans la guerre à venir... La pierre de mercure est née.
Un silence emplit la chambre après cette déclaration qui était à la fois effroyable et fascinante. Puis Harry se racla la gorge et poursuivit son récit.
– Miranda s'est mise à chercher ce qu'était cette pierre de mercure. Ou qui. Son chef m'a dit qu'elle était retournée voir à plusieurs reprises la personne qui lui avait communiqué cette prophétie, une puissante voyante vivant au fin fond de l'île de Hoy, en Ecosse. Il semblerait qu'elle lui ait donné des informations complémentaires, mais rien de bien clair. Au final Miranda a enfreint une règle essentielle des gardiens de prophétie.
– Laquelle ?
– Ne pas toucher une autre prophétie que les siennes sous peine de finir à Sainte-Mangouste.
– Tout s'explique, ricana Draco en repensant au discours incohérent de la femme lors de leur sortie clandestine.
– Oui. Et je me demande si ce n'était pas la mienne, si elle n'avait pas fini par faire le lien entre les deux prophéties.
– C'est dingue.
Harry serra la main de Draco dans la sienne, sans pour autant tourner son visage vers lui. Il ne savait pas ce que pensait le blond suite à toutes ces révélations. Pour lui, cela ne changeait pas grand chose, une prophétie en plus ou en moins n'allait pas vraiment modifier sa vie. Mais étrangement, apprendre que Draco était destiné à le rejoindre dans cette bataille lui avait enlevé un poids. Tout n'était pas de sa faute.
– Mais j'appartenais à Voldemort avant, répliqua Draco. J'avais même sa marque.
Harry passa son pouce à l'intérieur du poignet qui pulsait un peu fort contre sa peau. Puis il pivota sa tête en sa direction et la pencha sur le côté. Ses iris s'ancrèrent aussitôt dans les siens. Il secoua la tête et laissa un petit sourire venir fleurir ses lèvres.
– C'est vrai. Mais pour lui tu n'étais rien, juste un pion prêt à sacrifier si l'envie lui en prenait. Comme un animal. Comme une bête. Et la prophétie dit que malgré la marque, tu n'en es pas une, tu ne l'as jamais été pour moi. Si tu savais combien de fois je me suis répété ces mots, cherchant à les comprendre, à savoir pourquoi toi, pourquoi moi. Et en fait tout est clair. Rosalynda nous a entraîné dans son sillage et a laissé une empreinte magique prête à éclore si le besoin se faisait ressentir. Tu devais t'allier à moi, peu importe mes choix. Tu es MA pierre de Mercure, finit-il en plaquant brusquement le corps de Draco sur le lit et en le chevauchant. J'avais besoin d'un bouclier pour me protéger et d'une baguette pour me défendre et tu me les as donnés.
Allongé sur le dos, les mains plaquées de chaque côté de son visage, Draco absorbait chaque mot avec délice y décryptant tous les sentiments qu'il avait déjà effleurés à son contact. Harry ne s'était jamais caché, que ce soit ses doutes et ses craintes au début ou ses peurs et son affection par la suite. Il avait toujours été franc alors que lui ne cessait de se dissimuler derrière tout et n'importe quoi. Et même s'il ne doutait pas de la sincérité de Harry, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver cette incertitude à son propos.
– Et le reste, tu en avais besoin ?
Harry posa son front contre son homologue et ferma les yeux. Il s'humecta les lèvres et poursuivit :
– Bien sûr. J'ai toujours eu besoin de toi, depuis notre première rencontre. Même si je ne savais pas encore de quelle manière, c'était toi et pas un autre.
A cette nouvelle déclaration dont il ne se lassait pas, le cœur de Draco rata un battement. Pourquoi hésitait-il encore à leur propos ? Sans aucune difficulté il dégagea son bras gauche de sa prise et porta la main qui le retenait il y a peu à son aine. C'était la première fois qu'il initiait ce geste sans aucune crainte, sans aucune peur pour les lendemains à venir.
La sensation fut habituelle et en même temps plus forte. Peut-être parce qu'il acceptait enfin sa condition et sa libre appartenance à Harry. Puis sa main sans attache dériva jusqu'à la joue de Harry et il la caressa en un effleurement du bout des doigts.
– Je te le dirai un jour, je te le promets.
Il n'avait pas besoin d'en dire plus, il savait que le brun avait compris, l'écho bouleversant de ses battements de cœur venant résonner dans sa poitrine qui avait un peu de mal à se soulever sous le flot de sentiments qui affluait.
Des lèvres avides se posèrent brusquement sur les siennes et un corps s'écrasa dans une possessivité inévitable. Il lui appartenait en entier et se soumettait sans soucis à cette emprise follement libératrice.
Rapidement, les gestes qu'ils avaient appliqué sur le corps de l'autre maintes fois au cours de leur séjour à Poudlard retrouvèrent leur chemin et des soupirs mêlés à des gémissements emplirent la chambre. Harry se frottait lascivement contre son amant, appréciant chaque courbe de son être, chaque détail de son grain de peau, chaque souffle de ses lèvres. Sa main droite n'avait toujours pas quitté sa place et il savait d'avance qu'il se retrouverait toujours ainsi à un moment ou à un autre. Parce qu'il n'avait jamais eu la force de vraiment s'en éloigner en définitive. Cette marque, ce signe du Mercure, cette encre indélébile était sienne. Tout comme Draco pouvait l'être, mais aussi comme il l'était en miroir. Il pouvait maintenant l'avouer ouvertement, il était totalement dépendant d'elle et de lui. Et peu importe ce que penseraient les autres.
Seule l'envie d'encore plus de découvertes le poussa à migrer ses mains sur le torse de Draco afin de défaire les boutons de la chemise qui lui cachaient sa convoitise.
– Toujours des chemises, marmonna-t-il en s'affairant à la retirer.
– Je ne me lasserai jamais de te voir te débattre avec.
L'épiderme enfin dévoilé, un frisson les parcourut, de froid pour l'un et de désir pour l'autre. Mais alors que Harry allait poursuivre son exploration, un éclat d'un jaune translucide attira son attention. Accrochée au cou pâle et saillant du blond, une chaîne pendait avec à son extrémité une bague argentée sertie d'une pierre dorée. Il fronça des sourcils, ne se souvenant pas de ce bijou et l'effleura.
– Qui t'a donné ça ? lança-t-il d'un ton abrupte.
Draco baissa la tête et regarda l'objet qui provoquait l'agacement du brun.
– Personne.
– Arrête de me prendre pour un con, cracha Harry. Je ne t'ai jamais vu avec.
Draco attrapa le poignet de la main qui appuyait sur sa poitrine et le força à reculer. Il prit appui sur son autre bras et contracta ses muscles pour s'asseoir, repoussant au passage Harry qui n'eut d'autre choix que de suivre le mouvement.
– Je ne te mens pas et tu pourrais me demander de dire la vérité que je te répondrai toujours la même chose. Personne ne me l'a donnée, expliqua-t-il alors que ses doigts défaisaient l'attache de la chaîne.
La bague glissa dans sa main droite et de l'autre il força Harry à lui tendre sa paume. Puis il déposa le bijou dans cette dernière.
– C'est chaud, s'étonna Harry.
– Oui. Et avec ta main ça l'est encore plus que d'habitude, remarqua Draco.
– Il y a de la magie.
– En effet. Tu ne vois toujours pas ?
– Je crains que mes neurones ne me jouent des tours. Est-ce vraiment… Rosalynda ?
Draco sourit et hocha de la tête.
– Mais comment ? Quand ? Enfin je ne l'ai jamais trouvée.
– Ton parrain était doué pour dissimuler des objets.
Harry tiqua à l'entende de Sirius. Avait-il vraiment eu raison à son propos ? Etait-il le dernier détendeur de la bague ?
– Tu te souviens que tu es allé à Godric's Hollow.
– Je voulais voir la tombe de mes parents.
– Quand je me suis retrouvé là-bas, j'étais avec Hermione. Tu étais déjà parti, une nouvelle fois, mais quitte à se retrouver là, j'ai eu envie d'en apprendre plus sur toi. Hermione m'a montré l'endroit où reposent tes parents et la maison où ils ont vécu. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis rentré dedans alors que tout menaçait de s'écrouler. En fait, j'étais comme attiré par quelque chose. Et tu peux le croire ou non, mais je me suis retrouvé dans une chambre – ou en tout cas ce qui en fut probablement une un jour – et dans la table de chevet se trouvait un coffret à secret. Je suis ressorti avec, sans vraiment savoir pourquoi. Hermione était sur les nerfs, craignant que je finisse sous les décombres à chaque seconde.
– Elle est toujours comme ça.
– Je m'en suis rendu compte. Bref. La boite était protégée par un puissant charme de protection et Hermione n'a même pas pu la toucher et tous ses sorts rebondissaient dessus. Finalement, j'étais le seul à pouvoir la toucher et il m'a suffit d'un simple sort de déverrouillage pour découvrir son contenu. Ça.
Harry détailla la bague dans sa main, la trouvant magnifique.
– Il y avait aussi un mot de ton parrain qui disait te léguer cette bague et d'en prendre grand soin. Je pense que tu étais le seul à pouvoir déceler la présence du coffret et à pouvoir l'ouvrir.
– Mais…
– Ta magie coule en moi, tout comme le fait la mienne en toi. Tu n'as jamais aimé cette maison, préférant aller sur la tombe de tes parents. Tu n'avais donc jamais décelé sa présence et Hermione pense que ton parrain a déposé le coffret après sa libération d'Azkaban.
– Tu en sais des choses, constata Harry.
– Tes amis sont très bavards à ton sujet quand ils s'y mettent.
Harry détailla une nouvelle fois le bijou, le caressa de son index tandis que la chanson dans ses oreilles vibrait de contentement.
– Donne ta main.
– Harry, grogna Draco alors qu'il s'exécutait, impossible de refuser la demande.
– Je ne pourrais pas toujours contrôler mes mots. Ce n'est pas un ordre, juste une demande.
– Je sais, mais c'est agaçant.
– Désolé.
Ses doigts glissèrent jusqu'à l'extrémité de ceux de Draco qu'il maintint alors en suspension. Puis il approcha la bague de l'annulaire long et fin et y fit glisser le bijou qui s'enroula aussitôt avec une perfection magique, s'adaptant au doigt en question. Draco regarda l'anneau glisser le long de ses phalanges, stupéfait. Il ne s'était pas attendu à ce geste.
– C'est une demande en mariage ? ironisa-t-il.
– Peut-être, un jour, murmura Harry alors qu'il trouvait que la topaze devenait plus lumineuse.
– Crétin, grogna Draco en le saisissant par le col et en plaquant ses lèvres contre les siennes.
Un trop plein de sentiments se déversait dans sa poitrine qui devenait douloureuse. Et le seul moyen qu'il trouva pour calmer ses battements de cœur frénétiques fut de retirer le pull et le t-shirt de Harry. Il pensait prendre le dessus, mener la danse comme lors de leur début, mais lorsque la langue de Harry devint avide et que ses dents lui mordirent sa lèvre inférieure, il perdit un peu de terrain face à lui. Encore…
Son corps fut écrasé par le sien et une bouche se mit à explorer sa peau frissonnante et réceptive à la moindre de ses caresses. Rapidement, il fut incapable de résister ou de répondre à ces assauts. Il subissait de manière exquise toutes les attentions que lui prodiguait son amant qui descendait de plus en plus vers son bas-ventre déjà en feu. Un brasier ardent se répandait dans ses veines et parcourait tout son corps qui tressautait régulièrement. Il n'avait plus eu de contacts charnels depuis des mois et retrouver Harry était si intense qu'il en perdait sa raison et son contrôle. Il n'était plus qu'un corps soumis à ses désirs et à ses envies cherchant à tout prix à les assouvir. Tout son être attendait la griffure suivante dans une attente extatique qui lui faisait tourner la tête.
Puis sa langue s'attaqua à leur marque, poussant ses hanches en avant. Aussitôt, deux mains s'enfoncèrent dans son bassin pour l'immobiliser, lui incapable de résister à cette pulsion incandescente. Le plaisir montait par vagues et quand il sentit une pression sur son sexe tendu, suivi par une libération, il soupira et gémit en même temps, ne sachant plus quoi penser. Il en voulait plus, encore et toujours. Il désirait se fondre en Harry, ne plus faire qu'un avec lui. Mais il aspirait aussi à la délivrance, saturant déjà de sensations euphorisantes.
Égaré dans le brouillard des multiples messages nerveux de ses nerfs, il réalisa à peine qu'il était nu. De toute façon, il n'avait plus froid et son épiderme brûlait, s'électrisait à chaque seconde. Tout en remontant, Harry passa une langue mutine sur sa hampe dressée. Puis il se retrouva face à deux iris qui le dévoraient entièrement, ne laissant plus aucune place à sa volonté. Il pliait devant son regard, contre ses attouchements et face à ses injonctions muettes.
– Si tu savais tout ce que je rêve de te faire, marmonna Harry, le ramenant brièvement à la réalité.
Se rendant compte qu'il était totalement passif, il força ses mains à s'activer et par miracle, elles obéirent et réussirent sans trop de mal à défaire ceinture et bouton du pantalon de Harry.
Après quelques contorsions, ils furent tous les deux nus et brûlant de désir.
Draco avait enfouit ses mains dans les cheveux bruns alors que sa langue léchait sa consœur dans sa bouche. Même le baiser ne lui laissait aucune place, aucune échappatoire. Harry l'envahissait et le possédait déjà alors que ce n'était que le début. Mais le plus déroutant restait cet abandon total, cette acceptation parfaite. Il ne cherchait plus à se dissimuler, ni à se protéger de ce qui l'habitait. C'était devenu normal, essentiel, vital même. Plus jamais il ne pourrait retourner en arrière et afficher ce masque acquis au fil des années sans en souffrir. Parce qu'aujourd'hui il comprenait que ce dévoilement n'était pas une faiblesse, mais tout l'inverse. Il était la force de Harry, son bouclier et son arme et que sa dépendance à son égard n'était qu'un simple retour des choses dont il n'avait pas à avoir honte. De toute façon cette dernière s'était faite la malle lorsqu'il avait pleuré devant Ron à l'infirmerie. Il était réveillé depuis près d'une semaine et dormait très mal depuis plusieurs nuits, ce qui avait engendré des nerfs à fleur de peau. Mais tout ça était désormais terminé et il comptait bien ne plus lâcher Harry pour le reste de sa vie.
Il se cambra et planta ses ongles dans les omoplates, seule prise qu'il arrivait à garder sans trop se perdre. Les muscles sous ses paumes roulèrent tandis qu'un grognement vibrant lui répondait. Il lui avait peut-être fait un peu mal, mais il s'en moquait. De toute façon, la douleur ne pourrait jamais être aussi vive que lorsqu'il s'éloignait, tirait sur le lien et le forçait à s'étioler. Il savait que lui aussi avait souffert de toutes ces tentatives, de toutes ces mesures extrêmes.
Et comme si Harry avait entendu ses pensées, il se redressa et plongea ses iris dans les siens, le sondant de l'intérieur, chassant toutes ses peurs et ses craintes, les envoyant le plus loin possible d'eux afin qu'elles ne reviennent plus jamais le hanter. En silence, il lui avoua ses propres faiblesses et lui demanda de l'excuser pour toutes ses erreurs. Il le happa dans une passion éternelle, dans un océan tumultueux qui aurait pu être étouffant s'il ne lui transmettait pas son propre souffle dans un frôlement de lèvres et dans un corps à corps charnel et passionné qui le fit se retourner sur le ventre.
Le visage enfouit dans les coussins, Draco haleta. Contre ses fesses il sentit le désir de Harry venir se frotter, promesse d'une jouissance prochaine, murmure d'un éclatement sans éparpillement. Il avait tellement envie de le sentir en lui, de le posséder et de tout se donner pour n'être qu'à lui. Il désirait se fondre dans son âme et aspirer ses forces pour pouvoir le porter plus haut et plus loin par la suite. Il prenait et redonnait, il le prenait et se donnait… et tout s'emmêlait dans une parfaite harmonie que personne ne comprendrait jamais.
A quatre pattes, les bras tendus pour soutenir leurs poids, il inspira longuement, cherchant une seconde de répit qui ne vint jamais. Contre son oreille, un souffle erratique et chargé de tensions venait le mordre et le brûler avec délice.
– Si tu savais combien j'en ai rêvé. Toutes les nuits, dès que je fermais les yeux. Tu étais à moi, entièrement et tu me laissais tout faire. Et aujourd'hui, je le peux enfin, susurra Harry juste avant de poser sa langue sur sa nuque.
Excité par cet aveu qu'il partageait, Draco trembla et ancra ses doigts dans les tissus froissés. L'humidité à la naissance de sa colonne vertébrale était inédite et il sentit son sexe tressauter tout seul entre ses jambes. Et lorsque la langue descendit lentement tout le long de son dos, enflammant chaque nerf, il se cambra et rejeta la tête en arrière, étirant plusieurs muscles qui crièrent leur souffrance sous l'impact. Pourtant il ne ressentit aucune gêne, tellement le plaisir envahissait chaque cellule de son corps.
Deux mains puissantes et un peu caleuses saisirent ses fesses et les écartèrent sans aucune pudeur, tandis qu'un doigt passait à l'intérieur d'elles et massait son entrée moite de sueur. Il s'attendait à ce qu'une phalange le pénètre, mais certainement pas à un muscle humide qui lui avait déjà fait voir des points noirs et blancs quelques secondes plus tôt. Assailli par tant d'attentions, par tant de patience, il rendit les armes et ses bras cédèrent. Seules ses jambes tinrent sous le choc, soutenues par la puissance qui maintenant dérivait le long de ses cuisses. Il mordit le coussin et étouffa un cri alors que les caresses n'étaient pas encore des plus intimes.
– Harry.
– Encore un peu, siffla le brun qui donna un coup de langue tout le long de sa fente.
Tout son être tremblait sous les attaques et sa tête tournait par moments, lui donnant l'impression de chuter dans un gouffre sans fond. Sauf qu'une main le rattrapa alors qu'il cherchait son souffle. Il était plaqué contre le torse de Harry, son dos collé à ses battements de cœur aussi anarchiques que les siens. Juste contre son intimité il sentit une douleur un peu vive et ses chairs qui s'écartaient sous la pression du sexe de son amant. Les jambes outrageusement écartées pour laisser la place à Harry, il se laissa aller en avant, sachant qu'il ne tomberait plus jamais puisque deux bras l'emprisonnaient dans une étreinte pulsionnelle. Plus bas, ses entrailles accueillaient un peu difficilement la hampe dure et remplie de passion de Harry. Il grimaça, mais poussa lui-même, venant à cette rencontre qu'il chérissait. Puis il se retrouva assis sur deux cuisses musclées et tendues et une griffure électrique le traversa de toute part. Une nouvelle fois, son corps s'arqua face à la violence et son crâne heurta l'épaule derrière lui. A la limite de la conscience, il accusa les coups de reins qui l'envahissaient et malmenaient son intimité qui n'était plus que lave incandescente.
Une de ses mains se raccrocha à la nuque de Harry alors que l'autre attrapait son sexe et y imprimait un mouvement d'extase. Il n'était plus loin d'atteindre la jouissance quand une claque lui fit écarquiller les yeux. Harry venait de gifler sa main entre ses jambes et de se retirer d'un seul coup. Mais avant qu'il n'ait le temps de réagir et de protester, une prise sur sa cheville le fit basculer et il se retrouva sur le dos, les jambes en l'air. Sur le côté du lit, son amant était debout et le fixait avec une lueur de désir non feinte. Il le voulait et cela lui convenait.
Les fesses au bord du matelas, les jambes pliées et ouvertes, les bras relevés au-dessus de sa tête, il avait bien conscience que sa posture était indécente. Sauf qu'avec Harry rien n'avait d'importance hormis sa présence, ses regards et son contact. Alors que celui-ci se pencha sur lui et se mit à l'embrasser avec folie et perdition, il ondula des hanches pour faire rencontrer leurs virilités douloureuses.
Harry le bloqua et le pénétra à nouveau, juste de quoi le faire gémir.
– Ha-Harry, le fustigea-t-il
– Quoi ? le taquina-t-il.
Outré par cet affront, il planta ses talons dans les reins du brun et poussa ce dernier en avant avec toute sa puissance. Surpris, Harry bascula en avant et se retrouva enfoncé au plus profond de Draco.
Satisfait, le blond montra toutes ses dents et serra les cuisses pour ne laisser aucune échappatoire possible à son bourreau.
Harry souffla tout en s'humectant ses lèvres qui étaient sèches.
– Ok. Accroche-toi.
La seconde d'après, les jambes de Draco s'enroulaient autour de sa taille et ses bras autour de son cou alors qu'il reprenait sa danse frénétique.
Rapidement, le feu dans leurs veines se transforma en magma et ils perdirent toute notion cohérente. Harry attrapa une cuisse, puis un mollet et le plaça sur une de ses épaules, forçant alors le corps de Draco à se plier à son désir. Ce qu'il fit sans aucune résistance. Cette position lui offrant un meilleur angle, il continua à marteler la glande sensible à l'intérieur de son être.
Leurs corps en sueur glissaient sans soucis l'un contre l'autre, s'entrechoquant dans un écho ardent. Plus rien n'existait hormis ce besoin irrépressible de satisfaire l'autre et de le pousser dans ses derniers retranchements tout en le suivant avec délice. Ils gémissaient, grognaient, feulaient et griffaient, perdus dans cette rencontre charnelle de leur corps et de leur âme.
Draco sentait tous ses muscles lui hurler leurs douleurs et leurs limites, mais il y avait ces sentiments de plénitude et de complétude qui l'habitaient et le poussaient à résister à chaque pénétration, à chaque étincelle de jouissance. Harry n'était plus très loin, il le savait.
Puis tout explosa, deux déflagrations à deux secondes d'intervalle.
Draco laissa tous ses muscles se relâcher, incapable de résister à la vague de magie qui courrait sur lui et en lui. Dans sa poitrine, son cœur s'écrasait dans un fracas assourdissant et se mêlait à la chanson qui n'était plus qu'un long sifflement.
– Non, reste, gémit-il alors qu'il sentait Harry s'éloigner. Encore un peu.
– Tu comptes me piquer mes répliques à chaque fois, rigola le brun face à ces mots.
– Tu es plus doué que moi.
– Eh bien, c'est pas tous les jours que tu avoues que quelqu'un te dépasse dans un domaine.
– Tu me dépasses dans tout, déclara-t-il tout en passant une main faible sur sa joue droite. Et ça me convient.
Harry fondit sur lui et l'embrassa à en perdre son souffle, son oxygène et sa vie. Il le pouvait puisque tout ceci était entre ses bras et s'accrochait à lui comme un désespéré.
Oui, c'était sa pierre de Mercure, juste à lui et à tout jamais. Et il lui appartiendrait sans aucune concession.
Allongé sur le dos, reprenant petit à petit ses esprits, Draco laissa les doigts de sa main frôler le ventre encore brûlant et moite à sa droite. Harry était couché sur le côté, un bras par-dessus lui et sa main posée que leur marque dans une caresse douce et rassurante. Il était toujours là. Doucement, le calme revint alors que quelques frissons persistaient le long de sa colonne vertébrale.
– Comment vont tes parents ? demanda Harry d'une voix un peu rauque, probablement due aux râles qui n'avaient cessé de franchir ses lèvres.
– Leur fuite s'est bien passée. Ils sont arrivés en Amérique et ont pu trouver un endroit pour se cacher. La meute de loups qui est en contact avec Lupin veille sur eux.
– Je suis content que ce plan fonctionne.
– Moi aussi. Même si…
– On pourrait aller leur rendre visite, le coupa Harry.
Draco pivota son visage si vite que son nez heurta celui de Harry. Il fixait ce dernier avec des yeux ronds et écarquillés d'effarement.
– Vraiment ?
– Oui, lui sourit-il. Il faudrait peut-être que je me présente à eux comme… euh… je ne sais pas trop quoi, mais pas simplement Harry.
Avant même qu'il ne le réalise, Harry se retrouva plaqué contre le lit, Draco le chevauchant et le bloquant de son corps. Le blond avait son visage près du sien, son souffle venant l'effleurer à chaque battement de cœur.
– Je vais avoir du boulot, lui murmura-t-il.
– Hein ? Pourquoi ?
– Pour te rendre présentable.
Ses épaules se relâchèrent et il pouffa alors que d'une main il claquait doucement la fesse encore nue de Draco.
– Crétin.
Et Draco lui répondit avec un rire spontané et sincère. C'était la première fois qu'il l'entendait et il se promit de tout faire pour l'entendre chaque jour.
FIN
Oui, cette fois c'est vraiment la fin. Comment vous la trouvez ?
Et donc cette histoire, de manière globale était comment ?
Peut-être que je ferai un épilogue, mais il va vraiment falloir me motiver car je suis prise dans l'écriture de mon livre et, même si le premier tome est écrit, j'en ai encore deux qui attendent dans mon esprit.
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(les 2 lignes en une et sans espace, FF refuse les liens et je dois les déstructurer pour qu'ils soient visibles)
Je répondrai à toutes les reviews anonymes sur un nouveau chapitre, plus tard.
