Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.


Filature, arrestation, accusations et conséquences

Après l'installation dans la petite ville d'Elizabeth, une maison toute simple dans un quartier des plus tranquilles, Elizabeth et Mozzie avaient attendu que le jeune garçon soit couché et endormi pour aborder des sujets plus délicats.

Ni l'un ni l'autre ne tenait à ce que l'enfant entende des choses qui pourraient l'effrayer, la situation était déjà bien trop bouleversante pour quelqu'un de si jeune.

Il s'installèrent dans le salon et en fermèrent la porte pour plus de précaution, laissant Satchmo dans le couloir afin qu'il puisse donner l'alarme si besoin.

- Pour l'heure cet endroit est totalement sécurisé. Affirma Mozzie. J'ai effectué plusieurs reconnaissances très poussées et je crois que personne ne viendra vous chercher ici. Vous aurez peut être quelques voisines qui viendront vous souhaiter la bienvenue, mais si vous vous montrez désireuse de rester seule avec votre fils on ne devrait pas vous ennuyer. J'ai fait savoir aux gens du quartier que vous étiez une lointaine cousine dont le mari est décédé dernièrement et qui avait besoin de changer de cadre de vie pour se reprendre en main après ces événements tragiques. Je sais que ce n'est pas quelque chose que vous auriez choisi pour prétexte, mais croyez moi, c'est de loin la meilleure option. Ainsi les gens vous plaindront mais vous laisseront en paix. J'ai pour vous des papiers d'identité tous neufs, ne craignez rien, ils sont parfaitement légaux, ainsi que tout ce qui vous sera nécessaire pour prouver votre existence. Vous serez désormais Brianna et Alexander Turner. Ce sont des noms assez courants, qui n'attireront pas trop l'attention sur vous.

-Brianna... murmura Elizabeth en étudiant l'effet qu'avait ce prénom sur elle. Brianna Turner...

Oui, cela pouvait aller, elle trouvait ces sonorités agréables. Elle n'aurait pas trop de mal à s'y faire et ne se tromperait pas si elle faisait attention au début.

Pour Neal cela serait un peu plus délicat, mais il était encore jeune, il s'y ferait aussi si elle présentait cela comme une sorte de jeu auquel ils allaient devoir jouer en attendant que son papa revienne.

Mozzie attendit avec patience qu'elle s'y fasse en buvant le vin qu'il leur avait servi avant de débuter la conversation.

Elizabeth reposa rapidement son regard sur lui.

- Je vous remercie pour votre aide. Sans vous nous n'aurions rien pu faire. Dit elle doucement.

- Vous devriez goûter ce vin. Souffla Mozzie. Il est vraiment très bon.

Il était clair qu'il voulait éviter qu'elle s'étende sur des remerciements, ce qui fit sourire Elizabeth.

Elle prit le verre qu'il avait posé devant elle et en but une gorgée.

Le vin blanc frais que Mozzie lui avait servi était de fait délicieux et elle en apprécia la saveur en connaisseuse.

Mozzie et elle dégustèrent le vin en silence quelques instants puis le petit homme reposa son verre et reprit ses explications.

- Je vous ai également joint le kit de survie, un compte bancaire assez garni pour vous permettre de tenir sans problème pendant environ six mois. Si du moins vous ne faites pas de folies. Il y a une voiture dans le garage avec un réservoir plein, les papiers qui correspondent sont dans la boite à gants. Ils sont à mon nom mais cela ne devrait pas être un problème, je vais vous établir un document de cession en bonne et due forme.

Elizabeth ne put s'empêcher de frissonner en entendant les mots six mois. Elle n'avait jamais imaginé que cela puisse durer si longtemps.

Elle se rassura de son mieux en se disant qu'elle n'avait pas vraiment de raisons de se faire plus de soucis, Peter ne serait pas absent si longtemps, il allait mener la mission qu'il s'était fixé au plus vite et viendrait les retrouver, Mozzie lui indiquerait où les trouver et tout rentrerait dans l'ordre.
Oui, cela ne pouvait pas durer six mois, c'était impossible.

Elle faisait de son mieux pour faire taire la petite voix en elle qui lui soufflait que cela pourrait durer bien plus longtemps, que son mari avait vraiment des ennuis, qu'il pouvait terminer en prison et que leur fils et elle deviendraient des fugitifs.

Lorsque Mozzie repartit pour New-York le lendemain dans l'après midi elle fut à deux doigts de lui demander de rester, elle parvint à n'en rien faire qu'à grand peine. Il était le dernier lien qui la reliait encore à sa vie d'avant et le voir partir lui donnait la douloureuse impression que ce départ était définitif, qu'il n'y aurait pas de retour en arrière possible pour son fils et pour elle.

Lorsqu'elle se retrouva seule avec Neal ce soir là elle le considéra attentivement, c'était le même petit garçon que la veille, avec son air malicieux et éveillé, et pourtant, elle avait le sentiment que tout avait changé.

Sous les conseils de Mozzie elle avait mené le petit chez le coiffeur et avait changé sa coiffure, elle en avait fait de même pour la sienne, raccourcissant sa chevelure brune et la modifiant en l'éclairant de mèches plus claires. Elle avait désormais un carré court qui soulignait ses pommettes et mettait en valeur le gris bleu de ses yeux. Neal lui n'avait plus ses boucles de bébé et semblait très satisfait de sa nouvelle coiffure même s'il avait rechigné à se rendre chez le coiffeur.

Avec cette coupe en brosse il semblait plus âgé que ses trois ans et Elizabeth réalisa qu'il aurait quatre ans dans trois mois, il n'était définitivement plus un bébé. Même s'il resterait toujours son bébé.

Elle le prit en photo, désireuse d'avoir des souvenirs de cette époque pour plus tard, pour Peter aussi.

Elle avait le sentiment que son mari aurait besoin de cela lorsqu'il les retrouverait.

Comme l'avait prévu Mozzie quelques voisines vinrent lui présenter leurs condoléances pour la perte de son mari et lui souhaiter la bienvenue.

Cela fut la cause d'une petite crise entre elle et son fils. Entendre que son père était mort bouleversa l'enfant et elle eut beaucoup de mal à lui expliquer que ce n'était pas vrai, que ce n'était que pour les besoins du jeu.

Neal en resta assez perturbé et se mit à faire des cauchemars, elle passa plusieurs heures chaque nuit pendant plus d'une semaine à son chevet pour le rassurer.

Mozzie ne donnait plus de nouvelles et cela tourmentait également Elizabeth. Même s'il était parti en disant qu'il allait se montrer prudent et attendre un peu avant de reprendre contact elle n'avait pas imaginé qu'il puisse rester sans téléphoner pendant plus de dix jours.

Mozzie avait de très bonnes raisons pour ne pas lui téléphoner en vérité. A peine était il rentré chez lui et avait il repris sa vie d'avant qu'il constatait qu'il était suivi, par des gens qui savaient y faire et qu'il ne parvenait pas à semer très longtemps. Même s'il en égara plusieurs au début il réalisa très vite qu'ils étaient organisés et nombreux, s'il parvenait à en tromper un ou deux d'autres ne tardaient pas à s'attacher à ses pas.

Cela lui déplaisait au plus haut point et lui semblait d'assez mauvais présage.

Pour qu'autant de gens soient affectés à sa surveillance c'était sans nul doute que l'affaire était sérieuse.

Il ignorait encore ce que voulaient exactement ces personnes, mais leur façon d'agir et leurs tenues étaient parlantes pour lui, le FBI était sur ses traces.

Ce n'était pas bon, vraiment pas bon.

Il eut la tentation de filer à la faveur de la nuit, et cela devint très vite un besoin quasiment vital, il avait le sentiment de ne pas pouvoir faire un seul pas dans la ville sans être suivi et il ne le supportait plus.

Lui qui avait toujours détesté se faire remarquer, il était la cible de toutes les attentions, ou du moins la situation lui donnait cette impression et il voulait y mettre un terme.

Méticuleux il procéda comme il le faisait toujours afin de ne rien laisser de compromettant derrière lui et s'apprêtait à disparaître lorsque la situation changea si brutalement qu'il ne vit rien venir.

Comme il l'avait prévu il était en train de se livrer à son rituel quotidien, histoire de ne pas éveiller les soupçons quand à son départ qu'il avait prévu pour la nuit suivante, lorsque des hommes l'entourèrent en pleine rue, ce qui était très différent des jours précédents.

Avant qu'il ait pu dire un seul mot on lui signifia qu'il était en état d'arrestation pour complicité et il était entraîné vers un véhicule sombre garé un peu plus loin.

Il protesta, se débattit, cria à l'abus de pouvoir, mais s'il attira quelques regards curieux personne ne jugea bon d'intervenir, c'était aussi cela New-York.

Moins d'une heure plus tard Mozzie était dans une salle d'interrogatoire et clamait son innocence et sa révolte ainsi qu'il avait l'habitude de le faire.

Comme de juste il ne laissa rien filtrer de ce qu'il savait ou ne savait pas, joua avec les nerfs des personnes qui défilèrent dans la pièce pour l'interroger. Il était passé maître dans cet art et ces adversaires l'apprirent à leurs dépends.

Il refusa avec un mépris souverain l'assistance d'un avocat, tint bon le temps que s'achève la garde à vue et se retrouva dehors ainsi qu'il pensait bien que cela se passerait.

Il n'avait jamais trop aimé le FBI, encore moins les procédures qu'il appliquait, mais, alors qu'il rentrait chez lui, il devait bien admettre qu'en cet instant précis il n'était pas loin de les aimer, les procédures avaient cela de bon qu'elles devaient être respectées et qu'elles étaient soumises à des règles très strictes.

Il se terra quelques jours chez lui, sans mettre le nez dehors, afin de convaincre ceux qui le surveillaient encore qu'il était bouleversé par les accusations infondées dont il avait été victime, puis il contacta plusieurs médias afin d'accuser le FBI d'arrestation arbitraire sur sa personne. S'il parvint à obtenir un ou deux interviews de chaînes très secondaires, il n'attira guère l'attention, il n'était pas le premier à crier que le FBI avait porté atteinte à ses droits et ne serait pas le dernier, de plus son allure poussait les gens à ne pas trop le prendre au sérieux.

Il ne se faisait aucune illusion, son aventure passerait inaperçue aux yeux du plus grand nombre et il passerait simplement pour un illuminé aux yeux des autres, mais c'était sans importance.

La seule chose qui comptait était de laisser des traces. Beaucoup de traces. Pour en noyer d'autres plus compromettantes.

Il porta plainte dans plusieurs postes de police, fut remis à la porte de manière plus ou moins délicate de certains d'entre eux. Une ou deux de ses plaintes se termina par un semblant de procès qu'il perdit ainsi qu'il s'y attendait. Cela lui coûta de l'argent, mais une fois encore, il ne s'en souciait pas, du moment qu'il laissait des preuves.

Il était inquiet, il avait commencé à fouiner en profondeur dans le même temps et ce qu'il avait découvert l'angoissait au plus haut point.

Le FBI semblait désireux de mener une chasse aux sorcières et il n'était que du menu fretin pour le service.

Les véritables cibles semblaient être les Burke et un certain Neal Caffrey. Des personnes qu'il ne pouvait pas contacter, d'une part pour ne pas risquer de les mettre en danger, et d'un autre parce qu'il n'avait pas la moindre idée d'où ils se trouvaient.

Les médias avaient commencé à laisser filtrer quelques infos concernant la possible corruption d'un agent du FBI affecté à la lutte contre la criminalité en col blanc. Pour Mozzie la personne concernée était facile à identifier et il espérait que là où il était l'agent Burke était en sécurité et que Neal l'était également.

Ce n'était pourtant pas son ami et l'agent du FBI mis en cause dont le sort préoccupait le plus Mozzie.

Non, il était vraiment inquiet pour Elizabeth et Neal Burke, alias Brianna et Alexander Turner qui avaient quitté leur domicile deux jours après que les médias aient commencé à parler de l'affaire de corruption et qui n'y étaient pas revenus. Il était clair qu'Elizabeth avait parfaitement mémorisé ses instructions et qu'elle excellait dans leur application. Elle était introuvable et il en allait de même pour son fils. Ce qui n'arrangeait pas du tout les affaires de Mozzie.

Il n'était pas très partant pour ce qui était d'expliquer à Burke qu'il avait perdu sa famille.

A suivre