Bon, je vous poste un long chapitre (juste parce que je suis d'humeur charitable lol), et vous allez patienter, j'étais malade, j'ai rien écrit et la, je suis trop proche des prochains chapitres donc, soyez patients pour la suite parce que ça me donne de la misère.

Je remercie les derniers pour leurs commentaires et les gentils compliments. J'espère que ce chapitre vous plaira, même si il ne se termine pas aussi bien qu'il commence *evil laugh*.

Bonne lecture


Ils sortirent tous les deux de la voiture et se dirigèrent vers la boutique. Jo ne disait rien mais elle sentit une petite once de fierté d'avoir été invitée par Henry. Évidemment, il n'y avait rien de romantique dans tout ça, ce n'était qu'un diner entre amis, surtout que Abe serait la mais cela lui plaisait. Elle aimait déjà passer un long moment avec lui, au bar, après des longues journées de travail, à parler de tout et n'importe quoi, même si elle avait l'impression qu'elle lui en disait plus, qu'il ne se confiait mais elle ne tenait pas à le pousser. Henry était quelqu'un de très secret et il avait certainement ses raisons, et elle était bien placée pour savoir ce qu'il en était.

Abe les accueillit chaleureusement

- ah salut tous les deux ! À voir votre visage rayonnant, je suppose que l'enquête a enfin connue un bon dénouement ?

- effectivement Abe ! Comme souvent, un peu grâce au flair d'Henry, mais on est tous bien contents que ce soit terminé.

- tout ceci m'envoie ravi dans ce cas. Vous méritez bien de dormir et d'oublier le travail pendant les prochaines 24h au moins.

Il insista bien sur le dernier mot, en regardant son père d'un air sous entendu. Ce dernier préféra l'ignorer complètement.

- bon, trêves de bavardages. Jo reste diner avec nous ce soir, donc essaie de ne pas être impoli.

Abe haussa un sourcil réprobateur, tandis que Jo éclatait de rire

- pas besoin de jouer les bons samaritains devant la beauté. On sait tous que tu es maniaque en vrai.

Lorsqu'Abe trouvait des arguments face à lui, même Henry avait du mal à y répondre. Il fallait dire, que c'était un peu de sa faute, si son fils avait hérité d'un tel répondant.

- eh bien Jo, tu auras le droit à ma quiche aux épinards et fromage, enfin j'espère que tu aimes les épinards ?

- je suis plutôt quelqu'un qui aime ma junk food mais Abe, tout ce que tu prépares, mon palais va adorer, donc je suis certaine de ne pas être déçue, rien que l'odeur était alléchante.

- tant mieux. Je vais mettre une bouteille de vin au frais et préparer des apéritifs. Il fait un temps superbe, on dinera sur le toit.

Il partit rapidement dans la cuisine, bien trop joyeux d'avoir enfin une autre personne que lui et Henry pour diner.

Jo regarda Henry et ils emboitèrent le pas à Abe

- tu ne veux pas qu'on te donne un coup de main ? - demanda l'immortel

Il les regarda comme ci il venait de se faire insulter, ce qui déclencha une nouvelle fois, l'hilarité chez Jo

- mais tu me prends pour qui ? Dis aussi que je suis à mettre à la maison de retraite

Henry tenta de se défendre

- non.. Je... Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire

Abe leva les yeux au ciel

- si tu veux te rendre utile, monte donc sur le toit et prépare déjà la table mais tu ne restes pas dans mes pattes pour la cuisine. Tu sais bien que j'ai horreur de ça.

Henry leva les bras au ciel. Combien de fois, Abe avait manqué de l'envoyer dans la rivière parce qu'il restait trop longtemps dans les parages lorsqu'il était occupé à faire la cuisine.

- d'accord d'accord ! On va monter mais pas la peine de nous appeler dans ce cas

- comme ci j'avais besoin de vous ! Allez, montez donc et pitié, ne faites pas de bêtises sur ma terrasse

Jo s'écria

- Abe !

Henry lui fit comprendre qu'il valait mieux laisser tomber et il la tira par le bras pour qu'ils montent à l'appartement et sur le toit où le diner aurait lieu.

Le jour tombait peu à peu et en arrivant, avec la brise fouettant son visage, Jo s'émerveilla comme une enfant à Disneyland.

- cette vue est superbe ! Je vois qu'il y a encore pleins de petits secrets qui planent dans cette boutique.

Henry ne put le renier. En dehors de sa petite forteresse de solitude dans le sous sol, il appréciait des moments de quiétude, devant un coucher de soleil et les énormes buildings. Cette vue était toujours aussi éblouissante et combien même le temps ne passerait jamais pour lui, il ne se lasserait pas de cette beauté que la nature offrait.

Il ouvrit une petite armoire qui était sur la terrasse et en sortit de très belle assiettes qu'il commença à placer. Jo sortit de sa transe et lui donna un coup de main

- oh non Jo ! Tu n'as pas à faire ça. Ce ne sont que quelques assiettes et quelques couverts et tu es l'invitée, tu ne devrais pas le faire.

Elle lui lança un regard qui lui fit comprendre qu'il vaudrait mieux qu'il n'ajoute pas un mot de plus

- Henry ! Je ne vais pas rester la sans rien faire. C'est une question de politesse d'aider, que tu le veuilles ou pas.

Elle le menait tellement à la baguette, qu'il ne put qu'accepter son aide. Ils installèrent des petites serviettes en tissu, qui avaient des styles bien classiques, typiques comme Henry en somme.

Après avoir tout installé, Jo se dirigea vers la rembarre de la terrasse et continua d'observer le coucher de soleil, qui disparaissait derrière les buildings.

Henry la rejoignit, en essayant de ne pas trop envahir son espace personnel.

- je ne voudrais pas me vanter - commença t-il et Jo retint son soupir, Henry était incapable de se taire plus de cinq minutes - mais je trouve qu'on a vraiment bien géré sur cette affaire

Son rictus de frustration se transforma en un petit sourire timide et elle tourna la tête vers lui, en acquiesçant

- c'est vrai ! On s'en sort bien en tant que profs. Mais ne vas pas en faire une habitude.

- promis !

Ils sourirent en reprenant leur position précédente, les rayons de soleil éclairant leurs deux silhouettes.

- j'espère en tout cas, que le quartier sera plus calme et que ces jeunes pourront tout de même avoir un avenir comme il se doit. Enfin, ayant grandi dans un quartier similaire, je pense qu'ils s'en sortiront, mais pas tous n'ont autant d'ambition que moi j'en avais à cette époque.

Henry sourit en imaginant la petite Jo Martinez, butée comme pas deux, un peu comme Stacy.

- je pense que dans le cas de Stacy, elle s'en sortira. Peut être dans quelques années, on entendra parler d'une nouvelle jeune championne de karaté ou peut être qu'elle fera comme toi, elle rejoindra les forces de l'ordre.

Jo appréciait sa façon de penser et le remercia intérieurement. Lorsque simple le souffle de vent se fit entendre, elle osa détourner son regard sur lui et revit ce qu'elle avait vu lors de leur première affaire ensemble. Cet homme qui semblait porter le poids du monde sur ses épaules, cette frustration et cette fascination qui pouvaient se lire sur ses lèvres fines. La sagesse qu'il incarnait, toute cette connaissance, que parfois elle lui enviait et pourtant, il était devenu son ami, quelqu'un qui prenait une place importante dans sa vie maintenant et sans qui, elle ne pourrait plus faire son job. Elle hocha lentement la tête. Elle était peut être immortelle, mais elle était très reconnaissante à qui que ce soit, qui avait bien pu mettre Henry sur sa voie.

De façon pas vraiment subtile, elle se décala légèrement vers sa gauche, de sorte à ce qu'elle soit complètement à côté de lui, à la limite d'enlacer ses doigts avec les siens mais elle n'en fit rien et se contenta simplement de profiter de sa présence.

Profitant de sa distraction, Henry l'imita et prit le temps de l'observer sous tous les angles. Il ne trouvait aucun défaut chez cette femme, que ce soit physique ou moral. Bien sûr, il ne la connaissait pas assez bien pour juger tous ses traits de personnalité, elle avait un jardin aussi secret que le sien et ne se dévoilait pas facilement non plus. Mais, tout comme elle, il avait bien du mal à s'imaginer à ne plus travailler avec elle. Il avait enfin trouvé une véritable amie, il avait été trahi dans sa vie mais il avait un bon sens et il sentait bien que Jo était une personne digne de confiance. Elle ne jugeait pas, elle prenait sur elle et surtout, elle gardait un calme, qui n'existait pas chez d'autres flics.

C'est pour cela, qu'il vivait quand même toujours un peu dans la paranoïa. Il craignait qu'il fasse une boulette, qu'il se fasse tuer, qu'il meurt devant ses collègues et qu'il n'ait d'autre choix que de déménager, fuir le pays, tel qu'il l'avait toujours fait mais pour le coup, il savait que cela risquait de lui faire très mal. Alors, il comprenait lorsque Jo lui disait de rester en place mais il ne pouvait juste pas s'en empêcher.

Il fut sur le point de partager une partie de ses pensées, quand Abe arriva sur la terrasse, avec un petit plateau garni de bonnes choses

- hey tous les deux ! La quiche est cuite, le vin est frais et les apéritifs sont prêts. On va pouvoir attaquer. Je viens de mettre une charlotte aux fraises au four. Ça sera notre dessert.

Le moment magique prit fin à l'instant où ils durent se retourner pour participer au repas. Jo s'extasia devant les amuses bouches et la vue de la quiche bien gonflé, qui lui donnait envie de se jeter dessus comme une sauvage

- olalala Abe ! Ça m'a l'air d'être tellement appétissant, tout ça. Je sens qu'on va bien se régaler

Abe lui sourit en la remerciant d'un signe de tête. Après avoir trinqué, ils purent se mettre à table où ils partagèrent de nombreuses anecdotes et ils furent presque trop pleins pour le dessert mais ils purent, tous gouter une bonne part de la délicieuse charlotte aux fraises.

Après le repas, Jo les remercia et leur dit qu'il vaudrait mieux qu'elle rentre, elle commençait à sentir la fatigue. Abe avait claqué la main de son père en lui faisant comprendre qu'il allait s'occuper de la vaisselle, et qu'il ferait mieux d'accompagner Jo jusqu'à la porte

- reviens quand tu veux ma grande. Tu es toujours le bienvenue et ça nous fait vraiment plaisir d'avoir une femme parmi nous.

Jo lui fit une rapide étreinte

- merci à toi pour ce bon repas Abe. Je reviendrais, ça tu peux compter dessus.

Henry lança un regard sarcastique à son fils et suivit Jo, en lui tenant toutes les portes, en bon gentleman qu'il était.

Une fois devant la porte d'entrée, Jo regarda Henry, avec des yeux pétillants de malice.

- merci à toi de m'avoir invitée. J'ai passé vraiment un très bon moment avec vous deux. Vous êtes vraiment drôles. On croirait vraiment que vous êtes parents.

Henry rigola nerveusement, en se grattant l'arrière du crâne et quand le visage de Jo se décomposa, semblant réaliser quelque chose, il se sentit un peu mal.

- mais attends... Vous êtes si proches... Tu ne serais pas son fils, par hasard ?

Henry ne savait pas trop comment répondre à cette question, surtout qu'il était le père dans tout ça. Cependant, Jo se reprit d'elle même

- mais non. Tu ne l'aurais pas appelé par son prénom dans ce cas

« si tu savais » - pensa t-il

Jo se gratta le menton et reposa les yeux sur lui

- alors ? Vous êtes parents ?

Henry réfléchit vite, même trop et sortit la première chose qui lui passa par l'esprit

- on peut dire ça comme ça. Son père était l'ami du mien, Abe me connait depuis que je suis tout petit. J'ai grandi avec lui. Et lorsque mon père est mort, les parents d'Abe se sont occupés de moi et Abe a toujours été ce qui est le plus proche de ma famille.

Jo était ravie d'entendre une telle histoire. Elle sourit, en posant une main sur son bras

- je suis contente que vous vous soyez trouvés dans ce cas.

La petite horloge de la boutique, sonna 23h passées. Jo fronça des sourcils

- bon ! Il faut vraiment que je te laisse. Merci encore. Profites bien de ton dimanche et à lundi.

- merci ! Fais attention sur la route. Bonne nuit.

Jo ne sut ce qui lui passa par la tête ce soir la, mais elle s'appuya sur lui et lui donna un doux baiser sur la joue.

Il prit la couleur d'une pomme bien mûre en l'espace de quelques secondes. Jo le regarda bêtement et se recula en murmurant

- bonne nuit Henry !

Henry resta immobile, en regardant son amie sortir et démarrer, en lui adressant un petit signe de la main.

Il resta planté comme un imbécile, en se frottant la joue à l'endroit où la jeune femme venait de l'embrasser.

Abe qui n'avait pas manqué le dernier échange, vu qu'il était revenu dans la boutique au même moment, ne put cacher son sourire carnassier.

- dis donc ! Elle a l'air d'être sacrément mordue de toi, notre petite Jo.

Ce fut les paroles qu'il fallait pour l'effet douche glacée et Henry lança un regard désapprobateur à son fils.

- quoi ? ne me regarde pas comme ça.

- Arrête de te faire des idées Abraham. Ce n'était qu'une bise de bonne nuit.

Abe se demandait si père était idiot ou le faisait exprès, ou peut être bien les deux. Il secoua la tête

- non mais de quoi tu as besoin pour que tu voies qu'elle en pince pour toi ? Et tu peux dire ce que tu veux, parce que vu comment tu n'as pas arrêté de baver sur elle toute la soirée, tu es mordu aussi.

- Abraham !

Abe savait que son père utilisait son nom complet uniquement pour lui faire une lecture, mais il n'en avait que faire.

Il s'avança vers Henry, en posant ses mains sur ses épaules

- écoute Henry. Je ne te juge pas et je dis ça sérieusement. Tu as apprécié la compagnie de Jo ce soir, et moi aussi. Elle est tellement plein de vie, tellement adorable cette petite et en plus elle te supporte, donc moi je dis qu'il faut beaucoup de courage.

Henry le regarda de travers mais Abe continua

- et ça fait des années que je ne t'ai plus vu rire aux éclats comme ce soir. En sa présence, tu es détendu, tu ne penses à rien d'autre et tu te sens parfaitement naturel. Et je dois t'avouer, eh bien que moi aussi. Ça m'a fait tellement chaud au coeur d'avoir Jo ce soir. J'ai presque envie d'en faire une habitude.

- n'exagère pas non plus - railla Henry

- je suis très sérieux - répondit son fils, sur la défensive.

Et à la tête qu'il faisait, Henry savait qu'il ne plaisantait pas

- Jo est une femme fantastique et toi tu le sais. Elle ressemble à maman sur les bords, mais elle est différente, elle est encore en plein deuil et pourtant, elle était si à l'aise avec nous. Comme ci, on avait toujours vécu ça. Je dis juste, que il n'y a pas que toi à qui Abigail a manqué et avoir Jo ce soir, m'a fait réalisé à quel point, j'en avais vraiment besoin. Nos rires, nos discussions sur tout et n'importe quoi, toutes nos complaintes, parce qu'on a l'estomac trop plein. C'est la première fois que je passe une si bonne soirée, depuis tout ce temps et je crois que tu es du même avis.

Henry regarda ses pieds mais reconnut que son fils avait raison. Une présence féminine manquait réellement et Jo s'était si vite adapté à eux, comme ci, elle faisait définitivement partie de la famille.

Il sentit son coeur faire une embardée. Il était trop tôt. Jo était encore en deuil, il n'avait pas le droit et il y avait toujours le problème de ce secret. Il ferma rapidement les yeux, pour cadenasser quelconque sentiment qui pourrait se former. Il préférait se fermer à ça pour le moment. Jo était son amie et cela lui suffisait.

Il regarda Abe longuement

- je suis d'accord avec tout ce que tu as dit. J'essayerais d'inviter Jo, un peu plus souvent mais pas tout le temps non plus.

Abe fit un petit geste de victoire et fut sur le point de faire demi-tour, mais Henry l'interpella

- mais, ça ne sera que dans un but amical.

Abe fronça des sourcils. Son jugement, l'aurait-il trompé ?

- mais... Henry, je vois bien qu'elle te plait.

Il soupira

- peut être bien mais elle est en deuil Abe et on travaille ensemble que depuis à peine trois mois. Je ne peux rien risquer, que ce soit sa carrière ou la mienne. Jo est mon amie et je suis reconnaissant pour ça. Je ne veux pas de plus, je ne veux pas gâcher cette amitié qui est en train de se construire.

Même dans sa tête, ses propres mots sonnaient faux et Abe n'en avala pas un seul mais il se contenta d'un haussement d'épaules

- je comprends ! Il faudra juste attendre le bon moment. Je vais me coucher, bonne nuit.

Henry lui fit un simple sourire, avant de se retourner et de fixer la porte, où sa collègue était passée quelques minutes auparavant et se demandant si il faisait bien de penser comme il venait de le faire.


Quand Jo arriva chez elle, la première chose qu'elle voulut faire, fut de monter directement dans sa chambre et de faire la plus grasse matinée qu'elle n'avait plus fait, depuis ses 16 ans mais elle se rappela qu'elle devait prendre une bonne douche bien chaude avant, se coiffer pour la nuit, se brosser les dents et elle se sentit prise de toute la flemme du monde.

- être une femme, ça craint des fois.

Elle retira rapidement ses chaussures, son badge et son arme, qu'elle déposa sur la commode dans le hall.

Elle fut sur le point de monter, lorsque le téléphone sonna. Elle pesta. Elle espérait que ce n'était pas encore un meurtre ou elle allait faire bouffer l'arme du crime au meurtrier. Elle se laissa tomber dans le petit fauteuil à côté du combiné

- allo ?

Ce fut quand son interlocuteur prit quelques bonnes minutes pour répondre, qu'elle comprit qu'il s'agissait de cette femme qui clamait être immortelle, tout comme elle. Qu'elle n'avait pas entendu depuis un bon moment.

- Jo ! Quel plaisir de vous entendre à nouveau

- plaisir non partagé - bougonna Jo - ça faisait longtemps. Qu'est ce que vous me voulez cette fois ?

- rien du tout ! Je voulais juste vous féliciter d'avoir bouclé autant d'affaires en si peu de temps. J'ai ouïe dire, que vous devez tout ça au Docteur Morgan. Charmant jeune homme !

Jo sentit son sang ne faire qu'un tour et elle resserra le combiné

- vous n'avez pas interêt à mêler Henry à vos petites magouilles ou vous entendrez parler de moi, immortelle ou pas.

La voix glaciale de l'autre côté du combiné, rigola sournoisement

- croyez moi, si je devais m'intéresser à votre partenaire, ça ne serait certainement pas pour ses beaux yeux.

Jo ne comprenait pas

- de quoi parlez vous ?

- j'aurais aimé dire le fond de ma pensée mais ce n'est pas à moi de le faire. Enfin, je ne vous appelle pas pour vous parler de votre beau docteur, mais de vous Jo. Il est vrai que je m'étais mise dans l'ombre pendant un long moment. Je voulais vous laisser croire que je vous avez laissé tranquille, mais ne croyez pas trop ça.

Jo sentit les battements de son coeur s'accélérer et elle commençait à perdre patience or, elle ne perdait jamais patience.

- dites moi ce que vous voulez ?

- comme je vous l'ai dit, rien de très spécial. Je pense que vous vous en apercevrez en temps et en heure. Vous méritez de vous reposer mais si j'étais vous, je surveillerais grandement les prochaines affaires qui vont tomber. Disons qu'elles risquent d'être... Explosives.

Jo n'aimait définitivement pas le ton de sa voix.

- vous n'allez rien tenter en public

- ça, je ne peux vous le dire. À vous de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment, cela serait fortement dommage pour votre réputation et votre carrière de flic.

- cessez de me menacer, parce que si je le voulais, j'aurais déjà tracé cet appel.

- vous auriez pu, c'est vrai. Et entre nous, je suis persuadée, que vous l'avez déjà fait. Seulement, vous savez que vous ne pouvez rien parce que je vous appelle depuis un téléphone jetable à chaque fois, donc qui n'a aucune carte sim et aucune espérance de vie alors vous êtes forcée de m'écouter et de faire attention à tout ce qu'il y a autour de vous.

La jeune femme sentit une énorme boule dans sa gorge et des larmes dans les yeux. Elle commençait à avoir des sentiments pour Henry, elle savait que c'était mal, elle pensait encore à Sean, sa mort était trop récente, mais cet homme était si gentil et s'occupait si bien d'elle, qu'il avait fait son effet. Elle avait fait un pas vers lui ce soir la mais cette femme était de retour dans sa vie et elle ne pouvait le mettre en danger, ni lui, ni personne d'autre autour d'elle. Son long silence fut évident à son interlocutrice

- hmm. Je peux sentir vos pensées à des kilomètres. Dommage pour ce cher docteur Morgan, que vous commencez à apprécier un peu plus qu'un ami. Il ne faut pas mélanger le travail et le plaisir chère détective Martinez, vous risquez de vous bruler. Enfin, quoiqu'il en soit, vous serez certainement plus attentive à ce qui vous entoure dans vos prochaines affaires désormais.

Jo crut qu'elle allait briser le combiné en deux

- avant que vous raccrochiez, sans que je ne puisse avoir une seule chance de vous rappeler, j'ai besoin de savoir qui vous êtes vraiment.

- je vous l'ai dit Jo, je suis une femme qui possède le même secret que vous, tout comme d'autre. Enfin, je suppose que vous voulez mettre un nom sur ma personne, alors, appelez moi Léna. On se reparlera très vite, Jo.

Et comme souvent, elle raccrocha, sans laisser le temps à la jeune femme de réagir. Jo laissa le téléphone lui glisser des mains et replia ses genoux pour poser sa tête dessus. Pour la première fois, et depuis qu'elle était immortelle, elle avait peur que quelqu'un découvre son secret, elle avait peur que quelqu'un laisse sa vie pour elle, elle avait peur de ce qui l'attendait en tant que flic, et qu'elle ne puisse agir.