Bonsoir tout le monde!
Je sais qu'elle a tardé à venir mais voici la première partie de l'épilogue! Je suis vraiment désolée d'avoir pris autant de temps mais j'étais à l'étranger pour 15 jours de vacances et aucune connexion internet la bas! Bref, je suis de retour et j'ai bien l'intention d'offrir une fin à cette histoire!
Pour info, il y a trois parties à cet épilogue. Je publierais les deux autres au plus vite, en essayant de le faire avant la fin de la semaine!
Encore et toujours, un grand grand grand merci pour tous vos messages! C'est juste wow le nombre de retour que je reçois pour cette histoire et votre enthousiasme fait toujours aussi chaud au cœur, c'est dingue!
Je n'en dis pas plus et vous laisse à la lecture de cette première partie, en vous disant à très vite pour la seconde et la troisième!
LSAfor'
PS: Un énorme merci aussi à jenkus pour le magnifique travail qu'elle a fait sur la correction de ce chapitre! Tu es géniale!
Épilogue: Partie I
~~ Neuf mois et trois jours plus tard… ~~
Arizona baissa les yeux vers sa montre pour ce qui lui semblait être la vingtième fois en une minute et poussa un profond soupir agacé.
- Plus que cinq minutes, annonça Teddy en apparaissant derrière une porte avant de disparaître à nouveau.
- Je vais la tuer! s'exclama Arizona en relevant la tête pour voir Mark et Olivia la fixer d'un air inquiet.
- Elle va arriver, assura Olivia à côté d'elle. Elle a promis qu'elle serait là…
Elle posa une main réconfortante sur son bras, lui intimant à se calmer, mais en vain… Arizona semblait plus remontée que jamais et les efforts de sa fraichement nommée conseillère en relation publique ne pouvaient rien y changer.
- Je savais qu'elle allait se défiler, s'indigna-t-elle. Callie déteste les plateaux télés!
- C'est vrai, admit Olivia, mais elle sait que celui-ci est important… C'est la 1ère interview télévisée que vous faites toutes les deux depuis que vous êtes ensemble et c'est celle qui permettra au public de se faire une véritable opinion sur votre couple, Callie le sait… Surtout après votre annonce de cette semaine…
Arizona poussa un nouveau soupir, priant de tout cœur pour qu'elle ait raison.
Plus d'une heure était passée depuis qu'un célèbre talk-show américain, présenté par l'une des animatrices les plus redoutables de l'Amérique: Dana Barnett, avait installé son plateau dans une des grandes pièces de l'Aile Est de la Maison Blanche, et elle et Callie étaient censées être les invitées d'honneur pour l'émission en direct qui allait commencer dans moins de cinq minutes.
Sauf que Callie n'était toujours pas arrivée!
- Je suis là! s'écria une voix familière derrière eux, l'amenant à se tourner pour voir l'objet même de ses pensées entrer en trombe dans la pièce où elles se trouvaient et qui faisait office de « coulisse ». Elle passa la porte et se précipita dans leur direction, bousculant malencontreusement un caméraman sur son chemin. Elle s'excusa auprès de lui avant de reprendre hâtivement sa route.
- Hey! salua mielleusement Callie en arrivant à leur hauteur à bout de souffle.
Elle gratifia Olivia d'un sourire et se pencha vers Arizona pour poser un baiser sur sa joue.
- Tu es très en beauté mon amour, complimenta-t-elle d'une voix suave à son oreille.
Cependant, son numéro de charme ne sembla pas marcher sur la blonde qui continua de la darder d'un regard meurtrier.
- Tu es en retard! s'exclama-t-elle d'un ton accusateur.
- Je sais et je suis désolée, assura Callie en se renfrognant légèrement. Je te jure que j'ai fait du mieux que je pouvais…
Olivia et Mark les observèrent, amusés, avant de s'excuser en prétextant, pour l'une, aller vérifier avec Teddy que tout était prêt et pour l'autre, la coordination de son équipe de sécurité, leur permettant ainsi de se retrouver seules toutes les deux.
- Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps? demanda Arizona, toujours agacée.
- Classé confidentiel, répondit Callie en se mordant la lèvre en signe d'appréhension.
Arizona haussa un sourcil dubitatif.
- Tu sais que je suis la Présidente? Rien n'est classé confidentiel pour moi…
Sa remarque n'eut pour seul effet que de faire apparaître un sourire sur le visage de Callie.
- On sait toutes les deux que c'est faux, lui fit-elle remarquer. Et puis, là tout de suite, tu n'es pas la Présidente… Tu es ma fiancée, ajouta-t-elle en lui enlaçant la taille pour la rapprocher d'elle.
Il n'en fallut pas plus à Arizona pour oublier sa colère. Parce qu'entendre Callie la qualifier de fiancée devait être l'un des meilleurs sentiments qui existait en cet instant précis. Et elle n'avait qu'une hâte, que ce sentiment s'intensifie au moment où elle pourrait enfin l'appeler sa femme. Elle se laissa donc aller contre le corps de sa fiancée et glissa ses mains le long de ses épaules pour les ramener jusqu'à sa nuque.
Cependant, son euphorie fut de courte durée lorsqu'en jouant avec le col de la chemise à Callie, elle constata une tache rouge sur le tissu blanc qui la composait.
- C'est du sang? demanda-t-elle en se penchant vers elle pour mieux l'examiner.
Callie baissa les yeux vers le morceau de tissu qu'elle tenait dans la main et grimaça.
- Et merde!
Elle releva la tête et vit les sourcils d'Arizona se rapprocher dangereusement l'un de l'autre.
- Ce n'est pas le mien, s'empressa-t-elle de dire.
- Et c'est censé me rassurer?! s'indigna Arizona en se reculant pour rompre leur étreinte. Rose, appela-t-elle à l'adresse de la jeune assistante timide d'Olivia qui se trouvait dans un coin de la pièce. Pourriez-vous courir jusqu'au dressing de l'Agent Torres et lui trouver une nouvelle chemise, s'il vous plait?
La jeune femme acquiesça frénétiquement avant de disparaître derrière la porte.
- Retire ta veste, dit-elle en se tournant de nouveau vers Callie.
Cette dernière s'exécuta et enleva son blazer. Elle le posa négligemment sur une chaise à côté d'elle alors qu'Arizona faisait un nouveau pas vers elle pour lui déboutonner un à un les boutons de sa chemise.
- Je ne vous savez pas aussi entreprenante, Mme la Présidente, plaisanta Callie avec un sourire.
Arizona leva les yeux vers elle et lui répondit par un regard à moitié exaspéré et à moitié amusé.
- Qu'est-ce qui s'est passé? questionna-t-elle lorsqu'elle arriva au dernier bouton de la chemise.
Elle lui caressa une fraction de seconde l'abdomen, lui arrachant ainsi un petit gémissement, puis lui retira le vêtement des épaules.
Ce fut à ce moment précis que Rose, l'assistante d'Olivia, réapparue dans la pièce avec l'habit demandé.
Elle se figea brusquement lorsqu'elle vit que la fiancée de la Présidente se trouvait à moitié nue devant elle et la fixa bouche bée. L'Agent Torres était une femme tout simplement divine et lui avait fait un effet immédiat dès le moment où elle l'avait vu pour la première fois. C'est pour cela qu'elle ne pouvait se résoudre à détourner les yeux de sa poitrine délicieusement enfermée dans son soutien-gorge.
Arizona sentit ses joues la chauffer de colère lorsqu'elle remarqua que le regard de la jeune assistante se faisait de plus en plus insistant. Elle s'empressa de lui prendre la chemise des mains et le jeta en direction de Callie pour la couvrir.
- Vous n'êtes pas attendu autre part ?! questionna-t-elle sèchement à l'adresse de la jeune femme.
- S-si, balbutia Rose en détournant enfin le regard de Callie. Je – j'y vais…
Elle ne perdit pas de temps avant de faire volte-face et de quitter à nouveau la pièce sous le regard meurtrier d'Arizona.
- Je crois bien que tu lui as fait peur, rigola Callie en enfilant la chemise.
- Tu as vu comment elle te regardait?
- Je t'en prie, elle doit avoir cinq ans…
- Là n'est pas la question, rétorqua Arizona toujours agacée par le regard plein d'envie qu'avait eu l'assistante d'Olivia sur sa fiancée.
Callie laissa échapper un nouveau rire, puis lorsqu'elle termina de refermer sa chemise, elle fit un pas vers Arizona.
- J'adore quand tu es jalouse et territoriale, taquina-t-elle en se penchant vers sa bouche pour l'embrasser.
Cependant, elle fut arrêtée par la main d'Arizona qui se posa sur ses lèvres juste avant qu'elles ne touchent les siennes…
- Oui et bien, je n'ai toujours pas oublié ma question, rétorqua Arizona en se reculant légèrement.
Elle savait que si Callie l'embrassait, celle-ci arriverait à lui faire oublier ses interrogations. Elle savait aussi que Callie le savait et qu'elle n'hésitait jamais à en jouer, et c'est ce qui lui donna assez de courage pour repousser ses avances.
Elle se dégagea donc de l'étreinte de sa fiancée et la regarda faire une moue boudeuse qui lui demanda une volonté hors du commun pour ne pas se laisser attendrir.
- Que s'est-il passé? demanda Arizona pour la seconde fois.
La grimace bougonne de Callie laissa place à un sourire crispé qui l'amena peu à peu à comprendre.
- Je t'en prie, ne me dis pas que tu t'es occupée toi-même de l'intervention Alpha?
Lorsque le silence de la Latina se prolongea, Arizona comprit que c'était exactement ce qu'il s'était passé.
- Tu ne peux pas t'empêcher d'aller sur le terrain! s'énerva-t-elle.
- Je n'avais pas le choix! rétorqua Callie. Ils allaient tout foirer sinon!
Arizona ouvrit la bouche pour répliquer mais se résigna et hocha la tête, désespérée.
- C'est fou ce que tu peux être têtue des fois, soupira-t-elle en laissant retomber ses bras d'un geste d'abandon.
Callie comprit qu'elle venait d'échapper à la dispute qu'elle avait pourtant pensée inévitable. Lorsqu'elle avait pris la décision d'aller sur le terrain pour une de ses missions, un peu plus tôt dans la journée, elle l'avait fait en sachant pertinemment qu'Arizona le lui reprocherait.
Callie ne travaillait peut-être plus à la Maison Blanche, mais ses disputes avec Arizona concernant ses méthodes de travail, elles, n'avaient pas disparues. Surtout lorsqu'elles la mettaient en danger… Elles étaient moins fréquentes certes, mais toujours existantes. Cependant, elles restaient toujours insignifiantes et ne duraient jamais longtemps, parce qu'elles avaient vraiment appris de leurs erreurs passées et communiquaient dorénavant beaucoup mieux.
- Oui mais c'est comme ça que tu m'aimes, non? tenta-t-elle en lui offrant un de ses plus grands sourires.
Teddy et Olivia firent leur apparition à ce moment-là et entrèrent dans la pièce, coupant ainsi Arizona qui s'apprêtait à lui répondre.
- Antenne dans une minute, informa Teddy. Barnett vous attends…
- Génial! s'enthousiasma Callie, heureuse de pouvoir échapper à l'interrogatoire de sa fiancée.
Elle savait très bien que le sujet reviendrait sur le tapis plus tard, lorsqu'elles ne seraient que toutes les deux et que l'interview serait passée, mais elle était tout de même heureuse de pouvoir l'éviter pour l'instant.
Elle vola donc un baiser à Arizona et s'avança à la suite des deux autres femmes. Lorsqu'elle remarqua que la blonde n'avait pas bougé, elle se tourna pour lui faire de nouveau face.
- Tu viens? questionna-t-elle avec un sourire goguenard. On a plein de questions indiscrètes qui nous attendent...
Arizona la regarda s'éloigner en secouant la tête, un sentiment entre l'amusement et l'exaspération l'envahissant.
Cette femme avait le don de la rendre dingue. Complètement dingue… Mais elle avait raison, c'était exactement pour ça qu'elle l'aimait.
Et elle ne cessait de compter les jours où elles seraient officiellement liées.
~ Un mois et deux semaines plus tard…
Les larmes aux yeux, ses deux mains entremêlées à celles de Callie, Arizona la fixa d'un regard d'une intensité presque magique, en se demandant si un jour son cœur s'arrêterait de faire ce soubresaut familier lorsqu'elle la regardait.
- J'ai l'impression de n'avoir jamais fait quelque chose d'aussi difficile que d'écrire ces vœux, déclara-t-elle lentement, sans la quitter des yeux. Et pourtant, des discours, j'en ai écrits…
La petite assemblée les entourant rigola d'un seul corps mais le son de leurs rires lui sembla éloigné, étouffé à des milliers de kilomètres. La seule chose dont elle avait conscience, la seule personne qu'elle voyait, qu'elle sentait, c'était Callie…
Callie qui se trouvait face à elle, dans sa magnifique robe de mariée et qui lui adressait un magnifique sourire.
Callie, à qui elle s'apprêtait à lier sa vie à jamais.
- Si écrire ces vœux a été si difficile, continua-t-elle avec une émotion palpable, c'est parce que je ne trouvais pas de mots qui me permettaient d'expliquer à quel point je peux t'aimer… En réalité, je t'aime de tellement de façons différentes qu'il n'existe pas de mots assez forts, assez puissants pour l'expliquer.
La voix d'Arizona se brisa légèrement lorsqu'elle sentit un sanglot envahir sa gorge. Pourtant, elle s'était jurée qu'elle ne pleurerait pas…
- Donc mon amour, réussit-elle à reprendre, je te fais le vœu aujourd'hui, non pas de te dire à quel point je t'aime, mais de te le montrer... De te le prouver tous les jours jusqu'à la fin de ma vie…
Elle lâcha les mains de Callie et se tourna vers Teddy, sa demoiselle d'honneur, pour prendre l'alliance qu'elle lui tendait, avant de faire de nouveau face à sa femme en devenir. Elle captura ensuite délicatement sa main gauche dans la sienne qu'elle porta d'un geste tremblant jusqu'à sa bouche et y déposa un tendre baiser. Puis elle la baissa et glissa, toujours de sa main tremblante, l'anneau à son annulaire.
- C'est avec ces mots que je te prends, reprit-elle d'une voix pleine d'émotion, Calliope Iphigenia Torres, pour épouse…
Callie baissa les yeux vers sa main et regarda la bague qui venait d'y être glissée avant de lever de nouveau le regard vers Arizona et se plonger dans le sien.
- Je savais que je n'aurais pas dû te laisser parler en premier, dit-elle dans un rire en tentant tant bien que mal de retenir ses larmes.
Un son entre le rire et le sanglot s'échappa de la bouche d'Arizona tandis que leurs invités rigolaient à nouveau.
Callie retrouva son sérieux et adressa un regard à Arizona qui lui donna l'impression qu'elle allait se consumer sur-le-champ.
- Je n'arrive toujours pas à croire que je me trouve ici, déclara-t-elle doucement.
Elle s'arrêta lorsqu'elle vit le regard confus que lui adressa Arizona face au choix de ses premières paroles et ne put s'empêcher d'en sourire.
Lui serrant la main d'un geste rassurant, elle se décida à reprendre la parole.
- Je ne suis pas aussi douée que toi pour les mots et les grands discours éloquents. Donc je vais juste laisser mon cœur s'exprimer…
Face à l'acquiescement à peine perceptible d'Arizona, elle esquissa un nouveau sourire.
- Si je n'arrive pas à croire que je suis ici, face à toi aujourd'hui, c'est parce que j'ai l'impression de rêver, expliqua-t-elle. En réalité, j'ai l'impression de rêver depuis le premier jour où on s'est rencontrées…
Elle prit une profonde inspiration et sentit sa nervosité la quitter peu à peu au fur et à mesure des caresses rassurantes d'Arizona sur sa main.
- Tu m'as changé, déclara Callie. De la meilleure manière qui soit… Quand je t'ai rencontré, je ne pensais pas qu'il était possible que je puisse un jour aimer quelqu'un autant que je t'aime… J'ai d'ailleurs tout fait pour l'éviter… J'ai tout fait pour ne pas t'aimer. Par devoir. Par éthique. Par peur… Mais c'était juste impossible…
De nouveau, un rire s'échappa de sa bouche. Mais celui-ci n'était pas nerveux. Celui-ci n'était pas dû à la vingtaine de personnes qui la regardait ou au photographe qui ne cessait de les bombarder de flash. Non, ce rire était celui de la reconnaissance. Celui du bonheur.
- Au lycée, reprit-elle d'une voix plus confiante cette fois-ci, pendant ces longues heures de cours de physique, nos profs nous apprennent le fonctionnement des champs magnétiques et des aimants permanents. Ils nous expliquent que plus la puissance magnétique entre deux aimants est forte, plus il est difficile de les séparer, malgré toute la quantité de corps étrangers qui peuvent se trouver entre eux… Et ça, c'est nous mon amour…
Callie se souvenait parfaitement de l'algorithme que son professeur de chimie, M. Lawson, leur avait enseigné lorsqu'elle était en première année de lycée. Elle se souvenait parfaitement de la façon dont il leur avait expliqué le fonctionnement des champs magnétiques des aimants permanents et à quel point elle avait trouvé ça fascinant. Et à quel point, elle continuait de le trouver fascinant à chaque fois qu'elle regardait Arizona.
- Tout était contre nous, énonça-t-elle lentement. Tout cherchait à nous séparer: nos emplois respectifs, nos devoirs, les règles, les interdictions qui pesaient sur nous… Mes réticences… ajouta-t-elle en repensant à la période de séparation qu'elles avaient vécue lorsqu'elle avait été persuadée qu'elles n'avaient aucun avenir.
Et elle continuait de se trouver complètement idiote d'avoir pu penser une telle chose.
- L'univers entier cherchait à nous séparer. Et pourtant, notre amour a toujours survécu. Il n'en est ressorti que plus fort…
Elle termina sa phrase par un tremblement de voix et sentit une larme coulée le long de sa joue alors que les mains d'Arizona la serraient de plus en plus fort.
- Aujourd'hui mon amour, je te promets que je continuerais toujours de revenir auprès de toi, jura Callie. Je te promets que je ne laisserais jamais aucun obstacle se dresser entre nous… Aujourd'hui, je lie ma vie à la tienne. À jamais et pour toujours…
Se disant que Callie sous-estimait vraiment sa capacité à faire des discours, Arizona ne résista plus une seconde de plus et fit un pas en avant, avant de saisir sa nuque de Callie et l'attirer contre elle pour l'embrasser. Parce que ses mots étaient juste parfaits… Elle était juste parfaite.
Elle ferma doucement les yeux et se laissa envahir par la merveilleuse sensation des lèvres de Callie contre les siennes, jusqu'à ce qu'elle entende un éclaircissement de gorge lointain qui la ramena à la réalité.
Elle rompit l'étreinte et se retrouva confrontée au regard désapprobateur de Bailey.
- Le baiser n'est pas pour maintenant, déclara la Juge de la Cours Suprême qui officiait le mariage.
- Désolée, répondit Arizona avec un sourire gêné, je n'ai pas pu m'en empêcher.
Elle reporta son attention sur la magnifique femme face à elle dont le teint avait légèrement viré au rouge et lui adressa un sourire éblouissant.
Callie tendit une main vers Cristina sans quitter une seule seconde Arizona de son regard flamboyant. Elle attrapa à l'aveugle l'anneau que lui tendait sa demoiselle d'honneur et saisit la main d'Arizona.
- Je te choisis, Arizona Robbins, prononça-t-elle en glissant la bague à son doigt, pour être celle avec qui je vais passer le reste de ma vie. Je te prends pour femme et te jure de passer chaque minute de ma vie à mériter ce titre…
- J'ai le grand honneur de vous déclarer femme, annonça Bailey avec un grand sourire, et femme… Vous pouvez maintenant vous embrasser… ajouta-t-elle avec un clin d'œil à l'adresse d'Arizona.
Mais cette dernière ne fit même pas attention à son regard, complètement obnubilée par sa fianc – correction: sa femme. Elle inspira profondément et expira de façon saccadée alors qu'elle n'arrivait plus à retenir ses larmes.
- Je t'aime, souffla-t-elle en se penchant de nouveau vers Callie.
- Je t'aime aussi, répondit Callie avant que leurs lèvres ne se touchent et scellent leurs vœux.
Elle ferma les yeux au contact si familier et pourtant si nouveau et savoura pleinement le bonheur plus que complet qui la gagna à ce moment précis.
Parce qu'elle venait d'épouser la femme qu'elle aimait.
- Bonsoir tout le monde! s'exclama Dana Barnett à l'adresse de la caméra. Nous sommes en direct de la Maison Blanche pour une émission très spéciale avec des invitées tout aussi spéciales : notre chère Présidente Robbins et sa fiancée, la fraichement nommée au poste de Directrice Ajointe de la NSA, l'Agent Callie Torres!
Elle quitta des yeux la caméra pour faire face aux deux femmes qu'elle venait de présenter et qui étaient assises l'une à côté de l'autre dans un confortable canapé face à elle. Teddy et Olivia avaient choisis cette grande pièce spacieuse et chaleureuse avec une attention très particulière, car d'après leurs dires, l'endroit même où se passait l'interview était primordiale pour l'atmosphère qu'elles voulaient installer.
- C'est un plaisir et un grand honneur de me retrouver ici, poursuivit Dana à leur adresse.
- Le sentiment est partagé, assura Arizona avec un grand sourire.
Ce que Callie confirma par un acquiescement et un sourire légèrement crispé. Elle avait beau avoir officialisé sa relation avec la Présidente du Pays depuis de nombreux mois, elle n'avait toujours pas pris l'habitude d'avoir l'attention sur elle. Elle avait l'habitude d'être une femme de l'ombre, gérant tout ce qui se passait, justement, en dehors de l'œil public. Donc se retrouver avec l'attention braquée sur elle n'était toujours pas une chose avec laquelle elle arrivait à vivre confortablement, contrairement à sa fiancée qui avait une aisance incroyable devant n'importe qui.
Elle se força tant bien que mal à masquer son malaise et se concentra sur les dires de la journaliste en essayant d'oublier les caméras braquées sur elles.
- Je ne sais pas si vous le savez, reprit Dana avec un sourire, mais depuis plusieurs semaines, on vous qualifie de couple le plus puissant au monde !
- Tu as vu ça chérie, déclara Callie à l'adresse d'Arizona, on a réussi à battre Beyoncé et Jay-Z!
Lorsqu'elle vit Barnett rigoler fortement face à la boutade et Arizona secouait la tête d'un air amusé, elle se félicita intérieurement et décida d'adopter l'humour en stratégie pour cacher son malaise durant ce plateau télévision.
Peut-être que si elle assurait avec cette interview, sa fiancée oublierait leur petite dispute et elles pourraient passer directement au sexe de réconciliation.
- Exactement, reprit l'animatrice, faisant sortir Callie de ses pensées loin d'être vertueuses. Et cette constatation ne fait que montrer qu'en plus de votre couple et de la relation que vous affichez depuis de nombreux mois, vous occupez deux des places les plus importantes de ce pays…
- C'est vrai, admit Arizona.
- La question que je me pose et que toute la population du pays, voire même du Monde Entier se pose, dit Dana, c'est: comment faites-vous pour gérer cette ambivalence entre vos situations professionnelles et votre vie privée ? Il y a bien un moment où les deux se mêlent…
La question était très pertinente, Arizona ne pouvait le nier. Et habituellement, elle arrivait très bien à ne pas montrer à quel point ce genre d'interrogation l'atteignait. Mais en voyant le sourire légèrement mutin qui apparut sur le visage de Callie, elle ne put s'empêcher de sentir le rouge lui montait aux joues lorsqu'elle comprit ce à quoi pensait sa fiancée en cet instant précis.
~ 28 heures plus tôt…
Assise dans une des salles de conférences de l'Aile Ouest, Arizona attendait que le débriefing hebdomadaire avec les différentes forces de l'Ordre du Pays commence. Il ne manquait que le directeur du FBI et Webber, qui étaient tous les deux en retard.
Voulant à tout prix éviter que la Directrice de la CIA, qui se trouvait à sa gauche, ne l'engage dans une conversation, la Présidente fit mine d'être concentrée sur le dernier rapport que lui avait transmise la Navy. Rapidement, elle perdit son intérêt et laissa ses pensées dériver jusqu'au matin même, où Callie l'avait réveillé de la meilleure et en même temps, de la pire façon qu'il soit.
Arizona avait ouvert les yeux avec la vision et la sensation de sa fiancée à moitié nue juste au-dessus d'elle qui embrassait langoureusement chaque parcelle de son corps. Le souffle saccadé et son anticipation à son comble, elle avait laissé Callie la torturer pendant de longues minutes, son excitation au sommet. Et au moment où elle s'était apprêtée à mettre fin à son supplice en glissant une de ses mains à l'intérieur de ses jambes pour atteindre l'endroit qu'elle désirait le plus, son téléphone avait sonné et elle avait quitté le lit précipitamment pour rejoindre au plus vite le QG de la NSA où elle était attendue. Laissant ainsi derrière elle une Arizona au bord de l'explosion à qui elle promit de terminer le soir même ce qu'elle avait commencé …
Arizona sentit son bas-ventre se contracter douloureusement à la pensée de sa fiancée et sentit son excitation s'accroître en s'imaginant parfaitement comment se seraient terminées les choses si le satané téléphone à Callie n'avait pas sonné.
Bon sang, j'ai vraiment un problème, pensa-t-elle en secouant imperceptiblement la tête. Je ne peux pas penser à ça en plein meeting!
Elle s'efforça d'occulter ses pensées loin d'être vertueuses et essaya de se reconcentrer sur le rapport sous ses yeux. Elle réalisa cependant qu'il s'agissait d'une bataille perdue d'avance, parce que la pensée de Callie avait envahi chaque atome composant son corps.
Le bruit de la porte qui s'ouvre l'amena à relever la tête, prête à accueillir les deux personnes que tout le monde attendait pour pouvoir commencer leur réunion et réussir à occulter sa fiancée pendant quelques heures.
Cependant, elle fut plus que surprise de voir à la suite du directeur du FBI, non pas Webber, mais Callie, l'objet même de ses pensées.
- Agent Torres? lança-t-elle d'un ton où on pouvait facilement déceler la surprise.
Callie croisa son regard et esquissa un léger sourire taquin, se rappelant avec précision de la dernière fois où elle avait vu la Présidente des États-Unis d'Amérique: le matin même, dans leur lit, alors qu'elle la suppliait de lui faire l'amour…
- Le Directeur Webber s'est retrouvé obligé de prendre un vol de dernière minute pour la Turquie, déclara-t-elle d'un ton des plus professionnels, il m'envoie donc le remplacer pour aujourd'hui et vous présente ses plus plates excuses en vous assurant qu'il vous appellera dès qu'il le pourra…
- Très bien, répondit Arizona.
Elle ne quitta pas Callie des yeux et regarda le moindre de ses mouvements alors qu'elle s'avançait jusqu'au siège se trouvant face à elle, de l'autre côté de la table.
Owen Hunt, le secrétaire de la Défense, se leva lorsque tout le monde fut installé et prit la parole, commençant ainsi son bilan habituel. Arizona essaya tant bien que mal d'écouter ce qu'il disait mais n'arrivait pas à intégrer le moindre mot qui sortait de sa bouche. Elle tourna discrètement la tête et croisa le regard de Callie posé sur elle. Elle ne connaissait que trop bien ce regard. C'était celui qui apparaissait sur le visage de l'autre femme à chaque fois qu'elle était sur le point de la déshabiller.
Arizona le maintint quelques secondes avant de reporter son attention sur Hunt. Cependant, un léger sursaut la gagna lorsqu'elle sentit une caresse lui parcourir l'intérieur de la jambe sous la table.
- Vous comprenez donc la nécessité de porter une concentration particulière sur les camps basés dans le Colorado, expliqua le secrétaire de la Défense à l'adresse de la Présidente, en faisant défiler plusieurs diaporamas.
Arizona acquiesça frénétiquement et tenta bien que mal de masquer sa perte de moyen de plus en plus évidente. Elle attendit qu'Owen reporte son attention sur sa présentation projetée contre le mur et veilla à ce que les autres soient tout aussi concentrés avant de faire de nouveau face à Callie qui avait dorénavant un sourire goguenard au visage.
- Arrêtes, mima-t-elle des lèvres en la dardant d'un regard noir.
Callie lui répondit par un haussement d'épaules et reporta son attention sur Hunt, feignant d'écouter ce qu'il disait. Arizona savait parfaitement qu'elle faisait semblant d'être attentive car elle continuait son manège sous la table, remontant de plus en plus haut son pied contre sa jambe.
Au moment où elle sentit le pied de Callie émettre une pression contre son entrejambe, elle se recula brusquement de la table et se leva, amenant Owen Hunt à s'interrompre et les six autres personnes à se tourner vers elle.
- Excusez-moi, s'excusa-t-elle d'une voix légèrement vibrante à l'adresse de Hunt.
Elle posa ensuite son regard sur la Directrice Ajointe de la NSA.
- Agent Torres, déclara Arizona calmement, pourrais-je vous voir en privée s'il vous plait?
- Bien sûr, répondit Callie en grimaçant.
Se maudissant intérieurement, elle se leva lentement et se dégagea avec réticence de sa place.
Elle savait qu'elle avait été complètement irresponsable et qu'elle venait de franchir une limite qu'Arizona ne risquait pas de lui pardonner facilement, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher.
- J'en ai pour quelques minutes, dit Arizona à l'adresse d'Owen. Reprenez donc le rapport Arrow en attendant…
Elle attendit l'acquiescement de Hunt avant de s'avancer en dehors de la pièce, Callie sur ses pas. Sans prononcer le moindre mot, elle les dirigea jusqu'à la pièce la plus proche qui se trouvait sur son chemin. Elle ouvrit donc la porte et entra à l'intérieur de ce qui semblait être un bureau de la maintenance. La pièce était sombre du fait de l'absence de fenêtre et du faible éclairage présent. Il y avait un énorme panneau électrique qui occupait tout le mur d'en face et seulement un bureau miteux avec son siège assorti trônait au milieu de la pièce.
Callie entra à sa suite et fit face à la porte pour la refermer.
- Je suis vraiment désolée, déclara-t-elle en se tournant de nouveau vers Arizona, je n'aurais p–
Elle fut coupée par une paire de lèvres qui s'empara fougueusement des siennes tandis que son dos se retrouva plaqué brusquement contre la porte derrière elle.
Répondant immédiatement à l'assaut, Callie resserra ses bras autour de la taille d'Arizona qui enroula au même moment les siens autour de sa nuque, et l'attira un peu plus contre elle pour augmenter la ferveur du baiser.
- Je pensais t'avoir mise en colère, souffla Callie dans un rythme saccadé entre deux baisers.
- C'est le cas, confirma Arizona en coinçant sa lèvre inférieure entre ses dents, mais là maintenant, la seule chose que je veux, c'est que tu me prennes…
Sans quitter une seule seconde les lèvres de Callie, elle redescendit ses deux mains vers le col de sa veste et la lui retira brutalement. Puis, sans perdre une seule seconde, elle s'attaqua aux boutons de sa chemise qu'elle fit retomber au sol lorsqu'elle se retrouva complètement ouverte, la laissant ainsi vêtu seulement de son soutien-gorge qu'elle retira tout aussi rapidement.
Elle laissa ensuite ses yeux se délecter du corps face à elle pendant quelques secondes avant de combler de nouveau la distance entre elle et Callie et l'embrasser à pleine bouche.
Immédiatement, les mains de Callie trouvèrent ses fesses qu'elles agrippèrent. Elle émit une pression juste en dessous et amena Arizona à enrouler ses jambes autour de sa taille. Tout en continuant de l'embrasser passionnément, Callie la porta jusqu'au petit bureau et la posa dessus avant de s'attaquer à sa nuque puis de redescendre jusqu'à son décolleté.
- Calliope…
Le ton plein de désir d'Arizona, amena Callie à arrêter ce qu'elle faisait pour s'éloigner légèrement. D'un geste hâtif, elle souleva le haut de la blonde et le fit passer par-dessus sa tête avant de dégrafer son soutien-gorge, le lui retirer et se coller de nouveau à elle.
Elles laissèrent échapper un gémissement simultané lorsque leurs poitrines entrèrent en contact.
- Calliope, répéta Arizona dans un souffle.
Son ton amena Callie à lever les yeux pour se plonger dans ceux azurs qui avaient pris une teinte beaucoup plus sombre.
- Fais-moi l'amour, intima-t-elle avec une voix emplie de désir. Maintenant…
Et il n'en fallut pas plus à Callie pour s'exécuter et faire exactement ce qui lui était demandé.
Le sourire de Callie s'intensifia lorsqu'elle remarqua le teint d'Arizona. Elle finit tout de même par détourner le regard de sa fiancée et le reporta sur Dana.
- C'est vrai que notre situation est assez particulière, admit-elle, mais tant que nous arrivons à faire la part des choses, il n'y a aucune raison pour que notre vie privée interfère dans notre vie professionnelle et vice-versa…
- Nous savons parfaitement ce que nous faisons, assura Arizona à son tour.
Dana acquiesça lentement.
- C'est bon à savoir, déclara-t-elle.
Elle baissa les yeux vers ses notes avant de reporter son attention vers Callie et Arizona qui échangèrent de nouveau un regard complice.
- Excusez-moi d'insister, dit-elle, mais la situation doit tout de même être difficile pour vous… Surtout depuis que vous n'êtes plus Chef de la Sécurité et que vous êtes devenue la numéro 2 de la NSA, dit-elle à l'adresse de Callie. Votre temps ensemble doit être compté…
Callie sentit Arizona se tendre à côté d'elle et tenta un regard dans sa direction. Son cœur se serra légèrement lorsqu'elle vit son sourire éblouissant disparaître peu à peu et comprit immédiatement à quel souvenir elle repensait.
Doucement, elle posa sa main entre elles-deux et la glissa dans celle d'Arizona. Elle veilla à garder le geste caché des caméras. Mais quand bien même il aurait été visible, quand bien même Olivia et Teddy leur avaient conseillé de ne pas avoir de geste d'affection l'une pour l'autre pendant cette interview, elle l'aurait fait.
Tout simplement parce qu'elle détestait savoir Arizona bouleversée. Surtout lorsqu'elle en était la seule responsable…
~ Trois mois plus tôt…
Arizona jeta un coup d'œil au réveil à côté de son lit et vit qu'il affichait 2h15. Elle poussa un profond soupir et reporta de nouveau son attention sur le plafond au-dessus d'elle.
Elle n'arrivait pas à dormir. Comme à son habitude depuis plus d'un mois et demi.
Depuis que Callie avait dormi avec elle pour la dernière fois…
Sa petite-amie se trouvait dans un des camps militaires basés en Afghanistan depuis plus de cinq semaines, préparant ainsi la promotion de sa vie: Directrice Adjointe de la National Security Agency. Webber lui avait proposé cette place, dans l'attente de lui succéder plus tard lorsqu'il partirait à la retraite.
Cependant, avec le job, venaient aussi des responsabilités. De grosses responsabilités. Et Webber lui avait dit qu'il fallait qu'elle passe une multitude de tests d'aptitudes et de renforcement pour être sûr qu'elle était prête à subir la pression d'un tel travail. Il l'avait donc envoyé à des milliers de kilomètres d'elle et Arizona se retrouvait à fixer le plafond de sa chambre tous les soirs depuis le départ de sa petite-amie, attendant que l'exhaustion vienne à bout d'elle.
Six semaines s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'elle avait vu Callie. Six longues semaines où elle avait réussi à l'avoir quasiment tous les jours au téléphone, à des heures inconcevables de la nuit, mais qui n'avait fait que la faire fantasmer à l'idée de l'avoir auprès d'elle.
Bon sang, ce qu'elle pouvait lui manquer! Et le fait qu'elle n'avait pas de nouvelles d'elle depuis plus de 48 heures ne faisait qu'empirer ce sentiment et lui faire perdre la tête.
Si Webber ne l'avait pas rassuré en lui affirmant que tout se passait très bien et qu'elle était en parfaite sécurité, elle serait déjà intervenue. Mais tant qu'il n'y avait aucun signalement, elle ne pouvait pas jouer de son statut pour avoir des nouvelles de sa petite-amie. D'une, parce que, quoi que l'on puisse penser, la Présidente n'avait aucun réel pouvoir sur le fonctionnement des Agences. Et de deux, parce qu'elle savait que ce silence était nécessaire pour le job de Callie. Donc elle prenait son mal en patience en espérant que son calvaire se terminerait bientôt.
Fermant les yeux, Arizona poussa un profond soupir qui ne soulagea pas le moins du monde le nœud qu'elle avait au creux de l'estomac. Elle rouvrit les yeux et tourna la tête vers le côté du lit qu'occupait habituellement sa magnifique Latina.
« Je reviens vite »
C'était les mots que lui avait dit Callie juste avant de partir, entre deux baisers d'au revoir. Et Arizona n'attendait que ça. Qu'elle revienne…
Après de nombreuses minutes, elle réalisa qu'elle n'avait aucune chance de réussir à fermer l'œil pour cette nuit. Elle se dégagea donc de ses draps et sortit du lit, avant de se diriger machinalement vers la pièce adjacente à sa chambre: le dressing qu'elle partageait depuis maintenant plusieurs mois avec Callie.
Elle alluma la lumière et s'avança vers le côté occupé par les affaires de sa petite-amie. Tout en glissant sa main sur les différents vêtements, elle s'arrêta devant une étagère en particulier et attrapa délicatement un t-shirt qu'elle ne connaissait que trop bien. Il s'agissait de celui qu'elle avait piqué à Callie plus d'un an auparavant, dans la suite d'hôtel de Rome où elle avait passé la nuit dans son lit. D'une main tremblante, elle le porta jusqu'à son visage pour enfouir son nez dedans et retrouver l'odeur familière qui l'aiderait à se sentir tout de suite mieux.
Elle savait qu'elle était pathétique. Elle, qui clamait depuis toujours qu'elle était une femme forte et indépendante, était réveillée en plein milieu de la nuit parce qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil à cause d'une il ne s'agissait pas de n'importe quelle femme. Il s'agissait de Callie. L'amour de sa vie. Sa raison de vivre...
Sans réellement réfléchir, elle retira sa robe de nuit en soie et enfila le t-shirt où les lettres composant l'acronyme FBI disparaissaient de plus en plus. Elle sortit ensuite de la pièce pour rentrer de nouveau dans sa chambre.
Cependant, au lieu de retrouver son lit, elle se dirigea vers la grande baie vitrée qui donnait sur l'immense balcon Truman et qui avait une vue parfaite sur le jardin présidentiel et sur le Washington Monument. Elle fixa quelques secondes la magnifique pleine lune qui servait à elle seule d'éclairage pour la pièce et ferma les yeux en resserrant ses bras autour de son propre corps.
- On t'a déjà dit à quel point tu étais belle? lança une voix derrière elle, l'amenant à sursauter légèrement.
Arizona sentit son rythme cardiaque s'accélérer lorsqu'elle reconnut immédiatement la voix grave qui venait de parler. Elle se tourna en direction de l'entrée de la chambre et vit Callie, l'épaule appuyée contre l'embrasure de la porte, habillée d'un bas de survêtement de l'armée et d'un débardeur de la même couleur.
- Calliope… souffla-t-elle, stupéfaite.
L'interpellée esquissa un sourire sans la quitter de son regard flamboyant.
- C'est moi.
Arizona sortit de sa torpeur et s'avança en courant pratiquement jusqu'à elle. Arrivée à sa hauteur, elle enroula ses bras autour de sa nuque et l'embrassa à pleine bouche.
Callie se redressa juste à temps pour l'accueillir dans ses bras et la serra immédiatement contre elle, amenant ses pieds à décoller légèrement du sol. Elle ne quitta pas une seule seconde ses lèvres, rendant le baiser d'Arizona avec autant de ferveur et de passion que cette dernière. Pour la première fois depuis qu'elle l'avait quitté six semaines plus tôt, elle se sentait enfin revivre.
Arizona rompit le baiser avec réticence lorsque le souffle commença à lui manquer. Elle garda son front collé à celui de Callie et ferma doucement les yeux en savourant avec un frissonnement son souffle contre elle.
- Je t'en prie dis-moi que je ne suis pas en train de rêver, murmura-t-elle d'une voix pleine de vulnérabilité. Dis-moi que tu es vraiment là…
Callie resserra un peu plus son étreinte, tout en enfouissant son visage au creux de la nuque d'Arizona. Elle prit une profonde inspiration et respira à plein poumon son odeur exquise.
- Je suis bien là, murmura-t-elle contre sa peau. Je suis rentrée…
L'étreinte sur sa main réconforta immédiatement Arizona qui s'efforça d'oublier la sensation de solitude et de manque qu'elle avait ressenti pendant ces longues semaines sans Callie. Cette séparation avait été la plus longue et la plus douloureuse qu'elles avaient connue. Mais elles y avaient survécu, comme tous les obstacles qui s'étaient mis entre elles depuis le début…
Elle échangea un rapide regard avec sa fiancée puis reporta enfin son attention vers Barnett qui attendait leurs réponses.
- Il est vrai que c'est parfois difficile, admit-elle, mais au final, ça ne contribue qu'à renforcer notre couple…
Callie esquissa un sourire et acquiesça doucement, sans quitter la main d'Arizona. Cette dernière émit une légère pression dessus avant d'entrelacer leurs doigts ensembles.
- Je vois très bien, commenta l'animatrice en laissant ses yeux s'attarder sur leurs mains une fraction de seconde avant de reporter son attention sur leurs visages.
Cette émission était surement l'une des plus intéressantes qu'elle avait animée jusque maintenant. Et, pour son plus grand bonheur, elle ne faisait que commencer…
