Bonsoir !

Hey, c'était long, deux semaines. Sérieusement, vos messages m'ont manqué. Je ne suis pas sûre de tenir ce rythme ralenti, je crois que je suis bien trop accro ^^

J'espère que vous avez tous passé un bon Noël, pour ma part les vacances ont commencé avec un génialissime jeu de rôle sur Harry Potter, dans un fort des Alpes, j'ai eu l'impression d'avoir à nouveau 15 ans (sans l'appareil dentaire et les lunettes, ce qui est tout de même une grosse amélioration)

Sinon on m'a dit en review qu'un type comme Clayton ne pouvait pas être proviseur. Oh si, je peux t'assurer que c'est possible. On en trouve parfois même des pire (on en trouve aussi des biens, mais franchement, c'est plus rare). Si vous avez des profs dans votre entourage, demandez-leur ce qu'ils pensent de leurs chefs, ça vous donnera une idée ^^

Ah oui, et une salve d'applaudissement pour Solnd qui vient de lire pour la toute première fois Harry Potter (c'est que je l'ai quand même bien harcelée pour qu'elle s'y mette)(Chlohh, les bouquins t'attendent). Bienvenue dans la bande des Potterfans :D (Le monde des potterfictions s'ouvre à toi désormais !)

Enfin, encore un gros merci à Lounils qui participe beaucoup à l'élaboration de cette histoire.

Bonne lecture (les vacances de Noël, c'est parfait pour ça)


Chapitre 36

Le professeur Weselton marchait de long en large sur l'estrade devant le tableau blanc. La pile de copies, bien serrée dans ses mains, était à l'origine de plusieurs gouttes de sueur glissant sur le front des élèves les plus angoissés, et de ricanements ou soupirs blasés venant de ceux qui, n'ayant jamais réussi à récolter une bonne note en philo, savaient déjà que cette dissertation n'allait pas constituer une exception.

Anna l'écouta d'une demie oreille parler d'éloquence, de réthorique, de pensées et de penseurs, mais en vérité, l'essentiel de son attention était occupé à essayer de déduire où Mérida avait placé son dernier torpilleur.

« F 7 », nota-t-elle sur la feuille de brouillon qui leur servait à communiquer.

- Essaie encore, murmura l'archère avec un sourire.

-... Bien, je vais maintenant vous rendre vos écrits. Pabbie, très bon travail, comme d'habitude. Une réflexion poussée, et un écrit remarquable, 17. Jiminy, des idées recherchées...

Anna avait laissé de côté la partie de bataille navale pour écouter. En général, comme Weselton distribuait toujours les copies par note décroissante, elle avait encore quelques minutes devant elle avant d'être appelée, mais vu que pour une fois elle avait fait un réel effort, elle gardait le mince espoir d'être nommée plus tôt que d'ordinaire.

- Orléans, 10. Quelques idées intéressantes, mais un travail trop superficiel, comme toujours.

Les épaules d'Anna s'affaissèrent tandis que Tiana récupérait ses feuilles. C'était pas encore aujourd'hui qu'elle allait décrocher la moyenne en philo. Mais les noms continuèrent à défiler, et lorsque le professeur moustachu et grisonnant rendit un 6/20 à Peter, elle se mit à paniquer. Elle avait beau négliger cette matière beaucoup trop abstraite à son goût, elle accordait quand même pas mal d'importance à tout ce qui pouvait écorner sa moyenne générale.

Enfin, le prof distribua la dernière copie et retourna à son bureau, sans qu'Anna n'ait rien reçu. Une vague de soulagement envahit l'adolescente, remplacée immédiatement par un souffle de panique. Et si il avait perdu sa copie ?

- Monsieur, dit-elle en levant la main, vous ne m'avez pas rendu ma dissertation.

- En effet, Andersen, répondit Weselton. Vous viendrez me voir à la fin de l'heure pour qu'on en discute.

- Mais... pourquoi ? demanda-t-elle.

- A la fin de l'heure, j'ai dit ! hissa l'enseignant en se dressant sur ses talons.

Anna s'enfonça sur sa chaise et croisa les bras sur sa poitrine, boudeuse. Elle n'avait plus du tout envie d'écouter les éléments de correction donnés par le prof, maintenant.

- Qu'est-ce qu'il te veut, ce con ? murmura Mérida en décrochant ses yeux de l'appréciation accompagnée d'un 11/20.

La petite rousse haussa les épaules, et elles reprirent leur partie de bataille navale.

A la sonnerie, une heure et demie plus tard, elle avait presque oublié son altercation avec Weselton, son ventre affamé et impatient de rejoindre la cantine avait monopolisé toutes ses dernières pensées.

- Bon bah bon courage, dit Mérida. Je te garde une place ou tu veux que je t'attende ?

- Hein, quoi ? Ah ! se rappela-t-elle. Non, vas-y, t'inquiète, je vous rejoins dès que j'ai fini.

Elle acheva de ranger ses affaires, et attendit près de la porte que le dernier élève ait quitté la salle.

- Excusez-moi, mais c'est quoi le problème avec ma dissertation ? demanda-t-elle poliment au vieil homme, une fois qu'ils furent seuls dans la classe.

Weselton ferma la porte et se tourna vers elle. Il prit sur son bureau un ensemble de feuille sur lesquelles Anna reconnut son écriture, les feuilleta sans rien dire, puis plongea son regard dans celui de la petite rousse.

- Le problème, Andersen, c'est que je ne supporte pas qu'un élève me prenne pour un imbécile. Oh, il y en a toujours qui essaient, bien sûr, mais je ne leur laisse jamais la possibilité de s'en sortir.

- Je ne comprends pas, dit la jeune fille d'un ton légèrement inquiet. Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Inutile de vous entêter à poursuivre ce mensonge, Andersen. Je sais que vous avez triché.

- Quoi ? Non ! s'indigna Anna. Non, je n'ai pas triché !

- Ce travail n'est clairement pas le vôtre. Vous n'avez jamais travaillé comme ça jusqu'à présent, et vous n'avez ni la maturité, ni la finesse d'esprit nécessaire pour produire une telle analyse.

Putain, ma finesse d'esprit elle t'emmerde, faillit répliquer l'adolescente. Elle leva le menton, les sourcils froncés et la bouche si pincée qu'elle ne formait plus qu'une mince ligne blanche au milieu de son visage.

- Premièrement, je n'ai pas triché, et deuxièmement, vous n'êtes pas non plus obligé de m'insulter comme ça !

Anna vit les doigts de l'enseignant se crisper sur sa copie. Sérieux, pour une fois qu'elle faisait un effort, c'était bien la peine d'avoir sacrifié un dimanche matin pour cette dissert' de merde...

- Ce sera un zéro, Andersen. Et une retenue.

- Mais puisque je vous dis que je n'ai pas triché, putain ! Est-ce que vous avez une preuve au moins avant de m'accuser sans raison ?

- Vous allez me parler autrement, jeune fille. Vous avez peut-être une relation privilégiée avec Mme Winter, ça ne m'empêchera pas de vous sanctionner pour votre attitude.

- QUOI ?!

Le sang se mit à bouillir dans les veines d'Anna.

- Non mais vous sous-entendez quoi là ? s'indigna-t-elle. Vous n'avez pas le droit de me parler comme ça !

D'un mouvement brusque qui montrait toute l'étendue de sa colère, elle arracha sa dissertation des mains de l'enseignant et sortit à grands pas de la pièce. Elle entendit Weselton crier et lui ordonner de rester et de revenir immédiatement, et elle se mit à courir dans les couloirs pour échapper au prof qui la suivait.

Elle était beaucoup plus rapide que lui, et elle réussit à le perdre tandis qu'elle faisait des tours et des détours dans les couloirs. Elle s'arrêta de courir lorsqu'elle arriva devant la porte de la salle des profs. Elle toqua, et reprit son souffle tandis qu'elle attendait que quelqu'un lui ouvre.

- C'est pour quoi ? demanda un prof qu'elle n'avait pas.

- Je voudrais voir Mme Gerda s'il vous plaît.

- Anna ?

La jeune fille, entendant son nom, risqua un pas à l'intérieur de la salle des profs. Gerda était assise autour d'une grande table, en compagnie d'une dizaine d'adultes, dont Elsa.

La table était couverte d'assiettes, de tupperwares et de bento box, et l'ambiance qu'elle avait visiblement interrompue semblait agréable et bon enfant. Sa prof d'histoire-géo se leva, et l'homme qui lui avait ouvert la porte retourna à son déjeuner, assis juste en face d'Elsa, qui la regarda brièvement avant de se pencher à nouveau, indifférente, sur son assiette.

- Bonjour Anna. Tu as besoin de quelque chose ?

L'avantage à être une bonne élève, c'était que les profs étaient toujours disposés à l'aider ou à répondre à ses questions, et ne la rembarraient jamais lorsqu'elle venait chercher un conseil en salle des professeurs.

- C'est Weselton, répondit l'adolescente, incapable de réfréner la colère qui l'envahissait toujours.

- Monsieur Weselton, intervint l'un des enseignants.

- Ouais, lui, grommela Anna. Il n'a pas voulu me rendre ma dissert, il m'a accusé d'avoir triché, m'a traitée de demeurée et a fait des sous-entendus dégueulasses sur les conneries que Hans a balancé l'autre jour.

Elle était si énervée qu'elle ne réalisa pas à quel point ses mots pouvaient être vulgaires, ni à quel point elle parlait fort. Jamais elle ne se serait permis de parler de cette façon à un prof, si elle avait été dans son état normal.

- Quoi ? s'exclamèrent en choeur plusieurs voix surprises et indignées, et un brouhaha s'ensuivit tandis que presque la moitié des profs présents dans la salle se levaient pour venir la bombarder de questions.

Weselton arriva à ce moment-là, rouge et essoufflé, et le brouhaha se transforma en cacophonie.

- Andersen a triché ! se défendit l'enseignant, que ses collègues pressaient de toute part.

- C'est ce que vous croyez ! répliqua Anna d'une voix forte. Tout ça parce que j'en ai jamais rien eu à faire de vos cours, vous croyez que je suis incapable de penser et de réfléchir ! Recopiez toute ma dissert' dans Google, et vous verrez que pas une seule phrase n'a été pompée d'Internet !

- Sans preuves, Duke, tu ne peux pas la sanctionner, rappela l'un des professeurs.

- Et c'est quoi ce sous-entendu que tu lui aurais fait ? demanda Mme Gerda.

- Je n'ai fait aucun sous-entendu, répondit-il en redressant le menton. Je ne vois pas de quoi vous voulez parler !

- Menteur ! s'exclama l'adolescente.

- Anna ! gronda Gerda.

- Mais il l'a dit ! Il a dit que j'avais des relations avec Mme Winter et que ça ne me donnait pas le droit de la ramener !

Les airs choqués se répandirent sur les visages des enseignants présents.

- Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit, objecta Weselton.

- Et peut-on savoir précisément ce que tu lui as dit, dans ce cas ? demanda Elsa d'une voix autoritaire, l'air particulièrement mécontente et les bras croisés sur sa poitrine.

Le prof de philo ne répondit pas. Anna avait l'impression de sentir sa tête bouillonner de rage, et elle n'aurait pas été surprise si de la vapeur s'était mise à s'échapper de ses oreilles. Si ce petit enfoiré n'était pas un de ses profs, elle lui aurait mis une grosse baffe sans se poser plus de questions. Elle sentait ses yeux commencer à brûler, et sa colère se décupla. Elle n'allait quand même pas se mettre à pleurer en salle des profs à cause de lui ! Pas devant Elsa !

- C'est vraiment dégueulasse de me dire des trucs pareils ! cria la lycéenne d'une voix qui commençait à se briser. Après tout ce que Hans m'a fait comme merde !

- Vous voyez comme elle me parle ? glapit Weselton.

- C'est vrai Anna, tu dois t'adresser aux adultes avec plus de respect, dit Elsa. Mais toi, poursuivit-elle en se retournant vers son collègue de philo, tu es allé trop loin. Anna est une élève, pas un punching-ball.

Le vieil homme ouvrit la bouche comme pour répliquer, et la petite rousse coupa immédiatement, redoutant par avance les mots qu'il pourrait prononcer.

- Et pour ma dissert', on fait quoi ? grogna-t-elle. J'ai pas l'intention d'avoir une bulle, j'ai passé quatre heures sur ce truc.

- Je m'en occupe, dit un homme aux longs cheveux blonds et bouclés.

A ses lunettes rondes et à sa chemise, Anna reconnut en lui le professeur de philo d'Alice, celui que les élèves appelaient le hippie, et qui méritait totalement son surnom.

- Tu ne peux pas faire ça, c'est une de mes élèves ! s'écria Weselton.

- Je pense au contraire que c'est une très bonne idée, intervint Gerda d'une voix diplomatique qui ne laissa pas à son collègue la possibilité de contester. Il aura peut-être un œil neuf, et vous pourrez toujours discuter ensemble de l'appréciation.

Son ton était sans appel, et Weselton poussa un soupir, s'avouant vaincu. L'adolescente tendit sa dissertation au professeur, qui alla immédiatement la photocopier. Tous les profs étaient retournés s'asseoir pour finir leur déjeuner. Weselton avait disparu, Elsa aussi, et Anna se demandait où ils étaient passés. Quand elle fut finalement mise à la porte de la salle des profs, elle partit en courant vers le réfectoire. Elle mourrait de faim.

- Bah alors, qu'est-ce que tu faisais ? demanda Mérida quand elle arriva enfin à la table où se trouvaient ses amies.

Elle posa son plateau en face de celui d'Alice. Leurs assiettes à elles étaient vides, évidemment.

Anna leur raconta tout ce qui lui était arrivé, et Tiana et Mérida rivalisèrent d'indignation. Alice, elle, pointa sa petite cuillère dans sa direction.

- Le sujet de ta dissertation, c'était quoi ?


« Prête pour un nouveau spectacle ? T'es où cette fois ? »

Après un rapide coup d'oeil pour s'assurer que la prof d'anglais ne regardait pas dans sa direction, Anna répondit au sms de Mégara.

« Salle 28, bât B. Tu prends le couloir à gauche quand t'es dans le hall. Y'a des drapeaux partout dans le couloir, tu peux pas les louper ».

« Ca marche ! »

- Hey Mérida, chuchota-t-elle.

La grande rousse releva la tête du texte qu'elle était en train d'écrire.

- Ouais ?

- Meg revient tout à l'heure, ça te dit qu'on aille manger ensemble quelque part après ça ?

- Pourquoi est-ce qu'elle revient ? grogna l'archère en fronçant les sourcils.

Anna hésita. Elle ne pouvait pas vraiment répondre à cette question en pleine classe, c'était pas le moment de laisser fuiter que Meg n'était pas sa véritable petite amie.

- Plutôt deux fois qu'une, dit-elle en haussant les épaules.

- Ok... dit finalement Mérida.

- Alors tu viens ?

L'espace d'un instant, Anna eut l'impression que son amie aurait encore préféré dîner en tête à tête avec Hans que rencontrer Meg. Mais elle s'était sûrement fait des idées, car la réponse de Mérida ne contenait aucune animosité.

- Heu... ouais, d'accord, ça me permettra de la connaître un peu.

- Super !

La même question fut posée par sms à ses autres amis, puis à la fin de l'heure, Anna se leva pour rejoindre dans le couloir sa prétendue petite amie. Elle n'avait pas de casquette aujourd'hui, et ses cheveux retombaient en boucles brillantes sur ses épaules couvertes par un manteau vert foncé.

L'embrasser fut beaucoup plus facile cette fois, puisque de toute façon le geste n'avait aucune signification pour Anna. Comme elles l'avaient espéré, il y eut beaucoup moins de remarques, et même lorsque Hans sortit de son cours d'espagnol quelques portes plus loin, il se contenta simplement, lorsqu'il croisa le regard d'Anna, d'un mince sourire et d'un salut de la tête.

Dans le hall, Alice, Kristoff et Rapunzel les attendaient, et Tiana les rejoignit après avoir langoureusement embrassé Alex Naveen, qui était depuis un peu plus de deux semaines son petit ami officiel. Ensemble, ils quittèrent le lycée pour s'offrir un déjeuner, et surtout un gourmand dessert, au Loir dans la Théière.

Anna avait ses doigts entrelacés avec ceux de Mégara, mais dans un coin de sa tête où elle rêvait toute éveillée, elle imaginait le moment où elle pourrait enfin présenter officiellement Elsa à ses amis.


Même dans la salle des profs, le plan de Tiana semblait fonctionner. Lorsqu'Elsa arriva dans la pièce à la fin de son cours avec les Première ES, les collègues de langue qui venaient d'avoir les Terminales ne parlaient que de ça. Evidemment, Audrey Ramirez semblait très enthousiaste.

- Mais si elle n'est pas du lycée, ne devrait-on pas l'empêcher d'entrer ici ? demanda une des enseignantes qui discutait avec Ramirez.

- Allons, on ne va pas priver Anna Andersen de ce petit plaisir, après tout ce qu'elle a traversé ces dernières semaines. Elles ne font rien de mal. Tant que ça se limite à s'embrasser dans les couloirs...

Le mot frappa Elsa comme la piqûre d'un insecte : instantanée, vive et douloureuse.

Son premier réflexe faillit être celui de s'écrier « quoi ?! », mais elle se mordit la langue juste à temps. Il n'était pas question qu'elle fasse naître des doutes chez ses collègues en ayant une réaction qui ne pouvait être confondue avec autre chose que de la jalousie.

Tout en s'efforçant de calmer les battements exaspérés de son cœur, elle fourra toutes ses affaires de cours dans son casier, rinça la tasse qu'elle avait laissée sur la table à la fin de la récréation, et sortit, laissant ses deux collègues à leurs commérages au sujet de sa petite amie. Si elle se dépêchait, elle pourrait rattraper tout le petit groupe de Terminales devant le lycée... mais non, il lui était absolument impossible de réagir d'une telle façon. Tu n'as plus dix-huit ans Elsa, fourre-toi ça dans le crâne.

Une fois de plus, elle se réfugia dans sa voiture pour pouvoir pleurer sans être vue.

Elle n'arrivait pas à réagir de manière rationnelle. Elle avait beau savoir qu'il n'y avait rien entre Anna et cette fille, qu'elle n'était qu'une actrice dont la mission était de détourner l'attention, ça ne suffisait pas à éteindre la douleur vive qui brûlait dans son ventre. Elle ne pouvait pas dire que c'était une mauvaise idée : le plan avait marché à la perfection. Tout le monde était convaincu qu'il s'agissait bel et bien de la copine d'Anna, les derniers doutes à son égard étaient en train de disparaître, et même Weselton s'était excusé et avait admis qu'il s'était laissé emporter - et Weselton et elle se détestaient depuis le premier conseil de classe, alors recevoir des excuses de sa part était d'autant plus impressionnant.

Elle devrait remercier Mégara pour ça, lui en être profondément reconnaissante, et remercier Tiana d'avoir eu l'idée d'une telle stratégie. Alors pourquoi avait-elle l'impression que son cœur avait été découpé en petits morceaux ?

Tout ce qu'Anna avait fait ces dernières semaines, elle l'avait fait pour Elsa. Elle avait sauvé sa carrière, sauvé sa peau. Alors pourquoi lui en voulait-elle autant ?


- Au fait, d'où tu connais Tiana ? demanda Mérida entre deux bouchées de son déjeuner.

Meg reposa sa fourchette et regarda Tiana avant de répondre.

- Nos pères ont bossé ensemble et sont amis depuis plusieurs années. On s'est toujours vues au moins une ou deux fois par an.

Tiana hocha la tête, comme pour approuver les mots de son amie.

- Oh, dit Rapunzel sans même chercher à masquer sa déception, comme si elle s'était attendue à quelque chose de beaucoup plus croustillant. Et, ça n'a rien à voir, mais tu as toujours su que tu étais gay ?

Anna écoutait la conversation sans y participer, concentrée sur la dégustation de son bagel, mais elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en entendant la question de Rapunzel, la reine des ragots. En face d'elle, Kristoff eut un sourire à la fois moqueur et complice, et elle cacha son visage dans son plat pour s'empêcher de rire.

- Non, répondit la brune. J'ai même eu un copain, quand j'étais en première, mais ça s'est pas bien passé du tout. Rien à voir avec ton Hans, ajouta-t-elle en se tournant vers Anna

- En même temps, pour être pire que lui il faut le faire, dit Mérida en roulant des yeux.

- Mérida... gronda la petite rousse.

- Non Anna, c'est pas parce que tu as fait la paix avec lui que je vais devenir sa pote. Il lui faudra faire vachement plus pour se racheter !

Anna s'apprêta à répliquer, mais Mégara posa sa main sur la sienne et la matheuse, après un instant de surprise, inspira profondément et se détendit. Elle ne vit pas Mérida lui lancer des éclairs.

- Slurrrrrrrrp.

Un silence s'ensuivit, et Alice, qui venait d'aspirer à la paille les dernières gouttes de son thé glacé, reposa son verre.

- Désolée, dit-elle, l'air pas désolé du tout. Au fait, quelle a été la réaction d'Elsa ?

Anna sursauta. C'était la première fois que le sujet était ouvertement abordé, et entendre le prénom de sa prof dans la bouche de ses amies lui paraissait toujours aussi bizarre.

Visiblement curieuses de connaître la réponse à la question d'Alice, Tiana, Mérida, Meg et Rapunzel se tournèrent vers la petite rousse qui baissa les yeux vers son assiette. Ses joues la brûlaient légèrement. Elle savait qu'elle n'était pas à l'aise de parler de tout ça.

- Je ne sais pas, répondit-elle, et c'était la pure vérité.

- Mais tu l'as appelée, tu as parlé avec elle depuis vendredi, non ? demanda Tiana.

- Oui, vendredi soir. Pas longtemps, précisa-t-elle.

- Et qu'est-ce qu'elle en pense, de tout ça ?

- Je...

- Vous allez vous remettre ensemble, maintenant que c'est réglé avec Hans ? demanda Rapunzel d'un ton à mi-chemin entre la question et l'affirmation.

- Je... je ne sais pas, elle...

- Il n'y a plus aucun risque maintenant, assura la blonde.

Tiana et Rapunzel continuèrent de presser Anna avec leurs questions, leur ton rassurant et réconfortant qui mettait les nerfs de la petite rousse à fleur de peau, et Kristoff, Mérida et Meg regardaient, effarées, Anna se décomposer petit à petit.

Lorsque la première larme s'échappa de ses yeux turquoise, elle se leva brusquement, faisant trembler les verres et les tasses sur la table.

- Foutez-moi la paix ! s'écria-t-elle d'une voix beaucoup trop aiguë, ses larmes volant tout autour d'elle. Elle a peur, vous ne comprenez pas ça ?

Incapable de se retenir plus longtemps, elle partit en courant vers les toilettes du café. La porte s'était à peine refermée sur elle qu'elle éclata en lourds sanglots. Elle n'entendit pas, dans le vacarme occasionné par son chagrin, ses amies se disputer pour savoir qui irait la réconforter dans les toilettes. Elle n'entendit pas Mérida traiter Tiana et Rapunzel de commères insensibles, ni Meg traiter l'archère d'égoïste. Lorsque la porte s'ouvrit et qu'elle vit son reflet dans le miroir, Alice fut la dernière personne qu'Anna s'attendait à voir débarquer dans la salle de bain.

La petite blonde posa ses deux mains sur les épaules d'Anna puis serra son amie contre elle en un câlin presque écrasant. Elle ne dit rien, et laissa la petite rousse pleurer sur son épaule jusqu'à ce que ses sanglots aient laissé la place à de petits hoquets. Enfin, la respiration d'Anna se calma.

- Je suis désolée, murmura-t-elle.

- Ne sois pas désolée. C'est normal de craquer. C'est humain.

Il y eut un petit coup sur la porte, et Anna s'écarta doucement d'Alice. C'était Mérida, et la grande rousse avait sur le visage une rare expression désolée. Alice serra Anna contre elle une dernière fois avant de sortir de la petite pièce. Une fois seules, la matheuse se jeta immédiatement dans les bras de l'archère, qui la serra maladroitement contre elle.

- Ne t'inquiète pas, tu la récupèreras, ta chérie.

Les mots de Mérida arrachèrent un nouveau sanglot à la petite rousse, qui l'étouffa dans le pull de son amie.

- Merci Mérida, murmura Anna. T'es vraiment la meilleure amie que j'aurais jamais pu espérer avoir.

Un léger souffle s'échappa des lèvres de Mérida, comme un soupir, et l'archère posa ses lèvres sur les cheveux roux de sa meilleure amie, ses mains la caressant doucement dans le dos en ce qui était la plus grande démonstration d'affection qu'elle ait jamais faite en cinq années de solide amitié.

Lorsque son chagrin arrêta de couler le long de ses joues, elle se sépara doucement de Mérida. La grande rousse prit ses mains dans les siennes et plongea son regard émeraude dans les yeux d'Anna.

- Bats-toi pour elle, dit-elle d'une voix de nouveau ferme, forte, une voix typique de Mérida. Ne la laisse pas partir.

Un mince sourire remplaça la tristesse sur le visage d'Anna.

- Sinon tu vas me botter le cul, c'est ça ?

- Je vous botterai le cul à toutes les deux s'il le faut.


Quand elles retournèrent dans la salle, les filles étaient toujours là, et les desserts avaient été servis. Anna ne pouvait s'empêcher de faire le parallèle avec son rendez-vous au pub avec Elsa et Olaf. Sauf que cette fois, c'était elle qui était partie pleurer dans les toilettes, et c'étaient Alice et Mérida qui étaient venues la réconforter.

Elle avait pris comme dessert un Rocky Road Brownie, qu'elle attaqua à grandes cuillerées. Le chocolat et les marshmallows étaient encore chauds et fondants, et sa première pensée fut pour Elsa. Si elle avait été avec elle dans ce café, au lieu d'être à côté de Mégara, elle le lui aurait fait goûter. Elle savait à quel point son amoureuse aimait le chocolat.

Le nom d'Elsa ne revint pas une seule fois dans la conversation, et Anna en fut soulagée. Comme le vendredi précédent, Anna trouva la grande brune très sympathique et très extravertie. Complètement à l'aise parmi les amies d'Anna, elle discutait et plaisantait avec elles comme si elle faisait partie de leur petit groupe depuis toujours. Elle semblait surtout accrocher avec Kristoff, qui répondait avec humour à chacune de ses réparties.

Vers le milieu de l'après-midi, elles se séparèrent (tout le monde avait des devoirs !) et tandis qu'elle arrivait en scooter devant chez elle, Anna sentit son téléphone vibrer. C'était un message de Mégara.

« Tu fais quoi en général les samedi soir ? »

Anna eut une moue surprise. Euuuuh... Que faisait-elle les samedi soir ? Meg s'attendait-elle à ce qu'elle ait des activités super cool et délirantes ? Honnêtement, à part aller de temps en temps chez Mérida ou Rapunzel, elle restait surtout dans sa chambre. Etait-ce un comportement d'ado normal ? Elle avait pourtant bien l'impression que oui.

« Jeux vidéos, films, devoirs. Pas forcément dans cet ordre. Et toi ? »

La réponse ne se fit pas attendre.

« Ca te dit de faire un tour dans le milieu lesbien samedi soir ? »

Anna hésita en repensant à l'ambiance du bar, lorsqu'elles étaient parties l'autre jour. Elle ne savait pas trop ce que le milieu lesbien pouvait être, mais elle devait admettre qu'elle était curieuse de le découvrir.


- Mérida ?

L'archère, qui fouillait dans son sac depuis quelques instants, à la recherche de sa carte de bus égarée, releva la tête. Encore visibles au bout de la rue, devant le Loir qu'elles venaient de quitter, Anna et Meg étaient toujours en grande conversation. Rap', Tiana et Alice étaient déjà parties vers leur bus, et Kristoff l'attendait pour qu'ils puissent ensemble prendre le leur.

- Ouais ?

- Je voulais te demander... Je ne sais pas comment tu vas le prendre, mais...

Le garçon laissa sa phrase en suspens, et l'attention de Mérida fut immédiatement attirée par son ami. Elle laissa tomber ses recherches, il serait toujours temps de trouver sa carte plus tard.

- Mérida, qu'est-ce qu'il se passe ? C'était quoi, ton attitude avec Meg tout à l'heure ?

Sa voix était inquiète, pas réprobatrice, sinon elle serait déjà partie en pestant. Elle le regarda dans les yeux, mais il n'y avait ni moquerie, ni malice, dans ses pupilles dorées.

- Ecoute, je l'aime pas, c'est tout, répondit-elle. Tu sais que j'arrive pas à me forcer à être sympa si j'aime pas les gens.

Quand même, il la connaissait depuis suffisamment longtemps pour savoir qu'elle n'était pas du genre à être super sociable. Elle était même plutôt misanthrope, parfois.

- Oui mais là, dit-il en se passant les doigts dans les cheveux, tu ne la connais pas, et... Je peux te parler franchement, Mérida ?

Il avait maintenant les mains sur les hanches, et l'air assez sûr de lui, ce qui n'était pas pour la rassurer, vraiment.

- Ouais, vas-y je t'écoute.

- Ca m'a donné l'impression que tu étais jalouse.

C'était une chose d'entendre ces mots, moqueurs et violents, prononcés par un garçon qu'elle haïssait. C'en était une autre lorsque ça venait d'un de ses meilleurs amis.

Le sentiment qu'elle avait essayé de renier quelques jours plus tôt était bien là, et la douleur qui l'accompagnait était bien réelle.

- T'entends quoi par là ? grogna-t-elle, espérant détourner son attention en faisant comme si elle ne comprenait pas.

- Franchement Mérida, si je ne te connaissais pas si bien, je me dirais que tu es amoureuse d'Anna.

L'expression, sur le visage du jeune homme, était définitivement inquiète, et l'archère sentit avec horreur son masque se fissurer. Non, hurla-t-elle dans sa tête. Non, c'est faux. Ses lèvres tremblèrent mais ne s'ouvrirent pas, et elle fut soudain incapable de regarder Kristoff dans les yeux. Bordel, c'est pas le moment de craquer !

Elle était restée une seconde sans réagir alors qu'elle aurait dû éclater de rire. Une seconde de trop, juste ce qu'il fallait à Kristoff pour comprendre qu'il avait visé en plein cœur de la cible.

- Sérieux ? demanda-t-il d'une voix douce et anxieuse à la fois.

Putain mais non, t'as fumé, fous-moi la paix, je ne suis pas amoureuse d'Anna !

Mais aucun de ces mots ne quitta ses lèvres closes, et au lieu de nier, de se défendre, de rire comme si c'était une plaisanterie absurde, elle hocha presque imperceptiblement la tête. Trop tard pour lui mentir, elle ne ferait que le prendre pour un imbécile si elle essayait. Elle était fichue. Autant essayer de s'en tirer avec panache.

Son ami se gratta la nuque, manifestation habituelle de son inconfort.

- Kristoff, je ne t'ai rien dit, Ok ? murmura-t-elle en se ressaisissant enfin, bien que trop tard. Tu ne dis rien à Anna.

- Mais...

- Anna ne doit rien savoir, insista-t-elle d'une voix plus ferme. Ca...ça va passer. Ca va finir par me passer, répéta-t-elle en un murmure, la tête à demi baissée vers le sol.

Ses lèvres se mirent à trembler, et elle les mordilla de toutes ses forces comme si ça pouvait l'empêcher de pleurer. De toutes les personnes qu'elle connaissait à l'exception d'Anna, Kristoff était le seul à qui elle acceptait de montrer une once de faiblesse, sans doute parce qu'il était le seul qui ne se moquerait jamais, et elle le respectait vraiment pour ça. Mais pleurer ? Non, ça, elle ne pouvait pas.

- Je ne veux pas la perdre, pas à cause d'une connerie de... d'hormones, de choses que je ne peux pas contrôler.

- Parce qu'elle ne se doute de rien ? demanda finalement le garçon.

- Bien sûr ! Je ne vais pas m'amuser à lui laisser des indices ! s'exclama-t-elle avec un reniflement dédaigneux. Elle a bien essayé de me parler de... de sentiments et tout, l'autre fois, quand elle s'est fait plaquer, mais je pense avoir réussi à me débrouiller.

Kristoff avança quelques mètres et s'assit sur le rebord de la devanture d'un magasin de fringues, et l'invita à la rejoindre d'un geste de la main. Elle se laissa tomber à côté de lui, les mains croisées sur ses genoux.

- Tu lui as dit quoi ?

Toujours cet air inquiet ! Elle ne savait pas si elle devait le détester ou être reconnaissante d'avoir un ami qui se faisait du souci pour elle.

- N'importe quoi, ce qui m'est passé par la tête à ce moment-là.

Peur d'être amoureuse... Peur d'être amoureuse d'elle, oui !

- Mais alors, pourquoi en décembre, quand tu croyais qu'elle craquait sur toi...

Ouais, ça revenait souvent, comme une private joke, cette histoire. Elle l'interrompit immédiatement. Elle savait bien ce qu'il voulait dire, elle s'était fait la même réflexion des dizaines et des dizaines de fois.

- Pourquoi j'ai paniqué ? Chais pas. Sérieusement, je ne sais pas. J'avais pas encore réalisé... tout ça.

Il hocha la tête, acceptant sa réponse sans essayer de creuser. Elle ne savait pas ce qu'elle pourrait dire de plus. C'était vrai, de toute façon, et à ce moment-là, l'idée de sortir avec sa meilleure amie lui avait paru carrément flippante. Elle avait essayé de trouver une raison, elle s'était même demandée si la perspective de voir Anna amoureuse d'elle ne l'avait pas conduit à ressentir ces mêmes choses. Mais les jours étaient passés, le malentendu avait disparu, et les émotions étaient toujours là.

- Et Mulan ? demanda-t-il au bout de quelques instants de silence.

Une nouvelle mesure d'angoisse tordit son ventre quand elle entendit le nom de son archère aux yeux noirs. Comme une double dose de culpabilité, lourde et oppressante. Juste ce dont elle avait besoin.

- Ouais, c'est la bonne porte de sortie, hein ?

Elle avait dit ça d'un ton aigre et blasé à la fois, accompagnant ses mots d'un soupir un peu résigné.

- C'est pour cette raison que tu ne voulais pas sortir avec elle ?

- Ouais, admit Mérida en se mordillant les lèvres. Je l'aime bien hein, beaucoup même, mais... putain, c'est pas cool pour elle. Elle mérite mieux. Elle mérite que je l'aime vraiment. Que je n'aime personne d'autre qu'elle...

Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle avait besoin de vider son sac, et à quel point ça lui faisait du bien de confesser tout ce qui lui pesait, immensément lourd, sur le cœur. Quand Anna lui avait parlé pour la première fois de ses sentiments pour une fille, lui disant que ça lui était tombé dessus sans qu'elle ne s'en rende compte, elle avait cru que c'était juste une métaphore. Sérieusement, comment quelque chose qui se passe dans notre cerveau pouvait-il arriver sans notre consentement ? Comme si l'amour étaient comme une chanson qui jaillit dans notre cerveau, reste dans la tête pendant des heures, jusqu'au moment où elle disparaît en étant remplacée par une autre.

Mais c'était pourtant vrai. C'était bien arrivé sans prévenir.

Le jour où Mérida avait senti son ventre s'agiter, et son cœur battre plus vite pour Anna, elle s'était sentie piégée.

Et puis il y avait Mulan. Son estomac dansait pour elle aussi, alors qu'est-ce que ça signifiait ? Pouvait-on aimer plusieurs personnes à la fois ? Serait-elle heureuse si elle se laissait aller avec Mulan ? L'aimait-elle plus qu'elle n'aimait Anna ? Pouvait-elle quantifier ça ?

Quand elle pensait à Mulan, elle pensait à ses lèvres qu'elle avait adoré embrasser. Elle pensait à sa peau douce, à ses yeux en amande, rieurs mais aussi remplis d'insécurité qu'elle avait envie de rassurer. Elle aimait lui tenir la main. Elle aimait la regarder à la dérobée quand elle courait ou quand elle tirait, elle la trouvait sexy, attirante. Elle aimerait faire l'amour avec elle, elle y avait déjà pensé. Mais Anna ? Il n'y avait rien de tout ça. Elle voulait juste être avec elle. Elle ne se sentait bien que lorsque la petite rousse était proche, elle y pensait pendant les cours lorsqu'elles étaient séparées, elle y pensait le soir quand elles se disaient au revoir et qu'elle rentrait chez elle, elle y pensait dans son lit avant de s'endormir. Elle voulait Anna près d'elle, tout le temps. Le reste n'avait pas d'importance.

Je n'ai pas envie d'être amoureuse d'Anna, répéta-t-elle pour la millionième fois, comme si elle pouvait convaincre la partie bornée, indépendante, et visiblement hors de contrôle de son cerveau. Je ne veux pas la perdre.

Elle ne se rendit compte qu'elle pleurait que lorsque Kristoff la prit dans ses bras. Elle pensa d'abord à se débattre, puis elle se laissa aller à pleurer contre lui.

- Mérida, tu ne peux pas rester comme ça ! dit-il avec quelques accents de panique dans la voix. Anna, elle...

- Elle aime Elsa, je sais, dit l'archère en ravalant un sanglot. Et pour l'instant, elle doit rouler des pelles à miss bonnasse...

Kristoff eut une grimace compatissante.

- Elle sera heureuse quand elle sera de nouveau avec Elsa, et moi je veux qu'elle soit heureuse, dit Mérida d'une voix étouffée, le visage enfoui dans la nuque de son ami.

Et c'était vrai. Même si elle aurait aimé être la source de son bonheur, elle était toujours contente lorsque son amie était d'humeur joyeuse. Depuis sa rupture avec Winter, on ne pouvait pas dire que c'était le cas

- Fais gaffe, quand même, souffla-t-il contre ses cheveux. A tout encaisser, tu vas tomber en morceaux.

- T'inquiète, répliqua-t-elle, avec beaucoup moins d'assurance qu'elle ne l'aurait voulu.

Il écarta Mérida de lui et la regarda dans les yeux, ses mains fermement posées sur ses épaules.

- C'est pas la peine de faire ta wonderwoman, Mérida. J'ai pas besoin d'être impressionné, ajouta-t-il d'une voix très sérieuse. Tu sais, je me fais du souci pour toi. Pour vous deux. Tu vas arriver à un stade où ça te fera du mal d'être avec Anna, tu arrêteras de la voir pour ne plus souffrir, et elle ne comprendra pas pourquoi.

- Et je la perdrai.

- Et tu la perdras, conclut-il.


Un gros câlin pour Mérida.

J'espère que ce chapitre vous a plu, et j'attends avec impatience vos retours :)

Bonne fin d'année et à bientôt,
Ankou