Disclaimer: cf chapitre 1
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Ma beta est Mistycal... Un grand bravo à elle...
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Réponse sur mon forum aux commentaires de: - Douceurfamille - Lul - Yzeute - Mireille -
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Bonne lecture!
Secrets Dévoilés 1 / 6
Samedi 25 Janvier 1997
Acte 1 : Des Nouvelles Des Uns Et Des Autres…
Algie
Je me retourne une dernière fois, pour regarder la chapelle de la Reine des Citadelles, avant de franchir la porte royale.
Après quelques jours de repos forcé, consécutifs au malaise qui a conclu mon dernier voyage dans le passé, offert par le Registre des Familles Sorcières de France, Rupert et moi sommes venus dans la Capitale des Flandres. Elle est célèbre depuis le moyen âge, dans toute l'Europe Sorcière et Moldue, pour sa foire d'une envergue exceptionnelle, restée pour les Sorciers ce qu'elle était à cette époque : le plus grand marché aux tissus, cuirs de Dragon et soieries, de notre monde. Et l'occasion également pour de nombreux artistes lyriques et littéraires, peintres et sculpteurs, de faire démonstration de leurs talents…
Il ne nous a pas fallu longtemps, pour dénicher le carnet caché par le petit fils du traducteur.
J'ai hâte de le lire. Mais je regrette un peu de ne pouvoir m'attarder dans ce haut lieu, au riche passé historique, où sont passées quelques grandes figures. Le célèbre Roi Soleil Moldu bien évidemment, qui a ordonné la construction de cette Citadelle selon les plans architecturaux conçus par Vauban, mais aussi ses non moins célèbres Mousquetaires du Roi, dont D'Artagnan, le plus connu de tous. Ce dernier fût gouverneur de la ville et a fait un séjour dans la Citadelle, juste avant de se rendre au siège de Maastricht où il a trouvé la mort (1)…
Jamais les Moldus ne sauront que D'Artagnan était un Sorcier Né-Moldu et que ses combats ont pour beaucoup été menés dans l'ombre, contre un Sorcier Noir, haut placé dans la noblesse française, désireux de ternir l'image du Roi de France et de le faire tomber, dans l'espoir de s'emparer de son trône. Ni que l'actuel Ministre de la Magie Français est l'un des descendants de ce flamboyant Mousquetaire… (2)
« Allez, Al… » murmure Rupert, en m'encourageant à avancer, d'une main appuyant doucement sur mon dos.
Nous passons la porte royale, marchant silencieusement sur les pavés, pour traverser un pont, avant de bifurquer sur la droite, vers une allée qui s'enfonce dans un parc arborée. Le petit jour va bientôt se lever, tout est calme et silencieux. Cette petite marche nous fait du bien et je suis heureux que nous n'ayons pas Transplané depuis la Chapelle.
Nous finissons cependant par nous assoir sur un banc et Rupert sort le carnet de sa poche. Il le feuillette, tandis que je regarde par-dessus son épaule.
« Il y a des passages codés, j'en suis sûr… » déclare-t-il au bout d'un petit moment.
« Alors rentrons. Nous lirons cela à tête reposée, au coin d'un bon feu… » décide-je, en frissonnant un peu, sous le frémissant courant d'air frais sévissant à la croisée des deux sentiers où le banc est installé
Rupert acquiesce et nous nous levons, pour Transplaner aussitôt, devant la demeure du gendre de mon ami Robert, dont toutes les fenêtres sont encore plongées dans la nuit des volets clos. Nous montons les marches du perron et entrons silencieusement dans la maison, traversant le vaste hall en direction d'un petit salon délicieusement décoré dans un style sobre et élégant.
Rupert allume le feu et demande à un Elfe de Maison de nous apporter un thé, avant de prendre place à mes côtés sur un divan, face à la flambée dansant joyeusement dans l'âtre. Il ouvre le carnet et cette fois, il lit à voix haute une prose désuète mais bien tournée, dont certains paragraphes sont entrecoupés de courts poèmes en quelques alexandrins…
« C'est dans ces vers obscurs, qu'il faut chercher. Le reste n'a pas d'intérêt... » déclare subitement Rupert, en sortant de sa poche intérieure un nécessaire de correspondance en cuir…
« Si tu me laissais ce carnet, peut-être irions-nous plus vite, pour trouver notre prochaine destination… » réponds-je, en me laissant aller sur le dossier de mon fauteuil avec un léger soupir.
« C'est trop tôt. Tu dois encore te reposer… » refuse mon ami, de ce ton bourru qui cache son cœur d'or et sa sincère préoccupation pour mon état de santé
« La période d'histoire à visiter serait courte… » fais-je remarquer, en guettant sa réaction du coin de l'œil.
Il ne répond pas et continue à transférer tous les alexandrins du carnet sur un même parchemin. Il me laissera le carnet, avec espoir qu'il nous livre le passé de son propriétaire, à la seule condition que nous n'arrivions pas à déchiffrer les indices glissés dans ces vers…
Alors, tandis qu'il poursuit son travail, je ferme un instant les yeux, pour me laisser aller à la douce torpeur de la chaleur se diffusant dans le salon…
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Blaise
Il est tôt, pour venir prendre le petit déjeuner un Samedi. Mais je ne voulais pas rater le courrier et quelques copains ont accepté de m'accompagner.
Draco et Théo en font partie. Mais bon, Draco, c'était obligé aussi. Parce qu'il doit se présenter à sa retenue. Il a de la chance, car il va l'effectuer avec Hagrid, tout comme Hermione, Claryce et Padma. Mais il est tout de même déçu, car Tatie Nally a décidé d'emmener Harry et Jérémy dans le Temps Ralenti. C'est sa seule journée libre aujourd'hui. Demain matin elle doit accompagner le professeur Dumbledore préparer le prochain Conseil des Ministres d'Europe et l'après-midi, elle est de corvée pour les retenues des Ânes Bâtés. Alors le séjour au Paradis va se faire aujourd'hui, dans l'après-midi.
Il essaye de prendre ça avec philosophie en affirmant sans cesse qu'il aura d'autres occasions d'en profiter.
Moi, j'aurais la chance d'être du voyage. Théo, lui, a décliné. Il est de garde avec Ginny auprès de la carte cet aprem…
Pour les autres, je sais que Ron sera là, bien sûr. Une chance pour lui que les Préfets n'ont pas tous été mis en retenue le même jour, afin qu'il en reste un minimum en faction dans les différentes Maisons. Neville et Luna aussi seront avec nous et Alioth, qui s'entend comme cochon en foire avec Jérémy. Pour le reste, je ne sais pas. Mais je ne serais pas surpris que Tatie ait invité Ursula, même si celle-ci ne me l'a pas dit…
Ça lui arrive de temps en temps, de me faire des cachoteries, pour me réserver des surprises…
Draco, Claryce et Hermione, s'en vont déjà pour leur retenue, avec Padma Patil. Vincent, bien qu'il ne soit pas concerné, a décidé de les accompagner. Il adore aller dans la Forêt Interdite avec Hagrid et ne manque jamais une occasion de le rejoindre pour effectuer « la tournée » comme il dit…
La tournée de quoi, je n'en sais rien, car Vincent n'est jamais très bavard, même quand on lui pose des questions. Tout ce que je sais, c'est que lorsqu'il revient, il a le sourire et dessine durant des heures dans son carnet de croquis… La seule personne réussissant à lui arracher plus de deux mots à propos de tout ça, c'est Milli.
Mais elle ne dira rien de ce que lui confie Vincent. Je le sais, puisque j'ai essayé de l'interroger et qu'elle m'a gentiment envoyé promener…
Ah ! Voilà les hiboux ! Et il y en a deux venant droit vers moi…
Le premier, je m'en fiche un peu, c'est la Gazette du Sorcier et je laisse le soin à Théo de lui payer son journal, pendant que je m'occupe de Nyx, mon hibou grand-duc. Je détache la lettre liée à sa patte, lui donne un beau morceau de bacon et l'envoie se reposer à la Volière, avant d'ouvrir mon courrier.
Une belle et longue lettre, comme tous les deux jours, dans laquelle je me plonge avec grand plaisir…
« Tu sais, Blaise, si tu continues à t'immerger avec un sourire niais dans la lecture de ces très longues missives de parchemin rose, Ursula va finir par penser que tu as une amoureuse secrète et piquer une crise de jalousie… » déclare soudainement Elinor, avec un sourire moqueur, tandis que je range la lettre dont je viens de finir la lecture.
« Si tu es si curieuse de savoir qui m'écrit, demande-le carrément, plutôt que de faire des circonvolutions. Ça économiserait tes méninges et ta salive. » réponds-je avec un sourire narquois.
Elinor hausse les épaules et me fait une grimace, avant de sourire.
« Je sais très bien que c'est Miho qui t'écrit. Alors, qu'est-ce qu'elle raconte, ta poussinette adorée ? » réplique-t-elle, avant de croquer dans un muffin à la myrtille
« On ne peut pas dire que la discrétion t'étouffe. Est-ce que je te demande, moi, ce que Lee t'écrit dans ses longues lettres d'amour ? » rétorque-je, en croisant les bras sur la poitrine, l'air faussement réprobateur.
« Oh ! Ça, ce n'est pas difficile à savoir ! Il n'y a qu'à voir ses joues rosir pour le deviner ! » s'exclame Martha, l'air rieur
« Tu me manques mon petit sucre d'orge ! Je respire à fond l'odeur de ton chandail et ton divin parfum enivre mes sens ma rose d'amour ! Je pense nuits et jours à… » commence à déclamer Théo, une main sur le cœur et l'air très inspiré, avant qu'Elinor lui balance un toast à la confiture sur le nez
« Tu as lu mon courrier ! Comment as-tu osé ! » s'écrie-t-elle, à la fois scandalisée et rougissante.
Théo, gloussant de rire, retire le toast collé sur sa figure et suce un doigt sur lequel de la confiture a dégouliné, tandis qu'Elinor le darde d'un regard noir de reproches…
« Désolé » dit-il après s'être soigneusement essuyé la figure, « mais je n'en peux rien si tu es venue t'asseoir dans le fauteuil préféré de Vaneck, alors que j'attendais tranquillement derrière qu'il arrive avec ses lieutenants, pour écouter leur conversation. Tu me l'as presque collé sous le nez, ton courrier… »
« Tu n'avais qu'à regarder ailleurs ! » s'exclame Elinor, les yeux traversés d'éclairs.
« Je m'ennuyais… » répond Théo en haussant les épaules, avant de plisser les yeux et d'ajouter : « Et je te ferais remarquer que tu n'es pas toi-même la reine de la discrétion. Si tu crois que je ne t'ai pas vue l'autre jour, en train d'espionner ce que Ginny et moi nous nous disions dans une alcôve du QG ! »
Elinor a un sursaut à peine perceptible, avant de relever le nez et de prendre un air pincé.
« Je ne vous espionnais pas ! Je veillais à ce que vous ne fassiez pas de bêtise ! » réplique-t-elle, en tartinant un nouveau toast de confiture.
« Ouais… Ben nous n'avons pas besoin de duègne, ma chère ! Nous savons nous tenir ! » rétorque Théo, avant d'allonger vivement le bras pour lui piquer son toast en ajoutant : « Excellente cette confiture, je te la recommande… »
Et il mord dans le toast avec un grand sourire dans les yeux, tandis qu'Elinor soupire en levant les siens vers le plafond, avant de finalement lui rendre son sourire…
« D'accord, disons que c'est un prêté pour un rendu. Mais que cela ne se reproduise pas…Bon, alors, qu'est-ce qu'elle raconte, la poussinette ? » demande-t-elle, en haussant un sourcil vers moi.
« Que Plumki vient tous les jours nous espionner pour lui raconter ce que nous faisons. Et apparemment il aime particulièrement se rincer l'œil dans les douches des filles… » réponds-je, avec un sourire goguenard..
« Idiot ! Arrête de dire des sottises et de nous faire languir ! » s'exclame Martha, en se versant un thé
Je fais mine de soupirer à fendre l'âme, avant d'entreprendre de résumer les journées que Miho me décrit par le menu. Tout se passe bien pour elle. Elle a retrouvé sa famille d'accueil, aime beaucoup Kyo avec laquelle elle invente milles jeux pour les autres gosses du Village, apprend plein de choses en classe et a effectivement quelques nouvelles de nous par Plumki…
Puis nous devisons de choses et d'autres avec les copains et copines, avant de faire une petite balade dans la neige, en compagnie d'Ursula, Ron, Harry, Jérémy et quelques Gryffondors qui nous ont rejoints. Bien sûr, la balade tourne en bataille de boules de neige géante et nous rentrons finalement au QG frigorifiés, pour boire un chocolat chaud.
Jérémy ouvre de grands yeux émerveillés quand il découvre notre installation, qu'il visite pour la première fois.
Enfin, nous prenons place autour des tables, par groupes, pour avancer dans nos devoirs. Et, tandis que je sors mes parchemins, plumes, encriers et livres, je jette un coup d'œil à la ronde, en me disant que j'adore les samedi matin tranquilles comme celui-ci…
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Severus
A peine Albus a-t-il fini de parler, j'attrape mon vieux balai qui ne quitte pas le coin de la Cheminée et je me Désillusionne avant de partir, par la fenêtre du bureau de Nally, en direction des portes de Poudlard. Je ne perds pas de temps pour Transplaner devant le petit pont de bois avant d'enfourcher de nouveau mon balai et de fuser vers la Base d'Espionnage du Village des Elfes…
« Alors ? » fais-je, aussitôt entré, en direction de Roger Greengrass, en garde des écrans aujourd'hui…
Il n'y en a pas encore beaucoup, mais Esther Nichols et Lee sont en train d'installer des caméras à Pré-Au-Lard et bientôt il y aura bien à faire ici, en plus de la surveillance des Cartes que Remus et son groupe ont commencé à ensorceler…
« Il vient tout juste d'arriver et il monte au grenier… » répond Roger, son regard fixé sur Voldemort.
Viktor a prévenu Albus il y a quelques minutes. Voldemort semble avoir enfin résolu l'énigme permettant de trouver la clé qui le mènera au Tombeau de son Ancêtre. Je suis heureux qu'il l'ait fait un samedi et d'avoir été libre pour venir voir ça…
Voldemort examine maintenant le socle de pierre sur lequel reposait le soit disant Journal de son Ancêtre. Il est décoré de motifs ornementaux très ampoulés, dans les goûts rustiques de Salazar Serpentard. Sa main glisse sur les motifs et soudainement son rire froid éclate, avant qu'un sifflement s'échappe d'entre ses lèvres quasi inexistantes…
Et la tête du socle pivote sur elle-même, révélant une grosse clé d'argent terni dont le corps est serré d'un vieux morceau de parchemin. Voldemort soulève délicatement la clé et déroule le parchemin avec une infinie précaution, lisant les instructions laissées par Salazar, les yeux flamboyant de satisfaction.
Puis il sort la carte dessinée par Marian et superpose le parchemin qu'il vient de découvrir sur un endroit précis de cette carte, avant de le fixer avec un Sortilège de Glu perpétuelle…
« Enfin, Salazar, quand la nuit sera venue ce soir, je vais pouvoir contempler tes ossements. » murmure-t-il, en levant la carte devant ses yeux, avant d'ajouter : « Et ensuite, nous fêterons dignement cet évènement… Oui… Cette nuit, Salazar, sera une nuit rouge. Nous irons en Cornouailles et nous massacrerons tous les habitants du village où vivait ce Russe infâme qui nous a volé notre Agnelle. Celle que j'avais choisie pour porter en son sein nos Chevaliers... »
Et un long frisson remonte le long de mon échine…
Je dois absolument rentrer maintenant et joindre Albus pour que nous prenions des mesures afin d'éviter le massacre d'innocents…
Harry sera déçu. Nally devra probablement remettre le petit séjour au Paradis qui était prévu cet après-midi. Il ne va pas pouvoir en faire la surprise à Jérémy…
Mais il comprendra, quand il saura pourquoi, me dis-je, en enfourchant mon balai, tandis que je songe que Miho sera déçue elle aussi, si elle apprend que je suis venu et reparti sans chercher à la voir…
J'essayerai de faire un saut ici demain, me promets-je, juste avant de Transplaner…
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Narcissa
Je sors de la Cheminée, prenant garde à ne pas laisser de cendre tomber sur le parquet de l'appartement de Poppy. J'essuie soigneusement mes pieds sur le tapis, époussette le bas de ma robe d'un coup de Baguette et traverse le salon en direction du petit corridor menant aux chambres.
J'ouvre la porte de celle où Ievguenia repose depuis son transfert de l'annexe. Je l'ai décorée moi-même, comme une chambre de jeune fille, avec des couleurs tendres et douces.
Ievguenia est allongée sur le grand lit à baldaquin tendu de voiles légers, sur des oreillers ornés de taies aux bordures en dentelle de coton fin. Elle est belle comme un ange, avec son visage en forme de cœur et ses cheveux blonds naturellement bouclés. Cependant ses grands yeux bleus sont toujours fixes, vides de vie mais emplis de douleur et sa respiration soulève à peine sa poitrine.
Mon cœur se serre, comme à chaque fois que je viens ici. Comment Lucius et Voldemort ont-ils pu faire autant de mal à cette enfant si douce et si pure ? Comment ont-ils pu aussi violer, torturer et tuer ce petit garçon, sur l'autel d'une église ?
Si j'avais encore eu un doute, sur la noirceur et la dureté de leur cœur, je n'en aurais plus aucun après avoir lu ces articles bouleversants d'horreurs il y a quelques jours…
Merlin ! Que je suis heureuse que Draco ait échappé à l'emprise de Lucius, ce démon dont j'ai été l'épouse durant près de vingt ans ! Je crois que j'en serais morte de chagrin et de désespoir, si j'avais engendré un monstre…
« Va te reposer, pendant que je veille sur elle… » murmure-je à Kroutia, qui ne quitte pas le chevet de sa jeune Maîtresse quand je ne suis pas là.
Et qui n'irait pas se reposer si je ne lui en donnais pas l'ordre…
Kroutia me remercie et trottine jusqu'au petit meuble bas dans lequel elle a décidé d'installer sa couche, refusant que je lui aménage une petite chambre à côté de celle-ci. Elle tire la porte sur elle, la laissant entrebâillée, pour pouvoir entendre le moindre bruit.
Je n'en prends pas ombrage. Elle agit ainsi non parce qu'elle craint que je fasse du mal à Ievguenia, mais pour pouvoir obéir au père de sa jeune Maîtresse qui lui a donné l'ordre de ne jamais quitter sa fille.
Je fais venir un thé des cuisines, puis je m'installe auprès de la pauvre petite Ievguenia. J'ai pris l'habitude de prendre place sur le lit et de ramener sa tête contre ma poitrine, l'entourant de mes bras protecteurs. Et je lui parle. De Poudlard où elle se trouve en sécurité, de Draco qui a promis de veiller sur elle et sur ses intérêts, de Harry, Théo et tous leurs amis.
Je lui parle de moi aussi. De ma nouvelle vie au Terrier et avec Richard. De mes projets d'avenir et de mes rêves de jeune fille que je vais pouvoir réaliser maintenant…
Je lui lis des histoires. Des romans d'aventures et de voyages.
Et parfois je reste silencieuse, caressant ses cheveux et son visage. Lui embrassant le front avec tendresse. Tenant sa main fine dans la mienne.
Je la lave aussi, avec une éponge douce. Je prends soin de ses cheveux et de son corps. Je masse ses jambes et son dos. J'humidifie ses yeux, comme Richard l'a recommandé en lui instillant des gouttes d'eau stérilisée. Je fais tout ce qu'une maman ferait pour sa fille tendrement aimée.
Car j'aime cette enfant. Je me suis attachée à elle et j'espère de tout cœur qu'elle surmontera cette terrible épreuve…
Et je sais que Draco l'espère de tout cœur lui aussi. Il a pris l'habitude de venir chaque jour également, le soir avant que je m'en aille. Il ne manque pas d'apporter un bouquet de fleurs fraîches, cueillies dans les serres de Poudlard et qu'il dispose lui-même dans un vase. Et il raconte les petites anecdotes amusantes ou tendres du jour.
Je le soupçonne d'en inventer parfois, pour qu'il y ait des rires dans cette chambre qu'il trouve trop calme. Il a d'ailleurs acheté un gramophone à pavillon et des disques, pour que nous puissions casser le silence en mettant de la musique.
Parfois, Théo ou Blaise l'accompagne. Harry, Hermione et Ronald sont venus aussi. Leur présence m'a fait chaud au cœur. Ils mettent de la vie ici, durant leur visite.
De la vie… Draco a raison. C'est vraiment ce qu'il manque dans cette chambre.
Comment faire, pour qu'il y en ait à tout moment ?
« Oh ! Je sais ! » m'exclame-je soudainement dans le silence de la chambre : « Je vais aller faire des achats sur le Chemin de Traverse ! A l'Animalerie Magique ! Que dirais-tu d'un couple d'oiseaux, Ievguenia ? Un chat aussi ! J'irais demain, à la première heure et je te les ramènerai tout de suite ! »
Oui, des animaux mettront de la vie ici. Les oiseaux chanteront et le chat ronronnera. Il grimpera sur le lit, s'allongera sur elle et lui fera des caresses de ses pattes veloutées, comme Pattenrond le fait avec Hermione.
« Il faut aussi élargir ton cercle de connaissances car tu n'as pas assez d'amies ! Je demanderai donc à Molly et Augusta de venir prendre le thé, avec Annabelle. Il est temps que tu leur sois présentée. Elles viendront avec Jordan, le neveu d'Olivier. Tu verras, c'est un enfant adorable. Il babille sans arrêt ! Il faudra également que je te présente Anna et ses enfants. Ils sont au Village des Elfes, mais je suis sûre qu'Anna fera le déplacement si je le lui demande. Et je vais aussi te présenter des jeunes filles extraordinaires tu vas voir ! Angelina, Alicia et Ester entre autres. Elles sont intelligentes, courageuses et généreuses. Elles te plairont, j'en suis sûre ! » m'exclame-je encore, avant de prendre la décision d'écrire immédiatement un mot à Molly pour l'inviter aujourd'hui même, appelant Elsy pour lui faire parvenir mon invitation.
Oui, il faut que les choses changent, que la vie reprenne ses droits ici.
Alors je décide de refaire la décoration. Je veux maintenant faire de cette chambre un jardin, dans lequel un vent doux apporte avec lui les effluves de la nature…
J'appelle de nouveau Elsy. Je lui demande d'emmener tous les meubles au grenier, hormis celui dans lequel se repose Kroutia. J'entreprends d'ailleurs aussitôt de le repeindre pour l'intégrer dans le décor que je veux créer. Puis je fais entrer des flots de lumières en produisant un petit soleil sur le mur plein de la chambre. Il se lèvera et se couchera au rythme du jour, quel que soit le temps dehors. Je peins le plafond en un ciel bleu de printemps, dans lequel passent quelques petits nuages blancs. Il faudra que je demande à Minerva ou Nally de m'aider à en faire un qui change d'aspect en fonction du jour ou de la nuit. Ainsi la lune et les étoiles pourraient succéder au Soleil…
Elsy entreprend ensuite d'agrandir la chambre puis elle va chercher des plantes, des fleurs, des rosiers et des petits orangers odorants, de la terre et de l'herbe. Et bientôt le lit à Baldaquin, dépouillé de son plafond de bois, est installé dans un jardin, traversé d'un ruisseau qui chantonne. Une douce brise fait parfois voleter les rideaux que j'ai laissés ouverts.
Et pour tout mobilier, il y a un banc de pierre, une table, une console et des fauteuils de jardin en métal forgé blanc. Les sièges sont rendus plus confortables grâce à des coussins aux couleurs vives…
Sur la console, je pose le gramophone et les disques, avant d'en sélectionner un et d'activer la machine. Puis je contemple mon œuvre… Il ne manque plus que deux choses : des oiseaux qui pépient dans les orangers et des papillons qui volètent de fleur en fleur…
Je les crée aussitôt, en attendant les vrais que j'achèterai demain sur le Chemin de traverse…
Et je souris, satisfaite. Ievguenia sera bien ici.
Aussi bien que si elle était dans le Village des Elfes…
J'espère juste que Poppy ne sera pas fâchée, quand elle verra ce que j'ai pris la liberté de faire de sa toute nouvelle chambre d'amis…
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Acte 2 : Un Bonheur Extraordinaire
Harry
Je suis déçu que nous n'allions pas au Paradis comme prévu. Mais bien évidemment, je comprends que Marraine ait plus urgent à faire.
Putain de Voldemort ! Il n'y a vraiment que détruire la vie des autres qu'il sache faire ! me dis-je, tandis que nous revenons dans notre Salle Commune, après le déjeuner.
Nous nous affalons dans des fauteuils, pendant que Jérémy va voir Keina et Rose, qui l'ont hélé, à peine avons-nous passé la porte.
« Bon, alors, à quoi allons-nous occuper notre temps et celui du bonhomme ? » demande Ron, en s'étirant un peu dans son fauteuil.
J'aurais bien une idée me dis-je, en regardant son pull se relever sous l'étirement de ses bras, révélant un peu de son ventre, barré d'une cicatrice que j'ai soudainement très envie d'explorer de mes doigts…
Oui, j'irais bien faire un petit tour dans la Salle sur Demande, pour un tendre moment en tête à tête avec Ron. Nous n'avons pas eu un seul moment libre rien qu'à nous, depuis mon retour de captivité et ça me manque terriblement.
Mais j'ai promis à Jérémy que nous passerions l'après-midi ensemble et je ne veux pas le décevoir… Et qu'allons-nous faire, maintenant que le projet d'aller au Paradis est tombé à l'eau ?
« On pourrait aller voler un peu. Je prendrais Jérémy avec moi sur mon Eclair de Feu et je lui ferais faire quelques loopings. Cela devrait lui plaire, qu'en penses-tu ? » propose-je, en jetant un œil vers la fenêtre.
Il ne neige pas et il n'y a pas de vent, pour la première fois depuis plusieurs jours. Autant en profiter pour prendre l'air au maximum…
« Ok, ça roule. Jérémy, va te couvrir chaudement, on s'en va voler ! » accepte Ron en se levant, avant d'ajouter discrètement : « Mais avec le froid qu'il fait, on ne va pas pouvoir voler longtemps avant d'avoir les miches gelées. Alors que ferons-nous après ? »
C'est vrai, j'en conviens, en regardant Jérémy courir vers son dortoir l'air tout joyeux et je soupire. Moi qui lui avais promis qu'on s'éclaterait tout l'après-midi, c'est vraiment mal barré pour qu'on le fasse, me dis-je, en montant l'escalier…
Il faut pourtant bien que je trouve quelque chose…
« Bin… Nous irons boire un chocolat chaud au QG et après… après… Nous pourrons faire des jeux ou l'emmener dans la salle d'Entrainement et commencer à lui apprendre quelques petits trucs pour qu'il puisse riposter si les Ânes Bâtés de son année s'attaquent à lui… » réponds-je, en refermant la porte du dortoir derrière moi, pour préserver la chaleur..
« Ouais… Comment faire exploser les couilles de vos ennemis en dix leçons, par exemple ? » acquiesce Ron, avec un sourire narquois, en sortant un second pull bien chaud de son armoire..
Je glousse, même si je sais que ça n'a rien de drôle.
Pauvre Dennis. Il a vraiment eu un réflexe malheureux là… Je le plains de tout cœur. Il ne doit pas se marrer, enfermé tout seul dans une chambre, depuis jeudi soir, à astiquer des armures et faire des mètres et des mètres de parchemins de devoirs sur un sujet du genre : réfléchir avant d'agir ou la violence n'est pas une réponse acceptable à la provocation…
Bon, d'accord, ce n'est pas lui qui subit les conséquences les plus graves, mais je n'arrive à plaindre Brandburgy. Il a dû sacrément morfler, c'est sûr. Et il est fortement probable qu'il ne pourra plus jamais bander. Quant à se reproduire, c'est maintenant impossible. Ce qui, en passant, a fait dire à Seamus : « Ben, Dennis ne savait pas si bien dire. Le P'tit Merdeux n'aura pas à noyer ses petits dès la naissance c'est sûr maintenant … »…
Ouais, il en a pour toute la vie, lui, à se souvenir de ce que Dennis lui a fait. Mais s'il n'avait pas été aussi mauvais, tout ça ne lui serait pas arrivé…
Ses parents étaient furax. Ils ont menacé de porter plainte contre l'école, car ils estiment la sanction prise contre Dennis et les Préfets, nettement insuffisante. Papa Sev a dit qu'ils pouvaient toujours essayer, mais qu'étant donné la gravité des propos prononcés par Brandburgy, le Magenmagot n'ira pas plus loin que l'examen du dossier et la confirmation que les sanctions prises par les Directeurs, sont suffisantes… Bon, peut-être demanderaient-ils à Dennis de verser quelques Gallions de dédommagement… Mais du fric, les Brandburgy en ont déjà à la pelle et ça ne rendrait pas ses couilles à Brutus…
Par ailleurs, on ne peut pas retirer sa Baguette à Dennis, puisque ce n'est pas avec un Sortilège, ni un Maléfice, qu'il a agressé Brandburgy… Un procès n'aurait donc aucun intérêt…
Toujours est-il, qu'à l'heure actuelle, les parents ont emmené leur fils pour une convalescence chez eux. Ce qui fait que ça se bataille un peu pour prendre la place de Chef des Ânes Bâtés, qu'il a laissée libre et qu'il y a quelques scissions dans les rangs. Ceci dit, pendant qu'ils se battent entre eux, ça nous permet de souffler un peu, même si nous n'avons pas intérêt, bien évidemment, de relâcher notre attention…
Mais bon, ce n'est pas ma préoccupation actuelle, me dis-je, en prenant ma cape sur mon bras et mon balai à la main, avant de sortir de la piaule avec Ron, direction le terrain de Quidditch. Mais au moment de passer la porte, je vois Ron se frotter le nez avec énergie et soudainement, ça m'angoisse et je m'arrête net.
« Ton pif chatouille ? » demande-je, sourcils froncés…
« Ouais. Depuis ce matin. Mais on sait pourquoi, non ? » répond-il, en se tournant vers moi.
Mais je n'arrive pas à décoller. Il peut très bien y avoir autre chose qui se prépare, plus près.
Ici même, à Poudlard…
« Allons, Harry… Tous les Ânes Bâtés sont en retenue et il y a du monde qui surveille les cartes. J'ai mon Miroir et nous avons tous les deux notre Portoloin et notre Bague… Et à la moindre alerte, nous serons prévenus.. . Pour le reste, il sera temps de se faire du mouron ce soir…» assure Ron, en remontant les quelques marches qu'il a descendues, pour venir me serrer doucement la main.
Il a raison, bien sûr. Et je me détends, lui souriant et effleurant ses lèvres d'un baiser, avant de descendre vers la Salle Commune, où Jérémy doit déjà nous attendre…
Mon petit frère est super content, à l'idée de voler sur un Eclair de Feu. Je lui laisserai peut-être l'occasion de faire un tour tout seul dessus, s'il n'est pas trop gelé et fatigué tout à l'heure.
Quand nous arrivons au stade, je le fais grimper devant moi et lui montre comment bien tenir le manche d'un balai de compétition, pour être sûr qu'il réponde au quart de tour et je lui dis qu'il pourra prendre le manche, après la démonstration que je vais lui faire en vol.
« Super ! » dit-il, d'un ton très enthousiaste, frémissant de plaisir anticipé…
Enfin, je m'élève doucement et Ron reste à notre hauteur. Nous faisons lentement le tour du stade, puis nous effectuons quelques slaloms et je laisse le manche à Jérémy, pour qu'il puisse me faire voir s'il a bien compris comment diriger le balai dans les virages. Après, nous nous essayons à quelques montées en chandelle et piquets, à allure modérée et encore une fois, je laisse Jérémy diriger le vol. Il se débrouille pas mal dans l'ensemble…
Enfin, je lui annonce que nous allons passer aux choses sérieuses et je lui recommande de bien s'accrocher, m'assurant qu'il l'ait bien fait, avant d'accélérer considérablement, lâchant Ron, dont le balai ne peut suivre et je me lance dans une série de vrilles, de loopings et de virages en épingle à cheveux.
Le vent siffle à nos oreilles et la vitesse est grisante. Je me sens comme un poisson dans l'eau, libre comme l'air et mieux que je l'ai été depuis ma captivité à Priest Hole Manor. Des larmes émues montent dans mes yeux. Je les ravale. Il ne faudrait pas que j'aille me viander avec Jérémy, parce que je pleure du bonheur de me sentir vivant et vibrant de cette vie…
Entre mes bras, Jérémy crie et rit. Il est transporté lui aussi.
Je me demande s'il a la même sensation que moi, dans le ventre et dans la gorge…
Si son bonheur est lié aux mêmes raisons que les miennes…
Se rend-il compte, à cet instant, qu'il est passé à côté des pires atrocités et de la mort ? Qu'il a failli mourir et qu'il est pourtant ici, bien vivant, volant comme un oiseau dans le ciel ?
« Waouw ! Waaaooouw ! C'est super, Harry ! C'est super ! » s'écrie Jérémy, d'une voix si joyeuse, qu'elle fait éclater une bulle de bonheur dans ma poitrine.
Et je monte, je monte et je monte encore et encore en vrille, à toucher les nuages bas que nous crevons à pleine vitesse pour trouver le ciel bleu. Enfin, je décélère un peu et reprends une position horizontale, volant en cercles lents au-dessus des nuages qui ressemblent à une grosse motte de chantilly, éclatante de blancheur, dans la lumière du soleil…
Je sens Jérémy trembler entre mes bras et je me rend compte qu'il pleure silencieusement..
« Ça va bonhomme ? » demande-je avec douceur, le souffle un peu court.
Nous sommes très hauts et l'oxygène se raréfie. Ça me flanque un peu le vertige…
Jérémy acquiesce d'un vigoureux signe de tête…
« J'ai jamais été aussi heureux, Harry… » déclare-t-il, en tournant son visage en pleurs vers moi, mais les yeux brillants de joie…
« Je le suis aussi, bonhomme. Ouais, je suis très heureux, très heureux… » souffle-je, en lâchant mon balai d'une main, pour frotter sa tête protégée d'un bon gros bonnet de laine, avant de demander : « On va se boire un chocolat au QG ? »
Il fait signe oui de la tête, avant de se pencher vers moi, pour me faire une bise sur la joue et me remercier de lui avoir fait vivre ce moment qui l'a rendu si heureux. Je le serre contre moi un bref instant, avec toute l'affection que j'ai pour lui, puis je redescends vers la terre, lentement, pour savourer le plus longtemps possible ce moment inoubliable de bonheur intense.
Bientôt nous pouvons voir distinctement le stade. Mes yeux partent à la recherche de Ron. J'ai envie de le voir, de le serrer dans mes bras et de l'embrasser.
Il est temps, que Jérémy sache pour nous, me dis-je, car Ron fait partie intégrante de mon bonheur et je ne veux plus cacher cela à mon petit frère. Bien sûr, je connais sa position, concernant l'homosexualité, mais je sais que je trouverai les mots, pour le convaincre que cela n'a rien à voir avec la pédophilie..
Enfin, je vois Ron. Il est assis dans les gradins, bras reposant sur le dossier du banc et il scrute le ciel. Il nous fait signe, quand il nous aperçoit et Jérémy se redresse, serrant bien fort le balai avec ses jambes, pour lui faire de grands signes lui aussi…
Je suis sûr qu'il a un sourire jusqu'aux oreilles maintenant…
« Je vais te présenter quelqu'un, Jérémy. C'est la personne que j'aime le plus au monde…» glisse-je, à l'oreille de mon petit frère, juste avant de me poser auprès de Ron qui sourit largement mais ne dit rien.
Je vois au regard qu'il pose sur moi, qu'il a compris que nous venons de vivre un moment extraordinaire et qu'il va se passer maintenant quelque chose d'important..
Jérémy me regarde, avec des yeux interrogatifs. Je l'invite à s'asseoir et je m'agenouille devant lui, faisant signe à Ron, pour qu'il vienne se mettre à côté de moi.
« Tu te souviens, Jérémy, que nous avons parlé de l'homosexualité, n'est-ce pas ? » m'enquiers-je, d'une voix douce.
Jérémy grimace et acquiesce d'un simple hochement de tête, tandis qu'une lueur douloureuse traverse son regard.
« Ron, Hermione et moi, t'avons expliqué que cela n'a rien à voir avec la pédophilie. Mais tu étais trop bouleversé encore par ce que Voldemort voulait te faire, pour comprendre cela… » explique-je, toujours avec la même voix douce.
Des larmes embuent les yeux de Jérémy et je m'en veux un peu de gâcher le bonheur intense que nous avons partagé il y a un instant. J'ôte mon gant et j'essuie les larmes qui coulent de ses yeux avec mon pouce.
« Voldemort est homosexuel et pédophile, Jérémy. Mais ce n'est pas le cas de tous les homosexuels, très loin de là… Il y en a de très nombreux, qui jamais, jamais, jamais ne feraient de mal à un enfant. Aimer une personne du même sexe qu'eux, c'est comme aimer une personne de l'autre sexe, pour eux, tu comprends ? Et cela ne fait pas d'eux des monstres, comme Voldemort. » explique-je encore, la voix un peu nouée.
Acceptera-t-il la vérité, à propos de mon orientation sexuelle ? Ou me repoussera-t-il ? Aura-t-il peur que je lui fasse du mal, que je le touche ?
De nouvelles larmes coulent, sur les joues de Jérémy et mon bide se tord. Il ne répond pas. Je crois qu'au fond de lui, il a compris ce que je vais lui dire et que des émotions diverses et contradictoires se disputent en lui.
« Je ne te parle pas de cela maintenant, pour te faire du mal, Jérémy. Mais nous venons de vivre un moment très fort tous les deux. Un bonheur extraordinaire, n'est-ce pas ? » dis-je, avec un sourire doux, en serrant un peu mes mains sur les siennes que j'ai saisies
Cette fois il acquiesce et son regard brille un bref instant de ce bonheur que nous avons vécu.
« Oui, un bonheur extraordinaire. Mais un bonheur, qui pour moi, ne pourrait pas être total, si je n'avais auprès de moi, la personne que j'aime le plus au monde, Jérémy. Et cette personne, c'est Ron… » révèle-je, en détachant l'une de mes mains de celles de Jérémy, pour prendre celle de Ron, avant d'ajouter presque dans un murmure : « Il est mon petit ami et je l'aime vraiment très fort, d'un amour partagé. Un amour plus fort que tout au monde… »
Le regard de Jérémy me vrille complètement sur place. Je ne sais qu'en penser et je me fige dans l'attente de sa réaction. Encore une fois, des pensées contradictoires traversent son regard. Et le silence qui perdure, commence à m'angoisser terriblement…
« Jérémy, je comprends que tu aies du mal à accepter cette vérité. Mais je voudrais te poser une ou deux questions. As-tu eu une seule fois, le sentiment que Harry avaient de mauvaises pensées et qu'il pourrait te toucher et te faire du mal, quand vous dormiez ensemble ? A-t-il une seule fois eu un geste déplacé ? Ou un regard qu'il n'aurait pas dû avoir sur toi ? Et moi, en ai-je eu, quand nous prenions un bain tous les trois ? » demande Ron, avec douceur.
Le regard de Jérémy glisse vers lui, à mesure qu'il parle et je sais qu'il l'écoute attentivement, même s'il semble se déconnecter au bout d'un moment. Et je comprends, à la manière dont il déglutit et que son souffle se suspend parfois, qu'il compare notre attitude envers lui, à celle qu'avait Voldemort…
Non, fait-il de la tête au bout d'un temps, son regard revenu dans la réalité de l'instant.
« Eh bien, tu vois, c'est cela, la différence entre la pédophilie et l'homosexualité. Les homosexuels, tout comme les hétérosexuels, n'ont pas de geste, ni de regard déplacé envers les enfants. Seuls les pédophiles en ont, envers les petites filles ou les petits garçons, selon leur préférence. » explique Ron, la tête un peu penchée sur le côté.
Le regard de Jérémy se déplace encore, pour revenir vers moi. Ses yeux s'embuent de nouveau de larmes et soudainement, il se jette dans mes bras. Je le serre très fort contre moi, terriblement soulagé, tandis qu'il sanglote, accroché à mon cou comme un noyé à une bouée de sauvetage.
Je relâche peu à peu ma prise sur Jérémy, pour lui permettre de respirer et de se détacher de moi, s'il le souhaite.
« Je t'aime… très fort… Harry... Tu es comme… un grand frère.. pour moi… » hoquète-t-il, au bout d'un moment.
« Je t'aime aussi, bonhomme. Tu es mon petit frère. Mon petit frère… » murmure-je, en lui embrassant le front.
Il m'embrasse aussi sur la joue, avant de s'essuyer les yeux et le nez, d'un revers de manche…
« Eh ! Faut pas m'oublier, moi ! Je vais être jaloux ! Moi aussi je veux des bisous pleins de morve ! » s'exclame soudainement Ron, en nous attrapant tous les deux par le cou
Il embrasse Jérémy sur le nez, puis m'embrasse sur la joue, avant de revenir faire des papouilles sur les joues de Jérémy, avec des petits grognements. Et Jérémy finit par éclater de rire et se suspendre à son cou, pour lui rendre un baiser sur chaque joue…
Et je me sens heureux, de les voir comme ça tous les deux.
« Allez, qu'est-ce que tu dirais de faire un tour tout seul sur l'Eclair de Feu de Harry ? Je resterai à côté de toi… » s'exclame soudainement Ron, en se relevant d'un bond.
Jérémy tourne vivement son regard vers moi, avec une lueur d'espoir et d'envie…
« D'accord, bonhomme. Mais à condition que te ne sèmes pas Ron. Tu n'es pas encore assez sûr sur un balai, pour aller à pleine vitesse sur celui-là… » acquiesce-je, en tendant la main vers mon balai, pour le lui tendre.
« Promis, grand frère ! » s'exclame Jérémy, en sautant sur ses pieds, un immense sourire aux lèvres..
Il enfourche mon balai, les yeux brillants de joie et d'excitation fébrile et il s'élève lentement pour se mettre à hauteur de Ron, avant de s'élancer au-dessus du stade à son signal, tandis que je m'assois un peu plus haut sur les gradins, pour mieux les voir voler.…
Ils font le tour, à vive allure puis Ron entraîne Jérémy dans quelques petits exercices à sa portée et je les regarde avec tendresse. C'est bien, que Ron ait proposé ça à Jérémy. C'est le premier moment qu'ils partagent tout seul tous les deux et je suis sûr que ça va les rapprocher. Et puis, Jérémy comprendra que Ron ne cherchera pas à le mettre à l'écart de notre couple…
Enfin, ils reviennent vers moi et il n'y a plus aucune trace de chagrin, sur le visage de Jérémy. Que de la joie. Il me saute dans les bras et m'embrasse sur la joue, en assurant que c'était super génial. Et cette fois, quand Ron se pose à côté de nous, je tourne mon visage vers lui et, profitant que je suis à sa hauteur, je pique un baiser sur ses lèvres, notant du coin de l'œil, que cela ne choque pas Jérémy…
Il a compris, vraiment me dis-je, une nouvelle bulle de bonheur explosant quelque part du côté de mon cœur.
« Alors, on va le boire ce chocolat ! » s'exclame Jérémy, tout sourire, en m'ébouriffant les cheveux.
J'acquiesce, avant de rabattre son bonnet sur ses yeux et il éclate de rire, tandis que je me mets déjà en route.
Bien sûr, nous lui expliquons que notre relation, à Ron et moi, est pour l'heure un secret connu seulement de quelques-uns de nos amis. Jérémy nous demande lesquels, pour ne pas commettre d'impair, puis nous devisons d'autres choses, à l'approche du Château.
Nous ne croisons pas grand monde, sur le chemin des cuisines, que nous empruntons, jusqu'au tableau de la Bergère à l'Agneau auprès de laquelle nous nous arrêtons, pour vérifier qu'il n'y a personne alentour, avant de pénétrer dans les Passages Internes…
Peu après, nous buvons notre chocolat chaud, Jérémy racontant notre virée dans le ciel, à Alioth et Astoria, que je trouve un peu tristounette aujourd'hui. Et je m'interroge sur ce qui a pu la rendre triste, espérant qu'elle ne se soit pas fait insulter une fois de plus, par les Ânes Bâtés, comme cela s'est produit plusieurs fois, depuis jeudi…
Ou peut-être est-elle simplement triste de ne pas être avec ses inséparables amis, Dennis et Miho…
Finalement, Jérémy, Astoria et Alioth décident de s'amuser tous les trois à la bataille explosive et je m'installe avec les copains. Cependant, à mesure que le temps passe, j'ai de plus en plus envie d'être un peu seul avec Ron.
De le retrouver et de redécouvrir son corps, maintenant couturé de cicatrices. De le caresser et de le papouiller partout.
Je regarde l'heure. 14h55… Nous pouvons très bien y aller avec le Chronomètre Magique de Maman Nally pour étirer un peu notre tête à tête me dis-je, pensant que Jérémy ne m'en voudra pas, si je le laisse ici une petite heure, avec ses copains…
« Tu ne peux pas savoir comme ça me ferait plaisir ! » chuchote Ron à mon oreille, après que lui aie exposé mon idée…
« Ok, je préviens Jérémy… » décide-je, en me levant pour aller voir mon petit frère, dans l'alcôve où il est allé s'installer avec Alioth et Astoria.
Mais ils n'y sont plus. Et je fronce les sourcils, tandis que je le cherche en vain dans le QG…
« Quelqu'un sait où sont Jérémy, Alioth et Astoria ? » m'enquiers-je, inquiet.
« Je les ai vu sortir il y a un instant. Ils ont dit qu'ils allaient en face, en Salle d'Etude… » répond Benjamin, en relevant la tête de son bouquin.
« En Salle d'Etude ? Pourquoi faire ? Ils ont fini leurs devoirs ce matin… » fais-je remarquer, tandis que Ginny se penche sur la Carte…
« Ils ne sont pas en Salle d'Etude ! » s'exclame-t-elle, en fronçant les sourcils, avant de tapoter la Carte avec sa Baguette.
Aussitôt, une Plume à Papote écrit vivement sur un parchemin et Théo regarde ce qu'elle inscrit, avant de revenir vers la Carte…
« Ils courent vers la Salle au Trésor, Astoria en tête. Jérémy ne l'avait peut-être pas encore visitée. Et c'est bon, il n'y a pas âme qui vive dans le coin à part eux. » dit-il, en relevant des yeux rieurs..
« Oui, mais dans ce cas, pourquoi ne l'ont-ils pas dit ? On ne leur aurait pas refusé d'y aller. Au pire, l'un de nous les aurait accompagnés. » fait remarquer Daphnée, le regard inquiet, avant de décréter qu'elle va les rejoindre.
Mon propre regard croise celui de Ron, qui n'a pas arrêté de se frotter le nez depuis tout à l'heure et je vois soudainement la même inquiétude dans son regard…
« Je les ai perdus sur la Carte. Ça signifie qu'ils sont dans la Salle. » annonce Théo, d'un ton tranquille.
Et je me dis qu'il a raison, qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Il n'empêche que Jérémy va entendre parler du pays, quand il va revenir avec Daphnée ! Qu'est-ce qui lui a pris, de partir comme ça sans prévenir ?
« Ah ! Daphnée vient d'arriver devant la Salle, à son tour… » signale Théo au bout de quelques minutes, avant de froncer les sourcils et d'ajouter : « Elle revient sans être entrée et à voir son étiquette, elle court… »
Et je sens mon sang se retirer de mon visage. Et comme tous les copains présents, je me tourne vers la porte, attendant le retour de Daphnée, anxieux et tendu.
« Ils ne sont pas dans la Salle au Trésor ! » s'exclame-t-elle, pâle et défaite, en courant vers la Carte…
Mais il n'y a aucune étiquette, au nom de Jérémy, Astoria et Alioth dessus…
OoOoOoO
Acte 3 : Tournée Dans La Forêt Interdite
Draco
Près de quatre heures que nous crapahutons dans la Forêt Interdite.
Heureusement que Hagrid a précisé que puisque Vincent était avec nous et qu'il connait bien le chemin maintenant, nous pouvions nous diviser en deux groupes pour effectuer « la tournée » et gagner ainsi du temps…
Je suis dans le groupe de Vincent, avec Hermione. Et depuis près de quatre heures, nous nous promenons selon un circuit bien établi, afin de vérifier que tout va bien dans la Forêt, pour les troupeaux d'Animaux ou Créatures Magiques, les nichées d'oiseaux et autres terriers dont Hagrid s'occupent deux fois par semaine au moins…
Les Sombrals vont bien. Les Hippogriffes aussi. Les Botrucs se portent à merveille. Les Furets sont installés comme des coqs en pâtes pour l'hiver etc…
J'aurais bien aimé voir des Licornes, mais Vincent nous a dit qu'elles se trouvent de l'autre côté du parcours. Dommage… Ce sera pour un autre jour…
Notre tournée est bientôt finie, nous dit Vincent, après que nous ayons vérifié que tout va bien dans les nids de Dirico (3). Je suis heureux de l'apprendre, parce que je commence à me les geler sérieux me dis-je, quand nous reprenons doucement le chemin qui nous ramènera chez Hagrid.
La forêt est calme, presque silencieuse. Quelques lapins et des oiseaux viennent dire bonjour à Vincent. Il y a parfois des frôlements dans les fougères. Je suis sûr également d'avoir vu un Lutin passer sa tête derrière une souche.
« As-tu déjà vu des Nymphes des Bois ? » demande soudainement Hermione, en direction de Vincent.
« Oui, ça m'est arrivé. Mais elles se cachent toujours très bien. Les Sylphides et Sylphes aussi. Je sais pourtant, que parfois ils me suivent dans la tournée. » révèle Vincent, en se penchant vers un tronc d'arbre couché au sol.
Il passe sa main dessus, avant de dire que tout va bien. Les abeilles hibernent tranquillement. Il déniche ensuite un terrier de Kneazels, qui sortent pour lui dire bonjour. Puis nous passons à proximité d'un taillis épais, en bordure d'une sorte de falaise rocheuse. Vincent nous recommande le plus grand silence et il ne s'attarde pas dans le coin.
Je me demande ce qui se cache là-dedans, mais je n'irais certainement pas y mettre mon nez, si Vincent lui-même passe son Chemin…
Environ deux cents mètres plus loin, Vincent sifflote et une espèce de gros chien d'allure un peu spectrale arrive en courant, fait le tour de notre groupe en reniflant ma robe et celle d'Hermione, avant de poser ses pattes avant sur la poitrine de Vincent pour lui lécher le menton, puis il file comme il est venu…
« C'est un Gytrash (4), n'est-ce pas ? » s'enquiert Hermione, qui regarde le chien s'éloigner en bondissant avant de disparaître derrière un amas de rochers
Vincent hoche la tête et il reprend sa marche silencieuse, bifurquant vers la droite un peu plus loin. Il s'arrête enfin dans une clairière, siffle dans une petite flûte taillée à la main puis s'installe tranquillement sur une souche, avant de sortir son déjeuner.
Hermione et moi nous regardons, puis décidons d'en faire autant. De toute façon, mon ventre gargouille et il est largement l'heure de manger. Les sandwichs que nous a apportés un Elfe de maison avant de partir, sentent drôlement bon et je m'y attaque avec appétit, quand j'entends des frôlements sur ma gauche. Des petits animaux arrivent dans la clairière, entourant Vincent, qui leur parle en chuchotant, les caresse chacun un peu, leur donne des morceaux de pain, de fruits ou de légumes coupés en dé, qu'il sort de son sac. Un oiseau vient se percher en sifflotant sur son épaule et il y a même deux biches qui viennent le saluer, frottant leur tête contre sa poitrine et le sommet de sa tête..
Hermione et moi regardons ce spectacle en silence, avec le sourire. Et au bout d'un temps, les animaux viennent aussi nous saluer. Je n'avais jamais caressé une biche et ça m'émeut de le faire.
Je ne sais pas combien de temps a duré notre pause déjeuner, mais finalement, Vincent se lève tout sourire et c'est le signal de départ pour tout le monde, les animaux s'éloignant sous les fougères et les arbres, tandis que nous reprenons un sentier.
Je goûte le calme de cette balade avec délice quand soudainement, j'entends un bruit de cavalcade derrière moi. Je me retourne et j'ai tout juste le temps de me jeter de côté, qu'un Centaure me dépasse à toute vitesse.
« Qu'est-ce qui lui prend ? » demande-je, vers Vincent.
Il hausse les épaules, l'air de dire qu'il n'en sait rien du tout…
« Il m'a semblé inquiet, tu ne crois pas ? » fait remarquer Hermione, sourcils froncés…
« Tu as eu le temps de voir ça, toi ? » réponds-je, car le Centaure a filé si vite, que je n'ai pas eu le loisir de voir sa tête…
« Oui. J'espère qu'il n'y a pas de danger par ici. La dernière fois que j'ai rencontré des Centaures, ils étaient plutôt hostiles. Ils ont emmené Ombrage avec eux. Quant à Harry et moi, nous devons notre salut à Graup… » explique Hermione, en regardant autour d'elle…
« Ah oui, Graup, le demi-frère de Hagrid… Je me souviens que vous m'avez raconté l'histoire, avec Harry… » acquiesce-je, en regardant autour de moi également…
Il ne faudrait pas que je me fasse écrabouiller accidentellement par un Géant…
« Graup est dans une grotte des Montagnes maintenant. Je suis allé lui rendre visite, avec Hagrid. Et les Centaures ne nous sont plus hostiles. Alors, même s'ils restent distants, ils ne nous agresseront pas. » intervient soudainement Vincent, que je n'ai pas entendu parler autant en une seule fois, sans avoir été interrogé au préalable, depuis…
Eh bien, depuis toujours je crois…
« Excellentes nouvelles ! Au moins, ne risquons-nous rien ! » m'exclame-je, en me détendant nettement
« Ne crois pas ça. Il y a toujours des dangers qui rodent dans la Forêt. C'est pour ça, que Hagrid m'a donné ça. » répond Vincent, en relevant un peu son bras, sur lequel repose une arbalète armée…
Pour le coup je frissonne. Pas seulement de froid.
Je ne suis plus un pleutre, mais je me souviens trop bien de ma première rencontre avec Voldemort, ici même dans la Forêt Interdite, quand j'étais en première année. Enfin, Voldemort… Un reliquat de Voldemort plutôt, accroché à la tête de Quirrell et qui buvait du sang de Licorne, dans un bruit de succion écœurant…
« Qu'y avait-il, tout à l'heure, quand tu nous as demandé de passer en silence auprès de cette espèce de falaise ? » demande Hermione, en suivant Vincent qui s'avance de nouveau sur le sentier.
« Des Grapcornes (5) ont élu domicile dans des grottes dissimulées par les taillis. » répond Vincent, sans même se retourner vers nous.
Ah, ça ! Pour être dangereux, c'est dangereux !
Je frissonne derechef et je fais un bond de frayeur dans la foulée, car quelque chose m'a frôlé la tête…
C'est un oiseau. Purée, il m'a foutu les chtouilles celui-là ! Et le voilà qui pépie à tue-tête en volant sur place devant Vincent…
Il est bizarre cet oiseau, je n'en ai jamais vu de pareille… On dirait un morceau d'écorce moussu et je suis sûr que lorsqu'il se pose à la jonction d'un tronc et une branche d'arbre, on ne peut absolument pas le voir, même après la chute des feuilles…
« Il faut le suivre !. » annonce soudainement Vincent, tandis que l'oiseau repasse au-dessus de ma tête
Nous faisons donc demi-tour, avant de bifurquer rapidement sur la droite, l'oiseau nous précédant
« Qu'est-ce que c'est que cet oiseau ? » m'enquiers-je, auprès d'Hermione qui sait toujours tout, mais qui cette fois hausse les épaules, avec sur le visage une expression qui signifie qu'elle ne sait pas…
Et c'est Vincent, qui me répond...
« C'est un Iragan (6). Un oiseau Gardien de la Forêt Interdite. Il prévient toujours Hagrid, quand une Créature ou un Animal Magique est en danger… » explique-t-il, tout en forçant l'allure derrière l'oiseau…
« Pourquoi est-il venu te voir toi, alors ? » s'enquiert Hermione qui court à mes côtés…
« Il sait que j'aide souvent Hagrid. Et nous sommes sans doute plus près que lui, de l'endroit où on a besoin de nous… » répond Vincent, avant d'accélérer sa course…
Nous courrons sur environ deux kilomètres sur le sentier, bifurquant encore une fois à droite puis à gauche, traversant à trois reprises des fourrés un peu moins épais que les autres, déchirant quand même nos capes et robes au passage…
« Aïe, aïe, aïe… » souffle soudainement Vincent, d'un ton qui ne me plait pas du tout…
« Quoi ? » souffle-je en retour, tout en reprenant mon équilibre perdu en trébuchant sur une racine traîtresse..
« Nous allons droit vers le repère. » répond Vincent, sans pour autant ralentir..
« Le repère de quoi ? » m'enquiers-je, en jetant un œil inquiet vers Hermione, qui n'a pas l'air plus rassurée que moi par le ton de Vincent…
« D'Aragog… » lâche-t-il laconiquement, en prenant un léger virage vers la gauche
« Oh, non, pas ça… » gémit aussitôt Hermione, tandis que mes cheveux se dressent sur ma tête…
J'ai déjà entendu ce nom, mais tout ce dont je me souviens, c'est qu'il correspond à quelque chose d'effrayant. J'effleure le bras d'Hermione, une demande muette dans le regard, quand elle jette un rapide coup d'œil vers moi…
« Acromentula… » répond-elle, avec une grimace qui exprime bien ce qu'elle en pense…
Un mélange de dégoût et de frayeur mêlé…
Un long frisson me remonte l'échine, tandis que me revient en mémoire, cette horrible histoire que Harry et Ron m'ont racontée à propos d'Aragog, de ses nombreux enfants et d'une Ford Anglia bleue retournée à l'état sauvage…
Oh ! Putain ! J'espère bien ne pas avoir à rencontrer le monstre et ses centaines de gosses !
Et machinalement, mes yeux embrassent tous les environs, à la recherche d'horribles Araignées Géantes. Et de la Ford Anglia bleue aussi tant qu'à faire. Si elle a sauvé Harry et Ron, peut-être viendra-t-elle nous sauver également si nous sommes en danger, espère-je…
Mais point d'Acromentula, ni de Ford Anglia en vue… Ceci dit, je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou non…
« Ron sera ravi de ne pas être venu avec nous.. » souffle Hermione, en regardant soigneusement les environs elle aussi, quand soudainement, Vincent bifurque carrément sur la droite.
J'espère que cela va nous éloigner du repère de l'Acromentula et sa famille nombreuse… qui s'est probablement considérablement agrandie encore depuis que Harry et Ron sont allés lui rendre visite, me dis-je, avec un nouveau frisson qui remonte le long de ma colonne vertébrale…
Enfin, Vincent s'arrête et je viens me poster à ses côtés, sur le bord d'un fossé assez profond…
« Putain, qu'est-ce que c'est que ça… » murmure-je, tous mes poils se dressant sur ma tête et sur mon corps…
OoOoOoO
1) Véridique
2) Totalement imaginaire bien sûr…
3) Dirico ( Source : E.H.P.)
Cet oiseau replet, incapable de voler, peut disparaître dans un tourbillon de plumes pour fuir un danger. Les Moldus désignent cet animal sous le nom de "dodo" et croient l'espèce éteinte, n'étant pas au courant de sa particularité. Ce malentendu (et leur sentiment de culpabilité) les ayant amenés à prendre conscience du danger qu'il y avait à tuer indistinctement d'autres créatures, les sorciers n'ont pas jugé utile de les détromper
4) Iragan : Sorti de mon imagination…
5) Gytrash : (Source : E.H.P.)
Le Gytrash est une énorme bête spectrale qui vit dans la forêt. Dans une interview avec Derek Proud, l'un des designers du jeu, il a déclaré que JKR avait détaillé cette créature pour eux (Queensland, Australia, Courier Mail, 12/10/2002).
Le Gytrash, prenant la forme d'un gros chien, d'un cheval ou d'une mule, hante les endroits isolés ; on le retrouve dans le folklore du nord de la Grande-Bretagne.
6) Grapcorne (Source : E.H.P.)
Grande créature d'une couleur violette tirant sur le gris qui vit dans les régions montagneuses d'Europe. Les Grapcornes possèdent deux longues cornes très pointues. Ce sont des animaux extrêmement dangereux. Les cornes de Grapcornes sont utiles dans les potions et leur peau encore plus résistante que celle des dragons repousse la plupart des sortilèges
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