Vous êtes COMPLETEMENT folles, barrées, cinglées... Et bon sang je vous aime pour ça !

Cette fic, je l'assume pas. Un garde du corps amoureux d'une star, c'est tellement cliché mais l'idée m'est venu le jour où je me suis acheté une place de concert pour Evanescence et ça me trottait en tête alors que j'écrivais encore Comme par magie. Jamais je n'aurais cru battre tous mes records !

J'avais je n'aurais cru dépasser les cinq cents reviews !

Nom de Dieu !

Vous l'avez fait quoi ! Je pensais qu'on dépasserait les 500 la semaine prochaine, mercredi ou jeudi, mais non, vous avez battu les scores en moins de dix heures quoi !

J'ai croisé des filles que je ne connaissais pas, d'autres habituées... Preuve que vous êtes toutes là pour moi *-*

Bref... vous êtes formidables !

Pauline P : Si je dépasse les 500 ? Et bien le publie ! ahahah Désolée pour la longueur ahah promis je travaille dessus pour la prochaine fic :D

Mylena : la voilàààà !

Wendy : pour une fois, pas besoin d'attendre vendredi ! XD

Piran : C'est pas un hasard si Bella donne dans le reggaetton, c'est que je connais bien ahahah merci la Zumba ! XD Promis, des explications qui ne les éloigneront pas l'un de l'autre ;) Merci pour ta review :*

Guest : contente que ça te plaise !

Nana 001 : Coucou ! Voir Edward et Bella ensemble, honnetement, c'est pas pour tout de suite tout de suite hihihi Courage à toi ! XD

Anna : C'est toi ma 500ième ! AAAAAH ! tu m'as fait piquer mes yeux ! Merci Merci Merci ! *-*

Vous l'aurez peut-être compris, si vous n'avez pas lu les répétitions au Microsoft Theater et si vous ne connaissez pas encore Garett, c'est que vous avez loupé la publication de ce matin. Je vous renvoie donc au chapitre précédent ;)

Chapitre 35

Mes parents, Alice et Jasper se levèrent et m'acclamèrent au moment où je franchis l'alcôve. Autant j'avais été surpris le jour où je les avais retrouvés au restaurant, à Seattle, autant je n'avais pas de mot pour décrire la surprise que c'était de les trouver là, à Los Angeles.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

Comment avaient-ils su où me trouver ?

- On ne pouvait pas ne pas venir te souhaiter un bon anniversaire mon chéri ! Fit ma mère dont le sourire illuminait ses yeux. Déjà que l'an dernier on n'a pas pu le faire...

Rappel subtil de ma convalescence et de mon refus de voir mes proches pendant mon hospitalisation.

- Non pas que je ne sois pas content de vous voir, mais comment est-ce que vous avez su où me trouver. -C'est pas comme s'il y avait plus de mille cinq cent kilomètres entre Seattle et L.A !

- A ton avis, espèce de gros mufle imbécile ! S'écria furieusement Alice en croisant ses bras sur sa poitrine. T'as pas un truc à nous dire ?

Oh oh !

Il y avait fort à parier que ma lilliputienne de sœur savait un peu trop de choses, la question était de savoir comment ! J'enlaçais mes proches à tour de rôle, ébahis de leur présence, alors qu'Alice ne lâchait pas l'affaire et poursuivit :

- Alors, tu devines pas ? - Je la pris dans mes bras en lui répondant :

- Non Alice, je vois pas de quoi tu parles.

- Ah non ? Et qui aurait pu nous dire où te trouver, hein ?

Toute la mauvaise foi dont j'étais capable énuméra les personnes ayant connaissance de ma présence en Californie, à la veille des American Music Awards : Isabella -bien entendu !, Angela, Mike, Emmett et Rosalie, Jacob, Quill et Embry. Tanya la nympho peut-être. La liste était assez courte. Chacun, sauf Isabella, étaient sous contrat de confidentialité.

- Qui aurait pu nous renseigner et causer une telle colère ? Tu es le pire des frères, nom de Dieu ! Alice tambourina mon torse de ses petits poings et si elle n'avait pas été aussi ridicule, j'aurais pu la repousser d'une simple chiquenaude.

Comment pouvait-elle savoir ? Qu'avait pu dire ou faire Isabella pour que ma soeur puisse faire le rapprochement ?

- Alice, tu veux bien laisser ton frère tranquille, s'il te plaît ?

J'hochais la tête en direction de mon père afin de le remercier silencieusement et nous prîmes place autour de la table circulaire. Je remarquais seulement à ce moment-là que six couverts étaient répartis, quatre fourchettes et autant de couteaux de chaque côté des assiettes. Trois verres étaient disposés pour chaque convive, deux de tailles différentes sur pied pour le vin rouge et le blanc, ainsi qu'un verre à eau. Tout cela inspirait le luxe et l'addition à quatre chiffres.

Je m'assis sur une des deux chaises vacantes, de sorte à être face à ma sœur, et me retrouvais à la droite de ma mère. La sixième chaise était à ma droite.

- Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit que tu bosses pour elle ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Oh t'enfonces pas Eddy, tu sais très bien ! Tu brûleras en enfer espèce de traitre !

- Okay, t'as l'air un peu remontée, est-ce que je peux au moins avoir des détails ? Au moins parce que dans quelques heures ce sera mon anniversaire, je peux bien avoir ça en contrepartie, non ?

- Bien sûr Eddyroudoudou ! Fit mon futur beau-frère, un air narquois fiché sur le visage. De toute évidence, il n'allait pas être un soutien pour moi lors de ce repas. Tout a commencé il y a trois semaines...

- Hey ! Le coupa Alice, c'est confidentiel !

- Ma chérie, toi tu as signé un contrat top secret, pas nous ! Bon, je disais, il y a trois semaines ta sœur a été contactée pour créer des robes par qui tu sais pour la cérémonie que tu sais. - De toute évidence, Jasper s'amusait grandement avec la notion de "secret", il prenait même soin de parler à voix basse pour que personne ne l'entende, même s'il n'y avait que nous dans l'alcôve.- De fil en aiguille, et assez vite, Celle Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom a demandé à Alice si nous étions tous dispos ce week-end et si nous avions envie de venir fêter ton anniv'.

Jasper dut stopper son récit à cause d'un des serveurs qui vint nous apporter les menus :

- Puis-je me permettre de vous proposer le plat du jour... Commença-t-il de manière un peu trop guindée.

- On est assez grand pour lire une carte, merci ! Râla ma sœur en saisissant sèchement le menu qu'il lui tendait.

Les serveurs du Providence devaient être habitués aux clients exigeants et peu aimables, mais malgré ça, j'eus de la peine pour lui. Ma mère, elle, fusilla Alice des yeux.

Une fois les cartes distribuées, il commença à récupérer le sixième couvert.

- Hey, stop ! On attend une amie ! S'exclama ma petite sœur.

- Toutes mes excuses, Mademoiselle, mais c'est votre amie qui nous a prévenus qu'elle ne dinerait pas avec vous mais vous rejoindra une fois votre repas terminé.

- Pardon ? Mais c'est pas ce qui était prévu ! Eddy, qu'est-ce que t'as encore fichu !?

- Quoi ? Mais pourquoi moi ?

Le serveur, se sentant de trop et ayant probablement un peu peur de la lilliputienne, se saisit du dernier couvert et s'éloigna au pas de course.

- Tu peux m'expliquer pourquoi est-ce qu'elle ne mange pas avec nous !

- Mais j'en sais rien moi ! -La vérité s'imposa à moi : Elle devait manger avec nous ?

Isabella avait prévu de manger à la même table que nous ? Elle souhaitait rencontrer ma famille ? Officiellement ? Quand est-ce qu'elle avait pris cette décision ? Avait-elle eu le temps de tout organiser en une journée, à la suite de ma conversation avec Mike ? Jasper avait dit de fil en aiguille et assez vite, est-ce que trois semaines c'est assez vite ?

- Bien sûr gros nulos, qu'elle devait manger avec nous, tu pensais que c'était pour qui l'autre couvert ? Justin Timberlake ?

- Il est pas nominé aux Awards !

J'avais répondu du tac-au-tac et tout le monde rit, sauf Alice qui ne décolérait pas.

- Jazz, tu continues de m'expliquer ?

- Non, toi d'abord, pourquoi est-ce qu'elle mange pas avec nous ?

- On s'est disputé, tu es contente ? Maintenant Jasper, continue !

Le ton commençait à monter et ça me contrariait d'en arriver là alors que nous étions censés fêter mon anniversaire, mais je pourrais couper les ponts avec n'importe qui pour elle. Je pourrais tout faire pour elle. Je n'avais aucune limite depuis qu'elle était entrée dans ma vie, alors si je devais me prendre la tête avec ma sœur pour Isabella, alors soit !

Cependant Alice ne dit rien et Jasper reprit son explication :

- Du coup, je disais qu'elle avait demandé si nous étions ok pour traverser les Etats-Unis pour toi, du coup Alice a tiqué aussitôt, même si le monde du showbiz est petit, avoue que c'est suspect quand même.

- J'avoue, ouais.

Isabella s'était vendue... pour moi ?

- Bref, Alice lui a demandé comment est-ce qu'elle te connaissait, et elle nous a tout dit.

- C'est à dire ?

Le regard de Jasper scanna l'alcôve aux murs blancs et au plafond de style cathédrale avant de se pencher légèrement par-dessus la table en chuchotant :

- Elle nous a dit que tu travaillais pour celle dont les posters tapissent les murs de la chambre d'Alice.

- Eddy, pourquoi est-ce que tu ne m'en as pas parlé ? A moi, rien qu'à moi ! Tu sais que je n'en aurais parlé à personne !

- Alice, chérie - Jasper prit enfin son rôle de catalyseur à cœur et tenta de la raisonner : toi tu ne nous parles pas de ce que tu crées pour elle, tout comme Eddyroudoudou -il coula un regard moqueur vers moi- n'a pas le droit de nous parler de son patron. Tu n'as pas le droit de lui en vouloir !

- Mais je sais ! Sa colère fondit et elle afficha une moue trop craquante et un brin manipulatrice : mais il vit avec elle ! Tous les jours ! Il a tellement de chance ! Et il en fait quoi ? Il en profite pour se fâcher avec elle et tu vois, je m'apprêtais à passer la plus belle soirée de ma vie, passer tout un diner avec elle, et lui, il gâche tout !

- Bébé, je croyais que la plus belle soirée de ta vie c'était celle qu'on avait passée à la Navy Pier !

- Oui ben la Navy Pier allait passer en seconde position !

- Bon les enfants on va se calmer, le serveur a dit qu'elle nous rejoindrait à la fin du repas, alors choisissons, commandons et mangeons ! Trancha mon père.

...

Comme je m'y attendais, le prix des plats n'étaient pas indiqués sur les menus, les assiettes nous étaient servies quasiment vides avec deux ou trois éléments en leur centre, mais le tout très goûtus, et tout était aux frais d'Isabella. Les serveurs ne nous avaient pas donné d'addition et lorsque nous la leur avions demandée, le personnel du restaurant avait répondu que la note était déjà réglée.

Alice s'était rapidement calmée et le repas s'était finalement apaisé de sorte à ce que nous passions tous un bon moment. C'était bon de les revoir, il ne manquait qu'Isabella pour que tout soit parfait.

Une fois le dîner terminé, nous nous levâmes de nos chaises pour rejoindre le hall et lorsque mes yeux se posèrent sur elle, de profil, adossée contre un mur, pianotant sur son portable, à moitié camouflée sous un sweat shirt noir qu'elle avait dû sortir de son sac de sport, mon cœur se gonfla de bonheur. Je n'étais pas entier tant qu'elle n'était pas dans la même pièce que moi. Que ses sentiments pour moi soient réciproques ou non n'importait pas, au final, la seule chose qui comptait était sa présence à mes côtés.

Alice, qui avait pépié tout au long du repas, à partir du moment où sa colère s'était calmée, devint soudainement blanche et silencieuse. Ce fut la seule de nous cinq qui changea d'habitude, même si je sentis mes épaules se tendre dans l'expectative : dans quel était d'esprit était Isabella ? Nous nous étions quittés tendus et elle avait passé sa soirée dans un bar alors qu'allait-il en être ? D'autant que je savais que l'alcool et elle ne faisaient pas forcément bon ménage.

Elle nous aperçut du coin de l'œil et se redressa, plantée dans une paire de baskets qu'elle avait troquée contre ses tongs. Elle nous offrit un splendide sourire en empochant son téléphone :

-Vous avez bien mangé ?

-C'était délicieux, merci ! Je me présente : Carlisle Cullen.

-Enchantée, fit ma colocataire en serrant la main de mon père, toujours son sourire sur les lèvres : Bella Swan.

-Oh je sais qui vous êtes, Alice est fan de vous depuis cinq ans !

Alice se ratatina alors que nous autres éclatâmes de rire, celui d'Isabella sonna plus clairement que celui des autres, teintant tel un chapelet de clochettes.

-Merci pour le repas et tout le reste, sincèrement ! Je suis Esmée, la maman d'Edward.

-Madame, c'est un honneur pour moi de vous rencontrer !

-Vous plaisantez, tout l'honneur est pour moi ! C'est pas tous les jours qu'on rencontre une star !

-Oh mais votre fille en est une !

Isabella était tellement parfaite au milieu de ma famille, à l'aise avec chacun de mes proches et moi je me sentais enfin entier, les deux mondes qui composaient ma vie étaient enfin réunis. Elle se présenta chaleureusement à Jasper avant de stopper devant Alice. Quelques secondes s'égrenèrent avant qu'elles ne se tombent dans les bras, heureuses de se retrouver pour la première fois depuis l'anniversaire de Daddy Yankee.

Isabella chuchota à l'oreille de ma sœur qui répondit silencieusement en raffermissant son étreinte avant de se reculer. Ma colocataire se tourna vers moi et ne se départit pas de son magnifique sourire :

-Bon on décolle, on va pas passer notre soirée ici, hein !

-Et on va où ? Demandais-je, curieux de savoir à quel point tout avait été organisé.

-On va à la baie de Santa Monica, il fait nuit, certes, mais un tour de grande roue au-dessus de l'océan ça ne se refuse pas !

-En plus c'est la pleine lune, ça va être trop beau ! Renchérit ma sœur.

Si les deux jeunes femmes s'alliaient, ça allait être ma perte !

Avec un timing impressionnant, notre limousine fut avancée par un des voituriers et Garrett, que j'avais momentanément oublié, nous précéda pour ouvrir la porte du restaurant et s'assurer que la voie était libre. Finalement, c'était peut-être une bonne chose qu'il soit avec nous, même si je n'avais aucune confiance en lui.

Isabella sautilla sur le trottoir jusqu'au véhicule afin de nous ouvrir la portière arrière avec une révérence surannée. Une famille s'engouffra dans l'habitacle en la remerciant et je m'arrêtais à sa hauteur :

-Est-ce que tu as pu manger quelque chose ? -Parce que sautiller sur un trottoir sans même paniquer à l'idée d'être à l'extérieur ne lui ressemblait pas et que passer la soirée dans un bar pourrait l'expliquer. Elle fut mine de réfléchir en pinçant les lèvres et levant les yeux au ciel.

-Et bien j'ai grignoté quelques olives oui.

-Noyées dans un Martini ?

-Tout à fait ! Maintenant veux-tu bien monter dans cette voiture que l'on aille profiter de la vue sur la ville !

Je la fis monter dans la limousine avant moi sans pouvoir m'empêcher de rire. Elle pouvait bien être un peu ivre alors que deux gardes du corps étaient là pour veiller à ce que tout aille bien. Même si elle n'avait pas encore cuvé sa cuite de la veille. Garrett fit le tour du véhicule pour s'installer derrière le volant au moment où je m'engouffrai à l'intérieur.

Isabella et moi étions sur la banquette qui faisait dos à la route alors que ma famille se trouvait face à nous.

-Vous avez eu le temps de passer à l'hôtel ?

-Et comment ! S'exclama ma mère avec des étoiles dans les yeux. On a passé notre après-midi entre bain de boue et massage thaïlandais, c'était juste grandiose.

-Ça me fait plaisir !

-Et nous on a passé notre après-midi sur le green entre hommes, ça nous a fait beaucoup de bien !

-Tant mieux !

Elle affichait un sourire sincère et semblait satisfaite de son petit effet : elle avait manifestement tout prévu à l'avance !

-Edward, j'étais pas sûre que tu préférerais être aux répétitions plutôt qu'avec ta famille mais tout porte à croire que j'ai fait le bon choix.

Est-ce que j'aurais préféré jouer au golf plutôt que la voir aussi détendue et sereine alors qu'elle interprétait Vaivén sur scène ?

-Tu me connais bien ! Déclarais-je en riant.

Elle m'adressa un demi sourire alors que sa main parcourut la banquette jusqu'à ce qu'elle trouve la mienne et que nos doigts s'enlacent.

-Alors Bella, quel genre d'employé est mon fils ?

-Du genre très professionnel, consciencieux. A faire passer son travail avant tout le reste. Parfois c'est bien -après tout je l'ai embauché pour ça ! – et des fois, c'est juste pesant.

Ses doigts se firent plus fermes autour des miens alors que nos yeux se connectèrent. J'aurais pu oublier la présence de ma famille si Jasper, qui ne décrochait jamais vraiment de ses études, n'avait pas décidé de mettre son grain de sel :

-Pesant ? Comment ça ?

-Et bien, à rester trop professionnel, c'est parfois un peu lourd. Il garde les choses pour lui au lieu de m'en parler, jusqu'à ce que ça explose et que je reçoive tout en pleine face.

Alors que ça ressemblait à un reproche, elle éclata de rire. Bien évidemment, elle faisait référence à l'incident de la patinoire et, plus subtilement, à ma conversation avec Mike mais seuls nous deux savions de quoi elle parlait.

-Et bien c'est peut-être un peu compliqué pour lui de garder un côté professionnel alors que vous vivez en permanence ensemble, ça doit être difficile pour Eddy de trouver sa place, non ?

Il attendait clairement une réponse de ma part mais ce fut Isabella qui prit la parole en s'adressant à moi :

-Il est toujours comme ça ? J'ai l'impression d'avoir Cooper face à moi !

-Qui est Cooper ? Demanda Alice au tac-au-tac, faisant se tendre Isabella.

Je fis aussi discrètement que possible signe à Alice de la tête pour la faire taire et fus satisfait de voir qu'elle avait saisi le message. Heureusement, la limousine s'immobilisa à cet instant et nous tournâmes tous la tête en un seul mouvement pour observer la grande roue qui se tenait sur la baie. La lune se reflétait effectivement sur l'océan paresseux et la vue était éblouissante, c'était effectivement une très bonne idée de sortie.

Garrett s'extirpa rapidement de derrière le volant pour venir nous ouvrir la portière et nous rejoignîmes le trottoir avant de nous mêler à la file d'attente pour accéder à la roue. Consciemment ou non, Isabella se positionna de sorte à être protégée par une barrière sur sa droite qui donnait sur l'océan, Garrett derrière elle et moi sur sa gauche. Mes parents ainsi qu'Alice et Jasper étaient en binôme juste devant nous.

L'ambiance était bonne et les conversations allaient bon train même si les yeux d'Isabella scannaient régulièrement la foule présente sur la jetée. Rapidement, alors que nous n'avions pas remonté plus de la moitié de la file d'attente, elle tapota l'épaule de Jasper :

-Hey tu veux bien qu'on échange nos places ?

-Heu, ouais, pourquoi ?

Isabella se faufila de sorte à se retrouver aux côtés d'Alice.

-Et bien les gens autour de nous commencent à me reconnaître et à sortir leur téléphone. En soi c'est pas grave mais je préfère être prise en photo avec ma styliste plutôt que mon garde du corps dont j'aimerais garder l'identité secrète.

-Est-ce que ça serait pas plus simple au contraire que tout le monde sache qu'Eddy est là pour te protéger ? Questionna ma sœur. Comme ça, ça dissuade les gens de t'approcher, non ?

-Pour qu'ils cherchent des façons plus sournoises pour m'approcher ? Non merci !

-Dis-moi Bella, intervint mon futur beau-frère, tu as l'air de bien t'y connaître en fans bizarres.

Elle se retourna pour lui faire face alors que sa bouche se béa. Je vis ses mains profondément enfouies dans les poches de son sweat se poser sur la blessure faite par un de ses fans bizarres. Mon esprit tourna à plein régime à la recherche d'un sujet pour dévier la conversation :

-Au fait Jasper, t'en es où de l'ouverture de ton cabinet ?

Il haussa un sourcil, absolument pas dupe mais comprit ce que j'essayais de faire et parla longuement du complexe multidisciplinaire qu'il allait intégrer une fois son diplôme obtenu. Du coin de l'œil, je vis Isabella se détourner pour fixer le reflet de la lune sur la surface calme de l'océan.

Isabella sortit de sa poche nos tickets pour l'attraction qu'elle avait prévue en amont et il fut temps pour nous de monter dans les nacelles par binôme, les premiers à s'engouffrer à l'intérieur furent mes parents.

-Tiens, je te rends ta femme ! Décida Isabella en échangeant sa place avec Jasper de sorte à se retrouver à mes côtés.

Reconnaissants, les deux entrèrent dans la nacelle suivante, Garrett prendrait celle après nous. Notre plateforme arriva et Isabella et moi pénétrâmes dedans avant qu'elle ne se mette en branle. Nous prîmes très lentement de la hauteur dans le silence. Ma coloc me tournait le dos, faisant face à l'océan, ses mains posées sur la barrière métallique qui courait tout le long de la cabine.

Malgré ses cheveux qui cascadaient dans son dos, je pus discerner ses épaules tressauter légèrement.

-Isabella ? Ça va pas ?

Au lieu de répondre, elle renifla bruyamment alors que ses épaules se secouèrent avec plus de force.

-Parle-moi, je peux pas t'aider si tu m'expliques pas ce qu'il se passe.

Sans même réfléchir à ce que je faisais, je passai mes bras autour de sa taille avant de poser mon menton sur le sommet de sa tête. Initialement tendue, Isabella relâcha chacun de ses muscles avant de se mouler contre mon corps. Nous fixions tous les deux les reflets de la lune sur les vagues fainéantes alors qu'Isabella tremblait dans mes bras, me faisant me sentir inutile. Je ne trouvai rien d'autre à faire qu'embrasser ses cheveux avant de laisser mon nez parmi eux afin de pouvoir inhaler cette odeur de jasmin que je chérissais tant.

-Je suis tellement fatiguée. -Sa voix chevrotante fendit mon cœur en deux.- Tout va trop vite, il se passe trop de choses. Tellement de monde compte sur moi, j'en peux plus.

Ses phrases sortaient de manière précipitée mais aucun sanglot ne hachura ses paroles.

-Chuuut…. C'est Jasper et ses questions pourries qui te mettent dans cet état ?

-Non ! Elle rit et je vis dans le reflet de la nacelle un sourire bref noyé sous les larmes.

-La soirée de demain ?

Sa tête bascula sur mon épaule et je n'eus que trop conscience de la proximité de ses lèvres.

-C'est la cérémonie, c'est Angela, mes parents, ta famille, les jumelles et Jade intubée, et toi...

-Moi ?

-Tu crois quoi, que tu peux me sortir que tu m'aimes depuis des mois et que je vais encaisser ça sans broncher ?

Alors voilà, on allait en parler ? Je pris le parti de l'humour pour faire tomber la pression :

-Alors premièrement je ne "t'ai pas sorti" ça, c'est toi qui as écouté aux portes…

-Edward, arrête. Fit elle en se retournant dans mes bras, se retrouvant à l'étroit contre moi, son souffle caressant mon visage.

Avec surprise, la nacelle s'immobilisa alors que la porte s'ouvrit. Nous nous tournâmes simultanément vers la sortie pour nous rendre compte que nous avions déjà fait le tour de la roue et qu'il était temps pour nous d'en sortir. Au lieu de cela, Isabella essuya grossièrement ses larmes et s'extirpa d'entre mes bras pour traverser la nacelle à grands pas afin de ficher sèchement un billet dans la main de l'employé qui gérait l'attraction :

-On fait un tour de plus ! Elle referma brusquement la porte vitrée et je me rendis compte que c'était la première fois que je la voyais réellement agir comme une star capricieuse. On disait quoi ? Demanda-t-elle en s'appuyant sur la porte close.

En la regardant, je vis ma famille qui nous observait depuis la plateforme de la roue. Alice et Jasper affichaient un sourire entendu qui me tordit l'estomac.

-On parlait de la conversation que tu as surprise.

-Ah oui… Ses yeux tombèrent instantanément sur la pointe de ses chaussures. On aurait mieux fait de sortir en fait.

-Ou on ferait mieux d'en parler une bonne fois pour toute.

Elle leva son visage anormalement fatigué vers moi et sa main passa avec lassitude parmi ses cheveux :

-T'aurais dû m'en parler bon sang ! -Nous y étions, l'abcès était en train d'éclater – J'ai trop de choses en tête pour m'occuper de ça, pour m'occuper de toi. -Elle commença à faire les cent pas nerveusement.- Tu te rends compte que tout le temps où toi tu étais amoureux de moi, j'étais persuadée que toi tu étais après Mike ! J'ai pas eu le temps de me poser la question. -Elle darda ses yeux étincelants sur moi et j'avais la nette impression d'être en train de me faire disputer- Bien entendu, tu as toutes les qualités que je cherche chez un homme, je ne le nierai pas ! Mais il y aurait trop de choses à prendre en compte, il faut réfléchir à tout et puis….

Son esprit tournait à plein régime, j'étais persuadé de voir de la fumée sortir par ses oreilles si je la laissai déblatérer encore quelques secondes de plus, c'est pourquoi je parcourus la faible distance qui nous séparait pour poser un doigt léger sur ses lèvres dans le but de la faire taire.

-Isabella je ne te demande rien de tout cela, je ne te demande rien du tout. Je t'aime, et c'est tout, rien de plus. Maintenant tu le sais et j'aimerais que rien ne change entre nous en attendant que tu prennes une décision, même si ça veut dire que je dois attendre quarante ans pour apprendre que mes sentiments ne sont pas réciproques. Je ne veux pas te mettre la pression ni rien du tout. Ça ne doit rien changer, d'accord ?

-D'accord.

-Bien.

Promis, juré (je ne cracherai pas : je viens de faire le ménage !) Edward n'aura pas à attendre quarante ans pour apprendre que ce n'est pas réciproque hihi