Bonjour à tous,
Désolée pour le retard mais période difficile pour l'inspiration !
J'attends toujours vos suggestions pour la suite des aventures d'Harry.
Que pensez-vous de sa nouvelle personnalité ?
Bonne lecture et à bientôt.
Guerre de communautés
Dans la grande salle, les hiboux volaient dans tous les sens, délivrant leurs missives ou déposant des exemplaires de « La gazette du Sorcier ». Depuis l'entrée des élèves pour le petit déjeuner, le va-et-vient des volatiles était incessant. En cette période de vacances de Noël, les jeunes sorciers étaient exceptionnellement nombreux à ne pas avoir regagné leurs foyers respectifs. Beaucoup souhaitaient se perfectionner en auto-défense et profiter de l'interruption des cours pour renforcer les liens entre les anciens membres de l'Armée de Dumbledore. En effet, cette année scolaire était si chargée que les élèves n'avaient pratiquement aucun loisirs et que très peu l'occasion de rencontrer les disciples des autres maisons. Une sortie à Pré-au-Lard était prévue pour l'après-midi et chacun attendait avec impatience ces premières heures de vrai temps libre depuis la rentrée de septembre. Mais les sombres nouvelles de ce matin allaient contrarier ces heureux projets.
- Ecoutez tous ! criait Neville Londubat, debout sur un banc pour attirer l'attention. Un article de Barnabas Cuffe en personne !
Le jeune homme brandissait la dernière parution de « La gazette du sorcier » sur laquelle on pouvait voir et entendre en couverture des dizaines de Moldus affolés essayant de s'échapper d'une usine en flamme. Pour que le Directeur du journal prenne lui-même la plume, il fallait croire que l'évènement était d'importance !
- C'est une attaque des Mangemorts ! Et des Détraqueurs ! continua le jeune homme alors que peu à peu le silence se faisait. Je vous lis un extrait : « Depuis ce matin, la Grande-Bretagne est confrontée à une série d'attaques aussi dévastatrices qu'inexpliquées de la part des Mangemorts, récemment évadés de la prison d'Azkaban. Ces derniers ont lâchement agi en collaboration avec les Détraqueurs, créatures qui, rappelons-nous, les avaient aidés lors de leur évasion. Ces immondes individus ont créé la panique dans le monde Moldu, détruisant systématiquement la plupart des installations électriques du Royaume et ainsi, plongeant de nombreuses villes anglaises dans le noir. Plusieurs dizaines de victimes sont par ailleurs à déplorer, gravement atteintes par les déflagrations. Le premier Ministre de la Grande Bretagne a demandé des comptes au Ministre de la Magie. Les relations sont désormais très tendues entre nos deux communautés… »
- Mais pourquoi les Mangemorts attaqueraient-ils les Moldus ? l'interrompit alors Dean Thomas. Il y a toujours eu un accord tacite entre nos deux mondes. Les sorciers n'ont aucun intérêt à se dévoiler ainsi !
- Je suis bien d'accord, intervint à son tour Hannah Abbot. La sauvegarde de notre monde repose sur la discrétion. Nous ne sommes pas de taille en face du reste de l'humanité, nous sommes bien trop peu nombreux ! Qu'est-ce qu'il leur prend ? Ce n'est pas seulement nous qu'ils mettent en péril, mais eux aussi par la même occasion ! C'est un vrai suicide ! Imaginez que les Moldus décident de riposter ! Ils ont parait-il des armes d'une telle puissance que nous pourrions être définitivement rayés de la surface de la Terre !
Plus encore que les propos du directeur de la Gazette, l'émoi de la jeune fille sembla soudain figer l'assistance. Depuis des centaines d'années, les sorciers vivaient effectivement dans le plus grand anonymat. Tous réalisaient en cet instant que leurs ennemis de toujours risquaient de briser le fragile équilibre qui permettait la survie de leur communauté.
Les propos fusaient dans toute la salle, chacun apportant son commentaire après avoir lu son courrier ou bien son exemplaire du journal. Minerva McGonagall écoutait les différentes théories élaborées par les élèves tout en gardant un air sévère. Elle ne pouvait s'empêcher de relier les récents évènements aux élucubrations d'Harry lors de la dernière réunion de crise. Et son inquiétude grandissait. Pourtant, ce dernier affichait le même air affolé que ses camarades ! S'il jouait la comédie, il était particulièrement doué. Mais la coïncidence paraissait trop flagrante…
La Directrice du château n'était pas la seule à observer le jeune homme. Hermione aussi avait les yeux braqués sur lui. Même si ce n'était pas pour les mêmes raisons. La veille encore, elle avait cherché son frère en vain. Cette fois, il n'allait pas s'en tirer comme ça ! D'un pas résolu, elle se dirigea vers lui et, le coupant dans sa conversation avec Ernie MacMillan, le Préfet des Poufsouffle, elle le tira par le bras :
- Viens avec moi ! Il faut qu'on parle !
Sous l'œil ébahi de ses compagnons, elle l'entraina rapidement dans la salle sur demande. Elle voulait disposer de temps pour lui arracher des aveux, de temps pour partager ses secrets, de temps pour prendre des décisions difficiles.
- Mais enfin, qu'est-ce qui te prend ? l'interrogea Harry. Ça ne t'intéresse pas tout ce qui se passe ?
- Si, au contraire. Justement, tu vas m'expliquer où tu as passé la journée d'hier.
- Hier ? Mais quel rapport avec… Je n'ai rien fait de spécial, je me suis reposé dans ma chambre.
- Ne me raconte pas n'importe-quoi ! Je t'ai cherché partout ! Tu n'étais PAS dans ta chambre ! Ni Ron ni Neville ne t'ont vu d'ailleurs.
- Mais ça rime à quoi cet interrogatoire ? Oui, je suis aussi allé me promener un peu dans le parc…
- Te promener ? Alors qu'il pleuvait des cordes ?
- Je voulais aller voir Hagrid, là, ça te va ? Mais il n'était pas chez lui. Tu vas m'expliquer maintenant ce que tu me reproches ? Pourquoi tu es en colère ?
- Écoute Harry, tu dois me faire confiance. On a traversé tant d'épreuves ensemble. Et tu as été là pour moi. Au moment où j'en avais le plus besoin. C'est à mon tour de t'aider maintenant.
- Je ne comprends rien de ce que tu me racontes ! M'aider à quoi ? Tout va bien, je t'assure !
Il avait l'air si convaincant ! Et convaincu lui-même ! La jeune fille ne savait pas comment s'y prendre pour le pousser à se confier.
- Ah oui, tu vas bien ! Tu vas me faire croire que tu n'as plus de cauchemars ! Tu vas me faire croire que tu ne ressens rien de bizarre ! Tu vas me faire croire que tu n'as AUCUN lien avec les récents évènements ? Tu es capable de me raconter chaque minute de ta journée d'hier ?
- Si c'est pour me lancer des accusations à la figure que tu m'as fait venir ici, je ne veux pas en entendre davantage. Je m'en vais !
- Non ! Harry… attends, je… je te demande pardon. Mais vois-tu, je m'inquiète. Tu dois avouer que tu as beaucoup changé ces derniers temps. Tu ne dois pas avoir peur de te confier à moi. Je suis de ton côté. Rappelle-toi ! Tu m'as entendu lorsque je t'ai appelé au secours. Avoue, toi aussi cela t'a désarçonné, n'est-ce pas ?
- Écoute Hermione, répondit le jeune homme d'un air fatigué. Je ne veux pas me disputer avec toi. Nous sommes à présent si proches, comme nous ne l'avons jamais été, comme je ne l'ai jamais été avec personne, je ne veux pas gâcher notre relation. Mais tu ne peux pas m'espionner en permanence. J'ai changé, oui, tu as raison. Je ne suis plus le petit garçon qui avait constamment besoin de toi, ou de Ron. Je dois désormais prendre mes propres décisions, choisir mon chemin de vie. Je ne vais pas dépendre de toi éternellement !
- Oh Harry, je t'en prie, ne m'exclue pas de ta vie ! Je suis ta…
- Je sais, tu es ma meilleure amie, la seule amie que j'ai en fait. C'est pour cela. J'ai eu trop peur pour toi. Je ne veux plus que tu aies à subir à nouveau une telle épreuve. Je ne veux plus que tu sois en danger. Laisse-moi gérer la situation. Seul. Je t'en prie, tu dois me faire confiance. Désormais, tu ne risques plus rien. Je serai toujours là pour te protéger.
Le jeune homme la prit alors dans ses bras. Elle savait qu'il ne servait à rien d'insister, en tout cas pour le moment. Mais elle ne baisserait pas les bras, elle serait là pour lui, malgré lui. Blottie dans ses bras, respirant son odeur, elle se rendait compte que son corps avait changé, il était devenu si grand, et ses muscles s'étaient développés. Elle éprouvait pour la première fois un sentiment de sécurité et elle se surprit à penser qu'il avait peut-être raison, il veillerait désormais toujours sur elle.
La journée s'écoula lentement, morne et triste. La sortie à Pré-au-Lard avait été annulée. Hermione s'était isolée, elle voulait réfléchir. Elle avait été sur le point de tout avouer à Harry. S'il ne l'avait pas interrompue… Est-ce que ça aurait changé quelque-chose ? Il lui demandait de lui faire confiance, mais il était si différent du garçon qu'elle avait aidé tout au long de ces nombreuses années. Elle ne doutait pas de son amour pour lui, de son amour à lui, et pourtant, une part d'elle ne rejetait pas complètement la mission confiée par Dumbledore. Que ferait-elle si elle découvrait que son frère avait joué un rôle dans les attaques contre le peuple anglais ? Que ferait-elle si Harry devenait dangereux pour le monde des sorciers ?
Déprimée, en quête de consolation, elle se dirigea en fin de soirée vers le quartier des professeurs. Ce soir, elle avait envie de parler à Charlie. Ce soir, elle avait envie de toucher Charlie. Ce soir, consciente que désormais l'avenir serait douloureux, ce soir, elle voulait être une femme dans les bras de Charlie.
