33.
« Je te conseille personnellement de le prendre au dépourvu. Je connais mon parrain. Il aime tout ce qu'il maîtrise, mais ce qu'il préfère le plus c'est l'inattendu. L'inattendu dans le bon sens, j'entends par là. »
Une idée germa dans l'esprit de la jeune femme. Si Severus voulait de la surprise et de l'inattendu, il allait être servi. Harry se décolla du torse de son amoureux, un regard sceptique et en même temps flou.
« Comment tu fais pour paraître aussi sobre toi ? » demanda le Survivant.
« Je vide la moitié de mon verre dans le tien à chaque fois que tu me sers. » répondit le Serpentard en lançant un regard qui annonçait clairement comment allait se terminer leur soirée dans la salle sur demande.
Hermione et Ron décidèrent d'écourter la soirée quand l'alcool manqua et que la tension sexuelle entre Harry et Drago devint trop dure à supporter. Les deux jeunes hommes se regardaient avec impatience et une flamme qu'Hermione connaissait brûlait dans les yeux verts comme dans les yeux gris. Ron regagna la tour de Gryffondor pendant qu'Hermione se dirigeait vers les cachots. Le comportement des deux amoureux avait provoqué en elle un désir qu'une seule personne sur terre pouvait assouvir. Et puis, l'alcool qui coulait dans ses veines n'aidait clairement pas à calmer son désir naissant. Le chemin n'était pas évident étant donné le taux d'alcoolémie qu'Hermione avait. Elle avait arrêté de compter les verres après le quatrième, et vu les trois bouteilles de Whisky descendu, la chose n'était pas facile. D'un pas soutenu mais quelque peu titubant, elle descendit les nombreux escaliers, se félicitant de ne pas avoir dégringolé les quelques étages sur les fesses, et entra dans l'appartement de son amant. Severus était assis derrière son bureau et corrigeait un tas de copies d'élèves. Quand il entendit la porte de ses quartiers se fermer et l'heure bien plus que tardive, il releva la tête en fronçant les sourcils.
« Hermione ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tout va bien ? » demanda-t-il en voyant l'aspect étrange de sa petite amie.
La jeune femme se tenait de l'autre côté du bureau, et laissa tomber sa cape pour qu'elle puisse se retrouver en jupe et chemise. C'est dingue à quel point elle avait chaud. Elle fit le tour du bureau d'un pas lent et sensuel sans quitter une seule seconde son amant du regard. La jeune femme avait peur de mettre fin à ses projets si des inepties sortaient de sa bouche à cause de son état d'ébriété. Elle poussa le fauteuil professoral pour s'installer tranquillement à califourchon sur les genoux de son professeur.
« On ne s'est pas vu de la semaine, et … je crois bien que c'était … intentionnel de ta part… et tu m'as vraiment… vraiment manqué » dit-elle en remontant sa jupe pour qu'elle n'entrave pas ses mouvements et projets.
Severus était surpris, mais ne l'arrêterait pour rien au monde, il plaça de ce fait ses mains sur ses hanches, décidant de laisser Hermione choisir l'avenir de leur soirée. Hermione capta le regard de son amant, trouvant la flamme qu'elle cherchait. Elle se penchant et embrassa langoureusement son professeur. Severus sentit aussitôt le goût de l'alcool dans la bouche de la jeune femme. Il rompit délicatement le baiser.
« Hermione, tu as bu ? »
« Peut-être » dit-elle suivit d'un gloussement.
Severus comprit à cette réponse imbibée d'alcool l'état d'ébriété avancé de sa compagne.
« Je ne suis pas sûr qu'il soit raisonnable de faire quoique ce soit dans ton état actuel… »
Sa phrase semblait elle-même inefficace puisqu'Hermione s'était mise à lécher le lobe de son oreille puis à mordre doucement le contour de sa mâchoire.
« Je sais très bien ce que je fais mon amour… et ce que je veux… » répondit la jeune femme en déboutonnant son propre chemisier, laissant apparaître un soutien-gorge en dentelle noire et une poitrine fermement maintenue.
La Gryffondore commença ensuite à faire des mouvements de reins suggestifs pour attiser le désir et le renflement qu'elle sentait contre elle. Elle reprit ensuite d'assaut la bouche tentatrice pour y glisser sa langue qui partait mener un ballet incroyable avec sa jumelle. La torture fut tellement délicieuse qu'il n'en fallut pas beaucoup plus à Severus pour céder. Il se releva subitement pour poser Hermione sur le bureau, tout en balayant d'un revers de main les copies indésirables. Le fessier de la jeune femme était posé sur la surface dure du bureau en bois, Severus entre ses jambes qui avait pris le contrôle de la situation. Elle lui avait aussi manqué cette semaine. Il avait dû se retenir plusieurs fois de lui demander de passer la nuit à ses côtés. Au fond, il savait qu'ils pouvaient dormir tous les soirs ensemble, mais il ne voulait pas entraver les cours et l'éducations de sa belle. Severus avait prévu de lui proposer de se voir le lendemain, mais l'arrivée surprenant de la Gryffondor lui avait plu, et ses intentions encore plus. Il enleva les vêtements de la jeune femme, puis les siens. Et lentement, sur son bureau, il la fit sienne, lui montrant tout ce qu'il ressentait à son égard.
Quand Hermione se réveilla le lendemain, elle était seule dans le lit. Lit, qui n'était pas le sien mais celui de son amant. Les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire et elle sourit. Oh mon dieu, je lui ai presque sauté dessus. Elle s'assit dans le lit, et comprit rapidement qu'elle avait clairement abusé de l'alcool la veille : son mal de tête et sa bouche pâteuse en était des preuves certaines. Elle avait l'impression qu'un troupeau d'hippogriffes cavalait dans son crâne. Elle enfila une chemise blanche de Severus pour cacher sa nudité et sortit de la chambre. Severus se trouvait dans le salon, attablé à son bureau.
« Bonjour… » murmura la jeune femme en se frottant les yeux encore endormis.
Severus releva la tête de ses copies, un sourire en coin.
« Comment tu te sens ? »
La question était quelque peu moqueuse puisque Severus savait très bien dans quel état on se retrouvait quand on avait clairement abusé de l'alcool et eu une longue nuit mouvementée.
« J'ai mal à la tête, je suppose que je l'ai mérité. » répondit-elle avec un petit sourire en coin. « Qu'est-ce que tu fais ? »
« Je corrige un tas de copies, un petit diable m'en a détournée hier soir. » dit-il, un petit sourire en coin, montrant que si c'était à refaire, il était partant.
La jeune femme sourit et fût gênée en se souvenant qu'elle s'était jetée sur lui. Pourtant elle s'installa tranquillement sur ses genoux, passant ses bras autour de son cou et respirant cette odeur qu'elle aimait tant. Elle s'imaginait elle-même addict à cette odeur, à cette drogue dont elle avait besoin, comme un fumeur aurait besoin de sa dose de nicotine.
« Tu t'es bien amusée hier soir, non ? Je pensais que les sorties à Pré-Au-Lard vous avaient été interdites à tous les quatre.»
Hermione fronça les sourcils, se cachant dans le cou de Severus. Qu'allait-elle répondre ? La jeune femme se tordit les doigts. Comment pouvait-il savoir qu'elle était avec Harry, Ron et Drago ?
« Nous ne sommes pas allés à pré-Au-Lard si cela peut te rassurer. » se contenta-t-elle de répondre de façon vague et énigmatique. « Nous restons enfermés tous les jours au château, alors que les autres ont pu sortir. Je sais que nous sommes dans des circonstances particulières, mais on avait juste besoin de se changer les idées… » expliqua la jeune femme.
Severus comprenait parfaitement le besoin de s'amuser et de se changer les idées. Même si ses jeunes élèves considéraient comme une punition l'interdiction de sortie, c'était en réalité pour leur bien.
« Je suppose que Drago est resté avec Potter pour la nuit dans la salle sur demande. »
« Comment … » commença la jeune femme
« Je suis professeur Hermione… d'ailleurs ton comportement de hier soir devrait être sanctionné… Enfreindre le règlement à plusieurs reprises, consommer de l'alcool dans l'enceinte du lycée, s'en prendre à un professeur… »
Hermione se prit au jeu et mordilla le lobe de l'oreille du sorcier.
« Il ne me semblait pas t'avoir entendu t'en plaindre hier soir… » dit-elle en se relevant avec un sourire moqueur « je vais prendre une douche » annonça-t-elle en enlevant sa chemise de dos.
La jeune femme sourit et regarda par-dessus son épaule d'une façon bien plus que suggestive l'homme qu'elle aimait. Il était brillant et perspicace, il saurait ce qu'elle voudrait. Et c'était le cas.
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« Lucius, as-tu réussi à entrer en contact avec les traîtres de ta famille ? » demanda d'une voix sifflante le Mage Noir.
Lord Voldemort avait été fou de rage, hors de lui quand il avait appris que non seulement deux membres d'une famille réputée de sang-pur s'étaient révoltés, à savoir Narcissa et Drago Malefoy, mais aussi quand une malédiction mortelle avait été détournée d'une façon inconnue sur l'héritier Malefoy.
« Mon Maître, Drago et Narcissa sont protégés et inaccessibles sous la protection de l'Ordre, nous ne pouvons les atteindre. Ce vieux fou de Dumbledore s'est assuré de leur sécurité… Même avec la magie du sang je ne peux… »
« Pourtant tu as senti qu'il était en grand danger de mort peu après l'attaque ! »
Le Mage Noir ne comprenait pas de quelle manière une malédiction, qui avait apparemment était jeté sur le jeune blond, n'ai pas eu pour résultat un succès. Lucius Malefoy choisit scrupuleusement ses mots, cherchant à ne pas nourrir la colère de son maître.
« Ma montre était programmée pour indiquer si mon fils ou ma femme était en danger, c'est ainsi que j'en ai conclu que Drago avait été celui qui avait reçu la malédiction mortelle. » expliqua le blond tout en gardant la tête baissée, signe de soumission et de respect.
L'aiguille représentant le jeune Serpentard était passée le soir du nouvel an de « Protégé » à « En danger de mort ». C'est à ce moment-là que Lucius avait compris que son fils avait été touché par la malédiction de son camarade mangemort. Il s'était inquiété, et avait pesté que son fils soit celui qui avait été touché. Mais il savait aussi que son fils lui avait tourné le dos, et cela faisait de lui un traître, un ennemi reconnu aux yeux de tous les mangemorts. Toutefois, quelques heures plus tard l'aiguille avait indiqué de nouveau « Protégé ».
« Mais il est en vie ! Comment est-ce possible ?! » s'énerva le mage noir, qui pour une fois ne comprenait pas la manière dont l'héritier Malefoy avait survécu à une malédiction censée lui être fatal.
« Je ne pourrais le dire… La seule personne assez intelligente pour trouver un remède serait cette sang-de-bourbe… Peut-être que sa nouvelle magie… »
Voldemort laissa passer un temps de réflexion. Cette née-moldue commençait à lui poser de plus en plus de problèmes. Il devait la faire cesser, à moins qu'elle ne lui explique comment elle faisait pour non seulement sauver autrui mais aussi acquérir une nouvelle magie.
« Amène-la moi, Lucius, cela me convaincra peut-être de ton utilité. »
Le sorcier blond s'agenouilla, baisa la robe noire comme la nuit, s'inclina et sortit de la pièce principale. Il avait une mission à accomplir.
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« Pourquoi Snape s'obstine-t-il à nous donner autant de devoirs ? Tu pourrais pas lui en toucher deux mots Mione, sérieusement ? »
Harry ne cessait de se plaindre et de se tirer les cheveux devant son devoir, qu'il trouvait beaucoup trop dur, de potions. Comment pouvait-il savoir et retenir tous les ingrédients et leur spécificité ? C'était inhumain !
« Elle couche avec lui, elle ne fait pas ses cours. » répondit laconiquement le prince des Serpents en croquant dans une pomme verte.
Hermione regarda autour d'elle pour s'assurer que personne n'avait entendu la remarque sarcastique du blond. La Gryffondore devint rouge pivoine et répondit aussitôt :
« Je ne couche pas avec lui ! Enfin, si bien sûr, mais il n'y a pas que ça ! » dit la jeune femme en rougissant et en lançant un regard noir au blond.
« Mais vous êtes avantagés tous les deux, toi tu es son filleul et toi son âme-sœur ? Si vous échouiez je suis sûr qu'il vous sauverait la mise, nous on est seul ! » ronchonna Ron
« Peut-être que si tu travaillais plus… » voulut répondre Hermione mais elle fut coupée par l'arrivée du sombre professeur de potions.
« Miss Granger ? Pourrais-je m'entretenir avec vous un instant ? » demanda-t-il de sa voix grave sans regarder les trois autres élèves présents à la table de sa bien-aimée.
« Bien sûr professeur. »
Hermione jeta un regard qui en disait long sur le comportement que les garçons devaient adopter s'il voulait rester en vie et suivit son professeur. Il la mena dans une salle vide.
« Qu'est-ce qui se passe pour que tu ne puisses pas m'en parler ce soir ? »
« Ai-je besoin d'une raison pour te voir ? » demanda-t-il en passant son nez dans le cou gracile de la jeune femme. « Je ne serai pas là ce soir, nous avons une réunion professorale, la nouvelle professeure de défense contre les forces du mal va être présentée et je risque de rentrer tard… »
« Tu devras sûrement te faire pardonner demain alors. » répondit-elle en rigolant, puis elle reprit « Je t'attendrais dans ton salon, j'ai des devoirs à faire. »
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Entre deux cours, Severus avait décidé de rentrer dans ses quartiers pour changer une robe qu'un nigaud de première année avait sali. Il pesta contre l'élève inattentif et s'apprêtait à sortir de ses appartements quand, en ouvrant la porte, il tomba sur une personne qu'il aurait souhaité ne jamais revoir de sa vie.
« Hélia ? » demanda-t-il incertain, mais quand la femme aux cheveux blonds se retourna, c'est avec un visage dur et une voix des plus froides qu'il reprit « Qu'est-ce que tu fais ici? »
« Oh Severus, que je suis ravie de te voir, j'étais sûre que tes appartements seraient dans les cachots. » dit-elle en avançant vers lui, jusqu'à rentrer dans ses appartements sans même avoir attendu son consentement.
La jeune femme avait les cheveux blond platine et dégageait une grande confiance en elle. Elle savait ce qu'elle voulait et elle trouverait n'importe quels moyens pour arriver à ses fins.
« Que fais-tu ici ? » réitéra-t-il en tenant fermement sa baguette dans sa manche.
« Mais enfin, tu n'es pas au courant ? » demanda-t-elle de façon rhétorique en cherchant la poussière inexistante sur le rebord de la cheminée « Je suis la nouvelle professeure de défense contre les forces du mal. »
Severus maudit sur les prochaines générations Albus Dumbledore pour avoir engagé cette personne. Il ne savait pas qui elle était, le danger qu'elle représentait pour son bonheur. Il tourna le dos quelques secondes à sa nouvelle collègue pour ranger une cravate rouge et or qu'il avait aperçu et qui pouvait créer tout un tas de problème si sa nouvelle collègue détestée s'apercevait de sa présence. Hélia en profita pour sortir sa baguette et lancer un sort informulé en direction de la cheminée.
« Je pensais que tu serais content d'apprendre la nouvelle, après tout nous avons passé du bon temps, toi et moi, n'est-ce pas ? » minauda-t-elle en s'approchant de l'homme.
Severus revit en une fraction de seconde leur souvenir en commun. Les parents d'Hélia Connoy et les siens avaient engagé leurs enfants dans un mariage très tôt, voyant pour les deux une bonne occasion d'allier deux puissantes familles. Quand Severus devint un mangemort, l'alliance semblait parfaite puisqu'Hélia elle-même avait déjà prêtée allégeance au Mage Noir. Toutefois, à la mort de Lily, Severus rompit toute alliance et tout contact. Il s'était maudit d'avoir cédé à l'appel du pouvoir et du mal. Elle-même avait disparue du jour au lendemain, même quand le Mage Noir était revenu une dizaine d'années plus tard, elle ne se présenta pas et ne répondit pas à l'appel des fidèles. Après toutes ces années, Severus avait présumé qu'elle était morte. Et cette idée ne lui avait fait ni chaud ni froid. La voir revenir dans sa vie maintenant ne présageait rien de bon.
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Comme convenu, le soir-même, Hermione se dirigea vers les quartiers de son amant. Encore une fois, Drago avait prévu de passer la nuit avec Harry, la jeune femme serait donc tranquille pour faire ses devoirs et s'avancer avant que son amant ne revienne de sa réunion. La Gryffondore s'installa en face de la cheminée et commença à potasser ses manuels de potions. Quinze minutes passèrent avant que des flammes vertes ne s'illuminent dans la cheminée et signalent l'entrée de deux personnages : Lucius Malefoy et Fenrir Greybak. Lucius Malfoy avait appri, par des élèves aspirants mangemorts, que son fils avait intégré les quartiers de Snape, et que la jeune sang-de-bourbe s'y rendait toutes les nuits. Soit elle venait pour son fils, soit pour le professeur. Dans les deux cas, elle se trouvait au même endroit. En voyant les deux mangemorts, Hermione se releva précipitamment et se mit derrière le canapé pour placer un obstacle, qu'elle savait bien moindre, entre elle et ses agresseurs. Il fallait qu'elle laisse une marque du passage des mangemorts. D'un sort informulé, une bourrasque fit valser tous ses copies et ses cahiers, provoquant un désordre surprenant dans la pièce. Avant même qu'elle n'ait pu lancer un sort, elle était désarmée et stupéfixiée, tombant à terre dans un bruit sourd, cognant sa tempe contre le coin d'un meuble. Le blond se plaça au-dessus d'elle et donna l'autorisation d'un signe de tête au loup-garou de la soulever.
« Sang-de-bourbe, tu viens avec nous. »
