Chapitre 37 : Le contact de Callanom.

Tellement de choses avaient du sens. Ma fatigue, mes sautes d'humeur, mes nausées.

Je vais avoir un bébé.

Il y'a un être humain qui grandit en ce moment même dans mon utérus.

Bon, d'accord, je ne suis sûre de rien à vrai dire, mais tous les signes sont là. C'est même exactement les mêmes que ceux que Caro a eu au début de sa grossesse.

Je vais avoir un bébé.

Peut-être. Je n'ai fait aucun test. Ça se trouve c'est une grosse gastro.

Je suis allé me coucher directement après le diner, après n'avoir décrocher aucun mot de la soirée, laissant Miller et son oncle faire le blabla habituel avec les autres représentant des entreprises, et je me contentais d'un bonsoir poli, avant de retourner à mon mutisme.

Je suis peut-être enceinte, et je me retrouve dans un autre pays, complètement seule, sans soutien, personne à qui parler et surtout aucun moyen d'être sûr de ma théorie. Je n'ai pas le temps de m'éclipser pour aller voire un gynécomage, et je peux pas contacter ma sœur puisqu'un hibou arriverais en même temps que moi le dimanche soir, et aucune cheminée à l'horizon.

Je suis dans un suspense qui me tue à petit feu.

Oh par Merlin, et Remus ? Comment va-t-il réagir ? Haan, et mon père ? Et mes frères ?

Je commence à avoir le tournis et je décide de me lever avant de chercher à m'étouffer avec mes draps.

Mon estomac était noué, donc je préfère sauter le petit déjeuner et je prends rapidement les dossiers dont avait besoin Krevinck, et je descends vers la salle de séminaire. C'était un grand auditorium et pas mal de gens était déjà installer.

Je pars me chercher un verre, et passe prendre mon badge près de l'entrée de l'auditorium pour savoir où je dois me mettre. Une fois assise je prends une grande inspiration, et expire lourdement par la bouche.

'On dirait un bœuf asthmatique, c'est horrible. Animal.'

Je ferme les yeux et serre les poings en entendant Miller s'installer à côté de moi.

Ce n'est pas le moment de faire la sieste non plus, Demonds.'

J'ouvre rapidement les yeux, et rougit en voyant mon Boss secouer la tête.

'Je ne sais pas ce qui vous prends en ce moment, mais vous avez intérêt à vous reprendre.' Me dit-il, pas content.

'Désolée, Monsieur Krevinck.' Je m'excuse, un peu agacée.

Du monde prends place autour de nous, et la lumière se tamise un peu dans la salle, quand un monsieur qui a l'air important monte sur l'estrade. Je donne a Krevinck son dossier ainsi que le guide de la soirée. Miller en avait déjà et commence à le feuilleter, tout en le commentant avec son oncle.

Je prends quant à moi un bloc-notes et me prépare à prendre beaucoup de notes.

XxX

Mon Dieu ce qu'il cause. Il n'arrête pas. Il a fait 35 pauses pour s'hydrater tellement il parle. J'ai l'impression que ça fait 2 semaines que je suis ici, sur cette chaise, dans cet auditorium à écouter ce mec parler de je ne sais quoi.

Miller à côté de moi le regarde d'un air très intéresser, et Krevinck en discute vivement avec son voisin, tout en lui montrant du doigt des choses dans le dossier. Je ne comprends rien à ce qui se passe, et j'ai l'impression d'être la seule.

J'en ai même oublié pourquoi j'étais là.

Je retiens un bâillement et me gratte un peu les yeux, qui me piquent.

Je suis tellement fatiguée. Et j'ai faim. Mais d'abord sieste. Juste un peu.

3 minutes.

XxX

Je vous le dis sec, je ne pense pas avoir dormi que 3 minutes.

J'ouvre les yeux sous les applaudissements des gens, et je reçois un petit coup de pression sous la tempe. Et en soulevant la tête, je vois que je suis à 3 mm de la joue de Miller. Je me retrouve une fois de plus à baver sur son épaule.

Je me relève en sursaut et me secoue pour me remettre les idées en place.

'Désolée.' Je lui dis.

'Faudrait pas que ça devienne une habitude.' Il me chuchote en me tendant mon bloc-notes.

Je reprends mes notes horrifiées. Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi, mais j'ai raté une bonne partie du séminaire, et je devais prendre des notes pour Krevinck, et là je l'ai pas fait. Il va me tuer.

Tout le monde se lève et je suis le mouvement, perdue et paniquer.

J'enchaine les bourdes, et je m'agace moi-même. Je suis vraiment en train de faire n'importe quoi.

Je ne sais pas si c'est les hormones, ou juste l'idée d'une grossesse qui me chamboule, mais il faut que je me ressaisisse.

'Demonds, j'aimerais que vous me réécriviez ces notes en propres et que vous en fassiez 5 copies, et je les veux pour demain soir, avant notre départ.'

Je commence à suer et avale difficilement ma salive.

'Oui, Monsieur.'

Je vais me faire déchirer.

'Ce soir je serais de sortie.' Nous préviens Miller. 'Ne m'attendez donc pas pour diner. Et dépose ça dans ma chambre Demonds.' Il dépose quelques paperasses dans mes bras, ainsi que la clé de sa chambre.

'Bonne soirée !'

Il part devant, et je le vois rejoindre une petite blonde à la sortie de l'auditorium. Il passe son bras autour de ses épaules, et ils partent en me laissant seul avec Krevinck.

'Bon.' Je commence, mal à l'aise. 'Je vais y aller, et m'y mettre.'

Krevinck me donne sa paperasse aussi, et me souhaite une bonne soirée d'un ton froid, puis part rejoindre des confrères.

Une fois dans ma chambre, je m'installe au bureau, et me prends la tête dans les mains.

Il se passe bien trop de choses en ce moment pour que j'arrive à me concentrer sur mon travail. Mais il faut que je le fasse.

J'inspire un grand coup, et attrape mon bloc-notes et un parchemin vierge. Je ne sais pas comment je vais m'en sortir. J'invente des notes, ou je vais voir si quelqu'un peut me prêter les siens ? Par Merlin, j'ai l'impression d'être de nouveau à Poudlard.

Je parcours mes notes pour voir ou je me suis arrêtée et remarque qu'à mi-chemin des notes une autre écriture avait pris le relais, et noter le reste du discours que je n'avais pas entendu.

'Miller…' je chuchote, reconnaissante. En plus de m'avoir laisser dormir sur lui une fois de plus, il m'a filé un coup de main.

Je souris pour moi-même, et je promets de le remercier quand j'irais déposer ses affaires dans sa chambre plu-tard.

XxX

Vers 18h je me lève, m'étire et baille. Je suis extenué, mais très fière d'avoir fini mon travail aussi tôt. J'avais fait pas mal de pause entre deux pour pleurer un coup, triste de devoir bosser un samedi loin de chez moi, faire une petite crise de colère parce que je suis en France mais que je peux pas le visiter parce que je suis crevée 80% de la journée, et aussi j'ai fait une petite pause pour me ronger les ongles, inquiète de ne pas savoir ce qu'il se passait chez moi, si mes proches allaient bien, et si quelque chose s'était passé. J'espère que non. J'espère que tout va bien. Il faut que tout aille bien.

Ah oui, j'ai aussi eu une petite crise d'angoisse à l'idée d'être enceinte, mais que je ne puisse être sûr de rien.

J'ai une de ces vies. Si on regarde bien, ce n'est pas normal de vivre tant de choses.

Je prends les affaires de Miller et sa clé, et vais vers sa chambre qui se trouvait à l'autre bout du couloir. Je frappe au cas où il est nu à l'intérieur, seul ou accompagné, mais je ne reçois aucune réponse. J'ouvre donc la porte, mais lentement.

Comme ça, s'il est nu à l'intérieur, mais que pour une raison ou une autre il n'a pas réussi à me répondre avant, là au moins il voit qu'il a à peu près 3 secondes pour se couvrir.

Mais personne. Il n'y avait personne pour être nu.

La chambre de Miller était bien plus grande que la mienne, et au contraire de moi, la sienne était bien ranger. Il n'y avait rien qui trainait, appart quelque parchemins sur son lit, et d'autre sur son bureau.

Je dépose donc ses affaires sur son lit, et m'apprête à déguerpir quant quelque chose capture mon attention. Un parchemin sur son lit mentionnait mon nom. Je crois.

Je pousse de l'index le parchemin qui était dessus et qui ne contenait que des chiffres, et jette un œil à celui qui m'intriguait.

« Maison Demonds, coté moldu.

D. »

Quoi…. Qu'est-ce que…

Je remets, les mains tremblant le parchemin à sa place et regarde autour de moi. Je vais voir les parchemins sur le bureau et essaye de les feuilleter sans trop les bouger.

J'en vois un autre qui lui me donne des frissons.

« Il est prêt. Attendez notre signale.

Callanom. »

Oh par Merlin ! Remus m'avait dit que son ex patron trop louche avait des contacts avec un certain M. Mais mon Dieu… M c'est Miller…

Miller est un Mangemort.

XxX

Je n'arrive pas à dormir.

Je sais pas comment continuer à faire semblant de ne pas flipper ma race en voyant Miller dans quelques heures. Je regarde la pendule à coté de mon lit, et elle me dit qu'il est 05h38 du matin. Je n'ai pas dormi de la nuit.

Mais en même temps, comment est-ce que je peux dormir… Miller est un Mangemort. C'est lui le contact. C'est lui qui aide Voldemort à venir à bout de MES amis.

La colère monte en moi, et je me promets de m'occuper de son cas dès que je pourrais. Je ne sais pas comment, ni quand, mais je le ferais le plus rapidement possible. Tout ce que j'ai à faire, c'est faire semblant de ne rien savoir, et le supporter jusqu'à ce que je sois à la maison, et qu'on en discute avec Remus et le reste de l'Ordre.

Je grogne intérieurement sur toute ces choses auxquels j'ai à penser à mon retour, mais je me promets qu'à partir de maintenant, je prends ma vie en main.

C'est sur ces résolutions que je tombe enfin dans les bras de Morphée.

Je me réveille quelques heures plus tard, bien après midi, et quelque part c'est tant mieux. Le Portoloin repart dans quelques petites heures, et ça me laisse juste le temps d'aller donner ses parchemins à Krevinck et de cuisiner un peu Miller.

XxX

Je comptais chaque minute qui me séparait de mes proches, mais je devais me concentrer sur ce que je venais de découvrir, et surtout, si je pouvais les protéger en démasquant Miller, je le ferais.

Arrivée à la réception, je vais rendre mes clés et m'en vais chercher mon boss et Miller. Je ne les trouve pas loin de la porte de sortie, assis dans les sofas. Dos à Miller se trouvait la fille avec qui il avait passé la journée hier. Elle regardait beaucoup par-dessus son épaule avec les yeux triste, et lui, rien. Pas un regard.

C'est un gros connard, je vous l'ai dit.

'Demonds ! Je pensais ne plus vous revoir !' me dit Krevinck d'un air mauvais. 'Vous êtes l'assistante qui réussit le moins à m'assister.'

'Je… suis…désolée.' Je m'excuse difficilement, sans une once de sincérité. Krevinck lève les yeux au ciel, et appelle le serveur pour commander un verre.

A côté de lui, Miller sourit de toute ses dents, tout content que je me fasse enguirlander. On dirait mon petit frère qui avait fait une connerie et que je me faisais punir à sa place.

Je m'assieds à côté de Krevinck et je les laisse reprendre leur conversation, allant de discussion professionnelle à familiale à professionnelle de nouveau.

Je fixe Miller et l'inspecte sous tous les angles. J'essaye de voir son bras, mais il porte une veste et a décidé de ne pas bouger d'un pouce, donc je ne vois rien d'anormal. Mais je suis sûr qu'il y'a quelque chose. Je suis persuadée qu'il est un Mangemort, et une fois rentrée, je vais mettre l'Ordre au courant. Et je vais bien lui niquer sa gueule à ce con.

'Un problème, Demonds ? Tu me mets mal à l'aise à me fixer comme ça.' Me dit Miller avec un sourire en coin.

Je cligne des yeux plusieurs fois, et me rends compte qu'effectivement, je le fixais de manière un peu bizarre. Bon, en même temps, il n'avait qu'à pas être un Mangemort.

Je ne lui réponds pas, et sors un parchemin de mon sac ou j'avais inscrit ma liste de courses.

Je fais semblant d'être en lecture intense et écoute attentivement leur conversation, mais ils ne racontent rien d'intéressant.

Krevinck nous abandonne un moment pour aller se rafraichir, et je sens le regard de Miller sur moi, puis il soupire et s'étire. J'en profite pour rapidement regarder vers son bras que sa veste découvrait petit à petit. Je ne vois rien. S'il pouvait juste se déshabiller un peu la…

'Qu'est-ce que tu as à me mater comme ça ?' s'étonne Miller. Un sourire se dessine sur ses lèvres. 'Tu commences à tomber sous mon charme ?'

… Quoi ?

Il a dit quoi ?

Je le regarde, ébahi par autant de conneries.

Mes joues se gonfle et je me mets à rire tellement fort que des larmes coulait sur mes joues.

'Charme de troll, ouais.' Je lui lance, morte de rire.

Il réagit à peine et lève les yeux au ciel. Puis il fait un signe de tête vers le parchemin entre mes mains.

'Qu'est-ce que tu lis ?'

Je m'essuie les yeux et allais lui dire de se mêler de ce qui le regarde, quand une idée surgit dans ma tête.

'C'est une lettre de mon chéri. Il se plains un peu de son boss, comme d'hab.' je feigne un air las et me secoue les cheveux en passant la main dedans. 'Ce Callanom est une vraie plaie.'

Miller tique et me regarde fixement. 'Il, heu... bosse encore pour lui ?'

J'hoche la tête. 'Oui, oui, il devait quitter son poste mais Callanom insiste pour qu'il y reste. La paye est bonne donc pourquoi pas ?'

Je vois Miller réfléchir et j'entends limite ses neurones tourner en boucle pour essayer de comprendre ce qu'il se passe.

'Qu'est-ce que ça peut te foutre de toute façon ?' je lui balance, guettant chacune de ses réactions.

Miller se lève et époussète sa veste. 'Je m'en fou complet, Demonds. Il faut que j'aille m'occuper de quelque chose. Je reviens.'

Il s'en va d'un pas rapide, et je le vois croiser son oncle, échange quelques mots avec lui, puis ils partent ensemble sans un regard pour moi.

On est d'accord que c'est louche ?

XxX

On se retrouve tous dans le champ dans lequel on est arrivé, et Krevinck cette fois avait confier ses affaires à Miller. Muffins nous donne un petit carnet et le transforme en portoloin.

J'ai tellement hâte de rentrer chez moi que je sautille discrètement sur place.

Bon y'a ça et l'envie pressante de faire pipi parce que Krevinck m'aboyait de me grouiller quand j'ai remarqué que ma vessie était pleine.

'Arrête de bouger comme une enfant.' S'énerve Miller.

Depuis notre petite discussion, il l'air un peu sur les nerfs, mais semble aussi pressé que moi de rentrer.

Je suis sûr qu'il veut aller voir son ami Voldy pour lui faire un rapport sur je ne sais quoi.

J'ai hâte de lui rendre visite à Azkaban. Je lui apporterais des oranges.

'On est partis.' Préviens Krevinck en nous tendant le carnet et je pose mon doigt dessus.

XxX

Une fois de retour en Angleterre, je ne perds pas une minute, souhaite une bonne soirée au deux hommes et je transplane dans la ruelle derrière chez moi.

Je cours vers mon appartement, et bataille un peu avec la clé pour ouvrir la porte, mais une fois ouverte, je cours à l'intérieur, laissant mes affaires dans l'entrée.

Il n'y avait personne. Mes épaules s'affaissent un peu, déçue que Remus n'a pas tenu sa promesse d'être là à mon arrivée.

J'enlève ma veste et la pose sur le canapé. Au moment où j'allais aller me laver, j'entends les pas de Remus devant la porte, et des bruits de clés.

Je cours l'accueillir, un sourire aux lèvres.

'Loupin, enfin ! Il faut que je te… Remus ?'

La mine de Remus était sombre et fatiguée, et sa surprise le cachait à peine.

'Oh Silou, je ne pensais pas que tu serais déjà rentrée.' S'excuse-t-il en me prenant dans ses bras.

On se sépare et je le laisse rentrer dans l'appart', puis ferme la porte derrière lui.

'Remus, ça va ?' Je m'inquiète.

Loupin soupire, et passe une main sur son visage.

Non… ça n'a pas l'air d'aller du tout…