Série : Les inachevés

Disclaimer : Au sein de cette histoire, je manipule les personnages et l'univers d'Harry Potter qui appartiennent à qui de droit. Il sera également fait mention de plusieurs contes qui sont des histoires originales qui m'appartiennent donc.

Bêta : Poste à pourvoir ^^'

Rated : M (notamment en raison de violence morale)

Note : Le nano est fini ! J'aurais écrit 90.000 mots en tout (pas uniquement sur ce texte) durant cette période. Ces chapitres sont un peu difficiles à écrire alors merci pour vos encouragements ! Il y a beaucoup et comme je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas particulièrement à l'aise avec, donc j'espère que ça vous plaira et que ça "fonctionnera" bien :)

Chapitre 36 : Les battements de son cœur

Sirius avait failli se lever et fuir, lorsque Draco avait prononcé cette phrase si gênante pour eux deux, mais il ne pouvait pas fuir sans cesse. Alors il avait soupiré. Il ne voulait pas tomber dans un de ces pièges de Serpentard et il ne voulait pas souffrir davantage. Il avait néanmoins fini par s'endormir dans ce lit qui n'était pas le sien, la tête bourdonnante de questions et de craintes.

Le lendemain, quand il s'était réveillé, son mari était debout à côté du cocon en train de faire les soins habituels. Il savoura du regard sa grâce et la douceur qui se dégageait de tous ces mouvements. Il chuchotait, croyant sans doute qu'il dormait encore, alors Sirius tendit l'oreille et écouta.

- Comment vas-tu ce matin, petit bébé ? Tu as bien dormi ? Mais tu ne fais sans doute que dormir toi, n'est-ce pas ?

La forme sombre remua légèrement en réaction à sa voix, cela arracha un sourire à Sirius et un très léger rire à Draco.

- Oh je vois, toi, tu seras un grand sportif comme … le reste de ta famille. Il y a des joueurs de Quidditch dans la famille. Par exemple, j'étais attrapeur, je pourchassais une toute petite balle qui allait beaucoup trop vite pour moi en général. Je crois que ton autre père joue aussi, mais je ne connais pas son poste de prédilection. Il te le dira sans doute. Il y a également de bons cavaliers de la famille même si c'est une discipline beaucoup moins populaire et des plus dangereuses. Ton grand-père appréciait ce sport dans sa jeunesse et il m'a fait monter quelques fois.

Le sourire de Sirius disparut totalement. Il ne voulait pas que son fils entende le moindre bien sur Lucius Malfoy ! Mais Draco continuait, d'une voix innocente :

- C'est assez difficile lorsque l'on ne voit pas sa monture d'autant plus si on n'aime pas trop les animaux et je ne suis pas très à l'aise avec eux. Enfin, ils sont un peu sales. Mais ce sont des sensations incroyables. Peut-être qu'un jour, je pourrais te faire monter aussi et que nous découvrirons tout cela ensemble. Je me demande si tu me ressembleras un peu. Tu devrais avoir les yeux gris, puisque nous les avons tous deux ainsi. Les Black ont souvent les cheveux noirs, ce serait bien que ce soit ton cas aussi. Certaines choses seraient peut-être plus faciles ainsi … Une petite crinière noir perchée sur un balai et volant à travers la maison. Je suis étrangement sur que tu feras hurler un peu plus fort ta grand-mère, mais ce n'est pas grave, c'est même, je crois, une sorte de sport dans cette maison. Un sport dans lequel je ne suis pas très doué en faites, mais tu me surpasseras sans doute de partout. Par exemple, tu auras sans doute pleins d'Aspic alors que … C'est important d'arriver à en accumuler un certain nombre, cela offre une certaine connaissance qui même si elle ne te sert pas directement pourra te permettre de comprendre les bases des professions de bien des personnes. Quelqu'un qui n'a pas d'Aspic, à peu de chance … de saisir tout ça, mais je pourrais peut-être quand même … un peu t'aider. Tu vas apprendre l'écriture. J'espère que tu aimeras tracer de belles lettres, c'est un exercice exigeant mais on peut y trouver du plaisir. Et puis … Oh, vous êtes réveillé. Excusez-moi.

Avait-il bougé ? Sirius n'en avait pas conscience, mais son époux l'avait visiblement remarqué et il était parti immédiatement, laissant dans le lit un homme un peu perdu. C'était la première fois qu'il prenait vraiment conscience que Draco avait pu passer des années à préparer ses examens avec acharnement et qu'en lui interdisant l'accès aux cours, il lui avait également fait perdre tous ces efforts … Des années de travail pour obtenir des diplômes pour en arriver là. Bien-sûr, Minerva le lui avait dit mais c'était une autre chose que de voir les regrets se peindre sur le visage du garçon et toute cette lassitude remplir sa voix. Il ne semblait plus avoir le moindre espoir.

Sans doute que Sirius devrait-il prendre une décision à ce sujet ou peut-être plutôt qu'il laisse le garçon prendre sa décision. Il devrait avoir le droit de choisir son avenir, au moins en partie. C'est peut-être pour ça qu'il descendit et observa Draco qui lui-même observait par la fenêtre du salon, l'air si triste. Dehors, il neigeait légèrement et cela faisait des jours et des jours que Draco était enfermé à l'intérieur. Il était pâle. Il était magnifique. Il prononça doucement :

- Avez-vous entendu ce que j'ai dit ?

Il semblait tellement las que Sirius peina simplement à hocher de la tête. Il se demandait sérieusement comment il n'avait pas pu voir son état se dégrader.

- Dois-je m'excuser ?

- Arrêtes. S'il-te-plait. On dirait … que je te bas.

Le regard de Draco se tourna vers lui. Il était dur, froid et une grande violence brillait au fond de lui, mais cette dernière était voilée par l'épuisement. C'est à cet instant que Sirius comprit à quel point il avait réussi à plonger littéralement son mari dans le désespoir. Où était passé le jeune homme qui était venu au point de rendez-vous ? Où était passé ce garçon froid mais digne et prêt à lui laisser réellement une chance ? L'avait-il détruit de ses mains ?

Sans réfléchir, il s'avança jusqu'à lui et enroula ses bras autour de lui en le plaquant contre son torse. Draco resta crispé un moment, puis il se détendit contre lui. Il mit quelques longues secondes avant d'oser lever ses propres mains sur le dos de son mari pour lui rendre son étreinte. Il ne savait pas pourquoi Sirius lui offrait cela, mais c'était la première étreinte qu'il avait depuis des mois et ça lui faisait tellement de bien qu'il n'était pas prêt à le rejeter.

Contre son oreille, le cœur de Sirius battait la chamade. Il resta ainsi plaquer à l'écouter, jusqu'à ce que l'homme parle détournant son attention.

- Il faut qu'on discute. De plein de choses.

- Comme vous voudrez.

- Est-ce que … tu veux … Est-ce que tu serais … rassuré si … Enfin. Veux-tu que quelqu'un vienne ?

Contre le torse de Sirius, il se demanda si Sirius croyait sincèrement qu'il pourrait parler de leur couple devant une tierce personne aussi simplement que ça. Avait-il oublié que ce qui se passe dans un couple reste dans le couple ?

- Peut-être Remus ou Minerva ?

- Non … merci, mais je préférerai ne pas étaler certaines choses devant eux.

Il évita de lui rappeler les règles des familles de Sang-Pur et les convenances, il évita de parler des traditions … Il avait bien vu qu'ainsi les choses étaient plus simples pour son mari. L'inverse aurait été plus facile pour Draco.

- Ok. Assis-toi. Le temps que je demande à Kreattur de nous apporter quelques choses à boire et de quoi … prendre un petit-déjeuner.

Draco s'éloigna, rompant l'étreinte et observa le visage de Sirius, l'homme semblait épuisé lui-aussi. Il se demanda si vraiment ils pourraient parler ensemble, si il pourrait expliquer ses peurs, ses colères et ses envies sans subir les foudres de cet homme. Il marcha, doucement jusqu'à la table et quelques instants après, Sirius s'installa en face, en silence. Une théière apparue ainsi qu'un pot de poudre chocolaté et une carafe de lait chaud. Draco se servit cette dernière boisson et laissa ses doigts autour de la tasse chaude.

Sirius hésita un peu, il aurait pu demander ce dont voulait parler Draco mais il avait comme dans l'idée que le garçon ne serait pas quoi lui répondre. Alors il se fit mentalement une petite liste de sujets qui pouvaient lui paraitre intéressant d'aborder. L'avenir et ce qu'ils voudraient faire, où ils voudraient aller, … Leur enfant et la manière de l'élever … Et puis … Leur couple et tout ce qui allait avec, dont la sexualité et ça, ce n'était pas un sujet évident à aborder.

- Commençons par un sujet simple … Est-ce que tu veux passer tes Aspic ?

Draco leva les yeux vers lui et se demanda ce qu'il allait devoir offrir s'il disait « oui ». Etait-ce une simple discussion ou des négociations plus pointues ? A titre d'essai, il répondit :

- Ce serait une chose intéressante, oui.

- Je ne veux pas que tu ailles à Poudlard, mais nous pourrions demander à Minerva de t'inscrire aux examens de fin d'années et te les faire passer. J'ai cru comprendre que tu avais beaucoup travaillé avec des professeurs particuliers. Est-ce que ça te convenait ?

Le garçon hocha de la tête, incertain. Etait-ce une véritable proposition ?

- Je pourrais trouver des professeurs. J'ai plusieurs Aspics. Je pourrais t'aider aussi. La seule question, c'est est-ce que tu es motivé ? Tu pourrais le faire … plus tard. Enfin, rien ne t'oblige à le faire maintenant …

- J'aimerai vraiment pouvoir étudier.

- Ok, je vais me débrouiller pour que l'on fasse ça alors.

- Merci …

- Tant que la guerre est en cours je tiens à ce que tu restes … assez isolé, mais si tu vois des professeurs, je suppose que ce sera déjà mieux. Est-ce que l'on peut faire autre chose ?

Draco hésita, être totalement franc n'était jamais évident et qui pouvait lui prouver que Sirius n'allait pas utiliser tout ça contre lui ? Néanmoins, il se lança en se disant que ça ne pourrait pas être pire, puisqu'il ne sortait absolument pas.

- J'aimerai pouvoir aller dehors. Peut-être simplement dans un parc ou dans un lieu désert. J'ai cru comprendre que vous aimiez, vous aussi, vous balader ainsi …

- C'est noté. Est-ce que cette maison te pose un souci ? Ce serait difficile de déménager mais … ce n'est peut-être pas un bon endroit pour un enfant.

- Vous voulez dire en dehors de la poussière, de l'odeur résiduelle de vieux sortilège de magie noire et de l'absence de parc ? Non, elle est parfaite.

Sirius ne put s'empêcher de sourire en voyant la langue de Draco se déliait doucement et son naturel réapparaitre et il demanda, finalement, tout doucement, le souffle presque totalement coupé :

- Tu étais sérieux hier ?

Draco détourna le regard et rosit doucement. Il était vierge et avoir ce genre de conversation autour du petit déjeuner n'était absolument pas habituel pour lui. Sirius reprit :

- Tu te rends compte de quel âge j'ai ?

- Est-ce cela le problème ?

- C'est un problème oui. Mon âge et ton orientation, ce sont des problèmes.

- Ce sont de faux problèmes, puisque nous sommes mariés, votre âge n'a plus la moindre importance.

- Tu ne peux pas avoir envie de … avec moi.

- Nous sommes mariés.

- Arrêtes avec ça, ce n'est pas une réponse !

Draco tenta de ne pas frémir en entendant la colère qui pointait doucement. Il pouvait le faire. Il pouvait amener cet homme a pensé a autre chose, il suffisait … de le séduire. Ce ne serait pas évident en soit mais il ne voulait pas que les choses restent ainsi. Il ne voulait … mourir sans avoir connu cela. Alors il expliqua :

- Vous êtes plutôt charmant pour un homme. Vous avez un joli visage. Vous ne semblez pas trop musclé et je crois que je préfère cela. Vous n'êtes ni laid, ni repoussant. Tout ce que je désire, c'est que vous ne me brutalisiez pas.

- Je ne te violerai pas.

- J'aimerai découvrir … ces choses-là malgré tout.

- Juste pour ne pas mourir puceau ?

- Cela en fait effectivement parti, mais également pour que vous ne me trompiez pas.

- Je t'ai dit que je te serai fidèle.

- Et aussi que vous arriveriez à rester abstinent pour le reste de votre vie, ce que je ne vous souhaite pas. On pourrait faire cela. Doucement.

Doucement. Respectueusement. Délicatement. Et peut-être même … affectueusement ? Sirius soupirait face à lui, comme si ce qu'il racontait n'avait pas le moindre sens.

- Comment aimerais-tu faire ça exactement ?

- Je suppose que nous pourrions … dormir officiellement ensemble pour commencer.

- Dormir ensemble.

- Oui.

- Et tu voudrais que je te touche ?

- Ou-oui.

Devant un Draco rougissant sous la gêne, le regard de Sirius se durcit et il cracha avec une violence difficilement retenue :

- Si tu me critiques ensuite parce que je te désire, je te briserai.

Les yeux de Draco s'écarquillèrent face à la menace et il tenta de domestiquer les battements furieux de son cœur. Il devait sans doute montrer où se situait les limites. Il ne pouvait pas tolérer ces menaces. Il devait … être courageux.

- Je suis honnête, alors ne me menacez pas. Je serais flatté que vous me désiriez tant que vos actes restent correctes et mesurés.

- Bien.

Sirius se leva, fit le tour de la table, se pencha sur lui et l'embrassa sur la bouche. Ce n'était qu'un baiser chaste. Contrairement à ce qui arrivait dans ses fantasmes, Draco ne se mit pas à haleter, il n'ouvrit pas la bouche, il ne tendit pas sa langue d'une manière inconvenante vers lui. Il répondit tout juste au baiser, d'une contraction légère des lèvres.

Draco détourna le regard dès que l'échange prit fin, mal à l'aise. C'était une bouche d'homme, une mâchoire d'homme, un regard d'homme … Il avait eu espoir que de par son statut d'époux, ce serait différent, mais ce contact n'avait pas été agréable. Sa première réaction n'avait pas été des papillons dans le ventre. Non, il avait retenu une grimace de dégoût et tout ce qu'il espérait c'est que Sirius accepterait d'y aller progressivement, car si sa compagnie commençait à être agréable, il était loin de pouvoir en dire autant de ce degré d'intimité. Il s'était pourtant fait à l'idée mais son corps et donc, une partie de son inconscient avaient donc bien plus de mal à s'y faire. Ce serait-ce seulement possible ?

Sirius se redressa et lui fit un sourire goguenard comme s'il avait envie de lui rappeler qu'il le lui avait bien dit. Il l'avait embrassé et le garçon avait détesté ça. Ça ne fonctionnerait jamais.