Ares

Chap 36

Le dieu de la guerre faisait les cent pas dans son temple du mont Olympe.

Sa demi-sœur et ses troupes étaient à l'abri chez son oncle Hadès, leur oncle Poséidon avait envoyé quelques espions pour surveiller le Sanctuaire d'Athéna de lui et lui….Lui restait comme une andouille à faire les cent pas sans savoir quoi faire.

Avec un grondement, il se laissa tomber sur son trône.

Une brusque douche de pétales de roses et de paillettes roses apparut soudain devant lui.

Aphrodite vint s'asseoir sur l'accoudoir du trône.

"- Qu'est ce qui ne va pas, 'Res. Il y a des nuages noirs qui tournent sans fin au dessus de ton temple.

Le Dieu de la Guerre se renfonça davantage dans son siège avec un "grunt" des plus primaires.

"- Mais encore ?"

Il finit par se passer les mains sur le visage dans une pathétique tentative d'ordonner ses idées.

"- Il est resté là-bas…" Finit-il par murmurer.

Aphrodite retint un soupir. A quoi son frère s'attendait-il ? Saga n'était pas un chien qu'on sifflait et s'il aimait profondément Ares, il avait grandit comme un chevalier d'Athéna et en conservait toute l'indépendance !

"- Tu peux aller le voir quand tu veux non ? Et de toute façon, 'Théna aura besoin de ton aide tant qu'elle n'aura pas retrouvé toute sa puissance.

La moue d'Ares se fit plus boudeuse.
Ce n'était pas la question.

"- Il ne m'obéit pas !"

"- Ares…"

"- Il est ma Main ! Mon serviteur !!!"

"- Ares…"

"- Il doit m'obéir ! Il m'appartient et…"

"- ARES !" Eclata la déesse de l'amour, ses yeux bleus et doux soudain embrasé de colère.

Ares rentra la tête dans les épaules.
Aphrodite pouvait parfaitement les plus écervelées des évaporées, mais elle n'en restait pas moins l'une des déesses les plus intelligente et les plus dangereuses de l'Olympe….Probablement même plus qu'Athéna…

"- Quoi ?"

"- Tu t'entends parler ? Saga n'est pas un chien que tu peux siffler ! Ou un de tes maitre de guerre que tu peux sauter sans réfléchir avant de passer au suivant !"

"- Il…"

"- Il est ta MAIN ! Ton plus proche serviteur ! PAS TON AMANT !"

"- Non…Pas encore…" Grogna le dieu de la guerre

Aphrodite soupira.

Son frère avait décidément bien du mal à faire la différence entre désir et amour.

Mais c'était normal.

Il était né Guerre. Il ne fallait pas s'étonner qu'il ait quelques difficultés sur les autres sujets.

"- Et qu'est ce que tu vas faire s'il continue à te dire non ? L'attraper par derrière et le baiser comme une chienne ?"

Ares sursauta, choqué par les paroles de sa sœur…Et parce que c'était exactement ce qu'il avait en tête.

"- Et alors ?"

"- Bon sang Ares !!! C'est un HUMAIN ! Un humain !!! Comment veux tu qu'il survive à un dieu en rut décidé à le posséder ?"

Ares pâlit.

Il avait déjà tué des amants dans son enthousiasme et….

"- Et comment crois tu qu'il réagirait si le dieu qu'il a apprit à aimer et a qui il fait confiance décide de le violer ?"

"- Il n'est pas question de le…

Le dieu de la guerre pâlit encore plus avant de s'avachir complètement dans son siège.

C'était toujours comme ça quand il commençait à devenir obsédé par quelque chose ou quelqu'un. Il ne réfléchissait plus à rien et devenait plus dangereux pour les sujets de ses obsessions que leurs pires ennemis…il tenait ca de son père. Il ne comptait plus le nombre de fois où Zeus avait anéantis des filles qui ne voulaient pas de lui.

"- Je vais finir par lui faire du mal…"

"- Arry…" Soupira doucement Aphrodite. "Tu es Guerre. Mais tu n'es pas que ça…"

"- Ca fait longtemps que j'ai oublié que je pouvais être autre chose."

"- Tu es aussi un père et un grand père…Commence par ça ? En attendant, je vais m'occuper de ta main. Toi, réfléchit un peu et lâche ton épée quelques temps. Nous avons du temps avant que 'Théna ai besoin de ton aide…d'accord ?"

Ares, Dieu de la Guerre et pour l'instant amoureux transit, misérable et effrayé, hocha péniblement la tête.

Il pouvait être dur d'être la vivante représentation d'un concept. Et surtout, de s'en distancier un minimum.

Aphrodite hocha la tête, satisfaite.

Elle déploya autour du Temple de son frère un bouclier pour la prévenir s'il sortait puis appela son fils.

"- CUPIDON !!"

Le dieu de l'amour aux ailes blanches se matérialisa dans une cascade d'étincelles dorées et roses.

"- Tu as crié, m'man ?"

"- Ton père à besoin de toi."

"- J'étais sur un coup là…"

"- Je suis sur que je peux m'occuper de Shaka toute seule. Maintenant, occupe-toi de ton père.

Cupidon laissa tomber.

"- Oui, m'man !"

***

Dans les appartements mis à disposition par Hadès pour ses invités, la situation était un peu plus réjouissante.

Assis sur les genoux de Milo, Camus profitait de d'hospitalité du maitre des lieux pour lire tous les livres qu'il avait pu sortir de la bibliothèque.
A présent, tout en se faisant câliner par son compagnon, il lisait un livre en trois volumes. L'un rédigé par Achille, l'autre par Paris et le troisième par Hadès lui-même sur la guerre de Troie.
C'était intéressant d'avoir les trois points de vue

"- Si vous êtes a ce point intéressé, je peux demander à mon Seigneur de vous autoriser à aller en discuter avec les concernés." Proposa Rune de Balrog.

Quand le spectre n'était pas en service, il passait sa vie dans la Bibliothèque et la connaissait mieux que quiconque, aussi servait-il de guide au chevalier d'or depuis leur arrivés aux Enfers.

Camus releva le nez, interloqué.

"- Discuter…avec les concernés ?"

"- Achille, Paris, Hector…Ils sont tous aux Champs Elysées…"

Milo fit la grimace.

"- On a suffisamment galéré pour ouvrir la porte…"

Le Spectre eut un petit sourire.

"- Je parle des Champs Elysées, pas d'Elysion."

Les deux chevaliers d'or restèrent surpris.

"- Quelle différence ?"

"- Elysion, ici, c'est la demeure de notre Seigneur Hadès. Les Champs Elysées sont la demeure des âmes bénies qui attendent dans la joie et le repos leur tour de boire l'eau du Léthé pour retourner à la vie….Mais vous devez vous en souvenir…"

"- Pardon ?"

Le spectre hésita.

"- Et bien…" Avait-il fait une erreur à leur parler de ça ? "Vos âmes ont fait de longs séjours aux Champs Elysées après tout….Vous devriez vous en souvenir puisque vous avez atteint le 8eme sens…" Tenta Rune.

"- Ha bon ? On a le huitième sens ?" S'étonna Milo.

A sa connaissance, il n'y avait que Shaka et les cinq bronzes à l'avoir découvert.

"- Heu….Et bien…Votre arrivée forcée ici vous l'a forcément révélé, sinon et bien…."

Le pauvre spectre s'enfonçait de plus en plus. Qu'avait-il été dire là ?

"- Je m'en occupe, Rune…"

Le Balrog soupira de soulagement et laissa son supérieur se débrouiller.

Minos s'assit sur l'un des canapés.

"- Je sais qu'il a été dit aux bronzes que tous les chevaliers d'Athéna passaient leur éternité dans le Cocyte, mais ce n'est pas…Tout à fait vrai." Commença le Juge.

Les deux chevaliers d'or restèrent silencieux, dans l'expectative.

"- Même notre Seigneur Hadès doit respecter ses propres règles. Un chevalier, quelque soit son maitre, qui meurt au combat, va immédiatement aux Champs Elysées. Il y a d'autres conditions d'acceptation bien sur, mais c'est la principale…" Minos eut un petit sourire en coin. "C'est également pour ca, par exemple que 'Manthe à un gros passif avec toi, Scorpion…" expliqua encore le juge en faisant référence au Griffon.

Milo se défendit immédiatement.

Il n'avait rien fait au Juge (à son grand désarroi d'ailleurs)

Minos éclata de rire.

"- Vous ne vous êtes jamais demandé comment il était parvenu si facilement à contrer votre Aiguille Ecarlate ?"

Milo hocha la tête.
Son attaque était l'un des plus rapide du Sanctuaire, si ce n'est LA plus rapide.

"- Si, un peu. Mais sur le moment, j'étais très occupé à mourir alors je ne me suis pas posé plus de question que ca." Renifla le chevalier d'or avec un rien de morgue.

Minos réfléchit un instant.

"- Venez…"

Camus quitta les genoux de son amant. Les deux hommes suivirent le Spectre jusqu'à un long couloir remplis de miroirs haut de trois mètres.

"- Où sommes-nous ?"

"- Le Hall du Temps." Expliqua Minos.

Il les fit marcher presque deux heures avant de s'arrêter devant un miroir.

"- HA ! Celui là, ca devrait être bon.

Mal à l'aise dans ce couloir qui semblait sans fin, les deux chevaliers d'or sursautèrent.

Minos posa une main sur le Miroir, les sourcils froncé.

Lentement, son cosmos se déploya puis une image d'abord trouble et monochrome apparut avant de se stabiliser.

"- Que…"

Stupéfait, Camus et Milo observèrent deux chevaliers d'or marcher dans un grand temple.

Au loin, par la porte, ils pouvaient voir une ville qu'ils ne connaissaient pas.
Et les visages des deux chevaliers…

"- Degel, Chevalier d'or du Verseau lors de la dernière guerre et Cardia, Chevalier du Scorpion…" Expliqua Minos.

Fascinés, les deux hommes regardèrent apparaître Pandore et Rhadamanthe puis le combat entre le scorpion et le spectre se solder par la mort des deux combattants.

Machinalement, Camus serra son amant contre lui.

"- Vos prédécesseurs…." Finit par explique Minos.

"- Et…C'est ce qui s'est exactement passé ?"

Le Juge hocha la tête.

"- Oui…Ils étaient…vous….il y a deux siècles et demi.

Un peu incertain, Camus insista.

"- Nous…Vous voulez dire…."

"- Je veux dire que vos âmes n'en sont pas à leur première guerre…Et que lorsque vous mourrez, une fois de plus, vous rejoindrez les Champs Elysées le temps que la prochaine guerre arrive puis elles boiront une fois de plus l'eau du Léthé avant de retourner au combat…"

Camus secoua la tête.
Si ce que le Juge leur expliquait était la vérité….

"- Y a-t-il…D'autres…ames combattantes ??"

Minos resta silencieux un moment.

"- Non…les autres..."Jeux d'ames" qui servent Athéna ont d'autres fonctions."

"- Survivants, batisseurs, enseignant…" Sussura doucement Camus en comprenant soudain pourquoi il n'y avait que deux siècles entre chaque Guerre Sainte.

Un peu surpris par la rapidité d'esprit du Verseau, Minos hocha la tête.

"- Oui, à peu de choses prêt…Il y a parfois des….ratés….mais…C'est ca, en gros."

"- Des ratés ?"

"- Shun et Ikki par exemple" Commença soudain une nouvelle voix."

Minos s'inclina devant Hadès. Le dieu de la Mort continua son explication.

"-…Comment dire…Vous âmes sont…vieilles…Elles sont nées il y a des millénaires…Vous êtes…les mêmes que ceux qui ont vécus lors de la création des armures d'Athéna…Shun et Ikki à contrario, sont nées il y a quelques années à peine. Ils ne se sont jamais réincarnés. Ikki est né pour protéger son frère. Et son frère est né….Bref…C'est un autre débat. D'autres âmes sont des…Accidents… Janus et Lon étaient les deux Gémeaux originels. Ils devraient être avec vous mais…L'âme de Lon à disparu et Janus est encore en vie. Il a fallut quelque chose pour le remplacer. Un âme a été accouché et séparée en deux…Ce sont vos gémeaux actuels…"

Camus hocha la tête comme s'il comprenait.

"- C'est pour ca !!! Je comprends !!! C'est pour ca qu'ils sont attachés à Poséidon et à Ares et non à Athéna."

Un peu surprit lui aussi par la rapidité d'esprit de Camus, Hadès lança un regard à Minos qui secoua la tête. Il n'avait pas été aussi loin dans ses explications !

Perdu, Milo fit signe d'arrêter les révélations.

"- STOP !! Je ne comprends rien. Qu'est ce que tu comprends mon Camus ? Qu'est ce que ces deux là on avoir avec nos gémeaux ?"

Camus n'en pouvait plus de se gargariser.

"- Mais si mon Milo !!! C'est évident !!! Ce n'est pas anodin que Janus fasse parler de lui maintenant !!! Si ces jumeaux sont les gémeaux originels, comme toi et moi sommes les Verseau et Scorpion originels et que Saga et Kanon QUITTENT ATHENA, ca veux dire qu'il est temps MAINTENANT pour les âmes perdues de Janus et Lon de rejoindre Athéna !!!"

Hadès passa une main dans sans courts cheveux noirs.

Décidément, les mortels arrivaient encore à le surprendre… Mais qu'attendre de plus d'une âme qui avait été enfantée par Apollon lui-même…

"- J'ai rien compris." Se plaignit le Scorpion mais sans vraiment s'en faire.

Son Camus lui réexpliquerait tout plus tard, et même s'il ne comprenait vraiment pas, ca n'avait aucune importance. Lui il était un bourrin, pas un cérébral.

"- C'est une question d'Equilibre." Expliqua encore Hadès, très content.