Disclamer : Tout l'univers et tous les personnages appartiennent à J.K Rowling.
Note de l'auteur : Salut ! Chapitre à l'heure ! Et on retrouve Drago : magnifique cadeau de Noël n'est-ce pas ? :)
Merci à Tipapoute !
Bonne lecture !
Chapitre 37 : La transformation de Drago Malefoy
Drago Malefoy resta planté au milieu de la ruelle en regardant Granger disparaitre dans la rue plus passante. Frustré, il était frustré. Pourquoi ne se lâchait-elle pas un peu ? Elle réfléchissait trop. Ou, peut-être que lui ne réfléchissait pas assez ? Il secoua la tête. Non, c'était définitivement elle, le problème.
Il se mit en marche. Quoi qu'elle fasse, il fallait bien qu'ils répètent ce qu'ils avaient découvert aux autres, et il était hors de question qu'elle le fasse toute seule. Il était bien décidé à aller au 12, square Grimmaurd.
Mais il ne put même pas atteindre le bout de la ruelle.
Dans un craquement sonore, deux individus masqués apparurent devant lui. Après une seconde de flottement, Drago comprit qu'ils ne lui voulaient pas du bien et il n'allait pas rester planté là, en attendant qu'ils fassent un geste. Il se retourna prestement, mais tomba sur une troisième personne masquée. Il eut à peine le temps de sortir sa baguette que l'une des silhouettes s'exclamait :
"Stupéfix !
-Protégo ! répliqua Drago en s'écartant de ses trois assaillants.
La ruelle n'était pas large et il se retrouva vite contre un mur.
-Tu ne peux pas nous échapper, Malefoy ! fit la silhouette de droite.
Ils connaissaient son nom. Leur attaque n'était pas due au hasard.
-Expelliarmus ! s'écria-t-il, n'écoutant pas un mot de ce que disaient ses agresseurs.
L'un d'eux vola en arrière et tomba le long du mur opposé, sa baguette atterrissant dans une benne à ordure à quelques mètres. Plus que deux. Mais Drago n'eut le temps de rien faire quand un éclair se dirigea vers lui. Il le reçut de plein fouet dans la poitrine et fut propulsé contre le mur. Sa tête frappa violemment les briques et il s'effondra de tout son long.
-Ça lui apprendra, entendit vaguement Drago en s'efforçant de garder les yeux ouverts alors que son cerveau lui criait de lâcher prise.
Il sentit un liquide chaud couler sur sa tête et il supposa qu'il s'était ouvert le cuir chevelu. Il ne connaissait pas le sort qu'on lui avait lancé mais ses jambes semblaient complètement endormies ou mortes. Il essaya difficilement de se relever avec ses bras et aperçut sa baguette à deux mètres devant lui. Il commençait à peine à se hisser vers elle qu'un pied vint s'écraser sur son dos et ses bras ne purent que lâcher. Il se retrouva face contre terre, à moitié dans une flaque d'eau.
-Tu crois aller où comme ça ? fit une voix.
-Petrificus Totalus ! s'exclama une deuxième voix.
Aussitôt, Drago sentit son corps se raidir et il sut que c'était fini. Ils ne dirent aucun sortilège à haute voix, mais Drago ressentit tout ce qu'il se passait. Il sentit leur intrusion. Ensuite, sa magie commença à quitter lentement son corps. Il avait l'impression qu'on lui volait une part de lui. Il se rappela vaguement ce que le père de Pansy avait dit sur son agression et il sut aussitôt ce qui allait lui arriver.
Sa joue était collée au bitume qui était encore brûlant malgré la pluie qui continuait de tomber et il ne voyait que les chaussures noires de ses trois assaillants. Malgré la chaleur orageuse, un froid immense s'insinuait en lui et il sentit des larmes couler sans qu'il ne puisse les arrêter. Elles se mélangèrent à la pluie. Après ce qui lui sembla une éternité, Drago comprit que c'était la fin, la dernière once de magie quitta son corps. La pression du sort qui pompait sa magie s'atténua puis, disparut.
Les larmes s'arrêtèrent en même temps de couler. Il sentit le souffle de quelqu'un s'approcher de son oreille.
-Qui d'autre que toi mérite le plus une vie sans magie, mangemort ? J'espère que tu vas souffrir et savourer ta punition.
Le souffle disparut, mais à la place un violent coup dans son oreille lui enleva momentanément la capacité d'entendre de ce côté. Un deuxième coup arriva dans son ventre et il sentit son estomac dangereusement remonter vers son œsophage. Il voulut se replier sur lui-même mais le sort d'immobilisation faisait toujours effet.
Les trois paires de chaussures disparurent de son champ de vision.
-Finite," fit une voix.
Aussitôt tout son corps s'effondra et il put se replier autour de son ventre qui le lançait. Il entendit vaguement le bruit d'un transplanage mais ne se retourna pas pour voir ses agresseurs disparaitre.
Il attendit quelques secondes que la douleur de son ventre diminue avant de frôler l'arrière de sa tête avec ses doigts. Il sentit une plaie qui le lança aussitôt. Il retira sa main et la vit recouverte de sang et d'eau de pluie. Il comprit que le flot de sang ne s'était pas tari depuis qu'il s'était cogné.
Il lui fallait un sort de guérison, et vite. Il vit sa baguette, toujours au même endroit. Il rampa jusqu'à elle et la prit. Il fallait qu'il en ait le cœur net. Il respira profondément et se concentra avant de la pointer vers l'arrière de sa tête.
"Episkey !"
La douleur ne changea pas. Il toucha délicatement sa blessure et sentit encore le sang couler. Le sort n'avait pas eu d'effet. Il se retint de hurler. L'apitoiement serait pour plus tard, sa tête devait être soignée.
Lentement, il se redressa et s'assit, le dos contre le mur. Il était impossible pour lui de transplaner, il n'avait pas besoin d'essayer pour le savoir. Le plus proche était le 12, square Grimmaurd. Il devait remonter toute la rue pour y arriver. Il ferma les yeux un instant avant de regarder ses jambes. Il les sentait plus que quelques minutes auparavant. Il les replia sur lui et, à l'aide du mur, se leva. Il crut qu'il allait retomber mais il s'accrocha au mur et tint bon. Il fixa la lumière de la rue devant lui et se mit en marche.
Cinq minutes plus tard, il s'affala contre la porte du numéro 12 et tambourina dessus avec ses dernières forces.
oOo
Quand Drago vit la porte se refermer sur Granger, il soupira avant de tomber en arrière, sur son lit. Cette fille allait le tuer. Il était tellement frustré maintenant ! Pire que quand il se réveillait en sueur, d'un rêve érotique partagé avec elle. Malheureusement pour lui, il n'était pas chez lui et il se voyait mal inviter Pansy dans sa nouvelle chambre pour apaiser ses frustrations.
Surtout qu'il avait beaucoup plus important à penser. Son agression. Il n'avait presque pas dormi de la nuit. Un cauchemar l'avait réveillé en sursaut à deux heures du matin et après ça, il n'avait fait que somnoler devant des images de ruelles et de béton, mêlées au souvenir de Granger l'enlaçant pour qu'il se calme. Quand il s'était remémoré cette scène de la veille, il avait cru que cela aussi faisait parti d'un rêve. Mais après quelques minutes, il avait conclu que ça s'était réellement passé et il détestait le fait que Granger et les autres anciens Gryffondors l'aient vu, lui, dans une posture aussi vulnérable.
Il ne pouvait s'empêcher de frissonner en pensant aux bras de Granger. Elle l'avait réconforté sans se moquer. Et il s'était endormi dans ses bras. Il réalisa alors qu'elle l'avait même bordé quand il s'était endormi. Il n'aurait pas pu être plus à nu devant elle.
Mais le pire dans tout ça, c'était qu'il était bel et bien devenu un foutu moldu, un crac-mol. Il posa ses mains sur son visage. Comment en était-il arrivé là ? C'était une catastrophe. Heureusement, ses parents n'étaient pas au courant. Pour la première fois, Drago fut soulagé qu'ils soient loin de lui, à l'abri de toutes informations extérieures.
Il ne voulait même pas sortir de cette chambre et voir les regards des anciens Gryffondors compatissants ou satisfaits, il s'attendait à tout. Il voulait être seul. Ou avec Granger, pour qu'elle lui change les idées en faisant des activités qui nécessitaient la nudité des deux joueurs. Il soupira encore. Pourquoi toutes ses pensées revenaient toujours vers elle ? Était-il si ... dépendant ? Il répugnait ce mot, il n'était dépendant de personne. Pourtant c'est ce mot qui correspondait le mieux à son ressenti.
Il repensa à Pansy. Allait-elle rester son amie malgré ce qui s'était passé hier soir ? Il ne serait pas étonné si elle lui tournait le dos à présent. Un nœud se forma dans son ventre. C'était ridicule, il le savait. Il n'avait jamais voulu de cette amitié et voilà qu'il voulait que Pansy reste près de lui malgré ce qui s'était passé.
Plongé dans ses pensées moins réjouissantes les unes que les autres, il s'endormit, épuisé de sa nuit pratiquement blanche.
Un boucan le réveilla en sursaut quelques minutes plus tard ; du moins c'était son impression. Il allait s'asseoir quand une masse le cloua au lit.
"Par Morgane! Drago ! Comment te sens-tu ? cria la voix de Pansy dans son oreille.
-Si tu arrêtais de me percer les tympans, ça irait beaucoup mieux, grogna-t-il.
-Désolé, fit-elle en s'asseyant sur le lit. C'est juste que... ils viennent de me dire ce qui s'était passé, et j'étais inquiète.
Drago se redressa et la regarda. Elle semblait vraiment soucieuse.
-Comment crois-tu que je vais ? Je suis un putain de crac-mol, Pansy !
-Tu ... tu es sûr ? Je veux dire, Tu n'es pas allé à Ste Mangouste ?
-Non, grogna Drago ne voyant pas où elle voulait en venir.
-Et tu n'as pas fait le test de Granger ?
-Non.
-Donc, tu ne peux pas être sûr à cent pour cent que toute ta magie est partie. Je veux dire que peut-être qu'il te reste encore un peu de magie en plus de ta magie innée.
Drago dévisagea Pansy.
-Tu veux juste remuer le couteau dans la plaie, ou tu es tout simplement conne aujourd'hui ? railla-t-il.
-Quoi ?!
-J'ai essayé de lancer des sorts ! Et ça n'a rien donné ! Alors pourquoi j'irais faire un putain de test ?!
- Je ne sais pas ! Pour l'espoir, Drago ! Pour que tu ne déprimes pas !
-Trop tard, c'est déjà fait, railla-t-il.
Le silence s'installa. Drago soupira. Comment en était-il arrivé là ? Crac-mol. Logé par les Gryffondors. Et amo.. attiré par Granger ! Il se croyait presque dans un vieux bouquin que sa mère adorait lire.
Il fallait absolument qu'il trouve un moyen de retrouver ses pouvoirs. Sans cela, il n'était plus rien. Eléonore avait bien dit que sa fille avait retrouvé une partie de ses pouvoirs après 9 mois. Il devait bien exister un moyen pour que ce délai soit raccourci. Granger semblait penser que c'était possible. Mais comment ? Il devait parler avec les Gryffondors.
-Quelle heure est-il ? J'ai dormi longtemps ? demanda-t-il en se levant.
-Environ quinze heures.
-Viens, dit-il en se dirigeant vers la porte.
-Heu, tu devrais peut-être t'habiller, non ?" rigola Pansy.
Drago se regarda. Il était toujours torse nu. L'image de Granger allongée sous lui, son regard plein de désir pour lui traversa son esprit. Mais il secoua la tête, revint vers le lit et enfila son tee-shirt.
Ils rejoignirent la cuisine, et Drago se rendit compte qu'il avait une faim de loup. Tous les Gryffondors étaient là. Il croisa le regard de Granger qui rougit avant de détourner les yeux. Il aurait voulu lui sauter dessus et la prendre dans l'instant, mais ce n'était pas vraiment le moment vu le nombre de personnes dans la pièce.
"Bonjour, dit-il en se dirigeant vers le meuble qu'il savait rempli de nourriture.
Personne ne pipa mot. Il prit du pain et du miel avant de s'installer à table.
-Fais comme chez toi, je t'en prie, ironisa Potter.
-Ca fait plus de 24 heures que je n'ai pas mangé, alors je m'en contre fous de ne pas être poli.
Drago tartina une tranche et mordit dedans avec appétit en fixant Granger qui regardait partout sauf sur lui. On entendit seulement ses mastications pendant quelques minutes avant que Weasley, d'un air railleur, ne dise:
-Tu ne hurles plus, c'est déjà ça.
Drago lui lança un regard insondable. Il s'était douté qu'il aurait droit à ce genre de réflexions. Il serra les dents. Il regrettait fortement de s'être laissé aller devant ces gens. Il décida de faire comme si la carotte sur pattes n'avait rien dit. Il leva les yeux vers celle à qui il voulait parler.
-Granger, Eléonore nous a dit que sa fille avait fait voler une plume après plusieurs mois. Est-ce que tu penses qu'il existe un moyen pour diminuer ce temps ?
Elle le fixa un moment et finit par ouvrir la bouche :
-Je ne sais pas. Il faudrait que je fasse d'autres recherches. Peut-être parler à Alicia, pour avoir ses impressions.
-Allons-y, alors, dit Drago en esquissant déjà un mouvement pour se lever.
-Non ! Avant de faire quoi que ce soit, tu vas nous expliquer comment s'est passée ton agression, Malefoy, déclara Potter.
Drago reprit place sur sa chaise et mordit dans un autre morceau de pain. Il soupira en se disant qu'il aurait la paix après ça au moins. Il leur décrivit son agression en omettant bien sûr le départ précipité de Granger et la cause de ce dernier.
-Je n'ai rien vu de compromettant, conclut-il. Je n'ai pas vu leur visage et leur voix ne m'étaient pas familières.
-Homme ou femme ? demanda Weasley fille.
-Trois hommes, ça, j'en suis certain. Une équipe très bien organisée, chacun avait son rôle."
Drago revit la scène comme s'il y était encore. Ses côtes lui faisaient encore un peu mal et sa tête le lançait de temps en temps. Mais pendant quelques secondes, il se crut de retour dans la ruelle, les jambes non fonctionnelles et la tête pleine de sang. Il sentit un vertige le prendre et une bouffée de chaleur l'envahir. L'angoisse monta doucement en lui et il n'eut qu'une envie : sortir de cette cuisine.
Il se leva, tremblant. Il ne voyait plus grand-chose autour de lui et se prit un pied de chaise. Il ne tomba pas et continua son avancée. Il sortit de la pièce en sentant tous les regards sur lui. Mais il s'en fichait. Il monta difficilement les escaliers et s'écroula sur son lit dès qu'il franchit la porte de sa chambre.
Il se sentait déjà mieux, sa vision devint plus claire. Il aurait voulu prendre une douche glacée pour se refroidir mais il ne bougea pas. Il régula sa respiration.
Il était fichu. Un moins que rien. Le fait d'avoir cru un instant qu'il pourrait retrouver sa magie lui semblait absurde, maintenant. Il était la mauvaise blague de la sorcellerie. Le comble des sang-purs. Il se dégoutait lui-même. Son père serait tellement déçu s'il le voyait en ce moment. Sa mère pleurerait sans doute. Drago voudrait tellement qu'ils soient là, cependant.
Les larmes lui vinrent aux yeux mais il cligna pour éviter le flot incontrôlable et il se méprisa encore plus d'être si faible. Il se recroquevilla sur lui-même, sur son lit. Qu'allait-il faire maintenant ? Il s'était inscrit à la nouvelle université sorcière pour la rentrée, mais il ne pouvait pas y aller. Il resterait chez lui, seul ? Pendant que tous les autres continueraient leur vie ?
Un grand vide l'envahit, il était seul. Désespérément seul. Ses yeux redevinrent humides mais il les ferma. Au même moment, il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir, puis se refermer. Pourquoi Pansy s'acharnait-elle tant à le suivre partout ? Il se plaignait d'être seul, mais il ne voulait pas d'elle près de lui. Il voulait...
Il sentit une main timide lui frôler l'épaule. Il ouvrit aussitôt les yeux ; Pansy n'aurait jamais fait ce genre de geste. Il sentit le battement de son cœur accélérer quand il tourna lentement la tête pour tomber nez-à-nez avec Granger.
Elle se redressa rapidement avant que Drago ne fasse de même. Elle hésita, puis elle finit par s'asseoir à ses côtés.
"Ca va ? demanda-t-elle d'une petite voix.
Il hésita à lui répondre sincèrement, puis finalement, il dit :
-J'ai connu pire.
Elle esquissa un sourire. Il eut envie de la prendre dans ses bras, de se sentir rassuré grâce à elle, comme la nuit dernière, mais il se retint.
-Je vais aller avec Harry, voir Alicia.
Il allait protester, mais elle lui mit un doigt sur la bouche.
-Toi, tu vas rester ici, et tu vas te reposer.
Il loucha une seconde sur son doigt avant de regarder son visage. Il devina qu'elle s'inquiétait pour lui et il sentit un sentiment inconnu l'envahir.
-Je leur ai raconté notre discussion avec Kingsold. Et Pansy est rentrée chez elle.
Il acquiesça en la fixant toujours.
-Tu penses vraiment qu'Alicia pourra nous aider ? demanda-t-il.
-Je l'espère. Et dans tous les cas, je pense qu'elle nous donnera des informations intéressantes.
Ils restèrent silencieux, chacun regardant partout sauf sur l'autre.
-Bon, j'y vais, je reviens te donner des nouvelles dès que je suis de retour, d'accord ?" dit-elle en se levant.
Il se leva dans le même élan. Ils se firent face un instant, et Drago n'y tint plus. Il fit un pas et l'embrassa avec toute la passion qui l'habitait à cet instant. Elle répondit aussitôt au baiser et Drago la serra fort contre lui. Son odeur l'entoura de nouveau et un sentiment de bien-être l'envahit. Leur langues s'enroulèrent l'une autour de l'autre. Il caressa son dos, sa taille, ses hanches. Elle s'accrocha à ses épaules. Leurs lèvres se séparaient pour mieux se rencontrer. Drago sentit son pantalon rétrécir, mais c'était déjà la fin. Après un dernier baiser, ils se séparèrent bien qu'ils restèrent dans les bras l'un de l'autre. Drago fixa ses yeux marron qui trahissaient le plaisir mais aussi la gêne qui l'habitaient.
"Je dois y aller, fit-elle en détournant les yeux.
-Oui."
Il la lâcha, elle fit de même. Mais alors que Drago commençait déjà à se dire qu'elle regrettait encore de s'être laissée aller, elle s'avança une dernière fois, leva la tête et déposa un dernier baiser léger sur ses lèvres.
Drago resta figé quand elle sortit en fermant la porte derrière elle. Puis, un sourire naquit sur ses lèvres. C'était la première fois qu'elle faisait ça. La première fois qu'elle ne semblait pas dépitée après un baiser. La première fois où elle ne partait pas en courant pour le fuir.
Il recula jusqu'à son lit et s'allongea dessus, un petit sourire aux lèvres. Il ne lui fallut que peu de temps pour s'endormir à nouveau.
oOo
Des voix discutant vivement le réveillèrent. Il cligna difficilement des yeux pour découvrir une chambre plus ou moins étrangère autour de lui. Il mit plusieurs secondes avant de se rappeler qu'il était au 12, square Grimmaurd.
Il s'assit et écouta les voix étouffées. Elles devaient venir du rez-de-chaussée. Il reconnut la voix de Granger et il supposa que les voix graves étaient celles de Potter et Weasley. Il essaya de comprendre le sujet de la dispute mais il n'entendait que des brouhahas. Il crut percevoir son nom à plusieurs reprises et fronça les sourcils à ce constat.
Il se laissa tomber contre le matelas en soupirant. Au bout d'un moment, les voix se calmèrent et Drago entendit quelqu'un monter dans les étages. Un instant après, on frappait à sa porte. Il se rassit aussitôt, voulut éclairer la pièce en allumant un chandelier, mais se rappela qu'il en était incapable désormais.
"Oui, dit-il en se levant.
Granger entra dans la pièce et referma la porte. Ils restèrent dans la pénombre un moment avant qu'elle ne se décide à diriger sa baguette vers le chandelier et d'en conjurer quelques flammes. La chambre s'illumina. Ils se fixèrent un moment avant que Drago ne dise :
-Alors ?
Elle s'avança de quelques pas.
-Alicia a réussi à faire voler plusieurs objets devant nous, déclara-t-elle.
Drago sentit un sentiment de soulagement et de frustration l'envahir. Soulagement, car il n'était pas complètement perdu ; frustration, car Alicia avait attendu 9 mois pour réussir à lancer un sort efficace.
-Qu'a-t-elle dit ?
-Cela fait plusieurs semaines qu'elle se sentait différente. Elle essayait tous les jours d'ensorceler ce qui l'entoure. Et un jour, ça a marché, sans aucun signe particulier. Ca a simplement fonctionné.
-Elle n'a pas retrouvé toute sa puissance, affirma Drago.
-Non, répondit Granger en regardant le sol. Elle nous a dit qu'elle avait réussi à faire voler des objets de plus en plus lourds. Mais elle se fatigue très vite. Je ne sais pas si elle retrouvera toute sa puissance un jour.
Drago baissa les yeux, comme vaincu. Tout espoir de revenir comme il avait été était anéanti.
-Mais tout n'est pas perdu, continua Granger en s'asseyant à ses côtés. Après son agression, Alicia a complètement abandonné la magie. Elle n'a repris sa baguette que quand elle a senti quelque chose changer en elle.
-Et alors ? fit Drago un peu plus agressif qu'il ne le voulait.
-Et bien, je pense que si tu persévères ; si tu cherches ta magie au fond de toi, elle peut revenir plus vite. Si tu te concentres tous les jours dans ce but précis, tes pouvoirs pourraient revenir plus tôt. Mais ce ne sont que des suppositions, bien entendu.
-Peut-être, oui, répondit-il, maussade.
-J'ai... autre chose à te dire, dit Granger, après un silence.
-Oui ?
-Et bien, si tu le souhaites bien sûr, tu peux emménager ici, au square.
Drago écarquilla les yeux.
-Pourquoi je ferais ça ? Me coltiner Potter et Weasley, tous les jours ? Merci bien, mais non merci.
-Je sais bien, mais au moins quelques temps. Pour que tu apprennes à te débrouiller façon moldue.
Il ne répondit pas tout de suite, il venait de comprendre quelque chose.
-Votre dispute tout à l'heure, c'était sur ça, n'est-ce pas ? Sur moi, emménageant ici.
-Oui, mais Harry et Ron sont d'accords. Ils comprennent ta situation, et ...
-Ma situation ? répéta-t-il, mauvais.
-Oui... enfin, je veux dire... J'ai compris, tu sais. Habiter tout seul, dans ton grand manoir, ça ne doit pas être facile. L'autre nuit, quand... quand je t'ai trouvé dans la cuisine. J'ai bien compris que tu cherchais de la compagnie. Et c'est tout à fait normal.
Drago était à deux doigts de s'énerver. Elle l'avait percé à jour, elle savait. Son point faible. Mais il ne dit rien, sans trop savoir pourquoi, d'ailleurs. A la place, il la regarda. Elle semblait terriblement gênée.
-Dis-moi, Granger. Tu n'as pas proposé ça pour qu'on puisse renouveler les péripéties de ce matin plus facilement, n'est-ce pas ? dit-il pour détendre l'atmosphère.
Une jolie teinte rosée colora ses joues.
-Mais, non, pas du tout, je ne vois pas de quoi tu parles, grommela-t-elle.
Drago éclata de rire. Et elle sourit à son tour. Il se rendit compte que c'était la première fois qu'il rigolait depuis la disparition de sa magie. Qui aurait pu croire que Granger en avait été le déclencheur ?
-D'accord, je veux bien.
-Quoi ?
-Je veux bien emménager ici. Seulement pour que tu m'apprennes les subtilités de vie d'un moldu, accepta Drago, plein de sous-entendus dans la voix.
-D'accord, fit Granger. Descendons prévenir les autres. Ils ont dû préparer le repas."
Drago se leva à son tour. Granger fit demi-tour, mais il la retint par le poignet. Elle se retourna, devinant ce qui allait suivre. Le jeune homme l'attira vers lui, plaça sa main dans le creux de ses reins et prit possession de ses lèvres. Elle plongea ses mains dans ses cheveux blonds et approfondit le baiser pour le plus grand bonheur de Drago. Chaque étreinte était comme une bouffée d'oxygène. Mais il voulait plus, tellement plus. Leur corps s'appelaient, se rencontraient, s'épousaient. Elle balançait son bassin contre le sien, prouvant leur désir réciproque. Il passa ses mains sous son débardeur et il sentit sa peau frissonner sous ses caresses.
"Hermione ! cria une voix.
Ils se séparèrent malgré eux.
-Hermione ! Le repas est prêt, cria la voix de Weasley.
-Je ne pensais pas pouvoir détester tes colocataires plus que je ne le fais déjà, mais je sens que la cohabitation va prouver le contraire, dit Drago.
Hermione rigola doucement et l'embrassa une dernière fois avant de se séparer totalement de lui. Il la suivit dans les étages. Arrivé dans la cuisine, Drago dit :
-Salut colocataires ! Ca roule ?
Un silence de mort envahit la pièce. Weasley et Potter étaient debout près des fourneaux et le regardaient, bouche bée. Weasley fille était déjà assise à table, un bout de pain à moitié dans sa bouche.
-Tu... tu as accepté ? fit Weasley.
Drago imaginait aisément qu'ils aient pensé qu'il allait refuser la proposition de Granger. Après tout, pourquoi lui, Drago Malefoy, accepterait-il d'emménager avec quatre Gryffondors ? Mais Granger l'avait cerné. Elle savait ce qui lui manquait. Sa solitude s'effacerait ici. Pendant une seconde, il émit la pensée que la présence de Granger dans cette maison avait été une motivation en plus mais il l'effaça bien vite.
-On mange quoi, ce soir ? fut la seule réponse de Drago.
Personne ne lui répondit, bien entendu.
-Malefoy a accepté, en effet, intervint Granger en s'asseyant à côté de Weasley fille. Il restera le temps qu'il lui faudra pour s'habituer à sa nouvelle... condition.
Weasley grogna quelque chose d'inintelligible en se tournant vers la gamelle sur le feu devant lui. Drago s'assit en face des deux jeunes filles. Le silence s'intensifia et Drago imaginait très bien la bonne humeur qu'il pouvait y avoir d'habitude qui avait disparu de par sa présence. Il s'en fichait, bien entendu. Mais apparemment, Granger se sentait obligée de meubler la conversation.
-Tu pourras aller chercher des affaires chez toi, demain.
-Ouais.
-Tu peux rester dans cette chambre, elle était inoccupée.
-Ok.
-Au fait, Hermione, samedi ça te va pour aller sur le chemin de Traverse ? demanda Weasley fille. Ma mère est libre ce jour là.
-Oui, pas de problème. On la retrouve là-bas ?
-C'est ça."
Drago devina qu'elles voulaient aller faire les courses de pré-rentrée. Il ne savait plus en quelle année exactement Weasley fille était. Mais il était sûr qu'elle avait encore au moins une année à Poudlard. Il réalisa aussi qu'il ne savait pas ce que Granger ferait à la rentrée. Ils n'en avaient jamais parlé. Il se dit qu'il lui demanderait quand ils seraient seuls. Il se voyait mal le lui demander devant Potter et compagnie.
Bientôt, les deux garçons restés près des fourneaux les rejoignirent. Potter servit tout le monde et Drago sentit l'effort qu'il faisait pour rester courtois avec lui. Le repas se passa étrangement bien. Aucune réflexion mal placée ou pique ne fut prononcée. Mais l'atmosphère resta tendue et artificielle tout au long de sa présence. Et Drago se coucha en espérant qu'il n'avait pas fait le mauvais choix en acceptant la proposition d'Hermione.
oOo
Le lendemain, Drago prit son petit-déjeuner seul. Potter et Weasley étaient il-ne-savait-où, et il s'en fichait. Le plus important était qu'il était plus tranquille quand ils n'étaient pas là. Weasley fille était plus ouverte. Elle lui avait parlé quand ils s'étaient croisés dans l'escalier. Drago avait pris sur lui et avait répondu poliment. Oui, il avait décidé de rendre son séjour ici le plus facile possible. C'est-à-dire qu'il ne disait plus ce qu'il pensait. A part à Granger, peut-être.
D'ailleurs, il ne l'avait toujours pas vue ce matin, se dit-il en mâchant son pancake. Oui, il avait préparé lui-même son petit-déjeuner. Il ne connaissait pas le nom de l'elfe de cette maison et de toute façon, Drago n'était pas sûr qu'il lui aurait obéi. Alors, pour éviter un quelconque désappointement, il ne le chercha pas. Il avait mis un certain temps pour mettre en route la bouilloire pour son thé, mais il y était parvenu.
Les pancakes avaient été... plus complexes. Heureusement, il avait quelques souvenirs d'enfance, lorsqu'il observait ses elfes de maison cuisiner.
Il finissait son thé quand la porte de la cuisine s'ouvrit. Granger entra dans un coup de vent. Quand elle le vit, elle se figea une seconde avant de continuer sur sa lancée vers le garde-manger.
"Oh, salut, fit-elle.
Elle passa derrière lui.
-Même pas de petit bisou, mon amour ? demanda-t-il avec un sourire en coin.
Il vit le dos de Granger se contracter et imagina parfaitement ses joues rougir de gêne. Il adorait quand elle réagissait comme ça. Elle fouilla un moment le placard avant de ressortir avec sa trouvaille. Un paquet de bonbons que Drago ne connaissait pas.
-Pourquoi je te ferais un bisou ? finit-elle par dire.
-Pour me dire bonjour.
Elle s'assit en face de lui et ouvrit le paquet. Elle piocha un bonbon et l'enfourna dans sa bouche.
-C'est quoi ? demanda-t-il.
-Des bonbons moldus. Tu en veux ?
Elle lui tendit le paquet. Il hésita un moment, puis prit un bonbon multicolore.
-Ce sont des bonbons à sucer, informa Granger.
-A sucer, hein, répéta-t-il, plein de sous-entendus.
-Arrête.
Elle jeta un coup d'œil à la porte. Il mit son bonbon dans sa bouche. Le gout était acidulé et sucré.
-Quoi ? Tu as peur qu'on nous surprenne ? Nous ne sommes que deux personnes en train de parler, non ?
-Tu sais très bien ce que je veux dire.
Drago fixa la jeune fille. Il voyait ses lèvres bouger légèrement au gré du bonbon qu'il imaginait voyager dans sa bouche.
-Mais comment je fais, moi ? dit-il en la dévisageant.
-Quoi ?
-Quand je veux t'embrasser ?
Elle rougit et Drago retint un sourire.
- Je ne sais pas, bafouilla-t-elle, en regardant ses mains.
Son regard suivit ses mains. Elles n'étaient pas bien loin des siennes. Alors il ne réfléchit pas et posa les siennes dessus. Il trouvait ça tellement plus stressant que de l'embrasser, tellement plus symbolique. Doucement, il entrelaça ses doigts avec les siens. Il releva les yeux vers son visage. Elle semblait ne pas en revenir.
-Ca, je peux le faire ? dit-il.
-Oui," souffla-t-elle.
Il avait avalé son bonbon sans s'en rendre compte. Et alors qu'il fixait encore leurs mains jointes, un bruit de pas dans l'escalier annonça l'arrivée de quelqu'un. Ils se séparèrent. Drago vit Hermione mettre un autre bonbon dans sa bouche quand lui se leva. Il était sur le chemin de l'évier avec sa vaisselle quand Weasley fille arriva dans la pièce.
"Je vais rejoindre Harry et Ron au parc ! dit-elle.
Elle fila dans le garde-manger.
-Ok, fit Granger.
-On mange là-bas, j'emmène quelques trucs à grignoter. Tu veux... commença-t-elle en revenant dans la pièce principale.
Elle jeta un coup d'œil à Drago.
-Vous voulez vous joindre à nous ? finit-elle.
Drago s'imaginait très mal pique-niquer au parc en compagnie de Potter et les Weasley.
-Non merci, fit-il en retournant à sa vaisselle - oui, il faisait la vaisselle maintenant ; il n'avait pas vraiment le choix.
-Hermione ?
-N... Non, merci. Je vais rester ici.
-Bon, tant pis. A tout à l'heure alors," fit la rouquine en sortant en coup de vent.
On entendit ses pas précipités jusqu'au hall et la porte claquer quand elle sortit quelques secondes plus tard. Drago finit de laver ses affaires. Quand il se retourna, Granger avait un regard déterminé.
"Il va falloir fixer des règles, Malefoy.
Drago haussa les sourcils de surprise. Il remarqua amèrement qu'elle l'avait appelé par son nom de famille.
-Fixer des règles ? Des règles de quoi ?
-Ce qui vient de se passer, par exemple. Il ne... il ne faut pas que ça se reproduise.
Elle le "larguait" ou il rêvait ?
-Je veux dire... Ginny a failli voir... ce qu'il ne fallait pas.
-Et...
-Et il ne faut surtout pas que ça se reproduise, répéta-t-elle.
-Quoi ? Tu peux parler clairement, Granger, s'il te plait, grogna Drago en se rapprochant.
-Nan ! Nan. Je veux dire que si Harry, Ron ou Ginny découvre... ce qu'il se passe entre... nous, ça risque de mal se passer.
Drago ne voyait plus trop où elle voulait en venir maintenant.
-Il nous faut un lieu. Un lieu sûr. Où on pourra... se tenir la main.
Il commençait à comprendre. Il s'assit enfin en face d'elle.
-Tu veux dire que tu veux bien... me tenir la main ?
-Oui, marmonna-t-elle en détournant les yeux.
-Mais pas devant tout le monde ? Du moins pas devant Potter et compagnie ?
-C'est ça.
-... Ok, ça me va. Je veux dire, je ne veux pas avoir Potter et Weasley sur le dos non plus.
-Ok.
-... Mais tu pensais déjà à un lieu en particulier ?
-Je ne sais pas... peut-être ta chambre. Ou la mienne. Avec quelques sorts en plus.
Drago sourit franchement.
-Avoue. Tu y penses depuis combien de temps ?
- Non, je ne sais pas ! Ca m'est venu juste là !
Drago lâcha un éclat de rire.
-Ok, alors, dit-il.
Il hésita un instant, puis il finit par reprendre sa main dans la sienne. Elle leva les yeux vers lui pour le dévisager.
-Quoi ? Il n'y a personne dans la maison. Je peux bien faire ce que je veux, non ?
Ce fut au tour d'Hermione de rigoler. Drago prit un autre bonbon.
-Au fait, je me demandais, tu fais quoi à la rentrée ? dit-il.
-Je vais à la fac de Londres. Spécialité commerce international et intercommunautaire.
Drago blêmit. Il aurait dû y aller, lui aussi, s'il n'était pas devenu un pauvre Crac-mol.
-Intercommunautaire ? demanda-t-il.
-Commerce moldu/sorcier. Le but est de tirer le meilleur de leur monde pour qu'il améliore le notre. Cela permettra aussi d'éclairer beaucoup de sorciers qui ne connaissent pas grand-chose des moldus finalement. Sans compromettre le secret magique, bien entendu. Un service au Ministère vient de s'ouvrir cette année.
Drago ne voyait pas vraiment ce qu'on pouvait tirer comme avantages chez les moldus, mais ne dit rien.
-Moi aussi, je devais aller à la fac de Londres à la rentrée. J'imagine que je vais devoir me réinscrire l'année prochaine.
-C'est possible. Mais dis-toi que tu vas pouvoir faire des choses que tu n'avais pas idée cette année, répondit Granger.
-Ca c'est sûr, fit-il, en pensant qu'il venait de manger de la nourriture que lui-même avait préparé pour la première fois de sa vie.
-Bon ! Tu veux de l'aide pour ton déménagement ? Je peux venir si tu veux. Avec un sort de rétrécissement, ça ira plus vite.
-Ok. Allons-y alors.
Drago n'en pouvait plus de porter les mêmes vêtements depuis trois jours, ces mêmes vêtements qui avaient vu ses pouvoirs magiques disparaitre.
Dix minutes plus tard, Drago sortit de sa cheminée en toussant légèrement. Pendant quelques secondes, il avait eu peur de ne pas être accepté dans le réseau de Cheminette, mais tout s'était passé comme d'habitude. Il restait un sorcier malgré tout.
Granger arriva un instant plus tard. Au même moment, Drago revit la scène qu'il revoyait systématiquement lorsqu'il était dans le salon. Le tapis de la torture - comme il l'appelait des fois - n'avait pas bougé.
-Viens, dit-il en la poussant légèrement vers le hall.
Il devina qu'elle savait où ils avaient été pendant quelques instants. Elle semblait un peu perdue et Drago lui fit signe de monter l'escalier. Il la suivit dans son ascension. Arrivé dans sa chambre, Drago alla dans sa garde-robe. Il ouvrit sa malle de Poudlard et jeta ses vêtements à l'intérieur. Du coin de l'œil, il vit Granger détailler sa chambre. Elle devait se dire que c'était sombre et peu accueillant.
-Ta chambre est très grande, observa Granger.
-Oui, un peu trop, peut-être.
Il alla dans la salle de bain voisine et rassembla son nécessaire de toilette. Il le jeta dans sa valise. Il revint dans sa chambre et y vit Granger assise sur le sofa, près de la fenêtre. Il fit le tour de la pièce, prit quelques bibelots et livres.
-Bon, je crois que j'ai tout, dit-il.
-Tu ne prends rien d'autre, dans le reste de la maison ?
-Non, je ne pense pas.
Il ramassa la valise et commença à la trainer par terre.
-Attends."
Granger se leva du sofa, s'approcha et lança un Wingardium Leviosa. Aussitôt la malle s'envola, légère comme une plume. Drago lança un regard noir à la jeune fille. Il se sentait si faible et bon à rien, maintenant.
Elle fit descendre la valise jusque dans le hall. En passant dans l'escalier, Drago s'arrêta un instant pour décrocher une photo de ses parents et lui, souriant. Il n'avait que quinze ans sur cette photo. Mais c'était une époque où toute sa famille était heureuse et réunie.
Il rejoignit Granger et glissa la photo dans la malle.
"Bonjour, monsieur, s'écria une voix aigue.
C'était Dopsy, l'un de ses elfes de maison.
-Bonjour. Je veux que tu dises aux autres que je vais être parti pendant plusieurs semaines. Je veux que le manoir soit impeccable à mon retour, c'est compris ?
-Oui, monsieur.
-Bien.
Et l'elfe disparut en un petit "crack".
-Même pas de "merci" ? constata Granger.
-Pour quoi faire ?
-La politesse ? La civilité ? Le respect ? Je dois continuer ?
-C'est un elfe de maison, c'est son devoir de m'obéir.
-J'imagine que tu ne le paies pas ?
-Le payer ? Mais pourquoi fa...
La sonnette de la porte le coupa dans sa phrase. Aussitôt, Dopsy apparut devant eux et ouvrit la porte. Pansy écarquilla les yeux en voyant Granger en compagnie de Drago dans son hall.
-Qu'est-ce qu'elle fait là ? dit-elle, agressive.
-Bonjour à toi aussi, Pansy, dit Drago.
-Ne joue pas à ça avec moi, Drago.
-Je l'aide à déménager, intervint Granger.
-Déménager ? Mais où ça ? s'exclama Pansy en entrant dans la maison.
Dopsy put fermer la porte et disparut aussitôt fait.
-Oui, déménager, soupira Drago. ... Au square.
-Quoi ?! Drago, tu ne vas pas emménager avec ces... gens ! s'écria la brune en pointant du doigt Granger.
Granger rougit de colère. On pouvait presque voir ses cheveux prendre du volume à vue d'oeil.
-Tu insinues quoi, là ?
-Tu sais très bien ce que je veux dire, Granger ! Avec des ... gens de mauvaise influence !
-Non, Parkinson, sois franche ! Tu penses "sang-de-bourbe" et "traite à leur sang". Et bien, tu sais quoi, Parkinson, toutes tes idées sont vraiment archaïques, il serait peut-être temps de grandir un peu dans ta petite tête !
-Parce que tu crois que Drago ne pense pas la même chose ? Laisse-moi rire, Granger ! Je ne sais pas ce qu'il se passe réellement entre vous, mais je peux te dire que Drago a toujours considéré tes petits copains comme des traitres à leur sang, et toi, comme une Sang-de-Bourbe.
-Bon, on se calme les filles ! intervint enfin Drago.
La conversation risquait de déraper si Pansy continuait sur sa lancée.
-Pansy, je vais là-bas parce que je n'ai pas le choix. Je ne peux pas rester tout seul ici, vu mon nouveau... statut.
-Viens chez moi alors !
-Non, Granger va m'apprendre à vivre sans pouvoir magique. Ta maison est remplie de magie, je ne pourrais pas vivre là-bas.
-Mais... Et comment... on fera pour se voir ? demanda Pansy pleine de sous-entendus.
Drago sentit une boule se bloquer dans sa gorge. Si Pansy disait quoi que ce soit sur leurs activités "amicales", Granger sauterait immédiatement au plafond.
-Je viendrais chez toi, j'ai réussi à prendre le réseau de Cheminette aujourd'hui. Il n'y aura pas de soucis.
-Ok...
Pansy lança un regard noir à Granger avant de s'approcher de lui.
-Viens quand tu veux, fit-elle à son oreille.
Pansy sortit sans un mot de plus. Drago prit sur lui pour lever les yeux vers Granger. Elle semblait en colère et peinée en même temps.
-Sang-de-Bourbe, hein ? dit-elle.
-Tu sais très bien qu'elle parlait de l'époque où on ne se parlait pas. Avant la guerre. Pansy manie l'art d'amplifier les faits comme un maitre.
-Et les traitres à leur sang ?
-Je ne t'ai jamais caché ce que je pensais de tes amis. Tu sais très bien que je ne peux pas les voir. Et on sait très bien que c'est réciproque. Jure-moi qu'ils ne m'ont jamais appelé "Mangemort".
Elle fit un petit sourire. Drago vit cela comme un encouragement et se rapprocha d'elle.
-Je commence presque à apprécier Weasley fille, si tu veux savoir, enchaina-t-il.
Hermione rigola franchement cette fois et Drago la prit dans ses bras. Il savoura un instant le fait qu'elle ne le repousse pas.
-Ne compte pas sur moi pour apprécier Parkinson, par contre, dit-elle.
Il rigola aussi avant qu'il ne sente les lèvres d'Hermione se poser sur les siennes. Il la serra contre lui en se disant qu'il se sentait trop bien dans ses bras pour que ce soit permis.
Alors ? Il s'en passe des choses dans ce chapitre, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Drago et Hermione se rapprochent sérieusement. Pansy n'est pas du tout contente. Drago essaie de se remettre de sa perte de magie...
Pour le prochain chapitre, on retrouve Ginny et sa rentrée à Poudlard.
Brune67 : Merci pour ta review. Hermione ne veut pas aller avec Drago tout simplement parce que c'est Drago. Elle ne peut pas lui tomber dans les bras juste parce qu'elle l'aime. Hermione laisse trop parler sa raison, et lutte contre ses sentiments. Mais elle résiste de moins en moins, comme on peut le voir dans les derniers chapitres ! :) J'espère que ce nouveau chapitre t'a plu ! Bis
A la prochaine, -Lippen.
