Chapitre 34
Pov Edward
Faire l'amour à Bella était indescriptible. Tous les mots "amour", "plénitude" et "bien-être" n'étaient que de faibles ersatz par rapport à tout ce que j'avais pu ressentir jusqu'ici. On aurait pu croire que cet acte aurait diminué mon attirance pour elle, aurait rassasié mon besoin d'elle, mais c'était tout le contraire. La quitter ce matin-là, au moment de nous rendre au lycée, fut plus dur que jamais. J'avais à peine passé la porte que son absence me pesait déjà, alors que je la voyais encore, que j'entendais encore son petit cœur battre puissamment, et que je sentais encore son odeur.
Cependant, il n'y avait pas que cela. Bella avait une idée en tête, tout le monde s'en était rendu compte. Jasper ressentait sa détermination à toute épreuve, et les autres membres de la famille Cullen voyaient qu'elle était devenue avare de mots, afin de ne pas se trahir. Nous avions tout tenté pour la faire parler : la douceur, le chantage et la colère. Toutefois rien n'y faisait, elle gardait farouchement son secret. Comme toute la famille, et même les Quileutes, je me doutais que c'était mauvais, mais je ne savais pas à quel point.
Les heures de cours furent très longues, mais pour une fois, les bavardages mentaux et à haute voix des élèves furent éclipsés par les réflexions des Cullen, et mes propres pensées. Il était hors de question de prendre la vie de Bella, elle était trop précieuse à mes yeux. Avec l'aide de ma famille d'adoption, nous cherchions un moyen de soustraire la jeune fille des mauvaises intentions des italiens, si possible de façon pacifiste.
La pause de dix heures me permit de retrouver Alice, Rosalie et Emmett à l'orée du bois qui bordait le lycée. Pour continuer la comédie humaine, nous nous assîmes sur un banc, Emmett restant debout à faire des mouvements sportifs.
-Tu sais que tu ne peux plus te muscler, fit remarquer sarcastiquement sa femme.
-Je sais, mais j'adore voir les filles baver sur mon corps musclé. C'est marrant de les entendre croire que j'ai de plus en plus d'abdos !
-N'importe quoi ! Soupira Alice. L'un de vous a des nouvelles de Jasper ?
-Nop ! Mais il doit encore être le nez dans les bouquins, pour trouver un cas qui peut faire jurisprudence.
L'allusion d'Emmett à la justice humaine était un bon parallèle, parce que les Volturi estimaient rendre la justice. Ils avaient établi des règles, et Carlisle espérait que nous pourrions les prendre à leur propre jeu. Quand la cloche sonna pour indiquer la fin de la pause, nous reprîmes le chemin du bâtiment principal, Emmett trainant les pieds. Nos quatre téléphones portables bipèrent soudain tous en même temps, annonçant un message. Je saisis mon mobile, tout comme le firent mes frères et sœurs adoptifs, et lus le message laconique :
" Je pars à la recherche de B. Problèmes à l'horizon. "
Sans vraiment prendre le temps de la réflexion, je fis demi-tour, imité par les autres. Une fois à l'abri des arbres, nous nous mîmes à courir, aussi vite que possible. Il n'y avait personne à la villa, cependant suivre la piste de Bella fut un jeu d'enfant. Rosalie s'arrêta net en grognant.
-Les Volturi sont ici. Quatre d'entre eux en tout cas.
Alice fronça les sourcils et leva le nez, inspirant fortement, suivant deux odeurs.
-Jane et Demetri, annonça-t-elle.
-Il y a Félix aussi, et Santiago, affirma Rosalie. Ça sent mauvais.
-Tu l'as dis, grommela Alice en repartant en courant. Jasper n'a pas parlé des loups, j'espère qu'ils sont dans les parages, on va avoir besoin d'eux !
Sans un mot, je redoublai de vitesse en entendant les pensées des deux femmes. Elles repensaient aux méthodes violentes des italiens, à l'inhumanité qui les caractérisait, et surtout à leur obéissance aveugle au trio dirigeant. Bella ne serait jamais à l'abri si Aro et ses frères ne revenaient pas sur leur décision.
Pov Jacob
Billy m'avait chargé d'aller à Port Angeles pour renouveler son stock de médicaments. A chaque rendez-vous chez son médecin, il ressortait avec une liste longue comme un jour sans pain (expression typiquement française), ordonnance à renouveler tous les mois. J'étais donc chargé d'aller en pharmacie pour acheter ce qui lui était nécessaire. Et j'avoue que je ne rechignais jamais : l'officine avait les mêmes horaires d'ouverture que les horaires de cours. Alors aller faire ces achats m'allait parfaitement ! J'en profitais à chaque fois pour me procurer un jeu vidéo ou deux, des magasines (dont quelques fois, j'avoue, un porno), des bonbons, des pièces pour bricoler les voitures de la réserve, bref, tout ce qui avait un intérêt. Comme souvent, mon père m'avait demandé d'acheter quelques produits que l'on ne trouvait pas à Forks : certains légumes, deux ciseaux à bois pour ses sculptures en bois, une lime et de la colle à bois.
Une fois tous les achats effectués, je mis les paquets dans le pick-up, avant de démarrer puis sortir doucement de Port Angeles. Je me fis la réflexion que j'aurais dû demander à Bella si elle voulait venir : elle m'en voulait beaucoup d'avoir organisé l'enlèvement de son glacial petit-ami, cependant j'étais persuadé avoir fait cela pour son bien. Elle ne le savait juste pas. Cette fille était capable d'aller se jeter d'une falaise s'il le lui demandait, elle avait une confiance aveugle en lui. Ça en était fou. Alors, l'inviter à passer quelques moments avec moi était un moyen de m'excuser un peu, et surtout lui montrer que je pouvais moi aussi être aussi gentil et galant que ce vampire à la manque.
Je sifflotais sur le retour, quand, à presque un kilomètre de Forks, un vélo sur le bord de la route me fit m'arrêter en trombe. Je fus près de la bicyclette en un bond, flairant les odeurs : je trouvai celle de Bella, et celle du blond couvert de cicatrices. Une forte odeur d'essence m'apprit qu'ils étaient repartis en moto, alors pour suivre la piste, je remontai en voiture, la fenêtre ouverte, le visage penché dehors pour humer l'air. Le pick-up n'allait pas assez vite à mon goût, mais je ne voulais pas le laisser au bord de la route. La piste d'odeurs m'amena jusque chez Charlie, où une autre odeur de vampire commençait. Laissant mon véhicule dans l'allée, je me transformai en loup avant de hurler à la mort, un signal d'appel pour tous les membres de ma meute. Un très mauvais pressentiment se renforçait à chaque seconde, et ce que Billy m'avait expliqué par rapport aux italiens qui voulaient la vie de Bella n'aidait en rien.
Je courus ensuite à la poursuite du vampire qui avait enlevé Bella, parce que si deux odeurs étaient présentes devant la porte, une seule en repartait. Donc Bella n'était pas repartie sur ses deux pieds, et surtout sans laisser de trace. Le nez sur la route goudronnée, je suivis l'odeur du vampire italien, piste qui me mena vers les bois. Je sauverais Bella, peu importe les sacrifices à faire.
Pov Bella
Au chapitre précédent :
Combattant la nausée et le tournis qui venaient de me prendre à cause de l'odeur du sang, j'enroulai un torchon autour de ma main, l'attachant solidement pour plus de commodité. Je remis tout en ordre avant de fermer la porte d'entrée une dernière fois.
-Je sais que tu ne comprendrais pas, murmurai-je en posant ma main sur le panneau de bois, visualisant la tombe de mon père. Mais cette fois, c'est pour sauver l'homme que j'aime.
Après avoir pris une profonde inspiration, je me retournai, prête à retourner là où nous avions laissé le vélo, quant une ombre immense apparut devant moi, me faisant crier.
L'ombre était un vampire non-végétarien, immense, avec une carrure digne d'un ours, drapé d'une cape rouge. Un peu comme un Emmett n°2, mais beaucoup plus sauvage, dangereux, effrayant, monstrueux. Il s'avança vers moi, menaçant.
-Alors, petite et insignifiante humaine, tu as osé appeler les Volturi pour permettre au nouveau végétarien de rester ici ? Et en plus, tu as eu le culot de poser tes conditions !
La façon dont il avait parlé d'Edward montrait tout le mépris que l'italien pouvait avoir envers mon petit-ami. Cependant, je restai muette, moins sûre de moi tout à coup, reculant jusqu'à buter contre la porte derrière moi.
-Demetri, arrête de t'amuser ! Soupira une voix féminine.
Un vampire femelle adolescente arrivait sans se presser, vêtue elle aussi d'une cape, de couleur noire cette fois-ci.
-C'est tellement drôle de jouer avec les mortels ! Leurs cœurs qui s'affolent, c'est presque jouissif !
La nouvelle venue semblait ennuyée au plus haut point, mais son sourire mauvais parlait pour elle : elle était du même avis que son acolyte. Une voiture passa devant nous, ce qui fit réagir les deux vampires.
-Ne restons pas ici, décida la fille. Mais c'est quoi cette puanteur ?! Il y a un cadavre d'animal dans les parages ou quoi ?
-Je dirais plus des centaines de chiens mouillés, rétorqua Demetri.
Sans prévenir, il se pencha sur moi, plaquant presque son visage dans mon cou avant d'inspirer profondément. Je tentai d'échapper à ce contact, dégoûtée, mais la poigne sur mon bras se resserra, au point de devenir très douloureux. L'adolescente vampire fit un signe à l'autre qui me tira vers lui, m'obligeant à le suivre à l'abri des arbres. Me débattre ne servait à rien, je m'en rendais compte, et il fallait absolument que je les incite à faire demi-tour, parce que sans le savoir, ils s'enfonçaient vers le territoire Quileute. Je devais empêcher ces vampires assoiffés de sang de trouver la tribu amérindienne.
-Il y a un charnier, tentai-je. C'est là que sont entassés les cadavres d'animaux renversés par les voitures. Plus on avancera, plus ça sentira.
Demetri s'arrêta immédiatement.
-N'allons pas par là Jane, supplia presque le vampire. Si on fait ça en chemin vers l'aéroport, on restera moins de temps ici.
La dénommée Jane fit demi-tour en grognant, mais elle ne fit que nous passer devant à grands pas. Son acolyte devait trouver que je n'allais pas assez vite, parce qu'il me tira d'un coup sec. A cet instant, un craquement écœurant se fit entendre, et une violente douleur me lacéra le bras, me faisant crier. Je crus que Jane s'était mise à grogner à nouveau, parce que je l'énervais, cependant quand plus d'un grognement s'éleva, je compris qu'il s'agissait d'autre chose. J'avais trop mal pour bien comprendre ce qui se passait, mais je vis très bien Jane accélérer le pas, imitée par son homologue, ce qui me força à courir à moitié. Je serrais les dents pour ne pas hurler à cause de la souffrance occasionnée par mon bras cassé, avançant tant bien que mal, jusqu'à me rendre compte que nous étions revenus au point de départ, devant la maison de Charly. Le soleil était sorti, mais ses rayons n'atteignaient pas les deux Volturi à cause de leurs capes. Et même s'ils n'avaient pas porté cet accoutrement, ils ne se seraient pas transformés en tas de cendres, comme le supposent les légendes.
Tout à coup, Demetri me bascula sans douceur sur son épaule avant de se mettre à courir, vite, trop vite. La position, la vitesse et la douleur lancinante me donnaient la nausée, et je me demandais comment réagirait le vampire si je vomissais sur lui. Je ne comprenais toujours pas pourquoi j'étais toujours en vie, mais j'étais trop mal pour demander des explications. Soudain, tout s'arrêta. Enfin, le vampire s'arrêta, avant de me laisser tomber durement sur le sol, mon dos et ma tête percutant le bitume. Je restai sonnée quelques secondes, le silence oppressant m'entourant, puis les bruits alentours revinrent en force : des grognements, des cris, des bruits métalliques. Un couinement très proche de mon oreille me força à ouvrir les yeux, pour voir une énorme tête de loup floue. Je clignai des paupières pour ajuster ma vision, et l'animal avait disparu de mon champ visuel. Je me redressai comme je le pus, pour comprendre ce qui se passait.
J'aurais pu croire que je rêvais, cependant je savais pertinemment que ce n'était pas le cas. La présence des Cullen et des loups se battant côte à côte contre quatre autres vampires, dont Jane et Demetri, était assez irréelle, mais ça prouvait qu'ils étaient suffisamment intelligents pour s'allier. Un hurlement se fit entendre, et en me retournant, je vis qu'un grand loup brun était en difficulté : le deuxième vampire mâle donnait de violents coups de poing à l'animal qui se tortillait pour échapper aux coups, en vain. Je reconnus qui était le Quileute caché sous la fourrure, c'était Jacob. Malgré tout ce qu'il avait fait, malgré ses tentatives pour m'éloigner d'Edward, malgré ses essais de drague, il restait un sympathique jeune homme, prêt à aider et rire, c'était quelqu'un que mon père aimait presque comme son propre fils, et surtout c'était le fils de Billy, le meilleur ami de Charly. Il fallait que je l'aide.
Alors, puisant des trésors de forces, je me relevai sans prendre appui sur mon bras cassé (je ne voulais même pas le regarder, parce que mon membre avait un angle pas normal du tout), testant un minimum mon équilibre, avant de m'élancer. Je n'avais aucun plan, je ne raisonnais même pas. Mon seul but était de venir en aide à Jake, parce que c'était à cause de moi qu'il risquait sa vie, lui, ses Frères de meute, et les Cullen. Je ne fus pas la seule à entendre l'appel au secours de Jacob : à mon grand étonnement, je vis Edward se jeter sur le Volturi, permettant au Quileute de reprendre des forces, mais au bout d'à peine dix secondes, Jake bondit, s'engageant à nouveau dans le combat. Alors, sans réfléchir à mon geste, je m'élançai, avec un seul objectif : protéger les vies de ceux que j'aimais.
Ensuite ? Je ne sais plus. Il y a eu du rouge, du carmin, du brun puis du noir.
Pov Alice
Le message de Jasper m'avait fait froid dans le dos, parce que le mauvais pressentiment que j'avais depuis plusieurs semaines déjà était en train de devenir tangible. Je n'aimais pas ça du tout.
Retrouver la trace de Bella fut un jeu d'enfant, malheureusement les Volturi l'avaient fait avant nous. La seule chance de revoir notre amie en vie était que les Quileutes se mettent en travers du chemin des italiens.
Ce fut lorsque nous entendîmes des grognements et des bruits métalliques, caractéristiques de blessures infligées à un vampire, que nous redoublâmes d'allure. Jasper nous rejoignit, sans un mot d'explication, mais personne ne songea à lui poser de question. Enfin, après avoir dépassé le panneau d'entrée de Forks, nous tombâmes sur le combat qui opposait les loups et les Volturi. Bella était à terre, cependant son cœur nous assurait qu'elle était vivante, peut-être juste inconsciente. Sans attendre, nous passâmes à l'assaut des italiens. Trois simples soldats vampires avaient rejoint Jane, Félix, Demetri et Santiago, mais je ne connaissais pas leurs noms. Généralement, ces subalternes venaient renforcer les lieutenants d'Aro, ils étaient quasiment sacrifiés. C'était triste pour eux, mais ils s'étaient enrôlés de leur plein gré, alors nous ne pouvions pas nous attarder sur cet état des faits.
Le combat fut rude, les Volturi n'hésitant pas à user de tous les stratagèmes sournois pour nous vaincre. Jane utilisait son "talent" autant qu'elle le pouvait, nous mettant à terre quelques secondes, le temps qu'elle s'intéresse à un autre de ses assaillants. Je connaissais la teneur de ce don, je savais que c'était extrêmement douloureux, mais j'étais très loin de la réalité. C'était une horrible torture, une abomination, et Jane en était très consciente. L'atroce souffrance qui parcourut mon corps quand la vampire à l'allure adolescente utilisa son don sur moi me rappela la douleur de la transformation, pourtant il fallait que je la combatte, que j'en fasse abstraction pour mettre Jane hors d'état de nuire.
Tout le temps des assauts, je tendais l'oreille, surveillant le cœur de Bella, et contrôlant qu'aucun Volturi ne l'approche, mais cela ne suffit pas. Les Quileutes et notre famille occupaient les italiens, se battant férocement, nous faisions tout pour détourner leur attention de notre amie humaine. Et soudain, tout dérapa à partir d'un seul hurlement de douleur provenant de Jacob. La suite se déroula trop vite pour qu'un seul d'entre nous puisse faire quelque chose : tournant la tête, je vis Bella se relever, tenant son bras contre elle, restant une demi-seconde debout, avant de faire lentement quelques pas, tandis qu'Edward se jetait sur Félix, permettant au loup de reprendre ses esprits. Il ne lui fallut qu'une poignée de secondes pour repartir dans l'affrontement. Où Bella avait-elle la tête en restant trop proche du combat qui opposait le sbire d'Aro à Jacob et Edward ? Je n'en savais rien, mais je fus horrifiée en la voyant se ruer pour aider son amant et son ami. Ce fut le loup qui la blessa d'abord, la griffant profondément en voulant toucher Félix, puis celui-ci frappa mortellement la jeune fille avant qu'Edward ai pu s'interposer. Bella tomba en arrière, sans un mot, sans un cri, les yeux fermés avant même de toucher le sol.
Pov Carlisle
Nous avions enfin trouvé la stabilité à Forks, pour quelques temps au moins. Toute ma famille était heureuse, d'autant plus que celle-ci s'était agrandie avec Edward et Bella. Je savais que la jeune fille était désormais très amoureuse du nouveau venu dans notre famille, et je me doutais que bientôt, cet amour allait amener chacun de nous à faire des choix. Cependant, pour le moment, le plus dur était à faire : protéger la vie de Bella.
Nous ne nous attendions pas si tôt à une visite des Volturi. Aro m'avait promis d'attendre le dernier jour du délai qu'il avait fixé avant d'intervenir, mais il n'avait pas tenu parole, sans que je ne sache pourquoi. Je comptais avoir le fin mot de l'histoire, seulement ça attendrait d'avoir vaincu les Volturi, sans toutefois tuer les lieutenants d'Aro, à savoir Félix, Demetri, Jane et Santiago, au risque de vraiment déclarer une guerre au trio vampirique.
Les subordonnés furent bientôt mis hors d'état de nuire, puis Emmett réussit à vaincre Santiago, tandis qu'Alice, Rosalie et deux loups s'occupaient de Jane qui, toujours aussi malfaisante et sournoise, n'hésitait pas à utiliser tous les coups bas sur tous les membres de ma famille et les loups. Pour ma part, je me battais contre Demetri, avec l'aide d'Esmée et de trois Quileutes. Le Volturi n'avait pas de don particulier, mais sa force incommensurable contrebalançait cet état de fait, le rendant très dangereux et faisant de lui un adversaire très difficile à battre.
Les cris, grognements et bruits métalliques se mélangeaient, soulignant la violence des affrontements. Peu à peu, ces bruits que je détestais entendre diminuèrent. Demetri fut bientôt hors d'état de nuire, alors je pus aider Alice et Rose, en difficulté. Je n'avais pas compris pourquoi Alice avait perdu de son énergie, ni pourquoi Rosalie baissait presque les bras, se laissant blesser sans répondre, mais j'eus la réponse lorsqu'Emmett décapita Jane, la laissant inoffensive pour quelques heures. Alice se jeta à genoux auprès d'une silhouette couchée par terre, à quelques mètres de la route. C'était Bella. Edward avait posé ses deux mains sur son abdomen, comprimant une blessure qui saignait abondamment. Le visage de la jeune fille prenait une vilaine coloration, tout comme son cou, sa clavicule droite et son omoplate.
Le soleil était sorti de derrière les nuages, et nous avions une chance immense qu'aucune voiture ne soit passée par là depuis que nous avions rejoint les Volturi, parce que sinon, les occupants du véhicule auraient tout de suite vu que nous n'étions pas normaux, puisque les arbres n'empêchaient pas entièrement les rayons lumineux de nous atteindre, faisant briller notre peau. Mais maintenant que nous avions gagné cette bataille, il fallait transporter Bella à l'abri pour la soigner, et surtout la sauver, parce que mon intuition de médecin me criait que sa vie ne tenait qu'à un fil.
Je m'agenouillai à côté de la jeune fille, demandant à Edward de me laisser ausculter Bella correctement. Effectivement, je ne pus que constater que les blessures infligées à la jeune humaine étaient mortelles. Edward leva la tête au moment où je pensais ça, et je me promis de penser avec prudence.
-Elle va s'en sortir ?
La voix timide de Jacob Black me surprit, et je ne compris pourquoi que lorsqu'Edward se rua sur le loup en hurlant.
-C'est à cause de toi ! Tu l'as tuée !
Aussitôt, tous mes enfants se jetèrent sur lui pour le retenir, puisque Jacob ne bougea pas d'un pouce, restant stoïque devant l'attaque physique et verbale. Il semblait abattu, perdu.
-Edward ! Protestai-je fermement. Il faut la ramener à la maison, et après seulement on analysera ce qui s'est passé. Je vais tout faire pour la soigner, elle n'est pas morte, et je ferai tout pour empêcher que ça arrive.
Je dressai pour Rosalie et Emmett une liste de produits et matériel dont j'avais besoin, puis pris délicatement Bella dans mes bras. Sans me retourner, je sentis que ma famille me suivait, mais aussi les Quileutes. N'émettant aucune question, ni aucun commentaire, je courus jusque chez nous.
Pov Bella
Je me réveillai difficilement, percluse de douleurs et confuse. Que s'était-il passé ? Un gémissement se fit entendre, alors je me forçai à ouvrir les yeux.
-Bella ? Tu m'entends ?
La voix d'Edward me rassura, alors je me préparai à replonger dans le sommeil tant j'étais épuisée.
-Non, ne te rendors pas s'il te plaît, supplia mon vampire. Ouvre les yeux.
J'obtempérai péniblement, pour voir un spectacle que je n'aurais jamais imaginé : ce n'est pas tant le fait que ma chambre était remplie de vampires et de Quileutes se côtoyant sans s'entretuer, ni même un bruit, mais plutôt que lesdits vampires brillaient. Pas comme une lampe produit de la lumière. Non, c'était plus comme des milliers de miroirs reflétant les rayons du soleil, créant des centaines d'arcs-en-ciel. C'était merveilleux à voir, mais le plus magnifique restait Edward, dont le derme rayonnait juste devant moi. Ma main se leva doucement pour toucher sa peau, pour vérifier que sa texture douce n'avait pas changé, et c'était le cas.
Mon vampire prit délicatement ma main, en silence, et appuya doucement son visage dessus, inspirant parfois fortement, comme il le faisait si souvent dans mes cheveux ou ma nuque.
-Qu'est-ce… qui se passe ?
Je ne reconnus pas ma voix, elle n'était pas normale, toutefois j'étais trop engourdie pour y réfléchir correctement. Même si j'avais mal, j'avais l'impression d'être dans du coton, tant physiquement que mentalement. C'était une sensation difficile à décrire, et surtout très étrange.
-Tu ne te souviens pas ? S'enquit Billy, que je n'avais pas encore repéré.
Il apparut dans mon champ de vision, approchant son fauteuil de mon lit. Je n'arrivais pas à déchiffrer son visage, mais je n'essayais même pas. Mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes, et la voix de Carlisle me demandant de revenir à moi fut de plus en plus lointaine.
