Bonjour!

Pour les plus rapides et les plus observateurs d'entre vous, j'ai modifié la ville de Bath en Brighton.

Merci WritingImagination pour ta judicieuse remarque. Je n'avais pas verifié que même si Bath était bien une ville très en vogue où on y prenait des bains, elle n'était pas située en bord de mer!

Voici un petit chapitre qui est l'un de mes préférés.

Bonne lecture.


L'aveu de James

L'arrivée des Bingley à Brighton apporta beaucoup de joie à Helen qui semblait avoir pris quelques distances avec sa cousine. George, par contre, avait une certaine aversion pour le frère l'aîné, Carl, et accepta plusieurs invitations afin d'éviter de se trouver trop souvent en présence de l'indésirable chaperon de Charline.

Lors d'une promenade sur la jetée, les demoiselles Helen et Charline avaient visiblement beaucoup de plaisir à se retrouver et tout autant de choses à se dire. Elles partirent donc bien devant afin de s'éloigner des oreilles indiscrètes.

- Dites-moi tout Charline, James Bennet a-t-il répondu à votre lettre?

Le goût du romantisme des lettres secrètes avait accrut leur complicité.

- Oui! Et je l'ai même toujours sur moi! Vous êtes la seule à qui je peux me confier, Helen, et c'est pour moi très dur de ne rien montrer à mon entourage des émotions qui me tiraillent. La voici.

- Vous me permettez de la lire? N'est-ce point trop... personnel?

- Si elle l'est mais j'ai trop besoin d'une confidente et vous pourriez ainsi me dire ce que vous en pensez.

Helen déplia délicatement la lettre écrite avec soin, regarda autour d'elle et se mit à lire.


Chère Miss Bingley.

C'est avec une grande surprise que je découvre votre lettre dans le courrier de ma tante. Un courrier précédent de sa part m'avait informé de votre récente rencontre et de probables nouvelles par la suite, mais je n'osais espérer tant.

N'ayez crainte de m'avoir offensé en la rédigeant, c'est un véritable plaisir de pouvoir vous lire. J'espère que ma lettre en retour vous trouvera en bonne santé et réconfortée d'en découvrir son contenu.

Je ne suis pas, comme vous le savez, très prolixe. Et les mots que je voudrais prononcer sortent parfois difficilement. Cette lettre est pour moi une bénédiction que je saisis pour pouvoir vous écrire ce que je n'oserais probablement pas vous avouer devant vous, d'autant que je ne sais si, après l'avoir lue, vous souhaiteriez encore entendre parler de moi.

Je dois vous signaler en premier que j'ai été étonné que vous ayez pu douter de l'affection que j'ai pour vous. Je vous confesse que je suis un grand timide et j'ai eu besoin d'un peu de temps pour mesurer l'ampleur de mes sentiments. Je ne suis pas un homme primesautier qui s'empare des cœurs des demoiselles au premier coup de vent. Mon cœur, encouragé par vos nombreuses gentilles attentions, s'est définitivement emballé pour vous. Et tout dans votre comportement et vos douces manières, m'avaient fait croire que vous partagiez le même émoi. Aussi, lorsque vous avez quitté Netherfield en novembre dernier, je ne savais plus si, de tout cela, je l'avais rêvé.

Mon cher frère Elliot, qui ne douta jamais de votre affection pour moi, me conseilla de me rendre à Londres afin de pouvoir vous revoir et d'espérer vous parler en toute intimité, ce que je m'apprêtais faire avant votre départ.

Malheureusement, je n'ai point eu l'occasion de vous rencontrer durant le mois que j'ai passé à Londres. Une phrase de votre frère Carl, qui avait daigné me rendre visite chez mon oncle et ma tante, m'a fait croire que vous étiez en déplacement. Cependant, peu de temps plus tard, mes frères et moi, nous vous avons entraperçu dans une rue de la capitale et j'ai cru que votre frère avait inventé ce stratagème parce que vous ne vouliez plus me voir. Maintenant, j'en viens à en douter.

Mes mots ne seraient pas assez pour vous expliquer la peine que j'ai ressenti et c'est avec amertume que j'ai repris le chemin de Longbourn pour y reprendre le cours de ma vie.

Pardonnez-moi si je me suis mépris sur vos attentions et sur celles de votre frère qui a peut-être, de cette manière, voulu vous préserver.

Je n'ose imaginer ce que vous attendez de moi en prenant la peine de m'écrire mais comme vous m'avez demandé de vous révéler ce que je ressens pour vous, je vous dévoile donc ici l'entièreté de mon âme, en toute sincérité.

Mon cœur vous appartient à jamais.

Votre dévoué James Bennet

PS: j'ai une grande confiance en Mrs Gardinier et sur son entière discrétion.


Helen referma la lettre, les joues rosies par ce qu'elle venait de lire, les joues de sa compagne, entre temps, avaient viré au cramoisi.

- Qu'en pensez-vous, Helen?

- Ce que j'en pense? C'est que vous avez là, Charline, une lettre d'amour comme je n'en ai jamais eu ! Ce James est on ne peut plus épris de vous et les mots qu'il emploie sont, ma foi, très bien formulées pour homme réservé!

- Que dois-je faire selon vous?

- L'aimez-vous?

- Je dois vous avouer que je n'ai pas cessé de l'aimer depuis novembre dernier.

- Alors, il faudra que vous lui disiez, le pauvre homme a déjà bien assez enduré, ne pensez-vous pas? Sourit Helen.

- Oui mais mon frère et Miss Darcy, qu'en penseront-ils?

- D'après ce que j'ai compris, Carl Bingley est votre frère et non votre tuteur. Donc si ce James souhaite demander votre main - et c'est ce que j'ai cru lire entre ses lignes - ce sera à votre père qu'il devra le faire! Quant à ma cousine, je m'en chargerai au moment venu. J'ai déjà quelques petites choses à m'entretenir avec elle.

Voyant qu'elles s'étaient fort éloignées, elles décidèrent de rebrousser chemin et revenir vers Carl et Felicity qui devaient les chercher.