Salut les mordus !

Bon, vu que personne ne m'a donner d'avis négatif sur le chapitre de la semaine passée, j'imagine que je peux continuer.

J'espère que ça vous plait, sur ce, bonne lecture !


Matthieu fait l'appel. Une fois nommé, les soldats prennent leur sac de survie et vont chercher leurs armes.

« Negan. »

Le concerné passe devant le rouquin, ce dernier ne remarque pas tout de suite un détaille : le noiraud est couvert de bleus et d'égratignures, beaucoup plus que les autres membres de l'équipe. C'était lui hier soir ? Pourtant, il a une bonne carrure, pas du genre à se laisser marcher dessus. Le visage du chef d'équipe ne manifeste aucune pensée. Le soldat ne le regarde pas. Les yeux rivés au sol, il prend son sac et suit les autres. Il se méfie d'eux et les autres le regardent comme si c'était une bête de foire. Il va falloir faire quelque chose, je vais voir comment ça évolue.


Minuit vient de passer sa dix-septième minutes quand le Lieutenant Cherokee se réveille d'un bond. Pourtant, il n'y a aucune raison, pas de cauchemars ni de bruits suspects à l'extérieur. Alors, il se lève, enfile un t-shirt et sort de sa chambre. Il marche d'un pas rapide jusqu'à la porte extérieur, il arrive à convaincre Willy, le gardien, de le laisser sortir. Il le connaît plutôt bien, suite à une aventure qu'on ne peut juste pas qualifier d'amoureuse. Il lui promet donc de revenir dans quinze minutes. Matthieu marche pendant tout le temps qui lui est imparti, faisant le vide. En retournant à l'intérieur, il propose à Willy de se revoir au tour d'un verre dans une dizaine de jours, ce que le gardien accepte avec joie.

Le Lieutenant reprend donc le chemin de sa chambre, espérant dormir quelques heures de plus. Avant d'ouvrir sa porte, il entend un bruit. Ça vient d'une zone qui n'est pas censée être occupée. Une intrusion ? Je vais chercher mon arme ? Un bruit étouffé se fait entendre, Matthieu ne va donc pas chercher son arme et se dirige d'un pas silencieux jusqu'à la source du bruit. Le même bruit se fait entendre. Le rouquin entrouvre la porte d'un dortoir qui est normalement vide. C'est le même genre de scène qu'il y a quelques jours. Negan, maintenant qu'il est sûr que c'est lui, au sol et trois autres au-dessus de lui, le menaçant, le tabassant.

Le noiraud reçoit un coup de pied mais le Lieutenant ne voit pas où à cause du manque de lumière. Les trois autres mentionnent quelqu'un, il ne comprend pas tout, il semble parler d'une dénommée Lucille. Il entend le cri de douleur que Negan tente de retenir quand il est à nouveau frappé. Un de ceux qui l'encercle le soulève par le col et le plaque avec force contre un des murs. Cette fois la victime reçoit un coup dans la mâchoire, il tente de dissimuler un sanglot. Les trois autres, que Matthieu n'arrive pas à reconnaître mais il est sûr qu'ils font partis de son équipe, continuent de frapper le noiraud. On entend clairement les os craquer. Puis, au bout d'un moment, ils réalisent que Negan c'est évanoui.

Le Lieutenant Cherokee se cache dans l'ombre du couloir pendant que les trois autres sortent du dortoir pour rejoindre le leur. Il entre alors dans la pièce où se trouve Negan, il relève ce dernier et le mène jusqu'à l'infirmerie. Il le confie à l'infirmière de garde, lui demande de s'en occuper et qu'il viendra le voir le lendemain. Ensuite, Matthieu se dirige d'un pas rapide jusqu'au dortoir de son équipe, ouvre la porte violemment et annonce :

« Exercice nocturne ! Sept tours dans la salle de sport. Maintenant ! »


« -Il s'est réveillé il y a une petite heure, annonce l'infirmière. Il est encore un peu dans le cirage mais il va bien. J'ai pansé ses blessures et recousu le bas de sa mâchoire. Une de ses côtes a été sérieusement endommagée, ça va mettre un moment pour qu'il puisse à nouveau courir. Je vous conseille de le renvoyer chez lui, pour des questions de santé.

-J'aviserai avec ma superviseure, répond Matthieu. Je peux aller le voir ?

-S'il ne dors pas je vous y autorise. Sinon non, je veux que vous le laissiez se reposer. »

Le Lieutenant Cherokee hoche la tête et se dirige vers la chambre du malade. Il entrouvre la porte, le blessé se redresse comme il peut dans son lit.

« Reste tranquille, tu dois te reposer, commente-t-il. »

Le plus jeune prend une chaise et se met à côté du lit.

« Bon, Negan. Si tu m'expliquais ce qui s'est passé de ton point de vue ? »

Le noiraud détourne la tête regardant le mur jaunis.

« Je sais qui a fait ça, tu n'as pas besoin de les dénoncer, si c'est que tu crains. Et ils ne seront plus là quand tu sortiras d'ici. Ils vont être viré de l'équipe, tu n'auras pas à les revoir. Tu n'es même pas forcé de rester dans la mission, on comprendra si tu veux partir et rentrer retrouver… Il me semble que tu as une femme, non ?

-Lucille, répond Negan en hochant la tête sans regarder le Lieutenant Cherokee.

-Si tu le veux, tu pourras rentrer chez toi et retrouver Lucille. Tu n'es pas obligé de me dire ton choix tout de suite, mais commence à réfléchir. »

Le blessé hoche à nouveau la tête.

« Donc, pour une question d'organisation, moi et ma supérieure devons avoir les deux versions de l'histoire. Tu peux donc m'expliquer ? »

Negan tourne sa tête vers Matthieu, il semble l'étudier pendant quelques secondes puis répond :

« Merde, regardez ma gueule, regardez la foutu fiche qui est sur la table là-bas avec la liste de toutes les blessures qu'il y a sur mon corps. Honnêtement, j'ai besoin de m'expliquer ? »

Le Lieutenant ne répond pas, il se lève et prend la fiche :

Liste des Blessures du patient (Negan « Nom de famille inconnu ») :

-Hématomes sur le visage, le dos, la poitrine, le ventre et les jambes.

Cause hypothétique : Coups de pied ou de poing

-Bosse à l'arrière du crâne

Cause hypothétique : Choque avec le sol, un mur ou une autre surface dure.

-Marque de lacération peu profonde au niveau de l'épaule gauche et de la cuisse droite

Cause hypothétique : Couteau ou Cutter

-Marque de lacération profonde au niveau de l'avant-bras gauche.

Cause hypothétique : Couteau ou Cutter.

-Côtes fracturées sur le côté gauche

Cause hypothétique : Coups de pied ou de poing, peut-être un objet plus lourd.

Le Lieutenant Cherokee repose la fiche, s'appuie contre la table et se tourne vers le noiraud :

« Alors j'ai une autre question : depuis quand ça a commencé ? Je n'ai vu que deux de tes agressions, j'ai vu des coups de pied et de mains mais pas de tabassage à ce niveau-là. »

Le noiraud ne répond pas.

« Il faut que tu comprennes...

-Non. Pas maintenant. »

Le rouquin soupire, sachant que c'est perdu d'avance.


« Asann..., tente de commencer Matthieu en se prenant la tête dans les mains.

-Je sais, rétorque la Capitaine. Ça n'aurait pas dû se passer mais c'est le cas.

-Il ne veut tout simplement pas en parler.

-Ils ont quoi ? Tous passé la trentaine ? On harcèle pas les gens quand on a trente ans, on fait ça quand on est gosse et encore !

-On les tabasse pas à mort non plus.

-Tu sais ce que je veux dire. On est à l'armée, les gens ont le sang chaud mais quand même, pourquoi ils font ça ?

-Aucune idée.

-Tu sais qui a fait ça ? Tu as leur nom ?

-Jackels, Beady et Gillen.

-Je vais me charger de leur mettre la frousse de leur vie et de les virer d'ici, c'est tout ce que je peux faire. Toi, j'aimerais que tu parles avec Negan, histoire de voir où en est son niveau psychologique. Sinon, tu as des nouvelles de son état de santé ?

-Il est mal en point, vraiment. Ils nous conseillent de le renvoyer chez lui une fois qu'il sera en état de marcher. Mais je veux lui laisser le choix, il peut rentrer chez lui et retrouver sa femme ou rester ici encore quelques semaines pour finir la mission et le salaire qui va avec.

-Tu penses qu'il va choisir quoi ?

-Il va rentrer, on lui versera le salaire correspondant au temps qu'il a passé ici, il touchera même les semaines où il était en arrêt. A sa place je resterais pas là. »


Dix jours plus tard


Matthieu est devant la porte, hésitant à toquer. Il aurait dû y aller plus tôt, mais il ne l'a pas fait, sûrement par manque de temps. Il finit par toquer à la porte, personne n'a le temps de lui répondre. La porte s'ouvre à la volée, une femme en sort. Elle est plutôt grande, dépassant presque le rouquin, elle est habillée de vêtement assez large et simple. Elle se stoppe droit devant le lieutenant, le salue et s'excuse en continuant son chemin.

La porte se referme lentement, un fois que le Lieutenant Cherokee réalise ce fait, il secoue la tête pour se remettre les idées en place et pousse la porte. Negan est assis au bord de son lit, regardant le vide.

« Negan ? demande le plus jeune des deux. »

Le concerné se retourne et hoche la tête pour signaler qu'il écoute.

« Je suis désolé de ne pas être venu plus tôt. Je venais savoir si tu avais choisi si tu resterais là après ton rétablissement.

-Aucune idée, je réfléchis encore.

-Je comprend, tu as encore un peu de temps. Sur ce, je te laisse. »

Matthieu fait demi-tour, se sentant un peu plus léger, comme libéré d'un poids.

« Tu ne veux donc pas savoir pourquoi ? ajoute le noiraud d'un ton froid. »

Le rouquin fait volt face, un regard interloqué sur le visage.

« Le tutoiement est déplacé ? demande son vis-à-vis.

-Non, c'est juste que... Je m'attendais pas à ce que tu veuilles en parler.

-Bah, maintenant c'est le cas. »

Matthieu soupire intérieurement, prend une chaise et la met à côté du lit du blessé.

« Donc, pourquoi ils te harcelaient ? demande le lieutenant.

-Parce que c'était drôle, tout simplement.

-Tu…

-C'était drôle de harceler le seul gars qui avait eu le cran de se marier.

-Tu pense que c'est pour ça qu'ils te harcelaient ou qu'ils le faisaient pour ça ?

-Bordel, dis-le clairement, ils me tabassaient. »

Son vis-à-vis hoche vaguement la tête d'un air entendu, puis il continu :

« Donc ?

-Ils le faisaient parce qu'ils en avaient envie et que j'étais plus faible qu'eux.

-T'as pas l'air d'un gars qu'on emmerde.

-Merde, on dirait que si. Faut croire que je frappe comme une fille qui à pas apprit à frapper.

-Du coup, ils ont retourné ça contre toi. Je vois...

-Non, tu vois pas. Tu t'es déjà fait tabasser ? Je veux dire, sans que tu puisses rien faire ?

-Non, je m'en suis toujours bien sortit de ce côté-là.

-Ben, c'est pas le cas de tout le monde. Tu verrais le nombre de gamins que je vois se faire tabasser dans les écoles.

-Tu es professeur, c'est ça ? »

Negan hoche la tête positivement.

« C'était ta femme que j'ai croisée quand je suis arrivé, Lucille ? »

Le noiraud hoche la tête à nouveau, un air concentré sur le visage. Le rouquin se relève et s'apprête à partir quand le blessé rajoute :

« Je vais rester, les dernières semaines de la mission. Puis, ajoute-t-il-d'un ton plus bas, comme s'il ne voulait pas être entendu, je rentrerai chez moi. Lucille sera fière. »

Avant qu'il ne puisse ajouter quelque chose, Matthieu est interrompu par une infirmière qui rentre dans la pièce et déclare que son patient a besoin de repos. Le Lieutenant sort donc et une fois la porte fermée, le poids qu'il y avait en lui revient, se calant dans le creux de son ventre.