Chapitre 38 - Ouvertures
Note : Si la question est " Tu nous as oublié ?" La réponse est oui et que même si j'éprouve une petite culpabilité, y'a certaines raisons à cela. Bref, bonne lecture à vous, merci pour vos commentaires et j'espère continuer de vous voir nombreux ici.
Le soir de la même journée, après la fermeture de la bibliothèque, Hermione reçut la même note que Severus, indiquant une convocation surprise chez la directrice.
Sans trop de préparation, elle s'y rendit d'un pas guilleret.
Depuis la veille elle n'avait fait aucune recherche et pour la première fois depuis une longue semaine, elle consacrait pleinement son temps aux élèves et d'eux-mêmes ils revenaient petit à petit ayant compris que la jeune femme était de nouveau disposée à les aider dans leurs recherches et leurs études.
Minerva la fit asseoir dans le coin qu'elle réservait habituellement aux réunions secrètes et privées du personnel, du moins les réunions où il était question d'alcool et de ragots.
La directrice avait préparé le thé, mais pas de biscuits, il était bientôt venue l'heure de souper.
-" Vous avez parlé à Severus dans l'après-midi ?" Demanda-t-elle.
-" Non, nous étions occupés à nos tâches respectives." Répondit la jeune femme avec un sourcil levé sans trop savoir où devait mener cette conversation.
-" Très bien, au moins je sais que ce que j'ai à vous demander n'aura pas été altéré par son jugement." Laissa planer Minerva alors touillant le fond de sa tasse pour mélanger le sucre.
-" De quoi est-il question ?" Fit Hermione avec curiosité.
Le sourire sur le visage de la sorcière plus âgée s'agrandit puis très rapidement, elle ne put résister au regard implorant de son lionceau. Ses lèvres tremblèrent d'excitation.
-" Bon, à vrai dire, j'ai besoin de vous pour m'aider à recruter un professeur de Défenses contre les forces du mal. Naturellement, j'ai consulté Severus au préalable, étant mon adjoint, je me devais de lui parler de mes options, mais... Il n'est guère emballé." Avoua-t-elle, terminant sa phrase par un rire moqueur à l'encontre du directeur de Serpentard.
Hermione manqua de s'étouffer avec sa boisson, autant de surprise que du même rire qui éclairait McGonagall à présent.
Elle s'y attendait, l'autre jour, après l'incident dans la classe de potions, elle lui en avait brièvement parlé, mais le temps avait un peu passé laissant penser à la jeune femme qu'elle s'était débrouillée seule dans l'urgence. Apparemment, les choses à Poudlard étaient devenues bien plus détendues et Minerva aimait prendre son temps pour faire des choix pondérés.
-" J'imagine que s'il ne s'est pas montré très éloquent sur le sujet, c'est que vous avez dû proposer des noms qui lui donnent des cauchemars n'est-ce pas ?" Demanda la jeune femme.
-" Rien d'inhabituel, mon choix final se porte sur Messieurs Lupin et Potter." Redoubla-t-elle de rire.
-" Ah... Je vois ! En effet !" Éructa Hermione en levant les yeux au ciel et imaginant la tête de Severus lorsqu'elle lui avait annoncé les mêmes noms.
-" Donc il serait bien que nous allions droit au but..." La directrice mira l'horloge au-dessus de la porte du bureau. " Il est bientôt l'heure d'aller dîner."
-" Hé bien... Remus aurait été un choix parfait, mais, pour ne rien vous cacher, Nymphadora et lui attendent un heureux évènement et je pense qu'avec un bébé et un enfant en bas-âge elle aurait besoin d'aide et surtout... Depuis la guerre, Remus veut élever sa famille, c'est lui qui s'occupe principalement de Teddy, car Tonks travaillera jusqu'à ce que son ventre la cloue chez elle."
-" Oh, mais oui... Suis-je sotte, je n'avais pas pensé à tout ça !" Se lamenta Minerva honteusement.
-" Harry n'a pas ces obligations, Ginny est rarement à la maison, de plus, d'après nos dernières discussions, je pense qu'il a réellement besoin de s'investir dans quelque chose. Depuis la guerre, il peine à recoller les morceaux de sa propre existence et... Il rumine beaucoup. Je crois qu'il est en train de tomber en dépression à force de tourner en rond chez lui." Dit-elle le regard fermé et la voix coupée.
La directrice haussa un regard inquiet sur la Gryffondor qui peinait à dévoiler la nouvelle vie et face cachée du célèbre Harry Potter.
Après le dîner, Hermione se rendit seule à son point de départ de ronde, près de la bibliothèque.
Au bout d'une longue heure après avoir progressivement congédié les préfets dans leur maison respective et d'une solitude presque écrasante, elle descendit aux cachots dans le bon espoir de croiser Snape qui devait très certainement déambuler dans les couloirs au même titre qu'elle.
Sans se soucier de ses pas, la jeune femme marcha naturellement jusque dans son bureau et fut étonnée de voir que la porte était ouverte et qu'il était en train de travailler à quelque chose.
Elle n'avait pas frappé et alors le maître de potions s'était redressé violemment sur sa chaise avant de lever les yeux, après avoir dégainé nerveusement sa baguette.
Hermione haussa un sourcil, surprise de sa nervosité pourtant habituelle.
-" Tu as donc les mêmes manies que ton ancien fiancé, si tu ne veux pas que je te jette un sort par accident, pense à frapper avant d'entrer." Soupira-t-il tout en ôtant vivement les lunettes qu'il portait.
Le regard de la sorcière papillonna un instant, se forçant à masquer un sourire étonné, mais ce fut un échec et sans avoir à lui demander quoi que ce soit, Severus savait pourquoi elle riait intérieurement et leva les yeux au ciel, un peu honteux.
-" Depuis quand portes-tu des lunettes ?" Demanda-t-elle sans pour autant s'excuser de son irruption.
-" Prescrite depuis une vingtaine d'années, portées quelques heures depuis. Je les déteste." Confia-t-il.
Il referma le grimoire qu'il s'appliquait à lire et posa sa plume négligemment sur une pile de parchemins qui devaient sans doute être une partie des derniers contrôles qu'il avait infligé aux cinquièmes années.
Hermione s'approcha et trouva un peu de place face à lui, sur son bureau, suffisamment pour y poser une fesse et s'y asseoir nonchalamment.
-" Tu as l'impression fugace qu'elles te vieillissent n'est-ce pas ?" Elle cligna de l'œil de manière complice et il fronça les sourcils.
-" Je ne ferais aucun commentaire là-dessus." Pesta-t-il.
-" Oh, très bien, j'ai touché la corde sensible, je crois." Rit-elle.
Une nouvelle fois, il regarda le plafond avec insistance et se massa l'arrête nasale pour faire disparaître les traces du pont et des plaquettes.
-" Je n'en dirais rien."
-" Oh et puis quoi, tu as quarante-deux ans, c'est normal pour certaines personnes de ne pas avoir une vue perçante, même moi, je devrais en porter." Rassura-t-elle.
-" Quarante et un !" Corrigea-t-il promptement.
-" On en reparlera dans deux heures n'est-ce pas ?" Taquina-t-elle.
Le regard du potioniste se fit plus noir encore.
-" Qu'est-ce que tu en sais ?" Demanda-t-il suspicieux.
-" Je le sais car cet état de fait t'a peut-être échappé, mon cher, mais, en tant que directrice de Gryffondor, j'ai le droit de mettre mon nez où ça me chante, y compris dans les dossiers concernant tous mes collègues." Rusa-t-elle avec malice.
-" C'est faux." Dit-il simplement sur un ton très plat.
-" Oui, tu as raison, en fait, c'est Minerva qui m'a dit que demain, c'était ton anniversaire." Avoua-t-elle finalement démasquée.
-" Grands dieux..." Laissa-t-il échapper au bord du désespoir. " Inutile de faire un gâteau, je crois avoir passé l'âge." Grogna-t-il.
-" Je n'y comptais pas." Sourit-elle. " Je sais comment ne pas me faire détester par toi, ça a prit du temps, mais je crois que je suis au point maintenant."
Il se leva et contourna son bureau comme un félin prêt à attaquer sa proie. Hermione ne bougea rien d'autre que sa tête pour ne pas perdre son regard changeant. Il se plaça devant elle et la toisa de toute sa hauteur avant de plaquer ses mains de part et d'autre de son corps.
-" Si je comprends bien, tu sais donc comment te faire apprécier par ma personne ?" Demanda-t-il lascivement en haussant un sourcil.
-" Peut-être bien qu'après toutes ces années, au final, j'ai réussi à percer cette carapace de titane pour m'y frayer un chemin." Elle pointa son index sur le centre de son torse et le fit tournoyer sensuellement sur sa redingote.
-" Qu'est-ce qui me dit qu'en retour, j'ai moi-même réussit le même exploit ?" Il fixa le buste de la jeune femme avec fascination avant de relever ses yeux vers les siens.
-" Tu n'as pas une vague idée sur la question ?"
-" Pas la moindre, non." Joua-t-il avant de rapprocher son visage du sien.
-" Alors c'est que tu es un idiot." Répondit-elle sans le moindre accroc et avec un sourire arrogant.
-" Tu crois ?" Rugit-il entre ses dents. Il attrapa la jambe de la jeune femme qui reposait encore par terre et la souleva pour se forcer un chemin entre ses cuisses.
Hermione gloussa de surprise et s'accrocha à son cou juste d'un bras. Elle glissa sa tête dans son cou, respirant son odeur, écrasant son torse contre le sien.
En réponse, il l'enlaça tendrement.
-" J'ai deux mauvaises nouvelles pour toi." Murmura-t-elle cependant à son oreille.
Avec un grognement de frustration, il se sépara juste à peine et la contempla, l'incitant à parler.
-" La première est que nous devons terminer la ronde."
-" Logique... Et ensuite ?"
-" Et ensuite... Demain soir, il faut que nous nous absentions à Londres... Encore."
-" Ne me dis pas que tu as fait préparer quelque chose pour mon anniversaire, je détesterais vraiment que tu m'aies fait ce coup-là." Grinça-t-il.
-" Rien à voir, c'est simplement un hasard de calendrier... C'est juste que... Minerva veut que nous allions convaincre Harry de prendre le poste vacant de DCFM." Finit-elle par dire dans un soupir.
Un moment Severus resta interdit et se mordit la lèvre de désespoir.
-" C'est encore pire." Avoua-t-il après de longues secondes de silence. Il se sépara d'Hermione. " Tu es pourtant assez grande pour y aller seule."
-" Certes, mais je suis son amie, je suis là pour le convaincre. Toi, tu es le directeur adjoint, Minerva veut que ce soit officiel."
-" Décidément, Dumbledore a bien déteint sur elle. Notre chère directrice sait définitivement comme amadouer les gens maintenant."
Pour toute réponse, Hermione fit la moue et se leva de son perchoir, contournant le corps glacé de son amant.
-" Les choses sont ce qu'elles sont, en attendant, tu devrais terminer de patrouiller avec moi." Lui suggéra-t-elle en levant sa main vers lui, attendant qu'il la saisisse.
Il analysa longuement les doigts tendus de la sorcière vers lui et remonta son regard vers le sien, attendant presque indéfiniment qu'elle ne la baisse. Il était peut-être amoureux d'elle, mais pas complètement siphonné au point de montrer son affection surtout lorsqu'il était question d'élèves rôdant potentiellement dans le couloir.
Sans prendre la mouche, Hermione se ravisa et tourna les talons, ouvrant le passage et laissa à Severus le loisir de fermer sa porte et la protéger avant de la rejoindre.
Ensemble et en silence, ils marchèrent.
Ils savaient que leur méthode n'était pas recommandée, deux membres du personnel au même endroit augmentaient les chances de ne pas réussir à attraper certains élèves récalcitrants. Ils en étaient parfaitement conscients, mais à quoi bon. Sans s'être même consultés, ils n'en disaient rien, savaient que leur tour de garde était donc caduque. C'était un des rares moments qu'ils pouvaient passer ensemble malgré tout.
Depuis cette fameuse nuit au début du mois, la nuit où la lumière avait disparu pour certains et que l'illumination divine était tombée sur d'autres, les moments qu'ils avaient partagés se comptaient sur les doigts d'une main.
Hermione aimait travailler de son côté, Severus également.
Elle n'avait pas remis les pieds chez lui, il n'était pas venu voir les appartements qu'elle occupait.
Même s'il les connaissait.
Il faut dire que leurs emplois du temps respectifs n'étaient pas propices à ce genre de fantaisies.
La seule nuit qu'ils avaient passée ensemble fut à Londres et platonique.
Platonique, certes, mais pas dans un sens irrité, désespérant ou triste. Ils ressemblaient plus à deux voyageurs en pleine quête, éreintés de leur parcours, trouvant le repos du juste.
Severus guida ses pas ainsi que ceux de la Gryffondor vers un couloir extérieur après être remonté des entrailles du château.
Le vent froid battait les pierres de l'édifice et leurs cheveux, soulevant gracieusement la cape de Snape en arrière, donnant l'impression qu'il marchait à toute vitesse.
-" Je m'en grillerais bien une." Dit Hermione en s'arrêtant contre un demi-muret.
-" Est-ce que tu en as ?" Demanda Severus avec le regard curieux de celui qui allait encore prendre une taxe dessus.
Avec un sourire charmeur et coquin tout à fait enfantin et diablotin, Hermione tira de son pull un paquet rouge et blanc.
-" Notre passage à Londres ce week-end était fructueux." Annonça-t-elle avec ce même sourire coupable.
-" Combien tu en as acheté ?" Demanda-t-il.
-" Seulement deux et il n'y a que celui-ci d'entamé jusqu'à présent." Avoua-t-elle en ouvrant le paquet aux trois-quarts plein.
-" Il y a du progrès." Marmonna-t-il tout en tendant la main vers la jeune femme.
Sans réticence, elle lui offrit une cigarette et tenta de trouver le sens contraire des bourrasques pour s'allumer en paix.
Hermione regarda autour d'elle afin de contempler leur solitude et enflamma la clope de Severus avant de se hisser en haut du muret et fumer sereinement, laissant traîner ses jambes à une bonne hauteur du sol.
-" Alors, comment vont les recherches ?" S'enquit le potioniste, d'un ton nonchalant.
-" Je... Disons que les recherches sont en pause pour le moment... Oui, j'ai décidé de ne pas mettre mon nez dedans. Les élèves ont besoin de moi et les septièmes années commencent à peine à se réveiller pour préparer les examens dans cinq mois." Soupira-t-elle frustrée.
-" Comment ? Ils s'y mettent déjà ?" S'étonna-t-il.
-" Quoi ? Comment ça ' déjà ' ?" Elle ouvrit de grands yeux choqués. " C'est relativement tardif !" S'égosilla-t-elle.
-" Dans quel monde ?" Aboya-t-il un rire. " Tu ne te rends pas compte ? En moyenne, ils commencent à venir pleurer à la mi-mai ! Oh... Mais oui. Suis-je bête. Miss Granger était déjà prête à passer ses ASPICs en septembre... 1991." Ironisa-t-il.
Elle lui lança un regard noir qu'il préféra ignorer, s'autorisant à se moquer du sens aigu des responsabilités chez la jeune femme.
-" Et qu'as-tu dit juste avant ? Les recherches sont en pause ? Comment fais-tu pour ne pas t'y plonger avec voracité ? Cela ne te ressemble pas." Continua-t-il en tirant une taffe.
-" Peut-être que j'ai admis que tu avais raison..." Laissa-t-elle planer.
-" Moi ? J'aurais donc raison ?" S'étouffa-t-il faussement.
Il s'arrêta avec un mince trait souriant à la place des lèvres lorsqu'il vit véritablement le regard diablement dénigrant de la sorcière. C'était un petit plaisir honteux et coupable qu'il avait là, la volonté de la vexer afin de voir son petit nez fier et sa bouche former une vague grimace hautaine, prête à lui sauter à la gorge comme un tigre affamé.
En guise d'excuses, il revint devant elle, et le vent fit son travail, englobant la jeune femme de la douce cape sombre. D'un geste tendre, il fendit le froid sur la joue d'Hermione, la caressant et alors malgré toute la bonne volonté qu'elle mettait à ne pas réagir, son cœur trahit un sourire gêné, honteuse d'être aussi faible en sa présence.
-" J'aime te taquiner." Murmura-t-il près de son oreille.
Hermione frémit au contact de son souffle contre elle et de sa suavité si prononcée. Un frisson de plaisir fit son chemin sur tous les pores de sa peau et une douleur de plaisir en elle se diffusa, irradiant son pauvre derme à partir de son ventre.
Jamais elle ne pouvait lui en vouloir de jouer ainsi avec elle. Elle savait quand il était sincère, quand elle l'exaspérait, quand il était furieux...
Et là, il semblait tellement... Amoureux.
Elle le sonda en silence, s'imprégnant de sa passion et chercha à se noyer dans le regard charbonneux, habituellement froid et dur. Aujourd'hui, ce n'était plus le même. Il n'était comme ça qu'avec elle et au fond, bien au fond d'elle, elle sentit qu'il était consumé par un désir ardent.
Jetant sa cigarette qui se désintégra au vol, elle sauta de son perchoir et se remit sur pieds intimant simplement au potioniste de la suivre.
Dans un nouveau silence, ils avancèrent là où elle avait envie d'aller, à une proximité suspecte. Hermione pouvait presque sentir les talons de Severus contre ses pieds.
Après avoir emprunté quelques chemins de traverse dans les dédales du château, ils arrivèrent devant le pan de mur qu'ils avaient eu le temps de longuement scruter par le passé.
Ce mur immense et vierge que seuls les plus nécessiteux devaient avoir parfois la patience de contempler afin d'être ravis de tous leurs méfaits.
Par bonheur, ce soir-là, la porte apparut presque en un claquement de doigts et Severus resta contemplatif un instant derrière la sorcière qui voulait à tout prix la traverser.
Elle n'eut à se retourner qu'une seule fois pour l'inciter à la suivre encore et ensuite, il la rattrapa, lui laissant le loisir de s'engouffrer là-dedans la première.
Une fois à l'intérieur, Hermione sembla un peu surprise de trouver la salle sur demande exactement telle qu'elle était.
Elle ne dit rien, mais ses gestes corporels et sa moue désabusée indiquèrent à Snape que ce n'était pas tout à fait ce qu'elle recherchait ici.
-" Mince, je pensais..." Elle s'arrêta lorsqu'un fracas lointain retint leur attention à tous les deux.
De sa manche, le Serpentard trouva sa baguette et la sortit par mesure préventive. Hermione l'imita et un nouveau bruit tinta.
Le rôle de gardien étant totalement retombé sur leurs épaules, les deux adultes mirent en place un plan d'action juste en l'espace d'un battement de cils.
Hermione prit un chemin à gauche, Severus à droite, séparés pour mieux surprendre.
Avec toute la précaution du monde et guidée par la seule présence d'une lumière fade éloignée, la jeune femme avança à petits pas, tentant de ne pas rentrer dans quoi que ce soit, ni faire le moindre bruit avec la semelle de ses chaussures.
Conduite par des éclats de voix et des bruits de bruissement intermittents, elle continua à tâtons jusqu'à ce que, étrangement, le décor change du tout au tout, planqué derrière une rangée de vieux meubles qui ne permettaient pas de voir cette transition depuis l'extérieur de tout ce bazar.
Là, elle tomba sur quelque chose qu'elle n'avait pas imaginé.
Devant elle, il y avait une allée couverte d'un large tapis rouge menant à ce qui ressemblait vraisemblablement à un autel. De chaque côté, se tenaient sur des bancs de fortune, une grande assemblée d'élèves qui arboraient chacun leurs uniformes comme en pleine journée de cours.
Hermione ouvrit un regard rond. Ils étaient tous tournés de manière à ce qu'ils ne voient pas son arrivée et de l'autre côté, son regard fut attiré par les mouvements discrets de Severus qui venait d'arriver au même point avec la même interrogation plantée sur le visage.
Quelque chose, cependant, n'allait pas.
Le silence était atrocement anormal.
D'un geste de sa baguette et dans l'inconscience collective, Snape révéla un charme d'insonorisation qu'il contrecarra en quelques secondes.
De ses petits pas discrets, Hermione rejoignit le maître de potions qui salivait déjà à l'avance de devoir envoyer tout ce petit monde en retenue sans même chercher à comprendre ce qui se tramait ici.
Au moment où il allait s'avancer pour se montrer, elle le tira par la manche et le fit revenir près d'elle.
Le regard noir interrogateur la fusilla.
-" Attends, je veux savoir ce qu'il se passe !" Souffla-t-elle avec les sourcils froncés.
Pas d'accord, mais soumis à sa curiosité et à son amante, Severus se figea dans le coin sombre où ils demeuraient et se mirent en position de planque
