Une si fragile flamme.

2e partie : le Purgatoire.

Disclaimer: tous les personnages sont à JK Rowling, sauf ces 8 là: Aurelius, Mireán, Kermar, Eric Sidle, Mathilde Soledango, Adrian Celas, Crimson Lance et Elric. Les poèmes et citations qui sont en tête de chapitres ne sont pas de moi non plus. Et la track-list, c'est juste pour l'ambiance…

Chapitre 3: L'interrogatoire.

Dumbledore revint quelques minutes plus tard accompagné du professeur de potions.

- Entrez et asseyez-vous, dit Fudge en désignant une chaise en face de lui. Avant que nous commencions, je tiens à vous présenter mes condoléances.

- Merci, répondit Snape même si il aurait préféré ne rien dire.

- Bien. Vu la tournure des événements durant l'audience, je vous propose de tout reprendre depuis le début.

- Nous n'y voyons pas d'inconvénients, déclara Dumbledore.

- Dans ce cas…Nom, prénoms, âge, qualité, profession.

- Snape, Severus Wilhelm, trente-huit ans dans deux mois (1), veuf, enseignant en potions au collège de Poudlard depuis plus de seize ans.

- Quand êtes-vous entré à Poudlard ?

- En septembre 1971 en tant qu'élève, et en septembre 1981 en tant que professeur.

- Quand êtes-vous devenu Mangemort ?

Snape regarda Dumbledore.

- Allez-y.

- J'ai reçu la Marque des Ténèbres juste avant la fin de ma septième année.

- Pourquoi vous êtes-vous engagé dans les partisans de Voldemort ?

Le professeur de potions hésita.

- Parce que je me suis laissé entraîner par mes camarades, mais aussi parce qu'à cette époque, je croyais en un certain idéal.

- … qui a conduit à la mort des milliers d'innocents, intervint l'Auror qui était assis à la droite du ministre.

- Taisez-vous. Je vous ai déjà dit que c'était moi qui posais les questions, rétorqua brusquement Fudge en se tournant vers lui. Reprenons. Pourquoi avez-vous décidé de quitter les Mangemorts ?

- Parce que j'ai vu trop d'horreurs et que j'y ai participé. J'ai vu des familles entières complètement décimées, y compris les enfants…

- Des regrets très tardifs, lâcha l'Auror.

- Quand est-ce que vous allez cesser vos insinuations ? demanda Snape. Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait. Toutes les nuits je revois le visage de mes victimes. C'est pour ça que j'ai rejoint le camp des adversaires de Voldemort.

- Avant, ou après sa chute ? insista l'officier.

- Avant, vous le savez très bien, répondit le professeur en haussant le ton. Je ne serais pas ici si je ne l'avais pas trahi. Et je mourrai très probablement pour ça.

- Severus, calmez-vous, murmura Dumbledore en posant sa main sur son bras pour l'arrêter.

- Merci, Albus, lui dit Fudge. Quant à vous, continua-t-il en se tournant vers l'Auror, je vous demande de sortir.

- Á vos ordres, monsieur le ministre, siffla l'officier.

Avant de quitter la pièce, il se retourna et regarda Snape.

- Avouez quand même qu'un mariage entre un Mangemort et une opposante de Voldemort n'est pas courant.

- QUOI ? s'écria Severus.

- Dehors ! hurla Fudge, cette fois hors de lui.

L'homme referma doucement la porte en sortant. Snape fixait la table, abasourdi par ce qu'il avait entendu.

- Qu'a-t-il voulu dire ? interrogea Dumbledore, lui aussi stupéfait.

Le ministre resta muet, gêné.

- C'était ma femme, j'ai le droit de savoir ! explosa le professeur en se levant brusquement, renversant sa chaise au passage.

- Par pitié, professeur, rasseyez-vous. Je vais vous dire ce que nous savons. Je dois d'abord vous demander ce que vous saviez d'elle.

- Je…Je ne sais que ce qu'elle m'avait dit et que j'ai répété au professeur Dumbledore ce matin. Elle m'avait fait comprendre qu'elle avait quitté son pays mais sans me dire pourquoi exactement. Elle tremblait à chaque fois qu'elle en parlait. Je n'ai jamais rien su d'autre, malgré la legilimancie. C'est comme si elle avait voulu tirer un trait sur son passé.

Dumbledore confirma ses propos.

- Et elle, savait-elle qui vous étiez ?

- Je ne lui ai jamais caché. D'ailleurs, avec ça, dit-il en relevant sa manche, j'aurais eu du mal. Je l'aimais. Je n'avais pas le droit de lui mentir. C'est même elle qui m'a proposé d'effacer la Marque, bien que ça n'ait pas marché.

- Pourquoi avez-vous tu votre mariage ?

Severus soupira.

- Regardez-moi, monsieur le ministre. J'ai presque trente-huit ans, je suis laid et ma réputation de Mangemort me précède partout où je passe. J'avais toutes les raisons de ne révéler à personne que je m'étais marié.

- Lesquelles ?

- Une des premières qualités d'un Mangemort, c'est de ne pas s'attacher, pour être capable d'éliminer la personne en cas de besoin. Il n'a pas de relations autres que d'intérêt. Je suis tombé amoureux de Mathilde sans m'y attendre. Personne ne m'aurait cru si j'en avais parlé. Et puis je ne voulais pas…je ne voulais pas la mettre en danger à cause de mon passé.

- Justement. Vous auriez dû tout dire et la mettre en sécurité à Poudlard.

- Je sais. C'est ce que j'allais faire le jour où vous m'avez arrêté et conduit à Azkaban.

Il y eut quelques secondes de silence gêné. Le deuxième Auror écoutait, impassible, prenant des notes. Fudge regarda Snape dans les yeux.

- Je vais être direct avec vous et vous dire pourquoi je suis ici, déclara Fudge. Comme je l'ai expliqué ce matin au directeur, ce sont les autorités sorcières françaises qui m'ont demandé d'ouvrir une enquête sur la mort de Mathilde Soledango.

- Le ministère français de la Magie ?

- Oui. Votre femme était française. Et elle était parfaitement bilingue, c'est pour ça que vous ne vous êtes rendu compte de rien. Le ministre français m'a transmis son dossier. Vous n'avez rien su parce qu'elle était leur meilleur agent. Langues, sortilèges, legilimancie… Elle avait quitté son pays parce qu'elle estimait être plus utile ici depuis le retour de Voldemort. Et sa famille…

- Mais agent de quoi ? le coupa Snape.

- Elle traquait Voldemort et ses partisans.

- Des gens comme moi, autrement dit ? Elle était Auror et je l'ignorais ?

- Oui. Ou plutôt non. Comment est-ce que je vais bien pouvoir vous expliquer ?

Severus darda ses yeux noirs sur lui.

- Vous n'aviez aucune chance de savoir qu'elle était Auror. Elle luttait contre les Mangemorts, et elle avait constitué un réseau de résistance et de renseignements assez important. Mais elle vous aimait, et nous en savons suffisamment sur elle pour penser qu'elle ne vous aurait pas épousé si vous aviez encore été du côté de Voldemort.

- Oh, ça me rassure de savoir qu'elle ne se servait pas de moi et qu'elle ne me considérait pas comme un monstre.

- Nous non plus.

- Nous non plus quoi ? demanda le professeur de potions qui sentait la colère monter.

Fudge déglutit et jeta un regard en coin à Snape. Justifier les actes du ministère n'allait pas être simple. Surtout cette bavure monumentale.

- Je vais abandonner les charges.

- Vous vous foutez de moi ?

- Je vous conseille de tenir votre langage.

- Tenir mon langage ? Ce n'est pas vous qui avez passé une semaine à Azkaban au milieu de la pourriture et de l'humidité ! Ce n'est pas vous qui passez pour un traître aux yeux du monde ! Ne me demandez pas de surveiller mon langage quand vous-même ne savez pas ce que c'est que la mort civile. Maintenant, je sais pourquoi Sirius Black vous haïssait tant.

Le ministre rougit violemment.

- Taisez-vous ! rugit Fudge.

- Il est hors de question que je me taise. J'ai été arrêté comme un chien. Vous avez terrorisé mes élèves. Depuis que je suis rentré, ils me regardent comme si j'allais les tuer ou les transformer en quelque chose de pas naturel.

- Severus, s'il vous plaît…dit Dumbledore.

Snape inspira profondément.

- Non, Albus. Le ministère a détruit en quelques minutes ce que j'avais mis dix-sept ans à construire. Qu'est-ce qu'il me reste, à présent ? Je n'ai même plus Mathilde à mes côtés.

- Vous êtes toujours professeur, répondit le ministre.

- J'en ai assez entendu, siffla le professeur en se levant pour partir.

- Où allez-vous ?

- Là où je ne vous entendrai plus. Si vous me cherchez, Albus, je suis chez moi.

Il sortit en claquant la porte, laissant Dumbledore, le ministre et l'Auror muets.

- Pourquoi a-t-il réagi comme ça ? demanda le ministre après un instant de silence.

- Vous n'aviez pas besoin de lui dire toute la vérité ! Il culpabilise énormément depuis la mort de sa femme. Ce que vous lui avez appris ne va pas arranger les choses.

- Je ne lui ai pas tout dit.

- Comment ça ?

- Il ne sait pas qu'il a été dénoncé.

- Si, il le sait. Je lui ai parlé de la lettre anonyme. Mais dites-moi, Cornelius, êtes-vous certain de ne pas avoir reconnu l'écriture ?

- Bien sûr, pourquoi ? Qu'est-ce que vous insinuez ?

- Il m'avait semblé reconnaître l'écriture de monsieur Malefoy, bien que ça ne soit pas possible, vu qu'il est sous très haute surveillance. Ce serait dommage pour vous de rater le procès du siècle, n'est-ce pas ?

Dumbledore s'arrêta. Fudge était passé du rouge au blanc presque instantanément en entendant ses paroles.

- Cornelius ?

- Lucius Malefoy…Lucius Malefoy s'est évadé d'Azkaban il y près d'un mois, murmura le ministre.

- Oh, Seigneur…

Le directeur se leva et ouvrit la porte de la salle. Il jeta un dernier regard à Fudge.

- Cette fois, la guerre est vraiment déclarée, Cornelius. Espérez qu'elle ne soit pas trop meurtrière, parce que vous en porterez la responsabilité.

(1) il est né le 9 janvier 1960.

Prochain chapitre: le professeur Snape tombe malade.