Auteur : Lonely Seira
Titre : Le temps d'une vie
Genre : Romance/Yaoi/UA/OOC
Rating : M
Pairing : Naru/Sasu (Autres couples secondaires)
Disclaimer : Naruto et ses petits camarades du manga portant le même nom sont la propriété entière et exclusive du divin Masashi Kishimoto.
Chapitre 35 : Première épreuve...
Dans mon appartement, seul face à un furieux dilemme. Comment vais-je faire mon entrée dans la salle d'examen ? Je vous entends rire d'ici, vous moquant de moi parce que je me pose une question aussi stupide. Mais ça a son importance ! Étant gamin, j'aimais beaucoup me faire remarquer ... le plus souvent je n'en faisais même pas exprès en plus, ça me venait naturellement (Pour plus de détails, référez-vous à la première fois où j'ai pris part à l'examen ...). Là en revanche, faut que je ménage mes effets ! Ça me lourde à mort de devoir me farcir toutes ces conneries ... en particulier l'épreuve écrite (J'ai beau avoir grandi, la littérature c'est toujours pas ma tasse de thé) alors au moins, je voudrais m'amuser autant que je le peux. Et pour tout vous dire, rien ne m'éclate plus que de foutre les jetons à mes ennemis ... enfin adversaires dans ce cas précis. J'adore les voir trembler, sentir le malaise s'insinuer en eux ... ouais j'avoue, j'aime qu'on me craigne, c'est mon grand kiffe ! J'ai besoin de me défouler, de passer mes nerfs mais là je ne peux pas ... interdit de se battre pendant la première épreuve, c'est carrément l'angoisse ! Alors je me rabats sur les moyens du bord (C'est puéril je sais ... mais c'est drôle nan ?).
Alors évidemment, mon long manteau noir est de la partie, ainsi que mes manchons de cuir dont les pointes de métal resplendissent (Oui je les ai astiquées ... et alors ?). Le souci, c'est le choix des armes. On n'a pas le droit de se battre, mais chacun se munit quand même de son arme de prédilection. Parce que le but de cette entrée en matière, c'est de jauger ses adversaires et de repérer les plus dangereux. Celui qui a le malheur de faire profil bas a toutes les chances d'être le premier à déguster pour la deuxième épreuve ... on s'attaque d'abord à la brebis galeuse, c'est bien connu ! En toute logique, moi qui ai envie d'un peu d'action, je ne devrais pas me montrer redoutable pour être sûr qu'on me tombe dessus après. Mais en toute honnêteté, je n'ai pas vraiment l'intention de m'attarder un siècle dans cette forêt infestée de bestioles répugnantes. Alors plus on me foutra la paix, mieux ce sera !
Enfin, j'arrête mon choix sur l'évidence même : Miroku. Elle dort dans son parchemin depuis bien trop longtemps et elle risque d'être plutôt de mauvais poil au réveil, mais je tente le coup. Et puis je dois bien le dire, elle m'a manqué à mort. Elle est le symbole même de la puissance, majestueuse ... dangereuse ...
« Comme moi !
- Bah tiens, y'avait longtemps !
- Quoi ? J'veux être de la fête moi aussi !
- J'avais pas l'intention de te laisser sur le carreau non plus ...
- Vrai ?
- Que veux-tu y faire ? T'es un vrai emmerdeur, mais dans des situations comme celle-ci, c'est encore avec toi que je m'éclate le plus. Et puis quand tu t'ennuies t'es encore plus chiant alors autant te donner quelque chose pour t'occuper ... On y va ?
- Pars devant j'te suis !
- Désopilant ! »
10h. Je marche à vive allure, Miroku solidement attachée dans mon dos. Sur le chemin qui me conduit à l'Académie, je croise plusieurs passants qui me regardent avec des yeux ronds. Ça doit faire bizarre de ressentir une aura aussi menaçante dès le matin ... mais ça ne vient pas de moi pour le coup. Ma partenaire, froide et ténébreuse se décharge de toute sa frustration en faisant ressortir tout ce qu'elle peut d'angoisse et de terreur. Vous avais-je déjà dit qu'elle n'avait rien d'une épée banale ? Longue de près d'1m60, elle est forgée dans un métal aussi noir que les cheveux de mon homme. Sa poignée est parée de cuir tandis qu'à la garde reluit une pierre précieuse d'un noir d'encre. Une fine gravure teintée de blanc court tout le long de la lame, tranchant avec le reste de son corps. Sa particularité vient cependant du fait qu'elle ne soit pas qu'un simple objet dénué de toute vie. En son sein, est scellé un esprit de la nature d'une rare puissance, piégé dans une entrave métallique par un ninja du Pays de la Roche il y a de cela quelques siècles maintenant. Aujourd'hui, c'est moi qui ai la chance de la posséder. Enfin ... j'ai de la chance uniquement lorsqu'elle est de bonne humeur. Dans le cas présent, elle a plutôt envie d'en découdre furieusement. Entre elle et Kyuubi, je peux vous assurer que mon voyage n'a pas été triste !
Continuant mon petit bonhomme de chemin, l'académie arrive enfin à portée de vue. Il y a fort à parier qu'il y aura déjà foule dans la salle, mais ça m'arrange, je n'aime pas être le premier dans ce genre d'évènement. Je traverse la cour en vitesse et arrive à la porte principale. À peine suis-je entré dans le bâtiment que je peux déjà sentir la tension palpable qui y règne. Je parcours les couloirs d'une démarche assurée. Plus je m'approche de mon objectif, plus la pression augmente.
Devant la porte, je visualise déjà tout ce qui se passe à l'intérieur : les plus jeunes participants en mode panique intégrale, se demandant ce qu'ils font dans cette galère. Les vieux briscards qui font ressortir leur aura de puissance et leur assurance pour impressionner l'assemblée. Les ninjas des différentes nations qui se jaugent les uns les autres. Les murmures, les regards lancés à la dérobée, les esprits calculateurs qui tournent à toute vitesse ... encore un petit quart d'heure pendant lequel on laisse la sauce monter, et ce sera le moment parfait pour Ibiki et sa petite troupe de faire une entrée fracassante. En parlant d'entrée, il est temps que je fasse la mienne !
Je pose ma main sur la poignée et m'apprête à l'actionner quand ...
- Naruto attends !
Je me retourne pour lancer un regard assassin sur celui qui m'a ainsi interpelé ... et coupé en plein élan. Je vois alors mon ancien senseï arriver vers moi en courant.
- Iruka ... Un problème ?
- Un message de l'Hokage, dit-il en reprenant son souffle. Pour cette épreuve ... à cause de la dernière question ... tu sais ?
- Oui ... la fameuse dixième question. Celle qui doit nous amener à nous mettre en position de Chuunin à la tête d'une équipe pour prendre une décision selon une situation donnée ...
- Euh ... oui, c'est exactement ça. En fait, pour cette question, il faut que tu te mettes dans l'état d'esprit de l'équipe ... mais comme tu es seul ...
- J'te vois venir avec tes gros sabots ...
- Oui ... désolé, dit-il d'un air un peu contrarié. Mais pour cette épreuve, tu vas devoir prendre la responsabilité d'une équipe de jeunes aspirants de Konoha. Ils ont été mis au courant ce matin. Tu vas devoir agir comme si tu étais à leur tête ... autrement dit, si tu te plantes ...
- ... je les plante avec moi.
- C'est ça. Décision de Godaime-sama. Elle ne voulait pas te le dire avant de peur que tu ...
- ... ne refuses purement et simplement de participer ... oui ... joli mouvement de sa part j'avoue. Elle n'est pas Hokage pour rien. Mais à vrai dire, je m'y attendais un peu.
- Ah oui ?
- J'ai déjà passé l'examen une fois alors je connais les enjeux ... j'étais juste curieux de savoir à quel moment elle me lâcherait sa petite bombe, dis-je d'un air las.
Iruka retient un pouffement avant de me sourire et de me poser une main sur l'épaule.
- Bon, tu es paré maintenant ... bon courage !
- Mmh ...
Je lui fais un signe de tête avant qu'il ne reparte aussi vite qu'il est venu. Me tournant à nouveau vers la porte, j'attrape une seconde fois la poignée, mais cette fois-ci, je l'actionne et ouvre le battant d'un geste ample, en lançant un regard circulaire dans la pièce. Le tableau que j'ai décrit précédemment s'étale alors sous mes yeux, au détail près.
Lorsque j'ai ouvert la porte, de nombreux regards se sont tournés vers moi. Je n'y prête pas la moindre attention, refermant derrière moi après être entré. Je fais quelques pas, tentant de repérer les mouflets de Konoha qui doivent être en train de baliser à mort ... un petit mot d'encouragement ça ne peut pas faire de mal. Je les repère enfin sur ma droite ... en fâcheuse posture apparemment. Il y a là deux équipes de jeunes Genin. L'une, composée d'adolescents de 14 ans à tout casser, regardant l'autre d'un œil effrayé. Cette deuxième team, constituée de trois gamins de 13 ans à peine, semble en effet être aux prises avec des ninjas du Pays de la pluie qui les dépassent tous de deux têtes au moins. Tactique d'intimidation habituelle.
Je me dirige vers ce petit groupe d'une démarche lente, les mains dans les poches. Jusqu'à ce que j'arrive juste derrière deux des ''agresseurs''.
- Alors les jeunes, pas trop stressés ? Demande-je sur un ton décontracté en regardant les Genin d'un air souriant.
Les gamins me regardent avec une expression légèrement suppliante tandis que les trois ninjas de la pluie se retournent pour me dévisager.
- De quoi tu te mêles toi ? lance alors un jeune homme à l'air renfrogné qui se retourne vivement vers moi pour me lancer un regard mauvais, mais se fige net en me voyant.
- Je viens juste voir des ninjas de mon village ... ça te pose un problème ? Réponds-je alors d'un air froid mais calme, tout en intensifiant l'aura de puissance qui émane de moi.
Le malaise se fait immédiatement ressentir. Ayant vu que la tension montait de ce côté, la plupart des autres ninjas se sont tus pour voir comment allait évoluer la situation. Mon opposant me détaille rapidement. Je le dépasse de près de 25 cm, ce qui le place immédiatement dans une position inférieure à moi. Ma carrure faisant aussi plus du double de la sienne, il commence à me regarder d'un œil un peu inquiet. Solidement accrochée dans mon dos, on peut aussi voir dépasser le manche et la lame de ma Miroku, dont la vision n'a rien de rassurant non plus. Il lance un bref regard à ses équipiers, qui lui font alors comprendre qu'un repli stratégique s'impose.
- C'est bon, on dégage, crache-t-il d'un ton hargneux mais malgré tout mal assuré avant de s'éloigner.
Je souris en le regardant. Ils ont voulu faire les malins en s'en prenant à plus petit qu'eux, mais alors qu'ils s'éloignent d'un air qui se veut digne, je peux parfaitement sentir les frissons qui les parcourent.
« Pourquoi faut-il toujours que les morveux aient le feu à la bouche ? Ils peuvent pas se tenir tranquille non ?
- On n'y peut rien Kyuu-sama, c'est comme ça. Il faut toujours impressionner les copains, quitte à se rabaisser en s'attaquant à plus faible que soi. »
Je reporte mon attention sur les trois gamins devant moi.
- Vous allez bien ?
- Oui ... euh ... merci ... ils sont subitement venus nous provoquer alors qu'on n'avait rien fait, me répond un garçon aux cheveux châtains clairs coupés très courts sous un bandana portant le symbole de la feuille.
- C'est toujours comme ça pendant la première épreuve, ne vous en faites pas, dis-je d'un ton rassurant.
- Vous ... avez déjà participé ?
- Oui ... Il y a des années. Rien n'a changé, murmure-je en réprimant un bâillement.
- Euh ... dites ? Reprend alors le jeune garçon. Vous êtes Uzumaki-san c'est ça ?
- Oui c'est ça ... désolé de m'incruster avec vous comme ça, je suppose que c'est avec vous que je fais équipe non ?
Le garçon fait un petit signe de tête, baissant les yeux d'un air penaud, visiblement intimidé par mon apparence et ma voix grave.
« Tu fais peur aux gosses ...
- Merci j'avais remarqué ! »
Je souris d'un air bienveillant pour tenter de les rassurer. Voyant cela, les trois demi-portions relèvent la tête en souriant timidement. Je m'apprête à leur demander leur prénom quand ...
- Attention !
La Kunoichi de la bande venait d'écarquiller les yeux et de crier, alors que j'attrapais déjà d'un geste vif le Kunai qui avait été lancé dans ma direction, sans même le regarder, figeant net toute l'assemblée, soufflée par ma rapidité de réaction. Mon visage est redevenu inexpressif, ou plutôt devrais-je dire d'une neutralité à vous glacer le sang. Je tourne lentement la tête vers l'origine de ce Kunai, trouvant à cet endroit l'équipe de ninjas de la pluie. L'un d'eux, coéquipier du gars à la langue enflammée, est encore bloqué en plein mouvement, les yeux écarquillés de stupeur. Main droite toujours en poche, je jette un regard indifférent vers le Kunai que j'ai saisi au vol de la main gauche. Je pousse un petit soupir las.
« Ces mômes ont la tête dure.
- Oui, comme tu dis ... une petite démonstration de puissance ça te tente ?
- Pourquoi pas ! Qu'est-ce tu vas nous faire encore ?
- Admire l'artiste ! »
D'un geste vif, je renvoie le Kunai en direction de son propriétaire, sous les exclamations étouffées de plusieurs personnes, qui manquent alors de s'étrangler lorsque sans crier gare, je réapparais une micro-seconde plus tard derrière ma cible, tenant de ma main droite, le Kunai une nouvelle fois rattrapé à la dernière seconde, dont la lame est pointée entre ses deux yeux. Un silence de mort s'abat sur la pièce.
« Crâneur !
- Bah, on s'refait pas hein ? Il va faire dans son pantalon dans moins de deux minutes.
- Naruto ... pense à la femme de ménage ! »
Réprimant un pouffement de rire, je me contente alors de murmurer d'une voix d'outre-tombe à l'oreille du jeune homme pétrifié de trouille qui se tient devant moi :
- Je crois que tu as perdu quelque chose, dis-je alors en baissant le Kunai et en le lui mettant dans la main avant de repartir d'un pas tranquille vers mes ''coéquipiers''.
Tous les regards me suivent, la plupart des ninjas figés en mode ''gobage de mouches'', la mâchoire pendante. Derrière moi, j'entends le bruit sourd de quelqu'un qui s'effondre à terre. La statue humaine vient de plier sous son propre poids, tombant à genoux, le corps parcouru de tremblements incontrôlables. À peine ont-ils tous le temps de se remettre en marche, qu'une explosion se fait entendre et qu'une voix puissante s'exclame :
- Tous ceux qui foutront le bordel pendant cette épreuve seront jetés dehors sans sommation avec un 45 fillette carré bien profond dans l'cul !
Je réprime un sourire ... du Morino Ibiki dans toute sa splendeur ! Les ninjas se retournent d'un mouvement vif vers l'estrade, où viennent d'apparaître une vingtaine de Chuunin à l'air pas commode, posté derrière un homme semblant sortir tout droit d'un vieux film de gangsters. Des cicatrices sur le visage, le regard glacé, l'air fort peu aimable et une carrure ignorant tout du mot ''chétif'', bien visible sous un long manteau bleu marine. Ibiki passe un regard circulaire sur le parterre de Genin, s'arrêtant alors vers le principal acteur du ''bordel ambiant'', et ne peut s'empêcher de sourire en coin. Uzumaki Naruto bien sûr ... qui d'autre ?
- Bien ! Vous êtes entre mes mains pour une heure et demie. La première épreuve commencera dès que vous aurez rejoint les places qui vous ont été attribuées et que les consignes auront été données. Formez une ligne et venez prendre un numéro pour le placement !
Un brouhaha s'élève dans la salle lorsque tous s'exécutent sans décocher un mot. Dix minutes plus tard, chacun est à sa place. Je suis assis au premier rang, complètement à gauche. Délestée de mon dos, Miroku est posée en appui sur le bord de la table qui a émis un grincement sinistre sous son poids. J'ai dû réaliser un petit jutsu pour la renforcer en toute discrétion, sans quoi elle se serait brisée en deux quasi instantanément. Ibiki nous énonce alors les règles de l'épreuve. Le système très étrange du décompte de points, la surveillance étroite des Chuunin qui nous entourent, l'élimination de toute l'équipe si un seul des membres échoue et la fameuse dixième question dont le contenu nous sera révélé dix minutes avant la fin de l'épreuve. Du déjà vu.
Un papier, un crayon, du silence, des gens qui se concentrent à en suer toute l'eau de leur corps ... absolument tout ce que je déteste. Le top départ a été donné il y a cinq minutes. J'ai parcouru les questions d'un rapide coup d'œil ... rien compris. Je pourrais faire ces exercices avec bien moins de difficulté qu'autrefois mais franchement ... ça me gave ! La théorie c'est bien joli mais moi je préfère la pratique. Ne reste donc plus qu'à partir à la pêche aux infos chez les Chuunin infiltrés. Je sens des regards lourdement posés sur moi. Jouant nonchalamment avec mon crayon, je tourne la tête pour regarder d'un œil indifférent le Chuunin le plus proche qui me fixe en souriant d'un air narquois.
(Si t'espères me coincer en flagrant délit de triche, tu vas attendre longtemps mon coco !).
Je ramène toute ma concentration sur ce que j'ai à faire. La première étape étant de repérer celui sur lequel il faut tout pomper. Plutôt facile. Si on considère les enjeux et le degré de tension dans cette salle, tous les ''vrais'' participants doivent avoir un rythme cardiaque plus élevé que la moyenne. Même les plus calmes ne peuvent empêcher leur cœur de battre légèrement plus vite sous la pression. Seules des personnes n'ayant rien à gagner ou perdre dans cette salle auront des battements de cœur réguliers. Je ferme les yeux pour focaliser mon énergie sur mon ouïe uniquement. Parcourant la salle, isolant chaque son émis, jusqu'à ce qu'enfin, je tombe sur un homme dont le cœur bat à vitesse normale et dont la main court avec un poil trop d'aisance sur sa feuille ... trouvé !
Deuxième étape, récolter les informations en toute discrétion pour les coucher sur ma propre copie. Ça aussi, plutôt facile. Il suffit d'utiliser une technique de dissociation du corps et de l'esprit, un peu dans le genre qu'utilise la famille Yamanaka ... en moins sophistiqué cependant. Bloquant tous les muscles de mon corps, je force mon équilibre vers mon esprit, lui injectant une plus forte dose d'énergie vitale, ce qui me permettra de le faire exister en dehors de mon corps pendant quelques minutes. Un tour de passe-passe que j'ai appelé ''projection''. C'est un exercice plutôt difficile et l'essayer en de telles circonstances est un excellent moyen de progresser. Mais je dois bien sûr faire tout ça sans laisser transparaître un quelconque changement dans mon chakra. Je me concentre de plus en plus, et enfin, je me retrouve avec la sensation de flotter, surplombant tous ces cerveaux surchauffés qui stressent sur leur copie. Tout serait bien plus évident si la salle restait calme en permanence, mais malheureusement, des candidats bien peu discrets se font avoir et virer les uns après les autres. Je me ''rapproche'' de ma cible avec précaution, puis mémorise le contenu de sa feuille d'examen. Niveau réflexion sur des exercices théoriques, je ne suis pas bien dégourdi quand ça m'emmerde, mais heureusement pour moi, j'ai une mémoire photographique formidable.
Réintégrant bien sagement ma place, je rouvre les yeux, détendant mon corps, avant de commencer à écrire. Autour de moi, le nombre de participants diminue à vue d'œil, la salle se faisant purger des moins doués d'entre nous. Certains sortent en maugréant, d'autres en contestant avec plus de vivacité, se faisant systématiquement rembarrer par un coup bien porté. Le temps défile, et le moment de la délivrance approche. Ibiki regarde l'horloge une dernière fois avant d'annoncer.
- Bien, il va maintenant être temps de passer à la dernière question. Mais avant toute chose, sachez qu'après avoir répondu, celui de vous-même ou des camarades de votre équipe qui aura comptabilisé le moins de points sur le total de sa copie se verra bouté hors de cette salle avec interdiction de se représenter un jour à l'examen !
Les exclamations indignées et apeurées s'élèvent toutes d'une même voix. Le calme revient immédiatement lorsque la voix d'Ibiki retentit à nouveau.
- Si toutefois vous ne vous sentez pas à la hauteur, vous pouvez dès maintenant abandonner avec la possibilité de revenir l'an prochain. Cette décision n'engagera que vous, si les autres membres de votre équipes veulent poursuivre, ils pourront rester. Faites votre choix.
Je souris, à la limite de la jubilation. C'est une situation que l'on peut aussi bien rencontrer sur le terrain. Je ne me pose même pas la question de savoir ce que je dois faire tant c'est évident. D'un mouvement, je me lève sans hésitation, et sans prêter attention aux nombreux regards qui se posent sur moi. J'attrape ma Miroku d'un geste, me dirigeant hors de la salle. Mon regard s'arrête une seconde sur chacun des membres de mon équipe provisoire, faiblement surpris pas mon visage serein. Ils se lèvent alors tous également, n'hésitant pas l'ombre d'une seconde à me suivre. Une fois hors de la salle, la porte refermée, un Chuunin nous fait signe de le suivre dans une autre salle un peu plus loin et d'y attendre. Installés à l'intérieur, je regarde les trois gamins qui se tortillent de malaise devant moi. Ils semblent encore surpris de leur propre audace, tournant le dos sans sourciller à cette occasion de monter en grade.
- Pourquoi m'avez-vous suivi ? Demande-je alors. Avec l'un de nous en moins, vous aviez toutes les chances de passer. Un seul membre par équipe doit être éliminé.
- Bah ... euh ... en fait, commence le plus petit des trois, un binoclard arborant une chevelure noire bouclée fermement tenue en arrière sous son bandeau. Moi j'ai pensé que c'était pas juste que vous partiez pour nous donner une chance alors que c'est vous qui alliez sûrement comptabiliser le plus de points. Je me suis dit que ce serait plus normal de passer tous ensemble ou pas du tout.
Les autres acquiescent d'un petit mouvement de tête, montrant qu'ils ont suivi le même raisonnement. Je souris en les regardant. Ils ne sont pas bêtes ces gamins.
« Et encore heureux parce que tu l'as joué à quitte ou double là !
- Que voulais-tu que je fasse d'autre ? Je devais faire confiance à mon équipe ... même si je les connais à peine.
- T'as d'la chance qu'ils ne soient pas débiles ! Tu t'rends pas compte ou quoi ?
- La barbe ! Bosser en équipe ça veut dire ce que ça veut dire. Fallait que je fasse avec. Et si t'es pas content le bureau des pleurs c'est chez la vieille, pas dans ma tête !
- Non mais sérieux ! Partir comme ça en leur lançant juste un regard vaguement éloquent ... c'est de l'inconscience ! T'aurais pu mieux assurer en leur envoyant un message plus explicite !
- Et quelle différence ça fait ? Ils ont suivi non ?
- C'est bien ce que je dis ! T'as eu de la chance ! T'aurais pu nous faire rater la forêt de la mort ! J'veux y retourner moi. On s'était bien amusés la première fois.
- Parle pour toi ...
- Toi tu ne dois pas te rappeler de grand chose mais moi si ! Ça sentait bon la peur et le sang ... j'veux revoir ça ! Et t'aurais pu tout faire foirer p'tit con !
- T'as pas un peu fini de râler ? Tu me gâches mon plaisir !
- N'empêche que s'ils n'avaient pas suivis, tu te serais retrouvé comme un con et là, c'est moi qui aurais bien ri de te voir rester Genin.
- Raah ! Ta gueule, tu m'saoûles ! »
Me renfrognant un peu face aux réprimandes de la carpette, je me cale bien au fond de mon siège et attends en silence que l'épreuve se termine enfin. Les minutes passent et d'autres équipes nous rejoignent, étonnées de se retrouver réunies une nouvelle fois alors qu'elles pensaient que tout était terminé. Finalement, nous nous retrouvons avec 14 équipes, bien loin des 39 lorsque nous avons commencé l'examen. Un peu plus loin, je constate la présence de la deuxième équipe de Genin de Konoha, tous assez tendus d'attendre comme ça. Enfin, Ibiki pénètre dans la pièce en ouvrant la porte d'un geste brusque, faisant sursauter tout le monde (Mis à part moi bien sûr !).
- Alors, je n'aurais qu'une chose à dire, vous qui avez choisi de reculer ... félicitation à tous ! Vous venez de passer avec succès la première épreuve !
Des airs incrédules se figent sur les visages, des murmures étonnés se font entendre. Les regards s'échangent.
- Ceux qui ont quitté la salle d'examen par peur n'ont pas été conduits dans cette salle et ont bien évidemment échoué. Ceux qui y sont restés en laissant leur camarade partir ou alors qui ont pris le risque de sacrifier un membre du groupe pour continuer ne sont pas mieux que les couards qui n'ont pensé qu'à protéger leurs arrières. Seules les équipes dont les membres ont décidé unanimement de sortir sont réunies ici. Vous avez choisi de donner à chacun de vos équipiers la meilleure chance de s'en sortir sans sacrifier l'un des vôtres et le laisser derrière vous. En mission, vous serez amenés à prendre ce genre de décision. Bien sûr, les ninjas qui échouent à une mission sont des déchets, mais ceux qui abandonnent leurs équipiers sont pires encore.
Je souris largement en entendant ça. Je suis sûr qu'en cet instant, Kakashi serait incroyablement heureux que la philosophie de son père, le Croc blanc de Konoha, se soit ainsi instaurée dans les cœurs comme une règle absolue.
- Vous avez fait le choix difficile de reculer tous ensemble, pour mieux revenir après, et une équipe soudée est le facteur déterminant qui fait basculer la finalité de la mission vers la réussite ou l'échec. Soyez divisés, abandonnez vos camarades, sacrifiez-les, et vous serez perdants. Soyez unis, et vous pourrez toujours trouver une réponse à vos problèmes. C'est ainsi que vous pourrez servir votre village avec honneur et di...
Une forte explosion retentit soudainement, faisant reculer tout le monde alors qu'un boulet de canon déboule dans la salle et que se déploît sur le mur face à nous, une immense banderole sur laquelle s'étalent des mots écrits en gros caractère :
La somptueuse Anko, impératrice de la terreur et des sueurs froides vous souhaite la bienvenue pour la deuxième épreuve !
Et à ce moment s'avance devant nous une femme énergique à forte poitrine (Oui je sais Kyuu ... les Kunoichi de Konoha sont bien pourvues de ce côté-là !) qui se poste avec fierté devant la banderole.
- Arrête de les assommer avec tes discours Ibiki ! Le temps est venu de passer à l'action ! Alors ... mes mignons petits poussins, vous m'appartenez maintenant, dit-elle d'une voix douce et cruellement sadique alors qu'Ibiki se pince le coin des yeux en réprimant un soupir de profonde lassitude.
Et oui, malgré les années, rien ne change !
Note de l'auteur : Et voilà, ma petite réadaptation de la première épreuve tout en conservant son essence ... j'espère que ça vous aura plu parce qu'il en reste encore deux à passer ! D'ailleurs, dimanche 14 Juin, c'est le n°36 pour un "Pique-nique en forêt...".
Bonne semaine à tous !
