*-* Chapitre trente sept *-*

Finalement, Castiel comprenait pourquoi Dean aimait boire. Il se sentait libre. Rien ne pouvait l'arrêter. Les études ne lui prenaient plus la tête. Les gens, encore moins. Il avait vu Anna et Cole. Mais il ne voulait pas gâcher sa soirée parce qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir Dean depuis une semaine. Et une semaine, loin de tous les repères qu'on s'était fixé, c'était comme une année de damnation en enfer. Alors personne ne viendra lui gâcher son plaisir. Et entendre Dean lui dire je t'aime, faisait accroître son envie et son amour pour lui. Castiel était désespéré d'une chose après ce baiser... Non pas de sentir son amant au plus profond de lui, mais plutôt de sentir son membre se presser contre le sien. Il savait qu'après ce baiser, il frétillait d'anticipation et quand il plaqua ses hanches contre les siennes, il pressa son érection prédominante, cachée par son jean contre le sien. Dean releva les yeux vers lui, des yeux remplis de luxure. Il n'y avait aucune pudeur chez Castiel en ce moment même. Notamment parce que pour lui, les personnes autour d'eux n'avaient aucune foutu importance. C'était Dean et seulement lui. Il était à lui et le monde pouvait s'écrouler, il ne bougerait pas et resterait accroché à l'homme de sa vie, pour l'entendre susurrer son amour.

Castiel attirait un peu plus Dean sur la piste, pressant leurs corps l'un contre l'autre. Ses mains glissaient sur la peau de Dean, et ils bougeaient ensemble sur la musique rapide du club, de longs mouvements sensuels qui faisaient probablement tourner plus d'un regard vers eux.

Castiel savait que quoi qu'il arrivait, Dean retournera toujours danser, comme il a dansé pour lui ce soir. Parce que Dean ne pouvait pas résister à l'appel des lumières de la ville et aux retrouvailles merveilleuses qu'ils s'étaient offerts. Et chaque fois que leurs corps se frôlaient sur la piste, Castiel tombait de nouveau amoureux de ce dieu du geste, du rythme, du bonheur, de la perfection… De l'amour. Ce mot qui constituait seulement cinq lettres et qui pourtant, signifiait l'infiniment beau pour Castiel.

L'odeur de leurs corps échauffés par l'exercice et la vision de son amant, semblant si fou amoureux, ont commencé à l'exciter. Castiel éprouvait ce désir absolument insoutenable de n'avoir Dean que pour lui ce soir. Il voulait attraper ses mains et le forcer à l'emmener au toilette. Ou bien même de le convaincre de prendre un taxi pour quitter les lieux, où la musique, bien qu'étrangement agréable, était trop forte et les gens trop suants. Castiel se pencha vers l'oreille de son amant et lui susurra d'une voix bien plus grave et suave les mots suivants :

« Je ne peux plus attendre… Une semaine sans ta queue… »

Sa main parcourra le torse de Dean, caressant encore de son bassin celui de Dean. Il faisait mine de danser, pour être comme tout le monde mais la seule chose qu'il souhaitait, était de se savoir observé par l'homme de sa vie. Il dansait pour lui, pour l'exciter, pour le frustrer, le faire grogner et perdre pied sur la piste de danse. Quand il sentit que Dean mettait ses mains sur le bas de son dos, Castiel se retourna subitement pour sentir son membre dur se frottait contre ses fesses. Il sourit et se mit à danser encore et encore, sentant les lèvres de Dean frôler son cou. Un gémissement se mêla au son, sans pour autant que quelqu'un parvienne à l'entendre. Il se dandinait encore un instant contre lui, jusqu'à ce que Dean craque et ne morde son cou. Il se tourna de nouveau, dessinant des arabesques sur son torse, le fixant du regard avec une lueur érotique dans l'iris. Il remonta ses mains jusqu'à sa nuque et il sourit en caressant les cheveux de son amant. Il s'approcha de lui et l'embrassa langoureusement.

« Je t'aime Dean… »

Il le vit sourire. Qu'est-ce qu'il était beau quand il souriait. Il colla son front contre le sien et ils dansèrent encore un instant avant qu'il ne sente quelqu'un se plaquer un peu trop contre lui. Il fronça les sourcils. Il y avait tout le monde qui se bousculait, c'était un fait, ils étaient dans une boite de nuit, c'était presque peu étonnant. Mais là, il avait un mauvais pressentiment. En se retournant, Cole était là. Il aurait voulu le bousculer pour qu'il arrête de ruiner sa vie mais il resta figé, continuant de danser tout contre Dean.

« Tu n'as pas répondu à mes mails ! »

Castiel ne répondit pas, se mettant de dos à Cole. Il fixa Dean dans les yeux qui avait le regard sur Cole. Il était dans sa ligne de mire et Castiel avait très peu de temps pour réagir pour ne pas que Cole se fasse littéralement tuer. Il attrapa la main de son amant et commença à partir mais Cole attrapa son bras. Castiel se libéra rapidement et le fusilla du regard.

« J'en ai rien à foutre de toi, Cole !

-J'en doute fort ! Tu étais en train de frissonner quand ma main remontait sur ta cuisse dans cet amphithéâtre ! »

Castiel était trop faible et Dean bien trop remonté pour qu'il puisse le retenir. Il s'approcha de Cole et le bouscula avant de recoller son front contre le sien. Nerveusement, Castiel regarda autour de lui et par chance, Raphaël était là. Il s'approcha des deux hommes et il attrapa le bras de Dean pour ne pas qu'il se retrouve dans des problèmes. Son frère avait l'habitude et avait toujours eu le don pour sauver les gens de la misère. Et les bagarres en discothèque, Raphaël avait surement dû les gérer également.

Castiel passait son regard de son frère à son amant avant qu'il ne décide de s'éloigner. Cole les fixait toujours avec un petit sourire satisfait mais Castiel ne préférait pas réagir et il quitta la piste de danse avec son Dean et son frère. Dean s'assit à leur place, prenant alors Castiel sur ses genoux. Il regardait ses mains, ses magnifiques mains ornées de longs doigts, jouaient nerveusement contre la table. Il sentait également sa cuisse se soulever et se rabaisser nerveusement. Finalement, les gens et la musique ne semblaient plus grandement agréables. Il se pencha vers son amour et lui murmura à l'oreille son envie de quitter un instant les lieux. Dean opina du chef et lui annonça qu'il allait chercher tout le monde pour partir. Castiel se redressa et sentit le regard de Anna sur lui.


C'était vrai qu'elle avait toujours été considérée comme une maladie. La Peste Noire, le Sida et le Cancer n'étaient rien contrairement à ce qu'Anna pouvait être. Le fait que tout le monde appréciait le diable était dû à sa beauté. Il charmait les innocents pour les mener à leur perte. Anna avait un visage d'ange mais se cachait en elle, une véritable entité démoniaque. Et à la seconde même où elle avait vu la petite et pathétique famille Winchester et Novak, elle savait que c'était le moment d'intervenir.

Parce que Novak avait fui comme un fragile et que Meg, d'une certaine façon, en avait été drôlement touchée. Anna commençait à sincèrement se demander si elle n'était pas amoureuse de lui. Mais quoi qu'il en était, elle se devait de la prévenir. Castiel était revenu en ville et Meg n'avait pas le droit de le rater. Ni même Luci.

Luci était un peu comme elles. Il adorait se détruire mais par-dessus tout, détruire les autres. Ils étaient comme des dieux, emmerdant le libre arbitre des gens et les détruire jusqu'à ce que leur souffrance les consume eux-mêmes. Ils aimaient être maître de la vie d'une personne. L'adrénaline montait et c'était encore mieux que tout. Il pouvait décider d'être les bourreaux ou les sauveurs de la vie d'une personne.

Et puis, Luci était le grand frère de Meg. Il était très protecteur, personne ne touchait à sa petite sœur. Et elle avait été touché. Par le départ de Castiel. Par son rejet. Par son homosexualité. Puis de toute façon, Anna n'était pas homophobe mais elle ne pouvait pas croire qu'on pouvait être à cent pour cent persuadé et confirmé comme tel. De plus, il n'avait jamais eu de femmes dans sa vie, il ne pouvait pas se laisser aller dans des relations aussi malsaines qu'il entreprenait avec ce professeur.

Professeur qu'Anna désirait plus que tout au monde, elle aussi. Ça aurait pu virer à l'obsession. Dean était le gars qui aurait dû finir top model. Il était inaccessible mais à croire qu'il fallait être cerné et complètement perdu pour être la personne qu'il lui faut. Et puis de toute façon, qu'est-ce qu'on pouvait bien trouver à ce Novak ? Elle était bien plus jolie. Elle avait une longue chevelure rousse. Des traits fins. Elle était grande et bien foutue.

C'était avec un sourire, un regard insistant et un téléphone à la main qu'elle décida de ruiner la soirée de Castiel. Ce soir, elle serait le bourreau qui le mettrait en danger et qui irait ravager l'humeur de Dean.

Comme le disait Sartre, « l'enfer, c'est les autres » et ce soir, Anna confirmait cette phrase.


Castiel pouvait enfin respirer l'air, à peu près correct de la ville. Il n'y avait personne, les rues étaient humides. Il enfonça ses mains dans ses poches, la tête qui tournait car les effets de l'alcool remontaient considérablement. En la tournant, il sursauta en remarquant la présence d'un fumeur. Il lui sourit.

« Je ne voulais pas te faire peur.

-C'est… C'est moi. Je pensais être seul.

-Parce que tu ne l'es pas ?

-J'attends mon copain et mes amis.

-Oh. T'as un copain. »

Castiel hocha simplement la tête, légèrement mal à l'aise à cause de ce personnage. Il portait une veste en cuir clouté, lui donnant un air de punk rebelle et sa capuche grise cachait les cheveux blonds de cet homme. Il jeta un peu plus loin sa cigarette avant de ramasser une batte qui traînait au sol… Qu'est-ce qu'une batte pouvait bien faire au sol ? En réalisant qu'il se tenait face à un garçon dangereux, Castiel se recula vivement en le regardant avec les yeux suppliants et grands ouverts. Il souriait en faisant jouer son piercing sur la lèvre. Il jouait avec sa victime, faisant tourner la batte dans les airs avec un petit sifflement.

« C'est quand même dommage. Pour un gars aussi canon que toi… D'être atteint par cette maladie qui est l'homosexualité. Dire que tu avais une fille bien qui t'attendait. Meg, ça te dit quelque chose ?

-Qui… Qui êtes-vous ?

-Oh que c'est barbant ! Je suis Luci, le grand frère de Meg. Je sors tout juste de taule.

-Raison de plus pour ne pas faire de connerie et… »

Il sentit une vive douleur dans la hanche et il tomba sur le côté. Il semblait que l'air lui manquait. Mais jamais il n'aurait été capable de définir si c'était à cause de la peur ou du coup qu'il venait de recevoir.

« Disons que pour ma sœur et pour démonter les tarlouzes dans ton genre, je me fiche pas mal d'y retourner. »

Castiel faisait le catalogue des blessures et des lancements de douleur de son corps, explorant mentalement les ramifications de sa position, remontant les événements de la journée passée pour essayer de comprendre ce qu'il se passait.

Avant de fermer les yeux, un goût métallique avait remplacé les lèvres sucrées par l'alcool de Dean.