Merci de vos reviews. J'ose espérer que ce chapitre va en ravir plus d'un.


Jo et Henry se retrouvèrent pour rendre visite à Luke plutôt vers la fin de matinée. La route jusqu'à Brighton Beach allait durer environ une trentaine de minutes, peut être quarante dépendant du trafic. Enfin, par moment Jo était bien contente de conduire, car prendre les transports en commun leur aurait fait perdre presque deux heures de route.

Mais comme c'était samedi, il y avait un peu moins de monde de ce côté-ci de la ville, sachant que beaucoup étaient en week-end. Le trafic était plus fluide, mais la semaine était un véritable enfer. Heureusement, ils n'avaient pas besoin de toujours se rendre à Brighton Beach.

Sur la route ils avaient un peu discuté de ce qu'ils demanderaient à Claudia le soir ou comment ils parviendraient à la faire parler, mais s'ils n'y arrivaient pas, ne restait plus que de convaincre le juge de leur donner un mandat pour avoir accès à la liste des employés du musée et confirmer ce qu'ils savaient déjà pour l'arrêter et tenter d'obtenir le plus d'informations possibles.

On pouvait dire que le jeune homme vivait dans une belle maison avec ses parents.

Jo siffla

- Ils ont les moyens dans le coin

- Quand on vit près de la mer, c'est souvent le cas.

- C'est vrai !

Pendant qu'ils montaient les marches de la maison, Jo confia

- Quand j'ai eu 18 ans, mon rêve c'était de venir m'installer vers Coney Island ou justement Brighton Beach ! Je voulais retrouver un peu mes racines espagnoles, en vivant près de la mer et puis ça me faisait être bien loin de mon Harlem natal. C'était un peu une façon de vouloir échapper à toute cette enfance.

Henry l'écoutait attentivement. Tout le monde avait déjà été attiré par ce côté vacanciers et touristique qui donnait l'impression de ne plus être à Manhattan.

- Moi aussi ! Je pensais que ça aurait été une bonne solution que de vivre près de la mer, ça doit être apaisant... Mais c'est un peu loin de tout.

Jo acquiesça

- C'est pour ça que j'ai abandonné l'idée ! Un jour quand je serais à la retraite éventuellement !

Henry pouffa. Il aurait souhaité en dire autant. Il pouvait choisir de s'arrêter de travailler quand il voulait, mais clairement il ne connaîtrait jamais la retraite comme une vraie personne âgée.

Jo sonna et ils attendirent quelques minutes avant qu'une femme d'environ une soixantaine d'années lui ouvrit.

Elle les regarda de la tête aux pieds

- Je peux vous aider ?

Jo montra son badge

- Madame Matthews, Détective Martinez, NYPD. Voici mon légiste, Henry Morgan. Nous souhaiterions poser quelques questions à votre fils : Luke.

Mrs Matthews resta quelques minutes à les observer, en se demandant ce qui pouvait bien les amener ici. Elle se poussa sur le côté.

- Rentrez ! Il est... Dans le salon, en train de regarder la télé.

Jo fit un signe de tête, mais avant qu'ils atteignent le salon, Mrs Matthews demanda

- Est-ce que Luke aurait des ennuis ? Il faut que vous sachiez qu'il est en convalescence, donc s'il a fait quelque chose de mal, je doute qu'il puisse vous être d'une quelconque utilité.

Jo sourit

- Il n'a rien fait de mal ! On ne pense pas ! Nous avons simplement quelques questions à lui poser et justement en rapport avec son accident.

Mrs Matthews acquiesça et les invita donc à aller au salon où ils virent un jeune homme qui était assis dans un fauteuil roulant, avec une table roulante posée devant lui, avec un ordinateur portable dessus.

Visiblement, il ne pouvait pas encore se servir de ses jambes et à le voir, Henry n'était pas très certain qu'il puisse remarcher d'ici quelques semaines. Il faudrait en effet plus de temps. Il regrettait un peu le fait de s'être déplacé pour lui poser des questions il n'aurait sans doute pas envie de répondre, mais il fallait bien passer par là.

Jo avait eu la même pensée et se pinça les lèvres en prévision de ce qu'elle allait demander.

- Luke Matthews ?

Il releva la tête vers les deux arrivants et vit le badge de Jo accroché à son pantalon. Il les fixa longuement.

- Vous savez, des flics j'en ai énormément eu la visite au cours des deux derniers mois… Je ne pense pas raconter plus que ce que j'ai déjà dit à vos collègues.

Jo et Henry se permirent de s'installer face au jeune homme. Jo expliqua la raison de leur venue.

- Nous ne sommes pas là pour ça. Je travaille pour les homicides. Nous aurions quelques questions à vous poser par rapport à une amie à vous… Elle s'appelle Tammy et vous faisiez partie de la même troupe de danse.

Le visage de Luke s'assombrit. Il sentit des larmes dans ses yeux.

- J'ai été mis au courant de son décès… J'étais tellement mal en apprenant ceci. Mais avant que vous n'alliez plus loin, je peux à peine sortir de chez moi et je ne suis pas capable d'utiliser mes deux jambes depuis deux mois, donc je n'ai rien à voir dans son meurtre si c'est la raison pour laquelle vous êtes là.

Henry sentait bien la colère du jeune homme et il y avait de quoi. Il n'avait rien demandé et il souffrait. Il tenta d'expliquer calmement ce qu'ils voulaient exactement.

- Luke ! Le détective Martinez et moi, nous ne sommes pas là pour vous accuser. On aimerait juste connaître vos relations avec la défunte et si oui ou non elle avait des ennemis. Si vous êtes au courant de tensions au sein de la troupe, jalousie peut-être… Et on aimerait aussi parler de votre accident, même si c'est douloureux pour vous.

Luke échangea un regard avec sa mère qui l'encouragea. Apparemment, elle l'avait toujours fait depuis qu'il avait eu son accident.

Il soupira et ferma son ordinateur et éteignit la télé.

- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise exactement ?

- Ce qu'Henry vient de vous demander – répondit calmement Jo

Il regarda le couple et tourna ses doigts dans tous les sens

- Pour la troupe, oui il y a toujours eu des tensions. Je connaissais bien Tammy et je… Je voulais sortir avec elle. Je comptais le faire. Malheureusement, je sais que notre coach Miguel avait un gros faible pour elle et je pense qu'il était jaloux de nous et de notre complicité. Enfin, le soir où je lui ai demandé de sortir avec elle, elle avait accepté et bizarrement c'est le même soir où j'ai eu un accident alors que je rentrais chez moi pour me changer et me préparer…

Jo et Henry se regardèrent

- Vous pensez que quelqu'un a saboté votre moto ? – demanda Jo

Luke haussa des épaules

- Je ne peux pas l'affirmer, mais d'après ce que les experts m'ont dit, les freins ont lâché. J'ai dans mon malheur, eu de la chance, il n'y avait pas d'autres véhicules arrivant en face et le terre-plein central, m'a quelque peu arrêté, mon casque et la force de ma moto m'ont aussi protégé de ce fait, je suis tombé au sol, mais ma tête n'a pas heurté. Malheureusement, mes jambes ont tout pris. J'avais fait réviser les freins récemment et qu'on me dise qu'ils avaient lâché, j'avais un peu de mal à le croire, mais j'étais bien trop en colère pour m'en soucier.

Cela devenait d'autant plus suspect. Ils ne savaient plus qui il fallait croire maintenant.

- Nous avons également retrouvé une véritable épée datant de l'époque romaine – expliqua Henry – c'est l'arme qui a été utilisée pour… Pour Tammy. Elle a été dérobée et pas plus tard qu'hier soir, nous avons découvert que Claudia avait travaillé dans le musée où l'épée avait été volée.

Luke pouffa

- Claudia a toujours détesté Tammy. C'est carrément dingue. Elle chante dans presque toute la pièce et elle est la meneuse de chaque groupe de danseuses dans les chorégraphies et elle voulait la place de Tammy.

Jo haussa des épaules

- Sans doute à cause du retournement de situation à la fin

Luke les regarda tour à tour

- Comment vous connaissez l'histoire ?

Le couple se regarda non sans rougir

- Il se peut que Derek nous ait demandé d'être sous couverture pour résoudre le meurtre de Tammy, et Henry et moi on a obtenu vos rôles… Il veut qu'on reste jusqu'au spectacle même si on résout l'affaire avant.

Luke fit un petit sourire

- Faites-le. Il ne trouvera jamais personne d'autre dans un si court laps de temps.

- C'est ce qu'il nous a dit – bougonna Jo – bref, donc Claudia a toujours eu des soucis avec Tammy. Pensez-vous qu'elle aurait pu dérober cette épée ?

Luke acquiesça

- Pour la gloire, cette nana est capable de tout. Après, je ne suis pas du tout en contact avec elle donc je ne peux pas vraiment le savoir. J'imagine que vous n'avez pas pu relever d'empreintes ?

Jo et Henry secouèrent la tête

- Ça aurait été bien trop facile – répondit Henry

Henry réfléchit

- Est-ce que votre moto est toujours dans un garage ?

Luke acquiesça

- Il me semble que oui ! Le garage le plus proche de chez moi ! Je ne pense pas que je remonterais dessus même quand j'irais mieux, je la vendrais sans doute, mais oui, elle est toujours en expertise et réparation, pourquoi ?

Henry échangea un regard avec Jo qui semblait avoir deviné ce qu'il voulait faire

- Je me disais qu'on pouvait peut-être l'analyser et voir si nous trouvons quelques indices qui peuvent-nous dire si oui ou non vous avez été victime d'un sabotage.

Luke regarda Jo, d'un air impressionné

- Vous pouvez faire ça ?

Jo pointa Henry

- Il peut ! Il voit des choses que nous ne voyons pas.

Luke fut impressionné et Henry la trouva bien trop modeste, mais n'insista pas davantage.

- Je suppose que vous ne perdez rien à essayer. Si cela permet de résoudre le meurtre de Tammy.

Ils n'avaient toujours pas moyen de savoir si oui non Claudia avait dérobé l'épée, vu qu'elle l'avait laissée sur place en prenant soin d'enlever les traces. Si elle était bien la responsable. Peut-être avait-elle saboté la moto également. Personne ne pouvait le savoir. L'expertise d'Henry en dirait sans doute plus.

Jo soupira. Ils stagnaient un peu trop. Pourvu que cette affaire ne traîne pas comme avec Jeff, mais au moins ils avaient beaucoup plus d'indices, il suffirait de faire cracher le morceau à l'un ou l'autre. Et maintenant, même leur gentil coach était rendu suspect.

Avant qu'ils ne quittent, Henry demanda

- Combien de temps de convalescence vous a-t-on donné ?

- Environ six mois ! Je recommence à faire des exercices pour me servir de mes jambes. J'ai un kiné qui vient trois fois par semaine et je commence à mieux maîtriser, mais je ne pourrais que me remettre officiellement debout et marcher qu'apparemment dans six mois et comptant un an pour vraiment être remis… Et je ne pourrais plus jamais danser, donc voilà… Si jamais ce n'est pas un banal accident, j'en voudrais toute ma vie à celui qui a voulu me tuer.

Jo et Henry se sentirent tellement désolés pour le jeune homme. Il n'avait rien demandé et il perdait ce qu'il aimait le plus, la danse. Henry tenta de le rassurer.

- Peut-être que vous ne pourrez plus vous servir de vos jambes comme avant, mais vous êtes vivant et vous avez toujours une voix donc si cela ne marche pas dans un domaine, tentez l'autre.

Luke leur sourit sincèrement et les deux collègues quittèrent pour directement se rendre au garage où la moto de Luke était.

Sur la route, Jo avait passé son téléphone à Henry pour qu'il appelle Hanson et qu'il explique ce qu'ils venaient d'apprendre.

Le garage était calme et il n'y avait presque personne. Jo présenta son titre et expliqua la raison pour laquelle ils étaient là.

Le propriétaire était un peu méfiant, mais éventuellement il les laissa faire ce qu'ils avaient à faire. Ils ne voulaient pas se faire arrêter pour obstruction d'enquête criminelle.

La moto était encore à moitié écrasée sur le côté, mais on voyait qu'elle avait été réparée. Cependant, toutes les marques de l'accident étaient encore présentes.

Jo et Henry en firent le tour et Henry s'agenouilla pour observer la moto sous tous ses angles.

- Tu remarques quelque chose en particulier ? – demanda Jo

Henry voyait parfaitement bien que les freins étaient trop récents. Ils n'auraient pas pu lâcher.

- Luke nous a dit la vérité d'une part. Au moment de l'impact, les freins n'avaient même pas un mois. Je suis capable de dire qu'ils avaient été remplacés et ils avaient une bonne adhérence.

Jo leva les yeux au ciel

- Donc quelqu'un l'a bien saboté.

- Ça m'en a tout l'air. Et je parierais que la personne qui a fait ça, est la même qui a tué Tammy, mais je peux me tromper…

Jo le regarda faire ses petites observations. Il ne se trompait que très rarement, mais elle adorait le voir faire ses petites théories. Elle n'arrivait pas à s'en lasser.

En grattant un peu la peinture et repérant quelque chose qui brille, il parvint à dénicher à ce qui se ressemblait à un bouton de pression ou de manchette. Il le tendit à Jo.

- Qu'est que c'est ?

- Je suis certain que cela n'appartient pas à Luke. Quelqu'un qui fait de la moto s'habille en conséquence et non pas avec des boutons de pression ou de manchette.

Jo regarda longuement le bouton et secoua la tête

- Ce n'est pas un bouton. C'est vrai que ça y ressemble, mais de nos jours ils font n'importe quoi comme bijou.

Henry fronça des sourcils

- C'est un bijou ?

Jo acquiesça

- C'est une petite perle. Une perle qui peut être posée sur un bracelet ou des boucles d'oreilles, collier ou autres bagues... Et servir de broche parfois aux pantalons. Mais celle-ci provient de tout sauf d'une broche.

Ils se regardèrent longuement comme s'ils pensaient à la même chose, en essayant de se rappeler qui pouvait bien porter des perles au sein de la troupe. Et bien sûr

- Claudia ! –dirent-ils d'une seule et même voix.

Ils en revenaient toujours à elle. Non seulement elle avait travaillé au musée, mais en plus elle avait saboté la moto. Son compte était presque bon. Il fallait la faire parler et d'ici le soir même.

- Est-ce que c'est un motif suffisant pour l'arrêter ? – demanda Henry

- La perle oui ! Elle provient de ses boucles d'oreilles et il va être facile de prouver qu'il en manque une. Il suffit de trouver le modèle original et de le comparer avec le sien. On peut l'arrêter déjà pour le sabotage. Ça pourrait nous amener directement à savoir si oui ou non elle a tué Tammy, mais je t'avoue que je n'ai presque aucun doute.

Henry en était moins sûr, mais tout semblait pointer dans la direction de la jeune femme.

- Est-ce qu'on l'arrête de suite ?

Jo fit un petit sourire en coin

- On va essayer de la faire parler ce soir après un ou deux verres. Ce n'est pas très légitime, mais saboter une moto ne l'est pas non plus. Je vais mentionner le fait qu'il manque une perle à sa boucle, en toute innocence. On verra bien si elle se braque ou pas.

Henry la trouva maligne

- Et je pense lui demander si elle a une passion pour la moto.

Ils se regardèrent en sous-entendu. À eux deux ils faisaient tellement une bonne équipe, que tout le monde devrait considérer à les embaucher.

Jo avait gardé la perle dans un sachet hermétique. Ils avaient mis leurs gants pour la ramasser et en feraient bon usage juste au moment venu.

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Le soir venu, ils durent donc se rendre au bar. Jo savait qu'il s'agissait d'un bar qui demandait au moins à avoir une certaine tenue donc elle avait avisé Henry de ne pas s'habiller comme une antiquité. Il avait été assez froissé, mais ce fut Abe qui l'aida à choisir une chemise et un pantalon qui étaient assez modernes et avec lequel il n'allait pas se ridiculiser dans un grand bar tel que le Living Room qui était bien chic.

Jo vint le chercher et ce fut Abe qui ouvrit. La jeune femme portait une veste en cuir qui la réchauffait et il faisait froid donc elle avait un short avec une paire de collants et un haut noir qui s'attachait dans le cou. Elle avait fait lisser ses cheveux.

En la voyant, Abe resta stupéfait

- Eh bah dis donc Jo ! Heureusement que ce n'est pas dans un restaurant que vous allez

Jo le regarda d'un air sarcastique

- Il faut avoir l'air un peu présentable dans ce genre d'endroit.

- C'est la première fois que je te vois porter un short – avoua-t-il et il devait reconnaître que la jeune femme avait des attributs. Il comprenait pourquoi son vieux père était tombé amoureux d'elle.

Jo pouffa

- Profites-en, tu ne vas pas voir ça tous les jours ! Bon est-ce que le British est prêt ?

Il lui répondit depuis son labo

- J'arrive !

Il manqua de se casser une jambe en arrivant dans l'entrée de la boutique et voyant Jo de toute beauté. Il sentit directement son pantalon se resserrer autour de lui. Heureusement que ce n'était pas un rendez-vous. Elle lui fit un petit sourire timide.

- Les tenues modernes te mettent vraiment en valeur – avoua-t-elle

- Euh... – il ravala sa salive – merci ! Tu es très élégante aussi.

Abe leva les yeux au ciel. Ce qu'ils pouvaient être idiots ! Il les pressa dehors.

- Oh allez ! Sortez-moi de là ! Je vous rappelle que vous êtes sur une affaire. Au fait, je vais rentrer plus tard ce soir, j'ai rendez-vous avec Fawn donc si tu arrives avant moi, ne t'inquiète pas – adressa-t-il à Henry.

Son père ne fit qu'un signe de tête. Il était content de voir que son fils profitait de nouveau de la vie. Son opération avait certainement dû le remettre en question.

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Une fois sur place, il y avait une musique assez bruyante, mais beaucoup de personne dont Jo avait l'impression qu'ils venaient d'un autre monde. Même Henry ne se sentait pas trop à l'aise. Il y avait toute tranche d'âge, mais il fut surpris d'y voir des gens beaucoup plus jeunes que Jo. Il comprenait pourquoi la jeune femme disait que c'était hors de prix quand son regard se posa sur les cocktails.

Stella les vit arriver et les interpella, en se levant légèrement de son tabouret.

- Hey ! Jo, Henry ! Par ici !

Le couple avança et retrouva toute la troupe. Claudia et Miguel étaient là et Jo et Henry se regardèrent, il fallait qu'ils puissent réussir à la choper.

- Comment avez-vous trouvé cette première semaine ? – demanda Stella

- Euh très intéressante – répondit Jo – un peu de pression à cause du délai du spectacle, mais Henry et moi, on prend beaucoup de plaisir.

Stella se frotta les mains

- C'est génial alors ! En plus, vous faites vraiment un super duo. Derek est content de votre travail. Alors ce soir, éclatez-vous, mais ne buvez pas trop.

- C'est ce qu'on nous a dit – répondit Henry d'un ton amusé.

Jo remarqua que Miguel et Claudia parlaient ensemble. Elle se demandait bien ce qu'ils se disaient. Elle avait un peu de mal à prendre Miguel pour responsable, mais après tout… Elle savait mieux que personne que les apparences pouvaient être trompeuses.

Jo et Henry commencèrent par commander une bière chacun. Chose qui n'était pas dans les habitudes d'Henry, mais vu les prix, il n'allait pas faire l'impasse ce soir-là.

Ils s'installèrent au bar alors qu'une partie de la troupe était étalée sur les banquettes.

Henry regarda Claudia dans le miroir du bar et la vit boire carrément à la bouteille. Il fronça des sourcils.

- À mon avis si on veut lui poser des questions, on va pouvoir le faire assez rapidement.

Jo ne comprit pas, mais Henry lui désigna le miroir où elle voyait que Claudia descendait la bouteille de champagne assez rapidement et Miguel qui tentait de l'arrêter, mais elle ne voulait rien savoir.

Elle souffla

- Dis donc ! Je pensais que j'avais une grosse descente, mais elle n'est pas mal non plus. Si elle fait ça toutes les semaines, tu m'étonnes qu'elle soit toujours de mauvaise humeur.

Henry pouffa et ils dégustèrent tranquillement leur bière, tout en discutant avec le reste de la troupe. Quand Claudia fut à la deuxième bouteille de champagne. Jo se leva et Henry la suivit, pour lui poser des questions. Elle serait sans doute assez « gentille » pour les laisser s'asseoir à ses côtés.

Ils s'installèrent chacun à ses côtés et firent un grand sourire. En les voyant, elle leva les yeux au ciel.

- Qu'est-ce que vous voulez tous les deux ?

- À mon avis, vous devriez y aller mollo sur le champagne – dit Henry qui lui retira la bouteille des mains.

Elle soupira

- Je vous ai rien demandé Sherlock Holmes.

- Mais vous feriez mieux de l'écouter – répliqua Jo – pourquoi est-ce que vous buvez comme ça ?

Claudia haussa des épaules

- Peut-être parce qu'on a trop de pression avec ce spectacle. Qu'on n'a pas le droit à un break sauf le week-end ! Parfois, on a juste envie de se relaxer.

Henry et Jo se regardèrent. Cette dernière lui fit signe qu'elle remarquait bien la perle manquante à sa boucle d'oreille. En toute innocence, elle lui dit.

- Est-ce que vous savez qu'il manque une perle à votre boucle d'oreille gauche ?

Claudia la fusilla du regarda. Jo sut qu'elle avait touché la corde sensible.

- Et en quoi ça vous regarde ? Vous êtes inspecteur de bijou maintenant ?

Jo se retint de dire qu'elle était flic et que c'était presque la même chose, mais elle n'allait pas se faire griller si rapidement.

- Je ne faisais que le constater. Ça se voit, à la manière dont la fermeture passe au travers l'oreille.

Claudia se sentit assez offusquée

- J'ai dû la perdre lors d'une balade sur la route.

Jo et Henry le notèrent bien. Le légiste trouva l'occasion parfaite pour demander si oui ou non elle aimait la moto, mais elle se leva.

- Enfin ! Je n'ai pas de comptes à vous rendre. On ne se parle jamais. Je vous trouve pas mal impertinents tous les deux. Bref, laissez-moi un peu d'air, je vous supporte déjà assez comme ça.

Jo et Henry la trouvèrent vraiment gonflée. Elle avait définitivement quelque chose à se reprocher.

- Comme elle ne veut pas nous parler, on va devoir envoyer Hanson sur elle d'ici lundi. Elle sera bien obligée de parler. Ne serait-ce que pour le sabotage.

Henry approuva. Les deux jeunes gens se levèrent pour faire un peu le tour parmi cette musique bruyante et un serveur passa avec des coupes de champagne, qui semblaient gratuites. Ils étaient hésitants au début, mais ils finirent par en prendre une. Ils burent tout le verre et le trouvèrent vraiment bon, même Henry qui avait pourtant un palais assez sophistiqué.

Il regarda Jo

- Il y avait un goût dont je n'arrive pas à mettre le doigt dessus – affirma-t-il

- C'était assez sucré ! Je pense que c'est la première fois que je bois un champagne de tel.

- Moi de même ! Enfin, longtemps depuis plusieurs années.

La musique fut de plus en plus bruyante et Jo et Henry se retrouvèrent malgré eux entraînés sur la piste de danse avec le reste de la troupe et Claudia et Miguel qui étaient également déchaînés. Henry se sentait presque déjà fatigué. Il n'avait clairement pas l'habitude de tout ça. Il regarda Miguel et quelque chose semblait le frapper, mais tout se fondait autour de lui et ses oreilles étaient en train de saigner avec cette musique alors il ne parvenait pas à se concentrer sur ce qu'il pensait être.

Jo avait l'impression de retourner à l'époque de ses 18 ans et devait reconnaître qu'elle s'amusait plutôt bien ce soir-là.


Un peu plus tard dans la soirée, Abe rentra très satisfait de son rendez-vous avec Fawn. Il semblait que les choses allaient dans leur sens et elle serait sans doute sa nouvelle petite amie. Il pouffa. Au moins, lui ne perdait pas de temps, contrairement à son vieux père qui traînait sans arrêt.

En montant les marches qui menaient à l'appartement, il entendit un boucan d'enfer. De la musique. De la musique qui n'était pas du tout dans le style d'Henry.

Que se passait-il dans cet appartement ?

- Mais qu'est-ce que ?

Il avança lentement et resta complètement ahuri face à ce qu'il vit. La chanson « staying alive » était en train de jouer en fond, et là, plantés dans le salon, Jo et Henry étaient à moitié nus, Jo ne portait plus que son short, elle avait retiré ses collants et dansait collée contre Henry, en remuant son bassin assez vulgairement contre ses parties. Elle était en soutien-gorge et Henry était torse nu avec seulement son pantalon sur lui et avait les mains posées sur les hanches de la jeune femme.

Et rien ne semblait pouvoir les arrêter. Jo dansait et chantait chaque parole de la chanson et entraînait Henry.

Ils dansaient d'une manière entre vulgaire, fun et ridicule. Abe ne savait pas trop ce qu'il fallait penser.

Il resta bouche bée face à cette scène pour le moins hilarante. Il vit que l'ordinateur portable, qui était le sien était allumé et filmait apparemment tous leurs mouvements.

Il se demandait bien ce qui avait bien pu se passer pour que les deux se retrouvent dans une telle situation.

Ils prenaient des selfies et des vidéos avec le téléphone de Jo et ne l'avaient toujours pas vu.

Jo rigola à gorge déployée

- Attends attends, viens, colle ta tête contre la mienne. On va envoyer cette photo et cette vidéo à Mike !

Henry s'exécuta et ils finirent par se filmer tout en chantant « staying alive ».

Ils crièrent à percer les tympans d'Abe qui se disait que le lendemain ils allaient sans doute le regretter. C'était la première et dernière fois qu'il voyait son père être complètement… Il n'était même pas bourré, il y avait autre chose. Mais clairement, ni l'un ni l'autre n'était vraiment dans son état normal.

Il leva les bras au ciel et décida qu'il en avait assez vu pour cette soirée-là. Il allait se coucher et espérer que leur boucan allait s'arrêter rapidement.

Jo et Henry continuaient de danser et chanter et éventuellement finirent par sauter sur le canapé, en ouvrant une bouteille de champagne et s'arrosant l'un et l'autre, toujours en criant, ne pensant ni à Abe ni au reste du voisinage.

Jo lui cria

- C'est la première fois que je m'amuse autant ! Je sais pas ce qui se passe, mais je me sens super bien depuis qu'on a quitté ce bar.

- Et moi donc – répondit Henry, euphorique comme jamais - je crois qu'en tout bien tout honneur, je ne me suis jamais lâché du tout.

Jo lui donna un coup de hanche

- Et ça fait vraiment du bien de te voir autrement que le légiste coincé que je connais depuis un an… Mais qui me fait de l'effet quand même.

Henry la souleva et la fit tournoyer, tout ça tout en restant sur le canapé dont les ressorts commençaient sérieusement à souffrir. Elle enroula ses jambes autour de sa taille et leva les bras.

- Et une belle détective qui me fait aussi de l'effet. J'aimerais que ce moment ne s'arrête jamais.

- Oh, mais il ne s'arrêtera pas !

Ils continuaient de danser et chanter et sauter et le canapé se retrouva complètement par terre au même moment où ils en descendirent, mais cela ne les arrêta pas dans leur folie.

La chanson « Time of my life » démarra et Jo sauta sur le dos d'Henry avant qu'au refrain, ce dernier ne se laisse tomber dans le plus proche fauteuil et la regarda danser telle une danseuse étoile. Elle lui faisait des petits clins d'œil et quand la chanson prit fin, Jo prit son élan et courut pour sauter sur les genoux d'Henry, qui la réceptionna parfaitement bien.

Il enroula ses bras autour de sa taille et ils se regardèrent longuement dans les yeux, sous l'effet dans lequel ils étaient, ils ne contrôlaient plus rien du tout, ni leurs pensées ni leurs actes.

Jo posa ses mains sur les joues d'Henry et l'embrassa passionnément avant de poser son front contre le sien et que tous les deux finissent par rigoler.

La nuit fut longue, folle et complètement incontrôlée.


Author's note: je peux administrer un peu de CPR si besoin (et surtout vous aurez la réponse si oui ou non il s'est passé de quoi, plus tard ;)