Helloooooooooooooooooo ! Plus que deux semaines avant mon tatouage. Vite, vite, vite !

HeYa-NaHe : Alors je suis désolée mais je n'ai pas compris le " Sans doute avant ? " ça doit remonter à quelque chose que j'aurais dit nan ? x) Ce n'est pas que dernièrement hein, c'est tout le temps. xD J'exagère. Au début de l'histoire Lucy se montre comme la méchante donc au premier abord c'est pas forcément quelqu'un qu'on va apprécier. En tout cas merci pour ta review. :')

L.Z.12 : Roh, j'espère que ce n'était pas que pour lire mon chapitre que tu étais encore debout à cette heure là. Clém&Lucy ( Clémcy ) sont dans la merde oui, c'est le cas de le dire. Enfin, ça s'arrange petit à petit. Ça fait un moment en effet mais dans... trois chapitres ( ah oui quand même ) tu en seras plus sur eux. Mais c'est super un voyage à Londres ! Profite bien et j'espère que tu n'auras pas que de la pluie. xD Merci pour ton avis ! :')

OoO-RED-OoO : Option cute non négligeable ? La dernière scène ? Oui, Hermione n'est pas non plus folle. x) Alors ce n'est pas le fin de mot concernant la mère de Clémence mais en tout cas il y a une rupture. Merci pour ta review. :')

SQForeverSQ : Je vais bien et toi ? Merci de me dire tes pensées concernant le dernier chap de Val. Merci également pour tes compliments et oui corriger demande un investissent et il faut remercier ces personnes qui prennent sur leur temps. Lucy est trèèèès jalouse. x) J'espère que ce chapitre répondra à tes attentes et merci pour ta review. :')

Craspouille : C'était bien ce film qui est juste dit en passant, super ! Merci pour ta review. :')

Cottigny : Déjà enlève ta première phrase car c'est stupide, tu ne sers pas qu'à laisser des reviews. Mais à dire que je suis géniale aussi. :D Oui donc du coup vu que tu n'es absolument pas patiente, tu as eu tes réponses à tes questions. Il est stupide et dans ton histoire il sert à quoi au fait ? Oui c'est bien Taylor et j'ai pas prévu d'OS. Désolée. x) Ne parlons pas de guimauve ici tu veux, on va voir que je suis gentille. Non elle se cache encore mais tu verras pourquoi dans le chapitre de Lucy. Pas de spoile, pas de spoile ! Lexa va mourir.. La théorie de la Cité des Lumières circule à fond.. MAIS HEDA IS BACK. Sinon merci pour tes reviews et tes compliments, tu sais déjà tout ce que j'en pense et ne vais pas m'étaler..

KoraKay : Ne t'excuse pas pour l'arrivée tardive de ta review voyons, tu commentes quand tu veux. Merci de souligner que mes OC ont bien leur caractère. Parfois j'ai du mal à m'en rendre compte, donc c'est super. :') C'était fait exprès que ce soit aussi, comment dire, théâtrale oui. Je pense que le souvenir joue beaucoup, c'était volontaire aussi, de la faire passer pour la méchante mère en apparence alors qu'en fait elle souffre et qu'elle a du mal à joindre les deux bouts. Elle a très souvent agi comme une mère avec Clémence et tu seras pourquoi dans ce chapitre, et là pour cette situation elle est vachement sur le coup car elle a perdu des enfants. Ce n'est pas évident à vivre cette seconde place et c'est vrai d'ailleurs que Clémence ne fait rien pour rassurer Lucy là-dessus. La relation de Lucy et Valentine peut devenir très saine oui, sans faire trop de spoil. Clémence et Lucy font la paire toutes deux concernant les évènements durs et je suis contente que tu es comprise ce lemon de cette manière, c'était principalement ce que je voulais montrer. :') Hum.. je suis très touchée par ton dernier paragraphe, merci d'avoir cette pensée. Ça a été un plaisir de lire ta review. :')

SssslytherinGirl : Oh ne t'excuse pas je comprends tout à fait que ton emploi du temps soit chargé. Je ne commenterai rien sur la chantilly. :p Oh dans ce chapitre tu ne pourrais pas oublier qu'elle est enceinte. xD Ben c'est ça, les homophobes te sortent des passages de la bible mais ils omettent les autres qui disent qu'il faut aimer son prochain etc, ça me rappelle un épisode de Grey's quand Callie dit ceci à son père. Contente que tu l'aies grandement apprécié ce chapitre et merci pour ta review. :') PS : Cette fois-ci je vais le faire tout de suite car tu vois ça m'est sortie de la tête...

mileesi : Lucy s'accroche, c'est une battante. Je ne ferais aucun commentaire sur cette chantilly... Hermione était là, ça devrait répondre à ta question. x) Ah tu le seras dans son prochain point de vue ! Donc en fait le prochain chapitre. C'est bien ce film oui. :) et elle aime bien chanter je l'ai mentionné dans son POV Noël. Ça fait très fin en effet. xD Mais fin de ses emmerdes. Ah ah ! Bon je te le dis mais à toi seule, quand elle essaye de changer de sujet rapidement et un air très sérieux. Merci pour ta review. :')


Résumé : Hermione commence à être débordée par la charge de travail qui lui tombe dessus, entre ses cours, ses amis, et Valentine elle n'a plus de temps pour elle. Après sa première nuit avec sa copine et quelques questions sur son passé, sa vie va bon train même si elle ne peut pas s'empêcher de s'inquiéter pour ses amis. Clémence lui a fait part de sa grossesse et son meilleur ami de son quasi-flirt avec Luna. Ron semble démontrer une certaine forme de jalousie ou d'inquiétude.

Après presque avoir craqué, Lucy a réussi à se débarrasser de la dernière dose de drogue qu'elle gardait. Sa relation avec Clémence est enfin officielle mais derrière cet avancement, elle reçoit une lettre de son père lui demandant de venir récupérer ses affaires. C'est la douche froide, heureusement, Clémence et sa mère sont à ses côtés. Elle est toujours aussi jalouse de Valentine vis à vis de sa copine mais contre toute attente, elles arrivent à partager un moment complice.

Bonne lecture à tout le monde !

Merci à Mynock pour la relecture du chapitre.


CHAPITRE TRENTE-SEPT : LA RÉBELLION A SONNÉ

Clémence Johnson

Nous sommes dans la salle d'attente et nous patientons depuis vingt minutes. Entourées de couples hétérosexuels. La décoration de la pièce est classe, il y a quelques tableaux accrochés aux murs, un bouquet de fleur posé sur la table au centre met de la gaieté ; bien que les visages de toutes ces femmes enceintes suffisent à éclairer n'importe quel homme perdu en mer, tellement leur bonheur saute aux yeux. Lucy prend ma main. Elle prend l'arrivée de mon enfant très au sérieux et je ne lui en serai jamais assez reconnaissante.

Après ce rendez-vous, je dois aller voir monsieur Conor au Ministère de la Magie pour gérer la situation avec ma mère et il faut que je voie ma sœur. Les paroles de ma marraine résonnent à l'infini dans mes oreilles.

« Elle pense que tu traficotes quelque chose et cette situation me rend mal à l'aise. Ta sœur agirait différemment »

J'ai eu une chance inouïe. Tomber enceinte n'était pas censé m'arriver. C'est comme ça, la maladie que j'ai m'empêche d'avoir des enfants biologiques. Pourtant, par je ne sais quel miracle, je suis bien enceinte et à cause de ma mère, je ne peux me résoudre à penser positivement, à être heureuse. Elle m'en empêche, continuellement.

- Miss Johnson ?

Nous nous levons et je laisse passer Lucy avant moi, alors que j'allais rentrer à mon tour, je m'exclame.

- Mais qu'est-ce que tu fais là Elisabeth ?

- Aucun enfant ne devrait traverser ces étapes seul.

Je lui souris tendrement et nous nous installons toutes les trois chacune sur une chaise. Mon médecin, habillée d'un tailleur classe signé d'une marque de prestige, comme l'atteste l'étiquette de sa veste qui dépasse légèrement, nous accueille d'un chaleureux sourire. Ma marraine m'a expliqué que c'est l'une des meilleurs gynécologues de Londres et qu'elle a l'habitude de recevoir des jeunes femmes enceintes. Elle est divorcée depuis peu ; la marque de sa bague étant encore présente à son annulaire gauche et elle ne doit pas avoir plus de quarante-cinq ans. Les cadres de ses diplômes me rassurent.

J'écoute attentivement et essaye d'oublier la douleur présente dans ma tête qui commence à se faire de plus en plus persistante.

- Je vois dans votre dossier médical que vous suivez un traitement et il va falloir que vous arrêtiez le temps de votre grossesse le Topalgic LP. On ne sait pas exactement les effets mais c'est très fortement déconseillé.

- Clémence tu vas bien ?

Je regarde ma marraine et réalise que je suis debout. Je n'ai aucun souvenir d'une telle action. Je me rassieds et demande perdue.

- Je prends ce médicament pratiquement tous les jours, ça fait six ans que je suis ce traitement qui m'aide vraiment et là vous me dites que je vais devoir arrêter ? Il n'y a pas d'autres solutions ?

- Non, vous prendriez le risque de mettre en péril la santé de votre enfant en continuant. Je peux vous prescrire un médicament moins puissant.

La médecine magique fonctionne très différemment de celle moldue. Dans le monde dans lequel m'a fait grandir ma mère, c'est-à-dire celui qui l'arrangeait, nous sommes allées à St Mangouste quand j'ai commencé à faire mes crises et dans un hôpital moldu pour soigner mes maux de tête. Peut-être qu'en allant soigner ma maladie dans le monde moldu, le résultat final sera différent. J'acquiesce pour avoir un autre traitement même si je sens que j'aurai quand même mal. Lucy pose pas mal de questions et je prends des notes mentales. Quand tout semble bon, nous ressortons. Il fait magnifiquement beau et les habituels cyclistes sont de sortie. Londres est tellement différent de ma ville.

- Il faut que j'appelle Pierre.

Lucy fronce un sourcil.

- Pourquoi ?

- Peut-être pour lui dire qu'il va être père. Il a le droit de savoir, tu ne penses pas ?

- Si, si.

Nous marchons et quelques minutes plus tard nous sommes dans un restaurant, non loin d'une entrée du ministère. Quand j'ai commencé à avoir des crises de douleur pendant mes règles, m'indiquant que quelque chose n'allait pas chez moi, ma marraine était assez présente à cette époque, passant du temps avec nous, lors des sorties ou autres. Enfin tout ça pour en venir au fait que, elle est au courant pour ma maladie. C'est elle que je suis allée voir, pensant que ma mère allait juste rire à ma figure. Je suis souvent allée vers Elisabeth, dès que je le pouvais, surtout quand elle était disponible.

Nous passons rapidement la commande et une serveuse d'un certain âge ne tarde pas à nous apporter nos boissons. J'ai tellement de choses en tête, tellement de choses à faire et je me sens démunie, sans armes pour me battre contre mes démons.

Apparemment, Pierre n'avait pas besoin de le savoir. Pendant le déjeuner, Lucy n'a pas prononcé une seule parole ou elle répondait par des onomatopées. Elisabeth nous accompagne jusqu'au bureau de monsieur Conor mais avant d'y arriver, elle se fait intercepter par l'une de ses collègues. Nous continuons donc toutes les deux et je la remercie une seconde fois d'être venue avant de la quitter. Je frappe au bureau et monsieur Conor m'accueille avec un demi-sourire. Il m'a l'air fatigué. Quand je pense que Valentine a attendu trois semaines pour me dire que c'était son père, je n'en reviens toujours pas. Son moyen de me faire comprendre que je lui fais du mal c'est de me tenir à l'écart, me repousser.

Il nous invite à nous asseoir mais je préfère rester debout.

- Clémence, il va y avoir une première audience dans peu de temps. Ta sœur va être placée en foyer puisque ton père n'est pas capable de vous protéger, c'est la procédure normale ne t'inquiète pas. Vous allez être convoqués, tous les quatre. Quelques personnes seront aussi présentes, pour témoigner du comportement de ta mère et les choses risquent de se compliquer à ce moment-là.

- Parce que son image de mère est parfaite à l'extérieur.

- Oui, mais rien d'alarmant. Ce n'est pas la première fois que je suis confronté à un cas comme le tient. Il y a vos souvenirs même si elle pourra les contester mais je ne me fais pas trop de soucis là-dessus. Si votre père parle, tout se passera vite Clémence et vous serez enfin en sûreté.

Je hoche vigoureusement la tête et pose encore quelques questions concernant les endroits où ma sœur ira. J'aimerais qu'elle aille chez ma marraine. Chez quelqu'un qu'elle connaît et non pas chez des inconnus. Qu'elle ne soit pas plus traumatisée. Ma sœur avait deux ans quand tout ceci a commencé, elle lui a volé son enfance. Celle de Clay puis la mienne.

Sur le trottoir, j'appelle un taxi pour aller voir ma sœur. Je ne sais pas où je pourrais transplaner sans être vue à l'heure qu'il est et je n'ai pas envie d'aller chez moi. Je profite du trajet, pour téléphoner à Pierre. Lucy s'agite nerveusement et je n'aime pas ça. Valentine n'avait pas tort en disant que j'allais faire souffrir Lucy à cause de Pierre. De surcroit, elle va vraiment mieux maintenant, tous les tics qu'elle avait il y'a quelques semaines ont quasiment tous disparu et elle est moins dans son monde.

- Bonjour Pierre. How are you ?

- Clémence ! Bonjour, ton accent est bon dit donc, c'est toujours adorable de l'entendre.

- Merci Pierre. J'aurais aimé t'annoncer ceci autrement qu'au téléphone mais bon, étant donné que tu es en France. - Mon cœur s'arrête de battre. - Je suis enceinte.

Il ne répond pas et je suis presque sûre d'avoir entendu quelque chose tomber sur le sol.

- Pierre ?

- What the fuck ! Excuse-moi, et je suppose que c'est sûr ? Pardonne-moi cette question mais tu es sûre que c'est le mien ? Mais merde, et tu comptes le garder je suppose, si tu m'appelles, non ?

- Oui c'est le tien. Je ne te demande pas d'être là, d'assumer ce rôle si tu n'en a pas envie mais je serais plus qu'heureuse, si son père pouvait être là, à ses côtés. Tout en sachant qu'on ne sera pas ensemble Pierre, je suis avec quelqu'un, avec ma copine. C'est compliqué je sais et à ta place je me détesterais pour t'annoncer une telle proposition.

Silence encore plus long que la dernière fois et je le laisse revenir vers moi.

- D'accord... euh laisse moi réfléchir à tout ça Clémence. Merci de m'avoir averti en tout cas. Passe une bonne journée.

- Toi aussi Pierre.

Je raccroche et regarde Lucy, je me rapproche d'elle et joue avec ses cheveux.

- Dis-moi ce qui te tracasse.

- Si Pierre accepte d'être là, s'il ne renonce pas à ses droits sur cet enfant, ça veut dire que je ne serai jamais vraiment sa mère. Il n'y aura vraiment rien pour le prouver. Je n'avais jamais pris conscience de cet aspect en fait. Mais si on réfléchit deux secondes à l'avenir, - cette fois-ci je ne me braque pas, elle a besoin qu'on se projette, bien plus loin que quelques mois -, on aurait eu un enfant aussi, sauf qu'on serait passé par l'adoption, en adoptant dans un pays où c'est légal pour des couples homosexuels mais là, ça aurait été mon enfant, tu vois où je veux en venir ? En étant trois, je serai toujours considérée comme la troisième roue du carrosse. Celle dont l'avis passera en dernier. Il ne sera sans doute même pas pris en compte puisque je ne serai rien. Après je comprends tout à fait pourquoi tu veux qu'il soit là, s'il le souhaite. Mais j'ai peur. J'ai peur d'être éjectée, je n'ai pas envie de revivre ce qu'il s'est passé avec mon père.

Je savais que cette conversation allait arriver un jour où l'autre car si les rôles étaient inversés, je ressentirais la même chose. Néanmoins, je n'ai rien à lui dire pour la réconforter. Si Pierre reconnaît son enfant, je ne sais vraiment pas comment seront les choses, comment on va se dépatouiller. Un père, deux mères ? On sort des registres là. Complètement.

- Clémence, te sens pas obligée de dire quelque chose que tu ne partages pas. Je comprends. Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est que… ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas eu cette version de toi et ça m'avait manqué. - Elle m'embrasse sur le nez -. Je ne sais vraiment pas comment ça sera Lucy. Il faudra imposer des limites claires, même si je sais qu'elles ne seront toujours pas respectées mais il le faudra.

- Oui, tu as sans doute raison.

Je sens que cette réponse ne la satisfait pas et ça me fait du mal de la voir dans cet état. Est-ce que j'ai agi égoïstement en récupérant Lucy ? N'aurais-je pas du tout simplement la laisser vivre sa vie ? Sans moi ?

Je pose ma tête contre la vitre et laisse mes pensées divaguer. L'arrêt du taxi me ramène à la réalité. Je m'appuie contre un muret en attendant ma soeur. Peu de temps après, un groupe de jeunes venant du trottoir d'en face arrive. Je m'avance en traversant la route et dès que j'ai repéré ma sœur, je lui tape sur l'épaule pour qu'elle se retourne.

- Clémence !

Elle se jette à mon cou et je la prends dans mes bras. Merlin, c'est plus ce que c'était. Je la repose à bout de forces et alors que j'allais lui demander comment elle allait, sa marque, faite par un couteau, le long de sa joue m'interpelle. Je lui prends le visage mais elle se dégage rapidement.

- C'est rien, ne t'inquiète pas…

- C'est justement ce qu'il ne fallait pas me dire Chloe. Elle te marque avec un couteau maintenant ? Ce n'est pas possible ! Et pourquoi elle ne t'a pas soignée ?

Une main sur mon épaule me fait me retourner. J'avais complètement oublié Lucy. Merlin que j'ai chaud. Je secoue la tête pour reprendre mes esprits, et je fais les présentations :

- Chloe voici Lucy, Lucy, ma sœur.

- Hé mais on s'est déjà vu, à l'association des « Baguettes de l'espoir »

Je fronce les sourcils et regarde ma sœur l'air incrédule puis me tourne ensuite vers Lucy, qui commence à se justifier :

- Je voulais te voir Clém, j'en pouvais plus. Tu n'étais malheureusement pas là et ta sœur m'a vendu un de vos bracelets. Je… - J'acquiesce pour l'inciter à parler, ma sœur sait déjà ce qu'il s'est passé et je me doute très fortement de où Lucy veut en venir -. Je savais qu'il t'était arrivé quelque chose de grave, en plus Blondie était dans un état pitoyable et seulement toi peux la chambouler de la sorte. Enfin bref, donc oui j'ai déjà rencontré ta sœur.

- Il est très beau aujourd'hui, ton bracelet.

- Merci Chloe.

Je ne m'étais jamais posée la question, d'où est-ce que sortait le bracelet de Lucy et surtout si elle était allée le chercher à l'association, mais maintenant je sais. J'explique rapidement à Lucy ce qu'il m'est arrivé. Ça l'attriste ce que je lui dis, évidemment. Ensuite le fait de m'avoir empêché de rétorquer plus tôt m'a calmée concernant la coupure de Chloe. Nous ramenons ma sœur jusqu'à devant chez nous en parlant puis je l'enlace plus que de raison. Je n'aime tellement pas la laisser ici, avec elle, avec eux. Ma mère compte rentrer du travail dans moins d'un quart d'heure.

Je lui demande de se tenir tranquille même si c'est dur, même si elle a envie de se défendre. Il faut calmer le jeu.

Une fois que ma sœur a refermé la porte d'entrée. Je longe le trottoir et rentre sur ma propriété. Là on l'on peut transplaner sans être vu. Lucy me rejoint rapidement et je fonds en larmes dans ses bras. J'enfouis mon visage dans son cou. Ça ne me ressemble tellement pas de craquer émotionnellement devant du monde. Je lui demande de nous ramener chez Valentine, car je n'en ai pas la force.

Profitant du fait que Lucy prenne sa douche puis étant donné qu'elle se lave les cheveux, elle en a pour un moment, je fais un câlin à ma meilleure amie dans sa chambre. Elle est blottie contre moi et je passe une main dans ses cheveux, mes doigts contre son cou et la voir frissonner m'a toujours plu. Je lui demande d'une voix joueuse :

- Alors avec Hermione ?

- C'est… tellement bien Clém. Tellement parfait mais…

- Tu es déstabilisée.

Elle soupire et se retourne vers moi.

- J'ai peur de faire de la merde, j'ai parfois du mal à agir comme sa copine, et elle le ressent, j'en suis sûre.

- Tu en feras que si tu es persuadée que c'est le cas…

Alors que j'allais continuer ma phrase elle secoue la tête m'indiquant que c'est terminé. Elle ne veut plus parler d'elle. Étant habituée, je n'insiste pas et lui demande, hésitante :

- Toi et moi ça va mieux ?

- Ouais.

Je n'aime tellement pas quand c'est tendu entre nous. C'est la première fois que cette situation nous arrive, qu'on soit toutes les deux en couple et surtout, que je ne sois plus disponible pour elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et ça, elle a beaucoup de mal à l'accepter. Elle me regarde sans quitter mes yeux. Je peux voir qu'elle sourit, mais malicieusement et avant que je n'aie pu effectuer le moindre geste, elle attrape mes deux bras et je commence déjà à me débattre.

- Non Valentine ! Merlin arrête !

Je secoue la tête de droite à gauche rapidement mais n'étant pas en forme, elle arrive facilement à plaquer l'un de mes bras sous l'un de ses genoux, à l'aide de sa main libre, elle me tourne le visage à gauche et dès qu'elle le peut, elle pose ses lèvres contre mon cou et quelques secondes plus tard elle se recule victorieuse. Je la pousse et me dirige tout de suite vers son miroir. Qu'elle chieuse ! Ce suçon est visible à des kilomètres ! J'ai une peau qui marque beaucoup trop vite.

- Merlin, Valentine tu m'agaces.

Elle est pliée en deux sur son lit et je ne sais pas ce qui me retient de lui faire la même chose. Si je sais, ma copine et celle de Valentine. Si Lucy voit ça elle va en faire toute une histoire. Je soupire et elle se lève pour venir vers moi, elle tourne mon visage pour pouvoir admirer son « œuvre » comme elle aime si bien le dire puis s'exclame :

- Il est pas mal, bon je t'en ai fait des plus beaux mais étant donné les circonstances.

- Oui bref.

Je me dégage et attrape ma baguette, je pratique un sort de dissimulation, ce n'est guère évident. Alors que j'allais ouvrir la bouche pour l'engueuler, la porte de sa chambre s'ouvre sur Lucy. Je mets instinctivement ma main contre mon cou.

Valentine me fait un clin d'œil et dit :

- Viens Lucy ma mère voulait que je te montre quelque chose.

Pour la rentrée prochaine, j'aimerais continuer mes études à l'University of Cambridge , en étudiant le droit. Le gros hic, c'est que c'est une école moldue et que mes diplômes n'ont aucune valeur et ne veulent surtout strictement rien dire pour eux. De ce fait, la procédure d'admission est beaucoup plus périlleuse que pour un autre étudiant lambda. Heureusement, je ne suis pas dans le pétrin, on va juste dire que je dois redoubler d'efforts pour obtenir les entretiens.

Une demi-heure plus tard, Lucy vient me rejoindre dans le salon. Elle m'embrasse sur le front et s'installe en face de moi.

- On a eu une conversation assez profonde.

Je demande perturbée car qu'est-ce que Valentine à bien pu dire à Lucy ?

- Vous avez parlé de quoi ?

- De moi et de la drogue entre autre.

Avant de pouvoir lui répondre quelque chose, elle s'avance vers moi pour m'embrasser et j'ai envie de plus. Maintenant. Je me relève ce qui l'oblige à faire de même. Je prends sa main et nous emmène directement dans notre chambre, à peine après avoir fermé la porte à clé. J'arrache son t-shirt et je m'étonne moi-même d'avoir autant de force.

- Clémence ! Je te rappelle que je suis pauvre.

- Lucy, tout ce qui m'importe là tout de suite c'est que tu me fasses l'amour alors, tais-toi et embrasse-moi.

Heureusement pour mes nerfs elle le fait, Merlin, qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Une semaine plus tard, une fois installée à ma table, je sors de quoi prendre des notes et écoute ce que les préfets ont à raconter. Pour une fois ma semaine a été calme. Il ne se passe pas grand chose du côté des autres, rien qui sorte de l'ordinaire, je veux dire. Enfin une réunion où en une demi-heure on aura réussi à tout voir, la moitié des préfets sont partis mais quelqu'un prend la parole.

- J'aimerais parler de quelque chose avant qu'on parte, en fait, surtout discuter du comportement de quelqu'un en particulier. - Elle appuie bien sur le dernier mot -. Il se trouve que depuis quelques semaines, une élève crécherait dans la salle commune des Serdaigles et, il y a eu des plaintes.

- Ah ! Elle est bien bonne celle-là !

Valentine qui s'apprêtait à partir s'arrête complètement, croise les bras contre sa poitrine et attend impatiemment qu'Hannah réplique. Hermione se rassied, Tom fait de même et Ernie préfère partir, je n'ai pas le temps de voir qui d'autre est resté, qu'Hannah répond et je me focalise sur elle.

- Je tiens quand même à te rappeler, que tu n'as rien à faire dans notre salle commune, quoi, la tienne en plus de ta chambre ne te suffit pas, c'est ça ? Il faut que madame s'approprie tous les recoins de ce château ?

- Ah enfin Carla s'est plainte ! Elle en aura mis du temps. Bon, sur ce, on se voit dans ta salle commune Hannah.

- Mais je n'ai pas fini Valentine !

Elle se rapproche d'Hannah et se penche sur elle, au point de la rendre mal à l'aise.

- Tu devrais sérieusement envisager de t'envoyer en l'air, fous-moi la paix sérieux. Je n'emmerde personne dans ta putain de tour mais si tu ne te calmes pas, tu verras vraiment comment c'est quand je décide de faire ma chieuse.

Et elle s'en va. Je me lève de ma place pour rentrer dans mes dortoirs mais évidemment, on m'interpelle avant.

- Tu ne pourrais pas essayer de la raisonner Clémence ?

- Ça lui passera, tu as qu'à dire à Carla de longer les murs.

Hannah lève les yeux au ciel et je m'en vais. Ça m'embête un peu pour Carla mais Valentine reste, Valentine. Et ça ne m'étonnerait pas que Carla soit encore une victime du charme de ma meilleure amie. Une fois dans ma chambre, je m'allonge sur mon lit. Lucy ne tarde pas à venir s'allonger à côté de moi.

- Alors cette réunion ? Tu reviens tôt pour une fois.

- Oui ça change et j'aurais pu revenir plus tôt, enfin bref, je n'ai pas envie d'en parler. Tu as fini ton devoir ? Je peux le relire ?

- Tiens, ne fais pas attention aux fautes, dis-moi juste si c'est cohérent.

Je me relève et enlève mon pull. J'attrape une plume et commence ma lecture. Ma chérie écrit vraiment très mal et que dire de ses fautes. Je ne suis pas parfaite mais des fois, j'ai l'impression qu'elle le fait exprès tellement c'est incroyable. Sans pouvoir m'en empêcher, je les corrige, ça me brûle les yeux. Une grosse demi-heure plus tard, je me relève et commence à me déshabiller.

- J'ai terminé, j'ai bien aimé ta façon d'approcher le sujet. Je ne l'ai pas fait de cette manière et j'ai complément omis de parler des éclipses.

- Merci amour ! Hé mais je t'avais dit de ne pas corriger mes fautes ! Euh Clémence, tu comptes aller dans la salle de bains nue ?

- Ernie n'est pas dans le salon.

- Ouais m'enfin, si tu veux que tout Poudlard soit au courant pour ta grossesse, vas-y oui. Prends quand même le risque.

Je baisse le regard vers mon ventre, arrondi. J'enfile ma chemise et mon boxeur. Puis pars me doucher rapidement. Quand je reviens dans ma chambre, Lucy à l'un de ses bras contre la nuque de Valentine, quand sa main tient l'autre de Val.

- Mais qu'est-ce que vous fabriquez ?

- Putain ! Dis à ta putain de ta copine de lâcher ma main avant qu'elle ne l'abîme, ma main gauche vaut de l'or.

- Je vais te briser les doigts Blondie !

- Ah mais sérieusement vous avez quel âge ? Allez-vous battre dans le salon au moins.

Bien évidemment, ma prise de parole n'y fait rien et elles tombent par terre. Je ne sais pas laquelle des deux s'est fait mal vu qu'elles crient comme si elles défendaient un territoire ou je ne sais quoi, on dirait des lionnes. Je passe par-dessus mon lit pour atteindre mon armoire puisque c'est impossible de marcher où elles sont. Alors que j'allais enfiler mes sous-vêtements, je change d'avis et m'installe sur mon lit à plat ventre et crie, malgré mon mal de tête.

- Je suis nue sur le lit !

Silence, enfin. Je soupire et peu de temps après, elles me font face pour vérifier si oui ou non, je suis bien dans ma tenue d'Eve.

- Qu'est-ce qu'il se passe entre vous ? Vous ne pouvez pas être dans la même pièce sans vous crêper le chignon ?

- Mais c'est l'autre là ! Elle veut prendre mon devoir !

- Sérieusement Val ?

- J'étais pas venue pour ça à la base, m'enfin bref ! Je me tire !

Je la regarde s'en aller. Elle voulait me parler. Je me relève, enfile mon pyjama et me glisse sous mes draps.

- Ça te dérange pas si on ne dort pas collées l'une à l'autre Clém ? Tu es vraiment chaude.

- Non, ne t'inquiète pas. Bonne nuit Luce.

Elle m'embrasse sur le front et je ne tarde pas à m'endormir. Je me réveille en sursautant et constate qu'il est vingt-deux heures quarante.

- Chérie, chérie, Lucy !

- Quoi ? Répond-elle à moitié endormie.

- J'ai complément oublié mais les professeurs vérifient les dortoirs ce soir.

- Pfff, est sa seule réponse.

J'allume la lumière pour qu'elle puisse se rhabiller et je décide de faire de même pour la raccompagner, on ne sait jamais. Une fois qu'elle est dans notre tour, je fais demi-tour et m'endors comme une masse dans mon lit. J'ouvre les yeux en grand en pensant à ma meilleure amie. J'allume la lumière et me dirige dans le salon, après avoir ouvert le tableau se trouvant au-dessus de la cheminée, je grimpe assez difficilement dans le passage puis deux minutes plus tard, je pousse le tableau des filles.

Une fois les deux pieds à terre, je souffle tout en enlevant la poussière sur mes vêtements et Hermione me regarde la bouche grande ouverte. Je lui explique le passage puis lui demande où se trouve ma meilleure amie.

- Elle est dans la salle commune des Serdaigles, avec Caileigh, je crois.

- Il y a une fouille ce soir, je ne risque rien personnellement mais je suis sûre que le Directeur Kane a noté vos dortoirs sur la liste.

- Je n'en doute pas, répond Hermione en soufflant.

J'envoie un message à Valentine via ma montre pour la prévenir puis pose ma tête contre le dossier du canapé et discute du coup un peu avec Hermione avant de m'endormir comme une masse dans le lit de Valentine. Quand je me réveille, je me douche dans leur dortoir pour gagner du temps puis retourne dans le mien. Quand je pousse la porte de ma chambre, Lucy est déjà là, en train de réviser.

- Bonjour chérie, bien dormi ?

- Oui, mieux que Carla en tout cas et toi ?

- Qu'est-ce que Valentine a fait ?

- Rien pourtant, mais Carla commence à devenir parano, quand je suis rentrée dans mon dortoir, j'avais à peine poussé la porte qu'elle me frappait avec ses chaussons. Du coup j'ai réveillé tout le monde et ça a gueulé pendant au moins vingt-minutes.

- Ce soir tu dors là de toute façon - je m'approche d'elle et l'embrasse -, sinon j'ai bien dormi, enfin, j'ai connu des meilleures nuits.

Elle hoche la tête et je finis de me préparer. Je prends mon devoir d'Astrologie et rajoute finalement un passage sur les éclipses. Grâce à un sort, le passage s'intègre parfaitement au bon endroit. Ensuite, nous descendons prendre toutes les deux notre petit-déjeuner. Je m'installe à côté d'Hannah et de Caileigh.

Je déplie la Gazette du Sorcier et la lis tranquillement. Une petite demi-heure plus tard, les cours de cette nouvelle journée commencent. Pour une fois, je n'ai pas mal à la tête. Victoire ! J'en profite du coup une fois rentrée dans mes dortoirs pour lire un nouveau livre qui me servira pour mes révisions concernant les A.S.P.I.C.

Les heures passent décidément trop vite. Les jours passent décidément trop vite !

- Clémence je crois que j'ai un problème.

Je finis de lire ma phrase puis mets un petit point à côté de la ligne pour pouvoir me repérer plus facilement.

- Que t'arrive-t-il Val ?

Oh, quelque chose ne va vraiment pas. Elle vient s'asseoir sur le rebord de mon lit et débute prudemment.

- J'ai vraiment du mal à uriner et j'ai mal dans le bas de mon ventre, je crois que j'ai attrapé une merde.

- Mais comment ? Tu m'as dit que tu n'avais couché avec personne depuis des mois.

- C'est le cas, mais les infections ont bien un départ quoi. Les infections urinaires, ça existe hein.

Je fronce les sourcils, sceptique, connaissant la libido de Val et elle hurle :

- Oui bon d'accord j'ai couché avec Carla avant les vacances de février ! Putain j'espère qu'Hermione n'a rien et que ce n'est pas une MST.

Étant donné qu'elle ne va pas bien, je m'abstiens de lui faire une remarque. Elle me ment, encore et toujours, mais bon, je lui ai bien caché ma maladie, bien que les circonstances et les évènements soient totalement différents.

- Pourquoi tu viens me voir au fait ? Pourquoi ne pas aller chez l'infirmière directement ?

- S'il te plaît, je ne vais pas aller voir Pomfresh et lui dire que j'ai peut-être une MST. Plutôt mourir. Tu veux bien venir avec moi à Londres ?

- Et Hermione ?

Elle roule des yeux et je souris. Bien évidemment qu'Hermione n'est pas au courant. Pas tant qu'elle n'aura pas plus d'informations.

- Laisse-moi juste aller prévenir Lucy.

- Et tu ne fais que ça, je veux pas qu'elle vienne.

- Pourquoi ?

- Je n'ai pas envie de lui donner le bâton pour me faire battre. Invente un mytho, ou nan. Dis-lui qu'on rentre pour faire l'amour comme des folles.

- Oui, excellente idée Val.

- J'ai toujours de bonne idée voyons, ça te tente ?

Elle me fait un clin d'œil lourd de sens, je roule des yeux en disant :

- Il y a des jours où tu ne penses pas au sexe ?

Elle rigole.

Nous allons ensemble dans ma tour. Je trouve rapidement Lucy et lui dis que je m'absente.

- Ok pas de soucis, on se rejoint dans la Grande Salle ?

J'acquiesce et l'embrasse. Je récupère Valentine qui était en train de faire je ne sais quoi avec Grace, sûrement récupérer des devoirs, et nous allons nous inscrire sur la liste qui permet de notifier tous les transits des élèves. Une fois chez elle, pendant qu'elle appelle sa gynécologue pour décrocher un rendez-vous en urgence, je m'observe dans la glace. La porte de la salle de bains s'ouvre et Valentine qui allait sortir une blague pourrie, referme la bouche et s'approche doucement vers moi. Elle tousse et me demande :

- Je peux ?

J'acquiesce et elle pose sa main chaude sur mon ventre. Elle secoue la tête.

- C'est quand même abusé, que tu sois enceinte. Tu le sens ?

- Non, c'est encore trop tôt.

Elle s'écarte croise les bras et je dis avant elle :

- Tu arriveras à te retenir ?

Elle soupire tout en rigolant.

- Oui, ton gosse n'ira pas nourrir les monstres de la Tamise.

J'esquisse un petit sourire et elle reste appuyée contre la porte. Je sens qu'elle veut me dire quelque chose d'important. Je sais comment elle fonctionne, je la connais par cœur, quelque chose la turlupine et elle ne veut pas m'en parler pour me protéger. Est-ce que son père lui aurait dit des informations personnelles sur mon cas ? Je ne pense pas, monsieur Conor semble et, est, très professionnel.

- J'aimerais te demander quelque chose, je sais que tu les aimes pas, que leur présence te rend mal à l'aise et j'en passe mais, j'aimerais beaucoup que tu sois la marraine.

Elle passe une main dans ses cheveux, je m'assieds sur le rebord de la baignoire. J'ai peur qu'elle refuse, en même temps je comprendrais, mais je ne vois personne d'autre dans mon entourage pour endosser ce rôle. Je veux que ce soit ma meilleure amie.

- Je me doutais que tu allais me poser la question. J'avais préparé un joli discours, ceux que tu aimes tant mais j'ai oublié. Sûrement parce qu'il y avait trop de sentiments. Oui, j'accepte mais bon, je te préviens, s'il ou elle devient un salaud ou une salope, il ne faudra pas m'en porter préjudice même si techniquement, tu ne pourras pas.

Je secoue la tête et me rapproche d'elle pour lui faire un câlin. Nos moments détentes se font de plus en plus rares et ça me manque.

- Tu me manques Clémence, vraiment beaucoup.

Je resserre notre étreinte. Il n'est pas toujours nécessaire de parler pour véhiculer des pensées, des mots.

- Allez, on y va ? Ma gynéco a accepté de me recevoir entre deux rendez-vous. Il ne faut pas traîner.

- Oui, allons-y.

Je passe par la cuisine pour prendre une bouteille d'eau et la suis s'engouffrer dans l'ascenseur. Pendant qu'il effectue sa descente, je regarde les messages que j'ai reçus sur mon téléphone portable. Pierre m'a appelé cinq fois et m'a envoyé un message. L'ouverture des portes me ramène à la réalité et je range mon téléphone dans la poche de ma veste. Valentine appelle un taxi et pendant le trajet, j'écoute ses multiples messages. Mon cœur accélère dans ma cage thoracique quand je comprends qu'il accepte, il sera présent et mieux encore il compte venir me voir à Londres, le week-end prochain. Le dimanche neuf mars. Mais attend, on est quel jour aujourd'hui ?

- On est bien le neuf mars ?

- Effectivement.

Je soupire.

- Pierre est à Londres.

- Ah…

- Il compte reconnaître l'enfant. Notre enfant.

- C'est bien ? Pas bien ?

- C'est positif oui. Je suis qui pour décider de l'implication de Pierre dans la vie de son enfant ? Pas Merlin, je trouve ça normal qu'il soit là. Il n'aurait rien voulu savoir, j'aurais accepté sans rancœur, mais je voulais vraiment que ce bébé ait son père auprès de lui. Une présence masculine.

- Ce n'est pas faux. Quand on voit comment j'ai tourné.

Je lui prends la main et appelle Pierre pour qu'on puisse se voir. Quand nous arrivons dans le cabinet, je suis toujours en ligne. Je me rappelle pourquoi je me suis laissée aller avec lui, pendant les vacances de Noël. Il est tellement avenant, attentionné et gentil. Tout ce dont j'avais besoin. Je m'installe sur l'une des chaises pendant que Valentine part dans la pièce d'à côté et quand je l'entends crier, je me lève sans réfléchir une seconde de plus et ouvre la porte. On n'aurait pas un comportement si complice, la voir les jambes écartées avec une femme près de son entre-jambe aurait été, plus que bizarre. Elle me regarde et hurle presque :

- J'ai rien ! Rien du tout !

- Ce n'est pas rien Miss Silverwood, vous avez quand même une petite infection.

- Oui mais pas de MST !

La gynécologue secoue la tête et finit son prélèvement. Ensuite Val se relève et se rhabille. Elle lui indique les gestes à avoir pour soigner son infection. Valentine hoche la tête et nous retournons dans le bureau. Je sursaute toute seule quand je me rends compte que Pierre est toujours en ligne.

- Excuse-moi Pierre, donc rendez-vous à quinze heures à Victoria ?

Val me tape sur la cuisse.

- Je ne mets pas les pieds à Victoria moi, si tu veux que je vienne on se voit ailleurs, genre Oxford Street ou carrément chez moi tient.

Je demande donc à Pierre ce qu'il préfère et une grosse demi-heure plus tard, nous le retrouvons devant l'entrée de l'immeuble de ma meilleure amie. Il n'a pas changé d'un pouce. Il me domine toujours de ses un mètre-quatre vingt-cinq, il est toujours aussi fin et si peu musclé. Ses yeux verts me fascinent toujours autant et ses cheveux noirs ont poussé depuis la dernière fois qu'on s'est vus. Toujours aussi charmant.

Il me fait la bise maladroitement et je peux entendre Val rigoler. Nous nous retrouvons rapidement dans le salon tous les trois. Il n'arrête pas de regarder vers mon ventre et je finis par me lever pour m'asseoir à côté de lui.

- Vous préférez sans doute être seul nan ?

Je me surprends à répondre en même temps que Pierre, oui. Val se lève et je ne tarde pas m'excuser.

- Je suis navrée pour ta dernière lettre, je n'ai pas eu le temps d'y répondre, mais j'ai eu pas mal de chose à gérer ces derniers temps.

- Pas de soucis Clémence.

- Tes examens se sont bien passés du coup ?

- Normalement oui et j'espère que j'aurai de très bons résultats puisque je vais demander à finir ma dernière année ici. Pour être près de vous. Donc si j'ai bien compris tu sors avec Lucy c'est ça ?

- Ça me fait plaisir de t'entendre dire ça et oui, je suis avec elle. J'espère que ça…

- Pour être complément franc, je ne me voyais pas être père à vingt et un ans. On est jeune et on avait encore des millions de choses à faire avant... j'aurais voulu qu'on soit tous les trois. Après… faire comme si de rien était est impossible pour moi, c'est pas dans ma nature. Du coup, même si je sais qu'on ne sera pas ensemble, en tant que couple pour l'élever. C'est… ne pleure pas s'il te plaît.

- Oh c'est les hormones, j'arrive plus à contrôler ce que je ressens. Je sais que ça sera particulier et parfois compliqué vis-à-vis de Lucy, mais vous avoir tous les trois dans ma vie, me rendrait plus qu'heureuse. Je m'impose beaucoup et j'ai tout de suite pris la décision de le garder, malgré les circonstances des évènements. Que nous n'étions pas conscients. Que nous ne sommes pas ensemble. Mais j'ai appris qu'on ne choisit pas vraiment ce qu'il nous arrive, qu'on subit plus. J'ai énormément souffert de la présence malsaine… de ma mère. Mes décisions, je les ai toujours prises en fonction des autres, en faisant passer leurs besoins avant les miens. Aujourd'hui, c'est différent, car il m'arrive ce présent, alors que je pensais que je ne connaîtrais jamais le bonheur de porter mes enfants. Aujourd'hui je pense à moi, pour la première fois depuis des années, je pense à moi. Tu dois sans doute me prendre pour une folle à lier, n'est-ce pas ?

Il me sourit tendrement et secoue la tête. Il avance sa main vers moi, je l'autorise à la poser sur mon ventre. J'écarquille les yeux quand j'ai l'impression de sentir un mouvement, à l'intérieur de moi. Pierre me regarde en souriant et je ne peux pas m'empêcher de mettre ma main sur la sienne. Sa main chaude comme la mienne. Si grande, si protectrice. Je ferme les yeux un instant.

Après avoir passé tout l'après-midi à parler avec Pierre de tout et de rien, en fait beaucoup du bébé, nous rentrons avec Valentine à Poudlard. Je m'autorise un court instant à penser au futur, avec ma copine que j'aime tant et cet enfant, qui arrive comme un don du ciel. J'étais jeune quand ma maladie s'est déclarée, j'avais à peine treize ans. Il faudrait que je retourne voir le médecin qui m'a suivie à St Mangouste pour lui demander des explications. Je suis rationnelle, et j'ai besoin de comprendre pourquoi je suis tombée enceinte.

Je m'installe à côté de Lucy et l'embrasse dans le cou. Je crois ne jamais lui avoir dit que j'adorais l'odeur qu'elle dégageait, que l'odeur de ses cheveux qui sentent la fraise me transporte. Je la regarde expliquer pourquoi Gryffondor va perdre contre Poufsouffle, comme si elle avait trouvé le remède contre le SIDA.

Je mange dans son assiette car je n'ai pas très faim ce soir. Je regarde Valentine qui ne mange pas vraiment et qui fait semblant d'écouter Will. Elle joue tout le temps avec l'une de ses mèches de cheveux comme elle le fait.

J'ai un mauvais pressentiment, comme si quelque chose de grave allait m'arriver. Nous remontons main dans la main jusqu'à mes dortoirs jusqu'à ce que j'ouvre une salle de classe et entraîne Lucy à ma suite.

- Clém qu'est-ce que tu fabriques ?

Je pose ma main sur ses lèvres pour qu'elle se taise. Je m'avance ensuite dans sa direction pour l'obliger à reculer et qu'elle bute contre le bureau. Je la porte légèrement pour qu'elle s'asseye dessus. Mon cœur pompe mon sang à une vitesse inquiétante. Elle respire terriblement fort et ça m'allume cruellement. J'appose mes lèvres contre son cou et fais descendre ma main vers son entrejambe, je passe un doigt sur le tissu de son boxeur et elle laisse échapper un gémissement qui me fait fondre, elle est déjà bien humide et je souris. Je fais toujours parcourir ma main, ce qui l'a fait se contracter légèrement. Elle relève ma tête pour m'embrasser et je lui mords tendrement la lèvre inférieure.

- Clémence…

Je m'arrête et puis ne tarde pas à faire glisser mes doigts en elle. Elle s'accroche à mon cou et je la tiens fermement par la taille. Ses petits cris me mettent hors de moi. Quand je sens qu'elle va craquer, je change de manœuvre, tout de suite, je peux sentir la pression de sa main contre mon épaule se faire de plus en plus forte. Je la rapproche contre moi, mes déplacements sont plus profonds, plus rapide, elle gémit de plus en plus contre mon oreille et je l'entends lâcher son ultime soupir.

Nos respirations se calment et je me blottis contre sa poitrine.

- Je t'aime Lucy.

Alors que j'attendais un sentiment partagé, elle relève ma tête et parle avec une petite voix.

- Pourquoi tu le dis comme si c'était la dernière fois que tu le faisais ?

- Ce n'était pas voulu.

- Il s'est passé quelque chose pendant que tu étais à Londres ?

- J'ai vu Pierre, viens je vais t'en parler dans mes dortoirs.

Elle hoche la tête et réajuste son boxeur. Je pars prendre une longue douche une fois dans la salle de bains puis lui raconte mon après-midi en choisissant soigneusement les mots que j'emploie pour ne pas la blesser. Ensuite, je révise un peu avant de m'endormir. Au beau milieu de la nuit, je réveille Lucy pour lui faire l'amour.

Le lendemain, alors que pour la première fois de ma vie j'étais en train de m'endormir en cours d'Histoire de la Magie, plusieurs coups portés contre la porte de la classe me font ouvrir les yeux. Un élève apporte une lettre au professeur mais évidemment, il ne peut pas la prendre. C'est moi où les trois-quarts des élèves ici sont simplets ? Je secoue la tête et quand il se dirige dans ma direction, mon cœur fait un bon dans ma poitrine.

J'attrape la lettre fébrilement et lis rapidement la note.

« Veuillez vous présenter dès réception de cette note dans le bureau du Directeur ».

Valentine qui était en train de dessiner me prend la note des mains. Je tourne la tête vers elle et lui demande :

- Tu crois que c'est pourquoi ?

- Je ne sais pas, tu ne penses pas que ce soit ta mère ? Calme-toi Clémence. Allez viens, on y a ensemble.

- Mais le Directeur Val !

- Ne t'inquiète pas pour ça.

Je me lève et récupère mes affaires. Avant de quitter la salle, je croise le regard inquiet de Lucy. Une fois dans le couloir, je prends machinalement la main de ma meilleure amie. Le fait qu'elle soit moite ne me rassure absolument pas. Elle stresse.

Quand je frappe à la porte du bureau. J'arrête de respirer et lâche la main de Valentine.

Elle est là. Une tasse de thé à la main, un sourire triste sur son visage. Je crains le pire.

- Bonjour ma fille.

Elle se lève rapidement, me fait un semi-câlin et murmure, très doucement, pour que je sois la seule à l'entendre.

- Tu as intérêt à te comporter correctement sinon ta sœur en paiera les conséquences.

J'avale ma salive difficilement et passe mes deux bras contre son buste. Elle se décale, me sourit niaisement puis le Directeur Kane prend la parole :

- Miss Silverwood, que faites-vous là ?

- Je suis venue accompagner Clémence et je vais attendre qu'elle finisse.

- Oh mais tu risques d'attendre un moment ma chère Valentine. Elle doit rentrer avec moi à Londres, ma mère est souffrante.

Valentine répond, d'un air hautain, comme si elle parlait à l'une de nos camarades de classe, Merlin.

- Ta mère ? Depuis quand ? Deux secondes ?

- Val c'est bon, - je me tourne pour lui faire face et habilement, je lui montre ma montre-, on se voit plus tard OK ?

- Hmm, je retourne en cours alors.

Une fois qu'elle a refermé la porte, le Directeur ajoute :

- Comme son père cette petite. Oui donc comme je le disais à votre mère. Vous pouvez rentrer à Londres et revenir demain, voire après-demain. Je demanderais à une élève sérieuse de prendre vos cours, passez du temps avec votre grand-mère, c'est le plus important.

- Oui, en effet.

Cet être humain censé être ma mère se lève et m'incite à passer devant elle. Je prends de la poudre de cheminette et prononce le nom de ma cheminée. Une fois chez moi, j'enlève la poussière sur mes vêtements grâce à ma baguette, je préviens tout de suite Valentine et j'ai bien fait car à peine arrivée qu'elle me la prend des mains. Je serre la mâchoire et lui demande froidement :

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi tu m'as fait venir ici alors qu'on est mardi ?

Pour toute réponse je reçois sa main sur la figure. J'appose la mienne sur ma brûlure et recule un peu. Mon regard est soudain attiré sur ma droite, ma sœur est là. Ainsi que mon frère. Je m'avance vers eux et je ne comprends pas ce que je vois. J'ai l'impression qu'ils sont pétrifiés. Je me retourne, et lui hurle dessus sans pouvoir m'en empêcher.

- Qu'est-ce que tu leur as fait ?!

D'un coup de baguette, je me retrouve assise sur une chaise, incapable de bouger, incapable de parler. Une sensation désagréable commence à parcourir mon corps, comme si j'étais compressée de toutes parts. J'essaye de fermer les yeux mais je n'y arrive pas.

- Vous pensiez vraiment que je n'allais pas remarquer ce que vous complotez derrière mon dos ? Hein ? Bande d'incapables. À quoi cela a servi que je vous oblige à être les meilleurs si vous n'êtes même pas capable d'être discrets ? Tu veux dire quelque chose Chloe ?

Je dirige mon regard vers elle et peu de temps après, elle peut bouger et parler. Je m'attendais à tout, sauf à ça.

- Brûle en enfer !

Et pour accompagner ses paroles, ma sœur lui crache à la figure. Je peux voir les larmes perler aux coins des yeux de mon frère. Mon cœur est sur le point de sortir de ma cage thoracique. Qu'est-ce qu'il lui prend ?! Je veux soupirer, crier mais aucun son n'émane de mes lèvres.

- Oh, une rebelle ? Aussi tôt ? Ta sœur et ton frère n'ont pas commencé aussi jeune. Peut-être parce que vous n'avez pas le même père. Cet homme faible et trouillard qui ne se manifeste que quand sa vie est en péril.

Mais qu'est-ce qu'elle raconte ! Chloe serait ma demi-sœur ?! Foutaises ! Elle ment ! C'est ma sœur ! Chloe est tellement abasourdie que même sans le sort, elle reste immobile. D'un coup, je sens une intrusion dans mon esprit, je le ferme mais trop tard. Mon cœur bat la chamade, elle a vu mon dernier souvenir. Lucy et moi en train de faire l'amour.

- Alors là, c'est la meilleure ! Voilà pourquoi tu bloques sans arrêt ton esprit petite conne.

Elle s'approche de moi et arrache ma chemise comme une sauvage et rigole d'un rire démoniaque.

- Je crois que la médaille d'or revient à votre sœur les enfants. En plus d'aimer les femmes, elle est enceinte !

Elle me fait vraiment peur et je m'inquiète pour le bébé, autant de stress n'est pas bon. Elle me libère car cette sensation de pesanteur disparaît. Elle m'attrape par les cheveux et je grimace.

- Pose tes mains sur la table.

Je secoue la tête et commence à pleurer.

- Mets tes deux mains sur cette table Clémence !

J'obtempère de peur qu'elle s'attaque à mon enfant. Mes mains tremblent sur la surface de la table et le cadran de ma montre produit un bruit répétitif, irritant. Je ferme les yeux et essaye de me calmer.

- Vous croyez que Miss Parfaite arrivera à élever un enfant sans ses deux mains ?

Tout mon corps commence à trembler, il y a trois ans je ne l'aurais pas cru mais là, je crois même qu'elle serait capable de nous tuer, qu'a-t-elle à perdre ? Clairement elle ne nous aime pas pour nous faire endurer toutes ces souffrances physiques et morales depuis toutes ces années. Alors que je commençais à sentir mon poignet droit chauffer, quelqu'un crie.

- Petrificus Totalus !

Sa prise contre ma chevelure diminue et son corps tombe lourdement sur le sol. Je soupire longuement et me mets à pleurer toutes les larmes de mon corps.

Je n'ai même pas la force de relever la tête. Je n'en peux plus, je craque. Après toutes ces années à avoir relativisé, à toujours faire la part des choses, voir du positif même quand il n'y en avait pas, j'abandonne, elle a gagné.

- Vous allez bien ?

- Oui, merci Valentine. J'appelle monsieur Conor, Chloe ne reste pas une seule minute de plus dans cette maison. Clémence ça va aller ?

- Elle mentait hein ? Hein qu'elle mentait ? Je suis votre sœur ? Votre vraie sœur ?

- Clémence ? répète mon frère.

Je suis prise de spasmes et n'arrive pas à parler, j'ouvre la bouche et… arrête d'essayer. Je n'en peux plus.

- Bon, je l'emmène avec moi, tiens Clay, préviens-moi si il se passe la moindre chose. Pose ta baguette dessus et pense tout simplement ce que tu veux dire d'accord ?

- OK Valentine.

Après avoir transplané je ne sais combien de fois, j'ouvre les yeux en panique totale. Je me lève et bégaye :

- Il faut… que je... retourne !

Elle s'avance vers moi et me prend dans ses bras.

- Pour une fois dans ta vie Clémence, pense à toi, ta sœur et ton frère vont bien.

Elle me répète cette phrase inlassablement, jusqu'à ce que je me calme. Que les larmes ne coulent plus contre mes joues. Que je me rende compte de l'endroit où l'on est. Une plage. Mon endroit préféré sur la Terre. Je me laisse tomber par terre et avant que je le fasse, elle m'enlève mes chaussures. Je fais passer le sable entre mes orteils, quelle sensation apaisante. Une légère brise vient s'écraser contre mes joues, l'air frais et surtout, cet air marin.

À l'aide de sa baguette, elle fait apparaître tout l'attirail de la parfaite fillette qui adore faire des châteaux de sable. J'attrape un sceau et pars chercher de l'eau de mer. Ensuite, je commence par faire mes pâtés de sable, comme dans le passé.

- Tu crois que ça serait judicieux que je rajoute un passage ici ? J'ai peur que trop d'eau face s'écrouler les fondations.

- C'est vrai, mais si tu rajoutes du sable là, tu peux même agrandir la maison du coup.

- Pas faux, merci Valentine. Tu veux bien m'aider ?

Elle sourit, retrousse ses manches et à deux, on reconstruit notre parfaite demeure. Parfaite pour des enfants de neuf ans.

Quand elle s'arrête soudainement, je sais que c'est terminé. Il est temps de rentrer. De m'inquiéter de nouveau pour mes proches. Je me relève et regarde un moment au loin, vers l'horizon. Le soleil commence à se coucher sur la mer.

- Encore une minute Val.

Elle m'attrape la main et dès que l'étoile a totalement disparu, nous faisons de même et retournons chez moi, vers ma famille, vers ma tarée de mère. À peine arrivée que je veux déjà repartir. Surtout quand je la vois debout. La seule chose qui me permet de garder mon calme c'est de savoir que des adultes sont là. Mr Conor, la mère de Valentine et d'autres personnes que je ne connais pas. Je m'approche de ma sœur et de mon frère, leur prends la main et soupire.

- Tu vas mieux ? me demande mon frère.

- Oui, je suis désolée d'avoir craqué.

- Ne t'excuse pas voyons et concernant Chloe, ce n'est pas notre demi-sœur, elle mentait. Elle cherchait à tout prix un moyen de pénétrer dans nos esprits à tous les deux.

- Et elle savait que notre petite sœur était le meilleur moyen d'y parvenir.

Il hoche la tête et quand monsieur Conor s'approche de nous pour nous annoncer ce qu'il va se passer, je ne peux pas m'empêcher de regarder ma mère. Elle parle activement avec ma marraine et ma meilleure amie fait genre de se recoiffer alors qu'elle écoute leur conversation. Toujours de façon peu discrète.

- Clémence ?

- Pardon, excusez-moi, vous disiez ?

- Votre sœur ira dans une famille d'accueil le temps de régler certains documents administratifs, normalement elle devrait aller vivre avec madame Silverwood. Je tirerai sur mes ficelles pour faire accélérer la procédure.

- Pourquoi ?

- Parce que cette affaire est compliquée. Je connais votre mère, j'ai fait mes études avec elle. - Il soupire rapidement -, tout ira bien d'accord ?

J'acquiesce et ma sœur s'agrippe à moi, comme une bouée. Je me mets à sa hauteur, et lui dis calmement :

- Je sais que tu n'as pas envie d'aller chez des inconnus mais tu as entendu comme moi monsieur Conor, c'est temporaire. Je te demande d'avoir un comportement exemplaire, ne me fait pas de frayeur d'accord ? Pas comme tout à l'heure.

- Jamais je ne te ferai du mal Clém, plus jamais.

J'essuie la petite larme rebelle qui s'est échappée de sa prunelle et embrasse mon frère sur la joue.


Drama, drama ! Mais on est arrivé à la fin de la course concernant Clémence... Pour ceux qui se pose la question, sa maladie c'est une variante de l'Endométriose.

La suite dans moins de deux semaines étant donné que Mynock m'a envoyé deux chapitres corrigés d'un coup. :) Envoyez lui des chocolats elle adore ça ( et aussi pour moi tant qu'à faire )