Invisible
Disclaimer: Tout l'univers Harry Potter appartient à J. K. Rowling
Auteure: DebsTheSlytherinSnapefan
Traductrice: Krix27
Bonne lecture!
Chapitre 37
La situation telle qu'elle est
Cornelius Fudge, ancien Poufsouffle diplômé de Poudlard, école de Sorcellerie, s'assit, terrifié. Les chaînes se resserrant fermement autour de lui. L'enchaînant sur la chaise, comme pour tous les criminels, même si Fudge n'ait pas la moindre intention de s'enfuir. Son corps entier tremblait et ses cheveux habituellement impeccables étaient tous dérangés. S'il n'était pas maintenu, il se serait écroulé au sol. Ses yeux écarquillés regardaient les alentours; on pouvait presque voir son esprit essayer de savoir comment se sortir de cette situation. Malheureusement pour lui, il n'y avait aucune échappatoire. Le monde sorcier voulait réparations pour les actes qu'il avait commis contre leur 'golden boy'.
Les regards qu'il recevait de tout le monde, le Magenmagot inclus, le faisaient blêmir. Il avait espéré, pendant une seconde, d'au moins avoir Dumbledore de son côté. Ils avaient travaillé main dans la main, pendant son mandat en tant que Ministre de la Magie. Albus avait construit un lien de camaraderie, ce qui n'avait pas changé même après l'annonce du retour de Voldemort. Seulement parce qu'Albus avait juré qu'il n'était pas après son poste. Le vieil homme le connaissait bien après tout. Et il était maintenant ici, à le fixer, de ces yeux bleus, déçu. Des yeux qu'il avait détesté même lorsqu'il n'était qu'un jeune garçon, la façon dont ils étincelaient n'avait jamais été normale. Ils étaient si heureux, comme s'ils vous jaugeaient. Ils lui donnaient la chair de poule; ils n'étaient pas moins intenses qu'auparavant.
"Interrogateur: Amelia Susan Bones, Directrice du Département de la Justice Magique. Scribe de l'audience, Percy Ignatius Weasley et Brian Sanchez l'avocat de la défense." dit Madame Bones, il manquait plusieurs personnes et puisque Fudge et Ombrage allaient sûrement finir en prison, elle était l'unique interrogateur. Un nouveau Ministre et un nouveau secrétaire devront être engagés. Maintenant qu'ils étaient en guerre, ce n'était pas bon du tout. En fait, le monde sorcier était devenu un endroit dangereux; Fudge les avait royalement envoyé en Enfer. Pas seulement Nicolas Potter, le monde n'avait plus de leader, sans lui – il s'effondrerait. Amelia le fixait du regard, sans la moindre émotion, faisant son travail, malgré ce qu'elle ressentait à l'égard de l'Ex-Ministre de la Magie.
"Bien, les charges!" dit Madame Bones, en mettant ses lunettes puis, déroulant le parchemin. Avant de déclarer d'une voix non moralisatrice les charges pour lesquelles Fudge avait été interpellé.
"Mise en danger de personnes mineures, en autorisant l'utilisation d'un objet interdit"
"Signature d'une autorisation permettant à Dolorès Ombrage de torturer des élèves au moyen d'une plume de sang"
"Pour avoir remis une plume de sang illégale à un membre de la communauté" à vrai dire, ces plumes de sang auraient dû être détruites. Ce dont s'assurerait Amelia Bones. Avec un peu d'espoir, elle ne trouverait peut-être pas d'autres objets illégaux dans le bureau de Fudge. Zut, elle réalisa qu'elle aurait dû faire fouiller son bureau et son domicile. Après tout, cela pourrait alourdir les charges contre lui.
"Pour être la raison pour laquelle Nicolas Potter est magiquement épuisé et dans le coma,"
Une fois les charges énoncées, elle s'approcha de Kingsley Shacklebolt et de Maugrey Fol'Oeil. Elle murmura si bas que personne d'autre n'entendit même si la salle était mortellement silencieuse. "J'ai besoin que vous vérifiez son bureau et son domicile, Jasmine vous donnera ce dont vous aurez besoin." dit-elle en reculant. Lorsqu'ils acquiescèrent, elle hocha de la tête et repris son rôle d'interrogateur.
"Vous êtes Cornelius Fudge, n'est-ce pas?" demanda Madame Bones, l'adresse du Ministre ne devait jamais être connue du public. C'était beaucoup trop dangereux de le permettre, seul les directeurs et secrétaires de Départements avaient le droit de connaître cette information. Toute information publique devait être effacée, y compris les lettres d'admission de Poudlard. Et cela, même s'ils ne vivaient plus au même endroit.
"Oui," répondit Fudge en humidifiant ses lèvres avec nervosité, des idées se bousculant dans sa tête. Tout le monde redoutait Azkaban pour une raison. Ceux qui ne craignaient pas la prison – disons simplement qu'ils devaient déjà être fous. Fudge n'était en aucun cas aliéné, mais il était follement terrifié de ce qui allait arriver.
"Que plaidez-vous contre ces charges?" demanda Madame Bones, qui apparemment ne voulait pas tourner autour du pot. Normalement, elle posait quelques questions pour voir s'ils les niaient. Brian Sanchez restait très silencieux, comme s'il essayait de se fondre dans la chaise. Il était clair qu'il ne ferait rien pour défendre Fudge, comme il l'avait fait avec Ombrage. Bones réalisa qu'elle devrait s'entretenir avec lui pour lui parler de professionnalisme. Coupables ou non, ils avaient le droit à une défense, ce qu'il ne leur donnait pas.
"C'étaient des circonstances atténuantes," dit Fudge en ne répondant pas à la question, "J'avais un choix à faire qui nous concernait tous."
"Et quel est-il?" demanda sèchement Madame Bones.
"Nick Potter avait besoin d'entraînement," dit doucement Fudge, comme s'il parlait à un enfant. Son front suait toujours profusément et il ne pouvait rien faire pour y remédier à part de laisser la sueur couler le long de son visage.
"Et vous pensiez être celui qui s'en assurerait?" demanda Madame Bones.
"Objection, vous déformez les paroles de mon client," dit Brian en se levant pour la première fois.
"Avez-vous ou non donné à Dolorès Ombrage la permission d'utiliser une plume de sang?" demanda Madame Bones en hochant de la tête en direction de Brian, avant de refaire face à Fudge.
"J'ai signé quelque chose," dit Fudge avec hésitation, et il s'interrompit. Il essayait visiblement de gagner un peu de temps.
"Ne me dites pas que vous avez signé quelque chose sans lire?" dit sèchement Madame Bones, "Pièce à conviction A, le contrat que Cornelius Fudge a signé, donnant l'autorisation à Dolorès Ombrage d'utiliser une plume de sang."
Percy Weasley, tendit rapidement le contrat au premier membre du Magenmagot, qui le passa aux autres pour qu'ils puissent tous le voir.
"L'avez-vous lu ou non?" demanda Madame Bones avec exaspération.
Fudge s'affala dans son siège; il savait qu'il ne s'en sortirait pas, "Oui." admit-il.
"Vous avez donc consenti à l'utilisation de plumes de sang?" demanda Madame Bones.
"Objection, mon client vous a déjà donné une réponse," dit Brian en se levant de nouveau.
"Si M. Potter meurt, vous et Ombrage serez de nouveau présentés face à la justice pour meurtre." dit Madame Bones, "Bien, maintenant que nous avons une confession, je suggère que nous mettions à terme la séance."
Contrairement au monde moldu, ils n'avaient pas besoin de plusieurs jours pour délibérer. Le Magenmagot prenait une décision en l'espace d'une heure. Encore moins s'ils utilisaient du Veritaserum, ce qui n'était utilisé que dans les pires cas. Torture, mort et meurtre étaient les pires scénarios pour lesquels la potion de vérité était utilisée.
Amelia Bones observa autour d'elle, fixant son regard dans celui de chaque membre du Magenmagot. Elle parvenait presque à voir la sentence qu'ils avaient en tête. D'une voix haute et claire, elle demanda "Que ceux qui souhaitent acquitter l'accusé lèvent la main!" elle ne les quitta pas des yeux. Attendant avec le souffle coupé que la décision soit prise.
Personne ne leva la main; le silence était pour le moins insoutenable. La plupart des membres du Magenmagot étaient en porte-à-faux. Ils savaient qu'ils donnaient l'ouverture potentielle qu'attendait probablement Vous-Savez-Qui. Un seul faux pas pourrait lui permettre de s'emparer du Ministère, sans même que le public ou eux-même ne le réalisent. Jusqu'à ce que bien entendu ce ne soit trop tard pour l'arrêter. Malheureusement, s'ils laissaient Fudge s'en sortir, ce serait mal.
Leurs mains s'agitant, ils les gardèrent baissées, leurs pensées tourbillonnant avec les conséquences de leurs actions.
"Que ceux qui souhaitent une condamnation pour l'accusé lèvent la main," dit Madame Bones, d'une voix - comme toujours lorsqu'elle s'adressait au Magenmagot - puissante. Ainsi, elle pouvait être entendu, même de derrière.
Plus de la moitié des membres du Magenmagot leva la main. Certains d'entre eux trouvaient la responsabilité trop lourde; il s'abstenaient de voter, mais cela importait peu. Le résultat était évident; Cornelius Fudge était condamné à la prison d'Azkaban.
Fudge était affalé sur la chaise, du moins, autant que le permettaient les chaînes qui le retenaient. Son front ne suait plus, le regard hanté et résigné. Souhaitant de toutes ses forces ne pas avoir écouté Ombrage. Désormais, sa vie était brisée et il partait pour Azkaban ce soir. Il avait empêché son épouse de venir assister au procès, il ne voulait pas que l'attention se tourne vers elle ou ses enfants. Ils étaient innocents et il ne voulaient pas qu'ils le voient être emmené. Comme il le regrettait maintenant, il aurait voulu que le visage de son épouse soit la dernière chose qu'il ait vu avant d'aller à Azkaban. Elle lui manquerait, ils lui manquerait terriblement. Au moins, ils étaient à l'abri de la guerre; son manoir était extrêmement bien protégé. Il lui avait fait promettre de ne pas le quitter lorsque la guerre aurait réellement commencé. Il avait beau être avide et stupide, mais sa famille signifiait tout pour lui.
"Je suis surpris qu'ils ne soient pas là," dit Harry en baissant son livre. Il n'avait pas vraiment fait attention à ce qu'il ce passait autour de lui. Il remarqua cependant que ni les élèves, ni Severus n'avaient été appelés. Cela avait été une perte de temps, bien que les élèves étaient ravis de leur jour de congé et de pouvoir voir ceux qui les avaient blessé être punis.
"Je ne crois pas qu'ils aient quitté l'infirmerie," répondit sèchement Severus, sachant de qui parlait Harry. Lily et James, il ne prononçait jamais leurs noms s'il n'y était pas obligé.
Harry recourba sa lèvre avant de disparaître à nouveau dans son livre.
Le Magenmagot délibéra un petit instant pour la sentence de Fudge. Le débat avait pris place, même ceux qui s'étaient abstenus de voter y participaient. Ils étaient convaincu qu'il méritait une punition plus dure en raison de son haut statut. S'il n'était pas puni justement, les gens pourraient se révolter ou protester. Les révoltes sorcières étaient très laides à voir et le Ministère essayaient toujours de les éviter. Après vingt minutes de délibération, ils parvinrent enfin à un consensus. Albus Dumbledore, qui habituellement dirigeait la réunion, se tenait en arrière, laissant les autres décider. On imaginerait que les autres membres se sentiraient perdus sans leur dirigeant, mais ce n'était pas du tout le cas; ils s'en sortaient, et entrevoyaient enfin la fin. Considérant chaque angle qu'ils pouvaient imaginer.
Une fois que leur décision fut prise, ils enlevèrent le sort de silence avant de se rasseoir. Leur visage ne montrant aucune émotion, ni amusement, ni réjouissance; rien d'autre qu'une simple résolution.
"Une décision a-t-elle été prise?" demanda Madame Bones, en parlant d'une voix stricte au dirigeant du Magenmagot.
"La décision a été prise" dit Albus son habituelle étincelle avait disparu de ses yeux alors qu'il regardait chaque personne à travers ses lunettes en demi lune. "Nous considérons que, d'après ce qu'il représente, Cornelius Fudge doit servir d'exemple. Nous ne tolérerons aucune trahison, abandon ou activités illégales de notre Ministre. Nous sommes venus à la conclusion que sa punition devrait être doublée. L'accusé sera condamné à vingt-huit ans dans la prison d'Azkaban."
Fudge blêmit encore plus si possible, incapable de croire qu'ils avaient doublé la condamnation! Il n'était même pas celui qui avait fait tout cela. Déglutissant difficilement, vingt-huit ans, il n'y survivrait jamais. Il mourrait probablement à Azkaban; il ne verrait plus jamais sa femme.
"Puis-je demander une seule chose?" demanda Fudge d'une voix rauque.
"Quoi donc?" demanda Madame Bones en fixant Fudge avec incrédulité.
"Puis-je voir mon épouse cinq minutes avant d'être emmené à Azkaban?" demanda Fudge, sa voix tremblait à la simple mention d'Azkaban.
"Très bien, emmenez-le dans les cellules, je vais la contacter pour vous," dit Madame Bones.
"Merci," soupira Fudge de soulagement. Pour un homme qui venait juste d'être condamné à Azkaban, il était remarquablement calme. Madame Bones s'assurerait qu'il soit surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. aucun individu ne pouvait rester aussi calme juste après avoir été condamné à vingt-huit ans à Azkaban.
Fudge fut rapidement escorté à l'extérieur de la salle par deux Langues-de-Plomb, et les élèves furent ramenés en sécurité - par portoloin - à Poudlard avec Dumbledore. La pièce se vida rapidement et Harry ne pourrait pas se lever encore plus vite qu'il venait de le faire; il voulait simplement brasser des potions, s'entraîner et faire ce dont il avait besoin pour faire face à Voldemort. C'était difficile, mais il réalisait qu'il devait arrêter de prononcer le nom de Voldemort et même d'y penser. Il devait l'appeler d'une autre façon; il ne voulait pas que les mangemorts entrent dans le Manoir Prince. C'était sa maison, son refuge, l'endroit où il se sentait le plus chez lui que n'importe quel autre lieu.
Albus Dumbledore atterrit avec élégance alors que ses élèves se débattaient pour rester debout. Ils n'avaient même pas eu le temps de dire correctement au revoir à leurs parents.
"Je suis sincèrement désolé de ne pas m'être aperçu de ce qu'il se passait dans cette école. Je suis encore plus désolé de vous avoir déçu , chacun d'entre vous." leur dit-il en les regardant dans les yeux; pensant vraiment ce qu'il disait, du plus profond de son cœur. "Je suis d'autant plus désolé que vous n'ayez pas eu assez confiance en moi pour venir me voir lorsque vous en aviez besoin."
Les élèves fixèrent le sol, d'un air contrit. Il se sentaient plutôt désolés pour eux même malgré le fait qu'ils aient été les victimes. Certains d'entre eux réalisèrent que Dumbledore tentait de minimiser le blâme pour ne pas se sentir mal. Les autres étaient assez stupides pour ne pas réaliser ce qu'il se passait, et continuaient juste à fixer le sol.
"Lorsqu'il s'agit de nous – Serpentards - directeur, nous avons appris que vous preniez le côté des autres professeurs et élèves – en particulier les Gryffondors. Pourquoi serions-nous venus vous voir?" demanda Zabini. Il n'allait pas se laisser faire sentir que tout était de sa faute.
"Alors, j'ai encore plus échouer que je ne le pensais," dit Albus avec tristesse, peut-être que Severus avait eu raison sur toute la ligne. Peut-être qu'il était réellement un vieux fou plein de préjugés. "Allez-y, retournez dans vos salles communes, le déjeuner sera bientôt servi."
"Oui monsieur," dirent en chœur les élèves avec obédience, en marchant vers leur salles commune. Le trajet était tellement familier qu'ils pourraient le faire les yeux fermés ou bandés.
Albus les regarda partir d'un air extrêmement pensif; était-ce ce que tous les élèves pensaient? Qu'il ne se souciait pas d'eux s'ils n'étaient ni un professeur ou un Gryffondor? A quel point étaient-ils hors de sa portée? Comment pouvait-il rectifier cela? Zut, il aurait dû réaliser ce qu'il se passait. Malheureusement, il s'était trop préoccupé du bien-être de Nicolas pour le réaliser. Un plan réussi et il avait perdu la confiance de ses élèves. Un soupire las quitta ses lèvres, le prix de la guerre pesant très lourd sur ses épaules et sa conscience. Il s'avança vers l'infirmerie, l'esprit préoccupé.
"Combien d'années?" demanda James Potter à la seconde où Albus posa un pied dans l'infirmerie. Il semblait n'y avoir aucun signe d'amélioration dans l'apparence de Nick Potter ou de ses moniteurs.
"Dolorès a reçu quatorze ans, Cornelius vingt-huit ans," dit calmement Dumbledore.
"Bien." gronda vicieusement James; s'il y avait assisté, il aurait été arrêté pour meurtre. Il les aurait tous les deux tué, il avait faillit démissionné de son poste d'Auror pour prendre position contre le Ministère pour ce qu'ils avaient fait. Malheureusement, il ne pouvait pas, il utilisait déjà ses congés maladie pour rester auprès de son fils.
"Comment va-t-il?" demanda Albus en prenant un siège, Lily était endormie de façon précaire sur une chaise, sa tête reposant près de celle de son fils. Il pouvait sentir de la magie l'entourant, indubitablement un sort de silence.
"Toujours pareil." dit James en déglutissant difficilement.
Albus regarda Nick, son cœur sombrant un peu plus, mais cela le réconfortait d'apprendre que son état n'empirait pas. James avait déjà été poussé dans ses retranchements; Skeeter était entrée dans l'infirmerie. Elle lui avait posé des questions et l'avait poussé à bout. James l'avait poussé tellement fort qu'elle était tombée, assommée, au sol. Albus l'avait emmené à Ste Mangouste et heureusement, elle ne se souvenait de rien.
"S'il te plaît, mon fils," dit James d'une voix cassé, "S'il te plaît, réveilles-toi, je suis tellement désolé, tellement, tellement désolé, j'ai besoin de toi, s'il te plaît…s'il te plaît, réveilles-toi!" supplia James Potter, à son fils. Le seul qui lui restait vraiment. Harry ne voudrait rien avoir affaire avec lui et pour une fois, James ne le blâmait pas. Il ne lui en voulait même pas de devoir travailler parce qu'il avait volé l'argent. Il avait passé de longs moments à réfléchir, à analyser tous ses souvenirs. Il avait réalisé qu'il avait négligé son fils toute sa vie.
"Excusez-moi," dit Albus en quittant l'infirmerie pour laisser un peu d'intimité au père qui visiblement était anéanti.
Il ne fallut pas longtemps avant que James ne soit de nouveau interrompu, une heure plus tard.
Sirius et Remus entrèrent dans l'infirmerie, l'air fermé et hagard. Le cœur de James explosa en les voyant. Ses amis lui avaient tellement manqué; il savait qu'ils n'étaient pas là pour lui malheureusement. "Remus, Sirius…qu'est-ce que vous faîtes là?" demanda-t-il faiblement.
Sirius regarda son ami, il était à la ramasse, ses yeux étaient injectés de sang et donnaient l'impression qu'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours. "Tu veux qu'on parte?" demanda Sirius, ne pouvant pas s'en empêcher. Il était toujours fâché contre James, pour ce qu'il avait fait à Harry. De même que Remus, mais cela ne voulait pas dire qu'ils avaient arrêté de se soucier de lui.
"Non," souffla James, son cœur se tordant désagréablement, il préférerait avoir un couteau dans l'estomac plutôt qu'endurer cette torture.
"Comment va-t-il?" s'adoucit le ton de Sirius.
"Aucune amélioration, mais Pomfresh est optimiste, «pas de nouvelles, bonnes nouvelles» selon elle. Elle n'a visiblement jamais été dans cette position avant." dit James avec amertume. Habituellement, il l'appréciait vraiment, mais son fils souffrait et il devait s'acharner sur quelqu'un d'autre.
"Pourquoi tu ne dormirais pas un peu? Sirius et moi pouvons garder un œil sur Nick quelques instants." proposa doucement Remus.
James secoua à peine la tête, mais il semblait sur le point de s'écrouler.
"Les nouvelles ont été publiées,, à propos d'Ombrage et Fudge." dit maladroitement Sirius, alors qu'ils s'installaient tous autour de Nick. S'assurant de ne pas déranger Lily qui dormait toujours .
"Elle n'a même pas eu assez," grogna méchamment James.
"Je sais," dit Remus avec colère.
"Je ne comprends toujours pas pourquoi son noyau magique s'est vidé," dit Sirius, agité.
James observa le sol avant d'avouer, d'une vois étranglée "Nous l'avons entraîné pendant l'été…Ombrage, Lily et moi avons continué à l'entraîner cette année. On était trop inquiet; on n'a même pas remarqué ce qu'on faisait subir à notre fils."
Remus et Sirius prirent une profonde inspiration face à la confession. "T'es malade? Personne ne t'a jamais dit ce qu'il pourrait arriver?" haleta Sirius.
"Tu ne t'es jamais demandé pourquoi je ne te laissais pas l'entraîner tous les jours cet été mais seulement deux jours sur sept?" demanda Remus, ses yeux ambres écarquillés d'horreur et de stupéfaction totale. James et Lily l'avaient entraîné alors qu'il avait déjà entraîné Nick deux fois par semaine pendant l'été?
"Non," répondit James en secouant la tête, "Comment le savais-tu alors que moi-même je ne le sais pas? Je l'ai découvert lorsque Pomfresh me l'a dit et j'ai presque tué mon fils!" la voix en colère et pleine de reproche envers lui-même.
"Ma mère avait l'habitude de le dire tout le temps, lorsque mes oncles et Père tentaient de nous enseigner de nouveaux sorts pendant l'été." dit Sirius à contrecœur. Il détestait parler de son père; les choses avaient été tendues après qu'il ait été réparti à Gryffondor. Alors qu'il était un Black, et il avait pourtant reçu le même entraînement que Regulus. Ce fut le cas jusqu'à ce qu'il parte et ne revienne jamais plus. Ses parents étaient morts désormais. La plupart des Black l'étaient.
"Je l'ai lu quelque part," dit Remus en haussant des épaules. C'était pour cette raison qu'il était toujours épuisé pendant ses années scolaires. Lorsqu'il se transformait en loup, il utilisait essentiellement la magie de son noyau pour rester vivant. C'était pour cette raison qu'il avait l'air plus âgé que les autres.
Les choses étaient tendues pour tout le monde, chacun d'entre eux espérant et priant que Nicolas Potter s'en sorte. Le discours d'Ombrage s'était vite répandu. Ils prenaient leur petit-déjeuner le jour suivant. Ils croyaient tous Ombrage; que Nicolas Potter était responsable d'eux tous. Après tout, si un membre officiel du Ministère le croyait, c'était assez pour briser les lois…cela devrait être vrai, n'est-ce pas? Malheureusement, ils croyaient tout ce qu'on leur disait. Ils semblaient incapable de penser par eux-même. Cela avait probablement quelque chose avoir avec Dumbledore. Dumbledore supportait pleinement le Ministère, alors pour le mouton qu'était la population - le Ministère ne pouvait rien faire de mal. Si le Ministère avait déclaré Lucius innocent, ils l'auraient cru. Même s'ils l'avaient vu en tenue de mangemort, tenant un cadavre de moldu dans chaque main. Mais ce ne fut pas la seule information publiée dans les journaux le lendemain des procès.
Cornelius Fudge, Ex-Ministre de la Magie retrouvé mort dans sa cellule
Ils avaient retrouvé Cornelius Fudge mort dans sa cellule, cela ressemblait à un suicide. Il avait réussi à dissimuler une pastille de poison sur son corps. Après une autopsie, ils avaient réalisé qu'elle était dans l'une de ses dents. Le né-moldu avait imité ce qu'il se faisait dans le passé, les espions utilisaient le même système. Au cas où ils étaient attrapés, ils préféraient mourir plutôt que de trahir leur pays sous la torture. C'était tout nouveau pour les Sang-purs.
Le journal se concentrait après cela, pratiquement sur Nick Potter et les progrès qu'il faisait. Ce qui tapait Harry sur les nerfs, tellement qu'il arrêta de lire.
"Harry, que penserais-tu d'une fête, mon chéri?" demanda Eileen, bien qu'elle voulait lui faire une surprise, elle n'était pas certaine que cela lui plairait.
"Je ne connais pas assez de personne pour faire une fête," dit Harry, surpris, mais son cœur se réchauffa en y pensant. Il l'aimait et il comptait mettre fin à cette guerre pour que - lorsqu'elle serait plus âgée - elle puisse enfin connaître la paix qu'elle n'avait jamais eu en tant qu'enfant ou jeune adulte.
"Bien sûr que si, cela n'a pas besoin d'être gigantesque, seulement tes amis les plus proches et chers à ton cœur, mon chéri." dit Eileen en essayant de le convaincre.
"Eh bien…d'accord." dit Harry en lui souriant, ses yeux verts brillant fortement.
"Bien." dit Eileen en dansant presque sur place – elle avait encore eu ce qu'elle voulait.
"Qu'est-ce qu'il y a de bien?" demanda Severus en entrant, "Tu as bien répondu à ton questionnaire, seulement une erreur." dit-il en lui tendant ses copies et hochant la tête, ses yeux d'onyx brillant de fierté.
"Génial," sourit Harry en les récupérant, il avait de plus en plus de facilité à se souvenir. Peut-être y avait-il du bon à ces questionnaires. Si on entraînait assez son esprit, il réalisait finalement ce que vous vouliez. Il vous ferait remarquer des choses que vous n'auriez jamais aperçu auparavant; l'entraînement était une chose précieuse.
"En effet," sourit Severus en s'asseyant devant son assiette.
"Je viens de proposer une fête pour Harry, son anniversaire arrive très vite." dit Eileen, espérant que Severus n'ait pas oublié.
"Je sais," dit Severus, il se demandait ce qu'il lui achèterait depuis un moment déjà. Il ne restait qu'un mois, la date se rapprochait très vite. Et il devait s'assurer de ne pas acheter la même chose que les autres. Peut-être qu'il devrait proposer à sa mère de faire une liste. Ainsi, personne n'offrirait deux fois la même chose. Cela la réjouirait, sa mère était toujours heureuse lorsqu'elle avait quelque chose à faire.
"Excusez-moi," dit Harry, il le faisait toujours lorsqu'il avait un questionnaire, il rangeait tout de façon adéquate dans sa chambre. Il était vraiment très organisé et ordonné; c'était une bonne chose pour une Maîtrise de potion. Un laboratoire désordonné causait des contaminations, accidents et tout autre sorte de saletés. Lorsqu'il s'agissait d'organisation, il mettait Severus dans l'embarras, sauf si, bien sûr, ils étaient trop absorbés par quelque chose. On pouvait parfaitement le deviner. Ils laissaient une traînée de désordre partout où ils allaient, jusqu'à ce qu'ils accomplissent leur mission. Après quelques heures de sommeil, ils nettoyaient tout et tout retournaient à la normale.
Eileen savait toujours lorsqu'ils étaient sur quelque chose d'important. Mais c'était à son tour d'être sur un grand projet. Elle connaissait les amis d'Harry et il parlait souvent d'eux. Severus par contre inviterait quelques Maîtres de potion et apprentis. Harry sortirait probablement un peu plus de sa coquille et se mêlerait à d'autres personnes de la même longueur d'onde que lui.
Et voilà pour le chapitre 37!
Beaucoup de personne sont pressées de voir un rapprochement entre Severus et Harry et je pense que le chapitre suivant vous plaira beaucoup! Oui, je sais, c'est pas bien de vous le dire alors que vous allez attendre une semaine!
Et pour ceux qui se poseraient encore la question, Harry a tellement été privé par ses parents, qu'il ne leur pardonnera pas, et par extension, il ne pardonnera ni à Nick, ni à Remus et Sirius qui l'ont tout de même abandonné et ignoré. Oui, le Harry de cette fiction est très rancunier, mais ça se comprend.
Merci beaucoup et à la semaine prochaine avec: Fête et Révélation
