Chapitre 34 : Faillir mais avancer

Dans les semaines qui suivirent, Carlie disparut peu à peu de la vie des garçons. Ils se débrouillaient toujours pour être absents lorsqu'elle venait et ce avec la complicité des Cullen.

-Tony et Gab ne sont pas là? leur demanda-t-elle un jour qu'elle passait.

-Non, tu sais qu'ils ont à faire, lui répondit Bella dans les bras d'Edward.

-Ouais, dites plutôt qu'ils ne veulent plus me voir depuis qu'on a parlé.

-Ecoute, Carlie, commença Bella, je pense que si tu veux parler à Gabriel et Anthony, il faudrait que tu cesses d'essayer de les coincer ici.

-Pour leur parler, il faudrait que j'arrive à les joindre, hors aucun ne répond.

-T'es-tu posé la question? demanda Edward.

-Oui je sais pourquoi, mais j'ai besoin de leur parler, ils ont toujours été là pour moi et moi aussi mais avec Jake, j'ai... ce n'est pas pareil et eux me rappellent ma vie de misère et j'ai besoin de la mettre derrière moi!

-Tu as parlé avec Jasper? demanda Edward.

-Oui... soupira la jeune femme.

-Et il dit quoi? Si tu veux en parler bien sûr...

-Oui c'est bon. Il dit que je ne peux pas les obliger à me parler, que j'ai moi-même fermé une porte quand on a parlé tous les trois la dernière fois. Ils ont dû apprendre à gérer cette rupture. Ils se sont sûrement sentis trahis et rejetés... Mais ce n'est pas ce que je voulais! J'ai juste un peu de bonheur et je voulais le garder pour moi! Je sais que c'est égoïste et, Jasper me l'a confirmé. Il m'a aussi assuré que partager son bonheur n'entraîne pas qu'on le perde mais qu'on le multiplie car on rend et alors les autres aussi sont heureux. Mais moi, je ne savais pas tout ça et maintenant c'est trop tard. Même avec vous, ce n'est plus pareil. Avant je pouvais tout dire à Bella, mais depuis les jumelles, ce n'est plus vrai...

-Je t'arrête de suite, dit Edward, on en a déjà parlé et ce n'est pas le cas. Mais tu as estimé que ne plus être le centre de notre monde faisait de nous des gens moins bien. Pourtant nous continuons à voir Jasper, Alice, Jake, Emmett et les enfants.

-Peut-être que lorsque tu auras fait l'expérience d'une grossesse, d'un accouchement, tu verras les choses autrement. Pour les garçons, arrête de venir chez nous, pour les voir! Va les trouver ailleurs! Tu es la bienvenue pour des visites mais modère tes propos à mon égard. Là, je ne prendrais pas ta défense mais ça ne fait pas de moi, une garce, mais plutôt une personne juste. Edward, je vais voir les filles et commencer leurs bains, je t'attends. Bonsoir Carlie.

-Bella...? Appela la jeune femme.

-Carlie, je crois que tu dois apprendre à grandir et à partager. Je vois que tu essaies et que tu fais des efforts. Mais au bout d'un moment, essayer ne me suffit plus. Tu es quasi majeure, tu as des responsabilités, des choix à faire, des erreurs à assumer. C'est dans cette action que tu deviendras une belle personne. Tu en as le potentiel, tu es en devenir. Ne laisse pas ton passé, ton histoire, continuer à modeler ta vie. Tu as le droit de choisir l'inconnu, tu es courageuse et entourée! Ne fais pas le vide autour de toi pour te prouver que tu ne mérites pas tout ça! Maintenant je dois aller voir Bella!

-Merci Edward...

-Bouge, Carlie, après tu me remercieras.

La jeune femme partit et Edward monta partager un moment privilégié avec sa famille.

Quand Bella retrouva les garçons dans les jours qui suivirent, elle leur fit un commentaire:

-Écoutez... je pense que si vous ne souhaitez plus parler à Carlie, il faudrait lui envoyer un message et être honnête avec elle. Je sais qu'elle vous a déçus et blessés. Mais vous êtes mieux que ça et puis je ne supporte plus qu'elle vienne vous voir chez nous, qu'elle vienne oui, mais pas seulement pour ça!

-Bella, tu vas bien? demanda Tony inquiet.

-Non, je suis fatiguée et je ne me sens pas bien...

-Tu l'as dit à Edward?

-Pour la grossesse ou pour la fatigue?

-Les deux! grogna Tony.

-Oui, le soir où tu es passé, je lui ai dit. Mais comment tu le sais pour la grossesse, Tony?

-La fatigue, tes formes, désolé, dit- il en grimaçant, et certains signes que tu avais pour les filles... Je te l'ai déjà dit, Bella, j'ai appris de la meilleure.

-Oui tu as raison pour la fatigue, ça va passer après les trois premiers mois, le temps que mon organisme s'habitue, mais j'ai l'impression de passer à côté de mes filles. Heureusement qu'Edward est présent mais je vais devoir être moins présente au centre...

-Bella, tu attends des jumeaux ou pas? Je sais ça n'a rien à voir avec ce qu'on disait à l'instant, sourit Tony.

-A ton avis?

-Je ne suis pas encore médecin, mais je pense que oui et toi, tu en penses quoi?

-Je pense que tu as raison et que même si j'ai dit que c'était un coup de mal chance, si j'attends des jumeaux, une nouvelle fois, je serais ravie.

-Une préférence?

-Deux garçons sans hésiter, dit Bella.

Ils éclatèrent de rire. Ce dont ils ne se doutaient pas c'est que la même complicité liait Edward et Gabriel et qu'ils parlaient tout autant de choses importantes.

-L'artiste, elle va comment Bella? Avec sa grossesse, la fatigue et Carlie?

-Comment tu sais? Et tu ne l'appelles plus Moustique?

-Nan, elle est plus Mama Bear que Moustique... Pour le reste, n'oublie pas qu'on vit beaucoup avec vous et que je veux être médecin!

-C'est vrai, sourit Edward, j'ai parfois tendance à l'oublier.

-Pour rétablir la vérité, c'est Tony qui s'en est rendu compte le premier et qui m'en a parlé et surtout qui a confronté Bella. Après je sais qu'il voulait la voir aujourd'hui. Il a tout fait pour lui laisser du temps, de l'espace et qu'elle puisse te parler...

-Elle l'a fait... le soir même...

-Et? Enfin t'es pas obligé, je m'inquiète c'est tout et je suis peut- être trop jeune pour que tu me parles...

-Non ça n'a jamais été le cas. Elle m'a assuré avoir fait un test parce qu'elle ne voulait pas croire ce qu'elle imaginait et après ce que Tony lui avait dit... Elle ne m'a pas attendu...

-Tu lui en veux?

-De ne pas m'avoir attendu? J'aurai aimé être avec elle, être là pour la soutenir, devant le résultat. Elle semblait si perdue, si abattue... Elle était convaincue qu'elle ne saurait pas mais nos jumeaux comme elle aime les jumelles, qu'elle ne saura pas multiplié son amour. Moi je sais que si, elle en ai capable tous les jours. Mais ressembler ou devenir comme sa mère la terrifie, cette fois plus que la première...

-Elle n'est pas sa mère, elle ne lui ressemble pas non plus, elle ressemble plutôt à la tienne d'ailleurs, sourit Tony. Et tu as raison, elle sait démultiplier son amour maternelle, regarde avec nous : c'est à la fois notre maman, notre sœur, notre amie, notre confidente...

-C'est vrai, mais cette fois, on n'avait pas prévu, elle a été malade et du coup... elle n'était pas protégée...

-Tu...

-NON je suis ravi! Etre père c'est merveilleux, épuisant mais merveilleux! A l'idée de l'être à nouveau, c'est génial.

-Des jumeaux, alors?

-Bella en est convaincue... je le pensais aussi... le médecin l'a confirmé. Comme les filles, deux poches distinctes donc pas de clones... Je peux te demander quelque chose?

-Oui, tu sais bien que oui.

-Tu accepterais d'être le parrain de nos jumeaux? Je pense que Bella va demander à Tony de son côté.

-Je peux te poser une question avant de répondre?

-La marraine sera Alice. Angela est là pour les jumelles et Alice aussi, mais il n'y aura qu'Alice.

-Alors c'est oui, j'accepte, sourit Gabriel.

-Bella vient de m'envoyer un SMS pour me dire que Tony avait accepter aussin pour les mêmes raisons que toi.

-Désolé l'Artiste...

-Ne le sois pas, tu as été honnête.

-C'est vrai, mais on n'est pas frère de cœur pour rien avec Tony...

-Crois- moi, Gab, même à votre âge, vous êtes beaucoup de choses mais sûrement pas frères. Maintenant tu veux en parler, je suis là, tu veux te taire, je suis là aussi ainsi que Bella.

-Merci.

-Allez une balade avec les chiens et les filles?

-En porte- bébé dorsal alors car j'ai envie d'aller en forêt ou dans les champs!

-Forêt ce sera alors!

-Je vais préparer les filles. Je te laisse tes chiens parce que quand il est question de balade, ils deviennent complètement barrés. Heureusement... pas de poussette!

-Attends qu'ils comprennent que "porte- bébé = balade"... Ca va être terrible... Ca va manquer à Bella, de ne plus pouvoir les porter. Deux grossesses gémellaires aussi proches, c'est risqué et elle va devoir se ménager encore plus que pour la première.

-T'es mal barré, remarqua le jeune homme en riant.

-Bella nous rejoint avec Tony, ils avaient envie de se balader aussi.

-Bah, tiens! Rit Gabriel.

Ils passèrent une journée tranquille et surtout ponctuée d'éclats de rire, de jeu et de repos. Même si cette grossesse était sereine et en veilleuse, contrairement à la précédente qui avait été annoncée et fêtée. Elle se faisait en toute discrétion, tranquille et familiale.

Surtout que du côté de Jasper et Alice, les choses changeaient. Contrairement à ce qu'il avait déclaré au début, il ne souhaitait plus attendre aussi longtemps, il voulait qu'Alice vienne vivre avec eux. Il n'était pas question qu'elle perde son atelier, mais vivre loin l'un de l'autre, ce n'était plus possible. Elle passait déjà toutes ses nuits avec eux, travaillant tard certains soirs pour permettre à Lili d'avoir son Papou rien qu'à elle, ce dont elle avait besoin plus que tout.

Jasper prévoyait aussi de modifier et de supprimer son garage afin de le transformer en atelier pour Alice si cette dernière validait l'idée.

Ils avaient décidé de se marier en petit comité : leurs parents, enfin Charlie, Esmée et Carlisle, Emmett, Edward et Bella et les enfants de ces derniers. Jake n'était pas invité : c'était un pote, mais surtout un ami à Rosalie et en plus Carlie devenait insupportable. Quant à Rose... à part apparaître et disparaître au parc, elle était absente de la vie de tous.

Ils avaient donc décidé que Jasper arriverait au bras de Bella, tandis que Charlie serait avec Esmée. Ils avaient surpris tout le monde avec leur mariage discret mais Alice avait besoin de faire quelque chose qui lui correspondait, enfin plus rien dans le gigantesque, plutôt dans le parfait. Son ancien professeur lui avait fait sa robe, mais elle avait fabriqué celle de Bella et des files. Jasper avec les homes et les garçons avaient eu le choix, ce qui était un gros effort pour elle. Mais Jasper avait fait un effort, il avait demandé à tous de faire faire leurs costumes sur mesure et Esmée et Carlisle avaient fait de même.

Tous connaissaient Alice et savaient que ce geste la toucherait, c'était en quelque sorte leur cadeau.

Ils prévoyaient de faire la fête chez eux, mais Esmée leur avait proposé la maison comme elle l'avait fait pour Edward et Bella. Elle avait proposé de gérer la décoration avec Jasper, dans le dos d'Alice, vu qu'il connaissait les goûts - nouveaux- de sa belle. Lili avait prévu de faire un discours, qu'elle travaillait seule et Bella avait accepté de le relire.

Le jour venu, Carlisle vint chercher Alice chez elle, alors que Jasper était parti avec Lili chez Edward et Bella pour se préparer.

Alors que la voiture changeait de direction et se dirigeait vers la maison de ses parents, Alice s'inquiéta :

-Papa, où allons- nous? Nous allons être en retard!

-Ne t'inquiète pas, Alice. Maman a juste une surprise pour toi qui ne va prendre trop de temps, je te le promets.

-Je te crois, Papa... Papa?!

-Oui ma belle?

-La maison?!

-Elle est toujours là.

-Elle est décorée, elle est magnifique! C'est ça la surprise?

-Non, tu dois sortir de la voiture et rentrer dans la maison.

-D'accord, mais...

-Tu montes les marches à mon bras, pas question que tu trébuches aujourd'hui, poursuivit son père.

-D'accord! Je sors de cette voiture, râla Alice.

-Pas aujourd'hui, Lily... Sourit, ce doit être le plus beau jour de ta vie!

-Pardon papa... J'ai juste peur d'être en retard et de tout gâcher! J'ai peur que Jasper pense que j'ai changé d'avis et ça je ne le veux pas. Je n'aurai jamais imaginé que Jasper puisse... Enfin je ne veux pas tout perdre.

-Je te promets que ce ne sera pas le cas et pour te rassurer, Jasper sait que nous devons venir ici, donc il ne s'inquiète pas et tout le monde est avec lui pour l'occuper.

-Merci Papa.

-Bon, alors... Veux- tu passer la porte d'entrée seule mais avec le risque de marcher d sur ta robe? Ou passe- t- on par le jardin, mais à mon bras, et ce sera plus simple?

-Le jardin, répondit Alice avec le sourire et en tendant la main à son père.

-Attends... Je remets ta robe en place afin qu'elle ne soit pas endommagée, s'empressa Carlisle, attentif.

Pour sa défense, il avait reçu des consignes strictes de la part de Bella et Esmée, mais surtout de Jasper, ce qui l'avait fait sourire. Son gendre tenait à sa fille, comme à la prunelle de ses yeux.

La perdre lui avait fait toucher le fond.

La retrouver ne l'avait pas rendu heureux contrairement à ce que certains auraient pu penser. Il avait été perdu, plongé dans de grandes angoisses, il avait exploré ses sentiments, ses peurs, son histoire, la leur. Il ne s'était pas fait confiance, et puis avec Lili, ou grâce à elle, il avait repris pied, doucement. Cette demoiselle avait combattu et participé à chacune de ses batailles, de ses guerres et elle avait gagné la confiance d'Alice, ou plutôt, Alice avait plié devant Lili, comme beaucoup.

Carlisle se redressa et présenta son bras à sa fille et ils commencèrent à avancer, tranquillement, mais sans prendre leur temps non plus.

Alice regardait le jardin, les fleurs, les arbres, il y avait quelques abeilles et des papillons comme si elle voulait le graver dans sa mémoire.

Rien de bucolique, plutôt quelque chose de rassurant, de serein?

Elle respira profondément et sourit, tranquille.

Quand ils arrivèrent derrière la maison, Alice s'arrêta émue, le jardin ressemblait à celui de son croquis de petit fille, la musique d'Edward, celle qu'il lui avait avoué composée pour elle, résonnait.

Elle clignait des yeux, tentant de réfréner ses larmes, les invités s'étaient levés et Carlisle l'amena au début de l'allée, au bout de laquelle l'attendaient Jasper et Lili. Le sourire de ce dernier s'agrandit lorsqu'il la vit. Lili lui serra alors la main, l'embrassa sur la joue puis alla s'asseoir au côté de Seth qui rougit un peu. Carlisle posa la main sur celle d'Alice qui inspira pleinement avant d'avancer avec son père. Heaven de Bryan Adams résonnait doucement, elle savait qu'ils préféraient Everything I Do mais ils avaient trouvé que ça faisait trop cliché. Et de suite tout était parfait, elle ne savait même plus si autrement aurait été mieux. Plus elle regardait autour d'elle, plus elle remarquait quelques détails : son père avait une tenue sur mesure, en s'approchant elle constata que ses frères, ainsi que Seth avait des tenues assorties à sa robe, mais en plus le gilet de Jasper avait le dessin de son bustier, sa pochette et sa cravate étaient faits du même tissu que sa robe.

Carlisle embrassa sa fille sur le front puis il donna la main de celle- ci à Jasper, il l'embrassa aussi sur le front en lui disant :

-Tu es ce qui lui est arrivé de mieux dans sa vie depuis l'arrivée d'Edward. Ne l'oublie jamais, n'en doute jamais. Tu as su dire non et je suis fier de toi, Jasper et en plus tu es un papa fabuleux.

-Merci Carlisle, souffla son gendre, ému.

-Soyez heureux les enfants!

Carlisle rejoignit Esmée et Charlie, et la cérémonie débuta.

Les mariés ne cessaient de se sourire, puis ce fut le moment des vœux et Alice demanda :

-Je peux d'abord?

-Je t'en prie, accepta Jasper.

-Merci... Je ne sais pas si c'est conventionnel, ou non, de commencer en premier, mais ai-je jamais fais selon les conventions? Je... Non! Tu as fait de ce jour, aujourd'hui, le plus beau jour de ma vie, tu l'as tellement fait ressembler à ce dont je rêvais petite fille, avant que je ne devienne stupide et futile, que... je ne sais pas si un jour, je saurais te rendre, ne serait- ce qu'une infime partie de ce que tu m'offres depuis si longtemps. Voilà... Je... mes vœux... Jasper, tu es le premier, et le seul, à avoir capturé mon cœur, après mon père, tu as été là, tu as su me dire non et me mettre devant mes responsabilités alors même que je ne les voyais pas, tu as pris le risque de me perdre pour ne pas te perdre et ne pas perdre ce qu'il y avait de plus beau. Mais surtout tu as su m'offrir une seconde chance. Tu es le plus merveilleux des papas. Je me réjouis à l'idée de passer ma vie à te prouver que tu n'as pas eu tord. Je t'aime Jasper.

-Moi aussi je t'aime Alice, sourit- il ému. Et bien à moi alors! Alice, organiser ce jour a été quelque chose de fabuleux car je ne voulais aucun regret, aucune tristesse et surtout que ce jour soit nous. Si tout à été possible c'est grâce à Esmée et Bella : je voulais que tu le saches. Alice... Quand je suis arrivé ici, il y a quelques années, j'étais à vif et cette petite fille espiègle que tu étais, qui ne prenait jamais un STOP pour un NON, a su m'atteindre, me faire sourire, puis me faire rire. Je pense pouvoir dire que je t'ai aimé presque de suite. En grandissant, nos chemins communs se sont faits chaotique, mais je n'ai pas cessé d'aimer cette enfant sautillante, excitée par tout. Te retrouver, les yeux ouverts sur le monde dans lequel on vit, m'a rendu heureux. Merci d'accepter ma fille, le pilier de ma vie, celle qui a fait et qui fait que ma vie a un sens. A vous deux, vous faites de ma vie, un bonheur vécu. Je n'attends rien de toi Alice, tu es à mes côtés, c'est plus que je ne pouvais rêver, petit. Je t'aime, Alice.

La cérémonie alla ensuite vite. Ils furent déclarés mariés et époux Hale- Swan rapidement. Alice put alors remercier tout le monde, et Jasper fut grandement félicité pour tout ce qu'il avait prévu. Edward joua un peu de piano, puis ce fut le moment de l'apéritif et au moment de trinquer, c'est Lili qui demanda la parole.

-Alice et Jasper, ne croyez surtout pas que ce n'est pas le plus beau jour de ma vie : j'ai un papa et une maman : mon papa et ma maman. Mais je voudrais dire autre chose : Alice, quand j'ai vu Jasper pour la première fois, ce que j'ai vu ce sont ses yeux, tristes, délavés d'avoir trop pleuré, ravi de me voir, passant des heures avec moi, ce que j'ai adoré. Puis je l'ai vu avec Bella, Edward, Emmett, Tony, Gab, Leah, Seth… entouré et présent pour les gens qu'il aime. La première fois que je suis allé dans son bureau puis chez lui, ce sont tes photos qui m'ont marquées. Tu étais presque partout. Souvent seule, rarement avec ta famille, mais une fois avec Jasper. Il regardait rarement ces images et puis il y avait des photos avec Bella, une enfant, l'autre je pense pour son mariage. Puis j'ai appris à le connaitre, il était renfermé mais généreux. Certains m'auraient laissée en foyer après mon histoire, mais lui non. Ça a été mon prince mon sauveur. Grâce à lui, j'ai une maison, un papa qui sèche mes larmes et je sais qu'il sèchera tes larmes, Alice. J'ai été là pour éviter que les siennes coulent souvent, mais je n'ai pas su. Mais toi, Alice, tu le sais ! Tu as ce pouvoir magique, de ne pas que plus jamais ses yeux y pleurent. Alice, moi aussi je te n'aime, et tu es ma maman bis, ma Mamou, ma maman, parce que la première elle ne sait plus. Mais si mon Papou, il repleure de cristesse n'à cause de toi, je crois que je donne tes affaires à Cookie et au fumier. Maintenant, si c'est de l'eau de bonheur comme quand tu as dis oui, alors je serais la plus n'heureuse. Tant que tu le feras n'exprès, c'est bien, mais je ne veux pas être vilaine, alors si s'il te plaît, Nalice, rends mon papa n'heureux, parce que je te n'aime tout plein, fit Lili en se jetant dans les bras d'Alice et Jasper.

-Je suis désolée, Papa, je ne voulais pas dire des choses vilaines, mais je veux plus que tu sois triste, sanglota Lili. Parce que Maman, je t'aime très fort et je suis contente qu'on soit ensemble.

-Chut, Lili, tout va bien, et je trouve que c'est une belle promesse et déclaration à Jasper, à ton Papa. Et je le mérite, je n'ai pas toujours été gentille, je ne t'en veux pas tu as ma parole !

-Merci, maman, sanglota t-elle, puis en se tournant vers Jasper, Papa ?

-Viens dans mes bras ! C'est la plus belle bataille et défense qu'on aie fait pour moi ! Je te remercie, mon petit rayon de soleil.

-T'es pas fâché, alors ?

-Non, parce que je sais pourquoi tu l'as dit aujourd'hui !

-Hum, t'es le plus merveilleux des papas ! J'ai de la chance que tu m'aies trouvée.

-Non, c'est moi qui suis chanceux d'avoir une fille comme toi ! Tu es belle dans ton cœur, tu es vraie, douce, dynamique, chipie. Tout ce que j'aime !

-Oui mais tu n'as épousée maman, alors c'est à elle aussi qu'il faut dire des mots d'amour.

Tous éclatèrent de rire, et quand Jasper retrouva son sourire, il demanda :

-Lili, tu m'expliques la bougie ? Sur la table et sur certaines photos ?

-C'est pour Rosalie ! Je voulais qu'elle soit là, même si ce n'est pas possible, pour toi, maman, et Memett, c'est ta sœur et voilà… Elle est là, j'ai pas osé la photo parce qu'on aurait dit qu'elle était morte. Mais tu m'en veux ?

-Oh non, grâce à toi c'est parfait, en plus de tout le reste, merci Lili.

-De rien mon Papou ! Dis tu reste mon Papou quand même, même si tu deviens mon papa ?

-J'espère bien !

-Je suis heureuse alors ! Je te laisse, y'a du monde qui veut te parler. Je vais voir Seth tout de suite !

-Seth, hein ? Sourit Jasper.

-Papa ! Râla Lili, en tapant du pied.

-File le retrouver, tu dois lui manquer, rit Jasper.

-Et moi je vais donner tes chaussettes à Levis et Balenciaga !

-Hey !

-Fallait y penser avant ! Rit Lili en partant en sautillant.

-Lili ?!

-Non, crop tard elle a dit, répondit Seth.

-Alors, beauf, tu as fait quoi à ma nièce pour qu'elle te menace comme ça ? Demanda Em en le prenant dans ses bras. Et félicitations à toi, te voir enfin heureux c'est génial, tu le mérites vraiment.

-Merci Emmett ! Ça me touche que tu sois là, que…

-Nan, merci à toi, car je peux être là, tu m'as aidé à me sortir la tête de… 'Là-ou-je-l'avais', rit-il.

-Évite, rit Jasper, et de rien, tu ne me dois rien.

-Sois heureux, rends-la heureuse, vous le méritez, souffla le jeune papa avant de s'éloigner sur la terrasse.

Puis ce fut Edward et Bella, les parents, ils passèrent doucement à l'apéritif, les enfants du centre leur avait fait une sculpture pour leur jardin, Jake avait déposé un ensemble de photos des trois pour chez eux, et un bon pour une visite ou un resto avec eux, quand ils le souhaiteraient. Alice grimaça et Jasper lui souffla :

-Rien ne presse, nous pouvons refuser.

-C'est ton ami, Jazz.

-Non, c'est l'ami de Rosalie et Carlie, ce sont avec Tony et Gab, les premiers qui sont venus, mais elle fait son chemin seule maintenant.

-D'accord on va y réfléchir...

-Au fait, tu as les cadeaux des garçons?

-Pas encore, pourquoi? Et toi?

-Non plus, il parait que Lili et Seth ont aussi participé.

-Et il est où, ce cadeau?

-Il parait qu'on ne le trouvera que quand on rentrera, ce soir.

-Alors j'ai hâte!

-De voir le cadeau?

-Oooooh oui!

-Seulement?

-Mais nooonnn! Pour ça et pour tout le reste aussi, sourit Alice. Je suis heureuse tu sais, grâce à toi! Tout ce que tu as fait, ce que tu m'as caché aussi, tu as rendu ce jour plus beau et juste plus inoubliable qu'il était possible. Je ne pourrait jamais t'en rendre le quart.

-Oh si... Tu es revenue, tu as ouvert les yeux, tu m'aimes encore et surtout tu m'as dit oui... Je ne peux rien souhaiter de plus pour le moment.

-Pour le moment? Mais...

-Chuuutttt... Oui je t'aime encore, toujours, et oui pour le moment, parce qu'un jour, j'espère qu'on sera prêts à donner un petit frère ou une petite soeur à Lili. Alors à ce moment-là, ce sera plus.

-Ce plus-là, je le veux aussi, quand on sera prêt!

-Quand on sera prêt, confirma Jasper.

Plus tard dans la soirée, alors que Jasper, blotti entre ses jambes, discutait avec Bella, Edward en face avec les jumelles à côté et Lili qui berçait Seth, il aperçut Emmett et Alice qui discutaient sur la balancelle, la tête de son épouse reposant sur celle de son grand frère. Tout montrait qu'elle le consolait, de toutes ses peines, de toute sa misère, et de celle du monde. Alice avait pris les mains de son frère dans les siennes et les caressaient tendrement. Il se doutait bien que son ami souffrait de l'absence de sa compagne. Il aurait pu penser que c'était Rosalie qui lui manquait mais Jasper était convaincu que c'était celle de Leah qui était la plus terrible. Elle avait été de tous les soutiens, de beaucoup de larmes et de joie aussi. Son beau-frère avait grandi grâce à elle, et il était maintenant deux fois papa.

La main de Bella dans ses cheveux lui permettait de laisser vagabonder ses pensées. Il se revoyait enfant, imaginer son mariage avec Alice, tout ce qui comptait à l'époque pour elle, c'était que ce soit comme dans un rêve, aussi beau et merveilleux, et encore plus que tout il voulait que lui faire plaisir, la voir pétiller de vie, sauter de joie, parler sans s'arrêter de toutes les idées qu'elle avait en tête, quitte à changer d'avis si ça l'arrangeait. Aujourd'hui Alice avait permis à Jasper de faire ce dont il avait envie, elle lui avait fourni des idées mais tout en disant que cela devait lui plaire avant tout. Lui avait tout fait pour lui faire plaisir, et il en avait aimé chaque instant : trouver comment concilier les goûts de tous et surtout les leurs. Il en souriait encore quand Seth l'interrompit :

-Dis, 'per

-Oui mon grand?

-Papa 'cesse lui? Mama ciel…

-Oui j'espère que ton papa va trouver sa princesse et ta maman au ciel en sera heureuse.

-Vi… Dis, 'ward? Papa a 'cesse?

-Oui mon grand, ton papa a une princesse, elle doit juste le trouver.

-Vi… 'tabell Papa 'cesse?

-Oui je te le promets, sourit Bella.

-ool… Faut 'der elle. Moi 'ouv'e elle.

-Tu vas la trouver et je vais t'aider, elle n'est pas loin je te promets, le rassura Lili. Ne t'inquiète pas, je t'aiderai, je te le promets!

- Lili ?! Prévint Jasper.

- Oui, papa, je promets à Seth que je l'aiderai mais je n'ai rien dit d'autre, ou promis de faire des bêtises.

- Bien.

- Tu sais, tu peux me faire confiance, hein, je t'ai aidé…

- Je n'ai pas oublié, Lili.

- Alors maintenant, que tu as besoin de moins d'aide, et bien je vais aider Seth. Et comme je ne vais pas faire de bêtises, et ben tu ne vas pas me gronder, et maman, elle sera d'accord pour m'aider. Tu ne vas pas rester tout seul à rien faire ?

- Je ne veux rien faire qui puisse blesser Emmett, Lili !

- Mais moi non plus ! Au fait, Tatibell, j'ai vu que tu n'as pas bu de l'alcool, juste du jus de fruits ! T'es pas malade au moins ?

- Non, Lili, je ne suis pas malade.

- Pourtant, papa y boit de l'eau que quand il est malade ! T'es sûre ?

- C'est vrai, réagit son frère, tu as trinqué au jus !

Du coup, toute l'attention de l'assemblée sembla se focaliser sur elle, de même que celle d'Alice et Emmett qui venaient de rentrer.

-Vous parliez de quoi?

-Du fait que Bella n'a pas bu d'alcool de la journée.

-Et bien, elle allaite encore, non? déclara Alice.

-Aussi, répondit Bella avec un petit sourire.

-Comment ça « aussi », râla Charlie.

-Papa… S'il te plaît… Ne commence pas, c'est un beau jour, tu as marié ton fils, alors profite!

-Bella! Gronda son père.

-Ce que Bella essaie de vous dire Charlie, c'est qu'elle n'est pas malade, qu'elle ne boit pas d'alcool parce qu'elle allaite encore mais pas seulement… répondit son genre calmement.

Devant la mine de Bella, Tony la questionna du regard, et elle acquiesça, tout comme Edward le fit à Gab.

-En fait ce qu'Edward et Edward essaient de vous dire c'est qu'ils ont cherché des parrains une nouvelle fois et c'est nous!

-Comment ça « une nouvelle fois »? dit Charlie.

-Tu attends un bébé, Bella? demanda Lili.

-Euh pas exactement, répondit la jeune maman, gênée.

-Bella et Edward attendent des jumeaux, annonça Tony. Bella ne voulait pas le dire car aujourd'hui c'est la fête de Jasper et Alice.

-Mais comme on partage tout en famille, comme l'arrivée de Baptiste, la naissance des filles, ajouta Gab, et Lili qui a la vue très affutée pour une jeune fille de son âge, et que c'est une superbe nouvelle… Alors TADAM!

-Bella?

-Quoi Papa… Tu ne peux pas faire mieux qu'un « Bella »? Tu n'y crois pas? Tu es dégoûté? Tu crois qu'on ne fait pas attention? Qu'on fait ça comme des lapins? Que Tony et Gab racontent des histoires?

-BELLA! Bien sûr que non.

-Mais quoi, papa? Parce qu'il y a un MAIS, je te connais trop quand je suis concernée. Tu as encore honte de ta fille? Ta seule enfant biologique? Parce que si ça n'est pas ça… ça ne se voit pas. Il serait temps que tu t'enlèves les œillères, que tu regardes autour de toi : la famille, tes enfants! Tu sais quoi? Je suis fatiguée de tes préjugés, de ta manière de voir le bien, le mal… Edward je suis fatiguée… Rentrons.

-D'accord.

-Attends, dit Alice, vous avez les deux parrains, mais…

-Il n'y aura pas de marraine, répondit son frère.

-Parce ma sœur est une garce qui fait souffrir ton frère et parce que je suis tellement douée que même Carlie me déteste! Voilà… Je suis désolée, Jasper, je te laisse ton père… Moi j'en ai marre de faire des efforts pour lui. J'ai Emmett, toi, Alice, mes amis, Edward, mes filles, mes bébés et mes beaux-parents. Qui m'aime me suive, je n'ai pas ni le temps ou l'énergie pour les autres. Et non, ces bébés n'étaient pas prévus, mais je les garde car ce sont les fruits de mon amour avec Edward et oui je suis épuisée et non je ne changerai rien, sauf peut-être mes parents. Voilà! Bonne nuit à tous! Gab, Tony vous êtes chez vous, chez nous… Lili, ne t'en veux pas, vous pouvez venir en parler à la maison quand vous voulez, Emmett, pareil.

Bella tourna des râlons mais Esmée et Carlisle la prirent dans leurs bras, la félicitèrent et la réconfortèrent . Puis ils partirent. Tony se tourna vers Gabriel qui acquiesça :

-Bon, on va y aller aussi. Demain on garde Hope et Halley et on veut dormir un peu avant.

-Au fait Papy C, on ne va pas venir demain à la pêche, mais je pense que Carlie et Jacob seront ravir d'y aller avec toi, poursuivit Gabriel.

-Mais ça fait longtemps que c'était prévu et c'est notre sortie famille, déclara le grand-père, perdu.

-Le souci, expliqua Tony, c'est que je n'ai pas envie d'y aller avec toi. Pas après ce soir. Je ne comprends pas pourquoi tu as ce genre de réaction envers Bella. Tu ne peux pas t'empêcher de la rabaisser, de remettre en cause ses choix, ses actions. Mais ce que tu ne peux pas reprocher à ta fille, c'est d'assumer ses choix, sa vie et même les actes et les conséquences des actes des autres. Tu as une fille formidable mais tu ne t'en rends même pas compte. Mais moi, Bella c'est ma famille alors je suis à ses côtés.

-Dis mon grand, tu ne serais pas amoureux de ma fille?

-Désolé, Chef, mais j'aime les musiciens , je les préfère plus musclés et avec moins de cheveux.

Gabriel éclata de rire mais ajouta :

-Je ne viendrais pas non plus. Je préfère Bella et sa famille et puis entre les cours de médecine et le conservatoire à travailler, nous avons de quoi faire.

Ils partirent aussi, laissant Charlie dépité, mais sonnant malgré tout le départ de tous. Llili et les garçons furent couchés. Emmett les rejoignit. Lors du départ des mariés, Jasper regarda son père dans les yeux :

-Est-ce qu'un jour tu arrêteras d'être con, d'être aussi bête et cruel avec ta propre fille? La considéreras-tu comme l'adulte qu'elle est, plus que toi-même? Elle a été gentille avec moi, ce soir et tous les jours avant, mais Charlie, ne mets pas les pieds chez moi dans les prochains jours car je vais devoir être là pour ma sœur et je crains que, policier ou pas, tu ne te prennes ma main dans la figure! Je te souhaite le meilleur! Mais ne t'étonnes pas si tu es de nouveau grand-père, avec Alice, je n'ai pas l'intention d'être abstinent!

-Jasper, je suis ton père!

-Non! Aujourd'hui avec Bella, tu as été un mufle doublé d'un goujat et d'un imbécile! Et si ça, ce doit être mon père, et bien je dois y réfléchir! Bella ne couche pas avec le premier venu! Elle est mariée avec, nom d'un chien, elle a un travail et une maison! A quoi tu penses, bon sang?

-Euh…

-C'est bien ce que je pensais! Tu ne penses PAS! Allez Alice, en route!

-Bonne nuit à tous, grinça Alice.

Carlisle se tourna vers son ami en se secouant la tête, alors qu'Esmée alla se coucher.

-Je vais me coucher. Je te laisse claquer la porte en partant. Je ne m'attends pas à te trouver ici demain matin. Et va pêcher seul dans deux jours. Je ne te comprends pas… Tu n'apprends pas de tes erreurs, Charlie?

-Si, Carlisle, mais…

-Bonne nuit, à bientôt.

Carlisle quitta la pièce et Charlie se sentit obligé de rentrer chez lui. Le chemin lui parut très long. Son chien, sentant sa détresse, ne lui fit pas la fête, mais, après un tour dehors, il se coucha à ses pieds en couinant. Charlie regarda deux photos de Bella, une de son mariage, celle avent l'accident et celle de la naissance de ses filles. Elle était belle, heureuse, épanouie. Comment pouvait-il ne pas le voir? Simplement… Bella était sa petite fille et il ne voulait pas qu'il lui arrive quoique ce soit, qu'elle soit malheureuse ou blessée quitte à la blesser lui -même, par maladresse! Il trouvait que des bébés aussi rapprochés, ce n'était pas bien. Bella était trop fatiguée. Et Edward aurait dû faire attention, la protéger. Ils étaient trop jeunes pour avoir d'autre enfants aussi rapprochés. Peut-être que Jasper et Alice accepteraient de les adopter, puisque Bella voulait les garder. Ils ne seraient pas étrangers, comma ça.

Il était tellement convaincu du bienfondé de son raisonnement qu'il ne se rendait pas compte de l'absurdité de ce dernier. Jamais, il n'a pensé à Bella et ce qu'elle voulait. Pour lui, c'était tellement évident qu'elle ne pouvait pas les garder. De toute façon, elle était trop jeune pour le savoir. Elle s'était mariée trop jeune. Jamais il n'aurait dû accepter ce mariage avec Edward. C'était peut-être le fils de Carlisle mais ils étaient déjà parents et c'étaient déjà assez pour lui, alors à nouveau des jumeaux?!

Et puis Bella devait travailler : elle devait penser à sa retraite, à son avenir, elle ne passera pas toute se vie avec Edward, alors elle devait prévoir le « au-cas-où ». Personne, actuellement, ne finissait sa vie avec son premier amour, il était bien placé pour le savoir. Il devait protéger sa fille, son petit bébé. Il poursuivit son introspection jusqu'au matin. Puis fort d'une forte tasse de café, il prit sa voiture et se rendit chez Jasper sans regarder l'heure. Et c'est fier de lui qu'il tambourinât chez son fils dès huit heures du matin. Devant l'absence de réponse et surtout des volets fermés, Charlie tapa encore plus fort et commença à hurler le nom de Jasper, l'informant qu'il devait ouvrir car il avait des choses importantes à lui dire, il avait une solution pour aider Bella et la soulager et que, quand il l'entendra, il ne pourrait que l'accepter, lui aussi.

Alors qu'il allait refrapper, la porte s'ouvrit et il ne put s'empêcher de dire :

-Ah! Enfin… Jas… Alice?!

-Bonjour Bopapa! Que nous vaut votre visite de si bonne heure, le lendemain de notre mariage?

-Je.. Vous…

-Mais encore?

-Jasper est là?

-Oui, c'était notre nuit de noces, vous avez besoin de lui?

-Si c'est possible.

-En cuisine, il fait du café, il en a besoin, je crois même qu'il va en avoir encore plus besoin, après…

-Je peux rentrer, Alice?

-Mais oui, allez-y… au point où on en est… Maintenant qu'on est marié…

-Merci, Alice! Jasper, mon grand, comment vas-tu?

-Si j'avais pu éviter de te voir et d'être réveillé par toi ce matin, ça irait mieux je pense!

-Mais je devais absolument te parler!

-Jasper, sourit Alice en passant dans son dos et en mettant sa tête contre son omoplate, écoute ton père et après on pourra en profiter.

-Tu as raison mon ange, se détendit le jeune marié, alors Charlie, quelle découverte as-tu faite?

-J'ai réfléchi et je pense que j'ai trouvé une solution pour les jumeaux de Bella.

-Ah ouais, dit son fils en se crispant.

-Ben oui, elle est jeune, elle est épuisée et vous vous êtes mariés avec Lili…

-Euh… mais quel est le rapport avec nous, je ne comprends pas…

-Mais si! Bella ne peut pas garder ses enfants, elle est trop jeune pour avoir quatre enfants et comme elle ne veut pas avorter…

De colère, Jasper se leva et tourna le dos à son père, regardant dehors :

-Quelle idée fabuleuse tu as eu?

-Ben, vous les adoptez avec Alice, dit Charlie en le rejoignant. Comme ça, ils ne quittent pas la famille, Bella pourra les voir. Et puis Lili est grande et comme Alice est trop menue pour avoir un bébé, al…

Avant que Charlie ne puisse finir sa phrase, Jasper écrasa son point dans la figure de son père.

-Tu en as parlé à Bella? De ton idée fumeuse? Tu as pensé à Edward? Au fait qu'ils les veulent ces bébés? Qu'Alice et moi, on veut nos propres enfants! Et pas adopter ceux de ma soeur, sauf si elle le demandait! Et non parce que c'est toi qui l'a décidé! Elle est jeune, Bella, mais elle a géré et gère encore nos merdes, tes merdes! Pourquoi lld ne pourrait pas assurer ses jumeaux, comme Halley et Hope? Tu te rends compte de ce que tu fais vivre à ta fille? TA FILLE BIOLOGIQUE! TU DECIDES DE LA VIRER, DE LA METTRE A L'ECOLE QUAND ON Y VA, DE NE PLUS LA CONSIDERER COMME LA GRANDE QUAND ON EST ARRIVE, ET LA D'UN COUP ELLE N'EST ENCORE PAS ASSEZ BIEN! MAIS PUTAIN QU'EST CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI,,, QU'EST CE QU'ELLE T'A FAIT,,,, C'EST LA SOEUR LA PLUS FABULEUSE QUE JE CONNAISSE, ELLE NE REJETTE PERSONNE, ELLE PARDONNE, ELLE TEND LA MAIN, ELLE EST GENEREUSE, MAIS… tu abuses d'elle, de sa bonté, sa gentillesse.

-Mais elle ne va pas finir sa vie avec Edward, qu'est-ce qu'elle va faire avec quatre gosses? Comment va-t-elle faire pour travailler avec elle?

-SORS DE CHEZ NOUS! DEGAGE! TU ME FAIS HONTE! JE NE SAIS PAS CE QUE TU CHERCHES MAIS LE PERE QUE J'AVAIS, N'EST PLUS LA! DEHORS! hurla Jasper hors de lui.

-Mais…

-Sortez M. Swan, vous en avez assez fait, cingla Alice, en posant son téléphone.

-Non mais… Pour qui tu te prends pour me mettre dehors. C'est mon fils!

-Et je suis son épouse et je suis ici chez moi! Je vous demande alors d sortir, maintenant!

-Tu parles d'une épouse, qui dès qu'elle a pu, dans le passé, a été coucher avec le premier venu, railla Charlie.

La main d'Alice claqua dans un aller-retour, son visage avait perdu toutes ces couleurs. Charlie sembla reprendre pied dans la réalité :

-Alice, je suis désol…

-Dehors, ordonna Alice en tenant la porte ouverte.

-Alice, s'il te plaît?

-Dehors et j'oublie ce que vous venez de me dire!

-Dire quoi? Demanda Carlisle qui arrivait avec Esmée et Lili.

-Rien, M. Swan nous quittait et nous promettait d'oublier notre adresse!

Charlie fut mit à la porte. Alice s'effondra dans les bras de Jasper, en état de choc, lui-même. Lili était blottie dans les bras d'Esmée, la tête dans son cou. Sans bruit, elle pleurait. Elle murmura quelque chose à sa grand-mère qui acquiesça et qui la posa au sol. Elle avança doucement vers le jeune couple qui ne bougeait toujours pas.

-Papa, Maman, je ne veux pas que vous pleuriez. Je ne veux pas savoir ce que Charlie a dit, mais je suis sûr que c'était vilain et pour que tu te fâches comme ça, papa… Et puis j'ai jamais vu maman cachée, aussi… et ça me fait un peu peur. C'est à cause de moi? Parce que j'ai dit que Tatibell elle allait avoir un bébé, enfin deux maintenant, et qu'ils sont dans son bidon? c'est un secret? Je peux dire pardon à Tatibell et Tontonward, aussi? C'est parce que son cadeau il était pas là hier soir et qu'il l'a amené ce matin? Mais je comprends pas pourquoi tu es fâché alors? Pourquoi il est fâché contre Tatibell et Tontonward? Vous me faites peur…

-Pardon Lili… Je suis désolé de te faire peur… Je…

-Il t'a fait mal, en te parlant, papa?

-Oui, tu peux dire ça, sourit tristement Jasper, des larmes commençant à couler doucement.

-Maman, il a fait pareil à toi? demanda péniblement Lili.

-Oui, ma chérie, mais…

-Nan maman… Papa il dit toujours « Pas de mais… » un « oui mais… » c'est comme un « non ». Alors il a pas le droit de faire ça! C'est votre mariage et il a pas été gentil déjà avec Tatibell et Tontonward et aujourd'hui c'est vous! Ca suffit, il a pas le droit! j veux plus le voir pour le moment! Jvais pas aller demain avec lui à la pêche! C'est… c'est nul ce qu'il a fait… Il… il va venir demain et… je veux pas…

-Chut Lili…, la réconfortèrent ses parents, tu restes avec nous, Carlisle et Esmée. On peut se faire un pique-nique ou une autre sortie. Mais tu dois respirer ma chérie, dit doucement Alice.

-Mais il vous a fait pleurer. il doit savoir que les enfants on les protège! C'est nul ce qu'il a fait…

-Lili, interrompit Esmée, ça te dirait un bon bain avec Alice et moi, puis on fait un gâteau ou autre chose?

-Mais Papa? Il ne va pas rester tout seul?

-Que dirais-tu que Carlisle reste avec lui?

-Oui! C'est vrai que Daddy C comme un vrai papa! Dis Daddy, tu pourrais être le papa de mon papa?

-Euh…?

-Lili, ça ne se demande pas, lui expliqua Jasper.

-Son papa de coeur alors? Parce que tu peux pas être son vrai papa…

-Lili… Carlisle est déjà mon papa de cœur. Il a toujours été là, toujours!

-Comme toi pour moi? demanda Lili.

-Oui, pareil!

-Alors je te laisse avec lui! Tu es en sécurité, aimé et puis il t'écoutera et il saura soigné ton cœur et tes larmes parce que c'est un vrai docteur, lui!

Lili se leva, fit un câlin à son papa, embrassa Carlisle sur la joue et fila avec sa maman et sa grand-mère. Elle passa les deux heures suivantes à rire, à se coiffer, s'habiller et puis à ranger avant de descendre en cuisine. Les hommes étaient sortis et buvaient du café sur un tronc d'arbre pas trop loin de la maison. Lili, qui les regardait, se tourna vers Alice et Esmée et déclara d'un ton ferme :

-Demain, je veux que Charlie vienne me chercher et mais je n'irais pas avec lui. Je veux lui dire ce que je pense comme papa me l'a appris. Il doit savoir que ce qu'il a fait n'est pas bien et a fait du mal. Et tout le monde lui a dit et il n'a toujours pas compris. Après il devrait voir Rosalie, comme ça, ils ne seront plus tous seuls. Mais je promets d'être sage et respectueuse. Mais il faudra aller voir Tatibell après s'il vous plaît, elle doit être super criste ce matin après les méchancetés qu'il a dit, hier soir. En plus, il a même pas laissé papa et maman n'êtes n'amoureux, ce matin, c'est nul!

Alice rougit jusqu'à la pointe des cheveux pendant qu'Esmée manquait de s'étouffer avec sa gorgée de café. Quant à Lili, elle se mit à rire autant qu'elle le pouvait.

Pendant ce temps, Jasper regardait son café refroidir, pensif, avant de se lever d'aller s'installer sur la balancelle et de poser la question qui lui brûlait les lèvres :

-Qu'est ce que vous avez entendu ce matin de la digression Charlie? Carlisle, soyez honnête!

-Déjà mon garçon, tu me tutoies, dit Carlisle en le rejoignant. Ensuite Alice nous a prévenu de la venue de ton père, donc tout ou quasiment. Lili était réveillée depuis un bout de temps…

-J'ai encore plus honte… soupira Jasper

-Nan Jasper, tu n'es pas responsable des paroles de ton père. Il fait ses choix, mais surtout ton père a une manière à lui de réfléchir et d'organiser les faits.

-Ce qui est juste insupportable, ce n'est pas qu'il me sorte des choses pareilles, mais faire ça à Bella, encore, et à Edward, j'ai juste honte, c'est votre fils, il est super et ils sont heureux, même s'ils en bavent avec leurs filles, la fatigue, je sais que les jumeaux seront bien accueillis et heureux, mais tout ce qu'il a dit sur Alice, c'est votre ami… Je… J'ai honte Carlisle, c'est mon père… Qu'est qui ne va pas chez moi? Je n'en veux à personne pour le foyer, les familles d'accueil et l'adoption par Charlie et Renée. J'ai même été ravi. Je n'ai pas réalisé ce qui se passait et pour une fois que je passais d'abord. Mais après le mariage, je pensais qu'on avait dépassé tout ceci avec le mariage et l'accident de Bella et Edward, les blessures, la peur. Je croyais qu'on était au-delà de ça. Mais en fait, on ne dépasse rien, on en revient toujours au même. Il est… merde… comment il peut faire ça à Bella et Alice… Lili a tout entendu…

Jasper commença à pleurer, les larmes de plus en plus nombreuses :

-Je… merde… je… pour… quoi… Carlisle… peux… pas…

-Respire Jasper… Je suis là mon fils. Quoique ton père dise, tu es un homme formidable, je suis honoré de te considérer comme mon fils. Tu as autant de valeur que les autres. Allez, respire… tu ne vas pas me faire une attaque de panique dehors… voilà, doucement… Tu protèges ta sœur, mon fils, ma fille et la tienne. Je ne suis pas sûr qu'amocher ton père, mais je dois te remercier, tu as évité de gâcher notre amitié. Et j'ai entendu la double gifle de ma fille. Ne te reproche rien, Jasper. Et je le répète, je te considère comme mon fils, depuis que tu es arrivé ici.

-Carlisle, sanglota Jasper.

Carlisle le fit taire en le prenant dans ces bras, le consolant :

-Hey mon grand, tout ira bien, je te le promets!

-Je peux pas t'appeler papa… Je ne peux même plus appeler Charlie comme ça…

-Alors, appelle-moi…

-Dad, comme Lili t'appelle Daddy, ça peut être possible?

-Dad, ça me va fils!

-Merci, Carl…

-Hep, hep, comment tu m'appelles?

-Dad, merci Dad… Merci… Je…

-C'est rien… Ferme les yeux, respire un grand coup, je vais utiliser la balancelle un peu, pour te détendre.

-Je dois être là pour Lili et Alice, se défendit Jasper.

-Elles sont avec Esmée, en cuisine. Connaissant ta fille, elle doit avoir prévu un plan pour parler à … Bref, j'aurai plus peur pour lui que pour nous.

-Oui tu as raison, elle est parfois intimidante malgré son âge. Mais elle est fabuleuse, posée et rarement effrontée, dit Jasper les yeux fermés. Alice et elle s'adorent, et je ne remercierai jamais Alice de vous avoir appelé, alors MERCI.

-Va faire un câlin à ta maman de cœur, après avoir pris une douche. Et on va réfléchir à comment occuper le reste de cette journée.

-D'accord, Dad.

Jasper embrassa Alice et Lili, serra Esmée plus longtemps dans ses bras en lui murmurant :

-Tu ne pourras pas être ma maman, sauf celle de cœur, mais Mamoune, je peux t'appeler comme ça?

-Oui mon grand! Avec plaisir! Va te doucher, le gâteau sera démoulé, un café frais aura coulé prêt à boire.

-Merci Mamoune, souffla Jasper qui fila.

Alice souffla un « merci » à ses parents avant de s'occuper du lait chaud de Lili.

Pour Jasper, la journée fut longue. Il essayait d'être disponible pour Lili, affectueux pour Alice, mais Esmée passait de temps en temps et sa main se perdait dans ses cheveux. Carlisle se contentait de l'appeler « Fils » ou « mon garçon ». Malgré le petit pincement à chaque fois, Jasper avait chaud au cœur, il avait l'impression de faire partie d'une famille, sans rien devoir, juste comme ça. Il commençait à croire ce que Bella vivait avec eux. Il avait déjà goûté à tout ça quand il était avec Alice mais il avait cru que c'était grâce à sa relation avec Alice. Les choses avaient un peu changé après le départ d'Alice mais sûrement de son fait. Grâce à Emmett, il était resté dans la maison mais il avait tout fait pour ne pas avoir l'impression d'abuser. Mais maintenant il comprenait que ses beaux-parents étaient juste en or. Et là, il rêverait presque d'avoir été adopté par eux, mais il n'aurait pas pu épouser Alice. Il soupira profondément, désespéré du chemin que prenaient ses pensées. Carlisle le remarqua et lui apporta un café.

-Ne sois pas trop dur avec toi! Je te vois te torturer alors que, oui tu aurais pu atterrir dans notre famille, puisqu'on a adopté Edward à ce moment. Mais tout aurait été autre… Ça ne change rien pour nous… Nous t'avons toujours considéré comme notre fils, quelque part. Et maintenant plus que tout, il n'est pas question que tu sois seul. Tu fais partie de notre famille. Bon, tu le bois ce café, je l'ai fait moi-même.

-Alors la question est : Est-il buvable?

-Forcément?

Jasper éclata de rire et le but devant la tête offusquée de son beau-père. Il finit son café seul, car Carlisle avait quitté la pièce, mais Lili vint lui parler et demanda à se blottir contre lui :

-Dis papa, tu vas mieux?

-Ca peut aller, mon rayon de miel.

-Tu n'es heureux d'être marié avec Alice et que je sois avec toi?

-Oui je suis heureux de vous avoir enfin comme une vraie famille.

-Tu es heureux que Daddy C et Mamesmée te voient comme leur enfant. Mesmée m'a expliqué.

-Oui je suis heureux. Ils m'aiment même quand je fais des erreurs.

-Mais tu es criste à cause de Papy C.

-Oui c'est vrai. Ce qu'il a dit à Bella, à Alice et à moi m'a blessé.

-Mais tu es coincé, bloqué. Tu sais pas si tu as le droit!

-Pas de le droit de quoi, Lili?

-D'être aimé par un nouveau papa, une nouvelle maman. Tu sais, ça empêche pas de toujours aimer le premier. Quand tu es devenu mon papa, tu sais, c'était difficile pour moi, j'avais l'impression de tromper mon papa et ma maman de vrai. Mais tu m'as aidé à comprendre qu'être aimé par toi ce n'était pas être méchant et ce n'était pas oublier mon papa et ma maman. Et puis, ils ont tellement été malades que j'ai compris que j'ai eu de la chance d'être aimée autant une autre fois. Ça n'empêchait pas que mon papa et ma maman m'aiment et moi j'avais le droit de les aimer même si je suis avec toi. Alors tu m'as aidée au début, alors je peux t'aider maintenant. Moi je dis : tu peux aimer et être n'aimer par Mesmée et Daddy C, tu vas pas oublier Papy C, tu continues ta vie de n'amour de « papa, maman » c'est tout.

Jasper, incapable de répondre sur l'instant, les yeux plein de larmes, prit Lili dans ses bras en murmurant :

-Merci. Tous les jours je réalise que j'ai de la chance de t'avoir rencontrée et que tu sois devenue ma fille.

-Alors on a de la chance tous les deux, conclut Lili blottie contre son papa.

Pendant ce temps, Charlie s'était convaincu de voir sa fille et son gendre. Il devait leur faire entendre raison et expliquer son point de vue. Il mit peu de temps à rejoindre la maison. Les volets étaient ouverts, il entendait le piano et quelques gazouillis des filles. Tout ça le décida à sonner. Il était convaincu que Bella ouvrirait comme à son habitude mais il fut surtout surpris de se trouver face à Edward.

-Edward, mon garçon…

-Monsieur SWAN!

-Ecoute, je peux entrer et …

-Non.

-Je voudrais parler à Bella.

-Pas elle.

-C'est ma fille quand même…

-Aux dernières nouvelles, seulement sur le papier!

-Comment peux-tu?

-Je protège ma femme et mes enfants, ceux qui sont nés et ceux qui vont naître! Ce qui vous échappe, c'est qu'on puisse s'aimer aussi jeunes, réussir à faire notre vie ensemble, avoir des enfants, aider les autres et ne détester personne. Bella est fabuleuse et votre fille. Demandez-vous ce que vous faites pour elle, et ce qu'elle a fait pour votre vie et pour vous. Vous avez le temps… au revoir et surtout oubliez-nous un moment! Au revoir!

Edward claqua la porte devant un Charlie médusé. Quand il revint dans le salon, Bella jouait avec leurs filles, lui demanda :

-C'était lui?

-Oui Bella, je suis désolée.

-Tu n'as pas à l'être, tu n'as rien fait ou dit, puis soupirant elle ajouta, Je vais lui parler.

-Bella…

Non Edward, ça doit cesser et tant que je ne lui aurais pas dit, il ne comprendra pas.

-D'accord, mais attention à toi, et…

-Je ne mettrais pas mes enfants en danger.

D'un pas décidé, elle alla ouvrir la porte.

-Tu es encore là? Qu'est ce que tu ne comprends pas dans ce que j'ai dit?

-Mais Bella, tu es ma fille.

-Et bien tu ne te comportes pas en père, crois-moi! Ca m'étonne encore que tu n'aies pas cherché ou parlé d'une de tes solutions farfelues, qui s'occuperait de mon « problème » comme tu l'appelles sans m'en parler.

-…

-Tu y as pensé, dit Bella écoeurée, et à qui as-tu pensé pour cette tâche ingrate? Emmett? Nannnnn, il croule sous les couches et tu l'aimes trop! Pas Jasper, il vient de se marier?… Jasper? dit-elle incrédule, avec quelle excuse? Alice ne voudra pas d'enfants? Ah nan… attends, elle a quoi comme défaut, hormis d'avoir plaqué ton fils, elle est petite mais bon ce n'est pas une tare, ça! A voir ta tête, s'exclama sa fille, si c'en est une… Donc le bleu de ta joue et les deux mains imprimées sur tes joues sont méritées et me font penser qu'ils n'étaient pas d'accord avec toi, ricana Bella. Il faudra que tu m'indiques ce que tu consommes pour planer autant! C'est juste… Laisse tomber. Je ne veux plus te voir, je ne veux plus que tu t'approches de mes filles et de mes bébés. Tu restes loin, j'ai eu du mal à te refaire confiance, mais Edward m'a convaincue que tu avais le droit à une seconde chance… J'ai fini par me laisser le convaincre, mais à quel prix? Alors c'est fini, je jette l'éponge.

-Bella…?

-Non! Pour toi, je deviens Mme Cullen, tu n'as plus droit à mon prénom.

-Je suis ton père quand même!

-Biologique, seulement biologique, sinon tu n'as rien d'un père! Tu prends des décisions sans prendre en compte ce que je veux, ce que j'espère et ce que j'attends de la vie! Quel père fait ça? Quel genre de personne fait ça? Tu veux faire rentrer ma vie dans ton moule sans te préoccuper une seule seconde de ce que je veux, simplement parce que tu ne sais pas gérer. Alors une personne comme toi, je n'en veux pas. Au moins, avec Renée, les données étaient claires, elle me détestait pour ce que j'étais et représentais, toi… Tu es pire qu'elle, parce que je t'aime. Alors pas maintenant. Pas la peine de revenir! Je ne lirais pas tes lettres, je ne décrocherais pas le téléphone quand tu appelleras et je n'écouterais pas tes messages. J'espère que cette fois, tu as compris. Tu trouveras le chemin du retour et pour information, tu as une fille, Rosalie, elle te ressemble beaucoup, elle juge sans parler et sans réfléchir. Tu vois, tu n'es pas seul, en final.

Avant que Charlie ne puisse répondre à Bella, cette dernière rentra et ferma la porte. Le téléphone sonna : c'était Jasper.

-Allo?

-Bella, c'est Jasper!

-Salut Jasper…

-Tu sembles épuisée, tu n'as pas beaucoup dormi?

-Non, les filles se sont réveillées tôt.

-Je voulais te prévenir pour…

-Je viens de refermer la porte…

-Il t'a parlé?

-Non, je ne lui en ai pas laissé le temps.

-Alors, il ne t'a pas dit…

-J'ai deviné Jasper, en posant des questions et en pensant comme lui.

-Je suis désolé.

-J'ai vu vos réponses négatives, sourit-elle.

-Euh en fait, ma réponse négative et une mise au point de ma jeune épouse insultée.

-Mon Dieu, il a osé?

-Oui mais Alice ma soufflé la réplique, rit-il, j'ai Esmée et Carlisle qui demandent de tes nouvelles.

-Je vais bien, j'ai Halley, Hope, Tony, Gab et Edward. Je pense qu'ils ont tous, tout entendu… Je suis fatiguée.

-Ça te dit de venir ou d'aller chez Esmée et Carlisle, on y va… Charlie doit prendre Lili et on ne veut pas qu'il mette les pieds ici.

-Je suis bien chez moi, mais on vient. Pas question que tu sois seul, quand il va venir et appelle Emmett, Lili sera enchantée de voir Seth. Et Carlisle pourra m'ausculter, ça rassurera Edward, et moi aussi.

-Ok je les préviens. A tout à l'heure.

-Pas avant une heure, hein….!?

Et c'est avec le sourire qu'elle raccrocha, Edward lui mima un merci et lui souffla un baiser. Il monta préparer les affaires des filles, les garçons s'occupèrent des chiens et Bella géra le goûter.

Il leur fallut un peu moins d'heure et à la demande de Bella ils prirent la voiture alors que les garçons partaient à pied avec les chiens. Ils avaient grandi et s'étaient assagis mais avaient beaucoup besoin de courir et grâce aux garçons, c'était encore possible.

Quand ils arrivèrent, Lili attendait déjà Charlie avec son sac à dos et sa couverture comme à son habitude, elle les salua d'un petit signe de la main en disant :

-Je viens après avoir vu Charlie…, dit-elle avec un petit sourire qui n'atteignit pas ses yeux.

-Lili, commença Bella?

-Nan Tatibell, je dois le faire! Il doit savoir des choses importantes, pour moi et puis après on verra…

-N'oublie pas qu'on est là quand tu auras besoin, avant, pendant, après avoir parlé à Charlie, d'accord?

-D'accord, merci Tatibell. Vas voir papa, il a besoin de toi et pis je crois que Daddy C, il voudrait te voir à cause des bébés.

-Oui je lui ai demandé.

-C'est bien, au fait, tu sais si c'est un garçon, une fille ou deux garçons, deux filles?

-Je pense que ce sont deux garçons.

-C'est vrai? C'est cool! Ça va bouger bientôt chez vous… plus que maintenant. Va falloir beaucoup faire dodo avant, rit Lili. Mais j'aime bien…

-Dis Lili, dis-moi, quel âge as-tu? Rit Bella, parce que tu es bien grande, je trouve.

-J'ai six ans, et je vais à la grande école.

-Oui, tu es vraiment grande et je suis je fière de toi… Je te laisse, je crois entendre la voiture et je crois que tu veux faire ça, seule.

-Oui, je veux.

-Bien à tout à l'heure, alors…

-A tout à l'heure.

Bella rentra pour aller voir Carlisle de suite, qui la rassura, ainsi qu'Edward et toute la famille. Emmett devait les rejoindre en fin de matinée, les garçons dormaient encore pour récupérer de la nuit précédente.

Bella et Jasper se retrouvèrent un peu, se rassurant mutuellement et s'assurant de leur soutien réciproque. Après quelques larmes et beaucoup de câlins, chacun retrouva sa moitié. Alice dorlotait Halley et Esmée avait Hope, les garçons étaient dans la salle de musique, redevenue telle quelle depuis que Gabriel préparait l'entrée du conservatoire. Il y avait aussi un bureau afin que Tony puisse réviser. A force d'acharnement, tous les deux avaient rattrapé leur retard scolaire, mais vivaient malgré tout. C'est vrai qu'ils sortaient peu, surtout depuis que Carlie leur avait claqué entre les doigts.

Tout le monde s'occupait comme il pouvait, alors que, dehors un dialogue calme régnait, depuis l'arrivée de Charlie. Il était descendu de sa voiture et contrairement à son habitude, Lili ne lui avait pas sauté dans les bras. Au contraire, elle l'avait regardé et il l'avait rejointe :

-Je suppose que tu ne veux pas venir avec moi, aujourd'hui?

-Bonjour Charlie… Et non, je ne veux pas venir, mais ça te plairait de venir te promener avec moi et parler?

-Bonjour Lili. Et je suppose que je le mérité, alors oui, allons marcher et discuter.

-Tu sais, dit Lili en descendant du muret avec sa couverture, ce n'est pas une priorité, si tu le vois comme ça, faut peut-être pas le faire.

-Non, j'aimerai beaucoup…

-D'accord, tu viens, on va aller derrière…

-Je te suis…

Doucement Lili avançait, refusant tout aide de Charlie.

-Je t'ai déjà raconté, tout ce qui se passait dans ma tite tête quand Jasper m'a demandé de m'adopter?

-Non, tu ne m'as rien dit.

-Ben, j'étais pas très bien. J'étais malheureuse parce que j'avais l'impression d'être méchante avec mon papa et ma maman, parce qu'ils étaient malades, m'oubliaient, et à côté, ben j'avais mon Papou et me donnait une nouvelle maison, une nouvelle famille. Et j'étais heureuse, mais j'avais l'impression d'être méchante. Heureusement, Papou m'a expliqué que j'avais le droit d'être heureuse, d'être aimée, d'avoir une nouvelle famille, qui n'effacera pas mais qui aide, qui ajoute, qui prend la suite ou qui rend tout entière, complète.

-Pourquoi tu dis ça, Lili?

-Tu as été cette nouvelle chance pour Jasper mais tu es la première famille de Bella. Personne ne prend ta place! On ajoute, on complète mais personne n'oublie ta place de Papa.

-Je sais bien, mais…

-Mais quand même, tu as pas réfléchi avant de parler, tu fais du mal. Et hier, t'as réfléchi tout seul. Tu as parlé à personne. T'as pas demandé à Bella ou à Jasper ce qu'ils voulaient.

-Tu as raison! Mais je pensais…

-Ben vi, tu as pensé tout seul… Tu as des mots n'affreux à Tatibell puis à Maman. Je suis d'accord que tu es fâché, mais elles ont fait quoi toutes les deux?

-Euh…

-Je sais, des trucs de grands!

-Euh, même pas. Je crois que j'ai eu peur de ne plus faire partie de leur vie, de ne plus compter.

-Ben t'y bête parke en faisant ça, ben tu pars de leur vie.

-J'ai pas pensé à ça. Pour moi, je devais protéger Bella, elle me semble fatiguée…

-Ben c'est normal n'Halley et n'Hope sont petites et les deux bébés dans le bidon ça fatigue…

-Et je ne veux pas qu'elle se fasse des idées avec Edward, comme moi avec Renée…

-Mais t'es méchant! Tontonward, c'est pas ta femme! Il est gentil, il n'aime Bella plus que tout et tous leurs enfants, les quatre, pas comme vous!

-Je me suis trompé!

-T'as fait plus, même, et n'Alice?

-Là c'est pire… Je lui ai manqué de respect et je suis désolé.

-Ben c'est pas à moi qu'il faut le dire. Tu n'as fait du mal à beaucoup de personne que j'aime et sais quoi faire avec toi. Je t'aime beaucoup mais c'est pas aussi important que Papa et Maman, Tatibell et Tontonward.

-Je suis désolé, Lili à cause de moi, tu souffres….

-Je suis pas la seule, j'ai une famille, mais toi tu n'es tout seul et ça c'est nul!

-Mais je suis grand… je vais assumer. Accepter ma punition si tu veux.

-Moi je veux bien te parler. Au lieu de pêcher, on parlera. Tu me raconteras Tatibell, bébé, n'enfant pis grande et pareil avec Papa.

-D'accord, mais…

-Je sais, mais 't'êtes que tu comprendras pourquoi tu as fait du mal. Elle a dû se débrouiller toute seule et tu décides pour elle. Tu as toujours demandé à Papou, et là tu décides!

-A travers tes yeux, c'est tellement évident…

-Comme dirait Memett, bouge tes fesses! Bon je vais rentrer, j'ai faim et puis tout le monde est inquiet dedans.

-Vas-y file, on se retrouve dans une semaine.

-Merci, bonne journée Papy C.

-Merci, ma puce.

Lili fila en sautillant, telle Alice, petite. Charlie ne put s'empêcher de sourire en la regardant. Mais il mit du temps à retourner à sa voiture, y remonter et filer. Lili, quant à elle, rentra, ôta ses chaussures, alla se laver les mains, arriva dans le salon et s'exclama :

-Seth! Chouette tu es là, on va pouvoir manger du gâteau!

-Nini 'agé 'âteau?

-Oui au chocolat.

-Mmmm ma aime lalat!

-Je sais! C'est pour ça que j'ai choisi avec Maman et Mesmée! Dis Memett, tu partages?

-Oui ma grande, c'est ton gâteau, j'ai hâte, mais protège-le de Cookie

-Oui c'est vrai! Allez à table! Café, tisane, jus de pomme et gâteau pour tous!

C'est dans une ambiance plus détendue que la journée se termina. Lili réussit quand même à rassurer Jasper et Bella. Cette dernière se reposa de son plein gré et accepta de ne venir que de temps en temps au centre afin de ne pas abuser, au grand bonheur de tous.

Il était tant d'arriver au bout de ce dernier…

Je vais passer sur le vide et les galères merci à celles qui ne me lâchent pas, malgré tout mes efforts pour faire le vide que je fais quand rien ne va.

Merci à celles qui viennent de lire.

Merci surtout à Claire, et Plume (Si si tu me parles encore, malgré mon silence énorme)

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